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 [FanFic] Notre Avenir nous appartient

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Fexatsyn Miroï
Disciple de l'Ombre et Rêveuse à temps plein


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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Ven 4 Sep - 21:56

Chapitre 25 : Pouvoir Lunaire

Le lendemain, tous se retrouvèrent dans le café où Zenia les avaient convoqués la veille. La scientifique avait pu parler avec Eva et Braig, et ils étaient d’accord de participer à la mission de recherche. Pourtant les deux scientifiques n’étaient pas présents –mais sur l’instant, les autres ne s’en inquiétèrent pas plus que ça.

« J’ai composé les groupes, de façon à ce que l’on puisse élargir un maximum notre champ de recherches, expliqua finalement Zenia pour introduire la mission.
- Et qu’est-ce que ça donne ? Demanda Riko.
- Avec Eva et Braig je fouillerai les ruines de l’hôpital, du Mémorial, le reste de la ville, ainsi que ses souterrains. Le groupe composé d’Axel, Xion, et Noa nous y aideront en commençant par les souterrains. Kaël, Vanilla, Sora et Seïra iront ensemble dans la forêt jusqu’à la falaise qui s’étale du nord à l’ouest. Riku, Alexia et Riko iront voir dans les zones de marchandises à l’est. »

Ils savaient tous qu’émettre une objection serait inutile, même s’ils trouvaient inquiétant de mettre Kaël et Vanilla dans le même groupe, en sachant qu’ils étaient tous les deux les cibles principales. Mais d’un côté, Zenia ne prenait jamais de décision au hasard, donc elle savait très certainement ce qu’elle faisait.

« Braig et Eva sont déjà en train de parcourir le sous-sol de ce qui reste de l’hôpital. Je vais donc immédiatement les rejoindre, quant à vous, dirigez-vous au plus vite dans vos zones respectives de recherches. »

Elle donna à un talkie-walkie à l’un des membres de chaque groupe, puis s’éclipsa la première, très vite suivie par le groupe de Noa.
Les autres, motivés à en finir au plus vite, se dirigèrent dehors, en pressant les deux seuls retardataires ; Riku et Vanilla.
Lorsque la noiraude s’apprêta à sortir, l’argenté lui attrapa le poignet, ce qui força la jeune femme à le regarder sans comprendre. Le garçon prit très vite la parole.

« Fais attention à toi, compris ? »

A ça, Vanilla ne fit que sourire. Ce dernier se voulait être à la fois rassurant, mais également un peu moqueur.

« Ca fait six ans que je suis une survivante, je vais pas m’arrêter en si bon chemin. »

C’était vrai. Elle avait vécu –et vivait toujours- de nombreuses épreuves qui auraient pu lui coûter la vie, mais elle était toujours là malgré tout, et bien vivante.
Cela n’empêchait pourtant pas Riku de s’inquiéter pour elle –surtout que la roue finissait toujours par tourner.

« Je suis sérieux, Vanilla.
- Je sais. Mais il ne m’arrivera rien. »

Seulement Riku remarqua bien vite le manque de promesse –mais au fond, il n’en demandait pas. Tous les deux avaient conscience qu’une telle parole pouvait avoir de graves conséquences. Ce genre de mots était à manier avec une véritable précaution, ils le savaient. Vanilla restait en plus l’une des cibles principales, et elle était aux côtés de Kaël pour la mission. Absolument tout pouvait arriver, et ni l’un ni l’autre ne pouvaient ignorer les risques, ou faire semblant de faire qu’ils n’existaient pas. Mais ils refusaient que quelque chose d’aussi funeste se produise.

Ils restèrent quelques secondes silencieux, avant que Vanilla ne tourne finalement les talons, pour se diriger vers la sortie.

« Vaut mieux qu’on y aille, tant qu’on a un léger avantage contre Arioch, déclara finalement la jeune femme.
- Tu as raison. »

L’argenté laissa Vanilla partir la première. Mais à ce moment-là, il eut l’impression d’être oppressé. Comme un pressentiment. Mais il interrompit bien vite ses sombres pensées lorsqu’il vit Alexia, frustrée mais surtout extrêmement inquiète d’être séparée de sa meilleure amie, qui le força à les rejoindre pour en finir au plus vite.

~0~0~0~0~

Depuis le début de leur marche, Sora n’avait pu que constater deux choses ; déjà les sentiments étranges que lui transmettait Seïra -ainsi que la proximité de son double avec Kaël- mais surtout le silence qui les avait tous les quatre suivis jusqu’à leur arrivée dans la forêt, et dont l’atmosphère était très particulière -à cause de cette lumière bleue qui en traversait les feuillages.

Il ne put s’empêcher de lever un regard vers cette Lune. D’après l’hypothèse de Riku, ce serait grâce à elle que tout le monde arriverait à se maîtriser, malgré la situation. Sans elle, tous les habitants auraient très certainement cédé à la panique, tandis qu’eux non plus n’auraient peut-être pas pu trouver le courage de se lancer dans une telle mission.
Mission dont le dénouement et surtout les conséquences leur étaient encore inconnues, d’ailleurs.
Est-ce qu’ils retrouveraient Arioch aujourd’hui ? Et est-ce que tout le monde s’en sortirait si cela devait être le cas ?

Le brun savait qu’il ne devrait pas se poser de telles questions –surtout que lui, il n’était pas recherché activement par leur ennemi- mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il ne se souvenait que trop bien de ce qui était arrivé, la fois où il avait cherché à ne pas s’inquiéter, et à se convaincre que tout irait bien. Il avait été bien trop naïf et insouciant, six ans auparavant.

Il observa Vanilla, qui marchait à ses côtés ; elle paraissait, tout comme lui, perdue dans ses pensées –et ne sembla donc pas remarquer que le garçon la fixait. Plus il y pensait, plus il réalisait qu’elle avait vraiment su se différencier de Vanitas, au final. Et même si, et pendant les trois premières années qui suivaient la fusion, elle avait paru être tout sauf elle-même, maintenant qu’elle était revenue, il se sentait vraiment bien à ses côtés.
Elle ne remplacerait jamais son frère disparu, c’était certain, mais il la considérait comme une sœur –ce qui, par extension, était le cas, en fait.

« Pourquoi tu me fixes comme ça ? Demanda soudainement la noiraude, qui s’était tournée vers Sora sans qu’il ne s’en rende compte.
- Pardon, je pensais juste à des trucs, s’excusa-t-il, en esquissant un sourire gêné. »

L’autre ne répondit rien, et se contenta de regarder distraitement sa sœur, qui tenait la main de Kaël depuis le début. La noiraude pouvait lire quelque chose dans le regard de Seïra qu’elle n’avait jamais vu auparavant. A en constater la proximité qu’elle avait avec le rouquin, il n’était pas difficile pour Vanilla de deviner que sa jumelle était tout simplement amoureuse –et que ce sentiment était totalement réciproque.

D’un côté, c’était plutôt rassurant de voir que malgré tout ce qui arrivait, les liens entre chacun d’entre eux ne cessait de croître. En plus Seïra en avait vraiment besoin, suite aux évènements qu’elle avait vécus, et surtout cette grossesse qu’elle leur avait révélée il y avait de ça quelques jours.
En se rappelant de ce dernier point, la noiraude ne put s’empêcher d’éprouver une certaine inquiétude ; était-ce vraiment une bonne idée de l’envoyer sur le terrain dans son état ?
Si elle avait posé la question, sans doute lui aurait-on répondu de ne pas s’en faire, que la brune ne prendrait pas de risques s’il y en avait vraiment –on lui rappellerait également qu’elle, Sora et Kaël étaient à ses côtés, alors… sans doute qu’elle s’inquiétait pour rien.

Il fallait donc qu’elle se ressaisisse. Ils étaient en mission, et elle ne pouvait pas se permettre d’être distraite une seule seconde.
Ce fut d’ailleurs à ce moment-là qu’elle sentit deux choses ; non seulement cette impression d’être observée, mais également le changement d’air qui était devenu bien plus lourd, voire presque irrespirable –signe de l’apparition imminente de monstres.

« Restez sur vos gardes, déclara Kaël, qui serra un peu plus fort la main de Seïra. »

Depuis les évènements qui avaient eu lieu à l’hôpital, le rouquin et la brune s’étaient considérablement rapprochés, et Kaël refusait qu’il arrive quoi que ce soit à Seïra ainsi qu’à l’enfant qu’elle portait. Surtout que c’était lui et Vanilla qui étaient recherchés, pas elle.
S’il avait pu, il aurait demandé à Zenia de ne pas faire participer la brune aux missions. Seulement la cardiologue n’était pas au courant de la grossesse, n’aurait donc absolument pas compris, et aurait très certainement cherché des explications –que Seïra refusait de donner pour le moment.

A cet instant, Kaël sentit la seconde main de Seïra se poser sur la sienne. Il l’observa, et vit qu’elle lui souriait simplement. Elle ne disait rien, mais son regard parlait pour elle. Il lui sourit alors à son tour.
Elle avait toujours fait preuve d’une force incroyable, malgré les épreuves et les crises de larmes ou de colère. Elle se battrait toujours jusqu’au bout. Il pouvait lui faire confiance.

« C’est gentil d’apporter sur un plateau les deux doubles-cœurs à notre Maître. Il vous en sera reconnaissant. »

Les quatre humains sortirent immédiatement de leur réflexion respective, pour faire face à l’individu encapuchonné en face d’eux. Ils prirent tous les quatre leurs armes, prêts à agir au moindre signe offensif de leur adversaire, qui n’avait aucune chance de gagner seul.

« Oh, vous le prenez comme ça ? D’accord… »

Quand l’Ombre en face d’eux claqua des doigts, tous resserrèrent leur poigne sur leur arme, qu’ils tendirent vers leur adversaire, prêts à esquiver et à riposter. Mais ce fut avec effroi qu’ils découvrirent que le geste de leur ennemi n’avait pas été là pour lancer une offensive.
Une, deux, trois, quatre… le nombre d’Ombres autour d’eux ne cessait d’augmenter, ne leur laissant aucun moyen de s’échapper.
Le petit groupe céda bien vite à la panique, et baissa ses armes.

« C’est bien, vous avez compris qu’en tant qu’humains, vous ne serez rien de plus que des insectes qu’on écrasera sans aucune difficulté, déclara une Ombre derrière elle. »

Alors ils allaient mourir comme ça ? En tombant dans le piège aussi prévisible que cliché qu’était l’encerclement ? Seïra serra son arme rageusement. Kaël, Vanilla et même Sora… Elle refusait qu’on lui retire les personnes à qui elle tenait plus que tout au monde !
Ils devaient se battre. Elle devait les protéger.
Elle releva son arme vers la première Ombre qui leur avait fait face.

« On ne se laissera pas faire ! »

Les trois autres observèrent Seïra tout d’abord avec surprise -Sora fut le second à se ressaisir un minimum. Leur chance de s’en sortir frôlait le zéro, mais ils refusaient de mourir sans lutter avant. Ils se refusaient également de montrer aux Ombres qu’elles avaient déjà gagnées.

« Seïra a raison ! On n’abandonnera pas aussi facilement ! »

Le duo se sourit, avant de finalement se rendre compte du silence de Vanilla et Kaël. Seulement la chose qui finit par complètement inquiéter la brune, ce fut de sentir la main du rouquin lâcher la sienne. Le duo se tourna vers les deux autres ; ils les découvrirent agenouillés, une main serrée sur leur vêtement -au niveau de leur poitrine- avec une expression vide au visage.

A ça, Sora et Seïra ne se préoccupèrent plus que d’eux, et s’accroupirent pour les soutenir –oubliant complètement le danger dans lequel ils étaient. En maintenant Kaël, Seïra fusilla les vingtaines d’Ombres présentes du regard qui, contre toute attente, paraissaient presque surprises de la situation actuelle.

« Qu’est-ce que vous leur faites ?!
- Absolument rien, déclara l’un des encapuchonnés en haussant les épaules.
- Et vous pensez qu’on va vous croire ? Rétorqua Sora, qui s’occupait de Vanilla.
- Notre pouvoir n’est pas aussi puissant, on ne peut perturber un cœur qu’en rentrant en contact avec le corps qui le porte. »

A ce moment-là, Vanilla et Kaël se figèrent un instant, tandis que leur main qui tenait fermement le vêtement près de leur poitrine retomba, le corps complètement désarticulé. Ils avaient fermé les yeux et semblait ne plus respirer pendant une ou deux secondes.
En observant ce spectacle, même les Ombres oublièrent leur mission principale. Après tout, des humains qui se tordent de douleur aussi brusquement, pour paraître amorphe quelques secondes après, ce n’était pas banal.

« Vanilla, Kaël ! Appela désespérément Seïra. »

Aucune réponse, mais leur corps sembla reprendre une certaine activité. Leur respiration était un peu plus rapide, mais les deux jeunes adultes venaient de lever légèrement leur main. Ils en regardèrent la paume quelques instants, avant de relever enfin la tête.

« Qu’est-ce que…, souffla Sora, en reculant légèrement face au regard devenu bleu -similaire à cette Lune au dessus d’eux- de ses deux amis.
- Prête ? Demanda finalement Vanilla, en ignorant le duo, s’adressant uniquement au rouquin.
- Oui, finissons-en vite. »

Seïra, Sora et toutes les Ombres autour d’eux n’eurent pas le temps de comprendre ce qu’il se passait. Les corps de Vanilla et de Kaël furent entourés de cette étrange couleur bleue, mais aucune personne –ou créatures- présentes ne s’attendaient à ce que cette lueur se transforme aussi rapidement en une énorme onde de choc qui, en atteignant les Ombres, les firent disparaître immédiatement.

Cette attaque destructrice laissa Seïra et Sora dans un état d’hébètement total. Comment la noiraude et le rouquin avaient-ils réussi à faire ça ?
Le duo vit d’ailleurs les deux autres se lever. Vanilla -avec toujours ce regard anormalement bleu- tendait une main à Sora, tandis que Kaël –aux yeux avec une couleur identique à la noiraude- fit la même chose avec Seïra.

« Vous allez bien ? Demanda le rouquin, inquiet. »

Les deux autres ne répondirent pas tout de suite, mais se laissèrent faire quand Vanilla et Kaël les aidèrent à se relever.
Encore bouleversés par ce qui venait de se produire devant leurs yeux, les bruns ne purent que regarder les deux autres avec une incrédulité totale.

« Comment vous avez fait ça ? Interrogea le duo.
- On a pas vraiment le temps pour les questions, déclara la noiraude. Vanilla et Kaël vont pas tarder à se ramener à nouveau don-
- Attend. Tu viens de dire quoi là ? Coupa Seïra. »

Réalisant ce qu’ « elle » venait de dire, « Vanilla » soupira, complètement blasée.

« Et voilà on va encore perdre dix minutes dans des explications relous. Génial.
- Ce que veut dire V- enfin mon ami, c’est que pour vous sauver, on a été obligés de prendre le contrôle de Kaël et Vanilla, continua « Kaël ». Mais ce n’est pas une possession définitive.
- Et comme c’est pas définitif, on a pas vraiment le temps de vous en dire plus maintenant. Donc dès que les deux reprendront conscience, allez direct au Mémorial.
- Une fois là-bas… beaucoup de choses s’éclairciront pour vous, soyez-en certains, rajouta l’autre. »

Le duo se regarda. Ils ne comprenaient absolument rien à ce que les deux autres disaient. Vanilla et Kaël étaient possédés, mais pas par des monstres, ou comment ça se passait ?
En plus de ça, autre chose perturbait Sora dans l’histoire ; la gestuelle, et cette manière de parler qu’avait la créature qui possédait Vanilla… c’était comme si…

Il voyait déjà que les deux Choses -qui avaient élus provisoirement domicile dans le corps des deux jeunes adultes- se préparaient à céder à nouveau la place aux deux et uniques propriétaires des corps volés. Seulement le brun était bien trop perturbé pour les laisser partir comme ça.
Il prit la main de « Vanilla » qui l’observa avec une expression plus que familière, malgré ses yeux aussi bleus que cette Lune au dessus d’eux.

« Attendez ! Est-ce que…, bredouilla-t-il en baissant la tête. Est-ce qu’on se connait ? »

C’était idiot, et sans doute impossible. Pourtant le brun n’arrivait pas à se séparer de cette impression. Il ne reçut pas tout de suite de réponse, mais sentit que la main qu’il tenait lui serra la sienne –avec encore une fois ce sentiment de familiarité.
Il releva la tête, et put voir un sourire énigmatique –voire même triste- se dessiner sur le visage de « Vanilla ».

« Et pas qu’un peu, déclara finalement l’autre.
- Comment ça… ? »

Mais à ce moment là, l’autre lui lâcha la main, et détourna la tête. Le « rouquin » s’approcha alors du brun, qui ne faisait qu’observer sa main qui avait tenu celle de cette étrange créature.

« Les véritables retrouvailles auront lieu au Mémorial, on vous le promet. »

Puis, sans rien rajouter de plus, « Kaël » et « Vanilla » fermèrent les yeux. Au même instant, les deux corps possédés vacillèrent, et le duo eut le bon réflexe de les rattraper juste avant qu’ils ne s’effondrent brutalement au sol.
Leurs amis avaient les yeux fermés, mais Sora et Seïra savaient qu’ils se réveilleraient sous peu –et seraient à nouveaux eux-mêmes à ce moment-là. Ils se contentèrent alors de se regarder.

L’un des deux monstres qui leur avait fait face connaissait Sora, c’était une chose indéniable, puisqu’il l’avait lui-même avoué. Mais comment était-ce possible ? Même le brun, malgré cette impression oppressante, ne pensait pas avoir une réponse positive à une telle question…
Et les propos de l’autre créature étaient tout aussi perturbants. Qu’entendait-elle par retrouvailles ?

Une seule chose était sûre dans leur esprit ; les réponses, ils ne les auraient pas dans cette forêt.
Bien décidés à en savoir plus, Sora porta Kaël, et Seïra Vanilla, le temps qu’ils se réveillent. Prochaine destination ; le Mémorial.

_________________
« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Sam 5 Sep - 11:31

Chapitre 26 : Improbabilité

Durant tout le trajet vers le Mémorial, Seïra et Sora avaient gardé le silence, se contentant juste d’avancer. Vanilla et Kaël s’étaient réveillés, et paraissaient dans un état normal et en forme, mais le duo n’avait pas encore trouvé le courage de leur raconter la vérité sur les derniers évènements –mais le plus étrange, c’était que les deux autres ne s’en inquiétaient même pas, en fait.

Cela faisait trois semaines qu’ils vivaient tous des situations surnaturelles, mais la possession récentes des deux jeunes adultes avait été la chose la plus perturbante qu’ils avaient vécu jusqu’à maintenant.
Il fallait rajouter à ça les différents et étranges propos des monstres qui avaient emprunté pendant quelques minutes les corps de leurs amis… Sora ne parvenait pas à se remettre de cette impression familière, ni de la réponse de la créature qui avait pris possession de Vanilla.
Tout cela était vraiment dingue…

Ils arrivèrent finalement au Mémorial. Ils entrèrent au niveau de ce qui avait été la porte principale, partiellement détruite, à présent. Une fois à l’intérieur, ils purent enfin eux-mêmes jugé des dégâts. Une grande partie du plafond s’était effondré, presque tous les bancs avaient été détruits… mais surtout, la plaque de marbre était complètement en ruine. Il ne restait plus rien.

« Ah, vous aussi vous avez reçu cet appel chelou sur votre talkie-walkie ? Demanda Axel. »

Les quatre autres ne s’étaient pas tout de suite rendu compte de la présence des deux groupes. Ils se dirigèrent vers eux, mais en voyant tous les regards fixés sur eux, Sora et Seïra ne purent que détourner le regard. Non ils n’avaient pas eu d’appel sur l’émetteur que Zenia leur avait prêté, mais des monstres leur avaient dit de se rendre ici. Mais ils ne pouvaient rien dire. Pas encore du moins.

Vanilla et Kaël, comme tous les autres, ne comprenaient pas ce comportement étrange… mais ils se doutaient que tout avait un lien par rapport à leur brusque perte de conscience. Que s’était-il passé durant ce court laps de temps ? La noiraude s’apprêta à poser la question à sa sœur, lorsque toutes les personnes présentes entendirent des bruits suspects. Ils se tournèrent vers leur provenance, et découvrirent Zenia, Braig et Eva sortir à travers des escaliers, présents sous une dalle –la seule qui menait au sous-sol du Mémorial. Quand les trois scientifiques de l’époque découvrirent la présence des autres, leur surprise fut totale.

« Qu’est-ce que vous foutez là les jeunes ? Demanda Braig.
- C’est pas vous qui vous nous avez demandé de venir ici ? Interrogea Alexia, sceptique.
- Bah non… »

Tous les groupes, maintenant réunis, s’observèrent avec incompréhension. Ce fut à ce moment-là que Seïra et Sora trouvèrent le courage de raconter ce qu’ils avaient vécu –car c’était uniquement ça qui pouvait expliquer leur réunion imprévue dans un tel endroit.

« Vani et Kaël ont été possédés tout à l’heure, déclara le brun, qui serrait fortement la main de son double.
- Mais ils étaient pas contre nous ! Rajouta immédiatement Seïra avant que quelqu’un n’ait le temps de parler. Ils nous ont protégés, et nous ont dit de venir ici. –puis elle s’adressa au deux principaux concernés- On est désolés, on ne savait pas comment vous dire la vérité… »

Seulement Kaël et Vanilla ne répondirent rien et gardèrent simplement le silence. C’était comme si au fond d’eux ils savaient que leur corps ne leur avait plus appartenu pendant quelques instants. Ce qui expliquait que, contre toute attente, ils ne s’étaient pas trop inquiétés de leur perte de connaissance alors qu’ils avaient été totalement piégés par les Ombres…
Les autres, quant à eux, ne surent comment réagir à la révélation que venait de leur faire le duo. Zenia, elle, avait une vague idée de la situation.

« C’est vrai, il existe des possessions provisoires, et parfaitement sans danger, déclara soudainement une voix. »

Personne ne reconnut la voix féminine qui venait de prononcer cette phrase –mise à part Zenia. Tous se tournèrent vers sa provenance, pour y voir une jeune femme qui leur souriait simplement. Elle sembla observer plus longuement Vanilla et Kaël, avant de s’adresser à toutes les personnes présentes.

« Je suis Ariane Mahoney. Je pense que Zenia vous a déjà parlé de moi, n’est-ce pas ? Demanda l’arrivante, sans se départir de ce sourire lumineux. Je suis heureuse de faire enfin la connaissance des doubles-cœurs de cette ville, ainsi que de toutes les personnes qui ont mis fin à la première guerre. Dans l’Entre-Monde on ne parle que de vous. »

Zenia était la seule à pouvoir joindre les bouts. Elle connaissait tout ce qui concernait le monde cité, alors que les autres venaient à peine d’en découvrir l’existence car elle leur en avait vaguement parlé.
La scientifique sentait que cette rencontre entre Ariane et tout le monde n’était là que pour une seule chose ; Kairi et Vanitas étaient prêts à révéler leur « retour », et c’était donc très certainement eux qui avaient possédé Kaël et Vanilla. Ces derniers avaient eu trop peu de réaction face à la révélation du duo de bruns, de ce fait… le rouquin et la noiraude, au fond d’eux, savaient, même sans en avoir véritablement conscience.

« Je vois à vos expressions que vous n’avez pas la moindre idée de ce que peut être l’Entre-Monde… alors laissez-moi vous raconter une histoire, aussi vieille qu’Alma et Mirari. »

Zenia la connaissait cependant déjà, Ariane la lui avait racontée après la destruction complète de l’hôpital. Elle n’écouta donc qu’à moitié ce récit, qui dévoilait l’existence d’un troisième monde, de l’expérience qu’Ariane et Arioch avaient faites des millénaires auparavant, de ce que ça avait engendré… Puis elle arriva enfin au moment où l’équilibre des mondes avaient définitivement basculé, il y avait de ça six ans.
La scientifique connaissait d’ailleurs suffisamment la jeune femme pour savoir qu’elle ne leur dirait pas directement les derniers secrets du nouvel Entre-Monde ; elle fonctionnerait, comme à chaque fois, par énigmes et devinettes.

