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 [Fanfiction] High School : Jack Mould [+18] [Hiatus]

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MessageSujet: [Fanfiction] High School : Jack Mould [+18] [Hiatus]   Sam 16 Juin - 1:31

H

    Titre : HIGH SCHOOL : JACK MOULD
    Monde : UA
    Genre : Romance, Horror, Angst, Humor
    Personnages : Sora et Riku
    Pairing : YAOI, SoRiku
    Statut : Hiatus (pour le forum. Sur ff.net, elle est en statut "terminée").
    Disclaimer : Les personnages appartiennent à Kingdom Hearts, et l'histoire à mon inconscient qui refuse de m'en donner les droits, le bougre.
    Rating : M
    Résumé : Jack Mould est un lycée où des élèves atterrissent sans réellement comprendre pourquoi. C'est un jeu, où l'unique but est de survivre. Entre les homicides humains, et les assassinats de choses sans réelles identités, la victoire est dure à obtenir… 290 jours à tenir. L'histoire tourne autour de Riku, unique survivant de l'année précédente. Romance, humour, et horreur au rendez vous!
    Remarque : Jack Mould, c'est pas de ma faute, c'est à cause d'une amie, donc oui c'est ridicule et ça signifie "moule" en anglais (pas le fruit de mer, juste le moule du gâteau) mais tant pis, y'a de l'humour dans c'te fanfic malgré tout xD Et ensuite, l'idée principale vient d'un rêve que j'ai fait (d'où la propriété à mon inconscient détraqué, ouip).


Jour 1

Si j'avais gagné ma liberté, l'année précédente, je n'en avais pas pour autant retrouvé ma vie : j'étais mort. Mort, comme ces centaines de nouveaux lycéens qui étaient en train de se demander ce qu'ils foutaient ici. Du moins, certains étaient ravis : ils avaient été accepté dans un lycée apparemment réputé, vu la beauté de son architecture. D'autres l'étaient moins : loin de leurs amis, de leur maison, ils ne savaient même pourquoi ils étaient là. Uniquement que leurs parents ne les avaient pas amenés au bon endroit.

Personnellement, l'an dernier, j'étais plutôt ravi. Je suis un bon élève, en recherche d'un lycée intéressant à intégrer pour la suite de mes études. Et là, l'ouverture de l'accès à ce lycée n'avait que pu me plaire. Jusqu'à ce que j'en découvre les véritables fonctions. Sa véritable histoire. Jusqu'à quel point mon avenir avait été bousculé.

Une note, punaisée, était affichée sous le nom gravé du lycée. Et vu l'état catastrophé de certains, ils viennent de comprendre ce qui les attendait. Du moins, ils pensent comprendre… aah, ce frisson de délice.

« Bienvenus au lycée Jack Mould.
Survivant de l'année précédente : Riku Suzuki.
Vous suivrez un cursus de cours normal à votre niveau. Les chambres sont attribuées dans le hall par ordre alphabétique. Il n'y a aucune possibilité de changement. Les plaintes et les jérémiades ne seront pas prises en compte, voir même punies d'une sanction sévère.

Vous ne pouvez pas quitter l'enceinte du lycée. Celui-ci contient suffisamment de divertissements pour que vous n'ayez pas besoin de sortir.

Les règles du jeu sont les suivantes :
- les armes à feu sont interdites. Sinon, vous vous en prendrez une entre les deux yeux.
- les meurtres multiples ne sont pas tolérés non plus. Le jeu doit pouvoir durer au minimum 290 jours.
- le survivant n'a le droit de protéger qu'une seule personne, si l'envie lui fait. Sinon, il peut jouer en solitaire. Mais il n'a pas droit à plus.
- l'accès aux couloirs extérieurs est déconseillé en étant seul.
- la totalité des péchés est autorisée. Vous êtes libres de vos pulsions, mais merci de respecter les lieux.

Les sanctions sont données uniquement par les surveillants. Les professeurs n'ont droit qu'à votre respect. En cas de manque de respect, ils peuvent vous envoyer chez le proviseur, qui se chargera de votre sanction.

Bien sûr, le but est de survivre. Bon courage, et amusez-vous bien ! »

Quel plaisir, de voir son nom ainsi écrit. Les règles n'avaient pas changé. Excepté la prévention quant aux couloirs – combien de pauvres types innocents y avaient perdu bêtement la vie ?

« Je suppose que le survivant va se faire harceler. Sauf que ça doit être un type solitaire et associable, j'parie. Ou avec des grands airs, donc insupportable. Tu ne penses pas ? »

« Tu parles à n'importe qui, toi ? » je demande, le gamin ayant attiré mon attention. Non, franchement, avec ses grands yeux bleus débordant d'innocence, on a du mal à l'éviter. Surtout dans ce genre de jeu glauque.

« Je ne connais personne. Toi, si ? » Je ne réponds pas, cette fois-ci. Il soupire. « Pardon, c'est stupide. Personne ne se connaît, ici. Pourquoi on est là ? »

« Parce qu'une folle s'ennuyait, et a récupérer quelques pauvres gamins pour les voir se faire bouffer. Tu n'as pas peur ? »

« Je ne m'en rends pas vraiment compte. C'est peut-être une mauvaise blague. Et toi ? »

« Je suis Riku Suzuki. » Il fronce les sourcils. Et voilà, il ne me croit pas. De la part d'autre, ça ne m'aurait pas dérangé. Mais là, j'ai plus ou moins une petite idée pour me l'approprier… parce que franchement, il m'intéresse pas mal. Puis, autant ne pas refaire une année inutilement. Autant s'amuser un petit peu. « Pourquoi je mentirai ? »

« Pourquoi me le dire, surtout ? »

« Parce que tu sais déjà qui je suis. J'ai un deal, pour toi. » Il ne répond pas. Il attend simplement que je continue. Et en m'approchant de son visage – mais conservant au moins deux centimètres d'écart entre nos lèvres –, je murmure : « deviens mon partenaire sexuel, et je serai ton protecteur. »

J'aime voir son regard complètement effaré. Choqué. Dégouté. Je souris, avant de glisser ma main contre sa joue, remontant légèrement son visage vers le mien – mais il me repousse brutalement contre un inconnu, horrifié. Je ne tiens pas compte de la bousculade, souriant de sa réaction.

« M-mais jamais ! C'est dégueulasse ! »

Cette fois-ci, certaines personnes nous regardent – du genre, celles pas trop traumatisées par l'annonce, ou qui n'y croient tout simplement pas.

« Dégueulasse ? Tu préfères mourir que succomber à la luxure ? Le sexe n'est pas une chose sale. Au contraire, je suis sûr que t'y prendrais vite ton pied, que tu gémi- »

Mais l'impact de sa main contre mes lèvres m'empêchent de continuer mon discours. Et à son regard brillant, je crois sincèrement l'avoir gêné. À moins que ça soit du fait que tout le monde ait pu entendre ? Ce qui me fait jubiler davantage, ce sont les commentaires écœurés des autres. J'ai hâte de les voir mourir, ou bien me supplier d'assurer leur sécurité…

« C'est bon, tais-toi ! » Je hoche la tête – et il me libère de ses mains, visiblement soulagé. Et s'emparant de mon poignet, il m'attire un peu plus loin de la foule – vers une petite fontaine, d'où coule une eau beaucoup trop claire pour être réelle. En fait, elle n'est juste pas potable. Et y'a des idiots qui la boivent. « Pourquoi j'accepterais ? Je ne suis pas gay. Du moins, qu'est-ce que j'ai à perdre, à refuser ? »

« La vie. Tu ne serais pas capable de foutre, ne serait-ce, qu'un simple taquet pour te défendre. Tu vas être dans les premiers à mourir. C'est tout. Je te propose la vie, contre ton corps. »

Il se mord la lèvre.

« Non… c'est dégueulasse. Je refuse. Je préfère mourir dans la dignité qu'être pourri par un bâtard comme toi. »

… quel… rejet… cruel. Pourtant, il ne me laisse pas l'occasion de répondre, qu'il s'en va. Seul. Ma brutalité m'a perdu. Et dire que je ne sais même pas son prénom… Quel dommage. Mais qu'importe.

J'ai bel et bien choisi le gamin que je voulais protéger. Juste qu'il ne le saura pas vraiment. Et que je n'aurais pas droit de profiter de ce qui me revient de droit, en toute logique.


Jour 2 – 7 : 58

« Pourquoi on ne doit pas aller dans les couloirs, seul ? »

Je ne réponds pas. Bien sûr, le Riku Suzuki que je suis a été prononcé par un des professeurs, et me voilà à découvert. Et j'ai bien dû supporter pendant une heure les « prends-moi, s'il te plaît ! » ou encore les « Je t'offrirai mon corps, si tu le désires ! ». Mais ça, je n'ai pas vraiment de mal à savoir de qui ça vient. Merci, le gamin d'hier.

Ou, au mieux, j'ai des questions sur la situation au lycée, dans le jeu. Certains n'y croient toujours pas, en fait. Ah, et une fille s'est suicidée ! Peut-être a-t-elle vu son premier « démon » ? Y'en a bien un qui court, et qui aime pousser les gens au suicide. Ou à succomber aux pires des péchés. Peut-être à coucher même avec eux.

Du moins, je dis démons, mais ces choses là sont tout simplement inidentifiables. Sous formes différentes – parfois humaines, mais ils sont rares -, on ne peut pas vraiment dire que ça soit quelque chose de ce monde. Peut-être pas de cet univers, j'espère, en fait.

« C'est mal, d'ignorer les gens, quand ils te parlent. Tu le sais, ça ? »

… cette voix… mais je n'ai pas le temps de me retourner, que l'arrivant en question vient de s'assoir à côté de moi. Le gamin d'hier. Bon sang, ça me ferait presque chaud au cœur. Mais je conserve une attitude stoïque – parce que, de toute manière, si je lui montre que je l'apprécie, il aura gagné. Et je veux son corps. Par n'importe quel moyen.

« Tu parles aux bâtards, toi ? »

« Faut bien. T'es le seul que dont je connaisse au moins le prénom. Ah, au fait, je m'appelle Sora. »

Sora… je ne lui réponds pas, reportant mon regard sur le professeur qui vient d'arriver – un type assez louche, en fait. Il a un peu une tête de pédophile. Ou de fou. De toute manière, c'est un prof de sciences, alors bon…

« Bienvenus à tous. Et… félicitation à celui que je revois. » Et merci, toute cette putain de classe se retourne vers moi. Sauf les deux imbéciles qui cherchent encore à savoir qui je suis – mais qui ne tardent pas à comprendre. « Certes, cela ne justifiait pas un divertissement. »

« Tu es vraiment gay ? » Je fronce les sourcils, jetant un rapide coup d'œil à Sora, apparemment pas décidé à suivre le blabla du professeur. Assez suicidaire, celui-là. Et puis qu'est-ce qu'il fiche en terminal, lui ? Il a une tête de… de gamin ! Collège, seconde, mais pas terminal, non ! « Fin, j'veux dire. Les filles, ça ne t'intéressent pas du tout ? »

« Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » je murmure, cherchant désespérément à suivre d'une oreille le résumé du prochain thème que nous aurons – parce qu'avec Sora à mes côtés, ça va être dure à comprendre ne serait-ce le sujet…

« J'te comprends pas. Fin, j'comprends pas comment on peut désirer un- »

« Ta gueule ! » Merde, je ne sais pas ce qui me retient de lui exploser sa jolie bouille contre le bureau. Ah, euh, sa jolie bouille peut-être. « Y'a un truc que t'as pas pigé ? T'as pas juste une heure de colle si tu fais chier, imbécile ! »

« T'es pas drôle. De toute manière, je- »

JE CRAQUE ! Tant pis ! Tant pis s'il me déteste après !

« Mais ta gueule ! » je dis, avant de réellement l'assommer contre le bureau. Et au bruit que ça a fait, tous les regards sont sur nous. Et Sora porte la main contre son front, apparemment en douleur. Bien fait. Et j'adore ce regard qu'il me porte, entre le choqué et les larmes. C'est mignon…

« Mais t'es malade ! Ça fait mal ! »

« Si tu fermais un peu ta gueule aussi ! T'es chiant ! »

Il ne répond pas. Par contre, au sourire qui est affiché sur son visage – et aux expressions effarées des autres –, je sens qu'une bombe va me sauter dessus. Et je n'ai même pas le temps de lever la tête pour voir mon cher Vexen, que je me mange une claque phénoménale dans la gueule – à en finir par terre, pour dire.

