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 [Two-Shot] Nouvelle vie

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AuteurMessage
Fexatsyn Miroï
Disciple de l'Ombre et Rêveuse à temps plein


Messages : 425
Date d'inscription : 17/06/2012
Age : 23
Localisation : A la fois nulle part et partout.

MessageSujet: [Two-Shot] Nouvelle vie   Mer 7 Nov - 16:54

Titre : Nouvelle vie
Résumé : Une nouvelle vie signifie de nouvelles habitudes aussi. Naminé, depuis qu’elle s’est réveillée en tant que vampire, s’en rendra bien vite compte.
Elle découvrira beaucoup de choses sur elle-même et ses capacités nouvelles, mais nombreux seront les obstacles ; ce qu’elle ignore encore, c’est qu’elle ne sera pas seule, pour les surmonter.
Disclaimer : Tous les personnages de Kingdom Hearts appartiennent à Square Enix et Disney.
Genres : Surnaturel ; angst ; romance.
Rating : T
Monde : UA
Pairing : Namitas (Vanitas/Naminé) (Hétéro)
Statut : Terminé

__________

Voilà un petit Two-Shot, que j'avais promis à Mia, car elle était en manque de Namitas. Il n'a rien d'exceptionnel, mais j'ai beaucoup aimé l'écrire. =3
Bonne lecture à tous et à toutes surtout !

(la partie I est séparée en deux posts, à cause du nombre limité de mots dans un message)

_______________________________________

Nouvelle vie

PARTIE I

Agenouillée près d’un homme sans vie qui devait avoir une vingtaine d’années, Naminé pleurait à chaudes larmes, effaçant ainsi le sang qui se trouvait encore à la commissure de ses lèvres entrouvertes, d’entre lesquelles s’échappaient de longues canines pointues.

Elle l’avait à nouveau fait. Elle avait à nouveau volé la vie d’une personne innocente, et dont elle ne connaissait absolument rien.
Son regard glissa sur le cadavre entièrement vidé de son sang à partir d’une morsure au niveau de son cou. Une morsure qu’elle avait elle-même infligée afin de récolter ce liquide rouge essentiel à sa survie.

Et maintenant, elle pleurait. Comme toutes les nuits où elle était obligée de se nourrir. Elle sentait déjà la chaleur des rayons du soleil ; mais heureusement pour elle, à l’aube, cette grosse boule lumineuse dans le ciel ne pouvait encore rien lui faire.

Elle se leva, chancelante ; il fallait tout de même qu’elle trouve un endroit où se cacher avant que les rayons ne deviennent trop forts. Ses larmes n’avaient pas retiré complètement les traces de son crime sur son visage, et ce fut donc d’un revers de main qu’elle essuya le sang presque séché qui s’y trouvait encore.

En baissant son regard sur sa robe blanche, elle y vit plusieurs taches de sang. Quelques unes dataient déjà de quelques jours, tandis que d’autres étaient plus récentes –cela se voyait à la couleur devenue brune, voire même noire de certaines.

Depuis une semaine, elle vivait en tant que buveuse de sang.
En y repensant, elle ne savait même pas par qui, comment, et pourquoi elle était devenue ainsi ; tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle s’était réveillée seule dans une caverne sombre, avait essayé d’en sortir, mais y avait tout de suite renoncé en reculant à l’intérieur de son abri quand les rayons du soleil l’avaient immédiatement brulée par endroits.

Depuis, elle était obligée d’assouvir cette soif de sang humain. Une soif qui, même avec une victime par nuit, n’était jamais totalement étanchée. Seulement Naminé se refusait à commettre d’autres meurtres après en avoir déjà commis un quelques minutes auparavant.

Les rayons du soleil commençaient déjà à la brûler. Il fallait qu’elle se dépêche de rejoindre l’endroit où elle « habitait » depuis qu’elle était devenue vampire.
Cependant, la soif qu’elle n’étanchait jamais complètement devenait insupportable ; elle avait encore tellement faim…

Toutefois, elle devait lutter et ne devait pas laisser ses pulsions meurtrières dominer sa raison –de toute manière, il était trop tard pour rechercher une autre victime, le soleil la tuerait bientôt si elle ne se réfugiait pas à l’abri de tout rayon mortel.

Elle arriva enfin à la grotte creusée dans le flanc d’une montagne, et qu’elle avait légèrement aménagée pour avoir au moins un lit constitué de bois, et de matériaux qu’elle avait réussi à trouver durant ses expéditions nocturnes.

Seulement, et en y pénétrant, elle y sentit une odeur inconnue.
Immédiatement sur ses gardes, elle s’avança vers le fond de la grotte, et sursauta de surprise quand elle vit un garçon, en train de tailler une sorte de pieu avec une fine lame.

Elle essaya de paraître la plus menaçante possible en sortant ses crocs, et s’adressa à lui grâce au ton terrifiant que cette transformation en être de la nuit lui avait offert –elle ne pouvait après tout pas complètement empêcher sa nouvelle nature de prendre le dessus sur elle, surtout lorsqu’elle se sentait en danger.

« Qui êtes-vous ? Et que faites-vous ici ?
- Je suis un chasseur de vampires. »

L’inconnu se leva, admira son œuvre quelques secondes, puis lança un sourire narquois à la jeune fille qui préféra reculer d’un pas. Elle aurait dû se douter que l’arme qu’était en train de fabriquer ce jeune homme servirait à la tuer !
Naminé tressaillit lorsqu’elle vit que l’autre pointait son pieu en bois flambant neuf vers elle ; et elle savait que si elle reculait encore, ce seraient les rayons du soleil qui la tueraient, donc elle ne pouvait même pas fuir –elle pouvait déjà sentir la chaleur qui lui brûlait le dos.

« Enfin, c’est ce que je dis aux humains généralement, continua finalement l’autre en haussant les épaules, sans pour autant perdre ce sourire. »

… Quoi ? Mais qu’est-ce que cet inconnu pouvait bien raconter ? S’il était chasseur de vampires, il ne parlerait pas d’« humains » pour désigner ses semblables. C’était à n’y rien comprendre.
Pourtant, Naminé tenta de ne pas se laisser déstabiliser par ce jeune homme ; elle laissa sa raison être dominée suffisamment par sa nouvelle nature, pour pouvoir faire face à l’autre sans montrer de la peur.

« Si vous savez ce que je suis, vous devriez aussi savoir de quoi je suis capable.
- Oui, je sais, mais tu n’en n’aurais jamais le courage. Je me trompe ? »

L’inconnu s’approcha, rangea finalement son pieu qu’il accrocha au niveau de sa ceinture, et attrapa le poignet de la jeune vampire, qui ne put rien faire pour se libérer. Le regard de l’homme se baissa sur la robe maculée de sang que portait Naminé, puis sur ses cheveux blonds et sa peau pâle, salis par la terre et le fameux liquide rouge essentiel à la vie. Son sourire narquois s’effaça, et son expression devint neutre.

« Tu es transformée depuis peu, n’est-ce pas ?
- Je… Comment le savez-vous ?
- Une femme, vampire depuis plusieurs semaines, ne se laisserait plus aller ainsi. Et puis elle arriverait à chasser sans laisser une seule goutte de sang sur ses vêtements, aussi. »

Après avoir expliqué cela, le garçon attira la jeune fille plus profondément dans la grotte. A ce geste, Naminé sentit la chaleur brûlante dans son dos diminuer, et grâce à la faculté des vampires qui consistait à guérir rapidement de leurs blessures, savait que sa peau était déjà en train de se rétablir.
Mais pourquoi le garçon l’avait-il éloignée des rayons du soleil qui auraient pu la tuer en quelques secondes ?
Et surtout… Comment pouvait-il savoir tout ce qu’il venait de dire ?

« Qui êtes vous ? Demanda-t-elle à nouveau, sur ses gardes. Et comment savez-vous tant de choses sur… Nous ?
- Je te l’ai dit, on me considère comme un chasseur de vampires… Mais j’en suis pas vraiment un, en fait. »

Plus ce garçon parlait, plus Naminé était perdue. Elle ne comprenait absolument pas où voulait en venir l’inconnu ! D’ailleurs, celui-ci avait relâché la main de la jeune vampire, qui ne savait toujours pas pourquoi il l’avait ramenée au fond de la caverne pour la protéger.

« Tu penses que ça n’a aucun sens ce que je dis, pas vrai ? Déclara finalement l’autre. Je peux t’expliquer plus en détails, si tu veux. »

Naminé ne répondit pas, mais son regard le fit pour elle ; elle voulait savoir pourquoi cet inconnu connaissait si bien les vampires, au point d’en deviner leur âge approximatif en tant que tel, et pourquoi il se présentait en tant que chasseur, alors que peu de temps après il disait qu’il n’en n’était pas un.

« Je suis né d’un père vampire, et d’une femme humaine, tout simplement. »

A cette déclaration, la jeune fille pencha la tête sur le côté, intriguée par de telles paroles.

« C’est possible, ça ?
- J’en suis la preuve vivante, répondit l’autre en haussant les épaules. Mon envie de sang est moins grande que la tienne et je peux aller au soleil, sauf que c’est comme si je brûlais de l’intérieur. Et je suis mortel, aussi, les armes humaines peuvent me tuer.
- Mais pourquoi dites vous être chasseur alors que…
- Chaque humain ou presque doit l’être, donc si je veux qu’on ne découvre pas mon origine, je dois suivre le mouvement, sauf que je me contente de mettre en sécurité les vampires que je croise au lieu de les tuer. D’ailleurs, tu dois absolument trouver une autre cachette, tu es trop vulnérable ici. »

Naminé n’en croyait pas ses oreilles. Celui qu’elle avait pris au départ en tant qu’ennemi se révélait être en réalité… Un allié ? Pouvait-elle vraiment y croire ? Alors qu’elle réfléchissait pour savoir si elle pouvait réellement faire confiance au garçon, celui-ci se réinstalla sur le lit, et reprit son pieu pour terminer le travail commencé peu auparavant.

« Si vous êtes réellement un faux chasseur de vampires… Pourquoi avez-vous la seule arme qui peut nous tuer sur vous ?
- Faut bien que je sois un minimum crédible. Et puis je tombe des fois sur des vampires qui ne sont pas très coopératifs au départ, donc… »

D’ailleurs, à sa propre remarque, le garçon lança un regard à Naminé qui voulait clairement dire que la blonde était bien trop faible pour affronter ses semblables. Celle-ci, en comprenant cela, baissa le regard. Elle ne ferait vraiment pas long feu en tant que vampire, surtout qu’elle était souillée de ce sang qu’elle devait boire tous les soirs.

« Je dois y aller, déclara soudainement le demi-vampire en enfilant un long manteau noir, qu’il avait déposé sur le lit. Mais t’en fais pas, on se reverra, mais juste… à la nuit tombée, te barre pas de suite pour chasser, hein. »

Il se leva, puis se dirigea vers la sortie, en cachant son visage sous la capuche de son vêtement qu’il venait de mettre. Naminé, elle, resta au fond de la grotte, mais répondit au geste de la main que lui adressa rapidement l’autre avant de disparaître de son champ de vision.

Une fois seule, Naminé se posa à son tour sur le lit, éprouvée. Elle vivait depuis sept jours la nuit, et dormait le jour, elle n’avait donc plus qu’une envie, c’était de dormir jusqu’au crépuscule.
Elle se posa tout de même la question sur la sincérité du jeune homme qui n’avait même pas pris la peine de se présenter à elle ; pouvait-elle vraiment lui faire confiance ? Et allait-il vraiment revenir ce soir ?

Ce fut sur ces quelques questions qu’elle finit par trouver le sommeil –et ce n’était que lors de ces moments là que sa soif de sang disparaissait vraiment.

***

Le soir même, lorsque Naminé se réveilla, elle sentit une masse sur un côté de son lit improvisé –mais qui restait toutefois confortable-, elle fit l’effort d’ouvrir les yeux, et de regarder dans la direction de l’étrange poids.

Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant que le garçon qui était là il y avait quelques heures, étaient finalement revenu, comme il l’avait dit. La seule chose qu’elle put constater, c’est qu’il n’avait plus son long manteau, mais simplement un pantalon et un pull plutôt moulants, tous deux de couleur noire.
Elle s’assit, frotta ses yeux encore ensommeillés, et constata enfin que le demi-vampire l’observait de façon narquoise.

« Tu sais que tu es mignonne quand tu dors ? »

A cette simple phrase, Naminé détourna la tête, afin de cacher ses rougissements. Pourquoi lui disait-il ça ? En plus elle était certaine qu’il ne le pensait même pas !
Enfin, elle n’eut pas plus le temps de réfléchir à ça, car la soif intense qu’elle ressentait avant de s’endormir s’était à son tour réveillé ; ses iris devaient sans doute avoir pris cette lueur rouge qui indiquait lorsqu’un vampire avait faim. Elle ferma les yeux, ne voulant pas que l’autre garçon découvre l’état dans lequel elle était –même si elle savait parfaitement qu’elle ne pourrait pas le cacher longtemps.

« Tu devrais pas avoir honte d’avoir soif, tu sais ? Moi je côtoie bien les humains, alors que j’en tue plusieurs par semaine. »

Il avait dit ça d’un ton si naturel, que la blonde ne put s’empêcher de rouvrir ses paupières, étonnée d’une telle spontanéité pour annoncer une chose pareille. Mais quand elle fixa le regard du garçon, elle vit que dans ses iris –déjà étrangement dorés à la base- se trouvait la même lueur rouge que dans ses propres yeux.

« Je suis seulement à demi-humain, tu sais ? Déclara t-il simplement face à la surprise que montrait son interlocutrice.
- Vous me l’avez dit ce matin, mais… Vous dites ça avec un tel naturel…
- Tu le feras bientôt toi aussi, t’en fais pas. »

L’autre finit par se lever, et par tendre une main à la jeune fille, pour lui indiquer qu’il était temps de partir. Naminé prit le membre du garçon après une certaine hésitation, puis se laissa faire lorsque l’autre la remit debout correctement.

« Au fait, moi c’est Vanitas, et toi ?
- Naminé, enchantée de vous connaître.
- Arrête de me vouvoyer, ça devient lourd là… »

Pour appuyer ses dires, le dénommé Vanitas soupira d’agacement ; à ça, Naminé se sentit rougir, mais cette fois de gêne.

« Bon, allez, il est temps pour nous de s’en aller. »

Vanitas lâcha finalement le membre qu’il tenait, puis informa Naminé qu’il devait la suivre d’un mouvement de main.
Ils marchèrent un petit quart d’heure, pour se retrouver près d’un petit village d’une trentaine d’habitants à peine.

« Cet endroit sera idéal pour étancher parfaitement ta soif, car avec un humain par nuit alors que tu es jeune, c’est le truc à ne pas faire, tu vois, car tu dois réveiller toutes tes capacités de vampire avant de faire un régime comme celui-là. »

Ah, c’était donc pour ça qu’elle se sentait si faible, car elle ne faisait pas ce qu’il fallait pour vivre correctement en tant que vampire ?
Même si commettre plusieurs meurtres par nuit ne la réjouissait pas tellement, elle savait qu’elle n’avait pas le choix, du moins pour le moment, d’après Vanitas.

« Maintenant, la base d’un bon vampire, c’est savoir se faire discret et savoir passer inaperçu.
- Ce qui veut dire ?
- Regarde-toi et tu comprendras. On dirait une vraie clocharde. »

A ces mots, la jeune fille se vexa légèrement, mais au fond, elle ne pouvait que donner raison au garçon ; elle était vraiment dans un état déplorable. Une robe censée être blanche qui était maculée de sang, ses cheveux gras, son corps sale et plein de terre… Elle avait vraiment besoin de nouveaux vêtements, ainsi qu’une bonne douche.

« Mais bon, on n’est plus à ça près, et bientôt ce village sera désert, donc tu pourras t’occuper de toi. La deuxième leçon que tu dois retenir c’est… Chasser sans se salir et ça, c’est un art que tu ne maitrises visiblement pas du tout. »

Le demi-vampire ne mâchait vraiment pas ses mots, même si Naminé savait que tout ce qu’il disait était juste. Elle se découragea et baissa finalement la tête ; elle faisait tout de travers depuis sa nouvelle vie en tant qu’être de la nuit.
Et dire que c’était quelqu’un qui n’était même pas entièrement vampire qui lui apprenait les bases…

« Bon, allez, viens, je viens de repérer une proie facile pour toi, on t’entrainera avec ça. »

Ils sortirent tous deux de leur cachette, et se dirigèrent à pas de loups vers leur première victime, qui s’était suffisamment isolée pour qu’ils puissent la tuer sans réveiller tout le voisinage de ce petit village.

Vanitas l’attrapa, et s’occupa immédiatement de le bâillonner, afin qu’il ne puisse ni se débattre, ni crier. Une fois cela de fait, il invita la jeune vampire à le rejoindre.
Pour l’un, comme pour l’autre, les forts battements de cœur qui faisaient circuler ce liquide rouge si délicieux intensifia leur soif d’une manière fulgurante, seulement Vanitas empêcha de justesse Naminé d’agir par impulsivité.

« C’est l’erreur à ne pas faire, justement. Si tu agis par instinct, ta morsure sera mauvaise, et le résultat sera que tes vêtements seront rapidement dans le même état que ceux que tu as actuellement, et en plus tu perdras une quantité de sang assez conséquente. Faut faire une morsure propre, bien au niveau de la carotide.
- Mais je ne sais pas où se trouve précisément la carotide…
- T’en fais pas, un vampire, par instinct, sait toujours où elle se trouve, à condition qu’il ne se précipite pas dans sa tâche à cause de ses pulsions. Tu penses y arriver ?
- Je… Je vais essayer. »

Naminé hésita un moment, surtout que dès qu’elle s’agenouilla vers cet humain paniqué et qui gesticulait dans tous les sens, sa soif ne faisait qu’augmenter encore et encore. Seulement elle devait se maîtriser, et réussir à mordre comme le lui avait dit Vanitas.

Quand elle entrouvrit ses lèvres, ses canines s’allongèrent, et son instinct la guida vers le cou de sa victime ; elle ferma les yeux, et enfonça rapidement ses crocs dans la chair chaude et parcourue de frisson de l’homme qui se vidait progressivement de son sang.

Mais comme à chaque meurtre qu’elle commettait, des larmes commencèrent à couler sur son visage, alors qu’elle retirait doucement ses crocs du corps inerte de sa victime.
Vanitas le remarqua, visiblement, mais ne dit rien ; il aida simplement la jeune vampire à se relever, tandis que celle-ci tenta de cacher ses larmes –ce qu’elle réussit plus ou moins à faire.