« Si vous ne devez plus subir la malédiction des doubles, c’est uniquement grâce à deux-milles-quarante-sept personnes qui vivent dans l’Entre-Monde.
- Deux-milles-quarante-sept…, murmura Eva. Ce nombre m’est plutôt familier. Et vous ne l’avez pas prononcé au hasard, je présume ?
- Indice, déclara en souriant Ariane. Zenia doit avoir deviné que je ne vais pas vous donner la réponse sur un plateau. Surtout que pour y croire… il vous faut trouver les réponses par vous-mêmes. Et j’ai plutôt de la chance d’avoir deux habitants natifs de cette ville. Ils ont disséminé d’autres petits indices. »

Tous observèrent Zenia, qui gardait le silence. Alexia voulut directement lui demander ce que tout cela voulait dire, pourquoi elle ne s’inquiétait pas plus que ça de la possession qu’avaient subi Vanilla et Kaël… seulement la scientifique avait une expression qui fit bien vite comprendre qu’elle ne dirait rien.

« Comme les mondes, vous êtes composés de trois « parties » dirons-nous, continua Ariane. Il y a le corps organique, le cœur spirituel… et la conscience. J’ai recueilli cette dernière pour ces quelques personnes, car je le pouvais uniquement grâce à une condition particulière.
- Et c’est quoi cette condition ? Demanda Axel.
- A vous de me le dire, déclara Ariane, qui montrait un amusement certain. »

On pouvait voir de l’agacement naître chez Eva, de l’énervement chez Braig, mais chez les plus jeunes, rien de tout cela. Ils se demandaient juste où voulait en venir la femme en face d’eux.

« Mais ne vous en faites pas, vous allez vite comprendre grâce aux indices qui sont sous vos yeux depuis le début.
- Comment ça ? Interrogea Riku.
- La destruction de ce lieu. C’est là que découle tous les indices. Kaël, tes souvenirs ont été scellés par un habitant de l’Entre-Monde. Tu n’as rien oublié, c’est juste… dissimulé. Je te permettrai bientôt de te souvenir, lorsque vous aurez tous compris. »

Ariane s’approcha ensuite des ruines que la stèle de marbre était devenue, suite à l’attaque du monstre Originel dans ces lieux.
Elle prit un morceau, où des lettres dorées étaient incrustées.

« Vous allez trouver cela idiot et surtout improbable, mais la réponse se trouve en grande partie dans les téléphones de trois d’entre vous. Et surtout… un habitant a plus ou moins dévoilé son identité il y a de ça quelques minutes, à travers l’un des corps possédés. »

Face à l’incrédulité commune, mais surtout à l’expression de Sora, Vanilla, et Kaël qui l’amusait, Ariane sourit ; ils commençaient tous les trois à doucement comprendre. Elle fit tomber le morceau de pierre qu’elle tenait, avant d’observer le groupe à nouveau.

« A qui le message, envoyé par le téléphone de Kaël ce jour-là, était destiné ?
- A Sora, mais euh… en quoi ça peut avoir un rapport avec la situation ? Demanda Axel.
- Et chez qui le téléphone de Vanilla a été retrouvé ? Interrogea à nouveau Ariane, ignorant le roux. »

Sora était de nouveau la réponse, mais personne ne la prononça à voix haute ; certains parce qu’ils ne comprenaient pas où voulait en venir la femme, d’autres parce qu’ils ne voulaient pas croire où tout cela allait pouvoir les emmener.
Zenia, même si elle savait déjà tout, se surprit d’avoir loupé ce genre de choses. Depuis le début, ils étaient tous en mesure de deviner. Vanitas leur avait donné la réponse –et Sora l’avait certainement reconnu en Vanilla tout à l’heure.

« Sora, étrangement, a toujours eu un lien étroit à chaque évènement. Et qui d’autres que Seïra et Vanilla a un lien particulier avec lui ? Demanda Ariane, souriante. »

Tous commençaient à faire les différents rapprochements, et Ariane pouvait deviner que tous en arrivait doucement à la même conclusion.
Ce fut Vanilla qui recommença finalement à parler.

« Alors ce nombre… Ce deux-mille quarante-sept… c’est celui qui représente le nombre de personnes qui ont survécu sans leur double... ?
- C’est ça.
- Ce qui veut alors dire que les habitants de l’Entre-Mondes sont les… sont les consciences des personnes mortes sans leur opposé…, souffla Kaël.
- Ding ding ding. Bonne réponse, sourit Ariane. »

Kaël, Sora, Vanilla et même tous les autres autour d’eux ne pouvaient pas le croire. Tout cela était complètement fou. Qu’est-ce qui leur prouvait que ces quelques indices avaient vraiment été laissés par… non, ils ne pouvaient tout simplement pas y croire. Ariane devait jouer avec eux, et avec leurs sentiments, ils ne voyaient que ça.

« Vous êtes encore sceptiques alors que vous avez trouvé la réponse ? Demanda Ariane, étonnée de l’expression des principaux concernés. Bon… je vais alors tenir ma promesse, et vous faire partager le souvenir qu’a Kaël des mystérieux évènements qui ont eu lieu ici même. Sachez juste qu’un souvenir, s’il peut être dissimulé, ne peut pas être inventé de toute pièce. »

Elle s’approcha ensuite de Kaël, et lui tint la main. Elle ordonna à tout le monde de fermer les yeux. Tout fut noir pendant quelques instants puis, à travers les yeux et les souvenirs du rouquin, ils virent ce qu’il s’était réellement passé lors de la destruction du Mémorial.

Vanilla inconsciente, le monstre Originel dans ses habits blancs, la première explosion, la préparation de l’attaque qui aurait dû être mortelle…
Et Kairi. Kairi et cette aura bleue autour de ses mains. Kairi qui s’approcha du rouquin. Kairi qui lui parla, lui ordonna de fuir.

Pour Kaël, cela sonnait comme un vrai souvenir, ce n’était absolument pas une invention. Pour les autres qui voyaient cela… ce n’était qu’une confirmation d’une hypothèse qu’ils n’osaient pas accepter.
Seulement ce n’était pas fini. Le souvenir continua de défiler dans l’esprit de chacun. Kaël eut même l’impression de ressentir à nouveau la douleur à son crâne lorsqu’ils en arrivèrent au moment où il était sorti du Mémorial.

Tous virent le corps de Vanilla être lâché par le rouquin, pour atterrir un peu plus loin. Tous virent cette lumière bleue, près de la noiraude. Puis une forme humaine, qui s’approcha de Kaël.
Tous virent à travers les yeux du rouquin le mal qu’il eut à redresser la tête, au moment où il sentit l’inconnu lui prendre son portable. Mais il réussit à lever suffisamment les yeux pour voir le visage de cette personne.
Vanitas. Vanitas qui l’observa même un instant, avant d’écrire le fameux et mystérieux SMS, dont personne n’avait réussi à savoir son véritable auteur jusqu’à maintenant.

Le souvenir s’arrêta là, et tous rouvrirent les yeux sur le Mémorial détruit. Personne ne réalisait vraiment. Personne n’arrivait à croire que tout cela s’était vraiment produit, il y avait de ça quelques jours.

« Ils ont cherché à vous le cacher, pour ne pas vous faire du mal, déclara Ariane avec douceur, alors qu’elle avait lâché la main de Kaël. Mais depuis le début de cette seconde guerre, ils ont toujours été là. Ils ont fait ce qu’ils ont pu pour vous protéger, et pour vous sortir des situations les plus difficiles. Que ce soit au Mémorial, lors de la destruction de l’hôpital ou bien même dans la forêt il y a de ça une heure… ils n’étaient jamais très loin. Ils ont toujours veillé sur vous. »

Ariane releva finalement la tête, et regarda derrière le groupe en souriant. Tout le monde sut très facilement pourquoi. Après tout ce qui venait d’être dit et vu… il n’était pas difficile de deviner qui se trouveraient derrière eux lorsqu’ils se retourneraient.
Ariane commençait déjà à disparaître lorsqu’elle prononça ses derniers mots.

« Mon rôle se termine ici. Je vais vous laisser entre vous. A plus tard. »

La jeune femme disparut complètement. Un silence pesant s’installa dans le Mémorial, à peine éclairée par l’Entre-Monde –à cause de son plafond détruit. Le groupe ne s’était pas encore retourné lorsqu’ils entendirent des bruits de pas, signe que les personnes s’approchaient.
Ils n’en trouvèrent la force qu’au moment où les pas cessèrent… pour voir Vanitas et Kairi à quelques mètres d’eux.
Ils étaient vraiment là. Toutes les histoires racontées par Ariane étaient réelles –et eux aussi.

« Ca devient un peu chiant ce silence, vous trouvez pas ? Demanda finalement Vanitas, d’un ton qui se voulait détaché.
- Ouais c’est vrai, c’est pas comme si t’avais disparu pendant six ans, qu’on avait vu ton cadavre plein de sang et digne des meilleurs films d’horreur, rétorqua Axel.
- Nan, dans les films d’horreurs c’est du faux sang, j’ai été plus original, moi. »

La situation actuelle était absolument ridicule. Sora avait presque l’impression d’être revenu six ans auparavant, à l’époque où son frère et Axel s’envoyaient des répliques sarcastiques ou idiotes toutes les dix secondes.
Mais il fallait garder à l’esprit que tout cela ne serait qu’éphémère.
Pourtant, le brun ne put contrôler le geste impulsif qui le poussa à se précipiter vers son frère, et à le serrer contre lui, comme pour se prouver à lui-même que le noiraud était bien de retour –provisoirement, il le savait, mais ça n’avait aucune importance pour l’instant. Vanitas avait tenu sa promesse, après tout ; il était vraiment revenu…

Se ressaisissant légèrement, il se sépara de son frère, lui prit la main, et le força à le suivre jusqu’à atteindre Vanilla, Xion, Axel et Riku. Après tout, il n’y avait pas que lui qui avait un lien étroit avec Vanitas. Et même s’il savait que le point faible de son jumeau, c’était le contact humain, hors de question de ne pas fêter son retour sans un énorme câlin !
Et le brun forcerait Vanilla et Vanitas à se parler, aussi ; car ils n’auraient sans doute plus l’occasion de le faire par la suite, donc il se promettait de les mettre rien que tous les deux dans une pièce –ils avaient le droit de connaître ce que c’était vraiment, d’avoir un double.

Et aussi… le noiraud n’aurait pas le droit de partir avant de vivre une dernière journée entre amis. Sora se débrouillerait pour que Xion, Axel, Riku, Vanitas et lui-même se retrouvent une dernière fois rien que tous les cinq.
Même si tout cela n’était qu’éphémère, Sora voulait profiter un maximum du retour de Vanitas, sans déprimer une seule seconde –et leur temps était compté. Il fallait donc qu’il prépare ce programme au plus vite.

Kairi, quant à elle, s’était approchée du reste du groupe, et observa plus particulièrement Seïra, Riko et Zenia. Elle savait ce que son visage pouvait inspirer ; après tout Arioch avait volé son apparence le jour où Vanitas avait été tué, et elles avaient été toutes les trois témoins de la scène. Alors avant d’avoir de véritables retrouvailles avec Kaël… elle se devait de leur parler, maintenant qu’elle en avait l’occasion.

« Je suis désolée, je sais que me voir vous rappelle ce qu’il s’est passé il y a six ans.
- Je ne pense pas que tu ais vraiment besoin de t’excuser, lui répondit Riko.
- Comment ça ?
- Vanitas et toi avez sans doute passé énormément de temps ensemble dans l’Entre-Monde, expliqua l’argentée. Donc si lui ne te voit pas comme sa meurtrière, pourquoi nous on le ferait ? »

Cette remarque fit sourire Kairi. En effet, lorsqu’elle s’était réveillée auprès de Vanitas la première fois dans l’Entre-Monde… il ne l’avait pas vu en tant qu’assassin, mais en tant que double de Kaël. Jamais autrement.

« Pour l’instant, je pense qu’on va te laisser avec Kaël ! Sourit Seïra. Vous devez avoir plein de choses à vous dire.
- Surtout qu’Arioch n’agira pas en personne avant un petit moment, et avec les pouvoirs que l’Entre-Monde vous a donné, on risque de toute manière rien, ajouta Alexia.
- De plus, je pense qu’Aqua sera heureuse de te revoir aussi, continua Zenia. »

Kaël et Kairi se regardèrent. C’était vrai, ils avaient tous les trois l’occasion d’avoir de vraies retrouvailles, à présent. D’ailleurs, la rouquine devait être moins à plaindre que Vanitas, de ce côté-là, car à en voir le comportement actuel de Sora, il avait déjà dû lui réserver tout un programme.
Mais en plus de ça, et même si Kairi était l’une des seules à être au courant, le noiraud aurait des explications à fournir à Vanilla, une fois que l’ambiance aurait retrouvé un certain calme –car bien qu’involontairement, il avait tout même failli complètement détruire la jeune femme.

Leur retour allait vraiment provoquer beaucoup de choses, une fois l’adrénaline de la surprise et de la joie tombée… mais ild étaient enfin prêts à y faire face.
Il fallait juste espérer qu’Arioch leur laisserait le temps de régler tout ce qu’ils avaient à faire, avant de recommencer à agir en personne.
Parce qu’une chose était certaine ; à la prochaine attaque directe du Monstre Originel, les choses trouveraient une fin, et l’équilibre des mondes serait rétabli.

Malgré un Sora et un Axel très envahissants, Kairi arriva à adresser un regard à Vanitas ; leur temps était compté. Bientôt, ils disparaîtraient à nouveau.
Ils ne pouvaient donc pas se permettre de gaspiller une seule seconde de plus, et devraient profiter au maximum de leur dernier séjour dans le monde unifié, afin de pouvoir partir sans remords, cette fois-ci.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Sam 12 Sep - 10:01

Chapitre 27 : Répit

Cela faisait maintenant quelques heures que Zenia était seule et pensive dans ce Mémorial –détruit mais surtout rempli d’histoires.
Construit à l’endroit même où se trouvait le laboratoire il y avait de ça six ans, c’était également devenu le plus grand symbole de la fusion et de la cohabitation entre Alma et Mirari.
Mais une autre page venait de s’écrire pour le Mémorial ; sa destruction avait provoqué le retour éphémère d’âmes qui ne pouvaient pour le moment trouver la paix.
Comme si l’essence même des trois mondes avait compris ce que représentait cet endroit.
Unis pour un même combat, la Vie et la Mort combattraient côte à côte pour rétablir l’équilibre, et ainsi sauver Almari d’une descente dans les profondeurs des Ténèbres.

Une nuit permanente montrait l’urgence de la situation, et surtout le danger qui planait sur eux, mais Ariane leur avait assuré qu’à part envoyer ses Ombres, Arioch ne pouvait pour l’instant rien faire personnellement.
Inutile donc de dire qu’après les retrouvailles les plus improbables au monde, tous profitaient de ce temps de répit pour définitivement détruire les fantômes de ce passé qui les hantaient depuis six ans.

Zenia savaient que Vanitas, Sora et les autres Almarys s’étaient isolés tous les cinq, dans l’endroit où ils avaient toujours eu l’habitude de se retrouver, à l’époque. Kairi et Kaël, quant à eux, étaient partis voir Aqua. La scientifique avait téléphoné à la jeune femme, et lui avait tout raconté sur l’Entre-Monde, pour la préparer au retour de sa meilleure amie.
Pour les autres… ils ne pouvaient que sentir à travers leur double la joie éprouvée, et ne chercheraient pas à les déranger.

« Aurais-tu fait de cet endroit ta résidence secondaire ? Demanda une voix qu’elle connaissait maintenant très bien. »

La scientifique se retourna, et découvrit Ariane, simplement assise sur l’un des rares bancs qui avaient été épargnés, lors de la destruction.
Zenia la rejoignit, et s’assit à ses côtés. L’autre femme l’observa quelques instants, et put facilement déceler une certaine inquiétude dans son regard. Elle soupira.

« Tu devrais arrêter de réfléchir de temps en temps, tu sais ? Après tout, au moment où nous parlons… des retrouvailles, certes improbables, ont lieu.
- J’en ai conscience, cependant… lorsque le mons- enfin Arioch décidera d’attaquer à nouveau, j’ai bien peur que cela ne se termine très mal.
- Ne te préoccupe donc pas de ça maintenant et profite, comme tous les autres, du retour de Kairi et Vanitas pendant votre répit.
- Ce n’est pas aussi simple… »

Après tout, un autre facteur jouait actuellement avec les émotions de Zenia ; celui d’avoir été spectatrice mais surtout la première cible d’Arioch, le jour où le noiraud avait été tué. Elle l’avait vu mourir, alors que c’était elle qui aurait dû… comment pouvait-elle regarder Vanitas en face, après ce qui était arrivé ? Et surtout pourquoi l’avait-il à nouveau sauvée dans cet hôpital, alors qu’elle avait été la cause principale de sa mort ?

En plus, si elle commençait à réaliser tout cela, Kaël serait bien vite repris par ce sentiment de culpabilité qui le rongeait. Depuis six ans il disait être le seul coupable, et pendant les deux premières années il ne cessait de faire des cauchemars là-dessus, pourtant… il n’avait jamais pleuré. Ni à l’enterrement officiel de Kairi, ni à celui de Vanitas ; il ne s’était tout simplement jamais autorisé à le faire.
Mais dans la situation actuelle, il se pourrait bien que toutes ces larmes refoulées fassent définitivement surface, lorsque son adrénaline d’avoir retrouvé Kairi retomberait, et qu’il devrait leur faire face à tous les deux.

Zenia serra le poing, et tenta de reprendre le contrôle sur ses propres émotions. Non seulement pour le bien être de son double, à des milliers de kilomètres d’ici, mais aussi parce que –et surtout- ce n’était pas forcément elle qui était le plus à plaindre dans cette histoire. Elle n’avait donc pas le droit de faiblir.

« C’est vrai que Kaël va bientôt être confronté à beaucoup de choses, déclara Ariane en levant les yeux vers l’Entre-Monde. Mais c’est mieux comme ça, tu ne crois pas ?
- Comment ça ?
- Pleurer est quelque chose de naturel, et le Kaël que vous connaissez tous maintenant a perdu ce naturel à cause de ça. Il est lui-même, mais… pas totalement non plus. Il faut qu’il se décharge pour de bon de tout ce poids, et il en a enfin l’occasion.
- C’est l’une des raisons qui poussaient Kairi et Vanitas à rester cachés ?
- Disons qu’ils se rendaient plus ou moins compte de tout ce que leur mort avait engendré, et ils ont voulu esquiver la chose. Mais l’occasion ne se représentera pas deux fois, donc au final ils ne pouvaient juste pas se résoudre à laisser leurs amis, frère ou double malheureux. Ce que tu as dit à Kairi la dernière fois les a beaucoup aidés. »

Zenia resta silencieuse. Elle savait qu’une fois les retrouvailles terminées, les différents groupes se réuniraient dans l’appartement de Sora et Seïra –le plus grand d’entre tous- et que tout se jouerait très certainement là-bas… elle était d’ailleurs conviée à cette petite réunion, et pourrait voir d’elle-même l’avancement des choses, et surtout assister à plusieurs moments forts.
D’ailleurs, il valait mieux qu’elle se mette en route, vu que l’heure de rendez-vous était dix huit-heures. Il lui restait cependant une question à poser à Ariane.

« Est-ce que les habitants de l’Entre-Monde ont un temps limité dans notre monde ?
- Plus ou moins. D’ailleurs je conseille fortement à Vanilla et Kaël de beaucoup se reposer après tout ça, déclara Ariane en souriant légèrement.
- Pourquoi ?
- Ils servent de réceptacles à Vanitas et Kairi, pour qu’ils puissent rejoindre Almari. Ils partagent donc plus ou moins la même énergie, de ce fait… la possession subie les a beaucoup affaiblis. Et comme les deux autres font un séjour prolongé dans le monde des humains…
- C’est alors dangereux pour eux de-
- Oh non non ! Dangereux n’est pas le terme. C’est surtout Kaël et Vanilla qui en font un peu trop en ce moment, du coup le contrecoup sera un peu désagréable pour eux, mais… ça permettra à Kairi et Vanitas de se réguler pour une optimisation de leurs pouvoirs par rapport à l’énergie de leur double, ce qui sera très utile contre Arioch.
- Donc c’était pour connaître les limites de l’énergie de Kaël et Vanilla qu’ils les ont possédés ?
- Exactement. C’était le meilleur moyen pour eux de savoir, et surtout le plus rapide. »

Puis Ariane se leva, toujours avec ce sourire lumineux sur le visage.

« Enfin ! Il va être temps pour toi de les rejoindre ! J’aurais d’ailleurs bien voulu venir, mais j’ai quelques affaires à régler. Ca te dit de découvrir la sensation que procure une téléportation ? »

Zenia n’eut même pas le temps de répondre, qu’elle sentit Ariane lui toucher l’épaule, pour ensuite se voir être entourée de cette mystérieuse aura bleu -qui l’éblouit pendant quelques instants, la forçant à fermer les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, elle se retrouva désorientée au milieu du salon de Sora et Seïra, sous le regard extrêmement surpris des anciens Mira –les deux autres groupes n’étaient toujours pas là, cependant.

« Les portes c’est trop mainstream pour toi ou quoi ? Demanda finalement Alexia.
- Mais surtout comment t’as fait ? Interrogea Vanilla.
- C’est Ariane qui a usé de son pouvoir de téléportation sur moi, répondit Zenia, une fois les idées à nouveau clair. Les autres ne sont toujours pas là ?
- J’ai reçu un SMS de Riku, et Seïra de Kaël, ils ne vont pas tarder à nous rejoindre, déclara Riko. »

Zenia songea à tout ce qui avait été dit au Mémorial, et ne put s’empêcher d’éprouver une certaine inquiétude en sachant que bientôt, tout le monde serait réuni. Elle observa du coin de l’œil Vanilla, et put constater une certaine pâleur, même si la jeune femme ne paraissait pas aller mal. Et lorsque Kaël et Kairi furent les premiers à franchir la porte, elle put constater la même chose chez le rouquin.
Ariane lui avait dit de ne pas s’inquiéter, que le contrecoup n’était pas pour tout de suite, mais tout de même…

« Ah, en voilà déjà deux, plus que cinq ! On va bientôt pouvoir manger ! Se réjouit Alexia.
- Bon du coup je te présente Alexia, ventre sur pattes, rit Kaël en s’adressant à Kairi, qui souriait, amusée. Là c’est sa meilleure amie, Vanilla, sa jumelle Seïra, et là c’est Riko, Noa et enfin Zenia, continua-t-il ensuite en indiquant du doigt les personnes qu’il nommait.
- Enchantée, répondit Kairi. »

Après tout, ils n’avaient pas vraiment pris le temps pour des présentations convenables, mais Kaël voulait à tout prix que Kairi se sente à l’aise et surtout intégrée au groupe.
Peu de temps après, le groupe des anciens Almarys entra à son tour, et Kaël s’occupa de présenter Sora, Riku, Xion et Axel à Kairi. Il précisa par la suite qui était le double de qui, même si ce n’était pas vraiment nécessaire, au vu des ressemblances physiques.

L’ambiance n’était pas aussi pesante qu’au moment où ils s’étaient tous quittés au Mémorial, et chacun paraissait même détendu. Sora était littéralement collé à son frère, même lorsqu’ils s’installèrent sur l’un des divans, mais Zenia pouvait facilement remarquer la distance entre Vanitas et Vanilla, contrairement à Kaël et Kairi qui s’étaient assis côte à côte.
C’était sans doute normal, d’un côté ; leur lien avait été rétabli uniquement à cause du retour des monstres, et connaissant leur caractère à tous les deux…
En plus de ça, peut-être que la noiraude sentait que son double avait un lien sur son comportement des trois premières années qui suivaient la fusion.

Enfin de toute façon, que ce soit Zenia ou les autres, aucun d’eux n’avait le droit de s’immiscer dans cette histoire. Même Axel et Alexia, qui devaient être les premiers à avoir remarqué la distance entre les deux autres, l’avaient compris, car ils ne cherchaient pas à les rapprocher d’une quelconque façon. Et même s’ils étaient distants, ils n’en faisaient pas souffrir l’ambiance générale -lorsque la discussion l’exigeait, ils s’adressaient tout de même la parole, même si ce n’était qu’un échange très bref.

Zenia participait également à quelques conversations, mais elle se contentait surtout d’observer Kaël. C’était lui qui, psychologiquement parlant, pouvait craquer à tout moment… pourtant il paraissait vraiment heureux. Ou peut-être dissimulait-il sa culpabilité, le temps d’être une fois seul avec Kairi et Vanitas ? Elle ne savait pas vraiment. En réalité, elle n’avait jamais vraiment réussi à cerner le rouquin.