« C'est pas parce que tu es Suzuki que tu dois tout te permettre. Tu as de la chance que je ne t'envoie pas chez le proviseur. Bref, reprenons le cours. Pensez à prendre une feuille pour noter. Vous aurez une interrogation dès demain. »

Je ne réponds rien, me relevant dans un grognement – et vu la force que ce bourrin a mis, j'ai bien peur d'avoir un méchant bleu sur la gueule. Je sens carrément le sang cogner contre ma joue. Ou alors elle va tripler de volume. Au revoir, Riku sexy… bonjour la gueule de hamster.

« Je peux au moins aller chercher de la glace ? » je demande – parce que, malgré tout, Vexen est assez cool. Même s'il est flippant.

« Hum. Sora t'accompagne, alors, » il dit, un sourire taquin aux lèvres. Taquin. Sadique, surtout. « J'ai hâte de voir lequel va revenir. »

… je ne relève rien, attrapant Sora par ses putains de cheveux – parce qu'en plus, ce gosse est pas capable de se coiffer. Le tuer, je vais le tuer, ça, oui. Je vais prendre mon pied, carrément, à le voir agoniser sous ma sentence…

Et malgré ses protestations – et sous le rire de quelques courageux –, je l'embarque à l'extérieur de la pièce, avant de l'envoyer valser contre le mur une fois la porte fermée. Parce que là, j'ai les nerfs. Et pas qu'un peu. Et à le voir se recroqueviller en position de défense, il a parfaitement compris qu'il avait dépassé les bornes. Certes, c'est peu, vous allez dire. Mais je n'ai aucune patience. Mais vraiment aucune. Surtout avec des gamins aussi chiants. Même s'il me plaît.

« À quoi tu joues ? Qu'est-ce que t'as pas compris, là ? » Il ne me répond pas. Je soupire, avant de m'accroupir à ses côtés, passant une main dans ses cheveux que j'ai malmenés. Et non, je ne suis pas lunatique. Juste que je l'ai carrément effrayé, et ce n'est pas trop mon envie, pour l'instant. J'ai juste envie de le torturer un peu… de quoi profiter de son corps sans même avoir besoin de son autorisation. … en fait, je pourrais carrément le violer. Bordel, oui. De plus, sa chambre n'est pas bien loin de la mienne… non. Je n'ai pas envie de le briser à ce point. Pas pour l'instant, du moins. « Sora. On a de la chance que Vexen soit un prof super sympa, mais ne parles jamais en cours. Quand je te dis de fermer ta gueule, tu ne cherches pas, et tu obéis. J'ai survécu ici, je sais comment faire. Mais si tu ne m'écoutes pas, autant mourir tout de suite. »

« … tu veux dire que tu veux être mon protecteur ? »

« Non. Ça, j't'ai proposé un deal. Juste que pour l'instant, je n'ai pas envie que tu meurs aussi bêtement. »

« Alors pourquoi tu m'as frappé ? »

Cette fois-ci, son regard bleu vient à rencontrer mes iris émeraude. Il n'y a plus de haine, plus de moquerie – non, juste un sentiment de détresse, d'angoisse. Le fait d'être doux avec lui le rend effrayé ? Et le faire d'être méchant le rend moqueur ? Ce gamin est intéressant. Ou alors il se cache tout simplement. Ah, zut, j'ai envie de le prendre. Dans mes bras. Un gros câlin réconfortant. Moi aussi, j'en aurais besoin. Mais je ne vais pas me rabaisser à ça. Pas avant d'avoir obtenu ce que je désire.

« Parce que tu me saoulais. Je te promets de te claquer dès que tu me casseras un tant soit peu les couilles. Compris ? »

« Elle est où, la glace ? »

Je glisse ma main sur son front, pour l'en dégager des mèches rebelles, avant de poser un doigt sur une tâche rouge assez imposante, légèrement gonflée.

« T'as mal ? »

« Un peu. Mais ce n'est pas pour moi. Ta joue va gonfler. »

Je soupire – même s'il a parfaitement raison. Mais l'idée qu'il s'inquiète pour moi ne m'enchante pas plus que ça. Alors je l'attrape par le bras, pour l'entraîner vers les cuisines – mais à peine arrivés dans le couloir, le voilà qu'il s'arrête. Et là, je comprends.

« Ce sont les couloirs extérieurs. Ceux là sont tranquilles. »

« D'accord, » il murmure, empiétant sur mon pas, se rapprochant de moi. « Euh… est-ce que ce soir, je peux dormir dans ta chambre, s'il te plaît ? »

« Pardon ? »

Il soupire – avec une légère connotation de tristesse, avant de m'expliquer.

« Je n'aime pas ceux avec qui je suis. »

« Et tu préfères venir avec moi, alors que je suis à deux doigts de t'exploser la gueule ? »

« Tu me rassures, en fait. »

… je le rassure. Quelle blagounette. Mais bon, au moins, ça prouve que j'ai un certain effet sur lui. Femme qui rit, à moitié dans ton lit. Mais n'étant pas un clown, ça peut être autre chose, non ? Puis une femme rassurée, c'est qu'elle est- oulah, je compare Sora à une femme, là. Mauvais, le coup à la tête…

« Hum. Pour cela, il faudrait que tu sois réellement mon petit protégé. Je dois te rappeler les conditions ? »

Il soupire – sans pour autant se décoller de moi.

« Pourquoi tu me demandes ça à moi ? »

« Parce que tu me plais. »

Il n'a pas de mauvaises réactions. Peut-être même s'en doutait-il. Ou alors parce que c'est moins trash qu'un partenariat sexuel ?

« Donc malgré ce que tu me dis, tu me protèges quand même, non ? Vu que ça serait bête de me perdre. »

« Ce n'est pas interdit de profiter d'un corps, même mort, tu sais ? »

« … putain. »

Mais il ne me lâche pas. Et ça ne me dérange pas plus que ça…



[Dernière édition par Volazurys le 03 février 2013. Raison: fic non uploadée depuis plus de trois mois, donc la balise [Hiatus] a été placée dans le titre. Le statut a aussi été changé en "hiatus".]
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MessageSujet: Re: [Fanfiction] High School : Jack Mould [+18] [Hiatus]   Lun 18 Juin - 19:46

Jour 5 – 14 : 56

Je ne sais pas pourquoi, mais ce gamin m'insupporte. Peut-être parce que, apparemment, il aime s'attirer des emmerdes pour me provoquer. Et pour que, de cette manière, je lui prouve que même sans son corps, je le protège. Morveux suicidaire de mes deux, va. De toute façon, quand je me lasserai, je pourrais jouir de sa mort. Sauf que, pour le moment, ce n'est pas trop le cas, et ce connard met ma vie en danger comme ça lui chante ! Je ne suis pas un super héros non plus ! Certes, je suis meilleur que tous ces pauvres lycéens, mais ce n'est pas tellement une raison.

Enfin bref, par exemple, hier, il a rencontré son premier « démon » - on va appeler définitivement ça comme ça, point. Et au lieu d'hurler et de fuir, comme tout être normalement constitué, il m'a regardé et a souri. En fait, je me demande presque si Sora n'est pas un ancien survivant – mais je doute que ça soit possible. Il n'était pas là, l'an dernier. Peut-être est-il juste vraiment suicidaire ?

Ah, et parlons-en, du démon. En fait, c'était plus une espèce de créature noire et légère – un peu type les mange morts, mais en plus beaux, je crois. Juste qu'on ne voit pas leurs têtes. Juste des mains glaciales qui te transpercent pour t'arracher le cœur. Le sang gicle, dans ces moments-là, c'en est… intéressant. On voit ça couramment. Peut-être en aurais-je l'occasion !

Le plus intéressant, c'est lorsque la personne se rend compte qu'une main a pénétré son thorax. A ce moment-là, le cœur bat encore. Et en quelques secondes, c'est fini. Mais l'expression d'horreur se conserve sur son visage… j'en ai des frissons, rien que d'y penser. Pauvres gamins.

« Ce soir, je dors dans ta chambre. Les gars ne m'aiment vraiment pas. » Je relève les yeux vers lui – et il exécute une pirouette, avant de se planter devant moi, ses grands yeux bleus me fixant avec intérêt. « S'il te plaît. »

« Ils ne t'aiment pas parce que tu restes avec moi, surtout. Et si tu me lâchais, un peu ? »

« J'ai pas envie. Je suis très bien, avec toi ! »

Je soupire. Bon, pas que j'en pense le contraire, mais sa compagnie a tendance à m'exaspérer – de plus, la survie est plus aisée lorsque l'on a personne à protéger. Et n'importe qui à sacrifier.

« Quand tu auras accepté ce que je t'ai proposé. Si ce n'est pas moi qui te touche, ça sera eux, de toute manière, » je maugrée, avant de m'asseoir sur un des bancs de la cour. Et j'observe vaguement les alentours – certains lycéens sont plutôt posés. D'autres regardent dans tous les sens. Quelques filles pleurent. A moins que ça ne soit un garçon aux cheveux longs, là bas… arf, j'suis pas sûr. J'm'en fous. En tout cas, la panique et la folie ne les ont pas encore saisis…

« Hum, non. T'as de beaux cheveux. » Je ne réponds pas. De toute manière, j'ai l'habitude. D'une couleur argenté inhabituelle, fins et parfaitement entretenus… jamais je ne laisserai ma chevelure se détériorer. Pour rien au monde. J'y tiens presque autant qu'à ma propre vie, en fait. « Tu me frappes, si je les touche ? »

« Oui. »

« … et tu faisais quoi, avant ? » il me demande, avant de s'installer à mes côtés – sauf qu'il ramène ses jambes contre lui, posant sa tête sur ses genoux, laissant son regard parcourir le vague. Il est craquant, comme ça…

« Avant quoi ? »

« Avant d'arriver ici. »

Avant d'arriver ici… bah, j'étais un lycéen banal. Avec pas mal de succès, en fait – mais j'étais beaucoup moins froid et « fou » qu'ici, en fait. Donc les gens avaient moins peur de m'approcher. J'étais carrément gentil, pour dire ! J'avais même un petit ami, que je n'avais forcé en rien. La seule chose que je regrette, c'est que c'était un putain de bon coup.

« Rien. Tu veux parler, toi ? »

« Je dois te demander la permission ? »

J'hausse les épaules.

« Je ne t'écouterai pas, de toute manière. Le cul du type là bas est plus intéressant. »

« Mmh. J'avais une copine, avant. »

« Quoi ? Tu sous-entends « non je ne suis pas gay, alors arrête avec tes propositions sordides ? » Y'a pas besoin d'être gay pour se faire baiser, suffit juste d'avoir un anus. Je n'ai pas besoin que tu ban- »

« Mais arrête ! »

Il a levé la tête – et bon sang, qu'est-ce qu'il est craquant avec ses joues toute rouge ! Sérieusement, un peu plus et j'le choppe, j'me le fais violemment dans un coin. Rien que pour voir ses joues rougir encore plus, et accompagner ce magnifique spectacle de ses gémissements de douleur, et de plaisir confondus…

Certes. Je commence à aller un peu loin dans ma tête. Mais ce n'est pas pire que mes rêves, hein. Surtout cette nuit. Ah, merde, à force de penser à tout ça…

En fait, non, vaut mieux pas que je l'ai dans ma chambre.

« J'ai des pulsions à calmer, tu sais. »

D'une main, j'ébouriffe ses cheveux, avant de me relever pour rejoindre le propriétaire de ses jolies fesses rondes. Tant pis si Sora pense que je le trompe dans mes sentiments avec un autre.

« Hé, toi ! »

Le type en question se retourne – ET BON SANG ! Il est magnifique ! Une putain de crinière rouge, ça, j'dis pas. Et des yeux fins, d'une jolie couleur absinthe… un corps fin. Des lèvres fines. Un nez fin. Non, j'espère que tout n'est pas si fin, chez lui, sinon, je vais être déçu.