« Tu vois ? En s’appliquant un peu, ça va tout de suite mieux, déclara simplement l’autre. Allez viens, tu dois encore tuer pour être rassasiée. »

Naminé frissonna au terme employé par Vanitas, mais savait qu’elle n’aurait d’autres choix que de le suivre –surtout qu’il avait raison, sa soif n’était pas encore étanchée.
La blonde suivait l’autre en silence, en se demandant toutefois pourquoi il faisait ça pour elle.

Après tout ils ne se connaissaient que depuis quelques heures, et même si c’était en partie un vampire, ce garçon devait avoir le sang d’un humain… N’avait-il pas peur qu’elle l’attaque pour se nourrir ?

« On me pose souvent la question, déclara soudainement le demi-vampire. Mais mon sang a plus de points communs avec celui d’un vampire, que celui d’un humain. »

Elle n’avait même pas remarqué qu’elle avait prononcé à voix haute ce à quoi elle pensait. Seulement elle ne s’attarda pas sur ça plus longtemps, surtout lorsqu’elle vit Vanitas se tourner vers elle, en lui tendant un poignet.

« Tu peux goûter, si tu veux, mais tous les vampires qui l’ont fait l’ont trouvé dégueulasse, continua t-il sur son ton toujours aussi naturel. Du sang de vampire mélangé à du sang humain, c’est pas le meilleur des cocktails. »

L’invitation du demi-vampire à boire de son sang fut vraiment surprenante, et Naminé resta un moment étonnée du ton toujours aussi neutre de celui qui lui apprenait tout ce qu’elle ignorait encore. Seulement elle refusait de mordre celui qui l’aidait à devenir un véritable vampire ; que le goût du sang soit mauvais ou non, ça lui importait peu, elle ne voulait pas le faire, c’était tout.

« Vous… Enfin je veux dire, tu en sais vraiment beaucoup…, souffla la blonde en repoussant la main tendue. Existe-t-il d’autres personnes comme toi ?
- Quelques-uns. Il doit y en avoir en tout cinquante dans le monde, pas plus.
- Ce n’est vraiment pas énorme… Pourquoi ça ?
- Bah en fait…, réfléchit l’autre. La plupart d’entre nous meurent à la naissance, ou bien deviennent en fin de compte humains, car les gènes vampires ne sont pas assez nombreux dans leur code génétique. »

C’était donc pour ça qu’ils étaient si peu sur terre… Cette race hybride, entre un humain et un vampire, avait peu de chance de pouvoir se développer beaucoup plus, vu tout ce qui pouvait arriver lorsque les personnes concernés venaient à peine de naître, ou au fil de leur croissance.
Suite à toutes ces révélations, une autre question traversa l’esprit de Naminé.

« Comment as-tu su que tu deviendrais un demi-vampire, toi ?
- Dès le début mes parents l’ont su. Je ne supportais pas vraiment le soleil, mais ce n’est qu’à mes seize ans que j’ai commencé à vouloir plus que de l’eau ou du soda comme boisson. A mes dix-neuf ans, mes cellules ont arrêté de grandir, et la nourriture humaine a fini par totalement me dégoûter. »

Il disait ça d’un naturel déconcertant, mais Naminé n’était pas dupe ; elle sentait bien que dans les paroles du garçon il y avait de la mélancolie, voire même une profonde tristesse.
Pourtant, Vanitas se reprit, et continua d’avancer vers ce qui pouvait être un petit bar –la blonde le suivait sans dire un mot.

En pénétrant dans la bâtisse, ils remarquèrent bien vite qu’il n’y avait qu’un serveur au comptoir en train d’essuyer un verre, ainsi que trois clients à une même table au fond de la salle, en train de jouer au poker –personne n’avait remarqué leur présence pour le moment.

D’après Vanitas, c’était parfait pour un entrainement digne de ce nom. Bien vite, le demi-vampire décida qu’il s’occuperait du petit groupe d’humains, tandis qu’il laisserait le serveur à Naminé.
Il lui expliqua cependant encore une autre règle avant de la laisser faire, et il lui passa également une veste grise avec une petite capuche, afin qu’elle puisse dissimuler sa robe tâchée, ainsi que son corps et ses cheveux sales.

« L’atout d’un vampire, c’est son très pratique don de la séduction. Et comme tu es une vampire femelle, tu es déjà mignonne à la base, donc ce mec devrait pas te causer trop de résistance, tu peux facilement le manipuler.
- Mais si je n’y arrive pas ? Après tout je n’ai jamais fait ça…
- T’inquiète pas. J’en aurai très vite fini avec les miens, donc si tu as un quelconque souci, je serai pas trop loin. Allez, faut agir vite, l’effet de surprise, y’a rien de mieux. »

Pour forcer un peu Naminé à se ressaisir, il la poussa légèrement en avant, afin qu’elle rejoigne le comptoir –ce qu’elle fit avec un peu d’hésitation au départ. Après tout elle allait devoir tuer un deuxième humain en une nuit, et elle en avait que très peu envie mentalement, même si physiquement, son corps réclamait encore de ce liquide rouge, chaud, et si délicieux.

Rien que de penser à la récompense finale de ce qu’elle devait accomplir, étrangement, Naminé n’en fut que plus motivée ; elle était beaucoup trop assoiffée pour réussir à réfléchir plus longtemps sur le mal qu’elle allait provoquer.

Elle s’approcha du comptoir, s’assit sur l’un des tabourets, tandis que le serveur se rendit enfin compte de sa présence ; il lui sourit gentiment en voyant l’air perdu de la blonde. Celle-ci devait réussir à séduire sa victime, pour qu’elle baisse sa garde, donc Naminé se disait que faire semblant d’être désorientée, cela pouvait fonctionner.

Elle demanda un simple verre d’eau –c’était la seule chose humaine qu’elle pouvait encore avaler, sans le vomir peu après- que le barman lui servit quelques secondes plus tard. Ils entamèrent ainsi une discussion normale, banale.

Sous les bruits des haut-parleurs qui diffusaient de la musique assez forte, Naminé put entendre de légers bruits, qui provenaient sans aucun doute de l’endroit où Vanitas s’occupait des trois hommes qu’ils avaient aperçus ; après cela, une légère odeur de sang lui parcourut les narines, elle ferma les yeux, entrouvrit ses lèvres, tandis que ses canines commençaient doucement à s’agrandir. Elle sentait sa raison lui échappait, mais pour la première fois, elle ne tenta pas de résister.

Naminé se tourna à nouveau vers le barman, qui n’avait pas encore remarqué les dents anormalement pointues de sa cliente, et elle sourit -d’un sourire où la timidité et l’hésitation n’avaient plus leur place. Provocatrice, elle s’accouda au comptoir, et regardait sans la moindre peur son interlocuteur dans les yeux, avança l’une de ses mains, et caressa doucement la joue de l’autre homme, sans se départir de ce sourire malsain qui ne lui appartenait pas.

« Vous avez l’air tellement bon…, souffla-t-elle avec une douceur à en faire frémir les plus courageux. J’ai envie de vous.
- Hm…, gémit l’autre en posant sa main sur celle de la jeune fille. Je dois laisser ce bar ouvert encore une heure, vous savez… »

Gracieusement, elle fit un bond de façon à atterrir de l’autre côté du comptoir, et s’approcha de celui qui devait bien faire deux têtes de plus qu’elle. Pourtant, elle n’éprouvait aucune peur, au contraire ; elle laissa son corps être en contact avec celui du barman, qui avait posé une main sur la fine taille de la jeune vampire.

« Oh mais… Je n’ai pas envie de vous de cette façon, vous savez ?
- Comment ça ? Hésita soudainement l’homme. »

Naminé avait toujours ce sourire malsain aux lèvres, et laissait sans aucune gêne ses deux canines à découvert, que sa victime ne remarqua que trop tard : le barman chercha à s’échapper, mais la blonde lui tenait déjà fermement les poignets, l’empêchant ainsi de s’enfuir.

La jeune vampire s’approcha du cou de l’homme, puis, sans plus de cérémonie, lui planta ses longs crocs dans sa carotide ; et d’une pierre deux coups, lui perfora la trachée, l’empêchant ainsi de crier.

Elle ferma les yeux au moment où elle pouvait sentir ce doux liquide rouge et chaud traversait sa gorge ; jamais elle n’avait autant profité de ce plaisir cruel de voler la seule chose qui permettait à un humain de vivre.

Quand elle eut finalement fini, elle laissa tomber le corps inerte de ce barman, dont les yeux, encore ouvert, montraient toute la terreur qu’il avait éprouvé à ses derniers instants.
Elle ne pouvait s’empêcher d’esquisser un sourire malsain, en essuyant d’un revers de mains les quelques gouttes restantes à la commissure de ses lèvres.

Son regard fixait toujours le cadavre qui gisait à ses pieds, d’un air hagard, vide. Ce qui la fit finalement sortir de sa transe, ce fut une main sur son épaule ; à ce simple contact, son expression reprit celle de la jeune fille timide, et hésitante.

« Naminé ? T’es de nouveau là ? »

Perdue, la blonde se tourna vers Vanitas, qui affichait un air non pas inquiet, mais plutôt intrigué. Elle n’eut pas la force nécessaire pour parler, alors elle préféra détourner la tête.
Mais en jetant un bref regard à l’homme qui gisait par terre, la vérité la frappa de plein fouet ; dans son état de transe, non seulement c’était elle qui avait fait ça, mais elle avait même aimé ça.
Elle ne se reconnaissait pas elle-même. Comment, et pourquoi tout cela était arrivé ?

« Naminé ? Appela une nouvelle fois l’autre garçon. »

Le demi-vampire la força à le regarder dans les yeux, en prenant sa tête entre ses mains. La blonde n’eut pas le courage nécessaire pour répondre, mais elle sentait que ses yeux céruléens étaient déjà remplis de larmes, qu’elle retenait difficilement.

« Vanitas… Qu’est-ce que… Qu’est-ce que j’ai fait, à l’instant ? »

Avant de répondre, l’autre esquissa un léger sourire, mais soupira de soulagement, rassuré de voir qu’il s’adressait à la vraie Naminé, pas à celle qui avait perdu la raison durant quelques minutes.

« T’as perdu le contrôle de toi-même. L’envie de sang devait être trop forte, ça arrive souvent aux jeune vampires. »

Alors comme ça, elle avait agi ainsi car elle n’avait pas réussi à empêcher sa raison d’être dominée par ses pulsions ? Ca n’avait pas l’air d’avoir eu de graves conséquences, cette fois… Mais si ça se reproduisait ? Vanitas pourrait bien être la cible de sa folie.
Naminé se mit à trembler, tandis que ses jambes ne la portèrent plus –elle tomba à genoux, mit sa tête entre ses mains, et pleura.

Vanitas s’agenouilla à ses côtés, et l’observa simplement en silence ; la blonde venait de tuer quelqu’un, sans même en avoir vraiment conscience, et il n’y avait rien de pire que de vider un humain de son sang ainsi –tellement d’accidents pouvaient se produire à cause de la folie d’un vampire assoiffé.

Bientôt, Naminé n’eut plus la force de pleurer, ni même de se remettre debout. Vanitas décida alors de la prendre dans ses bras, pour qu’ils puissent s’en aller de ce village ; cinq meurtres en une soirée, ça allait très vite attirer les autorités, surtout qu’il ne serait pas difficile de savoir que c’était l’œuvre de vampires. Il valait donc mieux ne pas trainer dans cet endroit plus longtemps.

Sur le trajet qui les mènerait chez Vanitas, celui-ci observa un instant Naminé ; il remarqua bien vite qu’elle s’était endormie. Au moins elle oublierait la mésaventure qu’elle avait vécu il y avait de ça quelques minutes à peine.
Au fond, elle avait eu de la chance, cette jeune vampire ; car dans sa folie, elle aurait pu faire bien pire.
En songeant à ça, Vanitas repensa alors à la première fois qu’il avait lui-même perdu le contrôle, alors qu’il n’était qu’un simple demi-vampire, mais secoua vivement la tête afin de ne pas se rappeler la totalité de cette histoire qu’il voulait enfouir au plus profond de lui.
Il se contenta de continuer à marcher, en veillant sur la jeune fille qui dormait profondément dans ses bras.

***

Quand Naminé commença doucement à se réveiller, elle n’eut pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir immédiatement qu’elle était allongée dans un lit, qui se trouvait dans un lieu qu’elle ne connaissait pas.
Pourtant, en se tournant sur le côté, nez contre l’oreiller, elle reconnut l’odeur de Vanitas sur celui-ci. Etait-elle chez lui, et donc logiquement dans son lit ?

Elle ouvrit les yeux sur une chambre sombre ; les volets avaient été soigneusement fermés, donc elle n’avait visiblement rien à craindre, même si, et vu l’heure qu’affichait le réveil, le soleil devait déjà être bien haut dans le ciel.

La blonde se redressa finalement sur le lit, et essuya ses yeux afin de les débarrasser de la poussière accumulée. Dès qu’elle eut allumé la lampe de chevet près d’elle, elle examina la pièce : elle constata la présence de quelques photos sur le meuble juste en face du lit.

Curieuse, elle décida de finalement se lever, et d’observer de plus près les photos. Sur celles-ci, elle put voir Vanitas lorsqu’il était plus petit –entre sept et dix ans, sans doute-, aux côtés de deux adultes, que Naminé supposa être ses parents ; tous les trois avaient l’air très heureux. Elle sourit, attendrie, jusqu’au moment où elle entendit la poignée de la porte s’abaisser ; elle reposa alors le cadre qu’elle tenait entre ses mains, puis observa l’arrivant qui n’était autre que Vanitas.

« La belle au bois dormant s’est finalement réveillée ? »

A l’entente de cette phrase, Naminé se rendit finalement vraiment compte de la situation dans laquelle elle était, et se rappela aussitôt la soirée de la veille ; elle avait perdu le contrôle, l’avait finalement repris pour pleurer, puis… le trou noir, jusqu’à ce qu’elle se réveille dans cette chambre.
Cela voulait donc dire que Vanitas l’avait portée jusqu’ici alors qu’elle était inconsciente ? Mais pourquoi avait-il fait ça ? Il aurait du l’abandonner, surtout vu ce qu’il s’était passé la veille !

« C’était réel, hier… Alors pourquoi m’avoir amenée chez toi alors que je suis… »

Elle n’osa pas continuer. Après tout, de sa vie humaine, jamais personne n’aurait pensé qu’elle serait un jour un danger ; c’était la jeune fille timide, innocente, qui ne ferait jamais de mal à quiconque.
Et maintenant… elle n’était plus elle-même. A cause de sa transformation en vampire, dont elle ne connaissait toujours pas la raison, elle aurait pu faire du mal à Vanitas, qui faisait pourtant tout pour l’aider.

« Tu n’es pas dangereuse, prononça finalement l’autre. Tu es un vampire qui a besoin d’être éduqué correctement, c’est tout. Tu as déjà réussi à assimiler tout ce que j’ai pu te dire hier, il ne faut pas non plus trop t’en demander, on n’est qu’au début de ton apprentissage.
- Mais j’aurais pu te faire du mal… Je suis désolée. »

Vanitas, pour toute réponse, lui tapa amicalement l’épaule ; pour lui, ce qu’il s’était passé la veille, c’était déjà oublié. La seule chose qui différait par rapport à d’habitude, c’ était qu’il n’avait jamais hébergé un vampire qu’il éduquait. Mais au fond, ce n’était pas si gênant que ça d’avoir un peu de compagnie.

« Allez, oublie tout ça, et repose toi encore un peu. Moi je dois partir faire croire aux humains que je suis un des leurs, comme d’hab’. »

Il prit son manteau noir accroché sur la chaise du bureau, ainsi que les gants posés sur celui-ci, enfila le tout, et se tourna vers Naminé, qui décida finalement à poser une question qui la tourmentait un petit peu.

« Pourquoi tu mets une manteau comme ça en été ?
- Il me protège des rayons du soleil qui me font souffrir le martyr sans. C’est pratique, même si je ne peux pas mettre la capuche en présence d’humains, et que ma tête est exposée… J’ai qu’un horrible mal de tête à la fin.
- Et… Tu penses que ça marcherait pour moi aussi ? Demanda-t-elle timidement, dans l’espoir de pouvoir sortir de temps à autres quand il fait jour.
- J’sais pas, répondit sincèrement l’autre. Enfin, cette fois je dois vraiment partir, les volets sont toujours fermés ici, pas un bout de soleil ne peut pénétrer dans cet appartement, donc tu peux faire comme chez toi. »

Il s’apprêta à sortir de la chambre, et à refermer derrière lui, quand il se rappela soudainement d’une chose qu’il avait préparée durant le sommeil de la jeune fille ; il se tourna alors à nouveau vers elle.

« Au fait, je t’ai acheté des vêtements neufs, et qui devraient t’aller, ils sont sur la table de la cuisine. La salle de bain se trouve juste à ta gauche quand tu sors d’ici. Tu pourras te refaire une beauté, car là, tu fais vraiment pitié. »

Naminé rougit immédiatement de honte devant le jeune homme qui rit un moment face à la réaction de sa « protégée », même s’il finit par partir de l’appartement, laissant la jeune vampire seule.
Celle-ci, une fois sûre que le garçon ne risquait pas de revenir à l’improviste, décida de finalement chercher les vêtements qu’avait acheté Vanitas pour elle.

Quand elle fouilla à l’intérieur du sachet, elle y trouva en premier lieu plusieurs ensembles de sous-vêtements simples, et ne put s’empêcher de rougir.
Même si elle savait que c’était surtout pour l’aider, elle ne pouvait s’empêcher d’être gênée en sachant que les achats avaient été faits par un homme.

Enfin, elle n’en tint pas rigueur plus longtemps, prit l’un des ensembles, et chercha cette fois-ci des vêtements. Parmi les tenues qu’elle trouva à l’intérieur du sachet, elle choisit un pantacourt beige, des sandales blanches, ainsi qu’un chemisier écru.
Une fois prête, elle se dirigea dans la salle de bain, et entreprit enfin de prendre une douche.
Savoir l’eau chaude glisser sur chaque pore de sa peau lui fit vraiment un bien fou, et elle laissa ce moment durer vingt minutes avant de se décider à se laver.

Lorsqu’elle sortit enfin de la salle de bain –une heure plus tard- elle se sentait vraiment mieux, maintenant qu’elle était propre, habillée et coiffée correctement.
Elle jeta sa vieille robe qui n’était vraiment plus utilisable –ni même lavable-, et se dirigea ensuite vers le salon.

Elle se posa un instant devant l’écran de télévision, mais ne l’alluma finalement pas ; elle préféra retourner sur ses pas pour pénétrer à nouveau dans la chambre, afin de laver la literie qu’elle avait sans aucun doute dû salir.
Elle retira tous les draps, et partit à la recherche de l’appareil d’électroménager qui lui permettrait de rendre cette literie à nouveau propre.