« N’empêche, ça fait bizarre, vous trouvez pas ? Demanda soudainement Axel, et d’une manière qui interrompit toutes les autres conversations en cours.
- De ? Interrogea Vanitas.
- Bah t’as toujours ta tronche de dix-sept ans, et Kairi a pas l’air d’avoir vieilli non plus. Vous êtes tout petits, et presque mignons ! Répondit Axel, un sourire narquois aux lèvres. Même vos doubles sont plus grands que vous maintenant, la honte.
- On en reparlera quand t’arriveras dans l’Entre-Monde avec ton déambulateur en mode papy chauve et aigri, alors que nous on sera toujours aussi jeunes et sexy, rétorqua le noiraud, visiblement vexé. »

Rien n’avait changé. Dans l’esprit de Sora, c’était comme si Vanitas était simplement parti quelques temps, pour revenir peu après. La seule chose qui prouvait malheureusement au brun qu’il s’était effectivement écoulé six ans, c’était les changements physiques. Ils avaient tous grandi et vieilli, alors que le temps de Kairi et Vanitas s’était définitivement figé le jour de leur mort.

Pendant qu’Axel et Vanitas entamaient un échange pour le moins très sympathique, Sora se tourna vers Kairi, qui paraissait également amusée –mais aussi rassurée- de la situation actuelle. Le brun passa également un regard à Vanilla, assise à ses côtés et Kaël, sur le divan juste en face.
Si le second était très actif dans les conversations, afin d’intégrer Kairi au mieux au groupe, la noiraude était plus silencieuse, et ne faisait qu’observer furtivement Vanitas. C’était sans doute compréhensible, car de tous les duos présents, c’était celui qui avait eu le moins de temps pour connaître la sensation que procurait la présence d’un double.
Le brun espérait tout de même que cette légère tension entre eux ne durerait pas ; après tout, leur temps était compté et… lorsqu’ils en auraient fini avec Arioch, Vanitas et Kairi disparaîtraient à nouveau.

A cette pensée, Sora se secoua mentalement la tête. Il s’était promis de ne pas penser à ça ! Il ne pouvait certes pas nier le côté éphémère de ce qu’il se passait actuellement, mais il refusait d’en déprimer, bien au contraire.
Après tout… jamais il n’aurait cru pouvoir revoir son frère un jour. Jamais il-

En sentant soudainement ce poids sur son épaule droite, plus l’inquiétude de Seïra et le silence qui s’était soudainement installé, Sora interrompit directement toutes réflexions, pour regarder tour à tour Kaël et Vanilla. Le rouquin, inconscient, était en train d’être installé correctement sur le divan par Kairi et Seïra, et la noiraude s’était assoupie sur l’épaule du brun. Alexia s’approcha immédiatement de sa meilleure amie, tandis qu’une atmosphère remplie d’inquiétude prit place dans la pièce. Les seuls qui ne paraissaient pas perturbés de ces brusques évanouissements, c’était Zenia, Vanitas et Kairi.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda Seïra, s’adressant aux trois autres, alors qu’elle tenait la main de Kaël tout en regardant Vanilla près de Sora.
- Rien de bien grave, ne vous en faites pas. C’est simplement le contrecoup de leur possession récente, expliqua Kairi.
- Du coup on va devoir vous laisser pour le moment, rajouta Vanitas. Demandez à Zenia, Ariane a du la mettre au courant du truc. »

Puis, sans fournir d’autres explications, une lumière bleue entourèrent les deux habitants de l’Entre-Monde, qui disparurent en une fraction de seconde. Au même moment, les corps de Vanilla et Kaël furent également entourés de cette aura, qui se dissipa au bout de quelques secondes.
Sora avait bien tenté de tendre une main vers son frère et aurait voulu lui crier de rester, seulement celui-ci n’avait rien remarqué et avait tout de même disparu sous ses yeux. Encore.

Le sentiment de l’avoir perdu une seconde fois sans avoir pu lui dire au revoir rongea Sora, qui se mit à trembler. Pourtant, à cet instant, il crut sentir non seulement une chaleur à son cœur, mais également la main de Vanilla, pourtant toujours inconsciente, prendre la sienne pour la serrer légèrement. Dans son cœur s’éleva une voix –celle de son frère.

« Imbécile. Arioch est pas encore vaincu donc j’risque pas de repartir comme ça. Je reviendrai plus tard, d’acc ? »

Après cet écho dans son cœur, la chaleur dans sa poitrine s’atténua, et la main de Vanilla relâcha la sienne. Sora se sentait vraiment idiot d’avoir paniqué ainsi, maintenant… mais il réussit tout de même à cacher son léger rire nerveux aux autres –ce qui n’était pas très difficile, au fond, vu que tous les regards étaient portés sur Zenia actuellement.

« Pourquoi Vanilla et Kaël se sont évanouis ? Demanda immédiatement Alexia.
- Et pourquoi Van’ et Kairi ont disparu ? Rajouta Axel.
- D’après Ariane, ils partagent plus ou moins la même énergie, car pour venir sur Almari, les habitants de l’Entre-Monde se servent de leur double encore vivants comme réceptacles. Mais là ce n’est que le contrecoup de la possession subie il y a plusieurs heures. Celle-ci ayant pour but de, justement, réguler cette énergie entre les duos, afin d’optimiser au mieux la partie humaine, et la partie disons… surnaturelle.
- Mais… Van et Kairi vont revenir, hein ? Interrogea le roux, inquiet. Ils ont pas disparu définitivement pas vrai ?
- Ils reviendront oui, il faut juste laisser du temps à Vanilla et Kaël pour qu’ils se reposent.
- Mais si tu savais que ça allait arriver, pourquoi ne pas nous avoir prévenu ? Demanda Riko.
- Si je vous l’avais dit, vos conversations auraient perdu beaucoup de leur naturel, non ? »

C’était vrai. Ils se seraient plus inquiétés qu’autre chose pour Vanilla et Kaël, et n’auraient pas pu se comporter normalement avec eux. En plus de ça, les deux adultes étaient parfaitement entourés, et ne risquaient rien –et puis jusqu’au dernier moment, ils s’étaient sentis plutôt bien.
Zenia n’avait tout simplement pas voulu gâcher leurs retrouvailles. C’était un geste plus que compréhensible.

« Vous… vous croyez que les apparitions de Kairi et Vanitas sont dangereuses pour Kaël et Vanilla ? Demanda finalement Xion.
- Ariane m’a affirmée que non, déclara Zenia. En plus, s’il y avait un quelconque danger, je ne pense pas que Kairi et Vanitas auraient pris le risque d’apparaître devant nous, au Mémorial. Ils savent donc ce qu’ils font. »

Tous savaient en effet très bien que leurs deux amis ne prendraient jamais un tel risque si cela pouvait avoir de graves conséquences.
Pourtant Sora ne se préoccupait pas vraiment de ça, présentement, car il était perturbé par une chose bien précise ; la relation entre Vanilla et Vanitas. Ils s’étaient à peine adressés la parole, et uniquement lorsque la conversation l’exigeait vraiment.

Il observa la noiraude, profondément endormie sur son épaule ; elle affichait un air serein, mais peut-être qu’au fond d’elle, tout cela la travaillait elle aussi ? Il lui prit la main, bien que conscient qu’il n’aurait aucune réaction de sa part.
Ca lui faisait mal d’être heureux de ces retrouvailles alors qu’elle, peut-être, en souffrait plus qu’autre chose.

Malheureusement, il savait pertinemment qu’il ne pouvait pas vraiment se mêler de ça. C’était une histoire de double –la première pour ce duo-là, d’ailleurs- et personne n’avait le droit de s’immiscer là-dedans.
En plus de ça, il connaissait suffisamment son frère pour savoir qu’il refuserait toute aide de sa part. « Chacun sa merde » qu’il lui dirait sans doute.
Sora ne pouvait donc qu’observer la situation, et constater -ou non- une évolution positive.



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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Ven 18 Sep - 23:12

Chapitre 28 : Six années de Souffrance

En reprenant doucement connaissance, Vanilla ne sut pas vraiment décrire la sensation qui s’emparait de plus en plus d’elle, à mesure que ses idées s’éclaircissaient. Elle avait dû s’évanouir, ça c’était une chose indéniable, cependant… elle n’avait pas l’impression d’être dans un lit, là où ses amis l’auraient forcément déposée -au contraire. Elle était couchée, oui, mais sur quelque chose de dur, froid, et surtout inconfortable.

Pourtant, malgré la froideur de ce sol, elle sentait une chaleur rassurante et familière au dessus d’elle. Le soleil.
Cette chose qui leur faisait défaut depuis maintenant plusieurs jours, à cause d’Arioch… elle se permit de sourire, mais n’ouvrit cependant pas encore les yeux –incertaine de réussir à s’habituer à une telle luminosité, après tout ce temps passé dans l’obscurité.

La seule conclusion qu’elle pouvait tirer pour l’instant, c’était qu’elle n’était pas encore réveillée. Ce qui expliquait la présence du soleil au dessus d’elle, le pourquoi elle n’était pas allongée dans un lit, et cette étrange impression de légèreté qui l’avait prise à son réveil.  

Vanilla soupira intérieurement, puis décida d’enfin ouvrir les yeux. Sans surprise, elle dut porter immédiatement son bras devant son visage, histoire de se protéger de ces rayons beaucoup trop lumineux.

Alors qu’elle songea vaguement à se lever, un phénomène étrange se produisit ; à peine cette pensée l’avait-elle traversé qu’elle était maintenant debout, au milieu d’une immense place –similaire à celle qu’on construisait pour les marchés, dans les grandes villes.
Elle se trouvait près d’une fontaine, mais vide. En réalité, tout ce qui l’entourait lui donnait l’impression d’être seule, comme si cet endroit était mort… pourtant elle eut comme une sorte de vision , où elle y voyait et entendait l’ambiance d’un marché traditionnel.
Ce n’était vraiment pas un rêve ordinaire…

« Yo. »

Cette voix… elle se retourna à nouveau vers l’endroit où elle s’était éveillée –et qu’elle avait quitté du regard suite à ses étranges visions. Elle y vit Vanitas, appuyé contre la fontaine -qui fonctionnait, maintenant. Il avait les bras croisés et l’observait simplement.
Voir son double ici expliquait donc maintenant la nature de cet étrange rêve… c’était sans doute lui qui avait généré cet endroit, au moment où elle s’était évanouie.
Ou non… il ne l’avait pas « créé ». Cet endroit devait déjà exister, pour être aussi détaillé.
Elle observa l’ombre de Vanitas, puis la sienne –des ombres anormalement bleues, contrairement au noir classique.
Elle comprit.

« J’imaginais ce monde beaucoup plus… bleu, déclara-t-elle finalement, tout en observant autour d’elle.
- Bah ton imagination est pourrie. »

Vanilla voulut se vexer, mais… elle n’arrivait pas à regarder son double dans les yeux. Elle osa à peine lui lancer un bref regard, pour le voir se redresser, puis marcher vers elle. La noiraude n’avait aucune échappatoire et personne pour faire diversion, cette fois-ci -contrairement à tout à l’heure, lorsqu’ils étaient tous réunis dans le salon. Elle devait se faire une raison ; elle ne pouvait pas le fuir plus longtemps, car il serait toujours là, aux côtés de son propre cœur.

« Pourquoi m’avoir emmenée ici ?
- J’avais envie. Pis au moins ici on est sûr que les murs auront pas des oreilles. »

Vanilla sut tout de suite à qui faisait référence Vanitas. Ce fut à ce moment-là qu’elle sentit une étrange chaleur à son cœur. Cela faisait depuis longtemps qu’elle ne s’était plus sentie aussi… apaisée. Etait-ce ce monde qui lui procurait cette sensation ? Ou… le fait de retrouver ce double qu’elle n’avait jamais eu le temps de connaître ?

« C’est pour ça que je me suis évanouie ?
- Ah, non, ça c’est à cause de ta connerie. Quelle idée aussi d’organiser une soirée après avoir été possédée.
- Ca c’est en partie de ta faute je te signale.
- Je t’ai sauvé la vie ma chère, et celle de ta sœur au passage. Mais si tu veux la prochaine fois je fais rien hein, comme tu veux. »

Elle détourna la tête au moment où elle vit Vanitas esquisser un sourire. Evidemment. Elle faisait pareil avec Alexia à l’époque et lorsqu’elles se disputaient, afin de briser la glace. C’était une manière détournée pour lancer la conversation, et permettre de rapides réconciliations… Elle n’avait jamais voulu réaliser le lien réel entre les doubles, mais cette discussion avec Vanitas prouvait bien que, malgré ces six dernières années, c’était quelque chose d’indéfectible.
Elle entendit son double soupirer, puis s’approcher d’elle.

« Je sens que t’as plein de choses à me dire, alors ?
- Je n’ai rien de particulier à te dire.
- Mais bien sûr. T’oses juste pas me balancer ce que tu as sur le cœur, car tu sais que mon retour est pas durable dans le temps, et qu’en plus de ça tu flippes à l’idée de pleurer devant moi, avoue.
- Non c’est faux.
- Ca te réussit vraiment pas les mangas.
- Hein ? Quel rapport avec les mangas ?
- T’es une véritable tsundere. »

Un silence, puis Vanilla qui lançait un regard noir à son double -qui ne perdait pas son sourire narquois pour autant. Il finit tout de même par reprendre une expression plus neutre, et mit ses mains dans les poches de son veston –le même qu’il portait au moment de sa mort. Il n’y avait cependant plus aucune trace du sang qui l’avait souillé. Le keffieh qu’il portait, quant à lui, lui inspirait quelque chose de bien plus familier -mais elle ne saurait pas dire où est-ce qu’elle l’avait déjà vu.

« J’sais que moi j’ai horreur quand on cherche à me tirer les vers du nez, donc j’ai pas envie de le faire avec toi. Du coup je peux te faire découvrir un peu cet endroit, histoire que tu sois pas venue ici pour rien.
- Me le faire découvrir ?
- Tu crois vraiment que l’Entre-Monde est aussi vide ? Ok on est pas beaucoup, mais quand même. Pis y’a des gamins aussi, ça braille, et c’est juste chiant. »

Elle avait du mal à visualiser de telles animations dans un monde aussi vide, mais cela pouvait expliquer ses visions, où elle avait cru voir et entendre des personnes s’agiter et s’amuser.
Le décor autour d’eux changea soudainement, et la place déserte se vit transformée en un énorme marché, dans lequel Vanitas l’invita à le suivre en lui prenant la main.

« Ce monde se modifie par rapport aux humeurs et envies de ses habitants, et à leurs souvenirs importants. Du coup c’est un mélange de plusieurs villes ou villages.
- Et pourquoi vous vous avez encore le droit à un soleil ?
- J’viens de te le dire. Ce monde est complètement sous nôtre contrôle, du coup si y’a une bonne humeur générale, le soleil vient nous emmerder. Et si on est déprimés, il fait gris, tout ça. Tu vois le truc ? »

Vanilla écoutait Vanitas, tout en observant autour d’elle ; elle remarquait bien que les personnes sur ce marché l’observaient soit avec une simple curiosité, soit avec haine. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi, avant de se rappeler qu’ici, elle était la seule à avoir un corps encore organique. La seule avec un avenir.
Sans vraiment le vouloir, elle serra la main de Vanitas un peu plus fort –car encore une fois, elle avait à peine eut le temps d’y songer que son geste était déjà fait.
Réalisant ça, elle tenta de se libérer du contact qu’elle avait elle-même créée, mais le noiraud la retint.

« Dans ce monde, il est difficile de cacher nos sentiments et notre état d’âme. Si t’as envie de pleurer, tu pleures, c’est comme ça, y’a pas l’option « je me retiens par fierté » ou autre. Si t’es en colère que tu culpabilises, ça se répercutera sur les autres habitants, aussi. Alors imagine quand tu cumules tout ça, et que vous êtes plusieurs à être dans un état pareil. »

Vanilla observa Vanitas à ce moment-là. Il avait un sourire triste, prouvant qu’il parlait par expérience. Elle ne comprenait pas encore vraiment pourquoi il se sentait aussi concerné, mais au fond d’elle, elle avait conscience qu’elle possédait déjà la réponse –bien qu’elle ne parvenait pas encore à mettre la main dessus.
Ils continuaient à avancer dans ce marché, pour finalement arriver dans une ruelle déserte. Le calme avait repris sa place, il n’y avait plus aucune agitation.

« Sinon y’a un truc marrant dans ce monde, c’est que le temps s’écoule pas pareil que chez toi.
- Comment ça ?
- D’après toi, ça fait combien de temps qu’on ici, dans l’Entre-Monde ?
- Bah… dix ou quinze minutes, je dirais.
- A Almari, ça fait à peine une minute que tu t’es évanouie avec Kaël. »

Comme pour prouver ses dires, le décor autour d’eux changea, et devint même beaucoup plus flou et bleu. Vanilla reconnaissait tout de même le salon qu’elle avait brusquement quitté, et les différents acteurs ; tout le groupe était là, et elle se voyait même inconsciente, sa tête qui reposait sur l’épaule de Sora. Ce dernier lui tenait la main –pourtant elle ne sentait pas ce contact.
Zenia était visiblement en train de parler, mais la noiraude ne parvenait pas à entendre ce qui était dit. De toute façon, le salon disparut bien vite pour les faire revenir dans la ruelle -qu’ils n’avaient au final jamais quitté.

« Zenia était juste en train de leur expliquer pourquoi vous êtes tombés dans les pommes.
- Mais pourquoi je ne sens pas la main de Sora ? Il me la tient là actuellement, non ?
- Yep, le truc c’est qu’ici, t’es complètement déconnectée de ton corps. C’est pour ça aussi que t’entendais rien. »

Elle n’eut finalement aucun mal à comprendre le fonctionnement de l’Entre-Monde. Là, il n’y avait que sa conscience de présente, le reste était à Almari. Et comme c’était le cerveau humain qui permettait aux gens de contrôler leurs gestes ainsi que la maîtrise de leurs émotions… voilà pourquoi elle se sentait si légère, et agissait plus qu’elle ne pensait, ici. Il n’y avait aucun intermédiaire, pas de corps, juste quelque chose d’immatérielle.
Cela expliquait pourquoi elle s’était levée alors qu’elle avait à peine songer à cette idée, ou le fait qu’elle ait tenu instinctivement la main de Vanitas, lorsqu’ils avaient traversé le marché…
C’était pour ça aussi que personne ne pouvait mentir sur ses ressentis.

Vanilla réalisa finalement ; le noiraud s’était confié à demi-mot. En lui expliquant le fonctionnement de l’Entre-Monde, il lui avait fait comprendre la souffrance qu’il avait endurée. Cette souffrance qui le tuait une seconde fois, au point de ne plus être capable de démêler le vrai du faux, de savoir si les reproches qu’il se faisait étaient fondées ou non, en sombrant doucement dans la folie, car il ne pouvait rien faire pour empêcher ses émotions, ses plus grandes peurs et sa culpabilité de jaillir.
Tout cela… il lui avait inconsciemment transmis durant les trois premières années qui suivaient la fusion.
Comment pouvait-elle avoir compris tout cela ? Elle l’ignorait, mais ce lien entre les doubles n’était pas étranger à tout cela, elle en était certaine.

Elle lâcha finalement la main du noiraud. Elle aussi n’était qu’une bombe d’émotions à retardement dans ce monde. Et même si elle savait que Vanitas n’avait cessé de songer à tout ce qui était arrivé… elle serait condamnée à lui faire les mêmes reproches.

Non.

Il ne fallait pas qu’elle tourne la chose comme ça. Ce n’était pas des reproches que cherchait Vanitas, mais la vérité, aussi difficile à accepter soit-elle. Savoir ce qui était vrai et faux dans tout ce qui l’avait travaillé et tout ce qu’il avait cru voir durant toutes ces années. Et qui d’autres qu’elle, à la fois concernée en même temps de ne pas l’être vraiment, pouvait le lui faire comprendre, sans donner l’impression que les mots ne seraient là que dans le but de réconforter ?

Elle se détourna du noiraud. Elle lui faisait dos à présent. Elle ne savait pas quoi lui dire, mais sentait qu’une fois qu’elle commencerait, les mots viendraient d’eux-mêmes. Elle s’adossa contre le dos de Vanitas, et leva la tête vers ce soleil qu’elle n’avait plus l’occasion de voir, sur Almari. C’était à son tour de se confier, mais il n’était pas nécessaire pour elle de ne le faire qu’à demi-mot.

« Ta mort a fait souffrir beaucoup de personnes, commença-t-elle, en fermant les yeux. Sora, Axel, et j’en passe. Ca s’est répercuté sur leur double, aussi. Et Kaël ne cesse de se penser responsable à la fois de ta mort et de celle de Kairi. Zenia cherche à le cacher, mais elle se sent tout de même responsable de ce qu’il s’est passé. Y’a eu beaucoup de crise de nerfs, beaucoup de douleur, autant physique que mental. Tu m’as fait vivre les pires quarante-huit heures de ma vie, aussi. Sans parler de mes dix-sept à vingt ans  car de ton côté tu souffrais à cause de ta culpabilité et de tout le reste. »

Vanilla s’arrêta quelques instants. A ce moment là, et d’un même réflexe, le duo s’assit sur ce sol rocailleux et plutôt froid, mais resta malgré tout contre le dos de l’autre. Vanilla porta une main à son visage, et sentit finalement les larmes qu’elle ne pouvait pas retenir dans ce monde. Mais en même temps… elle pouvait sentir cette haine qu’avait eue Vanitas pour lui-même durant son séjour ici. Elle serra les poings.

« Idiot. Imbécile. Triple idiot-imbécile ! Comment t’as pu croire une seule seconde que les autres pouvaient t’en vouloir ?! On parle quand même de ton frère, de tes amis ! Sora ne t’en a jamais voulu de ne pas avoir tenu ta promesse ! C’était un sale coup du destin, mais il savait que si tu avais pu, tu l’aurais tenu ! Ils le savaient tous. Personne t’en veut. Absolument personne… »

Vanitas ne disait rien, sachant parfaitement qu’elle n’avait pas fini. Vanilla rit nerveusement en constatant qu’elle s’était légèrement emportée, et tenta vaguement de se calmer. Elle rapprocha ses genoux de sa poitrine, pour ensuite passer ses bras autour de ses jambes.

« Même moi, je peux juste pas t’en vouloir, souffla-t-elle. Car t’y es véritablement pour rien, t’as juste cherché à sauver quelqu’un, et ça t’a coûté la vie.  Les quarante huit heures, ma fuite… si t’étais pas mort ce serait jamais arrivé, mais je t’en veux pas. Et tu sais pourquoi ? Car je suis tout simplement pas mieux. J’ai empêché Alexia de vivre dans notre ville natale pendant trois ans, j’ai pas voulu prendre mes responsabilités, j’ai pas arrêté de dire vouloir devenir forte mais y’avait rien derrière, et je me renfermais, et je souffrais mais ne cherchais pas à me sortir de là. J’ai tenté de me suicider et pas qu’une fois, durant les trois premières années. Les deux premières fois stoppée par Alexia, la troisième Riku, et la quatrième de nouveau Alexia. Alors arrête de croire que y’a que toi qui a pu faire souffrir les autres. Je suis pas mieux. On a jamais cessé d’aggraver la situation, on est tous les deux fautifs de notre état. T’as peut-être lancé la première pierre, mais moi j’ai rajouté plus qu’un grain de sel dans notre folie qui a fini par impliquer tous les autres. On se détruit mutuellement depuis tant d’années, en rajoutant à chaque fois une couche sur celle que l’autre avait posée…
- Mais faut arrêter les frais, maintenant. »

Vanilla s’arrêta de parler au moment où elle réalisa que la dernière phrase, Vanitas et elle l’avaient prononcé en même temps. Mais pour le reste de son monologue, les mots lui étaient venus spontanément, et elle réalisait doucement qu’elle pensait vraiment ce qu’elle disait. Elle ne pouvait de toute manière pas mentir, dans ce monde. Ils n’étaient que des flots d’émotions –trop- sincères, ici.