Non, un mec aussi canon ne peut être que bien monté.

« Mais… c'est Riku ? » murmure une voix féminine, apparemment intriguée par ma présence ici. Mais je l'ignore, avant d'offrir un fin sourire à ce morceau de chair appétissant.

« J'm'ennuie un peu, là… » J'humidifie mes lèvres de ma langue, avant de plonger mes regards dans l'absinthe de ses yeux. Et alors que sa main vient à attraper ma chemise, dans un signe d'une réponse très probablement positive, je sens un frisson me prendre. « Peut-être- »

« Riku, t'es bien mignon, mais peut-être tu devrais te renseigner sur les orientations sexuelles des gens ? » Sora… mais je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche pour répondre, qu'il m'attrape le bras, m'obligeant à me tourner vers lui – et ma proie me lâche, visiblement surpris de cette interruption. « Peut-être même demander mon autorisation, non ? Je n'ai pas vraiment envie que tu couches avec le premier venu. »

« Qu- attends, tu te fous de ma gueule ? »

J'entends la fille rigoler. Et le type s'en est allé. Rester calme. Ne pas tuer ce gosse inutile. Ne pas le tuer.

« Excuse-moi. Je suis possessif, je crois. Viens. »

« Quoi ? »

Il m'attrape par le col, me forçant à me baisser à sa hauteur – et à son visage aussi prêt du mien, je peux parfaitement voir les détails de ses yeux. Des cercles bizarres. Mais toujours ce joli bleu.

« Pour me faire pardonner. »

Et il m'embrasse. Sur la joue. Sur la joue. Ce gamin mérite des taquets – et vu à la vitesse à laquelle il s'est dégagé, il a bien compris mes intentions.

« Tu crois vraiment qu'un bisou sur la joue, ça peut remplacer du sexe ? »

« Hum. Ça peut compenser un peu. Au pire, tu peux aller te branler en pensant que mes lèvres ont touché ta joue ? »

Et la claque est partie. Trop violente. Il titube un instant, mais perd l'équilibre, avant de s'écrouler sur le sol.

Mais là, il l'a trop cherché.

« J'vais pas te supporter longtemps, toi. »

Il sourit, malgré tout. Et essuie d'un revers de la main son regard embué de larmes.

Je vais vraiment finir par le briser. Je ne sais même pas si ça m'effraie, ou, si, au contraire, ça me fait plaisir. Pourtant, je veux le protéger. Autant que je veux être celui qui le tuera, le détruira, brûlera son âme et son innocence…

Mais non. Non.

« Je te déteste, Sora. » Ce que je dis en lui tendant la main, qu'il hésite à prendre. Mais il la prend. Et peut-être brutalement, je l'attire contre moi, l'étreignant dans mes bras. Et ses doigts se serrent sur ma chemise. « Tu dormiras avec moi, ce soir. Je m'occuperai de toi. Tu as gagné, sale petit con. » … non. Ça y est, il pleure. Et il s'accroche à moi, se débarrassant de sa peur, de sa douleur, dans des larmes de gamin. Et en sentant son corps tressauter contre le mien, je le serre davantage. Même si, putain, je lui en veux. Je lui en veux d'être aussi débile, puéril, pleurnichard. D'être aussi craquant. D'oser me faire perdre mon temps à marcher sur ce putain de fil tendu dans le vide. « Arrête de chialer, putain ! Tu m'fous la honte ! »

« J'en ai rien à foutre ! Rien à foutre… »

Rien à foutre, hein ?

Putain. J'ai craqué rapidement. Beaucoup trop rapidement. En six jours… Mais l'idée qu'il dorme dans ma chambre m'enchante assez. Surtout dans ces moments de faiblesse…

Je suis un monstre. Rien de plus. Cette histoire m'a pourrie, autant qu'elle m'a apportée ce dont j'avais besoin, apparemment.

Putain, en plus, je tombe dans le niais, hourra.

« C'est bon, tu me lâches maintenant ? »

Jour 6 – 04 : 52

« Tu me détestes vraiment ? »

« … dors, Sora. »

Même la nuit, il est fatiguant. Moi qui pensais que notre dispute de l'après-midi l'avait achevé, eh bien même pas, non. En fait, je me demande s'il a dormi, ne serait-ce qu'une heure ou deux ?

« Je suis désolé. Mais je n'avais pas envie que tu couches avec lui. »

« Pourquoi ? »

Je me tourne sur le côté, essayant de percer son visage dans l'obscurité – mais à part sa silhouette, je ne vois pas grand-chose, en fait.

« C'est moi, que tu aimes. Non ? »

« Dès lors que ce n'est pas réciproque, tu ne peux pas m'interdire d'aller voir ailleurs. Et puis, qu'est-ce que ça peut te foutre ? Ce n'est pas dégueulasse, les gays ? Ca devrait te soulager, non, que j'aille calmer mes pulsions ailleurs ? »

« Pas spécialement. … est-ce que… est-ce qu'on peut sortir ? Je veux visiter le lycée. De nuit. »

… il est fou. Ou vraiment suicidaire. Mais si en plus il m'embarque avec lui… non, c'est plutôt de la folie. En fait, il n'a jamais été clean dans sa tête. Depuis le début, c'est un gamin tourmenté, avec des trips un peu bizarre, comme celui de ne pas se coiffer. Fin, ça, encore, je ne peux pas nier que ça lui donne un côté très mignon…

« Tout à fait. Tu veux mourir ? »

« J'ai confiance en toi. »

« Ce n'est pas vraiment un ticket de survie sûr, tu sais. »

Je l'entends bouger sous ses draps.

« Alors pourquoi tu es revenu ici ? »

Pourquoi ?

L'excitation. L'ennui d'une vie normale, trop morne et sage, dépourvue de cette folie que j'apprécie de voir. Revenir à une vie normale aurait signifié se coucher, pour dormir paisiblement. Et vivre un quotidien exact au moindre pas. Barbant, ennuyant…

Alors que revenir ici, c'était apprendre à aimer la vie, s'y accrocher, la désirer à tout prix. Refuser de la laisser filer, se défendre, se battre, observer, et surtout, aucune limite. Le sexe, la violence : profiter aux multiples goûts de l'interdit, sans se freiner, sans craindre des conséquences.

Mais il en restait une cause, malgré tout, qui m'empêchait de vivre à l'extérieur. Je n'avais plus d'identité, plus rien. J'étais déclaré mort depuis un an. Je n'appartenais plus qu'à ce lycée. Puis, j'avais la flemme de me dégoter de faux papiers d'identité, en fait.

« Je n'avais pas le choix. » Il ne me répond pas – et au bruit qu'il fait, il s'est apparemment levé. « Pourquoi tu te lèves ? »

« On sort ? »

Je soupire – et il allume la lumière. Oh mon Dieu. Habituellement, il se coiffe, en réalité… mais il est franchement craquant, avec sa bouille toute fatiguée et désespérément pas coiffé, sur le coup.

« Non. La nuit, c'est beaucoup trop dangereux. On n'y voit pas spécialement. »

« Et la journée, tu refuses car il y a trop de monde. Quand est-ce qu'on pourra, alors ? »

« Quand les trois quart seront morts ! »

Il grimace – avant de se laisser retomber sur mon lit. Non mais je rêve. Il se croit tout permis ? J'vais le tuer. Ou le violer, tiens. J'vais lui apprendre à s'infiltrer d'un peu trop près dans mon monde, alors qu'il refuse que je pénètre dans le sien. Au sens propre du terme, hu.

« J'ai pas envie de dormir. »

« On peut coucher ensemble, si tu veux. »

« Tu es- »

« Je te signale que TU m'as réveillé, alors que je dormais bien ! En fait, tu m'as interrompu dans un rêve érotique, où tu me faisais la totale, c'était carrément jouissif. J'me demande même si j'ai pas- »

« TAIS-TOI ! Si tu veux qu'un jour je couche avec toi, ARRÊTE avec ça ! C'est – non, non, je ne viens pas de dire que je coucherai un jour avec toi. »

Aah, apparemment, mon sourire a trahi mes pensées – mais qu'importe, je n'en ai rien à foutre, de ce qu'il me dit. J'aime bien, le taquiner, en lui racontant mes pulsions vis-à-vis de sa jolie bouille ! Raah, de toute manière, je ne vais pas tenir trois jours de plus sans résister. Sérieusement, quand il dort… il est sans défense. Il suffit que je l'attache au lit, et là, je pourrais le faire gémir à ma manière… non. Non, j'dois arrêter de penser à ce genre de truc, sinon, je vais avoir un véritable problème. Et je n'ai pas envie de salir mes draps.

« De toute manière, tu finiras par craquer. Va te recoucher, maintenant. Demain, si tu veux, j'irai t'acheter du chocolat. »

« … quel rapport ? »

Sexue—oulah, oublions les blagues pourries. (nda : elles ne sont pas pourries mes blagues TwT) Il se penche vers moi, apparemment surpris. Bon, j'avoue, j'ai peut-être proposé ça un peu brutalement, mais ce n'est pas grand-chose non plus. Du moins, comparé à tous ces traumatismes que je peux lui faire subir – comme là, il m'est bien tentant de l'attraper, et de lui rouler la pelle de sa vie. Mais bon, je l'aime bien malgré tout. Malgré toutes ces putains d'ouvertures malsaines. Alors je n'ai pas envie de le traumatiser tout de suite.

« Ça te fera du bien. Aller, dégage ! Et éteins la lu- »

Mais ses lèvres, contre ma joue, me volent mes mots.

« Bonne nuit. »

… ce gamin est un appel au viol. Et mes fantasmes deviennent de plus en plus glauques.

Mais qu'importe – il éteint la lumière. Même si je crève d'envie de le torturer, je m'en sais parfaitement incapable. Parce qu'il a quelque chose que… je ne sais pas vraiment, en fait. Peut-être ses yeux ? D'un bleu pur. Trop pur. Alors qu'il est capable de mauvais coups.

Ou peut-être tout simplement parce que j'ai vraiment envie de le protéger ? Ou bien ai-je simplement peur de le briser ?

Ce gamin me tourmente… et sa respiration devient rapidement régulière. Depuis combien de temps je n'avais pas dormi avec quelqu'un, dans une pièce ? L'an dernier, mes deux colocataires avaient péri sous mes yeux. Par ma faute, en fait.

… peut-être est-ce ce sentiment d'humanité qu'il m'inspire ? Quelque chose qu'on ne connaît plus, après quelques jours passés dans cet enfer. Et pourtant, par cet attachement, Sora me laisse à entendre que je n'ai pas totalement sombré. Pas encore. Pas assez pour pouvoir lui faire du mal, en tout cas. Quel chanceux. Il est tombé sur l'homme parfait, dans ce monde hystérique, en fait. (nda : mais quel putain d'égo!)
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MessageSujet: Re: [Fanfiction] High School : Jack Mould [+18] [Hiatus]   Lun 25 Juin - 21:47

Jour 9 – 19h39

« Dis, Sora. Tu veux que je t'amène quelque part ? »

« Du genre ? »

Du genre, du genre… du genre quelque part dans le lycée, crétin. Mais je ne lui réponds rien, et je m'allonge sur mon lit – parce que, de toute manière, si je lui disais où, il refuserait direct. Et j'ai envie de l'effrayer un petit peu, personnellement. Surtout après le putain de bon coup qu'il m'a fait rater, la dernière fois. Oui, parce qu'après deux trois petites recherches, j'ai appris que le fameux « cheveux rouges » était un sacré coup, au lit. Alors je vais me venger de ce nain pas coiffé comme il se doit. Parce que bordel, je suis en manque, moi !

« Riku ? »

Je conserve mon fameux silence – ce qui l'intrigue, visiblement. Il s'avance vers moi, pas trop rassuré – et là, je le comprends parfaitement. Parce que ça n'aurait pas été lui, je l'aurais tué depuis longtemps. C'est plus sur son corps que je vais fantasmer, pour l'instant, je crois, mais sur sa mort, tiens. Quelque chose de bien douloureux. Le découper en petit morceau alors qu'il est vivant… et lui faire manger sa propre chair. Quelle vengeance délicieuse… enfin, ici, le mot délicieux n'est pas à employer, je crois. Parce que je ne sais pas si c'est très appétissant, de la chair humaine crue.