Une fois qu’elle eut trouvé la pièce où se trouvait la machine à laver, ainsi que les produits à utiliser, elle lança rapidement le processus, se dirigea ensuite vers le salon, et se posa sur le canapé, assez fatiguée.

Lorsqu’elle s’était réveillée, il était quinze heures, ce qui voulait dire qu’elle n’avait pas dormi énormément ; heureusement pour elle, elle n’avait pas soif et était protégée du soleil tant qu’elle resterait dans cet appartement.
Au moins, pensa-t-elle, elle n’aurait pas à subir la torture de vouloir se nourrir, sans pouvoir le faire avant au moins six heures.

C’était d’ailleurs étrange, car c’était la première fois qu’elle se sentait vraiment rassasiée depuis qu’elle était devenue un être de la nuit. Peut-être était-ce dû aux évènements de la veille ? Un petit blocage, qu’elle savait éphémère, mais qui la perturbait tout de même un peu –mais elle comptait tout de même profiter de cette tranquillité pour se prouver que, tout de même, elle restait un peu humaine malgré tout.

Bien sûr, elle redoutait le moment où la soif s’éveillerait à nouveau en elle ; après ce qu’il s’était passé la nuit dernière, elle avait vraiment peur de perdre à nouveau le contrôle –elle avait toujours cette étrange sensation en elle, et qu’elle ne saurait même pas définir.
Il fallait absolument qu’elle en parle à Vanitas, avant que cette irrépressible envie de sang la mène à nouveau vers la folie.

Elle fixa l’aiguille des secondes qui, d’après elle, avançait tout de même trop lentement ; en plus de cela, elle n’avait pas la moindre idée du moment où Vanitas serait de retour.
Il fallait qu’elle se trouve une occupation pour éviter de ressasser trop souvent les évènements de la veille… mais à l’intérieur d’un petit appartement, il n’y avait pas beaucoup de chose à faire, malheureusement.

Elle soupira, mais se leva vers l’étagère où se trouvaient quelques livres ; elle en feuilleta quelques-uns avant d’en choisir un, puis se rassit. Elle commença sa lecture, sans voir le temps défiler sur l’horloge murale, à sa droite.

***

Quelques heures plus tard, alors que la nuit était tombée depuis déjà quelques temps, Naminé se permit d’ouvrir l’un des volets, rien que pour voir l’éclairage de la ville. Un vent frais lui caressa le visage ; elle décida alors de s’accouder à la fenêtre, et de profiter de cette nuit d’été.

Mais dans le calme, à peine dérangé par le bruit de quelques voitures, Naminé repensa à avant. Avant qu’elle ne soit un vampire, bien sûr ; elle ne savait pas ce qu’était devenue sa famille –avait-elle également été transformée en vampire ?- et ne savait même pas comment et pourquoi elle-même s’était retrouvée dans une telle situation.

Elle avait beau retourner ces deux questions dans tous les sens, ainsi que de chercher dans sa mémoire le moindre souvenir lié à sa transformation… il n’y avait rien à faire ; absolument rien ne lui revenait.

Elle soupira, se redressa et referma le volet puis la fenêtre ; elle ne savait pas si Vanitas l’autorisait à faire cela, même en pleine nuit, donc elle préférait tout remettre en ordre avant son retour.

Naminé repensa ainsi aux draps qui, depuis le temps, avait atterri au sèche-linge et n’attendait plus qu’à être remis à leur place initiale. En s’en rappelant, elle se dirigea immédiatement dans la pièce où se trouvait l’appareil, et en sortit le linge propre et sec.
Elle porta la literie jusque dans la pièce à quelques pas de là où elle était, puis réinstalla le tout correctement sur le matelas.

Fière d’elle, elle mit les mains sur les hanches, et sourit du travail accompli ; ce fut à ce moment là qu’elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir –elle s’y dirigea donc directement pour saluer l’arrivant, qui ne pouvait qu’être Vanitas.
Celui-ci avait l’air éprouvé, et à peine entré, il avait refermé la porte pour s’y adosser.

Inquiète, Naminé s’approcha du garçon qui l’observait sans rien dire pendant un moment ; il avait un air absent, et ne se rendait pas vraiment compte de la présence de la jeune fille.

« Est-ce que ça va ? »

Cette fois, Vanitas remarqua enfin que Naminé se trouvait à ses côtés, et se redressa légèrement –en laissant toutefois une main sur le mur pour se soutenir.
Il esquissa ensuite un léger sourire mi-fatigué, mi-sarcastique.

« Faudra t’y habituer, souffla-t-il. L’été, quand je traine au soleil, je suis souvent dans cet état à la fin de la journée. »

Il tenta de faire quelques pas, mais tituba ; la blonde le rattrapa, et le prit en dessous des épaules. Elle l’aida ainsi à se diriger vers la chambre, et l’aida à s’asseoir sur le lit –elle crut entendre un soupir d’agacement, mais n’en tint pas compte, au contraire, elle soupira à son tour.

« Tu m’héberges, et m’aides dans ma nature de vampire, alors laisse-moi aussi faire quelque chose pour toi. »

Sa remarque ne permettait aucune réponse, et fière d’avoir su rapidement faire taire le demi-vampire, elle l’aida à retirer son long manteau noir ; et une fois qu’elle eut posé le vêtement sur la chaise, Vanitas retira ses gants qu’il jeta sur le bureau d’un air las, avant de se coucher, sans prendre la peine de se changer.

En s’installant contre l’oreiller, Vanitas fut surpris de sentir l’odeur de l’assouplissant, mais en déduit rapidement que Naminé était passée par là ; il ne dirait rien maintenant, bien trop fatigué, mais le ferait sans doute à la prochaine fin d’après-midi –heureusement que son soi-disant travail se déroulait la nuit, la plupart du temps.


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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [Two-Shot] Nouvelle vie   Mer 7 Nov - 16:55

Quand Naminé se réveilla vers vingt-et-une heure, Vanitas n’était déjà plus à ses côtés –sans doute était-il parti pour « tuer » les vampires avec les autres humains. En pensant à ça, la blonde ne put s’empêcher de s’inquiéter ; il jouait avec quelque chose de dangereux, et si un jour les Hommes se rendraient compte du double jeu de Vanitas, ça risquerait de mal finir pour lui, ainsi que pour elle.

Elle frissonna à l’idée d’être découverte avec le demi-vampire qui prenait soin d’elle, mais décida de songer à autre chose ; par exemple, le ménage. L’appartement avait besoin d’un bon coup de chiffon à épousseter, et aussi d’aspirateur –seulement pour celui-ci, elle devrait se lever en fin d’après-midi, afin de ne pas déranger les autres occupants de l’immeuble.

Mais alors qu’elle s’apprêtait à partir à la recherche du matériel ménager nécessaire pour retirer la poussière tenace sur les meubles, une étrange impression naquit au niveau de son ventre, puis bientôt à sa gorge, qui commençait à la brûler.

Presque par automatisme, elle s’observa dans le miroir de la salle de bain, et vit, dans ses yeux céruléen, ce petit reflet rouge mais déjà bien vif, ne pouvant signifier qu’une chose ; elle avait soif.

Le problème, c’était qu’elle ne pouvait pas encore sortir, étant donné qu’en été, le soleil ne se coucher que vers les vingt-deux heures. Et puis surtout, elle n’avait pas l’autorisation de Vanitas pour le faire seule ; donc si elle perdait à nouveau le contrôle, elle n’aurait personne à qui se raccrocher pour reprendre ses esprits.

Alors elle prendrait sur elle, simplement. Sa faim n’était pas insupportable, donc cela pouvait attendre contrairement au ménage que, visiblement, Vanitas n’effectuait pas très souvent.
Elle se changerait les esprits avec ça, et jusqu’au retour du demi-vampire.
Par la suite, elle pourrait essayer de trouver des crayons et du papier, vu que cela faisait très longtemps qu’elle n’avait plus pu dessiner ; encore une chose qui pourrait l’aider à supporter son envie de sang.

Une fois la poussière retirée dans tout l’appartement, elle se permit de souffler un peu sur le canapé ; elle ne s’imaginait pas qu’épousseter l’épuiserait autant, mais supposa que c’était peut-être dû à sa soif, qui devenait de plus en plus tenace.
Enfin, rien d’inquiétant, de toute manière ce n’était pas dans cet appartement qu’elle perdrait sa raison, étant donné qu’il n’y avait pas la moindre goutte de sang dans ce lieu.

Somnolente, elle ne réagit pas vraiment quand elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir, et elle ne tourna que légèrement les yeux lorsqu’elle vit Vanitas pénétrer dans le salon. Mais elle évita soigneusement de le regarder dans les yeux, ne voulant pas qu’il découvre tout de suite la faim qui la tiraillait –en plus il devait être fatigué, donc elle ne pouvait pas le déranger avec ça.

« Tout s’est bien passé ? Demanda-t-elle simplement.
- Ouais, juste que les humains sont un peu louches depuis quelques jours, j’dois faire attention. »

Il s’approcha, tenta de plonger ses yeux dorés dans ceux céruléens de la jeune fille, qui esquiva vivement le regard du demi-vampire en fermant les yeux ; le jeune homme soupira, simplement.

« Me dis pas que t’essaie de me cacher ça, quand même ? »

Naminé se maudissait ; encore une fois elle n’arrivait pas à cacher quelque chose au garçon, à croire qu’il lisait en elle comme dans un livre ouvert. Elle rouvrit les yeux, mais détourna la tête, honteuse.
Alors qu’elle tortillait nerveusement ses doigts entre, la blonde vit une main se tendre vers elle.

« Allez viens, on va y aller. »

La blonde n’osa pas refuser -sans doute était-ce sa nature qui la poussait à accepter- et prit donc la main de celui qu’elle pouvait considérer comme son mentor, voire peut-être même ami.
Vanitas prit juste le temps de retirer son manteau ainsi que ses gants qui le protégeaient un maximum des rayons du soleil –il n’en n’avait plus besoin, à présent- puis tous les deux se mirent en route hors de la ville, à la recherche d’un village isolé, où ils pourraient se nourrir tranquillement.

Au bout de vingt minutes de course, que les rares humains qu’ils croisaient ne pouvaient voir à l’œil nu, ils trouvèrent une maison suffisamment éloignée pour s’attaquer à leurs occupants ; après tout, leur soif n’était pas énorme, donc s’il n’y avait que deux ou trois personnes à l’intérieur, cela suffirait sans doute.

Ils pénétrèrent dans la bâtisse sans ménagement ; Vanitas avait donné un coup de pied assez fort pour que la porte valse un mètre plus loin. Un homme, dans la cinquantaine, arriva rapidement, mais n’eut ni le temps d’agir ni de parler, que le demi-vampire l’immobilisa, et le vida rapidement de son sang.

Naminé resta interdite face à la rapidité de son mentor, mais l’odeur et la vue du sang augmentèrent évidemment sa soif, tandis que quelque chose de familier naquit en elle ; elle eut également cette impression de faire un malaise, mais n’en fit pas part à Vanitas –elle le suivit juste machinalement jusqu’à l’étage, où devait se trouver les chambres des autres occupants.

Ce fut le demi-vampire qui examina chaque pièce silencieusement ; en revenant vers la blonde, il lui donna toutes les instructions, en indiquant une chambre à sa gauche.

« Là-dedans y’a un petit couple de jeunes de dix-sept ans à tout casser, tu devrais pas avoir de mal à maîtriser l’affaire, suffit d’y aller doucement avec la fille, en évitant de réveiller l’autre, et le tour est joué, tu pourras te faire plaisir.
- Et toi ?
- Je m’occupe de l’autre femme, dans la dernière chambre, qui doit être la mère et belle-mère de tout ce beau monde. T’arriveras à te maîtriser sans que je sois à tes côtés ?
- Je… Je vais essayer, après tout ils sont endormis, alors…
- Au pire, j’suis pas trop loin, et j’ai toujours une arme sur moi pour te ramener si ça se gâte, t’en fais pas. »

Pour confirmer ses dires, il montra le pieu attaché à sa ceinture. Naminé n’était pas vraiment rassurée, mais elle n’avait pas le choix : sa soif, depuis qu’elle avait vu le cadavre de l’homme au rez-de-chaussée, avait augmenté, et elle avait l’impression que si elle ne se nourrissait pas, elle allait s’évanouir.

Alors encore une fois, tandis que Vanitas s’était déjà éloigné vers sa propre victime, la blonde marchait machinalement vers la pièce que lui avait indiquée son mentor et ce fut à cet instant là qu’elle comprit ce qu’il lui arrivait depuis avant ; ce n’était pas elle aux commandes de son corps. Elle voyait ce qu’il se passait, elle se voyait s’avancer vers ses deux victimes, mais ce n’était pas elle qui le faisait, mais cette autre, qui avait fait d’elle un monstre il y avait de ça deux nuits.
Toutefois, cette fois c’était différent ; elle était consciente de tout, et réalisait ce qu’ « elle » faisait, mais ne contrôlait rien.

Ses deux victimes furent très vite vidées de leur sang ; seulement Naminé n’avait rien fait, ce n’était pas elle qui avait fait ça. Mais pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce qu’il était en train de se produire, là, sous ses yeux, sans qu’elle ne puisse faire quoique ce soit ?

« Alors ? Tu t’en sors ? Demanda soudainement une voix qu’elle aurait pu reconnaître entre mille. »

Le corps de la blonde se tourna en direction de l’arrivant ; mais encore une fois, Naminé ne détenait aucun contrôle. La seule chose qu’elle voudrait réussir à faire, c’était crier à Vanitas de partir, de fuir, de s’éloigner le plus vite possible d’elle. Mais non, rien, aucun mot ne voulait sortir de sa bouche, car en ce moment, ce n’était pas elle, mais cette autre, qui détenait le pouvoir sur chacune de ses actions réelles.

Le garçon s’approcha, intrigué du silence et de l’immobilité du vampire qu’il dressait ; et ce fut à cet instant que cette autre lui sauta dessus, le plaquant violemment contre le sol, pour s’installer à califourchon au dessus de lui et mettre une main à sa gorge qu’elle serra, serra, serra encore.
Naminé paniqua ; si elle n’arrivait pas à reprendre le contrôle, à se ressaisir, elle finirait par le tuer, et à ce moment là, elle n’aurait plus aucun moyen d’avancer sur le droit chemin, et c’en serait fini pour elle.

Elle vit que Vanitas, malgré la poigne tenace à sa gorge, tentait de chercher son pieu au niveau de sa ceinture ; il allait se défendre, il allait la tuer, car il n’aurait pas le choix. C’était lui ou elle.
Seulement cette chose, ce vampire qui était en elle, ne paraissait pas d’accord face à l’hypothèse que ce soit elle qui meurt, et donc en retirant sa main au niveau du cou de Vanitas, réussit à prendre l’arme de sa « victime ».

La blonde tenta encore une fois de se débattre, de prendre à nouveau sa véritable place avant qu’il ne soit trop tard, mais encore une fois, elle échoua.
Elle ne put que regarder, horrifiée, le pieu volé se diriger vers le cœur du demi-vampire.
Seulement, l’expression de celui-ci, juste avant que le bois ne le transperce, ne montrait pas la moindre frayeur, comme s’il savait, comme s’il s’attendait à ce que tout cela arrive.

Même cette autre qui contrôlait le corps de Naminé en fut suffisamment déstabilisée pour changer la trajectoire de son arme. Celle-ci atterrit dans le poumon gauche du demi-vampire, qui lâcha un cri étouffé, puis sa respiration se saccada –légèrement. Son expression avait changé à cause de la douleur que venait de lui insuffler ce coup, autrement, il n’y avait toujours aucune crainte, aucune peur dans son regard, au contraire ; il sourit même, d’un sourire crispé par la souffrance, mais qui restait toutefois narquois.

Naminé avait pu constater qu’à cause de ça, l’autre hésita un moment, puis retira le pieu, le leva au dessus d’elle, pour tenter d’accomplir ce qu’elle venait de rater. La blonde pouvait presque lire dans les pensées de cette personnalité, celle qu’elle aurait définitivement si elle laissait le vampire en elle la dominer. Tuer. Tuer. Tuer.

« Vas-y, souffla le blessé, avec toujours ce sourire au coin de lèvres. Tu attends quoi… pour me tuer ? »

Tuer. Tuer. Tuer cet être impur !
Naminé, si elle le pouvait, tremblerait à l’entente de ces paroles, de ces pensées ; cette autre était décidée à tuer Vanitas juste parce qu’il était à demi-humain ? Il l’avait aidé jusqu’à maintenant, pourtant ! Sans lui… Sans lui elle n’aurait peut-être pas tenu le coup ces trois derniers jours.
Non, elle ne pouvait pas, elle ne pouvait pas laisser cette arme s’abaisser dans le cœur du garçon.

« Eh bien alors… -ses paroles n’étaient que murmures- T’as peur ? Insista l’autre, malgré la douleur lancinante à chaque mot, chaque respiration, chaque geste, alors que du sang s’échappait de sa bouche. »

Mais pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi ne montrait-il même pas une once de peur, alors qu’il peinait à respirer, à rester conscient ? Il n’était qu’un demi-vampire, la cicatrisation était donc plus lente, et le sang avait déjà créé une énorme tache rouge foncé sur son pull à col roulé gris. Il n’était pas en état pour faire de la provocation, à laquelle cette autre répondrait forcément !
Qu’il arrête ! Qu’il montre de la peur ! Peut-être que ça lui permettrait de survivre, que ça éviterait à l’autre d’accomplir son geste, que ça la ferait partir, pour que Naminé puisse reprendre le contrôle !

Quand soudain, elle comme l’autre sentit la main tremblante de Vanitas attraper le poignet qui tenait l’arme.
Et Naminé ne pouvait pas croire ce qu’il était en train de faire. Bon sang, il était déjà en train de mourir rien qu’à cause de cette blessure béante au niveau de son poumon gauche, et maintenant, il venait d’approcher le pieu juste à l’endroit où se trouvait son cœur ? Mais pourquoi ? Pourquoi faisait-t-il cela ?

« Si tu n’as pas peur…, chuchota à nouveau le garçon. Ne fais pas les choses qu’à moitié. »

Naminé pouvait voir de la sueur couler sur le visage, devenu encore plus pâle que d’habitude, de Vanitas ; pourtant, même si cette souffrance lui était de moins en moins supportable, le demi-vampire gardait cette assurance, comme s’il savait ce qu’il faisait, et comme s’il voulait le transmettre à la véritable Naminé, qu’il savait présente quelque part.

