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 Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012

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AuteurMessage
Fexatsyn Miroï
Disciple de l'Ombre et Rêveuse à temps plein


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MessageSujet: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 21:27

Table des matières :

Thème 1 : Voyage
Participants :
=> Laemia
=> Mia Suzuki-sama
=> CrimsonThirteen
=> Plume d'eau
=> Lunastrelle

Thème 2 : Némésis
Participants :
=> Mia Suzuki-sama
=> Lunastrelle
=> Laemia

Thème 3 : Etoiles
Participants :
=> Elerina
=> Laemia

Thème 4 : Brouillard
Participants :
=> CrimsonThirteen
=> Lunastrelle
=> Plume d'Eau
=> Laemia

Thème 5 : Chaos
Participants :
=> Elerina
=> Lunastrelle

Thème 6 : Couteau
Participants :
=> Laemia
=> Elerina

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« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »


Dernière édition par Elerina le Dim 28 Oct - 0:15, édité 7 fois
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 21:31

Thème 1 : Voyage

**********************

Texte de Laemia

« Tu… dois partir ?

-C’est trop compliqué, Ventus. S’il te plaît, ne me demande pas de t’expliquer. On m’envoie en internat à l’autre bout du pays.

-Mais je te reverrais, hein ?

-En fait, ce serait mieux qu’on s’arrête là. Une relation à distance, ça nous ferait du mal à tous les deux. Pas vrai ? »


Riku soupira, se redressant sur son siège pour regarder par la minuscule fenêtre. Oh, de nuit, on ne voyait pas grand-chose, mais il n’avait que ça pour s’occuper durant le trajet. Il observa les autres passagers de l’avion, endormis, songeant que lui ne parviendrait jamais à dormir avec cette douleur qui lui vrillait la poitrine.

Il pourrait écouter de la musique, mais ça ne ferait qu’empirer la chose. Il y a des jours, comme ça, ou on peut attribuer chaque parole de chaque chanson à sa propre vie. Et ça faisait mal, souvent. Et là plus qu’auparavant.

Il n’y pouvait rien. Chaque fois qu’il fermait les paupières, il revoyait le visage déçu, confus, détruit de son désormais ex-petit ami. Mais c’était mieux ainsi. S’il devait partir, alors il voulait que Ventus cesse de s’accrocher désespérément à lui et se trouve quelqu’un d’autre. Il avait été forcé de rompre avec lui. Pour son bien. Même si lui était conscient qu’il ne parviendrait pas à l’oublier.

Ce n’était tout de même pas sa faute. Ses parents en avaient assez de supporter ce fils trop peu bavard, trop médiocre en classe et avec qui ils avaient tellement de conflits. Et homosexuel par-dessus le marché. Ça avait été la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase, et la seconde raison de sa rupture avec Ven. Il voulait le tenir éloigné de ça, le plus possible.

L’argenté laissa sa tête cogner contre le dossier. Cette destination où il se rendait, cette école où il ne savait quoi, ça lui apparaissait déjà comme un enfer sur terre. Il devrait y survivre plutôt que vivre vraiment. Oh, il reviendrait chez lui durant les vacances, mais ne pourrait pas voir Ventus, parce que… Une boule de tristesse se forma dans sa gorge.

Il se surprit à rêver d’un avenir où ils se retrouveraient, où ils pourraient enfin être ensemble sans aucune contrainte. Peut-être même qu’ils s’enfuiraient de cette ville pourrie, loin de ces gens étroits d’esprit, vers des horizons plus vastes…

Ça n’arriverait pas. Le blond ne l’attendrait sûrement pas tout ce temps. Et de toute façon, Riku ne voulait pas qu’il souffre tout ce temps inutilement.

Il se disait que, de son côté également, il faudrait tourner la page, sauf que… Il s’en sentait incapable, tout simplement. Tout ça à cause de sa famille… Pour le moment, il ne pouvait trop rien dire, mais une fois qu’il aurait fini ses études… Quoique, plus rien n’avait d’importance, à présent…

Son voisin de sièges s’agita dans son sommeil, avant de battre doucement des paupières et de s’éveiller. Riku n’y prêta aucune attention, trop plongé dans ses pensées, avant que le garçon ne l’interpelle.

« Hum, excuse-moi ? »

L’argenté tourna la tête vers lui. L’inconnu avait des cheveux châtains ébouriffés à l’extrême –pire que Ven, pensa-t-il avec tristesse – et des yeux d’un bleu qui lui rappelaient un peu celui de son ancien petit ami.

« Oui ?

-Il est quelle heure ? »

L’argenté consulta sa montre avant de répondre.

« Trois heures… On en a encore pour un moment avant d’atterrir.

-Tu n’as pas dormi du trajet, constata le châtain. Tu n’es pas fatigué ? »

Riku cligna des yeux, surpris par sa question soudaine.

« Euh… Non, pas trop, répondit-il.

-Ah, je vois, poursuivit joyeusement l’autre garçon. Tu voyages seul ?

-Ouais.

-Moi aussi ! J’m’appelle Sora, au fait.

-… Riku, répondit Riku, puisque c’était en effet comme ça qu’il s’appelait.

-Je peux te demander ce que tu vas faire là-bas ? Si c’est pas indiscret, hein ! On me dit souvent que je suis trop franc, mais… »

L’argenté eut un sourire malgré lui.

« Je vais étudier là-bas, en fait. »

Sora ouvrit des yeux ronds.

« Sérieux ? Moi aussi ! Cool, non ? Eh, t’es à l’internat Destland ?

-Oui.

-Classe ! On sera dans la même école !

-En effet », fit Riku.

Il ne savait pas pourquoi, mais la bonne humeur du châtain le réconfortait un peu. Ce ne serait peut-être pas si horrible, au final… Enfin, ce serait toujours difficile, sans Ventus. C’était ce qu’il pensait.

Ce qu’il ne savait, c’était que ce garçon qu’il venait de rencontrer deviendrait bientôt sa nouvelle lumière. Ventus trouverait quelqu’un d’autres. Ces deux-là ne se reverraient plus jamais, mais au final, leur changement de route leur promettait un voyage plus doux que ce qu’ils avaient imaginé.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 21:36

Thème 1 : Voyage

***********

Texte de Mia Suzuki-sama

Voyager. Quitter ce lieu de larmes, de haine. De cris qui viennent se fracasser dans ses oreilles, s’éclater dans sa tête. Voyager. Partir, s’en aller. Ne jamais revenir ici où la détresse est reine et où la rage est incessante.

Mais comment ? Naminé l’ignore. Elle ne peut pas. Elle rêve de pays lointains, de gens nouveaux. Elle rêve d’un endroit de paix, de calme, de silence complet ; ne plus entendre les cris de sa mère, les hurlements de son père, les pleures de son petit frère. Ah ! Son petit frère ; peut-elle l’abandonné ici ? Seul, tout seul ? Ne peut-elle pas l’emmener, ne peuvent-ils pas partir tout deux ?

Elle l’ignore. Est-ce que le ciel est le même, ici ou là-bas ? Elle voudrait voyager, aller voir, vérifier. Est-que les étoiles ont le même éclat, est-ce que le soleil brille autant ? Est-ce que l’herbe est plus verte, la pluie plus mouillée ? Est-ce que la vie est moins violente, est-ce que la mort semble moins douce qu’ici ?

Encore quelque chose qu’elle ne sait pas. Naminé ne sait pas tout. Qu’elle le voudrait, parfois ! Qu’elle voudrait !

Il n’y a pas que son petit frère, ici. L’autre, également. Mais, est-ce qu’il sait qu’elle existe ? Aurait-il déjà remarqué sa présence, bien que discrète ? Oh ! Est-ce qu’il a vu qu’elle le regardait sans cesse ? Que ses beaux yeux, d’un bleu profond, d’un bleu lointain, comme les pays dont elle rêve, se posait bien trop souvent sur lui, pour le détailler, le voir sous tous les angles ?

Non. Il ne doit pas savoir. Naminé voudrait voyager. Partir loin de sa vie qui se brise un peu plus chaque jour, un peu plus chaque seconde. Partir loin des envies de mourir, de plus en plus présentes, oppressantes, tentantes. Partir loin de ses sentiments, contradictoires, pour un garçon qu’au fond, elle ne connait même pas.

Il s’appelle Vanitas. Elle ne sait que cela ; elle ne pense qu’à cela. Qu’à cela, et à comment quitter cet endroit. Avion, train ? Comment payer un ticket, un billet qui l’emmènerait assez loin ? Avec quel argent ? Celui qu’elle n’a pas, celui que sa mère dépense sans compter, n’importe comment, laissant presque mourir de faim ses deux enfants ?

Elle voudrait voyager au fond de son cœur et comprendre. Voyager dans sa tête, comprendre ce qui s’y trame. Qu’est-ce qui peut bien se passer, dans sa caboche ? Elle voudrait saisir les nuances d’une existence qui lui échappe. Elle voudrait le comprendre lui, alors qu’elle ne le connait pas.

Vanitas. Est-ce qu’elle pourrait partir avec lui et son frère ?

Non. Elle fait son idiote, bien sûr ; pourquoi partirait-il avec une inconnue ?

Presqu’inconnue. Ils se sont déjà parlé. Furtivement, alors que Naminé l’accompagnait jusqu’à l’infirmerie. Il avait mal à la tête, disait-il ; bien qu’embarrassée, bien qu’ayant des papillons dans le ventre, elle a osé lui répondre, quand il disait
« Ah, putain, c’est chiant, les cours.

-Hum, oui … »

A peine quelques mots échangés. Qu’elle est stupide. Il a de beaux yeux, aussi ; si beau que Naminé pourrait s’y perdre. Acheter le billet, qu’importe le prix, s’enfoncer dans l’abîme doré de ce regard, se perdre dans le gouffre sans fond, sans fin de la plus belle des ambres, qui a un jour été brisée en deux.

Qu’elle se sent pitoyable, bien nulle à côté de lui ! Bien inutile. Les envies de mourir restent, demeurent, brisent l’espoir qui se fait une place en elle. La vie ne vaut pas la peine. Il ne la voit pas, et à la maison, les cris continuent.

Naminé a toujours eu un rêve. Voyager. Partir loin de ce monde qui ne veut pas d’elle. Quitte à en mourir. Pourquoi ne pas aller habiter sur une autre planète ? Peut-être qu’elle serait heureuse, là-bas. Peut-être que le monde sera plus beau. Peut-être que là-bas, Naminé aura un sens.

Ah. Elle voudrait bien qu’il prononce son prénom. Dénué de logique, il ne veut rien dire ; mais si Vanitas venait à ne serait-ce que le murmurer, il prendrait une toute autre dimension.

Les pensées commencent à manquer de sens. Où est-elle ? Le monde est blanc. Le silence est là, emplie tout. Il lui fait mal aux oreilles. Ah. Elle voudrait voyager, quitter ce monde triste.

Elle a bien mal à la tête. Peut-être du sang, car c’est également chaud. Elle ne se souvient pas bien.

Les tickets de train, les billets d’avion, tout cela coûte bien trop cher. Comment voyager, partir ? Comment faire pour rejoindre les pays chauds, vérifier l’éclat des étoiles, la couleur de l’herbe, la brillance du soleil ? Comment voir, comment sentir, comment faire pour entendre les sons inconnus du lointain, si l’on est coincé ici ?