Enfin bref, je m'égare – parce que Sora a eu le temps de s'asseoir sur mon lit, face à moi. Et il a aussi dû avoir le temps de se demander pourquoi je fixais le vide en souriant bizarrement. Bôh, qu'importe qu'il pense ce qu'il veut. De toute manière, les morts, après, ça peut plus critiquer.

« Euh… tout va bien ? » Il se penche vers moi – et levant la tête, nos regards se croisent. Mais il fronce les sourcils, avant de se reculer brutalement. Rah, il a compris mes intentions avant même que je n'ai pu réagir ? Dommage. « T'es bizarre. »

« J'ai juste envie de te massacrer. Mais à la place, je crois que je vais choisir une autre option. T'imaginer mort m'a quelque peu excité, » je lâche, avant de me relever du lit – mais lui ne bouge pas. Il est enfin prêt à consentir à mes avances ? Ou il n'a juste pas compris ? Fin avec une tignasse pareille, le cerveau ne doit pas être terrible. Disons qu'il n'a pas compris. Parce que, de toute manière, s'il ne se méfie plus de moi, ça devient moins drôle. Autant un type pas consentant c'est chiant, mais un gamin pareil c'est juste délicieux. A tenter vainement de se défendre, mais si simple à briser…

Je soupire, avant d'ouvrir un tiroir – et là, tout plein de jolis accessoires. … en fait, je ne me rappelais pas avoir autant de trucs. Surtout ce vibro d'un vert moche. Je ne me sers pas de ces choses là, personnellement. Donc je ne comprends pas pourquoi j'ai ça. D'une couleur aussi moche. Pour martyriser Sora, peut-être ? Rah, mais dans ce cas là, je préfère le pénétrer avec mon propre engin qu'avec un objet pareil.

Bon, qu'importe, j'ai juste besoin de quoi l'attacher. Je vais l'éduquer, ce sale gamin.

« Menottes ou cordes ? »

« Quoi ? » Il lève les yeux du livre qu'il venait apparemment de prendre – un bouquin qu'est pas vraiment pour lui , en plus. « … non. » Il a un sourire qui tire plutôt sur la nervosité, avant de secouer négativement la tête. « Rien du tout. »

« Bon, bah on va dire corde. C'est plus sex- »

« Mais j'ai dit non ! Tu me saoules ! »

« … justement, c'est pour ça que j'ai besoin de quoi t'attacher, » je fais, lui montrant la fameuse corde, un sourire aux lèvres. Ah, ça va lui brûler les poignets s'il s'agite trop…

… mais le pire, c'est qu'il roule des yeux, avant de retourner sur son livre. … je vais le lui faire manger, son livre. Et pas par la bouche.

« … tu veux me faciliter la tâche ou t'en as vraiment rien à foutre ? » je demande, me rapprochant de lui. Mais il ne fait pas attention à moi. Oh, le connard. J'vais le défoncer. Il ruine tous mes fantasmes, là ! Je le voulais se débattant corps et âme contre son agresseur – donc moi. Pas… pas complètement blasé. « Très bien, »je lâche, avant de lui relever la tête des doigts, pour m'approcher de son visage.

Mais même pas je n'ai eu le temps de frôler ses lèvres, que je me prends un putain de coup dans la gueule – et le temps de comprendre ce qu'il se passe, j'ai juste entendu la porte se fermer. Une chasse à l'homme en perspective, hein ? C'est encore plus excitant…

Par contre, un livre dans la gueule, ça fait mal. M'enfin, ce n'est rien à côté de ce qui l'attend. Surtout s'il est encore vierge…

Mais sans que j'ai eu le temps de me relever, la porte s'ouvre de nouveau - et Sora la ferme doucement, une fois de nouveau dans la chambre. Et à son regard pétrifié, c'est pas joli, ce qu'il a du voir dehors.

« Il y a du sang. Partout. » J'hausse un sourcil, sans pour autant prêter un certain intérêt. Bon, à vrai dire, moi, j'y suis habituée. Au bout d'un moment, ça devient carrément monnaie courante... « T'en as vraiment rien à foutre ? »

« Baah... habitué. »

Il m'observe un instant - du style le regard méfiant, à attendre que je réagisse. Mais il me fait de la peine, ce petit. Rah, mais je suis devenu lunatique, c'est pas possible ! Ou alors c'est le coup dans la gueule qui a réactivé mon côté sensible et humain ? C'est pathétique. Il est pas drôle, à me faire trop confiance, en fait.

Il soupire, avant de décider que je ne lui ferai pas de mal, et de s'approcher de moi - et... il s'assoit sur mes genoux. Avec un petit sourire mielleux sur les lèvres. D'accord. C'est définitivement un appel au viol, là. Mais il ne m'autorise le temps de rien - non. Il m'embrasse. Sora m'embrasse. C'est doux, c'est franchement hésitant, mais il m'embrasse. Et sans prendre le temps de réfléchir au plan tordu qu'il pourrait me préparer, je glisse mes mains dans sa nuque pour approfondir ce baiser - et ce ne sont plus uniquement nos lèvres qui sont réunis, mais nos langues, qui, lentement, se découvrent. Même si je le sens plutôt récalcitrant, il continue - mais j'y mets fin, pour chercher son regard bleu. Et son souffle haletant de notre échange qui cogne contre mes lèvres...

Son air égaré semble avoir disparu, prenant une expression plus fiévreuse - et qui le rend vachement sexy. La vue du sang est un aphrodisiaque, pour lui ?

Un frisson me parcourt, alors que je sens sa main s'appuyer sur mon entrejambe. Non, vraiment, il-

« Tu ne bandes pas ? »

... il est vraiment trop bizarre. Peut-être juste débutant dans la matière ?

« Disons qu'il m'en faudrait plus que ça, » je dis, pas super rassuré. Il me sourit - et à peine ces mots dit, qu'il s'attaque de nouveau à mes lèvres, faisant cogner son bassin contre le mien - et sa bouche étouffant mon gémissement, je lui attrape les hanches pour le forcer à s'arrêter. Même si j'obtiens enfin ce que je veux, je vois vraiment le mauvais coup arriver. A moins qu'il soit lunatique lui aussi. Mais vu sa manière de me rejeter, j'ai des doutes, sur le coup. « Je peux savoir à quoi tu joues ? »

Il ne me répond pas - et il vient à déposer ses lèvres chaudes dans mon cou, glissant ses mains sur les miennes pour se libérer - mais manque de peau, je suis plus balèze que lui. Mais merde il va me faire craquer, ce connard. Sauf que je ne le sens pas, mais pas du tout.

« Sora ! »

Derechef, sa main revient sur mon intimité - mais cette fois-ci, il arrête toute action.

« Je te fais aucun effet ? »

... ok.

« Y'a un moyen plus radical, tu sais ? »

Il se mord la lèvre, avant de m'observer dans une interrogation. Et attrapant son menton, je m'approche au plus près de ses lèvres, pour finalement y murmurer :

« Tu as une bouche. Sers-t-en. »

Et à sa grimace, le message a été parfaitement transmis. Bon, s'il le fait, c'est qu'il est sérieux - et j'me pose plus de question. S'il ne le fait pas, ce n'est qu'un mauvais plan pour se venger de mes fantasmes, peut-être. J'devrais les lui raconter, tiens.

Il s'agenouille devant moi, avant de défaire ma braguette. Mais il reste immobile, avant de soupirer sincèrement. Le bâtard.

« J'abandonne. J'me tire. »

Il se... tire ? Et m'abandonnant, moi et mon pauvre entrejambe, qui n'a pu hériter du bien être attendu, il se lève, pour fuir vers ce monde de sang et de danger.

... quel dommage, sérieusement. Je me laisse retomber sur le lit, fermant les yeux. Peut-être qu'un jour, il acceptera de coucher avec moi. Parce que je n'arrive vraiment pas à le contraindre. Pas lui, en tout cas...

Jour 10 - 17h54

« Je n'arrive pas à le contraindre. J'ai envie de coucher avec lui, pourtant ! Mais, j'ai pas envie de le traumatiser, en fait. Limite si j'veux pas lui faire l'amour. Vous savez, tout tendrement ? Parce qu'il est très probablement encore vierge. Surtout que ses provocations sont pourries. »

Vexen me regarde, sans vraiment savoir quoi répondre. Je ne sais pas vraiment pour quelles raisons il est sous le choque : si c'est mon coming out, ou l'idée que je veuille abuser de mon petit protégé. Puis, j'ai pas une tête à baiser des nanas, moi. Quoi que, j'pourrais réessayer, un jour. Y'a une jolie blondasse, un peu naïve... Ou c'est juste le fait que je vienne lui parler ? Il a pas une gueule rassurante, ce type. Mais franchement, il est sympa - à sa manière. En fait, j'adore ce professeur.

« Et... en quoi est-ce un problème, de ne pas vouloir l'abuser ? »

« Frustration sexuelle. En plus, il m'empêche de me taper d'autres gens. C'est qu'un connard, alors j'vois pas pourquoi j'le ménage. »

« Eh bien force-toi, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? »

... ahah, j'adore ce lycée. Vous connaissez beaucoup de professeurs qui diraient ça ? Enfin bref, qu'importe, il ne m'aide pas du tout.

« J'y arrive pas, justement. »

« Problèmes d'érections ? » il demande, très visiblement agacé. Quel amour, ce Vexen.

« Non. C'est pas physique, c'est dans ma tête ! J'arrive pas à me détacher de l'idée que je ne dois pas le blesser ! Alors que ce morveux me pète les couilles ! »

« ... c'est pas celui à qui tu avais explosé la tête sur le bureau, pourtant, la dernière fois ? »

J'hausse les épaules.

« Si, mais il s'en est remis. De toute manière, vous l'avez bien vengé. » Je soupire, avant de regarder l'heure. Je déteste laisser Sora tout seul. Ce pauvre gamin est bien trop suicidaire. Surtout qu'il ne m'a pas parlé depuis qu'il est rentré, hier, après son sale coup de pute. « Bon, merci de votre aide, professeur ! »

Il ne me répond pas. Bon, de toute manière, Vexen est comme ça - autant il peut saluer les élèves, mais pas leur dire au revoir. Parce que de toute manière, il ne les reverra très probablement pas. Du moins, pour certains. Au pire, il s'en fout tout simplement.

Je quitte la pièce, pour finalement remonter aux dortoirs - et j'adore quand c'est aussi vide. Ils sont tous cachés ou quoi ? Ou alors Sora s'est précipité en hurlant dans les couloirs pour se faire arracher la tête par un des méchants qui peuplent le lycée. J'le vois bien à courir sans sa tête, le sang qui sort par giclées de ses artères libérées. C'est déjà arrivé, l'an dernier - y'avait eu une dispute, en pleine journée. Et en pleine journée, faut éviter de réveiller les paresseux qui dorment, parce que, lorsqu'ils s'énervent, c'est pas beau à voir. Enfin, ça dépend pour qui.

« Riku ! »

... ce gamin est un chien, à m'attendre comme ça devant la porte ? Mais vu la manière dont il se tripote les doigts, y'a autre chose. Oui, il se les tripote genre gêné quoi. J'ai jamais compris pourquoi les gens faisaient ça lorsqu'ils sont gênés. Perso, moi je vais plutôt rougir, voir bégayer - mais tripoter mes doigts ? Oouh je stresse, je joue avec mes doigts, c'est nerveux...(1)

Et dans un soupire agacé, je m'arrête à sa hauteur, posant ma main sur ses cheveux pas coiffés.

« Quoi ? »

« Je t'ai embrassé et tripoté, et c'est super gênant. Ne va pas t'imaginer que j'ai une quelconque tendance homosexuelle, parce que j'aime pas ça du tout. J'ai pas aimé t'embrasser non plus. J'voulais juste que t'aies une érection mais ça n'a pas marché. Alors voilà. Désolé. »

... oh le connard. C'est juste cruel, ce qu'il dit ! Enfin, j'avais vu juste pour son mauvais coup, mais de là à m'insulter à ce point ? Mais je garde mon impassibilité - parce qu'il a pas à savoir que j'ai envie de le tuer à ce moment-même. Et je refuse de lui faire du mal ? Mais sérieusement, sérieusement... je vais le tuer. Et violer son cadavre. Comme ça, pas de remord.