« Tu vas laisser passer ta chance de… »

Seulement il s’arrêta brusquement de parler, il cracha du sang, se crispa de douleur, tenta de reprendre son souffle, pour rester conscient assez longtemps encore. Naminé, à la vue de Vanitas qui s’accrochait désespérément à la réalité pour la ramener, voulut hurler toute sa peine, toute sa colère aussi, qui n’était portée que sur une seule personne ; elle-même.
Si elle ne faisait pas quelque chose au plus vite, cette autre tuerait le demi-vampire, et elle n’aurait plus le moyen de reprendre le contrôle, et finirait par disparaitre.

Quand le pire, finalement, commença à se produire ; cette autre commença à lever son bras, afin de prendre l’élan nécessaire pour cette fois, réussir son coup. La scène avait beau être rapide, à travers les yeux de cette autre, Naminé voyait tout au ralenti.
Ce pieu qui s’approchait inexorablement. Vanitas qui, malgré la douleur augmentant à chaque seconde, restait sûr de lui. Et puis l’arme, cette arme qui tombait, chutait, et transpercerait bientôt le cœur du demi-vampire.

Non… Non… Non…

« Non ! »

Alors qu’il avait à peine effleuré la peau de sa victime, le pieu fut jeté à l’autre bout de la pièce, cassant ainsi un vase au passage. Le bruit de porcelaine brisé fit ouvrir les yeux à Naminé, qui porta une main devant son visage, se rendant ainsi compte que c’était elle, et non plus l’autre, qui contrôlait son corps.

Mais elle ne profita pas plus longtemps de sa victoire, et baissa son regard vers un Vanitas épuisé, mais avec un sourire satisfait et toujours narquois, qui éclairait ce visage pâle et en sueur.

« Te revoilà…, souffla t-il. T’auras pris ton temps… »

A l’entente de cette phrase, Naminé sentit les larmes lui monter ; et dans un geste qu’elle ne contrôla pas, tomba complètement sur le corps de Vanitas –qui grimaça de douleur mais ne dit rien- avant de l’enlacer, et de se laisser finalement aller dans ses pleurs, en s’excusant mille-et-une fois de tout ce que cette autre avait subir à son ami.

« Je voyais tout, mais je ne pouvais absolument rien faire, je ne contrôlais rien, je… je suis tellement désolée, Vanitas…
- Aide-moi à me relever au lieu… de débiter des excuses inutiles… »

Naminé obéit, s’écarta, se releva, puis prit le garçon par-dessous les épaules, afin de l’aider à se remettre debout, en évitant de lui faire trop de mal.
Après quelques pas chancelants, qui inquiétèrent Naminé, le demi-vampire se tourna vers elle, et haussa les épaules.

« Tu vois… Tout va bien… »

Seulement Naminé n’était pas dupe, elle savait très bien que ça n’allait pas.
Elle s’approcha immédiatement du garçon lorsqu’il commença à tituber, et le rattrapa avant qu’il ne s’effondre brutalement au sol.
Paniquée, elle observa le visage du garçon, qui avait les yeux fermés, et qui semblait souffrir, même dans son sommeil.

La blonde devait se reprendre, et retourner dans l’appartement du demi-vampire, qu’elle pourrait allonger sur le lit une fois qu’ils seraient arrivés là-bas.
Il fallait qu’elle réussisse à mettre sa culpabilité de côté, car ce n’était vraiment pas le moment d’en ressentir.
Elle installa le blessé sur son dos –heureusement que sa transformation en vampire lui avait octroyé une force vingt fois supérieure à celle qu’elle avait en tant qu’humaine.
Elle descendit ensuite les escaliers, arriva dans le couloir, passa l’entrée, puis se mit à courir, afin de rejoindre l’appartement le plus tôt possible.

Bien sûr, Naminé savait que ça devait être douloureux pour Vanitas, et sentait même le sang de celui-ci dans son dos, mais elle ne devait pas y faire attention, sinon elle n’aurait jamais le courage et la force nécessaires pour avoir une chance de le ramener chez lui.

Alors elle continua, ne flancherait pas, et pourrait ainsi panser la blessure, pour que la cicatrisation puisse s’effectuer. Un vrai vampire serait déjà sur pieds, Naminé s’en doutait ; donc, pour que la régénération puisse se faire chez le demi-humain, il fallait certainement aider l’organisme en arrêtant au moins l’hémorragie.

Quand elle aperçut enfin les lumières de la ville où résidait Vanitas, un sourire arriva à légèrement éclairer le visage de la blonde ; bientôt, oui bientôt elle serait arrivée.
Elle espérait simplement que le cœur, qu’elle sentait battre dans son dos, continuerait de le faire jusqu’au bout.

« Encore un dernier effort, Vanitas… »

***

Naminé ignorait encore comment elle avait pu réussir, mais ça y était, Vanitas était enfin installé dans son lit, qui se trouvait dans son appartement.
Elle se dépêcha de réunir ciseaux, bandages, eau oxygénée, ainsi que du désinfectant, des compresses de gaz, et de la crème cicatrisante ; une fois tout le matériel en main, elle retourna auprès du blessé, déposa les produits ramenés sur la table de chevet, et prit le bas du pull entre ses mains, afin de le retirer, mais en douceur.

Ce fut difficile, mais au bout de dix minutes, Naminé put mettre le vêtement de son ami de côté, afin de l’envoyer dans la machine à laver dès que possible ; mais pour le moment, elle devait s’occuper de la blessure du demi-vampire.

Elle se lava rapidement les mains, afin d’être certaine de ne pas transmettre un quelconque microbe, puis entreprit de nettoyer la plaie avec de l’eau oxygénée. Après avoir retiré tous le sang et calmé l’hémorragie, elle vit le demi-vampire grimacer lorsqu’elle appliqua le désinfectant sur la plaie béante -seulement c’était nécessaire pour éviter toute infection.

Elle étala ensuite la pommade cicatrisante avec douceur, puis protégea le tout avec quelques compresses de gaz. Après ça, elle se débrouilla pour dérouler un bandage autour de la plaie, en évitant toute fois de trop bouger le corps blessé.

Une fois qu’elle eut terminé, Naminé vérifia une dernière fois le pouls de son ami, et fut rassurée de voir qu’elle avait réussi à tout faire à temps.
Elle observa un moment Vanitas, dont la respiration était calme et plus ou moins régulière ; il dormait, d’un sommeil sans doute profond, et qui lui permettrait sans doute de se rétablir de cette blessure.

Fatiguée, elle posa sa tête sur l’épaule droite du demi-vampire, et mit une main sur son torse –du côté où, bien sûr, il n’y avait pas la blessure.
Il était hors de danger à présent, c’était certain, mais la blonde ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la culpabilité. Une question l’assaillit juste avant qu’elle ne trouve définitivement le sommeil ; est-ce que le garçon lui en voudrait du mal qu’elle lui avait fait ?

***

Vanitas avait mal, terriblement mal ; la moindre respiration lui provoquait encore une atroce douleur au niveau de son poumon gauche. Stupide pieu en bois, stupide nature humaine qui le faisait cicatriser trop lentement. S’il avait eu la force de soupirer, il l’aurait fait, mais se contenta d’identifier le lieu où il se trouvait.
Rien qu’à l’odeur, sans même ouvrir les yeux –de toute manière il n’en n’avait pas encore la force- il sut qu’il se trouvait chez lui.

La première question qu’il se posa était comment c’était possible, mais la douleur de cette profonde blessure l’empêcha d’y réfléchir vraiment correctement.
Il n’avait pas encore totalement remis les pieds sur terre, mais lorsqu’il eut la possibilité de sentir son corps à nouveau, il remarqua directement un poids au niveau de son épaule droite, ainsi qu’une chaleur sur le côté de son torse indemne. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ?

Bon, allez, cette fois il fallait vraiment qu’il ouvre ses paupières ; finalement, il osa entreprendre ce geste, et n’eut aucun mal à s’adapter à l’obscurité de la pièce.
Et malgré la douleur que pouvait lui insuffler ce geste, Vanitas souleva son bras droit, le dirigea vers ses yeux, pour les frotter et les débarrasser de la poussière accumulée durant son sommeil forcé.

Il tourna ensuite doucement la tête vers la gauche, où se trouvait ce poids qui l’empêchait de bouger son bras ; il fut surprit de voir Naminé installée sur son épaule, en train de dormir.
Toutefois, il ne put s’empêcher de l’observer un moment, un sourire inidentifiable au coin des lèvres ; elle était quand même mignonne, lorsqu’elle dormait.

En regardant l’heure qui indiquait dix-sept heures, Vanitas sur qu’il ne pouvait pas rester indéfiniment là, blessé ou non ; les humains allaient se poser des questions s’il ne venait pas, et au bout d’un moment, ils finiraient par se rendre compte du double jeu du demi-vampire.

Malgré la souffrance de sa blessure, sans doute encore ouverte par endroits, il libéra son bras gauche en installant Naminé correctement sur le lit. Il fit ensuite un effort pour s’asseoir, mais poussa un léger gémissement de douleur en posant une main sur sa poitrine ; il y sentit le bandage, ainsi que l’humidité du sang qui l’avait traversé. Il voulut soupirer, mais s’abstint de le faire pour éviter une douleur inutile.

Il se leva sans bruit, mais chancela à peine il fut debout ; sa vision était encore flou, et son équilibre vraiment très précaire, ce qui l’obligea à s’appuyer d’une main contre le mur jusqu’à la salle de bain.

Arrivé dans la pièce, il posa ses deux mains sur le rebord du lavabo, et s’observa dans le miroir, où il put voir son visage encore plus pâle que d’habitude, ainsi que le soin qu’avait pris Naminé à bander sa blessure.
Seulement le bandage était souillé de sang, sur facilement trois centimètres de rayon à certains endroits.
Il fallait tout de même avouer que la blonde, ou du moins l’autre elle, ne l’avait vraiment pas raté.

Il se rafraîchit le visage pour se réveiller et y voir plus clair, puis s’habilla, en enfilant un nouveau pull, ainsi qu’un autre pantalon. Une fois prêt, il sortit de la salle de bain, et chercha son manteau noir, qui était posé comme d’habitude sur la chaise du bureau.

En posant à nouveau son regard sur le lit, il vit Naminé qui l’observait, encore couchée et les yeux à peine entrouverts. Il ne put s’empêcher de sourire, narquois ; elle paraissait tellement vulnérable en ce moment même, que s’il avait été un véritable chausseur de vampires, il aurait pu la tuer très facilement.
Elle devait encore apprendre paraître plus menaçante et sûre d’elle, même au réveil ; même si cette partie de son éducation prendrait du temps, vu le caractère de la jeune fille. Enfin, il en avait vu d’autres, et c’était sans aucune modestie qu’il savait qu’il réussirait la mission qu’il s’était donné ; il avait déjà réussi à réaliser une grande partie de son plan en à peine quelques jours, après tout.

« Salut Boucle d’or, déclara t-il simplement. Bien dormi ? »

Lorsque l’interpelée se rendit compte que Vanitas était véritablement là, devant elle et réveillé, en train de lui parler, elle fut partagée entre le soulagement et la contrariété.
Elle était rassurée de voir qu’il était vivant, malgré ce qu’elle lui avait fait la veille, et visiblement il n’en lui en voulait pas.
Mais elle était aussi contrariée, car il était debout, alors qu’il devait encore avoir quelques séquelles de sa mésaventure d’hier.

« Tu devrais rester coucher aujourd’hui, déclara-t-elle simplement en se redressant. Tu risques de souffrir si tu ne te reposes pas assez…
- Et c’est la fille qui m’a poignardé la veille qui me dit ça ? »

A ces quelques mots, Naminé revint durement à la réalité ; c’était sa faute si Vanitas avait été grièvement blessé.

« Je suis désolée… »

A ces quelques mots, Vanitas soupira, ennuyé.
Il n’aurait peut-être pas dû dire ça, certes, mais si à chaque fois Naminé affichait ce genre d’expression et culpabilisait ainsi à la moindre erreur qu’elle faisait, le demi-vampire ne le supporterait pas très longtemps.

« Arrête de t’excuser mille fois pour la même chose. C’est saoulant à la longue. »

Il passa ensuite la porte de la chambre, mais avant de définitivement sortir du champ de vision de Naminé, il se tourna une dernière fois vers elle –elle montrait cette fois-ci un air inquiet.

« C’est pas la première fois que je suis blessé, déclara-t-il simplement. Je reviendrai ce soir vers dix-huit heures et quelques. »

Et cette fois, Naminé sut qu’il était inutile de chercher à le retenir ; il disparut rapidement, et le bruit de la porte d’entrée qui s’ouvre et se referme parvint même aux oreilles de la blonde, qui ne put s’empêcher de glisser un regard à l’horloge digitale posée sur la table de chevet.
Dans à peu près huit heures, Vanitas serait de retour –mais dans quel état ?

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« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [Two-Shot] Nouvelle vie   Jeu 6 Déc - 10:59

En ce beau jour de décembre qui marque le Namitas Day, je poste la suite et fin de ce Two-Shot.
En espérant qu'il vous plaira. :3

Bon Namitas Day ! <3

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Nouvelle Vie

PARTIE II



Il devait être dix-huit heures quand Naminé entendit le téléphone sonner. Elle lâcha le livre qu’elle lisait depuis maintenant deux heures, et s’approcha de l’objet électronique.
Elle ne pouvait pas se permettre de décrocher, car elle n’était pas chez elle ; surtout que si c’était un humain avec qui Vanitas travaillait, elle ne saurait pas quoi répondre pour ne pas trahir la double identité du garçon qui prenait soin d’elle.

Elle laissa sonner quelques fois, entendit le « bip » caractéristique du répondeur qui s’activa, et écouta le message. Une voix féminine commença à parler, et Naminé pouvait clairement y percevoir de l’inquiétude.

« Vanitas, est-ce que ça va ? Pourquoi tu ne réponds pas ? S’il te plaît, rappelle-moi dès que tu écouteras ce message, je suis vraiment inquiète pour toi… »

Hein ? Pourquoi la fille qui parlait était-elle inquiète ? Il s’était passé quelque chose ? Elle devait en avoir le cœur net.
Elle décida de rappeler le numéro qui avait laissé ce message.
Une fois avoir cliqué sur la fonction « rappeler ce numéro » elle porta le combiné à son oreille. Rapidement quelqu’un décrocha, et la même voix féminine commença à parler.

« Oh Vanitas, je suis tellement rassurée que tu me rappelles !
- Je suis désolée mais… Ce n’est pas Vanitas.
- Hein ? Qui êtes-vous ? Demanda son interlocutrice, méfiante, cette fois. Et que faites-vous chez mon frère ? »

Alors cette jeune fille que Naminé avait au bout du fil était la sœur à Vanitas. Peut-être qu’elle pouvait lui faire confiance, alors. Elle serra le combiné un peu plus entre ses mains et contre son oreille gauche –il ne valait mieux pas révéler sa nature tout de suite, car c’était peut-être un piège.

« Si je vous le dis, vous viendrez me tuer, déclara la blonde. »

L’autre, à cette réponse, laissa un blanc s’installer le temps de réfléchir. Puis, et lorsqu’elle recommença à parler, sa méfiance avait totalement disparu.

« C’est donc toi, Naminé ? »

Non seulement elle la tutoyait à présent, mais en plus de cela, elle connaissait son prénom ? C’était à ne plus rien comprendre.
Son interlocutrice sembla comprendra son silence, et décida alors de s’expliquer.

« Vanitas m’a un peu parlé de toi, déclara-t-elle avant de passer à un tout autre sujet. Est-ce que tu as des nouvelles de lui ?
- Non, aucune, répondit Naminé. Pourquoi, il s’est passé quelque chose ?
- Il t’a dit à quelle heure il revenait ? Interrogea l’autre sans même répondre à la question de la blonde.
- Il a dit qu’il revenait à dix-huit heures, enfin, dans ces environs, expliqua Naminé. Mais pourquoi ? Il y a un problème ? »

Le silence lui répondit, mais la blonde pouvait clairement sentir le stress monter chez son interlocutrice.
Elle insista une fois, puis deux, quand enfin, l’autre montra un signe de vie.

« Vanitas est en danger, déclara-t-elle de but en blanc. J’arrive, et je t’explique. »

Naminé n’eut le temps de rien dire, que l’autre raccrocha. Mais les mots que celle-ci avait prononcé et qui concernaient le demi-vampire tournaient en boucle dans son esprit ; Vanitas en danger. Serait-ce de sa faute ? Et de celle de tous les vampires qu’il avait aidés ?

Sans qu’elle ne puisse se poser d’autres questions, elle entendit sonner ; elle savait qu’elle y trouverait la sœur de Vanitas, mais après ? Qu’est-ce que l’autre s’apprêtait à lui dire ?
Enfin, elle n’allait pas laisser la jeune fille sur le paillasson, et une fois devant la porte d’entrée, décida d’abaisser la poignée.

Une jeune fille, qui s’approchait sans doute de la trentaine, se tenait devant elle, avec des cheveux noirs –semblable à ceux de Vanitas- et courts ; ses yeux étaient bleus, et son regard montrait une certaine inquiétude.

Naminé l’invita rapidement à entrer, et les deux jeunes filles se dirigèrent vers le salon, où l’une s’assit sur le canapé en face du fauteuil de l’autre.
Bien vite, l’arrivante prit la parole.

« Vanitas et deux autres demi-vampires qui se trouvent dans cette ville doivent être entre les mains des humains, maintenant.
- Hein ? Mais comment ça se peut ? Vanitas faisait vraiment attention et…
- L’été, pour les demi-vampires, c’est difficilement supportable, coupa l’autre. »

A nouveau ce silence pesant, puis soudain, Naminé pensa à quelque chose.

« Mais vous êtes frères et sœurs, non ?
- Nous sommes en réalité demi-frère, et demi-sœur. Nous avons la même mère, mais pas le même père.
- Alors ça veut dire que tu es…
- Humaine, oui. Notre mère et mon père sont humains, mais le père de Vanitas est un vampire, d’où le fait qu’il possède les gênes des deux races. »

Ces révélations provoquèrent chez Naminé un hoquet de surprise. Elle se trouvait en face d’une humaine et pourtant… cette même humaine ne souhaitait pas sa mort ; au contraire, elle avait même un demi-frère qui avait un très grand lien avec la race que la plupart des humains haïssait.
Seulement la blonde ne comprenait toujours pas pourquoi Vanitas pouvait être en danger, après tout il lui suffirait de trouver un coin d’ombre pour se reposer un moment.
Son interlocutrice sembla deviner ses pensées, et reprit donc la parole.