Elle rêve d’un allé simple. Ne plus jamais revenir. Oh, elle voudrait visiter tous les monuments, mais pas seulement. Elle se souvient à peine. Oh, si. Elle croit ; Vanitas la raccompagnait chez elle. Ah, oui. Ils étaient quasiment amis, maintenant ; merci Axel, gentil Axel.

Elle disait, elle disait qu’elle voudrait beaucoup voyager. Elle en avait parlé. Parlé un moment, avec passion, le sourire aux lèvres ; alors, lui aussi avait sourit. Un sourire à rattraper les anges au bord du vide. Alors Naminé s’était arrêtée, ne souriait plus, n’avançait plus. Oh, sur la route, qu’elle mauvaise idée ; la voiture était venue, le feu passé au vert, sans faire attention, trop pressé sans doute.

Le monde est alors devenu noir, puis blanc. La tête chaude, sur un drap. Ah ; est-ce qu’elle a bien voyagé, alors ? Quitté le monde vivant, bien triste, bien mal, qui déchire le cœur et fend l’âme ?

Il est à côté. Beaux yeux ambré, le regard où elle voudrait voyager.

Pourquoi est-ce qu’il faut tant d’argent, pour quitter le monde de cris, le monde de larmes ?

« Ah, t’es réveillée ? »

Sa voix est gênée. Presque douce. Naminé se sentirait rougir, si seulement, si seulement elle n’était pas si fatiguée.

« Hum, j’vais devoir partir. »

Il détourne la tête. Ah, plus d’yeux, plus de beau regard.

« Je … Bah, j’reviendrais sans doute. Bye. »

Un baiser sur le front. Un autre « Au revoir ». Il s’en va.

Naminé voudrait bien partir. Partir loin du monde ; mais au final, est-ce qu’il est si moche ? Dans son esprit, l’existence prend une teinte dorée ; la plus belle couleur de l’univers, pour elle.

Car c’est cela qui lui fait découvrir les joies d’un voyage, éphémères peut-être, mais bien là. Le bonheur qui ne dure pas, mais presque. Et c’est si beau ; car, contrairement aux tickets, aux billets totalement idiots, ce bonheur-là n’a pas de prix.

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 21:39

Thème 1 : Voyage

***********

Texte de CrimsonThirteen

Assis sur le lit, Lea observait celui qu'il avait toujours considéré comme son meilleur ami entasser ses effets personnels dans une valise qui, à moitié vide, patientait à terre, la gueule grande ouverte.
Elle ressemblait à un gros animal difforme qui attendait qu'on le nourrisse en dévoilant à travers son gosier à l'air un estomac vide et affamé.
Isa ouvrit une commode d'où il sortit quelques vestes, qu'il jeta dans la valise sans prendre la peine de les plier. Il laissa échapper un soupir fatigué.
– T'aurais pas envie de m'aider, par hasard, toi ? Dit-il avec mauvaise humeur en jetant un coup d'œil à son compagnon qui ne semblait pas daigner lever le petit doigt pour l'accompagner dans son épreuve.
– Non, répondit celui-ci avec un sourire narquois.
Il sortit ses éternels frisbees et les lança en l'air un par un, les rattrapant pour mieux les relancer sans cesse. Isa ne répondit pas et pinça les lèvres en entassant quelques paires de chaussettes dans un coin du bagage. Il se baissa et poussa un grognement excédé.
– Merde, où j'ai foutu mon gilet ?
Lea lui indiqua l'objet disparu qui traînait dans un coin de la pièce. Il lança une nouvelle fois son frisbee. Celui-ci retomba au sol avec un petit bruit. Lea le ramassa et regarda Isa récupérer son vêtement avant de le mettre dans la valise qui était déjà bien plus remplie.
Il haussa un sourcil.
– T'as trop d'affaires pour un si petit truc, non ? dit-il.
Isa referma le bagage et se redressa.
– Je ne prends pas tout, tu sais, répondit-il.
– Oh. Et tu vas faire quoi de ce qui reste ?
– Une tante est censée venir reprendre des trucs pour son fils. Sinon, on entasse ça dans un genre de garage et on récupérera tout une fois revenus.
– T'as pas peur qu'on te les vole ?
Isa haussa les épaules.
– Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?
– Je sais pas. J'aimerais pas laisser tous mes effets personnels à des inconnus. T'es même pas sûr de tout retrouver, après, marmonna Lea.
– C'est pour ça que ma tante va venir nous alléger, soupira Isa. Je viens de te le dire.
Après avoir vérifié qu'il avait bel et bien fermé la valise, il la mis debout et reprit :
– D'ailleurs, si t'en as envie, tu peux reprendre deux ou trois trucs.
Lea eut un léger sourire.
– Comme si j'avais envie d'avoir des vêtements qui t'ont appartenu. Je suis sûr qu'il y a moyen d'attraper la peste rien qu'en les regardant.
– N'importe quoi. En tout cas, tu le sais, si jamais. 'tain, maugréa-t-il, c'est lourd ce truc.
Lea n'esquissa pas un geste pour aider son compagnon lorsque celui-ci souleva le sac pour l'amener à l'étage inférieur. Il se leva et suivit son périlleux voyage dans les escaliers et se permit même d'éclater de rire lorsque le sac dégringola la moitié des marches après un faux mouvement de son ami. Ce dernier l'ignora avec toute la superbe dont il était capable et, fier comme un coq, rattrapa le bagage à l'étage en dessous. Il le tira jusqu'au salon ou une caisse de carton l'attendait déjà.
Avec un soulagement non dissimulé, il le posa à terre et s'affala dans le canapé.
Sa maison paraissait tellement vide, maintenant. Ses parents étaient déjà partis, depuis près de trois jours, maintenant, et Isa ne se faisait pas à tous ces éléments manquants qui avaient fait partie de sa vie de tous les jours. Il regarda le plafond. Cet endroit allait lui manquer, sans doute.
Un gros « plaf » détourna son attention. Lea venait de s'installer sur le fauteuil d'en face, et le regardait sans rien dire.
Il était rare qu'il soit si peu volubile, mais Isa ne s'inquiétait pas outre mesure. Il aurait tôt fait de retrouver sa bonne humeur et sa manie de parler tout le temps. Il tenta d'entamer une conversation. Après tout, c'était la dernière fois qu'ils se voyaient.
– T'aurais pu m'aider un peu, quand même, dit-il avec une nuance de reproche dans la voix.
L'autre lui lança un regard affligé.
– Pourquoi je t'aiderais ? Pas envie de précipiter tout ça, non plus, marmonna-t-il.
Isa eut un sourire.
– Oh, arrête, c'est que pour un an. Je reviendrai l'été prochain. Je te l'ai déjà dit.
– Peut-être, mais ça fait au moins dix ans qu'on se connaît. Excuse-moi de le prendre aussi au sérieux.
– Personnellement, je crois que ça va être comme de longues, longues vacances. J'en aurai bien besoin. T'es fatiguant, quand même, se moqua-t-il.
– Fatiguant, moi ? Tu rigoles. Je suis juste le meilleur pote qu'on peut avoir au monde. Tu vas voir, dans une semaine, je te manquerai déjà.
– Oh, ça m'étonnerait, ironisa Isa. J'aurai pas le temps de penser à tes blagues stupides et tes comportements infantiles lorsque je serai couché sur le sable, à la plage, en train de profiter du soleil.
Lea lui lança un frisbee qu'il rattrapa de justesse.
– T'essaie de me tuer, Lea ? C'est pas très gentil.
– Mais non, vieux. J'te l'offre.
Isa fronça les sourcils et dit d'une voix étonnée :
– Tu me l'offres ? Pourquoi ?
– Pour pas que tu m'oublies.
– Y aurait difficilement moyen que je t'oublie, de toute façon. T'es tellement chiant.
– Je sais, je sais. Prends-le. Je sais que ça va te servir à rien, mais j'y tiens.
– Cette obsession à rester gravé dans les souvenirs des gens que tu rencontres me semblera à jamais bizarre.
Un klaxonnement retentit à l'extérieur. Isa regarda sa montre.
– On dirait que le taxi est là. Il est temps que j'y aille.
Sans faire le moindre commentaire, Lea se releva et porta la boîte en carton jusqu'au coffre de la voiture qui attendait au bord du trottoir. Le chauffeur aida Isa à y engouffrer son sac qui était décidément trop lourd, puis vint le temps de faire ses adieux.
Lea se frotta nerveusement l'avant-bras et dit :
– Bon, bah... à la prochaine, mec.
– Ouais, salut. Je penserai à toi en buvant des cocktails sur la digue, le taquina-t-il avec un sourire qui ne parvenait pas tout à fait à cacher son désarrois.
Il se détourna et ouvrit la portière de la voiture. Avant qu'il n'ait eu le temps d'y entrer, il sentit une main lui attraper le bras. Il se retourna.
Il eut à peine le temps de réagir lorsque Lea déposa un baiser sur ses lèvres. Sans savoir quoi faire, il fut pris d'un rire nerveux et regarda son ami d'un air intrigué. Celui-ci lui sourit et haussa les épaules.
– Comme ça, je suis sûr que tu m'oublieras pas, murmura-t-il en guise d'explications.
Il s'éloigna de la voiture et échangea un dernier regard avec Isa. Il suivit la voiture des yeux jusqu'à ce qu'elle se perde derrière un tournant. Il laissa échappé un triste soupir, puis passa un doigt sur ses lèvres.
Il ferma les yeux.
Une chose était certaine. Lui non plus n'arriverait jamais à oublier Isa. Jamais.



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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 21:44

Thème 1 : Voyage

***********

Texte de Plume d'Eau

Un train.
Pas un grand, luxueux, ni rien.
Peut-être même pas un TGV, juste un régional.

En fait, il n’en savait rien du tout. Il s’était contenté de sauter dans le train, sans regarder même ou il allait. Il en avait eut marre, d’un coup.
Marre de tout. De ce ciel si bleu, de cette vie qui lui semblait trop belle, trop parfaite.
Trop lisse.
Il avait eut envie de changement, de quelque chose qui le bouge, qui le déménage.
Qui casse ce décor si monotone qui lui collait à la peau comme un moule, qui le forcerait à entrer dans un cadre qui ne lui convenait pas.

Il voulait juste être lui.
Juste être libre.

Fourrant le ticket de train acheté à toute vitesse dans sa poche, il avisa du regard une banquette de quatre places vides. Relevant l’accoudoir de l’un deux, il s’étala de tout son long, un bras derrière la nuque pour soutenir sa tête, ses pieds dépassant un peu dans le couloir.
En quelques instants, il s’était endormi.

***

Lorsqu’il rouvrit les paupières, quelqu’un avait pris place face à lui et l’observait curieusement.
Le jeune homme se releva paresseusement sur un bras, laissant le temps à sa bouche de décrocher un bâillement de tous les diables, qui fit sourire son voisin de sièges.

- Salut, fit ce dernier.
- Salut.

Taciturne.
A vrai dire, sa décision de s’en aller sans rien dire, sur un coup de tête, c’était aussi pour être seul. Il en avait marre de devoir jouer un rôle, avec des réponses toutes faites, dans la société qui l’entourait.
Il voulait juste goûter, pour une fois, à la solitude.
Autant dire que ce type devant lui l’emmerdait. Grave.

- Comment tu t’appelle ?
- Saix.