« C'est bien. »

« C'est tout ? »

« Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ? J'ai pas que toi, dans ma vie. J'vais pas pleurer parce que t'es qu'un morveux d'hétéro. Tu veux ? »

« Ça pourrait être sympa. » Je ne réponds pas, poussant la porte pour entrer. « Mais je suis désolé. Je n'aurais pas dû réagir comme ça. »

Je conserve mon silence, l'invitant silencieusement à rentrer à son tour - ce dont il ne se prive pas. Bon, oui, je suis énervé. Mais je préfère fermer ma gueule, sinon je vais véritablement le tuer - combien de fois j'ai eu cette envie, depuis que je le connais ? En tout cas, s'il meurt, je ne pleurerai pas. Il est trop chiant.

« Riku, arrête de faire la gueule. Je me suis excusé... J'peux rien faire de plus. »

« Fermer ta gueule, déjà. Écoute, j'en ai rien à battre que tu sois gay, hétéro ou bien même trans', juste que t'es chiant. »

Ah, avec la tête qu'il tire, il me ferait presque pitié. Il s'en veut vraiment. C'est trop mignon.

« Dis... hier, tu voulais pas qu'on aille faire un tour ? On pourrait- »

« C'était hier. »

Comme ça, c'est fait.
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MessageSujet: Re: [Fanfiction] High School : Jack Mould [+18] [Hiatus]   Ven 13 Juil - 21:32

Jour ? - ?h?

Le couloir est étroit. C'est probablement la première chose que j'ai à constater : c'est à peine si mes bras ne frôlent pas le mur... et pourtant, je ne suis pas spécialement large. Musclé, oui, mais large... non. Non, en fait, je suis plutôt mince. Alors c'est le couloir qui est étroit. Trop étroit. Trop sombre, aussi. J'ai un mauvais pressentiment. Mais comment ne pas en avoir dans un tel lycée ?

J'pourrais faire chemin inverse, en fait. Mais vous savez, cette main qui vous pousse, ce barrage invisible qui vous empêche de reculer ? Non ? Bon, tant pis. Enfin, en gros, j'ai pas envie, quoi. Pardon de vouloir faire des métaphores. Peut-être est-ce la curiosité ? J'ai un sentiment étrange. Pas que l'inquiétude. Une vaste sensation de... m'épanouir. Je me sens bien. C'est peut-être pour ça, que je n'ai pas envie de reculer ?

Mais où suis-je ? Je ne reconnais pas les lieux. Ni même cette douce odeur fruitée - quelque chose d'agréable et enivrant. Ça change de la puanteur habituelle. Quoi que, il y a quelques personnes qui ont une odeur séduisante - genre Sora. J'adore ce parfum qu'il dégage, doux et sucré. Ça me donne envie de le manger... genre le lécher, juste pour goûter sa peau. Le mordiller - et surtout, le faire gémir de mes tortures...

Aah, même perdu, ce gosse me vient en tête. Surtout qu'il me fait la gueule. Il ne me parle plus que vaguement. Je crois qu'il sait qu'il a merdé quelque part, ou alors le fait de m'avoir roulé un patin l'a dégoûté au point que, la simple idée de m'approcher lui passe en travers. Non, il commence même à traîner avec d'autres personnes - un groupe de première.

Sur le coup, - sans en dénigrer ma fierté, hein - je suis plutôt jaloux. Parce qu'il m'évite pour rester avec de piètres inconnus. Quelle fidélité il a, ce gamin. Mais je le récupérerai, de toute manière. Rien à foutre. Il est à moi, pas à une autre personne avec de la poitrine, ou juste un vagin. Non, parce que, y'en a une, à part deux bosses chelous sous le t-shirt, je n'appellerai pas ça de la poitrine.

Enfin bref, je m'égare, mais je ne sais toujours pas où je suis. J'ai pas tellement bougé. Il y a plusieurs portes, mais je n'ai pas trop envie de les ouvrir. Sérieusement, on ne sait jamais ce qu'il peut se trouver derrière - un entassement de morts éventrés, un démon pas commode, ou bien la directrice elle-même. Flippante, celle-là. Un jour, j'ai eu à faire à elle. Mais ça, c'est une autre histoire. (nda : il a trop honte, alors il ne veut pas en parler.)

...

Ce frisson. Cette sensation de froid. Et mon coeur qui bat, soudainement. Beaucoup trop rapidement. Quelque chose... il y a quelque chose. Pourquoi je suis ici, d'abord ? Rah, au moins ça me détourne de mes pensées malsaines envers Sora. Ça m'abstiendra d'un léger problème.

Mais à peine je tourne la tête pour chercher la sortie du regard, que le paysage bascule - les portes ont disparu. Et une douce lueur bleuté flotte dans le couloir, si, toujours étroit, est devenu bien plus court. D'accord. Ce n'est pas drôle. Et ce n'est pas un rêve non plus. Du moins, il n'est pas très normal. Parce que, quand tu rêves, techniquement, tu ne penses pas à des fantasmes sexuels sur ton petit protégé. Et tu ne ressens pas les évènements ainsi. Et t'as pas spécialement le temps de penser.

« Sora ? »

Sora... c'est la première chose qui me vienne à l'esprit. Comme si ce gamin pourrait faire quoi que ce soit dans une situation pareille...

Et encore une fois, je sens ce froid qui m'attrape - des doigts qui se glissent sous mes vêtements. Contre ma peau. Lentement. C'est mauvais. Très mauvais. Je serre les dents, avant de respirer un bon coup - parce que ce n'est pas une très bonne idée de perdre son calme. Pas ici, ni dans ces conditions.

Et il arrive. Sa peau pâle, ses yeux glacés - beaucoup trop clairs pour être d'une couleur réelle. Seules ses lèvres paraissent brûlantes, à côté de cette astre de glace qui semble le composer. Même ses cheveux, d'un bleu extrêmement pâle, croisant la blancheur. Un démon. Un putain de démon magnifique.

Il me sourit - et probablement que ses dents délabrées auraient pu me faire fuir, mais non. Ce côté animal ne peut que m'exciter davantage, à ce niveau là. (nda : moi aussi j'aime bien les dents cassées et tordues. Riku en hérite HAHAHAH) Il s'approche doucement - et je n'ose pas bouger. J'ai peur qu'il s'enfuit. Qu'un geste brusque lui fasse sortir sa méfiance, qu'il pourrait avoir des humains.

Et à peine je sens ses doigts glacés se glisser sur ma joue, que je ferme les yeux - et je me laisse absorber par cet étourdissement qui me prend, ce langage corporel qui vient à se créer. Rapidement, ses lèvres s'emparent doucement des miennes, me brûlant jusqu'à la moindre cellule. Glissant mes mains contre les côtes tranchant sa peau, je l'attire contre moi, prenant à risques et périls le dessus - et m'engageant dans un baiser langoureux, je sens cependant quelque chose m'arracher à sa bouche, à son contact.

Lorsque je rouvre les yeux, je me rends compte d'où est-ce que je me trouve - ma chambre. Mon lit. Et un Sora, à l'expression totalement effarée. Et il a raison de, le connard.

« R-Riku ! J'ai cru que- »

Je remonte la couverture trempée jusqu'au sommet de ma tête, lui faisant dos, ignorant ses excuses. D'accord, il m'a sauvé la vie. Mais certes, j'aurais bien donné ma vie pour coucher avec une bête pareille. Et surtout, pourquoi il m'a réveillé ? Parce que j'allais rater les cours ? Parce que je gémissais de plaisir dans mon sommeil ? Quel connard. Il faut toujours qu'il me fasse rater mes meilleurs c-

« Tu m'as appelé dans ton sommeil ! » il gémit, MA couverture entre ses mains. Qu'il m'a enlevé de force. Je grimace, conservant mon regard fixe contre le mur - rien à foutre, je ne le regarderai pas. « Je... tu étais trempé. Je pensais que la fièvre te faisait délirer, alors... j'ai eu peur. J'ai voulu te réveiller, mais ça ne marchait pas, alors - »

« C'est bon, ta gueule. »

Il soupire, avant de s'asseoir à côté de moi, et de poser sa main sur mon front - et elle me paraît glaciale.

« T'es encore brûlant. »

Je l'ignore - il me fait chier, de toute manière. Là, pour le coup, je suis vraiment en rogne. En plus, je ne sais même pas pourquoi j'ai de la fièvre. Peut-être parce que j'ai failli mourir ? Ou alors mon rêve en étant réellement un. Il y a certes quelques démons qui prennent la vie de leur victime par ce chemin là, mais jusqu'à coucher avec ?

Non. Mon unique fantasme, c'est Sora. Donc peut-être m'a-t-il réellement sauvé la vie ?

« C'est bon, Sora. Si tu veux me rendre un service, je crois que j'ai une érection. Et je suis fati- »

Mais la couverture dans la bouche m'empêche d'en dire plus - et alors que j'essais de mordre les doigts qui tentent de m'étouffer, ce crétin les retire. Zut. En fait, il a de la chance que je réagisse bien. Peut-être la fièvre me rend plus calme ? Aah, par contre, j'ai chaud. Et ça, c'est pas très cool.

« Je sors de la chambre si tu veux. »

« Attends ! » Je me redresse sur le lit, attrapant son poignet de force - pour être sûr qu'il ne parte pas. Parce que, ce n'est pas avec mes jambes branlantes que je vais aller lui courir après, moi. ... mince, c'est vrai que je lui faisais la gueule. Raah, tant pis, on a pas tout notre temps. « Pourquoi tu ne restes plus avec moi ? C'est toi qui a merdé. Pas moi. À moins que le fait de m'avoir embrassé te rebute à ce point ? Mais encore là, j'y peux rien. »

« Non, ça n'a rien à voir. » Il me sourit, tendrement. « A ce soir. Repose-toi, Riku. Si tu as besoin de moi, euh... » Il se libère de moi, avant de hausser les épaules. « J'pense pas que t'aies besoin de moi, hein ? »

« Bah, comme je t'ai dit, j'ai une érection. »

Il grimace, avant de rouler des yeux, excédé.

« A ce soir. »

Et il s'en va. Depuis quand il part sans moi, lui ?

Non, c'est clair et net. Ses nouvelles rencontres le séparent de moi. En espérant que deux ou trois démons me débarrassent d'eux rapidement. Je leur en serai terriblement reconnaissant... mais si seulement ce bonheur pourrait arriver. À moins que je ne m'en occupe moi ? Les torturer un bon coup pour me venger de leur putain d'ambition - sérieusement, me séparer de Sora, quoi. Raahw.

En fait, je pensais sincèrement que ce gosse m'attirait dans sa part d'humanité, mais il a un effet parfaitement contraire sur moi, au final. Rien qu'en commençant par la jalousie. Ce gosse ne me rend pas meilleur, loin de là. Juste plus mauvais que je ne suis déjà. Malgré que la jalousie soit un sentiment humain, c'est précisément la chose qu'il ne me faut pas. C'est en train de me bouffer. Mes sentiments pour Sora sont en train de me détruire, petit à petit. De détruire ce que je me suis construis au cours de l'année précédente. Ce qui m'a permis de survivre durant toute l'année.

Parce que tout le monde sait que, lorsque l'on a quelqu'un a protégé, on n'est plus capable de se sauver soit-même.

C'est tellement niais. Je n'ai pas envie de - ... attends. Je rêve. La porte vient de s'ouvrir sur un imbécile au sourire d'imbécile avec une coupe punk d'imbécile. D'accord. Qu'est-ce qu'ose venir ouvrir ma porte un truc pareil ?

« Sora m'a dit que son compagnon de chambre n'était pas en forme, et m'a donc demandé de le surveiller. Il m'a aussi dit que tu me vireras à coup d'insultes. Mais que je devais m'en foutre. Sinon, moi, c'est Demyx ! » qu'il me sort, avec son fier sourire accroché à sa gueule.

... Sora, Sora... je vais te tuer, te déchiqueter. Je te déteste, sale microbe.