Elle n’avait jamais parlé à quelqu’un de ses pulsions suicidaires –et interdisait ceux qui étaient au courant d’en faire la moindre allusion- ni vraiment réfléchi à tout ce qu’elle avait dit d’autres. Ou plutôt, elle n’avait jamais pris le temps de le faire consciemment –mais visiblement son cœur, lui, avait bien médité la question.
Et dans un sens, avoir enfin dit tout cela la… libérait ? Ou libérait le cœur de Vanitas en elle ? Ou les deux ? Elle n’en savait rien et concrètement elle n’en n’avait rien à faire, au fond.  Au bout de six ans, elle avait enfin l’impression que le plus gros poids qu’elle portait sur ses épaules venait enfin de disparaître.

« Il est temps pour toi de retourner à Almari. Tu te réveilleras sans doute dans quelques heures, déclara soudainement Vanitas. »

Evidemment. Cette conversation était terminée, et le noiraud ne retournerait plus jamais dessus. Mais au fond… qu’est-ce qu’il aurait pu rajouter ? Rien du tout. Tout était dit –pour l’instant du moins. Vanilla avait enfin pu dire ce qu’elle avait sur le cœur, et Vanitas avait entendu non pas ce qu’il voulait, mais la vérité, ce que sa mort avait véritablement engendré au final. Et que ce soit l’un ou l’autre… aucun ne risquait de détruire son double, maintenant.

Vanilla sentit Vanitas se lever. Elle aurait voulu faire de même, seulement son corps était devenu étrangement lourd –et elle avait terriblement sommeil. Le noiraud était en train de la renvoyer à Almari.
Mais malgré ses paupières lourdes, elle réussit à rester suffisamment éveillée pour sentir son double la coucher sur ce sol inconfortablement froid. Leurs regards -si similaires et en même temps si différents- plongèrent dans celui de l’autre pour la première fois en six ans.

« Au fait, avec ce que t’as dit, ça fait de toi une triple idiote-imbécile aussi. »

Si l’envie ne lui manquait pas de répliquer quelque chose, la force, elle, lui faisait cruellement défaut. Vanitas l’avait fait exprès, Vanilla en était certaine –surtout en voyant ce petit sourire narquois se dessiner sur son visage. Mais tout juste avant de perdre complètement connaissance, elle crut voir des larmes sur le visage de son double, mais aussi ses lèvres bouger, comme s’il prononçait quelque chose. Elle n’entendit cependant rien.

Quand elle se réveilla –cette fois-ci dans un vrai lit- elle avait conscience qu’il s’était déroulé plusieurs heures entre le moment où elle avait quitté l’Entre-Monde et maintenant. Elle avait d’ailleurs beaucoup de mal à se réhabituer à la lourdeur de son corps –mais en même temps, elle était contente de retrouver le monde où elle pouvait contrôler correctement ses émotions.

Au bout de quelques minutes, elle parvint à se lever, et à reconnaître les lieux ; la chambre d’amis de l’appartement de Riku. Une fois qu’elle était certaine d’avoir repris correctement le contrôle de son corps, elle chercha du regard son portable, qu’elle trouva sur la table à chevet. En regardant l’heure dessus, elle découvrit qu’elle avait un message… d’elle-même ?
Comme la dernière fois, lorsque Sora avait retrouvé le portable de la noiraude chez lui…

Bien dormi, triple idiote-imbécile ?

Ce message ne pouvait donc avoir été écrit que par une seule et unique personne. Alors, et malgré « l’insulte », Vanilla ne put s’empêcher de sourire. Ce qu’il s’était passé dans l’Entre-Monde leur avait enfin permis d’être de véritables doubles l’un envers l’autre. Ils arrêteraient définitivement de se détruire mutuellement.

Pour la première fois depuis longtemps, Vanilla était sincèrement heureuse et soulagée. Elle était définitivement libérée de ce poids qui l’étouffait depuis tant d’années.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Ven 25 Sep - 23:13

Chapitre 29 : Six années de Culpabilité

Kaël ignorait combien de temps il était resté inconscient. En tout cas il pouvait facilement deviner qu’il avait été transporté chez lui –car il était vraiment temps qu’il change son matelas.
Il mit un certain temps à émerger, mais lorsqu’il ouvrit les yeux, il ne put s’empêcher de sourire en voyant le visage endormi de Seïra à ses côtés. Il l’approcha un peu de lui, et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. A ça, la jeune femme réagit légèrement en souriant, mais n’était visiblement toujours pas réveillée.
Il décida alors de la laisser se reposer, sachant très bien qu’elle avait dû veiller sur lui jusqu’à l’épuisement. Elle était comme ça, et il la connaissait maintenant assez bien.

En évitant de faire trop de bruit, il se dirigea vers la salle de bain, afin de se rafraîchir un peu le visage. Au moment de relever la tête vers le miroir au dessus de son évier, Kaël put apercevoir Kairi derrière lui. Les évènements de la veille lui revinrent enfin, et il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en se tournant vers elle.

« Je suis heureuse de voir que malgré ces dernières années, tu as réussis à avancer.
- C’est parce que je te sentais constamment en train de me soutenir. »

A ces mots, Kairi afficha un sourire un peu triste. Kaël avait tellement refoulé ses propres sentiments, afin d’être présent pour les autres, qu’il ne se rendait même pas compte du mal qu’il s’était infligé. S’il ne s’était pas renfermé, elle n’aurait jamais eu besoin d’être là, et peut-être même qu’il aurait continué à suivre son rêve à lui, au lieu de réaliser le sien –qui était celui de devenir institutrice.
Ca n’avait, en soi, aucune grave conséquence… malgré tout, elle se sentait coupable d’avoir volé autant à son double.

« Je suis désolée.
- Hein ? Mais pourquoi ça ?
- Je t’ai influencé plus que je n’aurais dû. Tu n’étais pas censé devenir instituteur. »

A son tour, Kaël esquissa un sourire un peu mélancolique. C’était vrai. Ce n’était pas à lui, ce rêve-là. Mais en aucun cas il regrettait de l’être devenu. Pour lui, cette influence avait eu plus de conséquences positives que négatives.

« Tu n’as pas à te sentir coupable de ça. Je suis heureux comme ça. Encore plus maintenant, car j’ai l’occasion de te revoir.
- Tu ne regrettes vraiment rien ?
- Rien du tout. Et à vrai dire… ce serait à moi de vous faire des excuses. »

Son sourire s’évanouit, il ferma les yeux et serra les poings. Cette colère contre lui-même, il n’avait jamais pu s’en défaire. Il finit par enlacer Kairi de toutes ses forces.
Il sentait bien qu’elle ne respirait pas –une conscience n’avait pas besoin de ça. Il sentait également qu’il n’y avait aucun cœur dans ce corps faussement matériel –c’était lui qui l’avait. La présence de Kairi n’était qu’éphémère, elle n’avait plus rien de vivant.
Elle n’était plus qu’une conscience qui ne pouvait pas trouver la paix tant qu’il serait en vie.
Pour la première fois en six ans, il commença à pleurer dans les bras de son double.

« Lorsque toi, Aqua, Zexion et moi avons été attaqués, j’aurais dû être près de toi… je n’aurais pas dû m’éloigner…, souffla-t-il. Et si tu es condamnée à errer dans l’Entre-Monde, c’est uniquement de ma faute… »

Il sentit les bras de Kairi l’entourer à son tour. Mais ce n’était plus pareil. Il l’avait indirectement tuée, et ce sentiment de culpabilité ne le quitterait jamais.

« Une personne normale serait morte avec son double…, continua-t-il. On aurait pu partir ensemble, je ne t’aurais pas fait subir ça… et surtout si j’étais mort à la fin des quarante-huit heures je… »

Il repensa aux personnes qu’il avait connues, quelques jours après la mort de Kairi. C’était lui qui avait provoqué la souffrance de tout le monde en rejoignant le groupe, six ans auparavant. Depuis longtemps il avait tiré cette simple conclusion ; sans lui, Vanitas serait encore en vie.

« J’aurais jamais eu l’idée stupide de rejoindre Sora et les autres… Arioch ne serait alors pas venu sous ton apparence pour les attaquer et-
- Je t’interdis de continuer cette phrase, coupa Kairi en l’écartant légèrement de lui. »

Kairi fixait maintenant son double dans les yeux. Elle savait ce qu’il ressentait, elle savait à quel point il avait tourné tout ce qui était arrivé pour qu’il n’y ait qu’un seul et unique fautif dans l’histoire ; lui-même. Mais elle ne pouvait pas laisser Kaël penser ça, car c’était entièrement faux.

« Quelqu’un m’a fait comprendre que y’avait toujours plusieurs fautifs dans une histoire pareille. »

La voix de Vanitas. En se tournant vers sa provenance, Kairi et Kaël le virent adossé près de la porte de la salle de bain, bras croisés. La rouquine ne s’attendait pas à le voir venir ici. Mais d’un côté, et même si normalement chaque duo devait régler ses problèmes entre doubles, son arrivée ne pouvait qu’être bénéfique pour Kaël. Après tout le noiraud était malgré lui concerné.

« Cette même personne m’a également fait comprendre que c’était idiot de prendre toute la faute sur soi, car au fond, chacun à sa part de responsabilités dans ce genre de truc. »

Kaël ne répondit rien sur l’instant, le temps de réfléchir. Il ignorait à qui Vanitas faisait référence, mais cela importait peu. Tout ce que le rouquin savait c’était que sans lui, le noiraud n’aurait pas eu besoin de lui dire ce genre de choses, car il serait encore vivant.

« Je suis le seul fautif dans cette histoire ! A cause de moi vous-
- Ok. On la refait alors, coupa Vanitas. C’est moi qui ai sauté pieds joints dans la mort, pas toi que je sache, si ?
- Non mais-
- Et même si c’était pas contre Arioch avec l’apparence de Kairi, j’aurais très bien pu mourir autrement. D’ailleurs tu veux que je te rappelle un truc ? Vanilla s’était prise un couteau empoisonné dans le bide à l’époque, on s’était pas encore rencontrés à ce moment-là, du coup on aurait bien pu crever tous les deux et tu nous aurais jamais connus. »

Kaël ne sut pas quoi répondre, sur le coup. Il voulait donner raison à Vanitas, se dire que ce n’était qu’un sale coup du destin, mais il avait vécu tellement longtemps avec cette culpabilité sur ses épaules…

« Enfin, c’est pas vraiment mes affaires, donc j’vais laisser le reste à Kairi. J’ai dit ce que j’avais à dire de toute façon. »

Puis sans rien rajouter de plus, le noiraud disparut dans une lumière bleue, laissant à nouveau le duo seul à seule dans la salle de bain. Kaël avait réussi à calmer ses larmes, mais ses poings étaient toujours aussi serrés. Kairi le força à la regarder.

« J’étais armée ce jour-là, tu te souviens ? J’aurais pu me défendre, j’ai juste été trop lente, expliqua-t-elle calmement. J’ai commis l’erreur de ne pas être assez réactive, Vanitas celle de ne pas avoir vraiment réfléchi avant d’agir.
- Mais si j’avais…
- Tu n’aurais rien pu faire, Kaël. Ni pour moi, ni pour Vanitas. Tout s’est déroulé beaucoup trop vite. »

Kaël baissa la tête, n’osant pas affronter le regard de son double. Elle et Vanitas avaient raison, il le savait. Leur mort n’était qu’un concours de circonstances. D’un simple domino tombé qui avait entraîné tous les autres dans sa chute.

« Regrettes-tu d’avoir fait la rencontre de Seïra et de tous les autres ? Demanda finalement Kairi.
- Non, bien sûr que non ! Ce sont toutes des personnes formidables…
- Alors concentre-toi sur ça et répond-moi sincèrement… si je n’étais pas morte, aurais-tu suivi le groupe qui était venu dans ta section souterraine ?
- Je… je ne pense pas, non.
- Tu vois ? Tout n’est pas noir, il y a toujours une lueur de joie et d’espoir quelque part, même dans les pires moments. Il suffit de la trouver, de se concentrer dessus, et d’avancer grâce à elle. »

Kairi était toujours la même. Elle trouvait toujours les bons mots pour réconforter les personnes à qui elle tenait. Il rit nerveusement ; il se trouvait tellement pathétique, et c’était si ironique d’entendre tout cela de la bouche de son double, dont il s’accusait de la mort…
Il sentit les bras de la rouquine l’entourer. Sa chaleur était toujours aussi rassurante et bienveillante. Il sourit, et la serra un peu plus fort contre lui.

« Lorsque l’équilibre des mondes sera rétabli, promet moi de conserver ce sourire même après mon départ, d’accord ? »

Elle se sépara de lui, et afficha à son tour son plus beau sourire.
Kaël avait été idiot de se mettre dans un tel état pour ça… il aurait dû réfléchir plus posément à tout cela, et se rendre compte de lui-même que tout ce qui était arrivé il y a six ans n’avaient pas qu’apporté de mauvaises choses.

« Seïra va bientôt se réveiller, alors je vais te laisser être auprès d’elle. Mais je ne serai jamais loin de toi. Maintenant ou après la défaite d’Arioch, je serai toujours là.
- Merci, Kairi. Merci pour tout. »

La rouquine lui répondit par un sourire, puis disparut dans une aura bleue. Kaël attendit quelques instants puis se leva pour s’observer dans le miroir. Cela se voyait qu’il venait de pleurer, mais il n’avait pas mauvaise mine, au contraire. Il était heureux, et se sentait en paix avec lui-même pour la première fois depuis longtemps. Comme si, dans son cœur, un poids s’était envolé.

Il essuya rapidement les derniers résidus de larmes sur son visage, puis se dirigea à nouveau vers sa chambre, où il y vit Seïra, qui avait à peine entrouvert les yeux pour l’instant. Il s’assit juste à ses côtés, et lui prit la main. A ce geste la brune esquissa un sourire.

« J’ai quasiment tout entendu, souffla-t-elle, encore un peu endormie.
- C’est mal d’écouter aux portes, sourit Kaël.
- C’est Axel qui a déteint sur moi, se défendit-elle, avant de prendre une expression un peu plus sérieuse. Je veux le voir le plus souvent possible, ce sourire.
- Tu le verras autant de fois que tu le voudras. »

Seïra sourit à son tour, puis força Kaël à se coucher pour pouvoir l’embrasser. Elle plongea ensuite son regard dans celui du rouquin –dans ses yeux brillait cette nouvelle étincelle qu’elle aimait déjà. Il était enfin libéré de cette culpabilité qui le rongeait depuis six ans. Il pourrait enfin profiter de la vie pour laquelle il s’était battu –ou plutôt celle pour laquelle il avait survécu. Et pouvoir enfin constater ça la rendait terriblement heureuse.

~0~0~0~0~

Xion n’avait pas l’habitude de se rendre dans la banque centrale à la fois de la ville et du pays –celle où travaillait Noa. Pourtant, cette fois, elle avait l’irrépressible envie de voir son double.

Une fois arrivée devant l’immense bâtiment qui avait permis la restructuration de l’économie du pays -mais également des autres aux frontières de celui-ci- Xion soupira, et y entra. Elle se dirigea vers la réception, où elle y demanda le plus poliment possible la localisation du bureau de Noa. Après avoir reçu les informations nécessaires, elle se dirigea directement vers l’ascenseur, pour monter au quatorzième étage.
Elle parcourut le couloir quelques minutes, avant d’arriver devant une porte où, sur une plaquette argentée, il y était écrit « N. Miles ». Elle frappa, et entendit la voix de son opposé l’inviter à entrer.

Une fois dans le bureau, Xion referma la porte derrière elle, puis s’installa sur l’un des sièges présents, pensive. Noa, quant à lui, avait pour l’instant mis de côté les documents sur lesquels il travaillait.

« Tu te doutais de mon arrivée, pas vrai ? Demanda-t-elle avec un petit sourire triste.
- En effet. Depuis ce matin je sentais que tu n’allais pas très bien. »

Et si Xion n’était pas venue, il l’aurait appelé lors de sa pause. Il se leva alors de son siège de bureau, et s’installa sur la seconde chaise, aux côtés de Xion. Cette dernière avait les poings serrés.

« Entre nos absences et la destruction de l’hôpital qui nous a empêché de faire nos comptes-rendus et autres, Riko et moi n’avons pas pu valider notre semestre en médecine. Nous sommes bonnes à recommencer au prochain. Je trouve ça injuste. »

Et ça l’était vraiment. Beaucoup de structures avaient fermé suite à l’invasion des Ombres dans le monde, mais certaines continuaient à fonctionner le plus normalement possible. C’était logique pour les banques, hôpitaux, ou les forces de l’ordre, mais Noa ne comprenait pas cet entêtement dans certaines facultés. Même s’il fallait continuer à vivre malgré cette nuit éternelle, les corps d’enseignement auraient pu malgré tout suspendre leurs cours et leurs notations. Il comprenait donc parfaitement l’état de Xion, maintenant.
Après tout elle avait toujours eu d’excellents résultats dans les partiels théoriques, et même si Arioch était leur ennemi, Zenia avait retrouvé les rapports sur les deux internes qu’il avait fait et… les résultats de la première semaine de leur stage étaient plus que corrects, le monstre originel l’avait lui-même reconnu.
Alors oui, c’était complètement injuste, car Riko et Xion étaient vraiment talentueuses –ce n’était d’ailleurs pas pour rien qu’Arioch les avait pris pour cibles, à un moment.

« Comment le vit Riko ?
- Nous n’en n’avons pas encore parlé. Après l’appel de notre université, elle est immédiatement sortie prendre l’air, du coup je suis venue ici.
- Et tu n’as rien mangé ni bu avant de venir, je parie ? »

C’était vrai. Xion n’avait pas pris le temps de prendre un petit-déjeuner, et elle ressentait déjà les quelques effets désagréables de sa bêtise -ça n’avait pas échappé à Noa.

« Allons à la cafétéria, d’accord ?
- Mais, et ton travail ?
- Je peux bien t’accorder de mon temps, et avec ce qui se passe actuellement dans le monde, personne ne remarquera mon absence. L’économie repose sur plusieurs épaules, donc une de plus ou une de moins, ça ne changera pas grand-chose. »

Xion remercia silencieusement Noa, qui lui prit la main pour l’emmener au dernier étage, là où se trouvait la cafétéria. Ils se servirent chacun un café et un croissant, tout fraîchement sortis du four. Ils s’installèrent ensuite tous les deux à une table.
De là où ils étaient, ils pouvaient apercevoir cette Lune bleue –l’Entre-Monde- plus lumineuse que jamais. Xion se rappela alors que, même avec la mauvaise nouvelle qu’elle venait d’apprendre… elle avait pu revoir Vanitas et rencontrer Kairi, la veille. Choses qu’elle n’aurait jamais espéré un jour.
Mais malgré ça, son air s’obscurcit. Elle s’était toujours posée une question, mais elle savait qu’elle n’aurait jamais le courage de la poser aux deux principaux concernés.

« Je me demande si Van et Kairi ont souffert au moment où ils sont… »

Elle ne réalisa que trop tard qu’elle pensa à voix haute, et même si elle eut le temps d’interrompre sa question, il était évident que celle-ci restait assez compréhensible –surtout pour son double. Elle baissa les yeux au moment où elle sentit Noa lui prendre l’une de ses mains dans la sienne.

« Ils font ce qu’ils peuvent pour se sentir humains et vivants encore un peu, prononça-t-il finalement. S’ils avaient vraiment souffert, ils n’y arriveraient peut-être pas, tu sais. »

Xion, quant à elle, se souvenait de toutes ces fois où, au collège, Vanitas l’avait protégée à cause de l’aspect garçon manqué qu’elle avait. Des nombreux plâtres ou simples bleus qu’il avait eus pour elle et lorsqu’elle lui demandait, il lui assurait que ça allait, alors qu’au fond de lui, la douleur des coups était lancinante et insupportable.
L’idée que Vanitas ait souffert d’une manière incommensurable avant sa mort était inconcevable pour Xion. Déjà il n’aurait pas dû mourir, il aurait dû vivre, et s’éteindre d’une manière naturelle et non pas le cœur arraché. Alors penser que dans ses derniers instants, il avait peut-être souffert le martyr…

En sentant finalement la main de Noa serrait plus fortement la sienne, Xion l’observa, et comprit d’un regard ce que cherchait à dire son double. C’était inutile de penser à ce genre de choses, et il valait mieux profiter de l’instant présent, et ne pas chercher à tout savoir.

Ils s’apprêtèrent à changer de sujet, pour alléger l’ambiance, quand le duo se rendit compte de la lourdeur de l’air et du silence qui s’était immiscé dans la cafétéria.
Des Ombres. Une petite dizaine plus précisément, que tout le monde regardait avec angoisse. Personne n’osait bouger.

« C’est que vous êtes plutôt nombreux dans cette banque, alors j’irai droit au but. Peut-être que le nom « Amera » ou « Cervantes » ne diront rien à la plupart d’entre vous. Mais sachez que notre Maître les recherche activement, et qu’ici même se trouve deux de leurs amis. »

L’Ombre qui avait parlé s’avança à travers les allées, observa les personnes attablées, qui n’osaient pas prononcer le moindre mot. Un peu plus loin, là où aucune Ombre n’était encore venue, Xion et Noa se regardèrent, terrifiés. Ils étaient là pour eux. Pour servir d’otages afin d’attirer Vanilla et Kaël dans un piège qui les forcerait à se rendre.

« Sans doute que ces deux personnes se sont déjà reconnues, à l’entente des noms que nous cherchons. Vous feriez mieux de vous manifester, avant qu’on ne tue une à une toutes les personnes présentes sur cet étage. »

Comme pour imager ses dires, l’Ombre qui parlait ordonna à l’une de ses subordonnées d’attraper une personne au hasard, puis fit apparaître un poignard, menaçant ainsi une jeune fille aux cheveux roses, qui possédait un badge avec inscrit « stagiaire » dessus. La créature qui dirigeait le groupe s’approcha de son otage, et lui caressa doucement son visage, se délectant de la peur qu’il avait fait naître chez elle.

« Si jeune, avec tellement d’avenir… tu dois à peine avoir quinze ans, non ? Allez, dis-moi donc ton joli nom.
- Mar… Marlène…
- Sache Marlène que tes bourreaux, ce ne sont pas nous mais ceux que nous cherchons, et qui nous écoute actuellement, en restant cachés, malgré ton innocence et ta jeunesse. Aurais-tu un message à leur faire passer ? Selon ce dernier, je te promets que je te laisserai en vie.
- Je… Rendez-vous ! Qui que vous soyez ! Vous n’avez pas à mêler les autres dans vos histoires ! S’époumona ladite Marlène. Ce n’est pas à nous de payer pour vous ! »

Et cette jeune fille avait raison. Xion et Noa ne pouvaient pas la laisser mourir. Mais s’ils se rendaient, c’était Vanilla et Kaël qu’ils mettraient en danger. Que faire ? Que faire ? Ils ne savaient pas, ne savaient plus. Qu’importe leur décision, des personnes mourraient dans cette histoire.

« Que de belles paroles venant d’une fille aussi jeune, vraiment ! Mais dommage, je suis dépossédée de tout cœur et de toute notion de promesse, déclara l’Ombre, d’un ton sadique et froid, avant de s’adresser à l’Ombre, qui maintenait l’otage immobile à l’aide du couteau contre sa gorge. Tue-la. »

La dirigeante du groupe n’eut pas besoin de répéter cet ordre une seconde fois ; sa subalterne obéit immédiatement, et égorgea sans l’once d’une pitié la jeune fille qui, malgré une vaine tentative de lutte, s’effondra sur le sol. Son sang teignait doucement le carrelage.
L’Ombre dirigeante s’accroupit et se délecta de l’odeur que dégageait le liquide encore chaud.

« J’ai toujours adoré l’odeur du sang frais. Bon, à qui le tour ? Au vieux monsieur, là ? Ou bien on peut détruire la vie d’un autre jeune… il faut dire que là, j’ai le choix entre chaque génération ! Ah ah ah ! »

Xion et Noa tremblaient de tous leurs membres, mais continuaient à se tenir la main. Une seule et même idée les traverser en ce moment ; se rendre. Se rendre pour éviter à toutes ces personnes de mourir, alors qu’elles n’avaient absolument rien demandé. Seulement s’ils le faisaient… ils condamneraient Kaël et Vanilla.

« Ca suffit ! »

Une voix masculine que ni Noa, ni Xion ne reconnut. Toutes les personnes présentes se retournèrent vers celui qui venait d’apparaître près du groupe d’Ombres. Le jeune homme avait de longs cheveux blonds, et possédait également des yeux étrangement rouges.
Son regard et ses poings serrés montraient sa détermination. La créature dirigeante sembla amusée, et s’approcha de l’arrivant.