Il avait mentit.
Saix n’était que le nom d’un mec qu’il ne supportait pas dans son entourage – le copain d’un copain, que parfois il devait supporter. Et qu’il ne supportait pas, d’ailleurs. Mais voilà, il se taisait. Encore, toujours. Il ne pouvait pas encadrer son air supérieur, mais il s’écrasait.
Encore, toujours.

- Ah, ok ! sourit l’autre – un sourire joyeux, plein de dents. Moi c’est Demyx.

Il hocha la tête.
« Ouais, et ? » avait-il envie de répondre. « C’est pas que tu me fais chier, mais si, en fait. »
Et puis, il se détesta.
Il ne pouvait pas s’empêcher de penser ça, à longueur de temps.
Sur tout le monde. Envers tout le monde. Ses potes, ses copines, ses parents.
Quand changerait-il ?

Un soupir franchit ses lèvres.
Soupir qui attisa encore plus – si c’était possible – la curiosité qui brillait dans les yeux verdoyants de son interlocuteur.

- Tu vas où ?
- Je sais pas.
- Tu sais pas ? Ben pourquoi t’es là, alors ?
- Je sais pas non plus.

Un silence, le temps pour ce Demyx de froncer les sourcils, puis de croiser les bras sur la tablette séparant les deux sièges pour y déposer sa tête.

- Euh… j’capte pas là. Tu m’explique ?
- Je vois pas trop ce qu’il y a à expliquer en fait, soupira le jeune homme. Je suis partit de chez moi, c’est tout.
- T’as fugué ?
- Ouais… ouais je crois qu’on pourrait dire ça. J’en avais marre du monde autour de moi, alors j’ai juste pris un train, tu vois ?
- Mais tu veux aller où ?
- J’en sais rien. Je veux juste m’éloigner le plus possible de tout, de tout le monde. J’ai pas envie de quoi que ce soit là, de rien ni personne. Je veux juste du silence, de la solitude. Pouvoir me retrouver tout seul, sans avoir besoin de porter tout le temps un masque, de rentrer dans ce foutu moule que tout le monde veut que j’endosse. J’en ai marre d’être un autre que moi.

Le blondinet en face de lui eut un sourire penaud.

- Ca, ca veut dire que je te fais chier, là, non ?

Il faillit répondre « non », sur le coup.
Un non sec, cassant, glaçant même.
Mais il se retint à la dernière minute, le cœur serré sur quelque chose là.
La certitude qu’il pouvait faire quelque chose pour changer ce qu’était sa vie.

- … Je crois pas.
- Alors je peux rester et te parler ? Parce que tu semble cool, comme mec !
- Si tu veux, oui.
- D’accord. Tu vas jusqu’où, du coup ?
- Ca, je sais toujours pas.

Un sourire, lumineux, joyeux comme tout.

- Alors pourquoi pas venir avec moi ?

Finir ce voyage avec lui ? Pourquoi pas.
Peut importe où ça le menait, il avait un compagnon. N’était-ce pas le plus important dans un voyage ?

- Pourquoi pas, oui. Mais faut que je te dise avant…
- Quoi ?
- Je t’ai mentit. Je m’appelle pas Saïx.
- Ah ? Tu t’appelle comment alors ?

Aucune rancune, dans ces yeux verts d’eau. Aucune ombre qui teint sa joie sans borne.
Juste un immense sourire qui, étonnamment, lui réchauffe le cœur.
Le jeune homme aux yeux gris sourit à son tour, derrière sa mèche.

- Zexion.

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 21:48

Thème 1 : Voyage

***********

Texte de Lunastrelle

Zexion contempla le ciel avec un regard implacable et froid. Des milliers d'astres s'y miraient et accrochaient, même si chaque heure, l'un d'eux rendait son dernier soupir sous forme de novæ ou de trou noir et qu'un autre naissait. Comme les hommes, comme les mondes. Le Conspirateur Ténébreux lâcha un sifflement, plus par habitude que par envie. Lorsqu'il était humain, cela lui arrivait parfois tandis qu'il se plongeait dans ses réflexions.

Il y avait aussi les astres voyageurs. Ces derniers l'intéressaient plus que les hommes, ou même les Simili. Pour lui, les comètes possédaient une grande vertu. Elles fuguaient dans le cosmos, ce grand Tout qui en laissait plus d'un songeur. En même temps, elles faisaient voyager l'esprit des hommes. L'inverse n'était absolument pas vrai, car beaucoup d'humains se fichaient comme de leur dernière chemise des autres.

Même Zexion, Simili calculateur et froid, se laissait prendre. Ce n'était pas une question de cœur, mais d'esprit, même si souvent, ces deux-là allaient ensemble. Le voyage de l'esprit... lui aussi était un astre à sa manière. Un soleil flamboyant qui s'accrochait à la vie, à tel point qu'il trouvait toujours le moyen de survivre sous n'importe quelle forme. Que ce soit incarné dans un être vivant, un sans-cœur, un Simili, un Avale-rêve ou leur contraire, un nescient... ou tout simplement une conscience qui voyageait en quête d'un nouveau réceptacle.

Zexion ferma les yeux un instant. Ses traits perdirent leur fixité pour se détendre un peu. Lui, il voyait de n'importe quelle manière : physiquement, d'esprit. Il s'y prenait avec son corps, ses pouvoirs, les livres, ses yeux, mais aussi son imagination. Il était un véritable feu-follet et ne tenait pas en place. Ou bien, un astre fuguant... oui, l'expression demeurait bien plus belle que l'autre. Le Simili décida de la garder au fond de sa mémoire, même s'il avait l'impression que c'était une action futile.

Un voyage en bémol... pourquoi ? Souvent, Zexion se surprenait à se demander ce qu'il éprouverait s'il retrouvait son cœur. Il ne se souvenait plus si son esprit vagabondait autant lorsqu'il était un humain. Pourtant, il ne souffrait d'aucune amnésie. Ah, qu'il était étrange de perdre bien plus que la capacité de ressentir. Les fragments de mémoire qui s'y rattachaient devaient avoir voyagé avec ce cœur qui lui avait été arraché. Où voyageait-il, d'ailleurs, en ce moment même ? Peut-être était-il en route vers le Kingdom Hearts.

Zexion repoussa doucement sa mèche gris bleutée. Ce soir, il devrait se consacrer à vaincre Riku une bonne fois pour toutes. Il le trouvait fascinant, au demeurant... Non seulement parce qu'il portait les odeurs de Maléfique et d'Ansem le Sans-cœur, mais aussi parce que le jeune homme possédait un cœur et un esprit puissants. L'un et l'autre avaient voyagé bien plus loin que le commun des mortels... le Simili laissa un sourire fleurir sur ses lèvres. Qu'il était dommage qu'il fût obligé de le vaincre !

Il quitta son poste d'observation – une des fenêtres de la bibliothèque – pour se pencher sur son Lexicon. Il savait déjà ce qu'il utiliserait comme illusions pour tromper Riku. Elles lui offriraient son dernier voyage... un voyage dont il se souviendrait jusqu'à la dernière seconde de sa vie. Les pages tournaient entre ses doigts tout en créant des milliers de possibilités.

Zexion finit par mettre la main sur ce qu'il désirait. Bien, il ne lui restait plus qu'à tout mettre en place. En tant que marionnettiste des sens, il ferait chavirer l'esprit et le cœur du meilleur ami de Sora. Un jeu, sous forme d'une fuite en avant. Un piège dans un mirage, celui des Îles du Destin, qu'il avait plongées dans les ténèbres en ouvrant son cœur à ces dernières. Zexion eut un petit rire amusé. Les sentiments négatifs pouvaient causer bien des catastrophes. Néanmoins, voyager sans son cœur pouvait laisser... un bémol.

Lorsque le Conspirateur Ténébreux revint à la fenêtre, il avait retrouvé son calme légendaire et arborait de nouveau une façade impénétrable. Il n'était plus le temps de bayer aux corneilles ou de s'abîmer dans ses pérégrinations mentales. Voyager trop longtemps la tête dans la lune pouvait causer des effets néfastes sur son mental, même en tant que Simili.

Cependant, cette précaution n'empêcha pas le cours des événements de continuer sa route et de fuguer vers une logique indiscutable. Zexion ignorait qu'il ne pourrait bientôt plus vagabonder d'une seule façon : la mort. Du moins, jusqu'à ce que les restes de son esprit désincarné retrouvent son cœur et qu'il ouvre des yeux étonnés, au sein d'un corps avec cet oiseau qui battait des ailes, là, à gauche... Non, pas un oiseau, mais...

Il avait la réponse à sa question. Oui, un voyage en bémol, sans note interposée. Qu'il était bon de retrouver ce cœur qu'il ne pensait pas autant désirer ! Ienzo porta la main vers cet organe bouillonnant de sentiments. Oui, il était un feu-follet, un astre fuguant qui ne tenait pas en place. Vite, se relever, vérifier s'il était le seul à qui ce miracle était arrivé.

Le destin écrivait beaucoup de choses en arborescence. Son voyage en faisait partie, il le sentait jusqu'au plus profond de son cœur filant.

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« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 22:55

Thème 2 : Némésis

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Texte de Mia Suzuki-sama

A cause d'une mise en page un peu spéciale, ce texte là demande un peu plus de temps à être posté.
Merci de votre patience... =)
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 22:55

Thème 2 : Némésis

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Texte de Lunastrelle

- ...Terra ?

Jusqu'à ce qu'elle plonge ses yeux dans ceux de son ami, dont le bleu avait cédé la place à l'ambre et à la haine, jamais Aqua n'aurait imaginé que celui qu'elle considérait comme étant son âme sœur serait possédé par un être qui la répugnait plus que tout. Xehanort, ce vieux fou qui s'était laissé avaler par les ténèbres, qui avait provoqué le désastre et la discorde partout où il avait planté ses graines. Là, en cet instant suprême, il était devenu...

Il osa porter la main à la gorge de la jeune femme et commença à la serrer, et serrer... elle, alors qu'elle cherchait vainement à lui faire lâcher prise.

- Non... n-non...

L'air lui manquait. Ses iris affrontèrent tout de même ceux de l'autre, son rival, son... Ils échangèrent des mots, des phrases, bien plus que ça. Non, elle ne voulait pas mourir. Non, elle ne pouvait pas le laisser s'emparer de Terra, il en était hors de question ! Pourtant, l'étreinte fatale se resserrait sur son cou. Le pourpre, puis le noir envahirent ses pupilles, sous ses paupières déjà closes...

Ses genoux touchèrent terre avec fracas lorsque la pression disparut brusquement. Aqua porta ses doigts à l'endroit meurtri en haletant, tout en fixant son ami – ou âme sœur ? Va savoir... – qui se prenait la tête entre ses mains. Son cœur fit un bond phénoménal. Non, tout n'était pas perdu. Il luttait encore, contre cet imposteur, ce...

- Je... Je refuse de...

Les mains en coupe devant son visage. Aqua retint sa respiration en se relevant avec lenteur. Il fallait qu'elle l'aide. Xehanort reprenait le contrôle de son corps. Elle le vit au sourire cruel qu'il lui servit. Sa Keyblade jaillit dans sa paume et manqua la blesser sérieusement. La jeune femme réagit à temps en bondissant en arrière, sous forme d'un salto, puis elle invoqua son arme.

- Je ne te laisserai pas continuer !

Elle se précipita sur lui en lâchant un cri de guerre. Cette fois c'était clair : elle affronterait non seulement son âme sœur – au diable les convenances et les doutes ! – mais aussi son...