« Ils ont lancé une opération au sein de leurs établissements disséminés dans la ville, afin de repérer les demi-vampires.
- Quoi ? Mais comment ont-ils pu savoir ?
- Je l’ignore, murmura l’autre. Quoi qu’il en soit, le plan consistait à montrer un verre rempli de sang à chaque employé, voire même employeur. On ignore les résultats, mais je sais que Roxas et Ventus ont encore du mal à tenir à la vue et à l’odeur du sang, même s’ils sont à moitié humains. »

Elle s’arrêta quelques instants de parler, et sembla réfléchir ; elle posa une main sur son menton, et ses yeux fixèrent un point invisible sur le sol.
Elle releva finalement la tête vers Naminé, qui ne comprenait pas ce brusque silence.

« Seulement pour Vanitas, je ne comprends pas. Depuis la première fois où il a fait une victime involontaire, il s’est entrainé dur pour arriver à lutter parfaitement contre ses pulsions meurtrières pendant plusieurs difficiles mois… -elle observa avec insistance la blonde- est-ce qu’il s’était, gravement ou non, blessé, récemment ? »

Naminé baissa immédiatement la tête, et sa culpabilité revint bien vite reprendre ses droits. Elle se tordit nerveusement les doigts, mais essaya de le cacher à l’autre, qui n’avait visiblement pas encore remarqué l’état de la blonde.

« Pourquoi tu me demandes ça ? Interrogea la vampire, simplement, et en arrivant à rester sereine.
- Disons que son côté vampire prend toujours le dessus, pour le maintenir soit en vie, soit en forme. Seulement cela signifie aussi que ses envies de sang sont plus fortes, ou qu’il ne pourra pas forcément rester de marbre s’il se retrouve confronté à ce liquide. C’est pour ça que je dois savoir, pour comprendre. »

Cette fois, il était impossible pour Naminé de cacher cette culpabilité qui la rongeait. C’était ça, le fin mot de l’histoire par rapport à ce qu’il s’était passé la nuit dernière ?
C’était donc uniquement de sa faute si, finalement, les humains avaient découvert le double-jeu de Vanitas ?
Elle tressaillit, mais décida d’expliquer ce qu’il s’était passé la nuit dernière à la demi-sœur du garçon.

« J’ai perdu le contrôle, je l’ai grièvement blessé à un moment, et je… je… »

Elle savait que les vampires ne pouvaient pas tomber malades, mais en ce moment même, elle se sentait affreusement mal. Si elle n’avait pas été là le jour où Vanitas l’avait trouvée, celui-ci aurait pu continuer son double-jeu sans problème.
Il n’aurait pas été blessé, et il aurait pu rester indifférent face au sang qu’on lui aurait présenté lors du test effectué sur les employés…
Oui, sans elle, tout se serait tellement mieux passé...
En plus, peut-être que Vanitas était déjà mort, à l’heure qu’il était –elle trembla à cette pensée.

« Tout n’est pas perdu, réconforta l’autre en posant une main sur son épaule. Je vais appeler trois amis, des vampires eux aussi, et ils nous aideront à retrouver ceux qui vous ont éduqués. »

Maintenant qu’elle y songeait, Naminé se souvint que la jeune femme en face d’elle avait prononcé deux autres prénoms avant d’expliquer la situation de Vanitas. Faisait-elle allusion à eux quand elle parlait de ceux qui les avaient éduqués ?
Cela voudrait donc dire qu’elle rencontrerait d’autres vampires qui, à une époque, devaient se trouver dans la même situation qu’elle ? Enfin, sans cette culpabilité suite à la disparation du demi-vampire, évidemment.

« Je vais les appeler, déclara l’autre fille en se levant, et en prenant son téléphone.
- Mais il fait encore jour, ils ne pourront pas venir avant un moment…
- Ils passeront par les égouts, beaucoup de vampires le font dans cette ville, et Vanitas a créé une issue directe pour qu’ils puissent arriver dans la cave de cet immeuble. »

Puis, après ces quelques explications, l’humaine composa un premier numéro, tandis que Naminé assimilait les informations acquises. Seulement voilà, si la fille en face et Vanitas avait un lien de parenté, il ne serait pas difficile pour les autorités de savoir qui est la traîtresse parmi les humaines.
Quand elle vit que la plus grande en avait fini avec les coups de fil, Naminé s’approcha d’elle.

« Mais toi et Vanitas vous êtes demi-frère et demi-sœur… N’y a-t-il pas le risque que tu sois mise dans la liste des suspects si on arrive à le libérer avec les autres ?
- Non. Nous n’avons pas grandi ensemble, et moi j’ai le nom de famille de notre mère, et lui de son père. Dans aucun dossier il n’est mentionné que nous avons un lien de parenté. Nous nous voyons rarement, et faisons tout pour garder ce lien secret, justement à cause de ce qui est en train d’arriver.
- Vanitas ne voulait pas te mettre en danger, s’il devait être découvert, c’est ça ?
- Exact, c’est lui qui en a décidé ainsi depuis… »

Elle s’arrêta, hésita, puis finalement reprit, en souriant légèrement et en tendant la main vers Naminé. Visiblement, celle-ci n’en saurait pas plus, alors elle prit le membre qui lui était tendu.

« Au fait, j’ai oublié de me présenter ! Déclara-t-elle. Je suis Xion. Xion Miles.
- Enchantée, Xion. »

La blonde décida de finalement oublier la phrase, que la dénommée Xion n’avait pas terminée ; si un jour elle devait en connaître la fin, elle écouterait, mais pour le moment, ce n’était pas la priorité.

« Kairi et Riku arrivent bientôt, Aqua aura un léger retard.
- Ce sont les vampires qui nous aideront ?
- Oui, car comme toi ils ont été entrainés par Vanitas, Ventus ou Roxas. Ce sont les mieux placés pour nous aider à les retrouver. »

Un long silence, puis enfin, la sonnette résonna dans l’ensemble de l’appartement. Ce fut Xion, cette fois, qui accueillit les deux arrivants.
Une fois qu’ils furent arrivés au salon, Naminé les observa brièvement ; le garçon avait des cheveux argentés et des yeux turquoise, tandis que la fille était rousse avec des yeux bleus.
Quand Aqua -celle qui avait prévenu qu’elle serait légèrement en retard- arriva, Xion fit rapidement les présentations, puis tous se mirent à discuter de ce qui avait amené les trois autres vampires ici.

« J’ai pu pêcher quelques informations ici et là, déclara la demi-sœur de Vanitas. Il paraît que les demi-vampires découverts sont détenus dans l’un des entrepôts près du port.
- Et je suppose que ce fameux entrepôt est sécurisé un maximum ? Supposa Riku.
- Non, ils ont du être discrets, mais ils ne peuvent pas se douter que la directrice adjointe de l’hôpital ait demandé ce genre d’information pour les faire s’évader, expliqua Xion, avec un léger sourire. En plus je n’ai aucun casier judiciaire, et je suis officiellement en vacances pour la semaine, donc ils ne me soupçonneront jamais. »

Il ne restait qu’un détail, et pas des moindres ; trouver le bon entrepôt. En effet, le port était immense, donc cela prendrait énormément de temps de tous les fouiller, il valait donc mieux réduire la zone de recherche, en essayant de trouver le secteur où les demi-vampires étaient retenus prisonniers.
Mais autre chose perturbait Naminé. Parmi tous les vampires présents, elle était la moins expérimentée ; ce qui signifiait qu’elle ne serait sans doute qu’un poids pour une opération dont la vie de trois personnes en dépendait.

« Je ferai mieux de rester ici, je vous gênerai plus qu’autre chose… »

A cette déclaration, quatre regards interrogatifs se levèrent sur elle. Aqua, la fille aux cheveux et aux yeux bleus, finit même par s’approcher d’elle.

« Pourquoi dis-tu cela, Naminé ?
- Eh bien je… Vanitas ne m’aide que depuis quelques jours, et puis c’est ma faute s’il a été découvert…, murmura la blonde, honteuse. Si je n’avais pas été là…
- C’est un bon moyen de te rattraper, tu ne crois pas ? Coupa gentiment l’autre vampire en souriant.
- C’est vrai, déclara Kairi qui s’était également rapprochée. Et puis si tu penses que Vanitas t’en voudras, je peux directement te dire que tu fais fausse route. Moi aussi j’ai fait de nombreuses erreurs durant l’éducation qu’il me donnait, mais grâce à lui j’ai pu préserver entièrement mon humanité, et il ne m’a jamais tourné le dos. Ce sera pareil pour toi, j’en suis absolument certaine. »

Naminé s’en voulait toujours, mais décida de finalement faire confiance à la rousse, qui paraissait sincère –et puis qu’est-ce qu’elle gagnerait à lui mentir ?
Xion, quant à elle, continua d’exposer son plan.

« Je ne suis qu’une humaine, donc je ne vous accompagnerai pas, mais je peux m’arranger pour vous obtenir des informations dans la journée de demain, pour que vous puissiez agir le soir. »

Les quatre vampires s’observèrent, hésitants. S’ils ne pouvaient qu’agir demain soir, ça laissait aux humains l’occasion de torturer, voire même de tuer ceux qui furent – et étaient, dans le cas de Naminé- leurs mentors un jour.
Xion perçut bien vite cette inquiétude commune.

« Mon père est le commissaire qui a lancé cette inspection contre tous les chasseurs, commença-t-elle. Je ne serai pas informée de tous les détails, mais je pourrai savoir dans quel état ils sont, ainsi que dans quel entrepôt. Mais les tuer ne leur apporterait rien pour le moment.
- Sans doute vont-ils chercher à savoir si dans les environs, il y a d’autres demi-vampires…, supposa Riku. C’est vrai qu’ils n’en tireront aucun profit de les tuer tout de suite.
- Donc nous sommes déjà certains qu’on les retrouvera vivants, soupira Aqua, tout de même soulagée. »

Mais la même question parcourut l’esprit de chaque personne ; dans quel état retrouveraient-ils les trois demi-vampires ?

« Qu’importe leur état, s’il sont vivants, leurs gênes vampires les maintiendront en vie et les soigneront progressivement, expliqua Xion. Je connais un endroit où ils seront en sécurité. »

Elle fit une pause, le temps de noter sur un bout de papier une adresse, avant de la tendre à Naminé, qui ne comprenait pas pourquoi c’était à elle que l’on confiait cette feuille extrêmement importante. La blonde releva la tête vers Xion avec interrogation, tandis que l’humaine lui sourit gentiment.

« Grâce à toi, Vanitas et les deux autres demi-vampires pourront être mis en sécurité le temps de leur rétablissement, déclara-t-elle, avant de prendre les mains de la blonde entre les siennes. Tu es la plus jeune des vampires, mais si Vanitas a commencé à t’aider, c’est qu’il a vu le potentiel que tu avais, car il n’aide pas n’importe quel vampire. Alors ne te sous-estime pas, d’accord ?
- Je… D’accord. Merci, Xion. »

Pour toutes réponses, l’humaine lui sourit, puis se tourna vers les trois autres vampires -mais Naminé ne fit pas attention à ce que Xion leur disait.
Elle s’inquiétait énormément pour Vanitas, en se maudissant de ne pas avoir réussi à le convaincre de rester chez lui pour se reposer rien qu’une journée ; car si elle avait trouvé les bons arguments au bon moment, jamais la double-origine du garçon aurait été découverte.

Mais c’était trop tard pour éprouver des remords, Naminé le savait. Elle serra le bout de papier qu’elle tenait entre ses mains ; maintenant, et lorsqu’ils auraient retrouvés les trois prisonniers, on compterait sur elle pour réussir à les emmener dans un endroit sûr –et elle n’échouerait pas dans sa tâche.

***

Il aurait été inutile de se séparer alors qu’il y avait un plan sauvetage à réaliser ensemble ; alors après avoir chassé, les quatre vampires –car oui, Naminé les avait accompagné, et malgré son manque d’expérience, les autres l’avaient directement acceptée avec eux- ainsi que Xion étaient tous les cinq restés dans l’appartement de Vanitas.

Quand le jour se leva, Xion laissa les vampires seuls, le temps d’obtenir les informations nécessaires au bon déroulement de la mission prévue lors de la prochaine nuit.
Ce fut d’un pas pressé qu’elle se dirigea vers le commissariat que dirigeait son père –elle n’avait même pas besoin d’inventer une excuse, vu qu’elle venait régulièrement prendre des nouvelles de lui.

Donc ce fut sans méfiance que le gardien la laissa entrer dans le commissariat. Elle grimpa quatre à quatre les escaliers, pour finalement arriver à l’étage où se trouvait un seul bureau au bout du couloir. Elle toqua, reçut une réponse positive pour pouvoir entrer, et salua son père, qui l’accueillit avec le sourire.
Après de brèves salutations, l’homme entama un sujet banal parmi tant d’autres, sur lequel Xion jouerait pour avoir les informations qu’elle souhaitait.

« J’ai appris que tu étais en vacances depuis deux jours, alors que viens-tu faire ici ?
- Comme j’avais du temps, j’ai décidé de passer te voir, répondit simplement sa fille. Il parait que vous avez lancé un plan contre les demi-vampires ?
- Oui, depuis hier. Nous en avons déjà eu trois.
- Mais ce n’est pas dangereux de mettre de telles créatures dans nos locaux ?
- Ne t’en fais pas, ils sont détenus au port, pour éviter la panique générale, et peu de personnes sont au courant. »

Pour le moment, son père ne lui disait que des choses qu’elle savait déjà. Elle soupira, mais n’abandonna pas –elle devait absolument avoir un maximum d’informations, pour que Naminé, et tous les autres puissent agir le soir même.

« Vous comptez les tuer ?
- Evidemment. Mais pas avant qu’ils nous donnent la localisation des autres sous-humains, répondit l’homme, en gardant pourtant ce sourire. Ils finiront bien par parler, vu les tortures qu’on leur fait subir depuis leur capture. »

Xion dut énormément prendre sur elle à l’entente de ces quelques mots –mais au fond d’elle, l’inquiétude et la peur étaient bien là.
Son père, comme elle l’espérait, ne remarqua pas son mal être, et continua.

« Et puis s’ils meurent avant d’avoir parlé, eh bien tant pis, ça fera des déchets en moins. Ce n’est pas pour rien qu’on les garde dans le plus vieux des entrepôts, qui ressemble plus à une déchetterie aujourd’hui, déclara-t-il en rangeant quelques dossiers dans une armoire. Ils ne méritent pas mieux, ces sous-humains. »

Xion se sentit brusquement mal. Comment son père pouvait-il parler ainsi ? Cela devenait difficile pour elle de feindre l’ignorance à ce stade, mais ayant obtenue la principale information qu’elle était venue chercher, elle décida de s’éclipser. Elle bredouilla un simple au revoir presque inaudible, tandis que son père, surpris d’un tel départ, ne sut quoi répondre.

Le plus vite qu’elle put, Xion rejoignit le parking pour y trouver sa voiture, qu’elle déverrouilla. Une fois installée sur le siège conducteur, elle laissa tomber sa tête sur le volant, et ferma les yeux.
Cela faisait deux ou trois ans qu’elle n’avait plus vu Vanitas, et leur prise de contact s’arrêtait à un coup de fil tous les trois mois pour éviter que leur lien soit découvert ; comment aurait-elle pu deviner que leur retrouvaille se passerait à cause d’une pareille chose ?

Enfin, il fallait qu’elle se ressaisisse ; seule elle possédait les informations qu’il fallait, et les quatre vampires qui l’attendaient chez son frère comptaient sur elle -elle ne pouvait donc pas les décevoir.
Elle se redressa, et inséra les clés à l’endroit approprié ; la voiture démarra dans un léger vrombissement.
Ils devaient sortir au plus vite Vanitas, Roxas et Ventus des griffes de ces humains.

***

Le soir était arrivé, et grâce aux informations de Xion, la localisation de l’entrepôt où étaient retenus prisonniers put s’effectuer rapidement.
Les quatre vampires, à peine quelques minutes après que la nuit soit complètement tombée, se trouvaient déjà sur les lieux.
Ils firent le tour de l’entrepôt, afin de s’assurer qu’il n’y avait aucun garde qui pourrait les surprendre ; une fois rassurés sur ce point, ils se postèrent tous devant les grandes portes métallique, hésitants.

Ils avaient peur de découvrir ce qu’il y avait à l’intérieur, car il n’y aurait pas que de la marchandise abandonnée, mais également des êtres vivants… voire même morts.
Et savoir que ceux qui avaient été leurs mentors un jour soient finalement tués par des humains, leur faisait extrêmement mal.
Aqua fut la seule à avoir le courage nécessaire de s’approcher, et de prendre la poignée de la porte entre ses mains.

« Si on ne fait rien, on retire les dernières chances qu’il nous reste pour les retrouver vivants, déclara-t-elle en abaissant doucement la poignée glaciale. »

Tous savaient pertinemment que la jeune femme avait raison ; seulement il y avait certaines vérités que l’on ne pouvait pas affronter, même avec tout le courage du monde.
Naminé, quant à elle, tenta de se ressaisir, et posa sa main sur celle d’Aqua, qui l’observa avec interrogation tandis que l’autre tentait de lui sourire.
Aucun mot ne fut prononcé entre elles, mais chacune d’elle mit un peu de force pour abaisser la poignée, puis toutes les deux tirèrent sur cette porte rouillée qui grinça.
Elles avaient fermé les yeux durant leur geste, mais décidèrent de les rouvrir une fois la porte grande ouverte, et la poignée lâchée.

Les quatre vampires entrèrent en même temps, et examinèrent rapidement l’entrepôt du regard –quand enfin, ils les virent.
Ils étaient là, yeux fermés et adossés contre le mur à leur gauche, dans le coin le plus sombre de la vieille bâtisse.
Ni une ni deux, tous se précipitèrent et s’agenouillèrent près des corps inertes. Leur visage était en sang, et de nombreux hématomes et de plaies ouvertes étaient visibles à travers leurs vêtements déchirés et tâchés de sang par endroit.

Naminé prit la main gauche de Vanitas, mais la lâcha sous la surprise, tandis que son corps se mit à trembler.

« Sa main…, souffla-t-elle. Elle… elle est glacée. »

A l’entente de ces quelques mots, Aqua s’approcha, et mit son index et son majeur contre le cou du demi-vampire, tandis que Riku et Kairi firent la même chose à Roxas et Ventus. Les trois êtres de la nuit s’observèrent et se consultèrent du regard. Après ça, Aqua s’adressa à leur cadette.

« Ils ont tous les trois un pouls, déclara-t-elle. Mais il est très lent, il faut absolument les transporter dans un endroit tempéré avant qu’ils ne nous fassent une crise d’hypothermie. »

Aqua souleva avec douceur Vanitas, tandis que Riku et l’imitèrent en effectuant la même chose avec Ventus et Roxas.
Le contact glacé avec les corps des demi-vampires les fit frémir ; ils avaient de la peine à réaliser que c’était leurs mentors, ceux qui les avaient aidé à leur début, les mêmes qui prenaient régulièrement des nouvelles d’eux, et surtout… ceux qui les avaient sauvés et protégés.
Les rôles étaient inversés, à présent ; la vie de Vanitas, Ventus, et Roxas était entre leurs mains.
Aqua releva la tête vers Naminé, qui avait à peine eu la force de relever la tête.