« Et à qui ai-je l’honneur ?
- Noa. Noa Miles. Je suis celui que vous cherchez, alors maintenant laissez partir tous les autres. »

Le véritable Noa observa Xion, complètement hébété. Pourquoi cet homme se faisait-il passer pour lui ? Que comptait-il faire si les Monstres découvraient le pot aux roses ?

« Ah oui ? Alors où est ton double ?
- Je l’ai mise en sécurité. Vous n’avez besoin que d’un seul otage proche de Vanilla et Kaël, non ? »

C’était à ni rien comprendre. Cet homme connaissait les prénoms de leurs amis, alors que l’Ombre n’avait fait que citer leur nom de famille. Mais comment une telle chose était possible ? Ils ne l’avaient pourtant jamais vu !
Une chose était sûre en tout cas ; leur avenir et la sécurité du rouquin et de la noiraude dépendait de cette personne. Ils n’avaient pas d’autres choix que de se prendre au jeu. Tout reposait entre les mains de ce jeune homme blond.

« Donc tu es prêt à sacrifier tes amis pour des inconnus ?
- Mes amis me libéreront bien avant qu’Arioch n’atteigne Kaël ou Vanilla.
- Tu me parais bien sûr de toi. »

L’autre ne répondit rien, mais garda cette assurance. L’Ombre sembla l’examiner, mais rien chez cet humain ne pouvait lui indiquer qu’il mentait. Il recula alors d’un pas afin d’admirer son futur otage, avec un léger sourire.

« A l’attention de tous les humains. Remerciez donc le noble sacrifice de ce cher Noa Miles et vivez avec sa mort sur la conscience ! »

Puis, sans un mot de plus, l’Ombre attrapa le bras de « Noa », puis disparut dans une aura noire. Bien vite ses compères la suivirent.
Un long silence s’installa, alors que Xion et Noa n’y comprenaient absolument rien. Pourquoi cet homme s’était-il fait passer pour le noiraud ? Et d’où connaissait-il Kaël et Vanilla ? Le duo n’avait jamais vu une personne correspondant à ce physique là dans l’entourage de leurs amis… c’était à n’y rien comprendre.

Cependant, ils n’avaient pas le temps de s’attarder là-dessus. Peut-être que Marlène, la jeune fille impliquée contre son gré, avait encore une chance de survivre. Xion et Noa se dirigèrent immédiatement vers la jeune fille. La noiraude se fraya un passage vers le corps, déclarant qu’elle était étudiante en médecine. Une fois assez proche, elle s’agenouilla, sans prendre en compte le sang qui tâcha ses vêtements, puis examina la gorge de Marlène.

Seulement elle était loin d’avoir l’habitude de ce genre de situation ; la vision d’une blessure aussi conséquente lui donna la nausée, et elle dut lutter contre son propre corps pour ne pas vomir.

Après avoir tout de même à regarder de plus près la blessée, la noiraude remarqua immédiatement qu’elle ne respirait déjà plus. Et pour cause ; en examinant le cou de Marlène, Xion pouvait facilement constater que la trachée avait été sectionnée, et l’hémorragie avait été bien trop conséquente pour que la jeune fille y survive plus d’une minute. Elle serra les poings et ferma les yeux.

« Il n’y a rien à faire… elle a dû mourir quelques secondes après avoir été blessée…, souffla-t-elle difficilement.
- Elle était si jeune…, déclara une femme.
- Pourquoi elle ? Demanda une autre.
- En plus cette personne avait promis de ne pas la tuer si ce qu’elle disait plaisait à son meurtrier ! Rajouta un homme.
- A quoi ça sert de vouloir lutter contre ces monstres ? Ils finiront par complètement nous détruire qu’importe ce qu’on tente ou même ce qu’on dit ! »

Noa, quant à lui, garda le silence –il pouvait cependant s’estimer heureux qu’aucun membre de son service n’avait été là pour le reconnaître…
Il finit par s’approcher de Xion, et l’aida à se relever pour la ramener dans son bureau, après avoir demandé à un homme d’appeler la police.
La noiraude, lors du chemin, se sentit soudainement mal, et Noa eut à peine le temps de l’emmener vers la corbeille la plus proche, que son double rendit finalement le croissant qu’elle avait avalé une demi-heure plus tôt, avant de se mettre à pleurer.
Noa la serra alors dans ses bras, mais était bien conscient que ça ne tarirait pas les larmes de son opposée tout de suite.
Il lui faudrait du temps pour se remettre d’un tel spectacle… et aussi de ce premier échec en tant que future médecin.

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Ven 2 Oct - 23:31

Chapitre 30 : Ténèbres corrompues

Zenia, assise dans son bureau personnel –ayant refusé la mutation provisoire dans un autre hôpital- examinait de près tous les détails de l’affaire Arioch.
Depuis le début, elle notait chaque attaque du double d’Ariane. Que ce soit celle aux sources, les nombreuses attaques contre Vanilla et Kaël ou à l’hôpital… elle avait tout gardé en sécurité dans un cahier rédigé exprès pour cela –avec les différentes copies de rapports de police que lui avait fourni Braig, pour avoir les différentes dates, les dégâts matériels, le nombre de blessés ou de victimes à chaque attaque…
Elle n’avait cependant jamais pris le temps de relire le tout –et maintenant qu’elle le faisait, quelque chose clochait.

Contrairement aux évènements d’il y avait de ça six ans, qui avait bien plus de victimes humaines que de dégâts matériels –bien que les deux étaient élevés- cette fois, il y avait une soixantaine de personnes –blessées et décès confondus- alors qu’à côté, tout l’hôpital avait été détruit, ainsi que le Mémorial.

Mais en y comparant les différentes dates des évènements, Zenia se rendit également compte que tout découlait d’une seule chose ; sa dernière défaite, lorsqu’Arioch avait réussi à kidnapper Vanilla, et à piéger Kaël grâce à ça. Il était sur le point de les avoir tous les deux, jusqu’à l’intervention de Kairi et Vanitas.
Avant ça, aucun meurtre, aucun dégât matériel aussi conséquent –mis à part l’intimidation dans le service des urgences. Comme si Arioch avait tout de même cherché à minimiser le nombre de victimes, mais que sa folie destructrice d’il y avait six ans l’avait complètement repris.

En plus, la cardiologue ne pouvait pas nier le talent d’urgentiste en chef du monstre Originel, ni de sa constante bonne humeur, surtout lorsqu’il apprenait que ses patients sortaient enfin de l’hôpital –après, parfois, un grave accident qui aurait pu leur être fatal. Elle se souvenait également de la manière dont il avait accueilli Riko et Xion dans son service… et le fait qu’il n’avait pas cherché à les tuer, mais juste à les mettre hors de sa route provisoirement –comme s’il ne voulait pas trop s’attacher à elles.
Est-ce qu’Arioch avait seulement joué le rôle du médecin, ou aimait-il ça ? Se sentait-il bien en contact d’humains ? Eprouvait-il encore des sentiments ? Qui était-il vraiment, en fait ?

« Tu es beaucoup trop intelligente pour ton propre bien, Zenia. »

La scientifique interrompit toute réflexion dès qu’elle reconnut la voix de son interlocuteur. Elle releva la tête et vit Arioch, dans sa tenue blanche d’Ombre Originelle, en train de distraitement jouer avec un bibelot trouvé sur un meuble. Il n’avait pas sa capuche.
Elle ne s’attendait pas à sa visite, pensant qu’il serait trop faible pour se montrer, mais au fond, elle… elle  n’avait pas la protection constante d’habitants de l’Entre-Monde. Elle était une cible facile.
Discrètement, elle attrapa de sa main gauche l’arme qu’elle avait cachée sous son bureau, mais ne perdit pas son calme.

« Que fais-tu ici ?
- Je viens détruire la personne nuisible que tu es.
- En quoi suis-je plus nuisible qu’un autre ? »

Un rire sortit de la bouche d’Arioch, qui reposa l’objet qu’il tenait, avant d’observer droit dans les yeux son ancienne collègue.

« Allons Zenia. Tu ne pensais tout de même pas que je n’allais pas découvrir que c’était toi qui avais falsifié les dossiers médicaux de toute cette jeune petite troupe, pour que je ne parvienne pas à les retrouver.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Le matricule du dernier médecin s’affiche lorsqu’il modifie un dossier. Certes normalement aucun médecin ne connaît celui de ses collègues, mais par élimination… tout me ramenait à toi. »

Zenia serra les poings, mais comme elle était restée assise à son bureau, Arioch ne s’en aperçut pas. En effet, elle avait modifié toutes les données personnelles des dossiers de Vanilla, Kaël, et tous les autres, après la destruction des urgences. Elle avait tout fait disparaître pour les protéger, ne laissant plus que leur nom et les antécédents médicaux pour les besoins de l’hôpital.

« Je dois avouer que j’ai mis du temps à savoir de qui, entre Eva et toi, était la coupable d’une telle chose, continua Arioch. Jusqu’au moment où j’ai découvert que ton dossier, lui, n’avait subi aucun changement. »

L’expression que Zenia tentait de garder neutre depuis le début se figea de stupeur. Son dossier. Elle avait oublié son propre dossier. C’était pour ça qu’Arioch l’avait retrouvé elle. Et à cause de cette erreur… Elle avait également mis Naïm et Naminé en danger, qui devaient être dans le salon en ce moment-même –car si Arioch avait pu accéder à son bureau, il avait dû forcément passer par la pièce où se trouvaient les deux adolescents qu’elle avait adoptés, six ans auparavant.

« Tu dois sans doute t’inquiéter pour les deux jeunes dans le salon… mais ne t’en fais pas, je les ai juste endormis, et ne se réveilleront que lorsque j’en aurais fini avec toi. »

Les mains d’Arioch furent recouvertes de cette aura noire spécifiques aux pouvoirs des ténèbres. A cet instant, Zenia tenta de se ressaisir, se leva et pointa l’arme vers le monstre originel, qui sourit sournoisement.
Le reste se déroula trop vite ; au moment même où la scientifique voulut tirer, elle vit la slave noire, aussi tranchante qu’un couteau aiguisé, lui arracher le bras qu’elle tendait contre Arioch. Elle ne réalisa pas tout de suite. Dans sa tête, son membre sectionné sembla s’écraser au sol au ralenti.

Ce fut fébrilement qu’elle porta son seul bras restant vers l’hémorragie. Non seulement pour essayer d’arrêter l’écoulement de son sang, mais aussi –et surtout- pour tenter de faire taire cette douleur lancinante.
Elle s’effondra au sol alors qu’elle s’empêchait juste d’hurler de souffrance, pour ne pas donner autant de satisfaction à son ennemi.
Elle leva un regard, le visage déjà livide, vers Arioch qui envoya le bureau -et tout ce qui était dessus- à l’autre bout de la pièce, pour pouvoir admirer sa victime.

« Hm… d’un point de vue expert, je dirais qu’il ne te reste qu’une trentaine de minutes, au grand maximum, à vivre avec une telle hémorragie. C’est tellement fragile, un humain. »

Et il avait raison. Zenia n’avait aucune chance de s’en sortir, et sans doute qu’elle s’évanouirait bien avant à cause de la douleur –sa vision s’était déjà troublée, et elle faisait tout pour ne pas observer son propre bras sectionné, un peu plus loin. Même Eva, celle qui était la plus douée en microchirurgie, ne pourrait rien faire de toute façon.
Mais malgré la douleur, Zenia ne perdrait pas la face contre Arioch. Elle l’affronterait jusqu’au bout, même si son destin était de mourir ici.

« Pourquoi… ne pas m’avoir tué plus tôt… ? Il y a six ans, tu n’aurais pas hésité à le faire… »

Elle titubait, et son souffle était saccadé, mais elle lutterait. Elle voulait au moins savoir pourquoi il n’avait pas tout de suite commencé à tuer, pourquoi il avait incarné un médecin, pourquoi il visait précisément les doubles-cœurs… car peut-être qu’elle survivrait, qu’Arioch partirait avant qu’elle ne rende son dernier souffle, qu’elle aurait le temps d’appeler à l’aide… elle ne devait pas perdre sa raison –pas perdre courage.

« Et je l’aurais fait, si ce jeune homme ne s’était pas interposé, répliqua Arioch avec un sourire. C’est d’ailleurs ironique qu’il t’ait sauvé une seconde fois, lorsque j’ai détruit l’hôpital, tu ne trouves pas ? »

Arioch détournait la question, mais Zenia n’avait pas le temps pour ça. Elle devait tenter de recueillir toutes les informations possibles très rapidement. Elle ne devait pas laisser l’autre gagner.

« Tu culpabilises de… de l’avoir tué lui et tous les autres, il ya six ans… pas vrai ? Demanda-t-elle, alors qu’elle se sentait doucement partir. C’est pour ça… que… tu as incarné un médecin. Tu pensais que ça calmerait… ta culp- »

Elle ne put finir sa phrase. Arioch l’envoya contre le mur le plus proche à l’aide de ses pouvoirs -elle en eut le souffle coupé, et perdit encore un peu plus pied à la réalité. Mais ça ne l’empêcha pas de sourire. D’un sourire crispé par la douleur, alors que son regard s’éteignait encore un peu plus –un second coup comme celui-là, et elle n’était pas sûre de pouvoir rester consciente plus longtemps. Mais grâce à ça, elle savait qu’elle avait vu juste.

« Tu n’es pas vraiment en position de force, donc tu ferais mieux de te taire ma chère. Personne ne te sauvera cette fois.
- Alors pourquoi… ne me dis-tu pas la vérité ? »

Aucune réponse. Elle ne vit qu’Arioch serrait les poings, alors qu’elle, elle ne parvenait plus à bouger. Ses paupières devenaient lourdes, et ses forces la quittaient doucement –elle arrivait à peine à lever la tête vers lui.

« Bon, vu que tu vas mourir, je peux bien t’avouer une chose. Normalement, si vous m’aviez laissé faire, Kaël et Vanilla auraient dû être les deux seules et uniques victimes. Tout le reste n’est que des dommages collatéraux suite à mes échecs. Que ce soit l’hôpital, le Mémorial, ou même toi… rien de tout cela ne se serait produit si vous m’aviez livré directement ces deux personnes. »

Mais pourquoi eux ? Qu’avaient-ils de si importants pour qu’Arioch en fasse une telle fixation ? Il y avait tout de même d’autres double-cœurs dans le monde…
Seulement elle savait que même si elle lui demanderait, elle n’aurait jamais de réponse. De toute façon elle était trop faible, maintenant. Elle parvenait à peine à réfléchir et à écouter, toutes ses autres capacités lui faisaient défaut, même celle d’éprouver la douleur ou de garder les yeux ouverts.

« Sur ce, je pense que tu as assez souffert comme ça, je vais donc abréger tes souffrances, et te tuer maintenant. »

A ces mots, Zenia eut une légère montée d’adrénaline et eut la force de rouvrir les yeux durant quelques secondes. Il préférait vraiment l’achever lui-même plutôt que de la voir souffrir ? Mais pourquoi ?
Puis elle se rappela. Il était le double d’Ariane. Il avait donc encore un cœur. Alors si Zenia ne pouvait plus rien faire et qu’elle allait mourir ici… les autres, eux, pourraient peut-être tenter de le ramener à la raison. La mort n’était pas la seule option pour lui –il y avait aussi la rédemption.

Elle vit finalement l’autre tendre son bras vers elle, tandis qu’il préparait l’attaque qui lui retirerait définitivement la vie. Trop faible pour faire quoique ce soit, sa montée d’adrénaline qui s’estompait déjà… et même si son bras sectionné était assez proche pour en prendre l’arme qu’il possédait, elle ne tenta rien.
Quand soudain, une lumière bleue. Un habitant de l’Entre-Monde.

« Ca suffit. Je ne vous laisserai pas la tuer. »

Une voix qu’elle ne connaissait pas. Ce n’était donc pas Ariane, Vanitas ou Kairi qui venait d’apparaître. Mais qui, alors ?
Arioch, quant  à lui, baissa son bras, intrigué par l’arrivée de cette personne qu’il ne reconnaissait pas non plus.

« Et qui es-tu donc ? Demanda-t-il.
- L’Ombre que vous avez renvoyé dans les ténèbres. Mais je m’appelle Aloïs maintenant. Et je suis venu car celui pour qui vous vouliez me faire passer me l’a demandé, pour que je sauve cette femme. »

Puis joignant les mots aux gestes, Zenia sentit ledit Aloïs la prendre dans ses bras, lui provoquant un horrible vertige. Seulement à cause de tout ce que l’arrivant venait de dire, elle ne pouvait pas se permettre  de perdre connaissance maintenant.
En tout cas, à en voir l’expression d’Arioch, c’était encore une chose qu’il ne pensait pas devoir affronter.

« Il m’a d’ailleurs demandé de vous faire passer un message…, rajouta Aloïs. « Jamais deux sans trois ». Il m’a dit que vous comprendriez. »

Un rire, plus nerveux qu’autre chose, sortit de la bouche du monstre Originel à l’entente de ces quelques mots. Zenia ne comprenait plus rien, n’arrivait même pas à tenter de le faire… tout ce qu’elle vit vaguement, ce fut Arioch disparaître et entendre l’autre inconnu parler juste après.

« Dans quel hôpital es-tu déjà allée ? »

Zenia mit un temps à réaliser que la question lui était adressée. Mais lorsqu’elle le fit, elle leva un regard vide –presque vitreux- vers celui dont elle ne parvenait même pas à identifier la couleur d’yeux ou de cheveux, mais qui la portait. Elle rassembla ses dernières forces pour tout de même lui répondre.

« Se… Semina… Eva y est…
- Alors je vais t’y emmener. J’ai fait la promesse à Vanitas de te sauver, et je la tiendrai. »

Zenia ne comprit pas le moindre mot que venait de prononcer l’autre. Elle ne fit que sentir les picotements que provoquaient la téléportation puis… plus rien. Son corps et même son esprit n’arrivaient plus à lutter contre la mort.

~0~0~0~0~

Noa n’avait pas ramené Xion à son hôtel. Il avait préféré prévenir Riko et laisser son double se reposer chez lui, pour pouvoir veiller sur elle. Cela faisait donc maintenant une petite heure qu’elle avait réussi à trouver le sommeil, seul moment où elle pourrait oublier les horribles évènements qu’ils venaient de vivre.

En l’observant dormir, Noa ne put s’empêcher de repenser au garçon qui s’était fait passer pour lui… était-il mort, lui aussi ? Tué pour avoir menti ? Ou bien avait-il réussi à s’échapper ?
Il ne le savait pas, mais au fond… peut-être qu’il préférait ne pas le savoir.

Il sentit finalement son téléphone vibrer dans sa poche. En le sortant et en observant le cadran, il vit que c’était Riko –sans doute venait-elle de lire le SMS, et  qu’elle voulait savoir la situation exacte.
Avant de décrocher, Noa sortit de la chambre, et prit soin de fermer la porte pour ensuite aller au salon.

« Bonjour Noa, déclara Riko une fois qu’elle eut le garçon en ligne. »

Le ton de la jeune femme était différent de celui calme et posé qu’elle avait d’habitude. Noa se rappela alors de la raison première de la visite de Xion… il serra les poings, en sachant qu’une autre mauvaise nouvelle attendait l’argentée. Mais il décida de ne pas commencer par ça.

« Je suis désolé, Xion m’a dit ce qu’il s’était passé avec votre université.
- Ne te préoccupe pas de ça. J’ai appris qu’un meurtre avait été commis par des ombres à la banque. C’est de ça dont tu faisais référence dans ton SMS ?
- Je… -il hésita quelques instants avant de se lancer- Oui, des ombres ont cherché à nous prendre en otages, en menaçant chaque personne présente.
- Je vois… écoute j’arrive, tu me raconteras les détails à ce moment-là. »

Puis sans qu’il n’ait le temps de répondre, Riko raccrocha. Il observa un moment son téléphone, sans rien faire ni savoir quoi penser. Il se sentait coupable de mêler l’argentée à ce genre de choses, surtout avec ce qu’elle vivait actuellement, en plus de tout ce qui leur tombait dessus depuis le retour des monstres.

Noa se leva du canapé, sachant que Riko ne mettrait pas longtemps à arriver –et qu’il voulait éviter que l’argentée sonne pour ne pas réveiller Xion- il décida d’observer par la fenêtre pour voir à quel moment son amie sonnerait.

Mais à l’instant même où il s’installa devant l’emplacement vitré, son téléphone sonna. Sur le cadran était indiqué le nom d’Eva. Eva qui ne téléphonait jamais, ou seulement à Braig, Zenia, ou aux autres anciens scientifiques.  
Alors qu’il décrocha, Noa fut pris d’un horrible pressentiment…

~0~0~0~0~

Arioch, à peine de retour dans son bureau, envoya valser de rage tout ce qu’il y avait sur le meuble le plus proche. Meuble qu’il détruisit à la volée d’une salve noire, avant de s’appuyer contre le radiateur. Il avait la respiration rapide uniquement à cause de la colère, qu’il tentait vainement de contenir.

Sa propre Ombre corrompue. Celle qu’il pensait avoir détruite il y avait de ça des jours… c’était cette-fois-ci elle qui venait de provoquer son nouvel échec. Mais le pire dans tout ça, c’était d’avoir su qui l’avait envoyé. Ce foutu gamin, celui qu’il avait tué il y avait de ça six ans et qui, comme cette fille, était revenu une fois que l’Entre-Monde avait eu suffisamment d’impact sur ce monde.

« Jamais deux sans trois, hein… comment peux-tu encore faire le malin alors que je t’ai tué… COMMENT ? »

Cette fois-ci, il arracha le radiateur de son emplacement, et l’envoya au même endroit que l’autre meuble. Evidement qu’il avait compris les deux sous-entendus que ce type avait voulu lui transmettre. Non seulement cela faisait la troisième fois qu’il échouait pour tuer Zenia, mais en plus de ça, Arioch avait sorti une phrase similaire lors de la seule fois où il avait réussi à piéger Kaël et Vanilla, au Mémorial.

« Vous avez voulu me provoquer, eh bien vous avez gagné. Je vais tous vous anéantir, humains comme habitants de l’Entre-Monde. »

Il n’avait certes pas encore récupéré toute sa force, mais il pourrait compter sur ses Ombres pour faire le travail à sa place. Il trouverait un moyen de piéger et de faire disparaître pour de bon ce Vanitas qui se croyait si malin, et il ferait subir le même sort à tous les autres.

« Maître ! Que vous arrive-t-il ? Nous avons entendu un vacarme horrible… »

Tiens, un de ses serviteurs était entré et il ne s’en était même pas aperçu. Avant de se tourner vers son esclave, Arioch remit sa capuche.

« Que me veux-tu, Ombre ?
- Je voulais vous avertir de quelque chose, lorsque j’ai entendu du bruit, alors je me suis permise d’entrer sans frapper, pardonnez-moi.
- Viens-en au fait.
- Le… le nombre d’ombres à nos côtés ne cesse de diminuer, à mesure que l’Entre-Monde prend de l’influence ici. Quelqu’un est en train de nous corrompre. »

Encore ce foutu Entre-Monde. Arioch serra les poings. Non seulement ses habitants se moquaient éperdument de lui, mais maintenant ils se mettaient à lui voler tout ce qui lui restait comme force, et comme moyen d’obtenir enfin la liberté de mouvement qu’il recherchait ? C’était ça leur but, le détruire à petit feu ? Et bien soit. Mais il n’allait pas se laisser faire. Au diable le pacifisme et son objectif premier. Il n’y avait visiblement que la vengeance et la colère qui réussissaient à le rendre efficace.

« Avons-nous un quelconque indice sur comment l’Entre-Monde arrive à faire ça ?
- Du peu de témoignages qu’on a eu des Ombres qui ont réussi à s’échapper, il y a toujours eu une femme sur les lieux aux moments des faits. Parfois elle est accompagnée d’autres personnes, mais ces dernières changent souvent.
- Débrouille-toi pour avoir la description la plus précise de cette femme.
- Mais s’approcher d’elle c’est comme se condam-
- Tu vas m’obéir, sinon ce n’est pas elle qui t’anéantira, mais moi. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Bi-Bien Maître… »

L’Ombre s’éclipsa, tandis qu’Arioch observa les nombreux dossiers médicaux falsifiés de ses cibles, posés sur le seul meuble épargné.
Il détruirait le nouvel Entre-Monde, et il obtiendrait les doubles-cœurs de Kaël et Vanilla. Il pourrait enfin sortir de cette ville grâce à ça, et retrouverait son double. Pas pour se lier d’amitié avec elle -comme ça avait voulu être le cas de base- mais pour la détruire elle aussi, car c’était de sa faute si tout cela était en train d’arriver. C’était elle qui l’avait abandonné dans le premier Entre-Monde, à l’époque inhabité. Elle devait à présent payer.
Et après son opposée, ce serait l’humanité toute entière qu’il détruirait.