- Les ténèbres ont envahi son cœur ! Il est à moi !

Aqua refusa cet apostat. Elle asséna coup de Keyblade sur sort magique, sort magique sur coup de Keyblade... Tout son être hurlait vengeance et justice. S'il fallait faire couler le sang pour sauver Terra, alors elle le ferait.

Inlassablement, les deux combattants échangeaient leur rage, leur envie de vaincre. Ils ployaient sous l'impulsion de leur cœur, animé par des intentions contraires. Ténèbres contre Lumière. Duel entre...

Le troisième adversaire luttait, lui aussi, pour conserver son intégrité. Il n'y parviendrait pas, malgré les efforts d'Aqua. Il avait beau joindre ses forces aux siennes, il sentait qu'il s'affaiblissait de plus en plus.

Puis, tout cessa. Une immense flaque de ténèbres apparut sous leurs pieds. Signe de victoire ou de défaite ? C'est alors que le corps de Terra y sombra pendant que les yeux de Xehanort se fermaient lentement. Aqua se retint de hurler, puis décida de plonger à son tour. Hors de question de laisser son âme sœur être absorbée par...

- Même si je dois y rester, je te sauverai, Terra !

Et c'est ce qu'elle fit, en âme et conscience. Elle s'acharna à retrouver le corps de son âme sœur en filant plus vite que la lumière et les ténèbres. Elle le saisit par les aisselles et commença à remonter vers la surface, avant de se rendre compte qu'ils ne s'en sortiraient jamais ensemble, que l'un d'eux devait rester.

C'est avec un sourire tremblant qu'elle laissa sa Keyblade sous forme de vaisseau ramener le jeune homme à la surface, alors que lentement, le couloir des ténèbres se refermait sur son corps. Un sacrifice nécessaire. Elle y était parvenue. D'une certaine manière, elle avait gagné contre Xehanort. Du moins, le crut-elle.

Elle ne s'en rendit compte que bien plus tard, alors qu'elle errait et que son cœur manquait lâcher à chaque fluctuation des ténèbres. Son âme sœur était toujours prisonnière de l'Autre... de celui qu'elle identifia encore plus comme étant...
… comme étant son Némésis. Aqua se jura alors qu'elle et lui en découdraient à nouveau.

Un rire amer cascada de sa bouche plissée. La main serrée sur son Éclaireuse, à tel point que ses phalanges blanchissaient sous la pression, elle se promit qu'elle vaincrait les ténèbres rien que pour ça... et rien que pour Terra. Elle deviendrait aussi la Némésis de Xehanort... même s’il n'était pas certain qu'elle serait l'âme sœur de celui qu'elle aimait depuis si longtemps.
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 22:56

Thème 2 : Némésis

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Texte de Laemia

Vanitas haïssait Ventus. Du plus profond de son être, et ce depuis la seconde où il avait vu le jour, où Xehanort l’avait condamné à une existence basée sur la colère et la jalousie. Oh, Vanitas ne blâmait pas Xehanort. Il n’éprouvait que du mépris pour cet homme dont les plans lui échappaient, mais lui obéissait quand même? Faute d’avoir un autre but dans sa vie en noir et blanc. Plus en noir qu’en blanc, à vrai dire. Il préférait penser que tout était de la faute de Ventus.

D’abord, il le haïssait de l’avoir abandonné, d’avoir renoncé à sa partie obscure. Certes, c’était le vieux maître qui avait extrait les ténèbres du cœur du blond, mais c’était ce même blond qui les avaient repoussées si longtemps dans un coin de son cœur, opprimées par une lumière trop vive et trop apeurée. Vanitas avait gardé cette impression-là en se matérialisant, et il n’oublierait jamais le rejet de Ventus à son égard. C’était gravé dans ses gênes, ça faisait partie de lui tout comme l’obscurité dont il était né.

Ensuite, il le haïssait pour la vie qu’il menait. Ce bonheur qui lui était interdit, à lui. Cette chance dont Ventus était à peine conscient. Tandis que lui croupissait à la Nécropole, témoin de la vie de famille de sa moitié sans pouvoir y prendre part. Alors que c’était grâce à lui que le blond se trouvait là ! Sans lui, Xehanort ne l’aurait jamais envoyé à la Contrée du Départ ! Il n’y aurait jamais rencontré ce maître et ces amis qui dégoûtaient Vanitas par leur naïveté écoeurante. Il n’avait qu’un seul désir : leur faire du mal. Il voudrait voir le visage de Ventus se décomposer devant les cadavres sans vie et glacés des personnes qu’il chérissait le plus au monde. Il vivrait la solitude, il connaîtrait la haine, et peut-être qu’il comprendrait enfin ce que ressentait Vanitas.

Aussi, il le haïssait pour ne même pas se souvenir de lui, de son malheur, ni de rien de ce qui s’était passé avant son arrivée à la Contrée. Comme si sa tristesse d’autrefois n’avait plus d’importance. Comme si, débarrassé de Vanitas, de sa partie la plus sombre, il pouvait mener une autre existence, sans aucune trace de culpabilité. Même pas l’ombre d’une larme, alors que le brun saignait en silence. Oh, non, son abandon ne resterait pas ainsi impuni. Il y veillerait.

Enfin, il le haïssait de s’être trouvé un autre morceau de cœur en remplacement. Ce gosse, Sora, était devenu la moitié qui le gardait en vie. Vanitas ne lui était plus indispensable, et resterait le seul avec un cœur mutilé, puisque celui du blond était à nouveau complet.
Il ne s’en tirerait pas comme ça. Il ne pourrait pas se cacher derrière son pacifisme agaçant indéfiniment.

Vanitas l’avait poursuivi avec un entêtement qui allait au-delà que la simple haine. C’était une véritable obsession, le but de sa vie. Forger la X-Blade que réclamait Xehanort ne serait que le signe de sa victoire, de sa supériorité sur Ventus. Une fois qu’il aurait détruit son esprit, qu’il l’aurait traîné plus bas que terre, qu’il lui aurait prouvé que lui aussi pouvait exister, alors il serait enfin vengé. Ce n’était que justice, après tout.

Il avait tenté de détruire son amie, Aqua. Plusieurs fois. La jeune femme avait toujours gagné. Vanitas se consolait en se disant que ce n’était que partie remise, qu’il finirait par l’avoir, et que Ventus serait dévasté. Peut-être que ça lui mettrait du plomb dans la cervelle, à ce crétin. Peut-être qu’il arrêterait enfin d’ignorer son existence, le considérerait enfin comme un rival digne de ce nom.

Vanitas voulait que Ventus le déteste. Au moins, il tournerait son attention vers lui. Il cesserait de penser trop à ces amis stupides et il ne songerait qu’à lui, à leur confrontation qui se faisait de plus en plus proche.

Le brun ne parvint pas à supprimer Aqua ou Terra avant la bataille finale. Tant pis. Ventus acceptait de le combattre quand même. Et pour la première fois, Vanitas éprouvait une joie malsaine. Ce n’était pas trop tôt !

Ça allait plus loin que de la simple animosité, au final. Plus qu’une rivalité. Plus même qu’une obsession. Je te hais vraiment, Ventus, alors ça doit être ça, l’amour véritable.

Lorsqu’il l’affronta, lorsqu’il sentit le blond prendre le dessus, il ne comprit pas, redoubla d’effort pour récupérer son dû, pour finir de forger la X-Blade encore incomplète.

L’arme enfin glissa de ses doigts. Non ! Il tenta de la récupérer, en vain. Non, non ! Ce n’était pas comme ça que ça devait se passer ! Il était censé gagner ! Où était sa fin heureuse, à lui ?

Il se sentit tomber, un voile d’obscurité tomba sur ses paupières. Alors, c’était comme ça, hein ?

Il retournait dans le cœur de Ventus, dans son ombre, pour toujours, ses rêves détruits, brisés, annihilés en même temps que la X-Blade. Au moins… Oui, au moins, il ne souffrirait plus. Tant pis pour sa vengeance, tant pis pour tout...

Il était temps de dormir, à présent.
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Sixtejun
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 23:06

Thème 3 : Etoiles

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Texte d'Elerina


Dédié à Sévim, une fille merveilleuse, partie bien trop tôt…


Xion fuyait. Elle fuyait sa maison, ses parents, sa vie. Il était vingt-et-une heures à peine, mais depuis qu’elle était rentrée de ses cours, elle n’avait vécu qu’un enfer.
Sous les étoiles, près des rails, à plusieurs mètres de la gare de sa ville, elle repensait aux derniers moments qu’elle venait de vivre.

Cela faisait à peine un mois qu’elle était avec son petit ami, elle n’aurait jamais pensé qu’une telle chose pouvait arriver. Seulement voilà, son père, guidé par une tradition, n’avait pas accepté qu’elle sorte avec ce garçon.
Elle sortait du train avec son petit ami, quand elle vit son père qui l’attendait à la sortie de la gare.

Elle avait lâché la main du garçon, avait reculé d’un pas ; et il lui avait suffit d’un regard pour comprendre ce qu’avait son père en tête.
Le reste se passa vite –trop vite. Le plus âgé avait pris l’adolescent par le col, et avait commencé à lui asséner des coups, plus forts les uns que les autres.

Xion, elle, n’avait pu qu’observer ce spectacle avec effroi, sachant pertinemment qu’après lui, ce serait son tour de subir les traitements de son père, qui ne pourrait jamais supporter une si grande trahison d’une tradition présente depuis des siècles.

Combien de temps s’était écoulé entre le moment où l’adulte avait laissé l’adolescent étalé dans un coin sombre de la gare, et celui où il tira sa propre fille de force vers chez eux ? Xion ne savait pas, mais au fond, elle s’en foutait.

Son paternel lui avait hurlé, lui avait dit des choses qu’elle n’avait compris qu’à moitié ; mais elle savait qu’à présent, elle allait devoir être forcée de retourner dans son pays d’origine, pour épouser l’homme que son père choisirait pour elle.
Elle avait pleuré, elle avait crié, mais personne n’était venu la sauver des coups de son père, ni de sa décision –pas même sa mère ne s’était opposée à l’autre adulte.

Maintenant elle était là, toujours près de la voie ferroviaire, sous un ciel étoilé. Rejetée par sa propre famille, sans aucun échappatoire.

Elle avait peur. Elle avait mal.
Et au loin, à sa gauche, de la lueur –un train, sans doute, logique, vu qu’elle était au bord des rails.
Elle n’avait plus qu’un pas à faire, un pas qui la libèrerait de cette souffrance. Elle regarda une dernière fois le ciel, puis avança, alors que la lueur des phares s’approchaient encore, toujours plus près…
Puis enfin, elle se sentit libérée de toute douleur.

***

Le lendemain, vers les trois heures de l’après-midi, sa classe et ses amis apprendraient la nouvelle, et pleureraient son absence.
Tandis qu’à la prochaine nuit brillerait une nouvelle étoile…

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Sam 27 Oct - 23:10

Thème 3 : Etoiles

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Texte de Laemia


D’un côté, Xion se disait que les étoiles n’étaient pas si extraordinaires que ça. Oui, franchement, il ne s’agissait que de mondes plutôt éloignés, mais qu’on pouvait rejoindre en couloir obscur. Non, vraiment, qu’il y avait-il de génial là-dedans ? C’était banal, en fait. Les mondes, elle y voyageait tous les jours.