« C’est à toi de jouer, Naminé, déclara-t-elle. Alors, où devons nous aller ? »

Ca y était, c’était à son tour d’endosser le rôle qui lui avait été confié ; elle essaya de faire abstraction de la sensation glacée qui l’avait poignardée lorsqu’elle avait pris la main de Vanitas, et se releva, pour prendre le petit papier qu’elle avait soigneusement plié et mit dans sa poche.

Naminé lut rapidement pour elle, et étrangement, elle sut immédiatement visualiser dans sa tête l’endroit qu’elle devrait atteindre ; c’était un manoir, à la frontière sud de la ville voisine, elle en était certaine.

« Suivez-moi, s’il vous plaît. »

Les trois vampires expérimentés s’observèrent entre eux, puis fixèrent Naminé en hochant positivement la tête. Ils mettaient en jeu la vie de leurs trois mentors en laissant un jeune vampire encore en éducation les guider, mais ils décidèrent de faire confiance à la blonde –si Xion lui avait remis l’adresse, il devait bien y avoir une raison, après tout.

Naminé se mit immédiatement à courir à la façon d’un vampire, et malgré le poids des personnes inconscientes qu’ils portaient, les trois autres n’eurent aucun mal à suivre celle qui menait le groupe.

Le trajet fut donc très vite effectué ; en dix minutes à peine, ils atteignirent le manoir que la blonde avait pu immédiatement visualiser dans sa tête à la lecture de l’adresse.
Devant la grande porte d’entrée, Xion les attendait déjà, avec un sac de sport visiblement bien rempli.

Naminé, étant la seule à avoir les mains entièrement libre, vint immédiatement à sa rencontre pour la mettre au courant de ce qu’ils avaient pu constater, et de l’état des trois demi-vampires.
Après avoir écouté les paroles de Naminé, et les témoignages des trois autres vampires, elle examina rapidement l’état des anciens prisonniers qui n’étaient visiblement pas décidé à se réveiller.

« Déposez-les à l’étage, il y a trois chambres, ordonna-t-elle. »

Les vampires n’eurent pas besoin qu’on leur répète une seconde fois ; ils disparurent bien vite à travers la porte que Naminé avait ouverte pour eux.
Xion s’apprêta à son tour à entrer avec la blonde, quand la première se tourna vers la plus jeune.

« Pourrais-tu m’aider à les soigner ? Je ne pourrai pas m’occuper des trois en même temps.
- Tu peux compter sur moi. »

A ça, Xion sourit, simplement, et les deux filles pénétrèrent dans la bâtisse et se dirigèrent immédiatement vers les chambres.
Naminé, en montant les escaliers, ne put s’empêcher de penser à Vanitas, à Roxas et Ventus, ainsi qu’à ce contact gelé.

S’il vous plaît, tenez le coup encore un petit peu…

***

Noir. C’était la seule chose Roxas parvenait à percevoir. Et la seule chose qui différait par rapport à la dernière fois où il avait réussi à atteindre ce stade de semi-éveille, c’était cette chaleur rassurante qui l’entourait, et qu’il devina être une pièce chauffée.
Il y avait aussi ce « sol » confortable, ainsi que ce léger poids sur tout son corps ; il était clairement dans un lit, et était très certainement recouvert d’une couette.

Mais il y avait cette douleur qui s’étalait dans tout son corps, et qui lui brûlait les tympans ; les causes de tout cela lui remontèrent bien rapidement en tête et immédiatement après, deux prénoms tournèrent en boucle dans son esprit.
Ventus et Vanitas. Ils étaient là, il s’en souvenait, et il les voyait clairement se faire torturer comme lui l’avait été.

Il eut enfin la force d’ouvrir ses yeux, qui s’habituèrent petit à petit à la non-luminosité de la pièce. Il porta sa main à ses yeux pour se débarrasser des poussières accumulés, et découvrit que son membre était bandé –on l’avait donc soigné.
Mais est-ce que Vanitas et Ventus avaient également eu la chance d’être sauvés ?
Il devait en avoir le cœur net.

Malgré ses multiples douleurs, le blond se mit assis sur son lit ; il put ainsi observer l’environnement dans lequel il avait été transporté.
Les murs étaient simplement beiges, avec quelques motifs bruns ici et là.
Quand il tourna la tête vers sa gauche, il constata la présence d’un miroir ; il y vit évidemment son propre reflet, mais dans ses yeux, il y avait cette lueur rougeâtre, typique des vampires et des demi-vampires lorsqu’ils avaient soif.

Seulement ce n’était de loin pas le moment de se nourrir maintenant ; il devait s’assurer que Ventus comme Vanitas étaient eux aussi saufs –sa soif était supportable, et de toute manière il ne savait même pas s’il aurait la force de marcher très longtemps, alors partir chasser, il pouvait directement oublier.

Ses premiers pas étaient chancelants, et une vague de fatigue s’empara de lui, alors qu’il venait à peine d’atteindre la porte de la chambre où il se trouvait. Il se tint le front en grimaçant ; son corps ne répondait pas encore correctement à ses ordres, et sa vision s’obstinait à rester légèrement floue.

Mais malgré tout, il n’oublia pas le but premier de son effort, et abaissa la poignée qu’il tenait, pour faire quelques pas dans un couloir à l’éclairage tamisé. Il regarda autour de lui, puis huma l’air ; ses sens surdeveloppés que lui octroyaient sa condition de demi-vampire lui permit de sentir la présence d’une humaine, de quelques vampires, mais surtout de reconnaître l’odeur de Ventus et Vanitas ; ils étaient donc là, et vivants –comme lui.

Maintenant, il fallait les trouver, et pour ça, il fallait utiliser ses jambes, et donc user du peu de force qu’il possédait encore. Il décida de marcher en s’appuyant contre le mur –en espérant juste que cette légère aide soit sufffisante- quand soudain, il entendit une voix l’interpeller.
Une voix féminine, qu’il connaissait, il en était sûr.
Lorsqu’il décida de se retourner, son corps vacilla, et il serait tombé si l’autre personne ne l’avait pas rattrapé de justesse.

« Qu’est-ce que tu fais debout ? Tu devrais te reposer !
- Je…, tituba le blond en essayant de se détacher de l’étreinte de la jeune fille. Je veux voir si Vanitas et Ventus vont bien, laisse-moi…
- Dans ton état tu ne retourneras que dans ton lit, insista l’autre.
- Putain, Kairi, fais pas chier, c’est pas le moment… »

La rousse soupira, mais ne relâcha pas pour autant l’étreinte qu’elle avait sur le garçon ; il était bien trop faible pour faire quoi que ce soit de toute façon.
En le tirant avec douceur vers sa chambre, Kairi décida au moins de le rassurer sur l’état des deux autres -même si, et tant qu’il ne pourrait pas vérifier lui-même, il serait toujours stressé.

« Ventus et Vanitas ne se sont pas encore réveillés, déclara-t-elle en premier, ce qui attira l’attention du blond. Mais leur état n’est plus du tout inquiétant. Ils vont s’en sortir, comme toi.
- Ils ont subi pire tortures que moi..., souffla l’autre alors qu’il n’arrivait plus à se débattre contre cette fatigue et ses paupières devenues lourdes. Ventus s’est fait à moitié noyé plusieurs fois, Vanitas est passé par la chaise électrique plusieurs fois aussi… Et tu m’sors qu’ils vont… biens… ? »

Kairi frissonna d’horreur lorsqu’elle entendit deux des nombreuses tortures que les trois demi-vampires avaient du vivre, mais ne cilla pas, car ce qu’elle disait était la vérité, elle le savait ; elle venait même de revenir d’une visite dans les deux autres chambres.

«Tu dois me croire, Roxas. Ils vont vraiment s’en sortir, malgré tout ce qu’ils ont pu vivre.
- Je… Je veux les… voir… »

Seulement cette fois, c’était terminé, le blond n’avait plus la force de rester éveillé, et s’évanouit dans les bras de la rousse, qui le prit sur son dos ; elle le ramena ensuite dans sa chambre.

***

Suite à tout ce qu’ils venaient de vivre, et aussi à la présence de Xion, tous les vampires décidèrent de se nourrir avant qu’il ne fasse jour, pour que la seule humaine présente puisse se sentir en sécurité. Pour cela, ils avaient formé deux groupes ; le premier, formé de Naminé et d’Aqua, était partis chasser, tandis que le deuxième, donc Riku et Kairi, s’occupait de vérifier l’état des blessés.

Les deux jeunes filles étaient revenus, pour que l’argenté et la rousse aient le temps de se nourrir avant le lever du jour.
Kairi raconta juste rapidement que Roxas s’était déjà réveillé, et précisa que Vanitas et Ventus n’avaient pas ouvert les yeux pour le moment, mais que leur état était stable, et qu’il ne fallait pas s’inquiéter, même s’il se pouvait qu’ils aient toujours de la fièvre.

A ça, Naminé, une demi-heure après le départ des deux autres, décida de préparer un gant de toilette humide pour chaque demi-vampire ; ça les soulagerait peut-être un petit peu.
Ce fut au moment de monter vers les chambres qu’elle remarqua qu’Aqua et Xion s’étaient endormies côte à côte, l’une sur l’épaule de l’autre. Elle sourit, attendrie, et décida d’installer la couverture sur le canapé sur les jeunes femmes, afin qu’elles n’attrapent pas froid.

Une fois cela d’effectué, Naminé se dirigea vers la salle d’eau, prépara une petite bassine d’eau froide, et y trempa trois gants de toilette.
Elle monta ensuite les escaliers, et entra tout d’abord dans la chambre de Vanitas.

La blonde déposa la bassine à même le sol près du lit, prit l’un des gants de toilette, l’essora, puis s’assit sur le matelas ; elle se pencha ensuite légèrement, et prit soin de plier en deux le gant de toilette qu’elle déposa sur le front encore brûlant du demi-vampire.

Elle s’apprêta à lâcher l’objet humide, mais se stoppa directement lorsqu’elle sentit une légère étreinte tiède à son poignet droit. Elle baissa son regard à cet endroit là, et vit la main bandée de Vanitas.

« J’savais que c’était toi… »

Sur le moment, Naminé voulut l’enlacer à cause de la joie qui venait de naître suite au réveil du garçon, mais elle s’abstint tout de même ; les blessures du demi-vampire étaient loin d’être cicatrisées, et la blonde ne voulait pas lui faire mal.
Elle se contenta simplement de libérer son poignet de l’étreinte de Vanitas, tandis que celui-ci ouvrit doucement les yeux alors que son bras était retombé sur le matelas.
Seulement, et même s’il venait à peine de se réveiller et qu’il n’arrivait juste pas à bouger, le garçon avait déjà plusieurs questions qui tournaient en boucle dans sa tête.

« Comment tu nous as… retrouvés ? »

Sa voix n’était qu’un murmure rauque, inaudible sans doute pour des oreilles humaines. Seulement la blonde avait entendu, et avant de répondre elle posa sa main sur celle de Vanitas. Celui-ci serra doucement le membre de la jeune fille, comme pour la rassurer.
Naminé réussit finalement à trouver ses mots pour expliquer correctement la situation au garçon.

« C’est grâce à Xion qui a réussi à nous fournir toutes les informations nécessaires… Sans elle…
- Attends… Qui ça ? Souffla Vanitas qui peinait tout de même à comprendre et à réaliser ce qu’on lui disait.
- Xion Miles, elle s’est présentée comme étant ta demi-sœur. »

Quand il arriva à assimiler les quelques informations que venait de lui donner Naminé, il ne put s’empêcher de sourire, malgré sa fatigue ; il referma les yeux –même si la blonde avait largement eu le temps de voir ce petit reflet rouge, ce qui l’avait au départ inquiétée.

« Si je m’y attendais à celle-là…, murmura t-il alors que la fatigue l’emportait à nouveau.
- Est-ce que ça va aller ?
- T’en fais pas… ça va… »

Seulement lors de la prononciation de cette phrase, l’étreinte que Vanitas exerçait sur la main de Naminé s’était totalement desserrée, et le corps du garçon s’était brusquement détendu ; mais la blonde ne s’en inquiéta pas plus que ça –elle savait qu’il n’y avait aucun risque de le perdre, à présent.
Et malgré une légère hésitation avant de le faire, Naminé embrassa doucement Vanitas sur la joue, en lui souhaitant une bonne nuit.

Elle se leva ensuite du matelas, reprit ce qu’elle avait laissé au sol, et se mit en route pour les autres chambres.
Mais avant de quitter celle-ci, elle ne put s’empêcher de jeter un dernier regard attendri au demi-vampire, et était certaine qu’à présent, sa guérison était proche.

Elle s’occupa ensuite des deux autres garçons, seulement aucun d’eux ne donna un quelconque signe de réveil ; il y avait juste cette température trop élevée et tenace mais qui, heureusement, ne perturbait pas trop leur sommeil.

Lorsqu’elle eut fini, elle rejoignit les deux autres filles endormie, mais constata que Xion avait les yeux légèrement entrouverts.
La jeune fille se releva doucement et tenta de faire le moins de gestes brusques possibles, pour ne pas réveiller Aqua.
Elle observa ensuite la jeune vampire qui s’était installée sur le fauteuil juste en face du canapé sur lequel elle était installée.

« Comment vont-ils ?
- Leur fièvre n’est pas encore descendue, mais leur sommeil paraît serein.
- Et Vanitas ?
- Il s’est réveillé quelques minutes, juste le temps nécessaire pour que je lui dise que c’est grâce à toi qu’on les a retrouvés, et sauvés.
- Il a dû être surpris d’entendre mon nom, déclara Xion, nostalgique. Cela fait si longtemps qu’on ne s’est plus vus, après tout…
- Je suis sûre qu’il sera heureux de te revoir, rassura Naminé, en souriant légèrement. »

Seulement elle se souvint rapidement d’une chose qui, à coup sûr, empêcherait Xion et Vanitas de se voir tout de suite. Son sourire se dissipa, tandis que l’autre l’observa, inquiète d’un tel changement d’expression.

« Ce ne va pas ?
- En fait, lorsqu’il s’est réveillé, j’ai pu voir cette lueur rouge dans ses yeux…, expliqua la blonde. Tant qu’il ne se sera pas nourri, cela peut-être dangereux pour toi d’être près de lui… »

Tout d’abord, Xion s’étonna que Naminé puisse penser à sa sécurité ; après tout elle était humaine, et faisait donc partie de cette race qui méprisait vampires et demi-vampires. Elle se souvenait même qu’Aqua, Kairi et Riku avaient mis énormément de temps à lui faire confiance...
Alors que Naminé, elle, arrivait déjà à s’inquiéter pour elle, alors qu’elles ne se connaissaient que depuis quelques heures à peine.
Elle sourit, attendrie.

« Ne t’en fais pas pour moi, je ferai attention, et je ne me risquerai pas à l’approcher tant qu’il ne se sera pas nourri.
- Mais tu n’as pas peur de nous ? Tu es la seule humaine, et nous sommes sept vampires ou demi-vampires…
- Je n’ai jamais eu peur des vampires, pas même de Vanitas lorsque ses gènes vampiriques ont commencé à prendre le dessus sur sa nature humaine. Et pourtant, il était très dangereux, à cette époque. »

Naminé leva un regard intrigué à Xion, qui avait baissé la tête ; elle semblait cherchait dans ses souvenirs certaines choses, qui n’étaient certainement pas des plus belles et joyeuses, vu son expression.
Après quelques minutes de silence, l’humaine releva finalement la tête vers la blonde.

« Je pense que tu as le droit de savoir.
- Quoi donc ?
- Quand le vampire qui dormait en Vanitas s’est finalement réveillé… Il a tué notre mère, et même son père, qui lui est un vampire depuis des années, n’a pas réussi à le maîtriser, ou à l’empêcher d’étancher cette soif refoulée depuis la naissance. »

Naminé, en entendant cette horrible histoire, porta ses deux mains à sa bouche. Pétrifiée, elle ne sut quoi dire ou faire suite à ce que venait de lui raconter Xion, qui continua son récit, sans faire attention à la blonde.

« Son père n’avait pas réussi à voir le changement progressif que subissait son fils depuis quelques semaines déjà. Mais il ne voulait pas assumer une telle responsabilité. Et quand Vanitas était redevenu lucide, son père était parti.
- Parti, comment ça ? Demanda Naminé.
- Il avait abandonné son fils, ne souhaitant pas faire l’éducation d’un demi-vampire qui avait tué celle qu’il aimait.
- C’est ignoble…, murmura la blonde.
- Peut-être, mais c’est ça qui l’a fait devenir ce qu’il est maintenant.
- Mais il n’a pas eu besoin d’aide pour gérer… tout ça ?
- Non, car il ne pensait plus qu’à une chose à ce moment là : ne plus faire de mal à ceux qui étaient proche de lui. Il s’est très longtemps isolé, tandis que moi, de mon côté, je n’avais jamais compris où était passée ma mère. »

Elle s’arrêta quelques instants, sembla chercher ses mots pour la suite, avant de reprendre en levant cette fois la tête vers Naminé, un léger sourire triste aux lèvres.

« Un jour, il a sonné chez moi, on ne se connaissait pas, on ne s’était même jamais vus, et pourtant il m’a tout raconté, déclara-t-elle. Et pour le courage dont il avait fait preuve de me dire ça trois ans plus tard, je n’ai jamais réussi à lui en vouloir, et je n’ai jamais eu peur de lui, car finalement, je sentais que ce demi-frère qu’on m’avait caché depuis toujours était quelqu’un de bien. »

Un long silence s’installa après les derniers mots de l’humaine. Naminé ne savait pas quoi dire ou faire face à une telle histoire ; savoir que Xion et Vanitas avaient appris l’existence de l’un et de l’autre suite à un tel drame, c’était horrible. Seulement jamais elle n’aurait pu deviner qu’ils cachaient tous les deux une histoire aussi terrible.

« Voilà toute l’histoire, déclara-t-elle simplement, avant de passer à un tout autre sujet. Je vais retourner en ville, sinon ma disparation paraîtra étrange, vu que j’ai promis à une amie d’aller la voir. Tu pourras prévenir les autres ?
- Oui, je le ferai. »

Xion la remercia, puis sortit rapidement du manoir. Naminé, à ce moment là, décida de remonter dans la chambre de Vanitas –elle laissa juste un mot pour Aqua, afin qu’elle ne s’inquiète pas de la disparition de l’humaine.
Après ça, elle monta les escaliers, et se dirigea vers la pièce où était Vanitas ; elle entra doucement à l’intérieur, pour ne pas risquer de réveiller le garçon, approcha la chaise du bureau vers le lit, et s’y installa.
Elle prit la main gauche du garçon dans la sienne, et constata que la température du corps du garçon était enfin redevenue normale.