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Dernière édition par Fexatsyn Miroï le Sam 10 Oct - 10:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Sam 10 Oct - 10:32

Chapitre 31 : L’Ombre repentie

Au sein de tout le groupe, la nouvelle de savoir Zenia grièvement blessée par Arioch lui-même fit le tour en à peine une demi-heure. Il fallut à peine une quinzaine de minutes de plus pour que tous se rejoignent l’hôpital de Semina, là où la scientifique avait été prise en charge par Eva. Celle-ci avait téléphoné rapidement à Noa avant d’opérer Zenia, et avait chargé au noiraud d’avertir tout le monde. Il n’avait cependant reçu aucun détail sur l’état réel de la femme.

Tous étaient maintenant dans le large couloir blanc qui menait à une salle d’opération –celle où Eva était en train d’opérer Zenia depuis maintenant presque une heure.
Sur les bancs, il y avait Sora et Seïra, qui se tenaient la main, Xion qui aurait préféré mettre de côté les évènements qu’elle avait vécus d’une autre manière, Noa qui restait auprès de son double, ainsi que Riku et Axel, tous les deux bras croisés –et yeux fermés pour l’argenté.
Le reste était resté debout, en s’appuyant soit contre le mur –dans le cas de Riko et Vanilla- soit en faisant des allés et retours qui ne faisaient que stresser davantage le reste du groupe –dans le cas d’Alexia.

« Alexia, tu donnes le tournis à tout le monde, assied-toi, prononça finalement Riko, rompant ainsi un long silence installé depuis le début.
- COMMENT je pourrai m’asseoir et rester calme dans un moment pareil ? Sérieux, Arioch a attaqué Zenia, pourtant Ariane nous avait dit qu’il était trop faible pour attaquer lui-même !
- On le sait, rétorqua Vanilla. Mais c’est pas en tournant en rond que ça changera les faits, Alex’. »

La rousse serra les poings mais finit par obéir à sa meilleure amie, et par s’installer près d’elle. Un nouveau silence s’installa, très vite rompu par Noa.

« Je pense qu’Arioch n’a pas assez de force pour s’attaquer à ceux protégés par des habitants de l’Entre-Monde, mais comme Zenia n’a aucun lien avec ce dernier… elle était une cible facile. »

Cette explication, certes plutôt hasardeuse et prononcée sans preuves, restait la plus logique. Si Vanilla et Kaël bénéficiaient d’une protection, Zenia et tous les autres restaient bien plus que vulnérables…

« Vous pensez qu’elle s’en sortira… ? Demanda finalement Sora. »

Un silence. Personne ne pouvait donner de réponse à cette question. Personne n’osait se dire que se serait le cas, ne sachant pas dans quel état la scientifique avait été retrouvée.

« Evidemment qu’elle va s’en sortir, c’est moi qui l’ai prise en charge, rétorqua une voix froide et hautaine, qu’ils reconnurent rapidement. »

Alors que le brancard où se trouvait Zenia endormie et installée sous une couverture –en plus d’être sous perfusion et transfusion, ainsi que branchée à un électrocardiogramme- était transporté par des infirmières dans une chambre, Eva rejoignit le groupe qui s’était dirigé vers elle. Comme elle venait de sortir de la salle d’opération, elle avait toujours la tenue réglementaire pour ce genre d’intervention chirurgicale, mais les autres n’en n’avaient au fond rien à faire.

« Comment va-t-elle ? Demanda directement l’intégralité du groupe.
- Son état est stable. Elle a évité le coma de peu.
- Mais que s’est-il passé ? Interrogea Riko. Je veux dire, précisément ?
- Ca, je ne saurai vous le dire. Je ne peux que constater les séquelles dont elle souffrira. Cependant le garçon qui l’a ramenée ici pourra sans doute nous éclairer sur tout cela. D’ailleurs le voilà. »

Eva indiqua la direction d’un jeune homme aux cheveux blonds et longs qui venait certainement de revenir de la cafétéria, car il avait une canette de soda en main. En sentant le regard de toutes ces personnes sur lui il releva la tête, mais eut comme un léger mouvement de recul, hésitant. Son regard s’arrêta surtout sur Vanilla, avant de détourner la tête pour que la jeune femme ne s’en rende pas compte.
Xion et Noa, cependant, le reconnurent tout de suite.

« Tu es le garçon qui s’est fait passer pour Noa ! S’exclama la noiraude. Mais tu avais été capturé par des Ombres c’est impossible que tu… sois là. »

Tout le monde savait ce qu’il s’était passé à la banque dans les grandes lignes du moins, donc tous surent à quoi faisait référence Xion. Seulement comme elle -qui le lui avait clairement dit- tous pensaient qu’il n’était que très peu probable que ce jeune homme ait pu survivre à une telle expérience, et encore moins s’en échapper sans une seule égratignure.

« C’est plutôt une longue histoire. »

Tous reconnurent la voix d’Ariane, qui était apparue près du garçon blond aux yeux rouges.
Visiblement elle avait l’air d’en savoir long sur cet homme, mais ne voulut pas en parler tout de suite.

« Je suis désolée pour Marlène, et pour Zenia.
- Tes excuses ne ramèneront pas les morts, rétorqua Noa, plus froidement qu’il ne l’aurait voulu. Et tu ne nous avais pas précisé qu’Arioch avait encore suffisamment de force pour s’attaquer à des humains sans lien avec l’Entre-Monde.
- Je suis vraiment navrée, j’ai été dans l’erreur. Ils ont pu éviter la mort de Zenia et votre capture, seulement…
- Comment ça, « Ils » ? Interrogea Riko.
- Parce que moi, je ne pouvais pas sentir le danger que vous encouriez. Je suis désolée. »

Elle fit une pause. Pour la première fois, Ariane paraissait perdue, comme si elle avait momentanément vraiment perdu le contrôle sur les évènements.

« J’ai oublié de vous parler d’un dernier lien entre les habitants de l’Entre-Monde et votre monde. Ils sont liés au cœur des personnes qu’ils ont rencontrées de leur vivant. Vanitas a pu donc sentir la détresse de Xion, Noa et Zenia. Mais il était dans l’impossibilité de réapparaître sans faire du mal à Vanilla, suite à ses trop nombreuses apparitions récentes. Il est alors passé par Aloïs. Et la seule chose où l’on peut s’estimer presque heureux… c’est que les deux accidents eurent lieu à deux heures d’intervalles, du coup Aloïs a pu être là les deux fois. »

Ariane ne paraissait au courant de quasiment rien d’autres, et elle ne pouvait vraiment pas se douter des dangers qui allaient frapper la ville en quelques heures. Seulement s’ils suivaient bien son raisonnement, les habitants étaient connectés à ceux qu’ils avaient rencontrés vivants… Sora regarda Ariane.

« Nous ne connaissons aucun Aloïs, Vanitas et moi. Et cette personne ne me dit rien.
- Le lien qu’entretiennent Aloïs et Vanitas est différent, répondit Ariane. Mais je ne pense pas que ce soit le moment de vous expliquer pourquoi. »

Et elle avait sans doute raison. Le noiraud n’était plus vivant à proprement parler, de ce fait il y avait des choses qui pouvaient leur échapper, mais ce n’était malheureusement pas leur priorité pour l’instant –Sora et Vanilla l’avaient bien compris eux aussi. Surtout qu’ils ignoraient encore ce qui était arrivé à Zenia, et les séquelles -dont avait fait références Eva- qu’elle avait.

« Tu as parlé de séquelles, reprit Riku, en s’adressant à Eva. Quelles sont-elles ?
- Arioch lui a sectionné un membre. Son bras gauche plus précisément. Il n’y avait rien à faire. Et même si j’avais tenté quelque chose, son membre aurait pu se nécroser, ou donner lieu à de plus graves pathologies. »

Tout le groupe crut mal entendre, alors qu’Ariane et Aloïs serrèrent les poings. Tous réalisaient très bien que Zenia, en tant que médecin, serait privée à jamais d’un des deux plus précieux outils de travail que demandait son métier. Et les pouvoirs de l’Entre-Monde ne pouvaient pas annuler une telle blessure.

« Je… je peux retirer la douleur, déclara soudainement Aloïs, rompant le silence pesant. Celle actuelle, et celle du membre fantôme par la suite… je peux au moins définitivement lui retirer ces souffrances là.
- Aloïs…, souffla Ariane.
- Je sais, coupa-t-il pour continuer de s’expliquer aux autres. Vous ne me connaissez pas et… lorsque vous saurez qui j’étais auparavant peut-être que… mais s’il vous plaît, laissez-moi au moins lui offrir ça avant. J’ai été chargé de la sauver, mais je suis quand même arrivé trop tard. Ce ne serait qu’une maigre compensation, mais… s’il vous plaît. »

Tout le groupe s’observa. Les paroles de cet homme que personne ne connaissait les intriguait au plus au point, surtout lorsqu’il mentionna cette autre identité qu’il leur cachait visiblement… mais l’heure n’était pas aux doutes. Il avait avoué ne pas pouvoir la soigner complètement, mais était prêt à faire son maximum pour qu’elle ne souffre pas de cette blessure, physiquement parlant, à son réveil –et ce n’était pas rien. Tout le monde connaissait les effets du syndrome du membre fantôme ; une souffrance éternelle. Si Aloïs pouvait au moins lui retirer ça…

« Chambre 427, quatrième étage, déclara Eva. Mais je t’accompagnerai, pour être sûre que tu ne manigances rien d’autres, et que tu tiennes parole. »

Aloïs ne fit qu’hocher la tête, et les deux adultes s’éloignèrent très vite des autres, pour finalement disparaître de leur champ de vision. A ce moment-là, tous les regards se tournèrent vers Ariane. Tous voulaient des explications ; pourquoi Zenia ? Pourquoi pas Kaël et Vanilla qu’Arioch recherchait depuis le début ? Ils savaient que la femme devait au moins être au courant de ça, à défaut de n’avoir pas pu avoir un coup d’avance, comme elle en avait l’habitude.
La jeune femme ne fit que s’avancer, et tendre un dossier médical à Sora, qui ne comprit pas.

« Et le secret professionnel ?
- Lis, tu verras. »

Sceptique, il osa cependant regarder quelques pages. Il voyait très bien que le nom et prénom de la personne étaient volontairement cachés par de petites bandes noires… et c’était tout, il n’y avait aucune autre donnée personnelle. Il ne voyait que les antécédents médicaux, comme le fait que cette personne avait souffert d’une crise d’appendicite, ou ce genre de chose. Et en prenant connaissance de plusieurs choses contenues dans ce dossier, le brun se rendit compte que les différentes données –et légères interventions- de ce patient… lui correspondaient. Que ce soit dans ses dernières prises de sang et vaccins, comme pour tout le reste, à l’époque où les mondes n’étaient pas fusionnés. Mais autrement, il n’aurait jamais su. Sora arrivait donc doucement à comprendre où voulait en venir Ariane, qui retira les deux bandes noires sur les cases du nom et du prénom –qui révéla sans surprise l’identité du brun.

« Zenia a modifié tous vos dossiers, ne laissant plus que vos noms et antécédents médicaux d’accessibles dans la base de données de l’hôpital, pour vous protéger. Malheureusement… elle a oublié son propre dossier, et c’est ainsi qu’Arioch l’a très facilement retrouvée.
- Elle ? Oublier quelque chose ? Demanda Riko, qui n’en revenait pas. Pourtant, avec Eva, ce sont les plus perfectionnistes d’entre nous.
- L’erreur est humaine… mais je pense surtout qu’à ce moment-là, sa propre sécurité passait après la vôtre. »

Un silence, tandis que Sora rendit son dossier à Ariane. Elle ne l’avait pas lu, c’était certain, car elle respectait cette histoire de secret professionnel, mais elle avait voulu montrer une preuve de ce qu’elle avançait ; Zenia, dès qu’elle s’était rendue compte des dangers qu’ils encouraient vraiment, les avait protégés –au péril de sa propre vie.

« Combien de personnes vont être encore blessés par notre faute… ? Souffla finalement Kaël.
- En plus, si elle ne peut plus pratiquer son métier, ce sera uniquement de notre faute, rajouta Vanilla, en serrant son poing valide –l’autre étant toujours plâtré suite à sa mésaventure au Mémorial.
- Oh j’y crois pas. Vous allez pas redevenir dépressifs vous deux, si ? Soupira une voix qu’ils reconnaissaient tous très bien. »

En se tournant vers sa provenance, tous virent Vanitas et Kairi qui venaient très certainement d’apparaître à leurs côtés, au vu des résidus bleus qui étaient restés dans l’air. Le rouquin et la noiraude détournèrent les yeux de leur double. Certes il s’était passé beaucoup de chose entre eux, ces derniers temps, mais cela ne changeait rien au fait. La scientifique avait failli mourir pour eux, et souffrirait à jamais de séquelles à cause de ça.

« Pis bon, on parle de Zenia, pour rappel, celle qui sera capable de râler en se réveillant quand elle se rendra compte qu’on lui a retiré la douleur, qu’elle comptait prendre comme une punition contre elle-même, tout ça, continua Vanitas.
- Mais aussi celle qui, malgré la situation, n’a jamais ou rarement perdu son sang froid, rajouta Kairi. Je ne pense donc pas qu’elle abandonnera si facilement d’être médecin. »

Et force était d’avouer qu’ils avaient tous les deux raisons. Zenia serait vraiment le genre de personne à s’en vouloir suffisamment pour supporter une douleur comme celle du membre fantôme, sans même se plaindre une seule fois. C’était également elle qui restait calme en toute circonstance.

« Le plus important c’est qu’elle soit vivante, aussi, déclara Ariane. Peut-être qu’elle a pu récolter des informations auprès d’Arioch, vu qu’il était certain de la tuer, cette fois. »

Encore une vérité à ne pas ignorer. Seulement celle-là, pour la vérifier, il faudrait attendre que Zenia se réveille, et cela pouvait prendre du temps, bien qu’elle ne soit pas dans le coma. De toute façon, ils se voyaient tous mal la harceler après ce qu’elle avait vécu. Ce fut à ce moment là que Xion se rappela d’une chose qui était loin d’être un détail.

« Naïm et Naminé, où sont-ils ?
- Ne vous en faites pas, je les ai emmenés chez Zexion, répondit Kairi. Il est lui aussi au courant de la situation, et on l’a averti du danger qu’il y avait à Agena et de ce que son double avait véritablement vécu. Aloïs est même retourné à l’appartement de Zenia, pour y supprimer toute trace de… ce qu’il s’y est passé. »

Les sous-entendus de la rouquine étaient lourds de sens. Tous gardèrent le silence, jusqu’au retour d’Aloïs et d’Eva. Mais même s’ils réalisaient tous que sans le premier, Zenia serait sans doute morte… ils se rappelaient pertinemment des propres mots du blond, qui s’obstinait en plus à ne pas les regarder, mais aussi de ce lien qui le liait à Vanitas et dont avait fait référence Ariane.

« Qui es-tu vraiment ? Demanda Noa. Et quel est votre lien ? Continua-t-il cette fois-ci en adressant un bref regard au noiraud. »

Un sursaut de la part d’Aloïs, qui regarda du coin de l’œil l’habitant de l’Entre-Monde, qui fit mine de n’avoir rien remarqué et détourna la tête de lui. Evidemment. C’était à lui de dire ce qu’il avait été auparavant –et parce que Vanitas avait compté sur lui pour sauver la vie de plusieurs personnes, peut-être que la pilule passerait plus facilement. Enfin, il l’espérait. Il adressa un dernier regard à Ariane, qui hocha simplement la tête ; c’était maintenant ou jamais.

« J’étais une Ombre Corrompue, à l’époque, avoua-t-il finalement. »

Cette nouvelle en surprit plus d’un, qui ne surent même pas comment réagir. Cette personne ne pouvait après tout pas être une de ces créatures ; non seulement elle n’en n’avait pas la tenue, mais en plus –et à cause de ce lien étrange entre lui et Vanitas- c’était juste impossible. Et il les avait sauvés deux fois en quelques heures.

« J’ai commencé à réaliser que je n’étais pas la personne que mon ancien Maître voulait me faire croire que j’étais, continua finalement Aloïs, face au silence de tous les autres. Alors il a m’a renvoyé dans les ténèbres, là où Ariane est venue me sauver, et m’a donné ma propre apparence, mon identité. Et une seconde chance. »

Alors Aloïs était une Ombre corrompue repentie ? Ils ignoraient cela possible… ils observèrent Ariane, qui reprenait doucement l’assurance et ce sourire qui la caractérisait depuis qu’ils l’avaient rencontrée. Le blond ne pouvait donc tout simplement pas être en train de mentir.
Mais il restait encore une partie de l’histoire qu’il n’avait pas encore éclaircie. Qu’avait-il à voir avec Vanitas ?

« Je pense qu’il vous révèlera l’histoire dans son intégralité lorsqu’il se sentira prêt, déclara finalement Ariane, en voyant Aloïs hésiter.
- Non… c’est bon. Je vais leur dire. »

Aloïs observa Vanitas, qui le fixait également. Le noiraud lui avait confié le destin de ses proches, malgré ce qu’Aloïs était à l’époque, ce qu’il avait fait, et sous quelle apparence. Alors peut-être que les autres aussi sauraient juste oublier, le temps qu’ils en finissent pour de bon avec Arioch –car jamais il ne les forcerait à l’accepter.
Il était prêt à disparaître à jamais de leur vie, une fois que tout serait terminé.

Il inspira et expira fortement une fois, pour se donner un semblant de courage. Tourner autour du pot ne rendrait la chose que plus difficile, alors il valait mieux tout dire, maintenant qu’il en avait l’occasion.
Il fixa tour à tour les personnes qu’il avait attaquées, en même temps de parler.

« C’est moi qui t’ai agressé aux sources, commença-t-il en s’adressant à Axel. C’est moi aussi qui ai piégé Alexia et Eva à la morgue, qui vous ai blessé dans cette forêt ou qui ai pénétré dans l’appartement de Riku durant la nuit. –il s’adressa enfin à Vanilla- C’est moi qui voulais te prendre ton cœur plusieurs fois. »

Sur l’instant, chacun eut du mal à faire les différents rapprochements. Ou plutôt… ils ne voulaient pas les faire. C’était impossible que la personne qui avait cherché à tuer Vanilla… soit la même que celle qui venait de sauver Zenia, et qui avait évité la capture de Noa et Xion.
Automatiquement tous les regards se tournèrent vers Vanitas, qui paraissait complètement indifférent.

« Bah quoi ?
- Ce qu’il vient de dire… tu le savais ? Demanda finalement Vanilla.
- Un peu quand même, ouais.
- D’où pensez-vous que le lien entre Aloïs et Vanitas provient ? Demanda Ariane, qui avait définitivement retrouvé son sourire. Evidemment, la tension était palpable entre eux, au début.
- En vrai je le haïssais, déclara Vanitas en haussant simplement les épaules. Mais c’est un détail. »

Pourtant, le noiraud avait fini par lui confier la vie de trois personnes, en sachant tout ce qu’avait commis Aloïs auparavant. Il avait su lui donner le bénéfice du doute, après un temps de haine qui avait sans doute duré plusieurs jours –voire plus aux yeux de Vanitas, vu que le temps s’écoulait différemment dans l’Entre-Monde.

En vérité, personne ne savait comment réagir à tout cela. Bien sûr ils se souvenaient de tous ces évènements qui avaient presque causé la mort de plusieurs personnes… mais pour l’instant, ce qui comptait le plus dans leur esprit, ça restait les sauvetages qu’Aloïs avait réalisés.

Malgré tout, tous purent voir Vanilla être la première à s’approcher suffisamment du blond, pour le fusiller du regard. Le garçon ne put pas vraiment décrire le regard que lui lançait la noiraude ; il y avait trop de sentiments contradictoires.

« Ca, c’est pour avoir mis en danger tout le monde avec tes conneries. »

Il ne comprit pas tout de suite ses mots, seulement la gifle qu’elle finit par lui infliger, il la sentit passer. Mais au final, ce geste ne l’étonna pas plus que ça –pas plus qu’il ne surprit les autres.

Vanilla, cependant, ne rajouta rien de plus. Elle fit simplement dos à Aloïs, rejoignit Alexia qu’elle prit par le bras, puis s’éloigna avec elle vers la cafétéria. Personne ne chercha à les suivre, tout simplement pare qu’ils étaient tous perturbés par tout ce qui leur arrivait en ce moment et que la réaction de la noiraude était compréhensible –seule Eva continuait d’afficher cet air impassible et froid.

« Je pense que pour le bien de tout le monde, il vaudrait mieux vous reposer, déclara finalement Ariane. Beaucoup de choses se sont produites, et visiblement Aloïs a fait la révélation de trop. En tout cas, vous n’avez pas à douter de lui. C’est quelqu’un de confiance, je peux vous le promettre. »

Puis, sans un mot de plus, Ariane, Vanitas, et Kairi disparurent dans une lumière bleutée. Eva les quitta également, pour rejoindre la chambre de Zenia. Il ne restait plus qu’Aloïs, et une partie du groupe.
Au moment où le blond s’apprêta à son tour à partir, Sora lui attrapa le bras.

« Tu as peut-être fait beaucoup de mal, avant, mais si Vanitas a su te faire confiance pour que tu nous aides… je ne vois pas pourquoi nous, on ne ferait pas pareil. On compte d’ailleurs sur toi pour être là lors de la dernière bataille, hein ! »

Sur le coup, Aloïs ne sut pas vraiment comment réagir face à Sora qui lui souriait simplement. Il finit alors par lui rendre son sourire, pour le remercier silencieusement, mais préféra tout de même s’éclipser.
Tout le monde avait besoin de repos, lui compris.


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Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Ven 16 Oct - 23:02

Chapitre 32 : Un manque

Cela faisait maintenant presque douze heures qu’Aloïs observait Zenia, toujours endormie. Presque douze heures aussi que tout le groupe s’était séparé, pour se reposer. Ariane l’avait donc chargé de veiller sur la scientifique, dans le doute, même s’il n’était que très peu probable qu’Arioch parvienne à la retrouver, maintenant.
C’était d’ailleurs la première fois qu’il avait vu Ariane dans un tel état ; elle souriait toujours, et malgré son séjour dans l’ancien Entre-Monde, et les marques physiques qu’il lui avait laissées, elle dégageait une lumière éblouissante. Pourtant, lorsqu’elle avait appris ce qu’il s’était passé non seulement à la banque, mais aussi à Zenia… cette lueur, ce qui faisait d’elle ce qu’elle était… tout avait disparu l’espace d’un instant.

Mais au fond, Aloïs ne la connaissait pas ; alors qu’est-ce qui lui prouvait que depuis le début… elle ne souffrait pas ? Après tout c’était son double qui commettait tous ces crimes. Le jeune homme serra les poings. Elle avait tellement fait pour lui, mais lui ne pouvait rien faire pour elle. Elle avait bien trop de secrets pour lui, et la psychologie humaine lui échappait encore tellement. Il pouvait juste ressentir les émotions de chaque cœur qui était « physiquement » proche de lui.

Il soupira, et décida de se lever de la chaise inconfortable sur laquelle il était assis depuis plusieurs heures. Il s’approcha ainsi de Zenia, encore très pâle, mais qui respirait déjà de manière plus régulière –elle avait d’ailleurs cessé d’être transfusée.
En y repensant, Aloïs se rappela que tout le monde ignorait qu’il était là. Et si ça devait se savoir, sans doute qu’il se ferait rejeter, ou peut-être même enfermer.