Et pourtant… Pourtant, parfois, quand tout le monde dormait à la Citadelle, elle se rendait à la Cité du Crépuscule, là, sur le Clocher de la gare. Comme lorsqu’elle était avec Axel et Roxas, mais seule et sans glace à l’eau de mer. Parfois, c’était même mieux. Elle réfléchissait. Elle levait le nez vers le ciel et elle contemplait la voûte percée de millions d’éclats d’argent.

Parfois, elle avait l’impression que les étoiles l’appelaient.

Ce soir-là, elle s’y rendit comme d’habitude, s’assit sous le ciel, bien en vue des autres mondes, et ferma les yeux, profitant juste de la légère brise de ce début d’été pour tenter de calmer son cœur qui lui faisait mal.

Parce qu’elle avait appris. Riku le lui avait dit, avait ajouté une vérité à ses doutes déjà présents. Elle n’était qu’une marionnette. Elle devrait disparaître.

Une marionnette… Un clone, non ? C'était pareil. Oh ! Ça lui rappelait l’autre garçon, celui qui ne venait plus s’asseoir avec elle, qui ne viendrait plus jamais et qui ressemblait tellement à Riku.

Car oui, au début, elle venait ici seule, mais un jour…

« Je peux m’asseoir ici ? » dit une voix derrière la jeune fille.

Elle sursauta légèrement, ne s’attendant pas à ce que quelqu’un la trouve ici. Ce n’était pas une personne de l’Organisation, non. Il s’agissait d’un jeune garçon, d’environ son âge. Des prunelles turquoises qu’encadraient des cheveux d’argent qui lui rappelait un peu, à Xion, la couleur des étoiles là-haut dans le ciel. Il portait une combinaison bleue et blanche.

« Euh… Bien sûr », fit Xion, intimidée.

C’était la première fois qu’elle parlait à quelqu’un d’autre qu’un Simili, et elle ne savait pas trop comment il fallait qu’elle s’adresse à lui.
Le garçon s’assit sans mot, puis :

« Qu’est-ce que tu fais ici ?

-J’aime bien venir là, le soir, répondit-elle. Et toi ? Je ne t’ai jamais vu, avant.

-J’ai besoin de réfléchir.

-Ah…

-Tu ressembles à quelqu’un que je connais. Elle s’appelle Naminé. C’est bizarre… »

Xion ne comprit pas pourquoi il lui racontait cela.

« Moi, je suis Xion, fit-elle.

-Et moi Riku. »


La brune sourit tristement aux étoiles. Bien sûr que non, ça n’était pas son nom, au garçon. Mais à ce moment-là, il en était persuadé.
Des gouttes se mirent à tomber des cieux. Les mondes pleuraient-ils avec elle ? Elle aurait voulu que ce soit le cas, qu’au moins sa peine soit partagée.

Il était revenu, le soir d’après, et la nuit d’après encore. Ils avaient parlé. Xion lui racontait sa vie à l’Organisation, et celui qui n’était pas Riku lui parlait d’avant, de son passé sur l’île, et puis…

« Tu connais les Simili ? s’étonna-t-elle.

-Bien sûr. Ce sont eux qui détiennent Naminé prisonnière. Mais je la sauverait.

-Oh… Je… Je ne savais même pas.

-Tu es dans leur camp ?

-Je suppose que oui, mais… Je n’étais pas au courant qu’ils faisaient des choses si horribles ! Mon rôle à moi, c’est de récolter des cœurs.

-Je te crois, Xion. Tu n’es pas une mauvaise personne, ça se voit. »

Et il lui avait souri. Et pendant un moment, Xion s’était dit que les étoiles pouvaient bien s’écrouler, elle s’en fichait. Tant qu’il revenait là, avec elle, tous les soirs, ça irait. Ca allait.


Oh, bien sûr, que ça n’avait pas duré. Ca aurait été trop beau, trop parfait. Puis, finalement, elle avait besoin des étoiles pour la réconforter, pour pleurer avec elles.

Parce qu’un jour, il était venu avec un regard différent, perdu, confus. Un peu comme celui de la jeune fille en ce moment. Et il lui avait dit des tas de choses, qu’elle avait eu du mal à comprendre.

Il s’appelait Néo, il était une copie de Riku. On lui avait implanté de faux souvenirs, une fausse vie. On s’était servi de lui pour le pousser à affronter Sora et ça lui donnait envie de vomir. Il n’existait pas, n’était qu’une ombre, et il ne comprenait pas.

Xion ne put que lui dire qu’elle le considérait vraiment comme quelqu’un, peu importait ce que les autres disaient, peu importait qu’il s’appelle Néo ou Riku. Elle avait rougi, un peu, peut-être, en disant cela.

Mais Néo ne l’écoutait pas, ne voulait pas comprendre. Il parlait de Naminé, qui lui avait brisé le cœur, qui l’avait manipulé. Il parlait de Riku, qu’il détestait et jalousait plus que tout. Il était parti, au final.


Il n’était jamais revenu. Xion avait fini par savoir, par apprendre de la bouche de Naminé même la fin du garçon.

Aujourd’hui, les étoiles pleuraient. Xion avait également appris qu’elle était semblable à Néo. Une copie, mais de Sora. Les étoiles pleuraient pour eux deux.

Elle ne s’était jamais sentie aussi proche de la voûte céleste qu' en cet instant, où elle faisait le choix de disparaître. Contrairement à lui, elle se sacrifiait de son plein gré. Peut-être qu’elle le rejoindrait, là où il se trouvait.

Elle savait que c’était ridicule, mais Xion ne pouvait s’empêcher de penser que Néo se trouvait parmi les étoiles, à présent.

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 0:07

Thème 4 : Brouillard

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Texte de CrimsonThirteen


Pauvre gamine – pour qui tu me prends ? Croire que je vais te laisser m'embrouiller comme ça, c'est si stupide, si puéril, si toi.

Qui es-tu, qui es-tu, qui es-tu, me chante cette voix à l'intérieur qui ne peux pas cesser de m'emmerder avec ses questions douteuses – qui es-tu, pour qui tu me prends, qu'est-ce que tu veux, qu'est-ce que tu cherches ?

C'est les mêmes rengaines jours après jours, heures après heures, regards après regards ; les mêmes paroles qui tournent et qui sont vides de sens, qui se cherchent et ne se trouvent pas.

Femme aux cheveux noirs, fillette aux yeux bleus, pourquoi ton visage apparaît-il chaque fois que je ferme les yeux ?

J'me souviens qu'un jour ma vie avait un sens, qu'un jour mon monde tournait toujours du même côté, sans faire attention aux autres, à l'espace ou au temps. J'me souviens qu'un jour j'avais eu l'impression d'être quelqu'un de normal et d'insignifiant, juste un visage parmi les autres, juste un nom comme sept milliards d'individus – même quand on parle d'un nom aussi bizarre que le mien. Larxene, on m'appelle – qui donc y aurait prêté attention ?

J'me souviens qu'un jour tout tournait rond ; puis qu'il s'était passé un truc, quelque chose, je sais pas, je sais plus. Ça devait être comme les tours jumelles qui s'écroulent, comme les bombes nucléaires ou comme le Big Bang ; un truc énorme, terrible, qui change la surface de la terre, qui détruit quelque chose en laissant rien à la place, juste du vide.

Un mot, juste – « salut » ou « bonjour », n'importe quoi qui ressemblait à ça. Un mot débile, qu'on entend partout, tout le temps, un mot passe-partout et ordinaire. Mais il avait rien d'ordinaire ; il m'était adressé, et ça, c'était déjà quelque chose ; et puis, c'était toi qui l'avait prononcé.

T'avais dit « bonjour » ou « salut », de ta voix douce et chantante, avec tes yeux bleus et innocents, avec tes mèches noires et impertinentes, tu t'étais juste assise – près de moi, juste à côté.

J'te connaissais pas, tu me connaissais pas, et pourtant tu m'as dit bonjour. Comment j'devais le prendre, moi, qu'est-ce que je devais comprendre ? J'ai rien dit, je crois. J'suis restée à te regarder comme une conne, j'ai détourné les yeux, j'ai fait semblant d'être intéressée par autre chose.

Mais t'es revenue, encore. Après, t'es revenue, tu m'as même parlé – vraiment, cette fois. Tu m'as dit des trucs, j'ai rien compris, j'ai fait semblant, j'ai hoché la tête et j'ai juste lâché « oui » de temps en temps, pour faire genre ; la vérité, c'est pas que j't'écoutais pas, c'était plutôt que j't'écoutais trop.

Et après, j'ai pas arrêté de me demander « pourquoi ». Pourquoi t'es venue, qu'est-ce que tu me veux, pourquoi tu me parles et pourquoi tu insistes ? J'ai jamais pu trouver la réponse ; dans ma tête, c'est resté le vide total, le vide noir et profond, celui qui t'aspire et qui te relâche pas.

J'me souviens t'avoir vue un jour parler avec ce type blond, t'avoir vue rire, et puis, le comble, l'avoir embrassé.

Juste un baiser sur ses lèvres, juste un sourire et des regards échangés ; un putain de baiser, ouais. J'ai senti mon cœur faire un truc bizarre ; comme s'il se décrochait de ma cage thoracique et dégringolait à travers tous mes organes, jusqu'à atteindre mes pieds ; comme s'il bondissait hors de moi ; comme s'il avait décidé qu'il en avait marre de battre inutilement pour me maintenir en vie.

« Pourquoi ? » j'ai pensé encore, et j'ai jamais trouvé la réponse ; pourquoi lui, qu'est-ce qu'il avait ? J'ai préféré arrêter d'y penser ; t'étais amoureuse, peut-être, c'est ça, non ? J'y ai cru ; et comme j'avais pas envie de te fréquenter dans cet état de faiblesse, j'ai voulu cessé de te parler.

J'étais en colère, tu sais, et je comprenais même pas la raison. Je sais, c'est stupide ; c'était peut-être trop évident.

Ensuite, t'es revenue vers moi, tu m'as souri de ton putain de sourire, et j'ai plus rien compris à ma vie. Ce sourire-là, je voulais le voir encore, tous les jours, tout le temps, le forcer s'il le fallait ; il était trop beau, trop parfait pour qu'on se permette de le perdre une seule seconde.

Mais, c'est drôle, c'était exactement le même, j'veux dire, il était identique à cent pour cent à celui que je venais de te voir faire à l'autre blond plus loin ; j'ai pas compris, pourquoi faire ça à ce mec dont t'étais amoureuse, puis me le refaire en face ? C'est stupide, c'est trop con ; ça avait aucun intérêt.

Tu t'es remise à me parler et j'ai oublié ce que j'avais décidé ; j'avais pas envie de t'ignorer, nan, j'pouvais ignorer la planète entière mais pas toi, pas toi, parce que t'étais trop... je sais pas, je pouvais juste pas, j'étais déjà à fond et j'm'en rendais pas compte.

Puis, une semaine plus tard, dans ces eaux-là, je me souviens t'avoir dit une connerie au milieu d'une conversation comme je ne pouvais en avoir qu'avec toi – des conversations sur moi, sur toi, sur nous, sur le monde et sur les étoiles, des conversations qui me prenaient toujours aux tripes et au cœur – et tu m'as répondu « je suis vraiment contente d'avoir une amie comme toi ».