Jour 12 - 11h56

Maudit. Je suis maudit. Privé de sexe à cause de cet incapable de Sora. Privé de plaisir personnel, aussi. A cause de lui, uassi. Je me suis pété le poignet en frappant ce crétin de Lexaeus. Bon, d'accord, j'ai été con : niveau carrure, ce type fait deux- pardon, trois fois ma taille, minimum. Mais bordel, d'où il ose regarder les appétissantes fesses de Sora ? Non, non, pas question. Je crois que je vais le garder enfermé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ce gosse, ou sinon, je vais mourir tout naturellement. Bah oui, personnellement, je préfère me faire consumer par un démon - genre la beauté de mon rêve.

Bon, vous allez me dire : j'ai ma main gauche. Désolé de vous annoncer ça, mais elle n'est pas aussi endurante que la droite, et c'est... plutôt bizarre. Puis, je compte plutôt sur des soins procurés par Sora. Même si, depuis ce matin, il se tient à une sacrée distance de moi. Je ne sais pas pourquoi. Par contre, Demyx reste à parler dans le vide, assis à côté de moi - mais je ne l'entends même plus.

Ah, tiens, en parlant de lui - bah c'est donc hier, que j'ai fait sa fameuse connaissance. Et bah putain, il est chiant. Mais chiant. Il parle, il parle, il parle... je me demande même s'il prend le temps de respirer, des fois. Mais visiblement, Sora l'apprécie pas mal. Ils parlent même entre eux, des fois... et ça, c'est presque inquiétant.

« Riku ? » J'ouvre les yeux - parce que oui, je les avais fermés. Sérieusement, c'est enquiquinant de les entendre parler de je ne sais quoi qu'ils faisaient à dix ans. « T'en as pour combien de temps, tu penses ? »

Il montre mon bandage de fortune du doigt. Alors là, bonne question. Peut-être une semaine ou deux. Pas plus, en tout cas, j'espère. Non, parce que j'ai encore la fameuse absence de poitrine qui s'appelle Kairi à séquestrer. Sora m'en a vaguement parlé, et il semble l'apprécier un peu trop à mon goût.

« Pas longtemps. »

« Il faut juste que tu te ménages, c'est tout. T'amuses pas avec ton poignet dès que tu n'as plus mal, sinon, tu pourras attendre longtemps avant que ça ne guérisse ! » me sort Demyx - et d'où il me parle, lui ? Et au vu de mon air agacé, il réprime le sourire qu'il voulait faire - rien qu'à voir sa lèvre tiquer. Rien qu'à sa tronche.

« Hum. Euh, Riku... » Il glisse une main dans ses cheveux, apparemment gêné. « Je vais partir. On se voit en cours, o- »

« Quoi ? T'as un rendez-vous ? »

Il ne me répond pas. Il soupire simplement, avant de sortir de la chambre. Ça fait comme un froid, d'un coup. Même Demyx a fermé sa gueule.

Au moins, son silence, à Sora, signifiait tout : il a bel et bien un rendez-vous, et culpabilise. Ou alors je lui casse les couilles, mais dans ce cas-là, la situation va vite être réglée. J'vais les lui péter au sens propre. ... Non. Non. Je n'ai pas vraiment envie de les abîmer, ses testicules. Bien au contraire.

« ... un peu plus, et tu fumes, mec. »

« Ta gueule. Il a rendez-vous avec Kairi, non ? »

« Il me semble. »

Je me mords la lèvre. Bon, si j'élimine Kairi, Sora me détestera. Ou alors il viendra noyer son chagrin dans mes bras. Mais si il sait que j'en suis responsable... il me détestera sans aucun doute. Surtout si elle lui plaît vraiment. ... à moins que je ne la pousse dans les bras d'un autre. Genre Sora, la mine décomposée devant le râteau qu'il se prendra... j'imagine bien la scène. Puis il viendra dans ma chambre, les yeux tout larmoyants... et je le consolerai à ma manière. L'idée est bonne. Il ne reste plus qu'à la mettre en place.

« Demyx. Est-ce que tu tiens à avoir un crâne remodelé sur ta table de nuit ? »

« Quoi ? »

J'adore la tronche qui tire, genre je-suis-choqué-mais-je-ne-suis-pas-sur-de-te-suivre.

« Soit tu te débrouilles pour sortir avec l'autre planche à pain, soit dans... trois jours, disons, je dépose sa tête dans ta chambre. Ça pourrait faire une déco sympa. »

« ... laisse vivre Sora, un peu. C'est pas en éliminant un ennemi qu'il tombera dans tes bras. »

« Je te laisse le choix, » je déclare, avant de me relever. « Tu as trois jours. L'épée de Damoclès ne tient que par ta volonté. »

Et dans un geste, je l'invite à sortir. Rien qu'à son regard, je devine aisément qu'il me croit. Le besoin d'innocence des gens comme lui est toujours bon à prendre...
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MessageSujet: Re: [Fanfiction] High School : Jack Mould [+18] [Hiatus]   Mar 17 Juil - 18:24

Anecdote : Riku s'est pété le doigt dans le chapitre précédent, hein ? Et bah moi j'me suis faite écraser le petit doigt par un cheval un peu après l'avoir écrit xD Mais je n'ai rien eu à part un hématome ! J'suis plus solide que Riku, héhéhé 8D (même si c'tait assez stupide de ma part de foutre la main part terre huw)

Jour 13 - 13h22

Kairi, Kairi… elle m'obsède, celle là. Putain, j'ai même rêvé d'elle, quoi. Pour dire. Et ce n'était pas cool du tout. Non, parce que mes rêves, je préfère les réserver pour de l'érotisme avec mon petit protégé, qu'avec cette… chose. Oui. Oui, j'ai rêvé que je couchais avec elle. Méchamment. Ce n'était vraiment pas cool.

Bon, ça, après, ça doit venir de ma focalisation sur elle et Sora – et ma conscience s'embrouille et pense que je veux sauter l'absence de poitrine que… non, Sora n'a pas de poitrine non plus. Heureusement. Donc ce surnom ne lui convient pas tant que ça, dès lors que je parle généralement. Huum.

Enfin bref, actuellement, j'observe ces deux là. On pourrait dire espionner, mais Sora m'a repéré dès le départ – et non, je n'avais pas pour but d'être discret. Au contraire, c'est encore mieux qu'il sache que je le vois. Parce que, primo, Demyx a prévenu Sora, qui est donc devenu bien méfiant. Et en conséquence, il n'ose rien faire de trop oser… Autant il a du culot, ce petit, autant il sait se faire discret quand il faut, apparemment. Et j'aime bien !

En second, euh… au moins, il se sent protéger ? Non, je ne cherche pas d'excuse bidon à mes agissements. Juste que je n'ai pas de second, et qu'il me fallait un truc.

« Pourquoi tu te fixes autant sur ce gamin ? »

… Ah, Demyx. C'est bon, il n'arrête plus de me coller, lui. J'ai même un doute sur le fait qu'il me surveille, en fait. M'enfin, sa compagnie ne m'est pas totalement désagréable, même s'il est chiant les trois qu- les quatre-vingt-dix-neuf centièmes du temps.

« Comment ça ? »

« T'es obnubilé par lui. Tu veux te le faire, c'est bien, mais après ? Vous ne sortirez pas vivants, tous les deux. Vous n'avez aucun avenir. Alors pourquoi tu persistes à chercher à l'avoir ? Pourquoi tu ne profites pas du temps – minime ou long – qu'il te reste ? »

Ah… je disais que tu ne m'étais pas totalement désagréable, mec, mais finalement, je retire mes propos. Bon, il n'a pas tord, en parti. Je perds mon temps avec un gosse, alors qu'on sait tous qu'on est condamnés – à moins que je ne survive une seconde fois ? Mais j'ai bien failli mourir, récemment. Si Sora ne m'aurait pas réveillé… bah plus de moi. Plus de Riku.

Je m'accoude à la barrière, cherchant mon protégé que j'ai perdu du regard. Il est toujours avec la Kairi. Ils discutent.

« Riku ? »

Je me mords l'intérieur de la joue, tandis que Demyx me rejoint. Mais qu'il est lourd…

« Je veux juste connaître quelque chose que je n'ai jamais connu. L'amour. » Pouuuh, la phrase mielleuse quoi, j'en vomirai. « Content ? »

« Tout à fait ton genre. » Je souris. Au moins, il n'est pas si débile que ça. « Ton doigt va mieux au fait ? » J'hausse les épaules. Qu'il continue à faire la discussion tout seul, hein. J'ai la flemme d'ouvrir la bouche. Sauf si c'est pour embrasser Sora, bien sûr. Ou lui faire une fellation, tiens. Brrr, j'en frissonne rien que d'y penser. « Beaucoup pensent que c'est Lexaeus, qui va s'en sortir, en priorité. Vu que le survivant s'est fait mal dessus. »

Aah… ce salaud va me faire perdre mes admirateurs secrets, hein ? (nda : si, si, il en a. Juste qu'il n'en parle pas, parce qu'il ne parle que de lui, ou de Sora. Nombriliste de merde !) Bôh, qu'importe. Tant que je garde Sora pour moi, et qu'il ne repose pas ses yeux vicieux sur son p'tit cul. Non mais sérieux. C'est dégueulasse. Il n'a pas le droit de regarder ses fesses.

Mais Demyx ne m'autorise pas à me perdre davantage dans mes songes, que d'un coup de coude, il m'en sort – et alors que j'ouvre la bouche pour râler, il me montre quelque chose du doigt. Je ne retiendrais pas son sourire amusé. Non. Par contre, voir Sora attraper la main de Kairi, pour la faire monter un escalier – type galant homme quoi – me donne envie d'exploser la tête à Demyx. Pourquoi Demyx ? Parce qu'il est à côté.

Le pire, c'est qu'elle ose lui sourire. À Sora. Et que ce dernier me regarde, avec un sourire mauvais aux lèvres. Alors comme ça, il passe de la méfiance à la provocation ? Très bien. Comme tu voudras, gamin.

« En fait, si Sora t'as foutu dans mes pattes, c'pour que j'le laisse tranquille, non ? »

« Il ne veut pas que tu restes seul, c'est tout. J'trouve ça gentil de sa part. »

Gentil ? C'est gentil de me coller un type comme lui ? Bon. Apparemment, c'est l'excuse qu'il a sorti à Demyx - mais pourquoi Demyx a accepté ?

« Et pourquoi tu te plie à sa demande ? »

« Parce qu'il a envie de vivre, un peu. Il préfère profiter de ces derniers moments, plutôt que de devoir te supporter plus longtemps. » Je fronce les sourcils. Genre, j'pensais Demyx plus gentil que ça, moi... enfin, dans le sens qu'il est méchant envers moi, pour le coup. À me dire ça d'une manière aussi crue... « S'il prend soin de toi - de manière sous-entendu - c'est qu'il doit tenir un minimum à toi, de toute manière. »

Hum. Moui, ça pourrait être un début. Merdique, mais qu'imp- ... oh, génial. Ils sont à notre étage...

« Hé, Kairi ! » Et la jeune fille se retourne - brr, que des frissons qui me remémorent mon cauchemar. Pour un gay, c'est quand même dur de rêver qu'on couche avec une fille. Mais bon, elle n'est pas si moche. Mais c'était traumatisant. Les filles, j'n'peux vraiment pas. Tiens, faudrait que j'explique pourquoi, un jour. (nda : un rapport avec la directrice ?) « Euh... je suis Riku. En fait, j'voulais te demander... tu me plais depuis un bon moment. Et je n'ai pas- »

« À quoi tu joues, Riku ? »

Oouh, Demyx chéri, je vais te massacrer. Kairi, bah... elle a de beaux yeux, en fait. Mais elle n'a pas vraiment l'air contente, que je vienne l'interrompre d'un moment avec Sora. Mon plan tombe à l'eau, apparemment. Ou alors il l'a prévenu que j'étais un dangereux psychopathe et que j'avais envie de lui découper la tête. Et Sora, lui, m'observe sans vraiment comprendre où je veux en venir, malgré une certaine méfiance dans son regard azur - mais c'est qu'il commence à me connaître !