La gifle de Vanilla, pourtant, n’avait pas dégagé que de la colère. Le geste et les sentiments du cœur de la noiraude avaient été tout aussi contradictoires que son regard, au moment des faits. Il avait pu y sentir beaucoup de choses, mais l’une d’elle l’avait un peu plus marqué ; Aloïs, dans cette gifle, avait clairement senti un sentiment reconnaissance, sans doute pour les deux sauvetages. Alors oui cela ne voulait rien dire, mais si même celle qu’il avait failli tuée à plusieurs reprises ressentait ce genre de chose à son égard… il espérait non pas leur pardon, mais au moins leur acceptation dans le dernier combat contre Arioch, qui approchait plus vite qu’ils ne le pensaient.

« Qui êtes-vous ? »

Aloïs sursauta, et fixa le regard de Zenia, qui avait finalement ouvert les yeux. Dans sa voix, le blond avait pu ressentir toute la fatigue de la scientifique, mais restait étonné d’une telle question ; après tout il l’avait sauvé, donc pourquoi ne se souvenait-elle pas de lui ? Elle ne pouvait pas non plus avoir entendu la conversation qui parlait de ce qu’il avait fait, à l’époque où il était sous le contrôle d’Arioch, donc ce n’était pas non plus pour retourner le couteau dans la plaie… cette question était vraiment sincère, en fait. Aloïs ne décelait aucune méfiance, juste de la curiosité derrière cette fatigue.
Puis il se rappela de l’état dans lequel Zenia avait été ; on lui avait arraché un membre, et pour un humain une telle blessure n’était pas anodine. Elle devait sans doute avoir oublié certains évènements –et il ne voulait pas la forcer à se souvenir.

« Je m’appelle Aloïs. Ariane m’a demandé de veiller sur vous.
- Je vois… »

Malgré cette fatigue certaine, Zenia paraissait très lucide. Elle avait sans doute oublié certains détails de la scène, mais elle se souvenait très clairement de ce qui lui était arrivé –des séquelles dont elle souffrirait. C’était la seule conclusion qu’Aloïs put tirer en voyant la femme se redresser à l’aide de son seul bras restant, sans pour autant paraître paniquée ou perturbée. Elle était toujours très calme, du peu qu’Ariane lui avait dit sur elle –et malgré cette blessure irréversible, elle le restait. Incroyable.

« Combien de temps s’est écoulé depuis ce qu’il s’est passé ? Demanda Zenia.
- Presque douze heures. Vous avez perdu beaucoup de sang, mais durant les premières heures, on vous a laissé sous transfusion. Votre état s’est très vite stabilisé. »

Elle le savait sans doute, pour la dernière partie. Elle était médecin après tout, mais Aloïs préférait la rassurer. Après tout, ce calme pouvait très bien être une façade. Et puis il voulait être sincère avec elle. Il voulait lui montrer qu’elle pouvait lui faire confiance, à défaut de se souvenir qu’il l’avait sauvée.
Surtout que lui expliquer impliquerait également lui raconter avec exactitude comment il l’avait retrouvée, et il ne voulait pas lui révéler tout cela avant qu’elle ne soit rétablie.

« Quelqu’un est intervenu, déclara soudainement Zenia. Ma vision ne me permettait pas de voir son visage mais c’était vous, n’est-ce pas ?
- Comment…, souffla t-il.
- Je ne vous ai jamais vu, mais vous veillez sur moi sous l’ordre d’Ariane, et Eva n’aurait jamais laissé quelqu’un entrer dans ma chambre si elle n’avait pas confiance en la personne. Le rapprochement… n’est donc pas compliqué à faire. »

Vraiment incroyable. Zenia était à peine réveillée, et pourtant elle arrivait à toucher juste sur ce qu’elle disait. C’était rassurant de voir toutes ses capacités intellectuelles intactes, mais aussi un peu… dérangeant.
Cependant, malgré cette réactivité mentale, son état physique, lui, ne lui permettait pas encore de trop en faire. Aloïs avait bien remarqué qu’elle avait titubé, à la fin de sa phrase -il la força donc à se recoucher.

« Vous avez été gravement blessée, nous avons pu minimiser les répercussions physiques, mais votre corps reste fortement affaibli. »

Zenia n’eut d’autres choix que de se laisser faire, et de donner raison à cet Aloïs. Malgré ça, de nombreuses questions lui vinrent à l’esprit. Comment cet homme qu’elle n’avait jamais vu avait-il pu la retrouver et la téléporter ? Et pourquoi ne ressentait-elle aucune douleur, alors qu’elle n’était même pas sous morphine ?
Elle connaissait les conséquences d’une perte comme celle qu’elle venait d’avoir. Et tout cela n’avait donc aucun sens. Elle devrait souffrir bien plus que ça, et n’était pas censée n’être que fatiguée.
Elle ressentit tout de même le besoin de vérifier si au final, tout cela avait été réel, et porta donc sa main droite vers son épaule gauche, là où logiquement… seulement Aloïs l’arrêta dans son geste.

« La blessure, en douze heures, n’a forcément pas eu le temps de cicatriser. Donc même si j’ai pu calmer la douleur, si vous rouvrez votre plaie maintenant… »

Zenia n’insista pas –elle avait eu sa réponse. Tout était bien réel. Elle avait vraiment perdu son bras lors de cette confrontation, et elle savait maintenant pourquoi elle n’en souffrait pas physiquement parlant. Ce jeune homme en face d’elle n’était donc pas humain. Sans doute était-il un habitant de l’Entre-Monde. Malheureusement sa tête lui tournait, et ce ne serait pas maintenant qu’elle aurait des éclaircissements.

« A mon prochain réveil, j’aurai beaucoup de questions à vous poser.
- Et je serai là pour y répondre, lui assura Aloïs. »

Zenia referma finalement les yeux. Le jeune homme l’observa encore quelques minutes. Elle était raisonnable. Il s’attendait pourtant à ce qu’elle cherche à lutter contre la fatigue pour lui demander tout ce qu’elle souhaitait, pourtant il n’en fut rien.
Mais comme il se doutait des questions qui pourraient tomber, il avait au moins le temps de préparer ses réponses.

Il s’apprêta à partir en se téléportant, afin de rassurer Ariane de l’état de Zenia, quand la porte s’ouvrit au même moment ; il se figea en voyant Riko et Xion, qui l’observèrent d’abord avec surprise, puis avec méfiance –pour la première seulement, par contre.
Avec tout ce qui avait été dit auparavant… Aloïs comprenait. Il serra alors les poings, mais osa affronter le regard de ces deux personnes.

« Que fais-tu là ? Demanda froidement Riko, qui ne digérait toujours pas le fait que le blond était l’homme qui avait failli tuer ses amis à plusieurs reprises. »

Aloïs n’arriva même pas à répondre. Pourtant il était simple de le faire mais cette personne, et ce ton, l’intimidaient. Au fond, il n’avait pas à être là et l’argentée le lui faisait clairement comprendre.

« Ariane voulait simplement que je vérifie l’état de Zenia. D’ailleurs elle s’est réveillée, pendant quelques minutes.
- Comment allait-elle, psychologiquement parlant, je veux dire ? Interrogea Xion.
- Je… ne sais pas trop. La psychologie humaine m’échappe encore beaucoup…, avoua Aloïs.
- Tu ne lui as pas dit qui tu étais vraiment, je présume, rétorqua Riko, toujours froide.
- Elle n’est pas assez rétablie, mais lorsqu’elle le sera, je lui dirai tout, comme je vous l’ai dit à vous. De toute façon, je sais très bien que les actes que j’ai faits par le passé sont impardonnables, et je ne vous demande pas de m’accepter. Vanilla, Vanitas, Zenia, vous tous… vous avez le droit de me haïr. Et lorsque que tout sera terminé, je disparaîtrai de vos vies, pour refaire la mienne de mon côté, je ne m’imposerai pas. »

Riko ne sut pas quoi répondre. Les paroles de l’ancienne Ombre corrompue paraissaient tellement… sincères. Elle crut même voir une véritable souffrance lorsqu’il avait prononcé ces mots.
Seulement Aloïs ignora ce silence, et s’apprêta à se téléporter. Mais au même moment, Xion se précipita vers lui et lui attrapa le poignet, rompant ainsi le processus. Les yeux rouge sang croisèrent ceux azur de la noiraude.

« Tout à l’heure, lorsque tu nous as dit qui tu avais été par le passé… on était fatigués, on avait vécu des choses éprouvantes, et on ne savait tout simplement pas comment réagir. La gifle que t’a donné Vanilla était irréfléchie, et si Riko te parle froidement en ce moment, c’est simplement parce qu’elle, comme les autres et moi… on ne sait pas encore si on peut vraiment te faire confiance ou non.
- Je comprends. C’est pour ça que je vais partir, je n’ai pas à veiller sur Zenia, c’est à vous de-
- Je n’ai pas fini, coupa Xion. Vanitas t’a laissé nous sauver, alors qu’avec son apparence tu as commis des choses horribles. Tu as sauvé Zenia, tu as évité à Noa et moi d’être capturés…
- Et tu as évité à Vanilla et Kaël d’être retrouvés en faisant ça, rajouta finalement Riko, dont le ton était un peu moins froid.
- On ne sait alors peut-être pas encore comment te considérer… mais pour ce que tu as fait ces dernières heures, merci. »

Aloïs recula d’un pas, complètement surpris. Des remerciements ? On le remerciait vraiment ? Lui ? Il tenta de parler, de répondre, mais aucun mot ne réussit à sortir de sa bouche.
Xion lâcha finalement sa main, tandis qu’il se téléporta par automatisme.
La noiraude se tourna vers l’argentée.

« Plus j’y réfléchis, moins j’arrive à imaginer qu’Aloïs et l’Ombre corrompue qu’on affrontait ne font qu’un…, souffla Xion. Pas toi ? »

Riko ne répondit pas.

~0~0~0~0~

Lorsque Zenia rouvrit pour la seconde fois les yeux après ce qui lui était arrivé, elle était seule dans la chambre, à peine éclairée par la lumière de l’Entre-Monde qui passait par la fenêtre. Elle se sentait moins fatiguée, mais resta allongée malgré tout. Aloïs n’était pas là, mais c’était logique, il ne pouvait pas rester tout le temps à ses côtés. Elle observa alors distraitement le plafond, légèrement bleuté à cause de la luminosité actuelle.

Elle était quelqu’un de très rationnelle, et ce depuis toujours. Mais en ce moment, tout ce qui se produisait à Almari était loin d’être naturel.
Elle serra le poing, le seul qui lui restait, et ferma les yeux. Toujours rationnelle, et pourtant… elle réalisait à peine qu’elle avait vraiment perdu son bras gauche. Elle avait osé approcher sa main, et frôler l’épais bandage qui dissimulait une plaie béante -loin de cicatriser facilement.

Elle ne fit que ça, afin de ne pas rouvrir la plaie, lorsqu’elle se surprit à sentir ses yeux bien plus humides que la normale. En portant sa main vers son visage, elle réalisa qu’elle pleurait. Chose qu’elle ne faisait jamais.
Il fallait croire que la perte de sang et cet affaiblissement général s’étaient répercutés sur son contrôle de ses émotions. Du moins c’était ce qu’elle aurait aimé se dire, mais elle savait que ce n’était pas ça.

Arioch lui avait volé quelque chose de précieux pour un humain. Pire encore, elle savait pertinemment que, plus jamais, il ne lui serait autorisé de pratiquer des opérations chirurgicales sur un cœur, malgré son statut de meilleure cardio-chirurgienne des alentours. Pour la première fois, elle avait envie d’hurler, presque de tuer tellement elle se sentait mal, mais elle se contenta de larmes silencieuses -qu’elle cacha par automatisme à l’aide de son bras restant.

« Tu as le droit d’être triste ou en colère sans pour autant te cacher, tu sais. »

La voix d’Ariane. Zenia serra le poing, tandis que son visage se crispa. Elle ne retira cependant pas son bras qui cachait actuellement ses larmes, qu’elle tentait vainement de contenir.

« Je suis désolée. J’aurais dû mieux te protéger, surtout après tout ce que je t’ai raconté sur l’Entre-Monde.
- Tu n’as rien à voir là-dedans. C’est moi qui ai commis l’erreur d’oublier mon dossier, répondit l’autre, dont la voix tremblait plus qu’elle ne l’aurait cru. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Je suis la seule fautive dans ce qui m’est arrivé. »

Même si Ariane ne paraissait pas convaincue, elle n’insista pas. Mais ce sentiment de culpabilité était ancré en elle. Tout ça parce que son double était en train de reperdre de vue ce pourquoi il avait voulu créer un passage praticable entre Alma et Mirari.
Elle s’apprêta à reprendre la parole, cependant Zenia ne lui en laissa pas l’occasion.

« Je ne veux plus voir ni parler à personne pour l’instant, déclara-t-elle froidement. Je veux juste qu’on me laisse seule.
- Je comprends. Je suis désolée. »

Ariane s’éclipsa à nouveau dans cette lumière bleue, pour réapparaître dans son appartement, qu’elle partageait depuis quelques temps avec Aloïs. Celui-ci, en la voyant revenir avec cet air assombri par la peine et la tristesse, voulut immédiatement savoir ce qu’il s’était passé avec la scientifique, seulement Ariane ne lui répondit pas, et se précipita juste dans ses bras pour pleurer.

Ce fut la première fois qu’Aloïs voyait le véritable visage d’Ariane ; celui d’une femme à la vie et aux rêves brisés, qui ne faisait que se battre pour empêcher les autres de vivre aussi malheureux et seuls qu’elle -qui l’était depuis plusieurs millénaires.

~0~0~0~0~

Riku, après tout ce qui était arrivé, avait ordonné à Vanilla de se reposer une fois qu’ils étaient retournés à l’appartement. Elle dormait d’ailleurs encore, lorsque lui s’était levé. Il ne souhaitait pas tout de suite la réveiller, sachant qu’elle avait le sommeil très léger, donc décida de s’asseoir simplement sur la chaise, près du lit.

Même dans son sommeil, elle paraissait perturbée. Et il y avait de quoi. Lui aussi avait eu du mal à réaliser tout ce qu’il s’était produit en à peine douze heures, en plus de cette révélation par rapport à cet Aloïs, qui avait évité le pire.
Vanilla avait même avoué que la gifle qu’elle avait donnée au blond avait été un geste complètement impulsif. Elle était fatiguée et perdue, ne savait plus quoi penser, et il y avait eu ces sauvetages effectués par celui qui avait essayé de la tuer à plusieurs reprises.
C’était d’ailleurs pour ça qu’elle était directement partie, en attirant Alexia avec elle, car au fond elle n’avait pas eu forcément l’envie de le frapper, plus de le remercier pour ce qu’il avait fait pour Noa, Xion, et Zenia. Elle s’était même sentie ridicule et en riait nerveusement, avant de trouver le sommeil, quelques heures auparavant –alors que cet air sombre qu’elle avait enfin réussi à mettre de côté était revenu.

En voyant finalement la jeune femme s’agiter dans son sommeil, Riku repensa à quelque chose que lui avait raconté Vanilla. Il y avait de ça quelques jours, lorsque la noiraude s’était retrouvée dans l’Entre-Monde avec Vanitas… Riku ne l’avait jamais vu aussi heureuse. Mais avec tout ce qu’il s’était passé peu après, la noiraude avait retrouvé cet air sombre. Il ne pouvait pas la blâmer, bien sûr. Celui qui était à blâmer était Arioch, qui les empêchait de vivre heureux, ou qui leur gâchait leur bonheur dès qu’ils osaient en ressentir. Tant que ce monstre serait là, il n’y avait rien à faire, Arioch détruirait tout ce qu’ils pouvaient tenter de construire ou de reconstruire. Et la vie de Vanilla et Kaël serait toujours en danger.

~0~0~0~0~

Après tout ce qu’il s’était passé, chacun était retourné chez soi pour se reposer et digérer les différents évènements qu’il s’était produit. Mais lorsque Sora s’était réveillé seul dans son appartement –Seïra étant chez Kaël- il était vraiment perturbé –et il se sentait terriblement coupable.
Plusieurs de ses amis avait été en danger, mais lui, avant d’avoir eu ce coup de téléphone de Seïra, il ne s’en serait jamais douté. Pire, il était même en train de rire avec un collègue, à ce moment-là, alors que… il aurait pu perdre, encore une fois, des personnes qui étaient chères à ses yeux -et qu’il n’aurait rien fait pour empêcher ça, encore une fois.

« Yo, Monsieur Je-déprime-seul-mais-je-fais-croire-que-je-vais-bien-aux-autres. »

Sora sursauta immédiatement lorsqu’il vit Vanitas, tranquillement installé à ses côtés sur le lit double. Il ne l’avait pas entendu arriver pour des raisons évidentes, et visiblement son frère était très fier de son petit effet. Le brun prit une mine boudeuse.

« T’es pas beaucoup mieux que moi je te signale, se défendit-il.
- Peut-être, mais faut pas forcément suivre les traces de ton grand-frère.
- Je te rappelle que tu es l’aîné que de quelques minutes.
- Ce qui est suffisant pour faire de moi le plus grand. »

Après ça, les jumeaux s’observèrent, tandis que Sora ne put se retenir de rire. Vu la situation et en se rappelant du contexte, il ne sut pas vraiment si c’était nerveux ou non –mais au fond il n’en n’avait pas grand-chose à faire.
Seulement très rapidement après avoir eu cette petite crise de rire, le brun sentait maintenant les larmes lui monter aux yeux. Il n’avait pas réalisé à quel point toute cette complicité pouvait lui manquer, et s’en rendre compte maintenant était difficile –horrible même.

« Tu me manques, souffla-t-il finalement. Tu me manques tellement… »

Il ne parlait pas au passé. Parce que Vanitas disparaîtrait dès que tout serait terminé, et que ce manque serait toujours là –peut-être même encore plus fort qu’avant. Sora se tourna vers son frère et se rapprocha de lui, pour finalement l’enlacer. Il voulait sentir le plus longtemps possible cette chaleur factice que dégageait son jumeau, avant qu’il ne disparaisse à nouveau.

Sora s’était pourtant promis de ne pas pleurer pendant que Vanitas était là. Mais avec tout ce qui était arrivé en quelques heures, et la fatigue mentale dont tout le monde souffrait… il ne put contenir ses larmes plus longtemps. Il sentit le noiraud passer un bras autour de sa taille, et l’attirer un peu plus contre lui.

« Tu me manques aussi, Sora. »

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Lun 19 Oct - 21:44

Chapitre 33 : Une Promesse

Il s’était passé une journée complète entre les différents évènements dramatiques, et celui où tout le monde s’était finalement retrouvé à l’hôpital, dans le bureau d’Eva.
Tous savaient que Zenia s’était réveillée plusieurs fois, que son état était définitivement stabilisé, et n’évoluerait que de manière positive –physiquement parlant du moins.
Seulement contre toute attente, ce n’était pas pour leur parler de l’état de sa collègue qu’Eva les avait convoqués ici.

« L’identité de cet Aloïs a dû énormément vous perturber, c’est pour cela que j’ai demandé à m’entretenir seul avec lui, commença-t-elle. Et j’ai appris des choses plutôt intéressantes, de sa part.
— Et comment on pourrait être sûr qu’il nous dise pas de la merde pour nous piéger ? Demanda Axel.
— Cesseras-tu un jour de m’interrompre, toi ? Répliqua froidement Eva, avant de continuer. Je sais identifier facilement quelqu’un qui tenterait de me mentir, mais cet Aloïs… m’a répondu sans hésitation, avec une sincérité même très perturbante. Mais je vais laisser le principal concerné nous en faire part de lui-même. Tu peux venir. »

La porte qui menait à une petite annexe s’ouvrit finalement, pour laisser apparaître Aloïs. Ses pas étaient hésitants, et son regard était fuyant –tandis que ses poings étaient serrés. Un silence lourd s’installa rapidement, que l’arrivant ne voulait pas laisser s’éterniser. Il releva enfin la tête vers tout le groupe.

« Je sais ce que vous pensez de moi. Je sais que mes actes de ma vie d’avant sont ancrés en vous, mais j’ai promis à Ariane de retrouver au plus vite Arioch avec vous, pour qu’il cesse de faire du mal aux humains.
— Tu crois vraiment qu’on va te faire confiance, après tout ce que t’as fait ? Demanda Alexia, qui se souvenait de cette éprouvante épreuve qu’elle avait vécue dans la morgue, et de toute les fois où elle avait failli perdre sa meilleure amie par sa faute.
— Laissons-le une fois s’exprimer, déclara Xion.
— Et on avisera après, rajouta Riko. »

Bien que la majorité avait peur des mensonges que pourrait prononcer Aloïs, ils donnèrent raison aux deux internes en médecine et observèrent simplement le garçon, qui respira un bon coup avant de raconter ce qu’il savait.

« Ariane, petit à petit, « corrompt » les Ombres d’Arioch avec sa lumière et leur offre, comme pour moi, soit une apparence humaine, soit la possibilité de modifier les ténèbres à leur image, un peu comme ce que font les habitants de l’Entre-Monde, s’ils ne souhaitent pas devenir humain. Son armée s’affaiblit donc de jour en jour. Et grâce à ma soit-disante capture, lors des évènements de la banque, j’ai pu localiser la base de mon ancien Maître et les Ombres qui m’ont emmenées ont déjà été renvoyées dans les ténèbres.
— Même si tu nous dis cela, qu’est-ce qui nous prouvera que ce n’est pas une tentative d’embuscade ? Interrogea Riku.
— Si ça l’était vraiment, je n’impliquerai pas Ariane, qui pourrait facilement contredire tout ce que je suis en train de dire, répliqua Aloïs, qui paraissait tout de même un peu plus sûr de lui, maintenant.
— Et où se trouve l’hypothétique base d’Arioch ? Demanda Riko.
— Dans l’un des souterrains qui vous servait de refuge il y a six ans, déclara Aloïs. Mais même si Ariane réduit de plus en plus son armée, aller dans un tel lieu sans aucune préparation… c’est très dangereux. Elle aurait voulu intervenir le plus tard possible, lorsqu’Arioch n’aurait plus que peu d’Ombres à ses ordres mais le temps presse, et ses attaques risquent d’être de plus en plus violentes. »

C’était évident qu’Arioch ne s’arrêterait pas là, les autres en avaient pleinement conscience. Mais était-ce une raison pour faire confiance à Aloïs ? Il suffisait que ce soit un piège très bien organisé, qu’Ariane soit possédée… et ils pourraient tomber pleinement dedans.

« Laissons-lui le bénéfice du doute, déclara soudainement Vanilla, ce qui surprit tout le monde –sauf Eva, qui gardait son air hautain.
— Heu, tu dis ça en parlant de celui qui a failli te tuer, rétorqua Axel.
— Et pas que toi, rajouta Riko.
— Je vous signale que s’il n’avait pas été là, Noa et Xion auraient été capturés, Kaël et moi on aurait alors été retrouvés, je serai peut-être même pas là pour vous dire ça, et que Zenia serait morte.
— En plus de ça, rajouta Sora. C’est Vanitas qui l’a envoyé tous vous sauver, et il n’aurait jamais fait ça si Aloïs n’était pas digne de confiance. »

Le raisonnement du brun et de la noiraude tenait parfaitement la route. Mais cela restait tout de même suspicieux, cette soudaine aide. Pourtant il fallait bien avouer qu’avec tous ces éléments, ils pouvaient effectivement laisser à Aloïs ce fameux bénéfice du doute.
Le blond, quant à lui, eut du mal à réaliser que c’était celle qu’il avait cherché à tuer qui était prête à lui donner une chance. Il se souvint également des remerciements qu’il avait reçus de la part de Xion, quelques heures auparavant et des paroles de Sora, qui lui demandait d’être à leurs côtés lors de la « dernière bataille ».
Il ne serait pas accepté –et ne le demandait pas, au fond- mais au moins il pourrait les aider, et ça lui suffisait. Même s’il n’arriverait pas à faire ses preuves auprès d’eux, ça lui importait peu. Il voulait juste aider et rattraper ses erreurs.

« Peut-être que Zenia aura également d’autres informations à nous fournir suite à ce qui lui est arrivé, rajouta Eva. Seulement pour l’instant, il est évident qu’elle ne pourra pas nous les donner. On attendra donc de les avoir, afin de lancer une offensive efficace. Pour le moment, vous pouvez disposer. »

En effet, il n’y avait pour l’instant pas grand-chose à faire ; juste se tenir prêt, dès qu’ils auraient le feu vert pour agir. Et avoir un plan parfait, qui permettrait d’éviter des pertes.