Sur le coup, j'ai souri et j'ai juste dit « oui » ou « moi aussi » ; après, j'ai failli m'étrangler en me rendant compte d'à quel point j'avais pas envie d'entendre ça, comme j'avais pas envie de te voir embrasser cet autre dont, d'ailleurs, tu ne me parlais jamais. J'ai fouillé dans ma tête, je me suis dit : « bon Dieu, Larxene, pourquoi tu fais ça ? C'est quoi ces conneries ? » et c'était juste le bordel, le chaos le plus total, un truc affreux et incompréhensible ; j'ai su que tu me considérerais jamais autrement que comme ta pote, et étrangement, ça faisait hyper mal, comme un coup de couteau dans l'estomac ; tu te vides de ton sang peu à peu, tu peux rien faire, mais ça fait un mal de chien et t'as envie de hurler. Sauf que j'ai pas hurlé, moi, j'me suis même pas rebellée, j'ai juste dit « moi aussi » ou « oui ». J'me suis dit que j'étais trop conne, d'avoir espéré, d'avoir cru, tout ça à cause d'un « bonjour » une fois et d'un sourire l'autre fois.

Et voilà qu'hier t'as encore empiré les choses ; je comprenais déjà rien, j'étais déjà dans la brume, et encore une fois t'as décidé de l'opacifier comme si ça pouvait me faire du bien ; t'es venue près de moi, tu m'as dit « bonjour »ou « salut », tu m'as souris, puis t'as fait quelque chose d'incroyable auquel j'aurais jamais osé penser.

T'as posé tes lèvres sur les miennes comme tu l'avais fait avec ce mec, tu l'as fait comme si c'était la chose la plus commune au monde, tu l'as fait juste quelques secondes, puis tu as éloigné ton visage et tu m'as souris à nouveau ; tu m'as dit quelque chose, mais j'ai rien entendu, t'as dit un truc c'est sûr, mais qu'est-ce que c'était ? Trop de sentiments, trop de conneries, t'étais un mystère depuis le début, et l'énigme est devenue plus difficile encore.

Mon cœur bat trop vite, quand je te vois, et je me pose ces questions tout le temps ; qui es-tu, que veux-tu, pourquoi tu fais ça et qu'est-ce que tu cherches ?

J'en sais rien, et je saurai sans doute jamais ; je patauge dans le brouillard le plus total, je sais pas où je vais, d'où je viens, mais je continue ma route et j'avance à l'aveuglette ; qui sait, peut-être que je pourrai trouver d'autres surprises cachées devant moi, d'autres moments comme ça. Au fond, peut-être que c'est ce que j'aime, tout ça ; rien savoir, se laisser guider.

Je te comprends pas, Xion, mais s'il te plaît sois mon guide et même si le brouillard doit s'épaissir encore, prends moi la main et emmène-moi où tu veux. Je te suivrai corps et âmes, je te suivrai les yeux fermés.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 0:11

Thème 4 : Brouillard

***********

Texte de Lunastrelle

Elle ouvrit des yeux confus. Froid, humidité. Deux mots qui résonnaient au sein de son esprit qui ne parvenait pas à se réveiller. Ses lèvres tremblèrent, suivies par ses dents, puis le reste de son corps qui lui faisait si mal. La jeune fille ne voyait pas à des kilomètres à la ronde. Cette vapeur blanche, qui lui prenait la gorge, qui lui embuait le regard... elle refusait de se lever pour laisser place au paysage. Elle croisa les bras sur sa petite poitrine nue, puis commença à marcher – patauger serait plus juste.

L'eau montait jusqu'à ses mollets; un pauvre haillon, qu'elle avait ramassé dans la boue sur le corps d'un squelette rongé par le temps, entourait désormais sa poitrine et lui descendait jusqu'à la moitié de ses cuisses. Elle l'avait accroché comme elle l'avait pu pour que son intimité soit préservée. Par contre, elle n'avait toujours pas retrouvé son nom. Pourtant, elle sentait confusément au sein de son être qu'avant, elle n'existait même pas.

Et ce visage, qui revenait sans cesse la hanter. Non, il y en avait trois. Un blond aux yeux bleus, un roux aux yeux verts... et un autre, encadré par des cheveux d'argent et des iris entre le bleu et le vert, comme s'ils ne voulaient pas choisir pour tirer franchement sur l'une ou l'autre couleur. Ce visage-là éveillait quelque chose en elle, qui était intense même si elle ne pouvait pas le définir.

Soudain, elle se cogna contre une pierre cachée par une flaque à peine plus profonde que les autres et sentit la peau s'ouvrir. Elle se mordit la lèvre pour s'empêcher de crier. Et ce satané brouillard qui refusait de se lever... Allait-elle mourir ici, seule, oubliée de tous ?
Ce mot éclata soudainement dans sa tête, comme un chant. L'oubli. La jeune fille tressaillit et sentit son cœur haleter de douleur. Elle fut obligée de se plier en deux pour se reprendre vite. Non, elle n'y arrivait pas. Ça continuait à la torturer, à remonter le long de sa colonne vertébrale. Un cri finit par franchir ses lèvres désespérées, alors qu'enfin, elle se souvenait. Que son prénom résonne autant comme une marée que comme un souvenir.

Xion, celle qui n'aurait jamais dû exister.

À cette seule pensée, la jeune fille ne se releva pas et demeura alanguie dans ces marécages qui n'en finissaient pas, ce brouillard qui ankylosait sa volonté. Elle savait où elle se trouvait. Sora, Kairi et Riku connaissaient cet endroit, proche de là où ils vivaient. Non, pas l'île où ils se rendaient tous les trois, mais sur le continent. Pourquoi avait-elle atterri là ? Une des facéties du Kingdom Hearts, sans doute.

Roxas, Axel... Ils étaient partis, finalement. L'un était retourné en Sora, là où elle se trouvait aussi avant d'être éjectée violemment, alors qu'elle n'en comprenait pas la raison. L'autre avait péri... Non, il avait retrouvé son cœur. Roxas aurait-il la chance de vivre sa propre vie un jour ? Et elle, que faisait-elle ici ? Et Riku... l'avait-il vraiment oubliée, comme il le lui avait démontré lorsqu'elle lui avait posé la troisième question, alors qu'il avait plongé au plus profond dans le cœur de Sora pour le sauver ?

Dans sa tête commença à émerger un semblant de raisonnement. Si elle était ici, c'était que quelqu'un s'était souvenu d'elle, donc lui avait accordé une existence et une personnalité propres. Enfin, qui avait concédé qu'elle pouvait posséder tout cela. Oui, mais cela ne suffisait pas. Xion fixa le brouillard avec de plus en plus de désespoir. De toute manière, à quoi cela servirait-il de le savoir, puisqu'elle allait mourir ?

Si ça se trouvait, c'était un accident si elle était ici. Non, vraiment, qui aurait pu éprouver autant d'émotions positives envers elle pour qu'elle revienne ? Des sentiments qui allaient bien au-delà de l'amitié... des sentiments qui s'apparentaient à de... l'amour ?
Soudain, Xion sentit qu'on la relevait et la serrait contre quelque chose de dur et chaud. Non, pas quelque chose, mais...

Au moment où elle croisa ce regard turquoise familier, Xion sut qu'elle possédait un cœur, alors qu'elle en était dénuée en tant que clone et fausse Simili. Elle retint à grand-peine un hoquet de surprise, tandis qu'il la serrait contre lui, tout en marchant à travers le brouillard, et lui murmurait :

- Je suis là. Enfin, tu es revenue, Xion.

Les larmes lui montèrent aux yeux à l'entente de ces mots. Lui qui l'avait traitée d'imitatrice lorsqu'il l'avait croisée pour la première fois, puis qui l'avait guidée dans ses choix, qui consistaient à réveiller Sora, donc qu'elle se sacrifiât pour lui, le voilà qu'il la portait dans ses bras et lui parlait comme s'il l'avait attendue. Comme si... c'était lui qui avait imploré au Kingdom Hearts qu'elle revienne. Il ne l'avait pas oubliée...

Riku franchit les derniers mètres dans ce brouillard oppressant, puis mit le pied sur une berge au sol sec. Un peu plus loin, les bois... puis la ville où lui, Sora et Kairi étaient nés. Xion le regarda à nouveau, avec au bout des lèvres un « pourquoi ». Elle balbutia :

- Riku...

- Chut. Je sais, lui répondit-il avec douceur.

Elle remarqua ses cheveux courts, ainsi que l'aura qui se dégageait que lui. Il était devenu maître de la Keyblade. Soudain, elle comprit.

- Tu...

Riku s'arrêta de marcher pour la faire taire en bâillonnant ses lèvres. Xion sentit le rouge monter à ses joues, et c'est avec maladresse qu'elle enlaça son cou pour avoir plus de prise. Le baiser balaya le brouillard en son être, acheva ses derniers doutes. Lorsque leurs bouches se séparèrent, tout avait été dit. Plus rien n'avait d'importance.

- Je savais que je trouverais un moyen de te ramener à la vie, alors je l'ai fait, Xion.

Un sourire tremblant fleurit sur les lèvres de la jeune fille, ainsi que sur celles du maître de la Keyblade. Il était parvenu à sauver une personne de plus qui lui était chère. Il la préserverait et l'entourerait avec toute la lumière que son cœur était capable de receler. Xion ferma les yeux et ensemble, ils avancèrent sur le chemin vers l'aube, qui commençait à pointer à l'horizon désormais clair.

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 0:12

Thème 4 : Brouillard

***********

Texte de Plume d'Eau

Un regard bleu terni se posa entre les planches mal fixées, fixant à travers l’espace mince ainsi dégagé la lande au dehors, qui se couvrait doucement de brouillard.
Le wagon dodelinait doucement, seul témoin du long voyage que tous effectuaient, entassés comme du bétail dans cet endroit devenu minuscule face à leur nombre. Tous étaient silencieux ou presque.

Ça et là, on entendait des murmures, une personne qui tousse – ou qui renifle.
Assis contre l’une des parois du véhicule, un jeune homme roux tenait assis contre lui un petit blond, serré dans ses bras, pressé contre son torse. Aucun des deux ne parlait, l’un regardant dehors, l’autre le nez enfoui dans sa chevelure.
Ce fut une voix qui les fit réagir, provenant de leur droite.

- Qu’est-ce que tu fais là, toi ?

Le regard de l’homme – brun, avec une barbe lui mangeant les joues et les yeux presque furieux – dardait sans pitié le plus jeune des deux, qui le fixa un instant, étonné. Peu patient, l’autre reprit.

- T’es qu’un petit blond aux yeux bleu. Un précieux. Un de leurs précieux spécimen parfait. Qu’est-ce que tu fiches ici ?!

Un sourire triste, faible écho de la peine qui flottait dans le regard d’azur du gamin.
Un regard qui fit frissonner son interlocuteur tant ce qu’il y trouvait y était déplacé.
Là ou le rire, l’innocence et la paix auraient du régner, il ne voyait que peine, tristesse, douleur.
Enfin, ce dernier répondit d’une voix faible.

- Je l’accompagne. Je ne le quitterai pas.
- Tu l’accompagne ? Mais qui, hein ?
- Moi.

Cette fois, c’était le grand roux qui avait parlé, resserrant un peu sa prise sur le plus jeune, l’écrasant contre son torse – sans que ce dernier ne s’en plaigne.
Le troisième type les fixa un instant du regard, interdit.
Comme s’il n’arrivait pas à comprendre quelque chose qui, à eux, semblait évident.
Il finit par secouer la tête, observé par de plus en plus de monde dans le wagon.