Seulement le voir dormir si paisiblement rappela à Naminé l’histoire que Xion venait de lui raconter ; elle serra un peu plus fort la main de Vanitas sans même s’en rendre compte.
Jamais elle n’aurait pu se douter de tout ce qu’avait pu vivre Vanitas jusqu’à devenir celui qu’il était maintenant. Le pire, sans doute, c’était qu’elle ne pourrait pas en parler avec lui, car elle n’était pas censée être au courant –mais peut-être qu’un jour, il aurait la force de le lui raconter ?

Fatiguée, elle laissa tomber sa tête sur le matelas, mais ne lâcha pas la main de Vanitas. Ses paupières étaient lourdes ; mais vu le stress accumulé ces dernières heures, et le jour qui se lèverait sans doute bientôt, ce n’était pas étonnant que son corps finisse par capituler.
Elle se laissa emporter par le sommeil, et espérait de tout cœur que lorsqu’elle se réveillerait, Vanitas le serait aussi.

***

Quand Ventus parvint à ouvrir les paupières, ce fut sur une pièce sombre, aux volets fermés –mais il faisait certainement jour, dehors. Il n’eut pas le courage de se lever tout de suite, alors il passa simplement un regard autour de lui.
Il était dans une chambre, ça c’était certain, mais il ne comprenait absolument pas comment il pouvait être à un tel endroit. Il se souvint très bien que la dernière fois qu’il avait réussi à revenir à lui, c’était dans un hangar ou quelque chose de ce genre.

Quand, en songeant à cela, il pensa à Roxas et Vanitas, qui étaient à ses côtés à ce moment-là, et qui subissaient eux aussi d’innombrables tortures –pire que les siennes, d’ailleurs.
Il se redressa sur son lit trop brusquement et fut immédiatement pris de vertiges, qu’il ignora ; il était bien trop inquiet pour son jumeau et son ami.

Il s’apprêta à se lever de son lit, quand cette fois, il entendit la porte juste en face de lui s’ouvrir.
Il observa l’arrivante qui n’était autre qu’Aqua, qui s’approcha de lui, rassurée, mais surtout contrariée.

« Ven, tu devrais rester couché ! »

Après ces quelques mots, elle prit le garçon par les épaules, pour le forcer à se réinstaller correctement pour se reposer.
Le garçon ne se laissa pas beaucoup faire au début, mais capitula bien vite en se rendant compte que son corps n’avait pas encore pu récupérer toutes ses forces.
Une fois couché, il reprit son souffle, et observa Aqua ; il ne pouvait pas vérifier par lui-même, alors autant demander à la vampire -qu’il avait éduqué- en face d’elle l’état de Roxas et de Vanitas.

« Comment vont-ils ? Demanda t-il.
- Ils vont bien, répondit la jeune femme, qui avait tout de suite compris à qui le blond faisait allusion. Ils se sont tous les deux réveillés un petit moment, et ils n’ont plus de fièvre, pour l’instant. »

Ventus soupira de soulagement ; savoir que les deux autres demi-vampires étaient saufs le rassura suffisamment pour qu’il obéisse à Aqua, qui lui demandait de se reposer, même s’il était celui qui s’en sortait le mieux, il valait mieux éviter une perte d’énergie inutile.

Seulement il n’arrivait pas à retirer les images de sa tête, où son jumeau et son meilleur ami se faisaient torturer ; à cause de ça, Ventus avait bien failli parler et dire ce qu’il savait sur les autres demi-vampires, mais lors d’une montée d’adrénaline Roxas avait, heureusement, réussi à le faire taire.

« Ils vont vraiment s’en sortir, pas vrai ?
- Si je te le dis, répondit Aqua, amusée. Allez, repose-toi, tu en as besoin. »

Le blond n’eut pas besoin qu’on le lui répète deux fois ; ses paupières étaient devenues lourdes, et rester éveillé relevait du supplice.
Aqua ne sortit de la pièce qu’au moment où elle était sûre que le demi-vampire s’était rendormi. Ce fut dans le couloir, juste après avoir refermé la porte de la chambre, qu’elle vit que Riku l’avait rejointe.

« Comment va-t-il ?
- Bien, il s’est réveillé, mais comme pour Roxas et Vanitas, il faudra qu’il se nourrisse au plus vite, sinon Xion, lorsqu’elle reviendra, risquera d’être en danger.
- Je vois, répondit simplement l’argenté. Et Naminé, où est-elle ?
- Dans la chambre de Vanitas, je pense, déclara Aqua. Elle m’a juste laissée un mot tout à l’heure pour me dire où était Xion. »

Le garçon ne rajouta rien d’autres, et descendit rejoindre Kairi. Aqua, quant à elle, décida d’aller voir si sa supposition était exacte ; elle traversa le couloir, et atteignit rapidement la dernière porte, qu’elle ouvrit doucement.
Lorsqu’elle vit Naminé dormir près de Vanitas en lui tenant la main, la jeune femme ne put s’empêcher de sourire, attendrie. Elle décida de déplier la couverture posée au pied du lit, et de la mettre sur les épaules de Naminé, pour qu’elle n’attrape pas froid.

Elle sortit ensuite de la chambre, en passant toutefois un dernier regard, vers les deux autres ; elle esquissa un léger sourire, avant de définitivement sortir de la pièce.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [Two-Shot] Nouvelle vie   Jeu 6 Déc - 11:01

Quand Vanitas parvint à ouvrir les yeux à nouveau, ce ne fut qu’un monde flou qui s’offrit à lui –il soupira intérieurement. Depuis son précédent réveil, sa vision ne s’était pas améliorée, et ça l’énervait de ne voir que des tâches floues.
Enfin, il ferma les yeux, et essaya de se concentrer plutôt sur les odeurs présentes. Sans difficulté, il sut que Naminé était dans les parages –et sans savoir pourquoi, il ne fut même pas étonné de la savoir dans cette pièce.

Seulement il n’avait pas le temps de s’éterniser là-dessus ; il devait à tout prix réussir à récupérer toutes les fonctionnalités de son corps qu’il ne parvenait toujours pas à bouger –c’était à peine s’il le sentait, en fait.
Il se concentra, et finit par sentir une légère pression au niveau de sa main gauche… qu’est-ce que cela pouvait bien être ?
Il tenta de bouger son membre, mais ce fut un échec ; son cerveau n’arrivait pas encore à intégrer et à effectuer les ordres donnés.

Il avait pourtant réussi à bouger –un peu- lorsqu’il s’était réveillé la dernière fois… Il ne comprenait pas trop la logique de son corps, sur le moment, mais en tout cas il le maudissait.
Il tenta à nouveau d’ouvrir les yeux, mais le monde qui l’entourait était toujours aussi flou ; il bougea tout de même doucement la tête vers sa main gauche, et put voir une tâche jaune.
Il se concentra suffisamment –au point où ses tempes commencèrent à le brûler- pour réussir à avoir une meilleure vision, rien qu’un petit moment.

« Naminé ? »

C’était sorti tout seul, sans qu’il ne comprenne pourquoi –en tout cas, il arrivait à parler, même si rien n’était encore vraiment net autour de lui, et que son corps refusait d’effectuer le moindre mouvement, et c’était toujours ça de pris. Et même s’il était fatigué, c’était supportable, pas comme tout à l’heure.

L’interpelée, quant à elle, sembla réagir, car Vanitas la vit légèrement se redresser.
Même s’il ne put distinctement le voir, il sentit que la blonde lui souriait ; il sourit à son tour, mais de la manière narquoise dont seul lui détenait le secret.

« Je t’ai manqué à ce point ? Souffla-t-il.
- Non, mais tu m’as beaucoup inquiétée, répondit-elle, simplement. Est-ce que ça va aller ?
- T’en fais pas pour moi. »

Après tout, Naminé ignorait que Vanitas ne parvenait pas encore à bouger, et que sa vision s’obstinait à rester floue ; la seule chose qu’elle pouvait vraiment constater, c’était cette lueur rouge dans les yeux du blessé.
D’un côté, heureusement que Xion ne pouvait se permettre de rester dans le manoir ; elle était ainsi protégée, le temps que les trois demi-vampires retrouvent leur force pour pouvoir chasser.

Vanitas ne pouvait pas voir clairement l’expression de la blonde, mais il pouvait sentir que quelque chose la tourmentait.
Il tenta de s’asseoir ; mais en vain. S’il voulait réaliser ce mouvement, il devrait demander de l’aide –seulement il détestait dépendre des autres. Il abandonna bien vite l’idée de se redresser sur son lit.
Mais au moins il parvenait à rester éveillé malgré la fatigue, et il devait sans doute s’en estimer heureux.
En plus de cela, et même s’il ne pouvait pas encore faire de gestes trop importants, il arrivait à sentir chaque membre de son corps ; mais plus il reprenait pied à la réalité, plus il se rendait compte que ses instincts de vampires, eux, restaient bien vivaces malgré son état physique désastreux.
Vanitas comprit bien vite pourquoi Naminé paraissait si inquiète pour lui ; sans doute pensait-elle que la soif du garçon lui ferait perdre le contrôle, comme ça lui était arrivé à elle, il y avait quelques jours.

« No stress, boucle d’or, déclara-t-il finalement. Ca ira, j’arrive à me maîtriser, depuis le temps. »

Naminé n’eut aucun mal à savoir de quoi parler Vanitas en prononçant cette phrase. Mais une fois de plus, elle ne put s’empêcher de détourner la tête –encore une fois le garçon avait su lire en elle comme dans un simple livre ouvert.
Comment faisait-il ?
Enfin, là n’était pas le plus important ; elle se rendait finalement compte que Vanitas ne l’avait pas une seule fois regardé dans les yeux, et qu’il n’avait pas effectué le moindre mouvement –à part de légers avec la tête.

« Tu es sûr que ça va ?
- Pourquoi tu me demandes ça ? »

Peut-être qu’elle faisait fausse route, qu’elle s’inventait toute une histoire et qu’elle s’inquiétait pour rien, mais… elle devait en être sûre, quitte à passer pour une pauvre fille qui s’inquiète pour un rien.

« Ce n’est pas dans tes habitudes de ne pas regarder dans les yeux une personne qui te parle, commença-t-elle, en surveillant le ton employé, pour éviter que le garçon ne se moque d’elle. Et puis, même blessé, tu cherches toujours à te relever, alors que là, rien… »

Sur le coup, Vanitas ne sut pas quoi dire ou faire, tellement il avait été surpris par le raisonnement de Naminé. La jeune fille le connaissait finalement mieux qu’il ne le pensait, ou avait en tout cas un très grand sens de l’observation. Il finit par sourire ; non, vraiment, il n’allait pas s’ennuyer avec cette vampire.

« Ca va devenir embêtant si je n’arrive à rien te cacher, déclara-t-il dans un soupir faussement ennuyé.
- Je te signale que moi non plus, je n’arrive pas à te cacher quoique ce soit, répondit-elle, simplement.
- C’est parce que toi t’es pas douée, c’est tout. »

Un silence, puis un échange de sourire. Naminé entreprit ensuite de retirer le gant de toilette qu’elle avait posé il y avait quelques heures sur le front de Vanitas –après tout, il n’en n’avait plus besoin, maintenant.
La blonde se leva ensuite de la chaise où elle était installée, et remit correctement la couverture sur le corps du demi-vampire.

« Tu vas faire quoi, maintenant ? Demanda celui-ci.
- Je ne sais pas encore… Il fait jour, donc je ne peux pas faire grand-chose.
- Bah… Tu peux rester si tu veux, déclara-t-il, alors qu’il réussit à hausser les épaules. Je m’ennuie, de toute façon. »

La proposition étonna quelque peu Naminé, qui ne sut quoi répondre ; devait-elle accepter ou refuser ?
Vanitas, dont la vision était un peu revenue, vit l’hésitation sur le visage de la blonde.

« Hey, je t’ai juste demandé si tu voulais rester avec moi, pas de m’épouser, déclara-t-il sur ce ton moqueur qui lui était si propre. T’as du mal avec les choix toi. »

A cette remarque, Naminé rougit, gênée, mais finit par accepter la proposition du garçon ; elle se réinstalla sur la chaise qu’elle venait de quitter.
Un silence naquit, mais Vanitas décida de le rompre rapidement, le trouvant bien trop lourd.

« Au fait, comment vont Ventus et Roxas ?
- Bien, ils se rétablissent doucement, comme toi.
- Alors pourquoi tu parais toujours aussi inquiète, si tu sais qu’on va s’en sortir ? »

Elle aurait dû se douter que le garçon finirait par poser cette question. Elle tordit nerveusement ses doigts entre eux, et baissa la tête -elle ne savait pas vraiment par quoi commencer.

« Maintenant que vous êtes découverts, vous ne pourrez plus jamais retourner en ville… Et vous serez pourchassés, comme nous…, murmura-t-elle. Ca ne vous fait rien d’être exilés de la sorte ? »

Cette fois, Vanitas fut pris de court ; il n’avait même pas réfléchi à ça, alors qu’il était vrai qu’il ne pourrait plus jamais vivre « comme avant ».
Il eut un léger sourire triste, et fixa finalement le plafond avant de fermer les yeux –la fatigue reprenant peu à peu ses droits.

« Bah, on s’adaptera, déclara-t-il simplement. On a toujours fait comme ça. Les vampires comme les demi-vampires ont toujours été des êtres condamnés à fuir ou à se cacher, de toute façon. »

C’était la première fois que Naminé sentait une telle tristesse dans la voix de Vanitas. Pourquoi avait-elle posé cette question maintenant, alors que le garçon ne s’était même pas encore rétabli de toute la souffrance qu’il avait endurée à cause des humains ?
Sans qu’elle ne sache pourquoi, elle commença à sangloter silencieusement –mais évidemment, le garçon l’entendit.

Il fit l’effort de rouvrir les yeux, se fit du mal et rassembla le peu de force qu’il avait pu finalement récupérer, pour pouvoir s’appuyer surs ses bras tremblants, mais qui ne lui obéissaient encore qu’à moitié.
Seulement s’installer dans cette position le fatigua énormément, et il dut vraiment prendre sur lui son vertige pour pouvoir rassurer la jeune fille, qu’il attira contre lui à l’aide d’un seul bras. Il lui murmura doucement dans l’oreille.

« Tu n’as pas à t’en faire pour moi, souffla-t-il doucement. Je réussis toujours à m’en sortir, et j’aiderai Roxas et Ventus si eux, ils n’y arrivent pas.
- Je suis désolée Vanitas…, déclara-t-elle tout de même. Si tu ne m’avais pas rencontré… Rien de tout cela ne serait arrivé…
- Et toi, tu aurais perdu ton humanité. –il l’éloigna de lui, juste suffisamment pour pouvoir la regarder dans les yeux- C’est ce que tu aurais voulu ?
- Je… Non… Bien sûr que non, mais…
- Alors arrête de dire des conneries pareilles, ok ? Coupa-t-il. »

Il reprit un instant Naminé dans ses bras, rien que pour être certain que ses sanglots finissent par totalement disparaître ; seulement il fit l’erreur de fermer les yeux.
La blonde, légèrement calmée, sembla se rendre compte que quelque chose n’allait pas chez Vanitas. Elle sentit que le corps du garçon s’était alourdi, et que l’étreinte du bras qui la maintenait contre le torse du demi-vampire s’était desserrée.

Elle se sépara doucement de Vanitas, et put constater qu’il s’était endormi. Elle le réinstalla alors rapidement et correctement sur le lit, honteuse d’avoir forcé le garçon à faire autant d’effort pour elle, au point d’en être rapidement épuisé. Pourtant, elle ne put s’empêcher de sourire tout de même, touchée par ce qu’il avait fait pour la rassurer.

« Repose-toi bien, murmura-t-elle. »

Seulement, et à peine sortie de la chambre, Naminé perçut une agitation à l’étage en dessous, qui ne lui valait rien qui vaille.
Elle descendit l’escalier le plus rapidement possible, mais ce qu’elle vit l’horrifia.

Aqua et Riku étaient inconscients avec plusieurs pieux en bois plantés dans leur corps inerte, tandis que Kairi se débattait difficilement avec les trois humains, qui avaient fait irruption dans le manoir.
La porte d’entrée, quant à elle, n’avait même pas été fermée, laissant ainsi entrer l’aube naissant qui, heureusement, leur était beaucoup moins néfaste que le grand jour.

Elle ne réfléchit pas très longtemps, et fonça rapidement sur l’un des humains, qui ne la vit pas venir. Mais au moment où Naminé voulut planter ses crocs dans la gorge de l’autre homme, celui-ci réussit à se défendre au dernier moment en plantant son dernier pieu en bois dans le bras de la blonde, qui s’éloigna, retenant difficilement un cri de douleur.

Ce qu’elle n’avait pas vu, c’était que les autres humains avaient finalement réussi à mettre Kairi hors d’état de nuire ; elle était à peine consciente et ne pouvait qu’observer, horrifiée, les trois humains surentraînés entourer Naminé, ne lui laissant aucun échappatoire.

Naminé, se rendant finalement compte de l’impasse dans laquelle elle se trouvait, essaya de paraître la plus menaçante possible ; il fallait qu’elle arrive à se débarrasser des humains, avant qu’ils ne découvrent la présence des trois demi-vampires, à l’étage. Après, qu’elle soit dans un mauvais état à la fin lui importait peu ; elle se devait de protéger Vanitas et les deux autres, quel qu’en serait le prix.

Mais malgré sa force, elle ne réussit pas à se débattre très longtemps lorsque les trois chasseurs de vampires décidèrent de s’attaquer à elle. Elle finit par terre, alors que l’un des humains appuya son pied sur son dos, comme pour fêter sa victoire.

« Elle est quand même vachement mignonne, cette vampire, on la ramène ?
- Hm, pourquoi pas, après tout on a de très bon moyen de les affaiblir dans notre ville, déclara un autre.
- Nous ferions mieux de nous dépêcher de partir, alors, car sinon, elle va nous cramer entre les doigts, vu que le jour se lève, constata le troisième. »

Sans plus de cérémonie, les deux premiers humains à avoir parlé forcèrent leur prisonnière à se lever, malgré les différents pieux plantés en elle, l’empêchant totalement de se débattre, la douleur de ses blessures étant beaucoup trop récentes.
Et puis, au fond, elle n’en n’avait que faire, de ça ; après tout, les humains partaient immédiatement grâce à elle.
Elle se laissa emporter, sans même chercher à lutter. De toute façon, si elle le faisait, elle n’aurait nulle part où aller, mis à part ce manoir ; mais si elle y retournait, elle mettrait Vanitas en danger, et elle ne voulait pas ça.