« Quoi, tu veux jouer avec moi ? » je demande, sans quitter des yeux mon petit protégé. Mais il soupire, avant de secouer négativement la tête.

« Désolé Kairi, je te laisse deux minutes. » Il m'attrape le bras - assez mollement, genre blasé - pour m'indiquer silencieusement de le suivre un peu plus loin. Ce que je fais. « Je ne sors pas avec elle. Compris ? »

« Raison de plus pour me la faire, non ? »

« Tais-toi... t'es lourd, pour le coup. Je t'apprécie beaucoup, mais... oublie-moi, un peu. Oublie-moi. Trouve toi quelqu'un d'autre sur lequel dégager tes hormones, mais oublie-moi de ce côté là. Je ne suis pas, et je ne serai jamais gay. Y'a pas à chercher plus loin. »

Dans ma gueule. Bouh.

« C'est ta manière délicate de me foutre un énième râteau ? »

« C'est juste pour que tu t'arrêtes. »

Je souris, avant de glisser deux doigts sous son menton, l'obligeant à soutenir mon regard. Qu'il est craquant, avec sa mine semi-agacée, tout en étant à la fois légèrement inquiète. Les yeux ne mentent pas, comme on dit. Et les siens sont particulièrement expressifs... au moins, il a une certaine méfiance envers moi. Et c'est plutôt rassurant.

« Arrêter quoi ? »

Il se mord la lèvre, avant de hausser les épaules.

« Ton jeu. Tout ça. »

« Ce n'est pas un jeu, pour moi. J'appellerais plutôt ça... » je glisse ma main sur sa joue, mais il se recule dans un mouvement craintif. « ... de la conquête, » j'achève, lui offrant un sourire taquin. Mais il ne me parait pas convaincu. J'adore provoquer cette espèce de peur, chez lui. D'inquiétude. Uniquement par quelques mots, quelques paroles. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, il ne parviendra jamais à conserver le dessus sur moi. Autant sa cruauté peut m'atteindre, autant je le suis bien plus que lui. Et ça, il le sait parfaitement.

« Mh. J'peux repartir ? »

« Amuse-toi bien. »

Pourtant, il ne bouge pas. Son regard perturbé ne me quitte pas non plus.

« Riku... »

Je souris. Bordel, qu'il est craquant. Qu'il est lunatique, aussi. Un coup il se fout de ma gueule, puis ensuite il a peur et s'inquiète. Il est vraiment trop mignon... en fait, rien qu'à ce comportement, je me demande quelle éducation il a pu recevoir. Un père strict et traumatisant, mêlé à une mère adorable et attentionnée ? Peut-être que ça aurait pu lui dérégler son cerveau. Qui sait.

« Tu ne voulais pas partir ? » je lâche, bien que, non, je n'ai pas envie qu'il parte. Juste ne pas perdre la face. Ou en profiter pour l'enfoncer. Il me regarde un instant, avant de baisser les yeux, et de soupirer. Puis, sans un mot, il s'éloigne de moi. Probablement pour rejoindre sa belle. Et moi, j'vais retourner à ma chambre. J'ai juste besoin d'être tranquille un moment - sans cet idiot de Demyx. J'n'arrive à pas grand chose, avec ce gosse, et c'est chiant. Il craquera bien au bout d'un moment. Même si j'm'y prends comme un pied. Mais rendre un hétéro accro à la sodomie, c'n'est pas si simple. Ou du moins, de l'y convier tout simplement.

Jour 16 - 12h23

« Sora est trop instable, c'est chiant ! J'vous jure, un temps il va marcher par la provocation, un autre il va se dégonfler et finir par m'envoyer bouler ! C'est vraiment blessant, à force. »

J'adore la mine m'enfoutiste de Vexen. Mais bon, j'ai besoin de conseil de ce cher savant fou. Enfin, professeur de sciences qui a une tête de savant fou. Mais c'n'est pas grave parce que je le trouve cool. Il m'écoute toujours, même s'il n'en a strictement rien à branler.

« Parce que toi, tu es stable, peut-être ? »

« Après avoir vécu une première année ici, j'ai une excuse, moi ! Pas lui ! » Il ne me répond pas, et hausse simplement les épaules. Bon. Je crois que je vais lui exposer ma fabuleuse idée- non, pas tout de suite. D'abord, lui parler de mes ressentis, pour qu'il prenne pitié de moi un peu. « En plus, il commence à fréquenter une fille. Kairi. » Il acquiesce, regardant vaguement l'horloge accrochée au mur. Qu'il est gentil. « Et elle lui plaît, apparemment. »

« Pourquoi tu ne lui fous pas la paix, à ce petit ? »

« Parce qu'il est venu vers moi le premier ! J'n'comprends pas pourquoi il refuse d'être avec moi. »

« Peut-être parce que tu le martyrises ? Je ne compte même plus le nombre de fois où tu l'as engueulé, frappé, et je ne sais quel autre connerie. Et pourtant, on en est qu'au début de l'année. »

« C'est lui qui en redemande à chaque fois. » Vexen soupire, avant de retourner à son bouquin - un truc scientifique, j'parie. Ah, non. Au vu du titre, je dirais plus une connerie policière. De la police scientifique, oui, voilà ! J'avais raison. « Dites, vous êtes un savant, n'est-ce pas ? » Il m'adresse un regard interrogateur, sans reposer son putain de livre. Ah, je déteste ça ! Soit il m'écoute, soit il m'ignore, pas les deux à la fois ! « Vous n'pourriez pas créer, euh... un machin, pour que Sora oublie sa putain de Kairi, et se focalise sur moi un peu ? Parce que j'aimerais bien la tuer, sinon. »

... gros silence. Et Vexen retourne à son livre. ... genre, je l'emmerde, quoi. Connard.

Ah oui, parce que, finalement, je ne tuerai pas Kairi. (nda : y'en a qui sont déçus ? Désolée, mais la miss restera un bon moment !) Pourquoi ? Parce que Sora est un humain, avec une conscience. Et malgré les règles de ce lycée, il ne me pardonnera pas cet acte, je le sais. J'en suis certain. Pour lui, le meurtre, les abus, tout ça, c'est un acte à punir ; pour moi, c'est devenu un quotidien intéressant.

Et je refuse qu'il me déteste. Parce que, après ça, après avoir déposé la tête de Kairi sur le chevet de Demyx, je sais qu'il partira. Définitivement. Même si nous partagerons toujours la même chambre, je ne serai plus là, pour lui. Juste une présence dérangeante. Il ne me regardera même plus. Et il n'y a pas plus horrible que ça.

Donc je vais sagement attendre qu'un gentil démon se charge de la besogne ! Enfin, sauf s'il se décide à toucher à mon petit protégé au passage, et là, je ne serai pas content. Non, parce qu'on ne touche pas à mon précieux petit être. Même si je sais qu'on mourra tous dans les prochaines semaines, ou mois à venir, je veux le garder en vie le plus longtemps possible. Du temps que je sois encore là. Puis j'aimerais avoir l'occasion de coucher avec lui, avec son corps encore chaud, si possible. Les orifices froids, et le partenaire silencieux, c'est pas vraiment mon truc. Puis, un corps, ça pourrit vite. Il fait encore chaud, à cette époque de l'année, donc bon... alors qu'en hiv- aah, je m'égare.

Je tente de réattirer l'attention de Vexen en croisant les jambes, un peu brutalement, de sorte que ma chaise racle sur le sol. Mais en vain.

« Ou sinon, vous essayez de... » sortir avec elle. Non, je ne vais pas dire ça. Vexen est beaucoup trop moche. Pardon, Vexen, mais bon... faut être un peu réaliste. « Vous ne pourriez pas la capturer pendant... non. Après, Sora sera trop content de la revoir. Sauf si j'ai le temps de coucher avec. Hum... »

« Tu divagues, Riku. Tu as pensé à la communication ? »

« Quoi ? »

« Lui parler. »

Lui parler ? Ahah. Excepté me prendre des râteaux, ça ne m'apporte pas grand chose - du moins, si je lui parle de mes... sentiments ? Je ne lui en ai jamais parlé véritablement, je crois. Uniquement de mes pulsions sexuelles que me provoque sa présence, hum.

« Je ne sais pas. Oh, euh, bonjour, Saïx. » Saïx... du type glaçon, il n'y a pas pire, je crois. En plus, je ne l'ai même pas entendu arriver. C'est un surveillant. J'accroche pas des masses à ce gars, mais bon, j'peux pas faire grand chose. Juste l'ignorer pour éviter qu'il ne me tue par je ne sais quel moyen affreux. « Donc, je dois lui parler. Lui parler. »

Lui parler, oui. Mais pour dire quoi ? Lui étaler mes sentiments ? Mais je ne suis même pas sûr de ce que je ressens. Oh, oui, dans mes rêves, il m'excite volontiers. Mais après ? Est-ce que je peux lui dire que je l'aime, alors que je ne connais même pas la définition de ce mot ? Du moins, l'amour, c'est quoi ? J'ai des émotions physiques, oui. Il serait capable de me faire bander d'un rien. Son regard me fait chaud au coeur - sa présence, aussi. Mais ensuite ? Mes paroles ne seraient qu'un mensonge. Et je ne peux pas lui mentir.

Aaah, c'est trop compliqué, tout ça. Mais Sora n'est pas facile à prendre en main, et donc apparemment, je vais devoir faire quelques efforts. C'est tellement niais. J'n'aime pas ça. Mais bon. Au moins, c'est une occupation agréable, jusqu'à atteindre l'étape finale de la vie. Surtout si je peux m'le faire.

« Sora t'a changé. »

« Hein ? »

« Tu sais éprouver des sentiments, maintenant. C'est juste con que la vie est décidée de t'offrir ça à quelques pas de la mort. »

Comment ça, maintenant ? Mais Vexen se lève, m'abandonnant, suivant Saïx un peu plus loin. Et non, ce qu'ils vont faire ne m'intéressent pas. (nda : doucement les esprits tordus, Saïx va juste lui parler d'un élève è_é)

Bon, d'accord, même avant, je n'avais pas précisément d'émotions - du moins, toutes ces conneries de compassion, d'amitié, ça n'a jamais été mon truc. J'ai toujours été solitaire, mais je n'étais pas non plus exempté de sentiments. Peut-être qu'à mon arrivé ici, j'étais encore plus froid qu'avant. J'en sais fichtrement rien. Mais pas exempté de sentiments.

Mais je ne peux pas nier avoir changé. Je ressens des choses nouvelles, des sentiments neufs et chiants. Et rien que mon attention vis-à-vis de Sora en dit beaucoup. Et ça me fait chier, en partie. Après, je ne vais plus savoir qui je suis, donc je vais avoir des troubles de l'identité, et devenir fou, m'enfermer dans une bubulle schizophrénique et - et je m'éloigne. Encore.

Bon. Nouvelle mission ! Communiquer avec Sora. Sagement. ... quoi que, Vexen ne m'a pas précisé ça...
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MessageSujet: Re: [Fanfiction] High School : Jack Mould [+18] [Hiatus]   Sam 21 Juil - 0:42

Jour 16 - 20h35
« Tu as déjà tué quelqu’un, Riku ? »

Je relève la tête de mon livre, pas super enclin à lui parler. Certes, oui, c’est Sora, oui, je dois faire des efforts de communication avec lui, mais j’ne suis pas franchement d’humeur à entretenir la causette à cette lopette. Pas aujourd’hui, en tout cas.

« Arrête de bouder, t’es pénible, » il soupire, avant de venir s’assoir à côté de moi. « Depuis quand tu lis, toi ? »

« Depuis que je sais que des mots silencieux existent. Et oui, j’ai déjà tué quelqu’un. »

Serait-ce une lueur de déception que j’attrape dans son regard ? Sûrement. Mais à quoi il s’attendait, lui aussi ? J’ai posé un pied dans les Enfers depuis un bon moment déjà.

Ah, je me rappelle, la première fois que j’ai eu ce savoureux honneur d’enfoncer une lame dans de la chair. En fait, ça ne m’a pas plu du tout. J’ai du vomir tous mes repas depuis une bonne semaine, après ça – mais à vrai dire, j’n’avais pas trop le choix. Pas de vomir, hein, de tuer le type. Genre le type, bien balèze, et vraiment pas beau, avec un putain de pénis, genre qui m’aurait empêché de m’assoir pendant un bon moment… j’ai pris ce qui m’était tombé sous la main, et paf, entre les deux yeux.