- Je pige pas. T’as l’air d’un de ces parfaits aryens. Pourquoi tu te planque ici ? Tu sais au moins où en vas ?
- Je m’en balance. Je le quitterai pas.

Un autre regard incompréhensif, cette fois-ci dardé sur le compagnon du blondinet.

- Je lui ai déjà dit de me laisser. Que je préférais le savoir en vie, et loin, plutôt que près de moi mais en danger. Il n’a rien voulu savoir. Alors voilà.
- Mais… mais c’est n’importe quoi ! Sais-tu au moins ce que tu sacrifie ? T’es qu’un inconscient, bordel, tu sais combien d’entre nous donneraient tout pour avoir ta chance ?
- J’m’en balance.

Eclat de voix, froide, sèche.
Comme un désert de glace, aussi pur que les deux saphirs formés par l’océan de son regard solidifié.
L’homme frissonna.
S’il semblait perdu auparavant, maintenant le gamin avait tout l’air d’une sorte de soldat forgé dans l’acier, d’un tueur impitoyable, inébranlable et déterminé.
Il resserra son poing sur le t-shirt de son aîné.

- Je ne veux pas le laisser. Jamais. Je m’en fous de vivre ou mourir. S’il faut que je crève, c’est avec lui que je le crèverai. Je ne veux pas d’une vie parfaite si je dois la passer loin de lui. Ils ne voulaient pas le laisser en paix, alors je suis partit avec lui.

Un silence.

- Je ne le quitterai pas.

Avec un soupir, il détourna le regard de l’homme qui les avait dérangés, et reporta son attention sur l’extérieur. Sa tête retrouva la courbe du cou du rouquin, juste entre l’épaule et la clavicule.
L’autre referma un peu plus l’écrin de ses bras sur lui, comme pour le protéger.
Un murmure sortit des lèvres du blond, si faible que seul lui l’entendit.

- Je ne te quitterai plus.

Enfouissant son nez dans la chevelure d’or, un faible sourire ourla les lèvres de son aîné.
Son regard d’émeraude crocheta un instant les perles bleues.
Il semblait dire « Moi non plus. »

Au dehors, le paysage défilait au rythme infernal du train, tandis que le brouillard s’épaississait.

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 0:14

Thème 4 : Brouillard

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Texte de Laemia


Au fond, toute sa vie n’aura été qu’un immense brouillard, une tâche floue étalée sur quelques jours, quelques semaines. On n’avait même pas eu la décence de lui accorder une année entière. Peu importait qui était le « on » en question, il s’agissait d’un bel enfoiré, tiens.
Il ne resterait qu’un accident, qu’une existence sans importance, qu’un souvenir à demi-oublié dans la mémoire de ceux qui l’avaient côtoyée.

Même à présent, sa vision se teintait de blanc, flou, brumeux. Il frissonna alors qu’il disparaissait sans doute pour de bon. Où irait-il, hein ? Dans le brouillard, sans doute. Ni la Lumière ni les Ténèbres ne voudraient de lui, d’une copie, qui n’avait même pas de nom. Ah… si. On l’appelait Néo. Comme un « nouveau » Riku. Une version 2.0, hein ? Pas tout à fait. Juste un copier/coller un peu loupé.

Au début de son existence, il avait l’esprit brumeux. On lui avait expliqué. Il était une réplique, mais il serait mieux, tellement mieux que l’original ! Riku était une espèce de lâche qui craignait les Ténèbres, un pouvoir immense qui le rendrait puissant s’il savait l’apprivoiser.
Ça lui allait, à Néo. Il ne demandait que ça. Pouvoir être lui, en sachant certes qu’il n’avait pas de passé, mais, eh, est-ce que ça avait de l’importance ?

Mais il ne voyait pas à trois mètres devant lui. Aussi, il n’avait pas prévu la traîtrise de l’Organisation à son égard. Il ne l’avait pas vu venir. Ils disaient qu’il devait devenir Riku, jouer son rôle comme un brave petit clone. Non ! Qui voudrait ressembler à Riku ? Ne pouvait-il pas rester lui-même ?

Et pourtant… On lui floua l’esprit. Il voyait encore moins qu’auparavant, perdu dans ce brouillard, dans cette illusion que Naminé avait bâtie pour lui. Cruelle Naminé… Oh, ce n’était réellement sa faute, non. On l’avait forcée. Mais même. Elle l’avait forcé à l’aimer, à veiller sur elle. Oh, avec le recul, il voyait bien qu’elle se sentait mal de lui faire ressentir cela. Mais même...

Il se prenait pour Riku, il pensait éprouver des sentiments pour Naminé, il pensait détester Sora, être jaloux de lui. Foutaises. Du début à la fin, foutaises. Mensonges, toujours. Et lui n’avait rien vu venir, ne s’était jamais posé de question. En bon aveugle à l’esprit embrumé qu’il était. Il aurait dû être plus clairvoyant. Ça lui aurait évité… Evité quoi ? Même s’il avait pu apercevoir le trou qui se dressait sur sa route, prêt à l’avaler, il n’aurait pas pu l’éviter, ni s’arrêter au bord.

Le brouillard se dissipa quelques instants, à un moment donné de sa vie. Oh, pas longtemps. Juste assez pour souffrir atrocement. Il avait voulu s’en prendre à Sora, Naminé l’avait stoppé, et d’un coup, ça avait été comme un choc dans tout son être. Les souvenirs qui emmuraient son esprit se fissuraient pour dévoiler le fond, la vérité, le piège étalé sur son chemin, masqué par la brume. Il avait senti quelque chose se déchirer dans sa poitrine. Il n’avait su le supporter et s’était écroulé au sol, sans vie.

Sauf que son calvaire ne s’arrêtait pas là, non ! C’aurait été trop simple, hein, de finir ainsi ? Pas suffisamment douloureux, sans doute.
Non, on l’avait réveillé. Axel lui disait d’aller supprimer Zexion, que ça le rendrait complet. Néo était brisé, il n’avait pas protesté. Il avait exécuté l’ordre du Simili. Ça n’avait pas marché. Il avait acquis le pouvoir des Ténèbres, mais il ne se sentait pas différent. Axel s’était servi de lui.

Ce fut la goutte de trop. L’incompréhension qui submergeait tout. Quitte à être aveugle, autant foncer dans le mur en courant.

Dans un accès de rage, il était allé trouver le vrai Riku. Il ne comprenait pas pourquoi ce garçon vivait, et pas lui. Pourquoi était-il condamné à n’être que son ombre, qu’un pâle reflet, qu’une silhouette inconsistance à ses côtés ?

Il l’avait défié, comme dans un état second. Le brouillard était plus épais que jamais. Il n’y voyait pas plus loin que le bout de son nez et l’obscurité se rapprochait.

Il venait de perdre. Il gisait là, sur le sol, pendant que Riku le regardait sans rien dire.

Néo paniquait peut-être un peu, à mesure que le gris se refermait sur lui, mais il n’en laissa pas paraître. Il ne devrait pas avoir autant peur de finir une vie si inconsistante, si… Enfin, ça irait. Tout allait bien. Il n’avait plus à se battre pour se prouver qu’il existait. La question serait réglée, définitivement.

Sans doute que personne ne le pleurerait. Non, ils avaient Riku. De lui, ils s’en fichaient.

Finalement, il se dissipa aussi vite que le brouillard qui tombait que la ville pour mieux se retirer une fois l’heure venue. Il ne resterait rien de lui dans le soleil éclatant qu’il ne verrait jamais.

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 1:03

Thème 5: Chaos

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Texte d'Elerina

Chaos. Un mot de cinq petites lettres, mais qui pouvait faire s’effondrer un monde, voire même un univers tout entier.

Naminé, elle, avait perdu toute sa famille, sa vie, et ses raisons de vivre.
La guerre avait éclaté depuis peu, mais il ne restait déjà plus rien ; la blonde avait été abandonnée par ses propres parents, qui ne souhaitaient que survivre, avec ou sans elle –malheureusement, ce fut sans.

Elle marchait dans la rue où se trouvait anciennement son lycée et ses amis, mais ce n’était plus qu’un champ de ruines –et l’odeur de corps en décomposition planait dans l’air, au point que la jeune fille en avait la nausée.
Elle continua son chemin, espérant tomber sur quelqu’un qui l’aiderait, pourrait la sauver ; mais elle devait se faire une raison, personne ne viendrait, car plus personne n’était là.

Elle s’effondra, à bout de souffle et de force –depuis combien de temps n’avait-elle pas pu manger, déjà ? Elle ne savait pas, ne savait plus. De toute manière, elle était certaine que ça finirait ainsi ; mourir de faim et de soif dans cet endroit dévasté.
Elle se coucha sur le sol froid, recouvert de cendre et de résidus de matériau, puis observa le ciel gris –sa crise d’hypoglycémie ne passerait pas ainsi, elle le savait, mais elle s’en fichait.

Sa vision était légèrement plus trouble, et la fatigue l’emportait, mais pourtant, elle souriait.
Enfin. Enfin elle allait quitter ce monde chaotique, ce monde qui, jusqu’à ses derniers instants, l’aurait tant fait souffrir.
Fini les moqueries. Fini les blessures. Fini les insultes.
Naminé allait enfin trouver cette paix qu’elle recherchait tant depuis ces dix-sept petites années de vie. Pourtant…

Ce fut avec surprise qu’elle vit pour la première fois depuis des jours un garçon se pencher au dessus d’elle. Ce même garçon lui tendit la main, et l’aida à se relever ; elle ne comprenait même pas pourquoi elle le laissait faire.
Le garçon lui donna de l’eau, du pain, et quelques bonbons –sans doute des produits miraculeusement intacts qui provenaient d’un supermarché avoisinant.
Elle les accepta sans broncher, et une fois sortie de sa crise d’hypoglycémie grâce à ces quelques aliments, elle releva la tête vers ce garçon aux yeux étrangement dorés qui lui tendit la main.

« Fuyons ensemble. »

Sans vraiment savoir pourquoi, elle accepta, et prit la main de cet inconnu.
Peut-être que grâce à lui, elle arriverait définitivement à sortir de ce chaos qu’était sa vie ?
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 1:05

Thème 5: Chaos

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Texte de Lunastrelle

Après sa dissolution complète, Luxord, dixième membre de la Confrérie, chuta dans un monde qui n'avait ni queue ni tête, ni haut ni bas. Une dimension, un cosmos, tout cela à la fois. Un Pays des Merveilles brouillonné et découpé pour être mélangé à des morceaux d'autres univers. Un magma incompréhensible, un pandémonium... Le chaos.

Jusqu'à ce qu'il perde contre ce garçon, celui qui avait absorbé le treizième membre, le Porteur de Lumière, Luxord ne s'était jamais douté qu'une telle chose pouvait se produire. Roxas avait de la chance, lui. Il ne serait pas condamné à être complètement dissous comme un vulgaire cachet d'aspirine. Il ne connaîtrait jamais ce que le Joueur du Destin était présentement en train de vivre.

Un cauchemar, un capharnaüm. Il se croyait mort, or ce n'était pas tout à fait le cas. Tout respirait le noir autour de lui, mais il ne s'agissait pas des ténèbres. Oh non, mais quelque chose de bien pire... Le temps avait complètement déraillé, s'était pris les fils dans les aiguilles monstrueuses d'une autre entité qui l'avalait, le mâchait, le déréglait...