Seulement quand elle sentit les rayons du soleil sur sa peau, même s’ils étaient encore faibles, ça lui fit affreusement mal. Elle ferma les yeux, et tenta de respirer calmement, malgré la douleur.
Elle ne devait pas montrer à quel point elle souffrait aux humains ; si elle le faisait… Elle n’osait même pas imaginer ce qu’elle pourrait subir –sans doute la laisseraient-ils brûler sous le soleil, car ce n’était pas un « trophée de chasse » assez honorable, car trop faible.

Les rares fois où elle ouvrait les yeux, c’était parce que l’un des humains appuyait sur l’un des pieux dans son corps, afin de la forcer à accélérer le pas.
Mais durant ses rares moments où elle voyait le monde, elle observait chaque ombre qui, au fur et à mesure, prenait de l’ampleur, tandis que les rayons du soleil augmentaient la douleur au niveau de ses blessures –mais elle savait très bien que ça ne s’arrêterait pas à là, et que bientôt, tout son corps souffrirait.

« Putain, on se tape un vampire vraiment merdique…, soupira l’un des humains. On ferait mieux de la laisser crever là, on la ramènera jamais vivante.
- On pourra toujours retourner dans ce manoir à la tombée de la nuit prochaine, pour chercher l’une des deux autres filles, déclara un deuxième.
- Bonne idée. »

Naminé ne pouvait pas y croire… Alors le sacrifice qu’elle avait tenté de faire n’avait finalement servi à rien ? Les trois humains allaient tout de même retourner dans ce manoir, et trouver Vanitas ainsi que les deux autres demi-vampires ?
Quand elle sentit qu’elle percuta violemment le sol, elle ne put s’empêcher de lever un regard vers les trois personnes qui s’éloignaient déjà rapidement.

Elle frissonna, alors que le soleil montait inexorablement dans le ciel, menaçant de la tuer à tout moment.
Alors c’était comme ça qu’elle allait finir ; mourir brûlée, simplement, comme ça ?
Sans avoir jamais rien fait de bien depuis qu’elle était devenue vampire ? Sans jamais avoir pu faire ses preuves à celui qui l’avait hébergé, et surtout aidé ?
Non… Elle ne pouvait pas se permettre une telle chose ! Pas après tous les efforts qu’avait fait Vanitas pour qu’elle ne perde pas son humanité !

Elle tenta de se redresser, malgré les nombreux pieux dans son dos, et ce soleil qui commençait à la brûler ; elle observa ensuite autour d’elle, dans l’espoir de trouver un quelconque abri, et crut au miracle lorsque son regard tomba sur une vieille cabane qui paraissait abandonnée.

Avec difficulté elle se releva, puis fixa la bâtisse qui se trouvait à quelques dizaines de mètres ; elle espérait vraiment que le soleil l’épargnerait jusqu’à ce qu’elle puisse atteindre cet abri.
Chancelante, elle observa le sang qui ruisselait sur ses vêtements clairs pour tomber sur l’herbe qui se teintait rapidement de rouge là où elle marchait.
Pourtant, et sans comprendre pourquoi, elle sourit faiblement.
Vanitas n’allait pas être très content de constater qu’elle avait souillé -au bout de quelques jours à peine- les vêtements qu’il lui avait achetés.

Enfin, ce ne serait sans doute qu’un détail parmi d’autres. Pour le moment, elle devait se concentrer sur sa marche, et ne pas flancher.
Seulement, plus elle avançait plus elle se sentait partir –elle n’avait même pas la force d’au moins retirer le pieu dans son ventre, et celui dans son épaule alors que, et contrairement à ceux qu’elle avait dans le dos, ils étaient accessibles.

Pourtant, et malgré tout, elle finit tout de même par atteindre la cabane. Elle s’appuya un moment sur la boiserie, et tâtonna derrière elle pour trouver la poignée. Quand ce fut fait, elle l’abaissa, mais n’avait pas prévu sa chute vers l’arrière –elle tomba, mais réussit à le faire sur le côté, pour éviter de tomber sur le dos, là où se trouvaient les quelques pieux que les humains lui avait implantés sans douceur.

Après avoir repris un minimum ses esprits, elle poussa la porte à l’aide de ses pieds, pour réussir à la refermer.
Ce fut ensuite avec beaucoup de peine qu’elle atteignit le fond de la cabane, au cas où si quelqu’un entrerait, qu’elle soit tout de même hors d’atteinte des rayons du soleil.

Couchée sur le côté, elle sentit ses dernières forces la quitter –elle ferma les yeux. Elle était en vie, et hors d’atteinte des rayons du soleil ; et lorsqu’elle se réveillerait dans quelques heures, elle arriverait sans doute à retirer ces pieux qui la faisaient tant souffrir, et réussirait à faire ses preuves en retournant au manoir pour prévenir les autres du retour des humains.
En pensant à tout cela, elle ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire, avant de laisser la fatigue l’emporter complètement.

***

Quand Vanitas se réveilla, la première chose qu’il constata c’était que Naminé n’était plus présente dans la pièce –d’ailleurs, il avait un mauvais pressentiment à ce sujet.
La deuxième chose qu’il remarqua, c’était que sa vision avait fini par totalement revenir.
En tentant de se redresser, il fut agréablement surpris de voir que son corps répondait presque correctement à tous ses ordres.

Une fois qu’il eut réussi à s’asseoir, il passa un regard autour de lui, puis observa vers la fenêtre aux volets fermés –vu la légère lueur qui brillait à travers ceux-ci, il supposa bien vite qu’il faisait jour.

Il tenta cette fois de se lever ; il chancela lors de ses premiers pas, mais parvint tout de même à se créer un équilibre, bien que précaire.
Il se dirigea vers la porte, et l’ouvrit rapidement à la volée. A cet instant, la première chose qui le frappa, c’était cette odeur de sang. Mais pas de n’importe quel sang ; c’était du sang de vampire.

Grâce à une montée d’adrénaline, il parvint à faire abstraction de ses douleurs, ainsi que de son équilibre quelque peu précaire, pour réussir à descendre les escaliers.
Seulement le spectacle auquel il assista le figea un moment sur place ; Kairi, Aqua, comme Riku gisaient par terre.

Il s’agenouilla tout d’abord près de Kairi, lui retira les pieux qu’elle avait dans son corps, puis fit de-même avec les deux autres.
Peu de temps après, tous reprirent conscience. Vanitas aida alors Riku à se relever, tandis que les filles s’entraidèrent pour le faire.
Le demi-vampire les observera tour à tour, jusqu’à ce qu’il s’aperçut de l’absence de l’un d’entre eux.

« Où est Naminé ? Et qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? »

Les trois autres mirent un temps à reprendre totalement leur esprit, mais Kairi fut la première à réussir à ravoir les idées vraiment claires, et donc à répondre au garçon.

« Des humains sont venus nous attaquer, commença-t-elle. Ils étaient vraiment super entraînés, on a essayé de se défendre, mais ils nous ont pris de vitesse.
- Et Naminé dans tout ça ? Elle est où ? »

Kairi, sans s’en rendre vraiment compte, passa un regard sur la porte d’entrée fermée ; Vanitas n’allait pas du tout aimer ce qu’elle s’apprêtait à lui annoncer, mais elle n’avait pas le choix.
Elle tourna à nouveau son regard vers le demi-vampire, qui s’impatientait.

« Les humains l’ont emmenée dehors.
- … T’es sérieuse, là ? »

Vanitas tenta de déceler un mensonge dans les yeux céruléens de la rousse ; mais elle était affreusement sincère.
Naminé était dehors, alors qu’il faisait jour ?
C’était pas possible, il rêvait là, hein ? La blonde ne pouvait pas… Il devait la retrouver.
Il se dirigea vers la porte d’entrée, sans dire le moindre mot, mais Aqua l’attrapa par le bras pour le stopper.

« Tu ne peux pas y aller, il fait jour, et tu n’es pas encore rétabli !
- Je suis pas tout à fait un vampire, moi, je survivrai –il se dégagea violement- Je dois la retrouver, et tu ne m’en empêcheras pas.
- Alors prends au moins ça ! Déclara Kairi qui les avait rejoints, et qui tendait à présent son téléphone portable au garçon. Et tiens-nous au moins au courant. »

Vanitas ne prononça pas le moindre mot, mais mit tout de même le téléphone dans sa poche. Une fois que les deux vampires furent éloignés de la porte d’entrée, il ouvrit cette dernière, pour la refermer immédiatement derrière lui.
Les rayons du soleil l’agressèrent immédiatement, mais ce n’était pas ça qui l’arrêterait.
Naminé était intelligente, il allait forcément la retrouver dans un coin d’ombre, saine et sauve !
Malgré ses différentes douleurs, il se mit en route ; car quelque chose, au fond de lui, lui disait que Naminé était vivante –il suffisait juste de la trouver.

***

Quand Naminé réussit à reprendre connaissance, ce fut à cause du grincement de la porte en bois, qu’elle vit doucement s’ouvrir.
Par réflexe, elle recula légèrement, terrifiée ; les humains avaient sans doute décidé de la récupérer, et grâce au sang qui coulait de ses blessures, ils avaient facilement pu suivre sa trace pour la retrouver.

Malgré sa vision très peu nette, elle put voir que la porte n’avait été ouverte qu’à moitié –heureusement pour elle, car ainsi, les rayons du soleil ne pourraient pas l’atteindre.
Seulement elle savait qu’elle ne pouvait pas se réjouir, surtout lorsqu’elle vit cette ombre pénétrer dans la pièce, fermer la porte, et s’approcher d’elle rapidement. Elle ferma les yeux, prête à subir la prochaine torture que lui réservait cet humain qui l’avait retrouvée.

« Ca risque de faire un peu mal ce que je vais faire. »

… Cette voix… Naminé aurait pu la reconnaître entre mille. C’était Vanitas, la blonde en était certaine. Elle tenta de rouvrir les yeux, mais s’arrêta soudainement quand elle sentit qu’on la soulevait légèrement ; après ça, ce fut une vive douleur qui s’empara d’elle au niveau de son épaule, puis de son ventre, et enfin dans son dos.
Elle ne put empêcher quelques larmes de tomber, tandis qu’elle serra le t-shirt de celui qui avait provoqué cela.
Pourquoi Vanitas venait-il de lui faire subir une telle souffrance ?

« Désolé, je t’avais prévenu que ce serait pas super agréable. Mais ça devrait bientôt aller mieux, maintenant. »

Après cette phrase, et malgré ses yeux encore fermés, Naminé put sentir qu’on la recouchait, mais sur le dos, cette fois. Seulement pourquoi ne sentait-elle pas les pieux s’enfoncer à travers sa peau dans cette position ?
Quand soudain, et alors qu’elle arrivait peu à peu à réfléchir à nouveau correctement, tout devint clair. Vanitas venait tout simplement de retirer les morceaux de bois enfoncés dans son corps. Elle sentait déjà quelques-unes de ses forces revenir, et put rouvrir les yeux -sur un monde encore un peu flou, par contre.
Seulement elle ne comprenait pas ce que Vanitas faisait ici ; ne devait-il pas être en train de se reposer, suite à ce qui lui était arrivé ?

« Mais que fais-tu ici ? Demanda-t-elle en essayant de se redresser, très vite aidée par le garçon.
- J’ai appris ce qu’il s’était passé au manoir, donc je suis parti te chercher. »

Naminé, une fois sa vision revenue, observa le garçon dans les yeux ; elle se sentit immédiatement coupable lorsqu’elle vit cette fameuse lueur rouge dans le regard doré. A cause d’elle, il n’avait même pas pris le temps de boire. Elle baissa la tête –ce sentiment de culpabilité recommençait déjà à l’envahir.

« Je suis désolée… Par ma faute, tu n’as même pas pu te nourrir… »

Pour toute réponse, Naminé entendit un soupir. Vanitas la força à la regarder à nouveau –il fallait vraiment qu’elle réapprenne le sens des priorités, et aussi à arrêter de s’excuser à tout bout de champ.

« Tu crois vraiment que ça, ça passe avant toi ? Demanda-t-il après un silence. Te savoir en vie est bien plus important pour moi. »

Naminé fut énormément touchée parce que venait de dire Vanitas, et elle ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire.
Sans vraiment s’en rendre compte, elle se blottit dans les bras du garçon, qui resserra légèrement son étreinte sur la jeune fille.

« Tu es vraiment là…, murmura-t-elle, ce qui fit légèrement rire l’autre.
- Evidemment que je le suis, répondit-il simplement. Et dès que la nuit sera tombée, on retournera au Manoir. »

Seulement Naminé se souvint des paroles des humains avant qu’ils ne l’abandonnent, et éprouva immédiatement une énorme inquiétude. Ce n’était pas des paroles en l’air, elle le sentait.
Elle se redressa légèrement, et observa Vanitas d’un air inquiet.

« Avant de me laisser, les humains ont dit qu’ils reviendraient au Manoir…
- T’en fais pas pour ça, cette fois ils pourront pas nous avoir par surprise.
- Mais ils ont aussi dit que c’était parce que je n’étais qu’une faible vampire…, continua-t-elle, en baissant cette fois-ci la tête. Si j’avais été plus forte, ils ne seraient jamais revenus et…
- Et toi tu aurais été leur prisonnière, tu aurais été torturée jusqu’à ce qu’ils soient lassés de toi, et te tuent, rétorqua l’autre en prenant le menton de la jeune fille entre ses doigts, pour qu’elle le fixe à nouveau dans les yeux.
- Mais je ne vous aurais pas mis tous en danger ! –elle haussa le ton sans le vouloir- Depuis que je suis un vampire, je ne fais que des erreurs, je n’ai jamais fait la moindre chose qui aurait pu aider, je n’ai fait qu’apporter des ennuis, et je ne te laisse même pas te reposer, ni même boire, alors que tu en aurais besoin ! Je suis tellement pathétique… »

Elle commença à fondre en larmes, et bégaya des phrases cette fois-ci incompréhensibles, que Vanitas ne chercha pas très longtemps à comprendre.
Mais plus il entendait les pleurs et les plaintes de Naminé, moins il supportait de voir la jeune fille se mettre dans un état pareil pour des choses totalement infondées, et surtout fausses.

Il réfléchit une fraction de seconde, jusqu’à trouver la solution parfaite ; et même si c’était totalement insensé… Si c’était la seule chose qui pourrait vraiment calmer Naminé, il le ferait.

Sans hésiter un seul instant, Vanitas approcha le visage de Naminé aux siens, et scella ses lèvres contre celles de la jeune fille. Celle-ci finit par entrouvrir ses yeux embués de larmes sous l’étonnement, jusqu’à ce qu’elle se rende compte de ce qui était en train de se passer –elle referma ses paupières presque machinalement.

Ce contact, pourtant, ne dura que très peu de temps, et la blonde regretta presque le moment où Vanitas se sépara d’elle.

« Calmée ? »

A cette question, Naminé osa relever son regard vers Vanitas, qui affichait un air neutre –pourtant, et s’il ne faisait pas aussi sombre, elle serait presque en mesure de distinguer de la gêne sur le visage du garçon.
Toutefois, la raison du geste qui avait forcé Vanitas à faire une telle chose lui revint, et elle détourna la tête, honteuse.

« Je suis désolée… Je n’aurais pas du dire ça, je…
- Ce n’est pas grave, coupa-t-il. Tu vas te reposer, et quand tu te réveilleras ce soir, ça ira mieux.
- Mais… et toi ? Tu devrais te reposer aussi…
- Hm, pas fatigué… et pis je dois d’abord envoyer un SMS aux autres, sinon ils vont encore s’inquiéter pour rien. »

Pour prouver ses dires, il chercha le téléphone qu’il avait mis vite fait dans sa poche quand Kairi lui avait donné, et commença à pianoter dessus. Seulement Naminé pouvait sentir que ce n’était pas la seule raison qui empêcherait Vanitas de dormir –sa soif devenait sans doute insupportable. Naminé, à ça, se promit qu’à la nuit tombée, ils chasseraient ensemble.
Ils finirent par s’adosser au mur, tandis que la blonde se blottit contre le garçon, qui l’observa simplement du coin de l’œil.

« Je leur donne rendez-vous ici quand il fera nuit, pour éviter qu’ils ne soient attaqués par les humains à nouveau. »

Après quelques rapides échanges SMS, ils purent également apprendre que Ventus et Roxas s’étaient à leur tour rétablis, et qu’ils viendraient donc tous ensemble aux coordonnées que leur avait fournies Vanitas.

« Quand la nuit sera tombée, commença le garçon. Et après qu’on ait retrouvé les autres, on devra sans doute à nouveau tous se séparer. »

Naminé releva légèrement la tête aux derniers mots prononcés. Où Vanitas voulait-il en venir ? Le garçon sembla comprendre la question muette de la jeune fille, et reprit donc la parole.

« Tu es devenue un bon vampire, Naminé. Tu peux donc vivre comme bon te semblera, partir là où tu voudras. Tu n’as plus besoin d’un guide. »

Naminé eut du mal à comprendre… Vanitas n’était pas en train de sous-entendre qu’elle pouvait le laisser seule, et vivre sa propre vie, tout de même ?
Pas après ce qu’ils avaient tous les deux vécu et traversé ensemble !
En plus de cela, ils venaient de s’embrasser ; ils ne pouvaient donc pas abandonner l’autre, c’était impossible.
Elle se redressa, et regarda Vanitas droit dans les yeux, en essayant de montrer toute sa détermination.

« Je ne partirai nul part sans toi, déclara-t-elle. Et ce soir… Je veux chasser à tes côtés. Pas seule, pas avec quelqu’un d’autre… Juste avec toi. »

Cette déclaration sembla surprendre le garçon, qui ne s’attendait vraiment pas à une telle réponse. Il finit toutefois par sourire, et força simplement Naminé et se blottir à nouveau contre lui –ce que la jeune fille fit sans problème.

« Tu serais prête à entièrement abandonner la ville et ton pays dans lesquels tu as grandi pour venir avec moi ?
- Oui, et tu ne pourras pas me faire changer d’avis. »

Il sourit.

« Alors repose-toi. Car les premiers mois de cette nouvelle vie ne seront pas de tout repos. »

Naminé sourit à son tour, et ferma les yeux.
Et qu’importe les obstacles et la difficulté qu’ils affronteraient lors de cette « nouvelle vie ». Tant qu’ils seraient ensemble, le reste n’avait aucune importance.

_________________
« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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