Et le pire, c’est le type qui a applaudi, ensuite. Un gros malade, celui-là, mais putain, je m’éclatais avec lui. Il m’avait plus tard avoué qu’il avait préparé le terrain pour que je me retrouve dans une telle situation – peut-être le désir que je m’en sorte seul ? Je n’ai jamais su. Il est mort un peu après. En y pensant, j’ne me rappelle même plus de son prénom… la honte.

« Et… tu serais vraiment capable de tuer Kairi ? »

« Ouaip, même que la tête ira à Demyx. Tu voudrais récupérer quelque chose ? » Devant son regard dépité, ma mauvaise humeur commence légèrement à s’envoler. Ah, il est adorable. J’ai envie de le taquiner, un peu. Ça faisait longtemps… « A moins que tu ne deviennes… mon jouet, » je murmure, glissant mes doigts sous son menton, de sorte à rapprocher nos visages – mais il me repousse dans un rictus dégoûté.

« J’n’ai pas envie de savoir. »

« J’suis sûr que ça te plairait, » je minaude, affichant un fin sourire pervers. Il se mord la lèvre, visiblement agacé.

« La dernière fois m’a suffis. »

« La dernière fois, hein ? Tu ne semblais pas tellement… dégoûté. À moins d’être un excellent acteur. Mais là, j’ai un doute quant à tes capacités. »

« Peut-être que j’en suis un. Peut-être que je suis fou de toi et que je joue un rôle. » J’hausse un sourcil, quelque peu étonné. À quoi il joue, là ? « Ou peut-être bien que je te déteste. Que je te détestais depuis le début. Et que je fais semblant de t’apprécier, uniquement pour mieux t’atteindre ensuite. »

… paye ta bipolarité, Sora. (nda : oui, « paye », c’est ma nouvelle expression…) Bien que son attitude ne me déplaise pas… au contraire. C’est plutôt intéressant…

« Tu veux me briser ? »

« Peut-être. Et toi, qu’est-ce que tu attends de moi ? »

Il s’installe en tailleur sur mon lit, me fixant de ses deux orbes bleus. Ce que j’attends de lui ?

« Que tu écartes les cuisses, et que tu te laisses faire sagement, » je lâche, dans un sourire mauvais. Il roule les yeux, avant de secouer négativement la tête. « Tu m’as demandé, je te réponds. »

« Tu ne penses qu’à me baiser ? »

« Non, bien sûr que non. J’pense aussi à ma survie. » J’affiche un large sourire taquin – qu’il me rend. Signe qu’il abandonne à me faire oublier mes idées malsaines. « Un peu à toi aussi, des fois. Hors contexte de la baise. »

« C’est déjà un grand p- »

« T’es vraiment craquant, à rougir comme ça pour si peu, » j’observe, satisfait de l’effet que mes paroles pouvait provoquer. Au moins, l’idée que je pense à lui normalement ne le laisse pas indifférent. N’empêche que, il n’en a rien à foutre, que je veuille le culbuter, en fait ? Ou juste que ça ne le touche pas. J’n’en sais rien, je n’suis pas dans sa p’tite tête.

« Te fous pas de ma gueule, » il grogne, avant de se détourner de moi. « C’est juste l’effet de t’entendre dire un truc normal, pour une fois. À mon égard. »

… normal… d’un coup, je comprends un peu mieux ce que voulait dire Vexen, par la communication. À part le taquiner, je ne sais pas si, une fois, je lui ai sincèrement parlé. Du moins, de mes « sentiments », ‘connerie dans le genre, quoi. Les trucs pour lesquels mon cœur s’affole, si j’peux dire ça comme ça. J’n’aime pas ça, Dieu…

« J’pourrais finir par t’faire bander, hein, à te dire des trucs normaux ? »

Il me sourit – un sourire amusé.

« T’en es loin. » Je ne réponds rien, glissant ma main dans ses cheveux – et à peine a-t-il le temps de lever la tête pour protester, que je l’agrippe par sa crinière châtain, le forçant à se lever. « Mais t’es- »

« Maintenant, tu vas emmerder Demyx ! »

Et il attrape mes doigts bandés, m’arrêtant immédiatement dans mon élan.

« Au choix, tu me lâches, ou j’te fais une petite démonstration de ce dont je suis capable. »

… quel connard manipulateur ! Je ne le pensais pas, mais pas du tout comme ça, celui-là. Et le problème, c’est qu’il me tient trop fort pour que je tente de me libérer – déjà que ça ne fait pas forcément du bien, alors si en plus, j’essais de –

« Hé ! Douc’ment, petit con ! » je m’énerve, lui foutant une petite tape sur la tempe. « Tu veux pas voir Demyx ? »

« … pas de cette manière, disons, » il râle, se frottant la tempe dans une grimace. « La douceur, Riku. La douceur. »

« Désolé, je manque de tact total avec les gamins comme toi. »

Il me jette un regard, mais genre, blasé à mort.

« Tu te fous de ma gueule ? »

« Un peu. Allez, dégage, » je fais, lui ouvrant la porte. Et alors qu’il s’apprêtait à en passer le seuil, il s’arrête. Et se retourne vers moi.

« Hier, après ta petite crise. Kairi m’a demandé pourquoi je tenais autant à toi. »

« Hein ? »

Mais il m’ignore, et s’en va sincèrement, cette fois-ci.

Je ne suis pas trop sûr de comprendre, pour le coup. Excepté que le « tenais »… c’est assez rassurant. Peut-être un sous-entendu de sa part comme quoi il m’apprécie, malgré tout ?

Bordel, j’aurais un journal intime, j’aurais marqué cette date avec tout plein de petits cœurs. Mais, je n’ai pas de journal intime.

N’empêche que, si c’est bien ça… c’est touchant. Et dans un sourire apaisé, je referme la porte. Je vais enfin pouvoir continuer à lire mon bouquin, sans que ce satané gosse ne vienne m’enquiquiner, avec ses questions à deux balles.


Jour 19 - 20h10
Aaah… toujours, toujours, toujours la même chose. Un battement de cils, un joli sourire, et les hommes tombent comme des mouches. Même si elles n’ont rien d’un canon. Mais, ici, ça marche un peu trop souvent, à mon goût. Surtout quand ça concerne cette putain de Kairi, qui a vraiment réussi à s’enticher de mon Sora. Avec ses sourires mielleux à la con. Ses douces attentions et ses paroles si tendres et apaisantes. Bla, bla, bla.

Ouais, bon, j’suis sur les nerfs. J’ai un mauvais pressentiment, et je refuse de mourir avant d’avoir pu obtenir ce que je désire le plus en ce moment-même. Pourtant, j’suis incapable d’agir. J’ai envie de la chopper, cette Kairi. De lui faire sentir la puissance de mes doigts sur sa pauvre petite trachée. De serrer le plus possible. D’enfoncer mes ongles dans sa chair. Étouffer ses cris par ma force, par ma volonté de la voir s’écrouler sans vie.

Je crève de jalousie. À les voir là, tous les deux. Ça me dégoûte. Et pourtant, j’adore les observer. Parce que Sora rigole. Il n’a jamais rigolé, avec moi. C’est plutôt frustrant. Mais bon, moi, je n’ai rien d’un clown. Mais il est magnifique, quand il rit. Ses jolies pommettes, ses yeux brillants, et ce sourire… il se dégage de toute la noirceur dont il est capable, dans ce genre de moment. Ce n’est plus un gamin innocent et effrayé, mais quelqu’un de passablement heureux. Parce qu’il est avec elle.

Mais bordel, j’aurais du l’isoler, ce gosse ! Et peut-être être moins méchant avec lui. Enfin, j’y peux rien, sa jolie bouille me donne autant envie de le frapper que de le protéger des vilains.

« Ta haine m’en donnerait presque des frissons. Détache tes doigts de cette rambarde, sinon, tu ne pourras plus les bouger. » Je glisse un regard vers mes doigts, dont les phalanges sont blanches, tant je force. Puis je me tourne vers Vexen – depuis quand il sort de sa salle de cours, lui ? « C’est magnifique, ce contrôle de soi que tu as. C’est dur aussi, hein ? »

Il s’accoude à la rambarde, à côté de moi. Et il observe le couple, que j’épiais encore quelques secondes auparavant.

« Vous êtes bizarre, aujourd’hui. »

« Hum. Je m’ennuyais. » Menteur. Vous êtes juste bouffé par la curiosité parce que je ne viens plus vous conter mes p’tits malheurs. Mais je ne dis rien, visant le même point que mon professeur. « Tu lui as parlé, un peu ? »

« Il a sous-entendu tenir à moi. Mais c’est tout. »

« Non, je ne te demande pas ce qu’il t’a dit, je m’en branle. Toi, tu lui as parlé ? »

Genre il s’en branle. Je soupire, haussant brièvement les épaules.

« Juste dit que j’pensais à lui, sans y penser par le cul spécifiquement. »

« C’est déjà pas mal. »

Un silence s’installe. Mais je n’en ai pas grand-chose à foutre : je retourne juste à ma précédente activité, qui est d’observer Sora. Chercher la faille dans leur entente. Même si, à vrai dire, je n’entends rien.

« Qu’est-ce que vous voulez, Vexen ? »

« Tu perds de ta force. Mentale et physique. Ça va te retourner contre toi, et tu le sais. »

« Probablement. On finit tous par y passer, de toute manière. Non ? »

Et Sora qui colle un baiser sur la joue de sa belle. Ça me donnerait la gerbe. Mais le seul point positif, c’est que c’était une manière de lui dire au revoir, apparemment.

« Où est passé le Riku Suzuki de l’année passée ? Tu as perdu ton ambition ? »

« Non. J’ai juste trouvé un autre jeu. Un peu plus difficile… »

« Au point d’y mettre ta vie en danger ? »

Je me mords la lèvre, suivant du regard Kairi, qui se dirige vers les toilettes.

« Je ne vais pas mourir aussi facilement. Pas avant d’avoir obtenu ce que je veux. » … y’a un truc bizarre. D’accord, Vexen est cool. Mais pourquoi s’inquiète-t-il autant ? Serait-il tombé sous mon charme ? « Qu’est-ce que vous voulez, Vexen ? »

« Je te l’ai déjà dit. Je m’ennuie. Et, pour tout avouer, je trouve qu’il est un peu tôt pour que tu meures tout de suite. T’as encore 270 jours à tenir. »

J’esquisse un sourire hypocrite, sans quitter la porte des toilettes du regard. Quand je parlais de pressentiment, Vexen ne me rassure pas plus que ça.

« Comme c’est touchant. »

Il ne me répond rien, et au son de ses chaussures raclant le sol, son pas est traînant. Peut-être est-il malade et qu’il délire ?

« Hé. Riku. » … Sora… je ne lui jette pas un coup d’œil. Mon regard est toujours fixé au même point. Ce n’est pas plus intéressant que ça, mais bon. J’n’ai pas envie de regarder autre chose non plus. « Riku. Pas besoin de m’ignorer, je sais. »

Mon cœur manque un battement. Il sait quoi, le bougre ?

Mais je n’ai pas le temps de réagir, que de sa main, il m’attrape vigoureusement l’épaule, m’obligeant à me tourner vers lui. Et un faible sourire s’étend sur ses lèvres, tandis qu’il m’essuie la joue de son pouce, avant d’y passer le dos de ses doigts. Je pose une main sur ma joue, quelque peu bouleversé.

Des larmes. Des larmes ? C’était ça, ce mauvais pressentiment ? Des larmes… non. Non. Pourquoi ? Pourquoi des larmes ? C’est quoi cette-
Mais la main de Sora s’agrippant à ma chemise m’interrompt dans mes pensées. Mais je n’ai pas le temps de réfléchir davantage, que ses lèvres chaudes viennent à épouser les miennes, dans un délicat baiser.

Un peu plus, et mon cœur lâche définitivement.

« Excuse-moi, Riku. »

Excuse-moi ?...

Bordel. Je ne comprends plus rien. Mais vraiment rien.
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