Le chaos. Caillots de temps, voilà à quoi pouvait se résumer l'endroit dans lequel son corps en suspension baignait. Son corps... La bonne blague ! Ce qu'il restait de lui, oui !

Luxord fit comme s'il fermait les yeux pour oublier ce qu'il y avait autour de lui. Cela allait à l'encontre de ses convictions, de ses acquis. C'était impossible que le chaos existe de cette manière, vraiment ! Dire qu'il avait désiré qu'il envahisse les mondes à la place des ténèbres et de la lumière... Enfin, c'était Xemnas qui le souhaitait. Le Joueur du Destin n'avait fait que suivre le mouvement, puis s'était pris les pieds dans la mécanique infernale, les engrenages titanesques de son plan trop ambitieux.

Créer un Kingdom Hearts artificiel, récolter toujours plus de cœurs grâce à Roxas... et à... Non, personne d'autre. Si, mais sa mémoire l'avait effacée, comme si elle ne devait pas exister. Enfin. Xemnas avait presque obtenu ce qu'il désirait, mais il avait sous estimé les Porteurs de la Clé, Sora et Riku.

Quelque part, c'était peut-être mieux ainsi. Introduire le chaos pour nettoyer l'univers, y balayer ténèbres et lumière afin d'instaurer un nouvel équilibre entre ces deux-là... c'était impossible. Le chaos n'obéissait absolument pas à cette logique-là. Pour que cela puisse marcher, il fallait du temps... Or, le chaos était constellé de grumeaux de ce dernier, de débris... de caillots. Le temps y était mort à cause de ce chaos de tant d'abominations.

Luxord brûlait de pouvoir disparaître vraiment. Pourquoi cela lui était-il interdit ? Parce qu'il était un Simili, alors il était issu non du néant, comme Xemnas avait voulu leur faire croire... mais du chaos ? Cette idée provoqua un frisson violent en lui. Horreur et damnation ! Pour le coup, là, il ressentait de la terreur et du dégoût.

Le Joueur du Destin sentait que de plus en plus, cet univers dantesque refermait ses mâchoires sur lui, ce qu'il restait de sa personne. Quelle ironie de se retrouver broyé par le non-temps, lui qui était le maître du temps. Pour un peu, il en aurait ri s'il en avait eu le courage.

Sora... comme il en avait, de la chance. Roxas aussi, tiens. Jamais ils ne connaîtraient ces affres ni cette dimension. Luxord eut l'intuition qu'Axel ne serait jamais confronté à « ça » non plus, de même que certains membres décédés de l'Organisation. On n’avait pas détruit leurs cœurs définitivement... pas comme le sien, malheureusement. Avalé par un sans-cœur ? Non. Ingurgité par le temps lui-même ? S'il avait pu grimacer, alors il l'aurait fait.

Chaos. Le Joueur du Destin le devenait aussi, au fur et à mesure que les caillots du temps s'agglutinaient contre lui. Bientôt, il ne serait vraiment plus. Finalement, ce n'était pas si mal ou dérangeant. Sa mort, il allait l'obtenir, même si ce n'était pas de la meilleure façon. Peut-être que la Création, ou ce qui pouvait s'y rapporter, avait fini par avoir pitié de lui. Peut-être même que son cœur vivotait encore, quelque part dans les ténèbres ou la lumière, ou...

Le chaos.

S'il avait pu gémir, Luxord s'en serait donné avec « joie ». Non, c'était trop cruel, trop retors. Le Destin s'était foutu de lui complètement, là. Il se retrouvait piégé au sein d'un paradoxe pire que ceux qu'il créait pour ses ennemis, entre dés ou cartes. Cette fois, c'était de lui – et avec lui – qu'on se jouait. Depuis combien de temps, sans mauvais jeux de mots ?

Luxord perdit le sens des réalités et laissa son esprit mourir sous l'hémorragie du chaos... qui se transformerait en caillots de tant de choses, en cahots tumultueux d'une nouvelle absurdité.
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Sixtejun
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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 2:03

Thème 6: Couteau

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Texte de Laemia


« Qu’est-ce que tu fais, Xion ? déclara sèchement Larxène en tentant d’ignorer le frisson de dégoût qui lui courait le long de la colonne vertébrale. Pose ça, gamine. Pose, je te dis ! »

Mais Xion ne l’écoutait pas, ne l’entendait pas, et se contentait de rester assise au sol, tremblant de tous ses membres, la lame serrée dans ses petites mains à s’en faire blanchir les jointures. Derrière elle, deux corps étendus dans une mare de sang qui courait jusqu’à ses genoux.

Puis elle releva ses yeux éteints vers Larxène, qui la fixait à quelques mètres de là. Elle se mit à balbutier des morceaux de phrases sans queue ni tête.

« Je… J’ai pas voulu… C’est pas moi ! Larxène, c’est pas moi ! Je… C’est eux qui… qui… Et après c’est devenu flou et… »

Comme elle ne se calmait pas, que ce qu’elle proférait ressemblait de moins en moins à des mots et que son boucan risquait d’alerter les voisins, la blonde s’accroupit à côté d’elle et la gifla d’un coup sec qui retentit dans le silence de la pièce et dans les os de l’autre fille.
Xion la regarda, comme choquée.

« Ça t’as remis les idées en place ? lui cria Larxène. Maintenant, c’est quoi ce bordel, putain ? »

La jeune fille venait juste rendre visite à sa petite amie, trouvait la porte légèrement entrebâillée, et la voyait là, avec le cadavre froid de ses parents à ses pieds.

« Il se passe quoi ? relança-t-elle en voyant que la brune ne répondait toujours pas. Xion ! Sérieux ! »

Oh, pas que ça lui fasses grand-chose en fait de voir ces enfoirés dans un état si pathétique ! Mais...

« Ils… commença Xion d’une voix cassée, encore sous le choc. Ils ont appris pour nous. Ca leur a pas plus que je sorte avec une fille, et puis… Et puis papa a voulu me frapper. »

Larxène se mordit la lèvre, le regard furieux. Elle savait, bien sûr, que ses parents la battaient. Et c’était juste parce que la brune la suppliait de ne pas intervenir qu’elle ne les avait pas réduits en charpie auparavant. Elle commençait à deviner la suite des évènements, mais son pouls battait toujours aussi vite.

« Et là… continua Xion, ses yeux bleus mornes fixant le vide derrière Larxène, perdue dans ses souvenirs. Maman me criait dessus. Là, le couteau est venu dans ma main, et… J’ai pas compris. Et maintenant… »

Elle se remit à trembler, et un sanglot s’échappa de ses lèvres. Elle semblait à peine se rendre compte de la présence de sa petite amie.

Larxène, elle, réfléchissait à toute vitesse. Ce n’était pas une mauvaise chose, au final, d’être débarrassées de ces enflures qui haïssaient leur propre fille, qui étaient assez cruels pour la rendre coupable de tous les maux de la Terre. Par contre, la brune allait avoir des ennuis. Et, si ça se trouvait, elle ne s’en remettrait pas… Larxène n’avait jamais compris pourquoi, mais Xion semblait tenir à ses parents. La raison lui échappait totalement.

Au début, quand elles s’étaient rencontrées la jeune fille semblait se sentir coupable de tout ce dont l’accusaient ses géniteurs, au point qu’elle acceptait leurs « punitions » sans broncher. Au fur et à mesure que leur relation avançait, Larxène avait remarqué que Xion prenait d’avantage confiance en elle, osait s’affirmer un peu plus et avoir une meilleure estime d’elle-même.

Et là, ce truc, ce tour stupide du destin, ça risquait de tout gâcher.

« Ce n’est pas de ta faute, Xion. »

La brune la dévisagea avec incompréhension.

« Qui, alors ? questionna-t-elle, comme désespérée. Qui a fait ça ?

-C’est… »

Larxène baissa le regard sur les mains rougies de la fille qu’elle aimait. Dans un tel état de choc, elle goberait sans doute n’importe quoi.

Un rire s’échappa des lèvres de la blonde. Foutu pour foutu, hein…

« C’est le couteau ! annonça-t-elle, fière de sa réponse. Le couteau s’est servi de toi pour les attaquer. Ce n’est pas ta faute, faut pas t’en vouloir. »

Xion regarda l’arme de son bleu torve et entrouvrit la bouche, juste assez pour prononcer :

« Ah… »

Avec un sourire, Larxène posa doucement sa main sur les siennes. Elle l’embrassa sur les lèvres en lui prenant l’arme des mains, et Xion se laissa faire, docile. Jamais Larxène ne laisserait quiconque lui faire du mal.

« On y va ? déclara-t-elle légèrement. La police va bientôt se pointer et vaut mieux pas qu’on soit dans les parages ! »

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Dim 28 Oct - 2:04

Thème 6: Couteau

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Texte d'Elerina



Elle regardait, elle admirait même ce corps à présent sans vie, tandis qu’elle jouait avec le couteau tachée de sang de sa victime.
La folie se lisait dans ses yeux émeraude, et un rire dénué d’émotions éclata dans cette pièce où quelques secondes plus tôt régnait un silence lourd.

« Je t’avais dit que tu paierais pour t’être promenée avec mon mec, Kairi. »

Elle descendit de la table qui lui servait de perchoir, et planta une dernière fois son couteau dans le corps inerte et déjà froid de l’autre jeune fille, dont les yeux bleus vides montraient encore de la terreur.

« D’ailleurs, à cause de toi mon mec m’a vu te tuer, et a appelé la police, mais c’est pas grave. »

Elle entendit la sirène des services de l’ordre peu après, et ne put s’empêcher de sourire, en retirant son couteau du corps de la dénommée Kairi.
Il était inutile de fuir, elle le savait, vu qu’elle tuerait sans difficulté chaque policier qui lui ferait face. Mais elle était contente ; elle avait pu empêcher l’autre petite rousse de nuire et de tourner autour d’Axel sans autorisation.

Elle prit un mouchoir dans sa poche, et essuya précautionneusement le sang sur le couteau ; après tout, elle y tenait, donc ce serait dommage de le souiller plus longtemps avec le sang impur de l’autre fille.

Elle observa encore une fois la pauvre jeune femme, qui n’avait même pas réussi à lutter plus de dix minutes : à ça, la meurtrière soupira. Ca n’avait même pas été drôle de la tuer –aucun débattement, pas la moindre résistance… Quelle victime ennuyeuse. Elle espérait vraiment trouver quelqu’un d’autres, qui, la prochaine fois, saurait la divertir suffisamment longtemps.

Elle entendit cette fois des pas précipités dans les escaliers, alors elle décida de faciliter la tâche de ceux qui tenterait de l’attraper ; elle déverrouilla ainsi la porte, puis s’assit aux côtés de sa victime, dont elle caressa doucement les cheveux.

« Axel te rejoindra très bientôt, après tout… il m’a aussi trahi, en te laissant aller près de lui. Mais pour le moment, tu n’auras la compagnie que de quelques policiers. »

Lorsque les pas se rapprochèrent, son sourire s’agrandit. Elle tint fermement son couteau, totalement prête à réaliser le sort qu’elle réservait au service de l’ordre venus la mettre dans une cage.
C’était une femme libre, et jamais elle ne se laisserait faire ; après tout, il n’y avait pas qu’Axel qui devrait payer, mais bien d’autres femmes et maîtresses de son « petit-ami » qui ne lui avait jamais rien dit.

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MessageSujet: Re: Nuit d'écriture du 27 au 28 Octobre 2012   Aujourd'hui à 7:41

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