~0~0~0~0~

Cela faisait quelques heures maintenant que Zenia avait demandé à une infirmière de prévenir Eva sur le fait qu’elle refusait d’avoir de la visite, autre que celle du personnel hospitalier pour surveiller son état.
Visiblement le message lui était parvenu, car la scientifique n’avait croisé aucun visage familier depuis sa demande.

Grâce à ça, elle avait non seulement pu retrouver son calme habituel, mais aussi avoir les idées plus claires sur sa situation. Elle parvenait également à mieux relativiser, tout en restant réaliste ; elle ne pourrait effectivement plus pratiquer de chirurgie. Mais la médecine et la recherche ne se résumaient pas qu’à ça. Elle pourrait toujours traiter ses patients et ordonner à d’autres médecins compétents de pratiquer les opérations. Elle pourrait toujours étudier plein de choses.
Elle n’arrivait simplement pas à s’en rendre compte auparavant, car psychologiquement elle venait à peine de réaliser sa situation.

D’ailleurs, et maintenant qu’elle avait pu y réfléchir plus posément, elle se rendait également compte que si cet Aloïs –qui restait encore un grand mystère pour elle- n’était pas intervenu, elle aurait pu mourir. De ce fait, sa situation était loin d’être la pire au monde.

Elle porta sa main vers cet immense bandage, qui était changé régulièrement -vu qu’il n’était pas rare que la plaie se rouvre partiellement. Il faudrait encore attendre plusieurs jours, voire semaines, avant qu’elle ne puisse bouger sans risquer de provoquer une légère hémorragie –facilement gérable, cependant.

Elle repensa alors à la manière dont elle avait parlé à Ariane, tout à l’heure. Elle s’en voulait. C’était rare qu’elle perde son calme, mais ça ne lui laissait pas le droit de parler à quelqu’un d’une telle façon, sous prétexte que cela n’arrivait que rarement.

« Ariane ne vous en veut pas. »

Une voix que Zenia reconnut comme étant celle d’Aloïs. Assise sur son lit, il lui suffisait de tourner la tête vers sa gauche, pour voir le garçon qui venait d’apparaître, installé sur une chaise. Visiblement il était au courant de l’altercation qu’elle avait eu avec l’autre femme, mais Zenia savait très bien qu’il n’était pas venu pour ça, à la base.

« Mais vous n’êtes pas que là pour me dire cela, n’est-ce pas ?
— Effectivement… à votre premier réveil vous m’aviez dit avoir des questions à me poser, et je suis là pour y répondre.
— Je vous avouerai que je n’ai pas vraiment réfléchi à ça, depuis notre première rencontre.
— Je sais, c’est pour ça que je vais tout vous expliquer en détail. De toute façon, je ne souhaite pas que vous en fassiez trop, donc écoutez-moi simplement jusqu’au bout, s’il vous plaît. »

Zenia n’émit aucune objection, et écouta très attentivement le récit que lui conta Aloïs. Il parla tout d’abord de son ancienne identité, puis de la manière dont Ariane l’avait recueilli, enfin il raconte la façon dont il s’y était pris pour sauver Xion, Noa, et la scientifique, et expliqua même le plan d’Ariane, qui consistait à affaiblir Arioch, en lui prenant ses Ombres, afin qu’il ne puisse pas blesser ou tuer davantage de personnes. Il n’omit aucun détail, et parla même de sa première rencontre avec tous les autres en tant qu’Aloïs, et non pas Ombre Corrompue, et même de la seconde, qui avait eu lieu il y avait de ça un quart d’heure.

A la fin du long récit d’Aloïs, Zenia sembla pensive et porta sa main à son menton, comme pour réfléchir et trier toutes les informations reçues. Son visage était neutre. Il n’exprimait ni méfiance, ni colère –il montrait juste la réflexion dans laquelle s’était plongée la femme.

« Ils vous ont donc laissé le bénéfice du doute, si j’ai bien compris ?
— C’est ça. Mais je n’en demande pas plus. »

Le silence dans lequel se replongea Zenia fut relativement stressant pour Aloïs. Il ignorait comment la femme allait le voir, maintenant qu’il lui avait dit tout cela.
Mais ce qui le surprit plus que tout, ce fut que la scientifique ne rajouta rien de plus à ce sujet.

« Avant ton arrivée, Arioch m’a fait part de certaines choses.
— Je… lesquelles ? Demanda Aloïs, assez décontenancé par ce changement de sujet et surtout par ce tutoiement soudain.
— J’ai l’impression qu’il recherche les doubles-cœurs de Kaël et Vanilla, non pas pour le pouvoir, mais pour autre chose. Seulement j’ignore encore quoi.
— C’est vrai, ce n’est pas pour le pouvoir, répondit Aloïs, qui était au courant grâce à Ariane. C’est… pour pouvoir sortir de la ville.
— Comment ça ?
— Il est coincé ici, et les doubles-cœurs de cette ville sont en quelque sorte les « clés » qui lui permettraient d’en sortir. C’est pour ça que c’est uniquement ici que se concentrent les attaques d’une terrible violence. Ailleurs dans le monde, les Ombres ne tentent absolument rien. Et Ariane parvient facilement à les « corrompre » de sa lumière. »

Ce que venait de lui dire Aloïs expliquait facilement une partie des paroles d’Arioch.
« Normalement, si vous m’aviez laissé faire, Kaël et Vanilla auraient dû être les deux seules et uniques victimes. »
Cette phrase prenait tout son sens, à présent. La seule chose qui restait floue, c’était le pourquoi il souhaitait à ce point partir de cette ville. Après tout Zenia, avec tout ce que son ancien collègue lui avait dit, pouvait facilement savoir que son but n’était pas de tuer, à la base… alors pourquoi ? Pourquoi l’avait-il fait il y avait de ça six ans… pourquoi recommençait-il maintenant ?

« Ariane pense qu’Arioch, suite à son isolement dans les ténèbres de ces six dernières années, a réussi à retrouver ce pourquoi il avait tenté de passer la barrière entre les deux mondes, à l’époque, continua Aloïs. Soit retrouver simplement son double. Donc Ariane elle-même. Mais comme leur lien a été coupé, il ne se doute pas que c’est elle qui tente de le sauver de sa propre folie.
— Il a donc bien retrouvé une certaine humanité…
— En effet. Seulement à cause de toutes ses défaites, il la perd à nouveau et ne se laisse guider que par la colère et la vengeance. Il devient incontrôlable, imprévisible, et c’est pour cela que… que nous n’avons pas réussi à prévoir les attaques d’hier. Je suis désolé. Si j’étais venu un peu plus tôt, peut-être que…
— Ne t’en fais pas pour ça. Le plus important maintenant, c’est de trouver un plan pour réussir à l’arrêter. Mais pour l’instant, il vaut mieux que nous reprenions chacun des forces, afin de réfléchir à tout cela à têtes reposées. »

Et Aloïs ne pouvait que donner raison aux mots de la scientifique. Surtout qu’elle était l’une des premières à en avoir besoin, de ce fameux repos.

~0~0~0~0~

Cela faisait depuis longtemps que Vanilla ne s’était pas offert le luxe de se promener seule. En même temps c’était fortement déconseillé, vu que cela faisait depuis maintenant quelques semaines qu’elle était activement recherchée… mais ça lui importait peu, car au fond, elle n’était plus seule depuis son retour à Agena.
Elle sourit, mélancolique, lorsqu’elle sentit à nouveau ce regard pesait sur elle –celui qu’elle pensait appartenir à un de ses poursuivants.

« C’était toi depuis le début, cette impression d’être observée, hein ?
— Grillé. »

Sans surprise, Vanitas était à présent à ses côtés. Ses apparitions n’étaient plus surprenantes, maintenant. La noiraude constata alors simplement que son double aussi, paraissait pensif.
Ils marchèrent longuement en silence sous cette nuit sans étoiles, simplement éclairé par l’Entre-Monde.
Au fond ils n’avaient retissé les liens que depuis peu, et chacun ignorait comment agir face à l’autre. Ils étaient si différents et si semblables à la fois ; ils avaient tous les deux grandis, avaient gagné en maturité, chacun de leurs côtés peut-être mais…

« Je pensais pas que tu me parlerais aussi facilement des trois premières années qui ont suivi ma mort, déclara finalement Vanitas, rompant ainsi le silence.
— J’avais pas le choix, avec ton monde pourri où je pouvais rien cacher.
— Pas faux. »

Ils se regardèrent du coin de l’œil quelques secondes, avant de fixer le chemin droit devant eux, dans ce parc où les rires et cris d’enfants n’emplissaient plus l’atmosphère depuis –trop- longtemps.

« Tu as pleuré. Vrai ? demanda Vanilla, d’un ton qui n’était ni moqueur, ni narquois, ni rien du tout, en fait.
— Toi aussi je te signale. Et je te l’ai expliqué, la fierté a pas vraiment sa place, là-bas. »

Ils continuèrent à avancer, jusqu’à arriver à proximité d’un banc. D’instinct ils s’assirent tous les deux dessus, à observer distraitement cette Lune bleue –le monde qui avait recueilli Vanitas, Kairi, et plein d’autres encore.

« T’es pas douée, n’empêche.
— Pour ?
— T’as tenté de te suicider quatre fois quand même. Faut être sacrément une ratée pour pas réussir avec autant d’essais.
— Faut croire que le monde voulait encore que je pourrisse son atmosphère.
— T’as des regrets ?
— Ca dépend à quels genres de regrets tu fais allusion. »

Mais oui, elle avait plein, des regrets. Elle serra les poings sur sa jupe. Parler de ce sujet était difficile même avec son double, mais… il était concerné, tout de même. Et il fallait évidemment qu’ils en parlent.

« La liste serait trop longue à citer. Mais je pourrai jamais oublier les expressions d’Alexia quand elle m’a découvert à chaque fois, ou celle de Riku quand il m’a sauvée une fois. Je pourrai jamais oublier l’isolement forcé que j’ai fait subir à Alexia, et plein d’autres trucs. Et toi ?
— Si j’en avais pas, je pense que t’aurais pas eu à en avoir non plus, tu crois pas ?
— Pas faux. »

Un silence. Finalement rompu par Vanitas.

« Quand t’as parlé d’Alexia, ton cœur a battu différemment.
— N’importe quoi.
— Là aussi.
— T’es chiant.
— J’y peux rien si on m’a refilé le pouvoir de scanner les cœurs. »

Vanilla aurait voulu se vexer, mais elle se rappela non seulement du souvenir de Vanitas –où Alexia, sous l’emprise d’un poison, avait commencé à délirer et à le confondre avec elle- mais également de la conversation avec Xion, qui parlait de possibles sentiments amoureux. Et dire qu’elle avait tout fait pour ne plus y penser –Alexia de-même- et que son double remettait tout ça sur le tapis…

« Tu t’imagines des trucs.
— C’est pas ce que ton cœur me dit.
— Tu triches.
— Un peu. »

Silence. Encore. Mais Vanitas ne put s’empêcher d’avoir ce sourire satisfait, ce qui agaçait et gênait fortement Vanilla. C’était bien la peine d’avoir un double, si c’était pour qu’il la mette dans ce genre de situation.

« Plus sérieusement, faudrait penser à vous décoincer un peu. Ca fait quoi ? Depuis vos six ans que vous êtes fourrées ensemble, donc bon.
— Je t’ai déjà dit que t’étais chiant, et c’est pas tes affaires ça je crois.
— Si tu veux. Mais bon, à trop attendre, ça s’peut que ce soit trop tard, et t’auras pas d’excuses à ce moment-là, car je t’aurais prévenu. »

A cet instant, Vanilla sentit un picotement inexplicable au niveau de son cœur. Un picotement qui ne lui appartenait pas. Elle observa alors Vanitas, qui fixait simplement un point invisible devant lui. Elle finit par comprendre, et surtout à se rappeler d’une règle qui régissait leurs mondes, avant qu’ils ne fusionnent.
Les relations et sentiments, à l’époque, étaient identiques entre doubles. Et l’empoisonnement d’Alexia datait de très peu après la fusion, donc peu de choses avaient pu changer à ce niveau-là… et Vanilla se savait très attachée à la rousse depuis longtemps également, bien qu’elle voulait le nier. Alors pour Vanitas et Axel…
Evidemment.

« Ca fait partie de tes regrets aussi, supposa finalement la noiraude.
— Bravo miss détective.
— Désolée.
— T’as pas à l’être. Pis bon, vu que là on est plus obligé de ressentir les mêmes trucs et tout, p’t’être que dans ce nouveau monde ça aurait pas marché, alors bon, c’est mieux comme ça. »

C’était vrai. Maintenant chacun s’était séparé de son double, de ce côté-là. Ils pouvaient ressentir des choses distinctes, et vivre leur vie sans devoir forcément s’adapter à leur opposé. Tout était différent et peut-être que ça aussi, ça aurait pu l’être.
Mais Vanilla comprenait mieux la remarque de Vanitas, du coup. Il avait disparu bien plus tôt qu’il ne l’aurait cru, alors qu’il partait de la logique qu’il avait tout son temps, ce genre de choses. Seulement la mort l’avait frappé, et tout avait été détruit.
Sans doute avait-il ressenti de la haine envers celle qui était son double, qui continuer de vivre et pouvait surtout avouer ses sentiments quand elle le souhaitait.

« Tu voulais que je réussisse à me suicider, pas vrai ? »

Vanitas ne répondit pas tout de suite, mais la réponse était plus qu’évidente, à en voir son expression. Il n’était pas difficile pour Vanilla de deviner quels seraient les prochains mots du noiraud, quand celui-ci eut finalement le courage de reprendre la parole.

« Les deux premières fois. La troisième mais surtout la quatrième j’ai enfin réussi à être moins con, mais c’était trop tard, j’étais devenu trop dangereux pour toi, fallait faire un truc pour que j’arrête et tu connais la suite. »

Son propre double avait souhaité sa mort. C’était une fatalité qui faisait mal à Vanilla. Mais elle comprenait. Ca la faisait souffrir, mais elle ne lui en voulait pas, car elle était fautive également de leur état. Elle se sentait mal, lui aussi.
Et s’ils n’avaient pas cette fierté mal placée, sans doute qu’ils se seraient pleurés dessus depuis longtemps –surtout à force de contenir toute cette peine et tous ces regrets.

« Je suis bien contente de ne pas être dans l’Entre-Monde actuellement.
— J’avoue. C’était vraiment une idée de con que j’ai eu la première fois. »

Une idée de con, certes, mais sans elle, ils n’auraient jamais pu se confier et parler de tout cela aussi simplement. Ils s’étaient avoué des choses qu’ils peinaient à s’avouer à eux-mêmes à la base, particulièrement par rapport à leurs sentiments.
Vanitas et Axel ressentaient plus que de l’amitié à l’époque, leur fierté leur avait empêché de se l’avouer à temps, et le noiraud avait disparu. Le même schéma avait lieu du côté de Vanilla et Alexia sauf qu’elles, elles avaient encore une chance de ne pas tout gâcher et le noiraud l’avait bien fait comprendre à son double.

« J’voudrais que tu fasses un truc, une fois qu’on en aura fini avec Arioch, déclara finalement Vanitas, pour changer de sujet, visiblement. »

Vanilla observa alors le noiraud au moment où elle sentit un pincement à « son » cœur, tandis que l’autre observait droit devant lui. Il n’y avait aucune raison à un tel comportement, mais elle frissonna, comme si inconsciemment elle savait déjà ce qu’allait lui demander son opposé.

« Tu iras avec Sora chez nos parents.
— Pardon ?
— Je peux pas les voir moi-même comme je peux me le permettre avec Sora, car l’amour fraternel c’est pas le même que ceux des parents, tout ça. Donc tu iras les voir pour moi.
— Je ne peux pas faire ça, ils me détestent. »

Et il y avait de quoi ; après tout elle était le double de leur fils disparu, et comme il l’avait lui-même mentionné, l’amour parental était bien différent de tous les autres. Perdre un enfant était la pire de toutes les souffrances pour un parent.

« T’as aussi cru que Sora, Axel, Riku et Xion allaient te haïr. C’était le cas ?
— Non, mais-
— T’iras les voir et leur parler, coupa Vanitas. Ils ont jamais bouffé personne, tu sais. Pis ils sont les doubles de tes parents, donc tu devrais pas avoir peur de les affronter. »

Vanilla comprenait parfaitement pourquoi Vanitas souhaitait qu’elle aille chez ses parents. Elle avait même pu deviner deux raisons à cela ; la première était de l’aider à vaincre les dernières craintes par rapport au passé qui lui restait, pour qu’elle puisse vivre véritablement heureuse. Mais c’était la seconde raison qui était, aux yeux de Vanilla, bien plus importante que ses propres états d’âme.

Vanitas souhaitait revoir ses parents, même si c’était à travers les yeux de quelqu’un d’autre. Il voulait les revoir, comme il avait pu revoir Sora, Axel, et tous les autres. Vanilla serra les poings. C’était la seule chose qu’elle pouvait offrir à son double pour qu’il puisse tenter d’être en paix jusqu’au moment où elle le rejoindrait, et ce n’était pas quelque chose qui se refusait. Alors même si ce serait dur…

« Je le ferai. J’irai les voir quand tout ça sera terminé.
— Promet-le moi, ordonna Vanitas en se levant du banc. »

Une promesse ? Avec le danger qu’elle encourrait constamment, il devrait savoir que promettre des choses, c’était risqué. Surtout en se souvenant de celle qu’il avait faite à Sora avant de… disparaître.

Vanitas lui tendait à présent la main, mais gardait cet air bien trop sérieux pour quelqu’un qui avait, physiquement parlant seulement, l’apparence d’un pré-adulte de dix-sept ans. Sans doute savait-il à quoi elle pensait. Il savait qu’elle avait compris pourquoi il lui demandait une chose pareille. Ils ne pouvaient presque rien se cacher, après tout.

Elle inspira un gros coup intérieurement et saisit le membre que le noiraud lui tendait, tandis qu’il l’aida à se lever du banc. Elle réussit finalement à dire les mots que plus personne n’osait prononcer depuis six ans.

« Je te le promets. »

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Mar 20 Oct - 23:00

Chapitre 34 : Situation critique

Xion avait finalement décidé de rentrer à l’hôtel, dans la chambre qu’elle partageait avec Riko, et ce depuis le début de leur stage. Avec tout ce qui était arrivé, elles n’avaient pas eu le temps de discuter ensemble de ce qu’il s’était passé avec leur université.
Mais maintenant que les choses semblaient s’être calmées –pour l’instant- avec Arioch, il fallait se rendre à l’évidence que, à présent, il fallait qu’elles en parlent.
La noiraude s’installa alors auprès de sa collègue, et le silence fut de mise pendant un certain temps entre elles.

« Rien ne nous empêchera de refaire notre année et de réussir, cette fois, tenta finalement Xion.
— Comme si cette université acceptera de nous réinscrire, alors qu’on fait partie de la liste des défaillants.
— Alors on s’inscrira dans une autre, ce n’est pas le problème. Zenia et Eva pourront nous ai-
— Tu ne comprends vraiment pas. »

Le ton de l’argentée était très peu rassurant –et le poing serré sur la table renforçait clairement ce sentiment d’insécurité. Xion ne l’avait jamais vu avec une colère si lisible sur son visage.

« Il y a six ans, Arioch nous a détruit, et maintenant, alors qu’on commençait enfin à vivre normalement, il revient pour tout gâcher et surtout pour tenter de voler la vie de Vanilla et Kaël. Qu’est-ce qui nous prouve qu’en gagnant contre lui cette fois-ci, il ne finira pas par revenir ? Qui nous dit que nous ne sommes pas condamnés à l’affronter, encore et encore ?
— Parce que tu crois que moi, je ne pose pas cette question ? Tu crois que je n’ai pas peur ? Je te signale qu’il y a quelques jours j’ai vu quelqu’un se faire égorger sous mes yeux ! Et il y a six ans, j’ai perdu un précieux ami, quelqu’un que je considérais comme mon frère ! Seulement moi, je tente d’avancer ! Notre avenir n’appartient qu’à nous, et dépend de nos choix. Si tu choisis de rester coincée dans le passé c’est toi qui vois, mais moi je refuse de ne pas penser à mon avenir en restant bloquée sur le risque de continuer à vivre dans la peur. »

Elle avait haussé le ton sans le vouloir. Elle serra le poing au moment où elle vit Riko se lever brusquement.

« Je vais prendre l’air.
— Riko… je… désolée… »

Tellement de choses s’étaient produites en à peine quelques jours, tellement de pertes évitées par chance… néanmoins, d’autres avaient bien eu lieu sans qu’ils ne puissent rien faire. Xion finit par se lever et prit le poignet de Riko, sous l’incompréhension de celle-ci.

« Tu sais bien que se promener seule… »

Seulement la noiraude n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Un grand bruit venait de résonner dans l’ensemble de la petite chambre, et en regardant vers l’endroit d’où cela venait, les deux étudiantes découvrirent avec effroi deux personnes, avec la tenue caractéristique des Ombres.

« Nous avons finalement trouvé deux de leurs amis, ricana la première, celle qui s’approchait des humaines, alors que celles-ci reculaient par réflexe.
— C’est presque trop facile, rajouta l’autre. »

Riko, une fois qu’elle fut de nouveau assez proche du bureau, empoigna son arme, et donna rapidement à Xion la sienne. Mais alors qu’elles s’apprêtèrent à tirer… l’une des Ombres leva le bras, faisant ainsi jaillir des petits éclairs noirs qui, en atteignant les deux femmes, les paralysèrent.
Dans un élan de bonté, leurs deux ennemis les rattrapèrent avant qu’elles ne s’écrasent au sol, puis se téléportèrent avec elles.

~0~0~0~0~

Fatiguée par tous les récents évènements, Seïra avait décidé de faire une sieste pendant que Kaël était allé voir Aqua avec Kairi. Quand elle se réveilla, elle remarqua bien vite que le rouquin n’était toujours pas rentré, mais ne s’en inquiéta pas –surtout lorsqu’elle vit un message de son petit ami, qui datait d’à peine quelques minutes.
C’était d’ailleurs ce dernier qui l’avait sortie de son sommeil, mais elle ne le dirait jamais à Kaël, sachant très bien qu’il se sentirait coupable -surtout dans l’état actuel des choses.

D’ailleurs, et en s’observant de profil dans le miroir de la salle de bain, Seïra ne fit que soupirer. Certes c’était encore discret, mais sa grossesse était déjà un peu plus visible. Elle avait beau jouer sur des vêtements assez larges, elle savait pertinemment qu’elle ne pourrait pas continuer comme ça éternellement.
Enfin, pour l’instant, ils avaient tous des choses plus urgentes à régler que ça –et tant que son état ne l’empêchait pas d’aider les autres, elle pourrait continuer à tenter de dissimuler sa grossesse sans problème.

Elle retourna finalement dans sa chambre, prit son téléphone, et envoya quelques SMS à ses amis, ainsi qu’à sa sœur et son double, afin de prendre de leurs nouvelles.
Une fois ça de fait, elle décida de prendre une douche, avant d’aller rendre visite à Zenia. Après tout, de tous, c’était elle qui avait subi la dernière attaque du monstre et elle ne pouvait pas s’empêcher d’être inquiète pour elle.
Elle n’était pas particulièrement proche de la scientifique, c’était vrai. Après tout une génération les séparait, et elles évoluaient dans deux domaines complètement différents, mais la femme restait quelqu’un de proche malgré tout, en plus d’être celle qui les avait tiré d’affaires plusieurs fois grâce à ses plans.
De toute façon, comme elle avait rendez-vous avec Aqua dans trois heures, elle devait se rendre à l’hôpital, donc autant venir plus tôt, avec un petit cadeau pour Zenia.

Seïra s’habilla donc rapidement, puis se mit en route chez elle. Elle savait qu’il lui restait une boîte de pralinée quelque part et pour quelqu’un de convalescent, ça permettait d’ajouter un plus au moral –en plus, le chocolat noir était connu pour être un anti-déprime.
En arrivant chez elle sans encombre, elle fut accueillie par Sora, tout sourire.

« Tu te décides enfin à revenir ? C’est cool ça !
— Désolée So’, c’est juste provisoire. Je suis venue chercher une boîte de chocolat pour Zenia.
— Ah, tu vas lui rendre visite ?
— Bah vu que j’ai un rendez-vous avec Aqua dans deux heures, je me suis dit que ce serait bien si je passais la voir, et je pourrai en profiter pour parler avec Xion et Riko.
— Ah, toi aussi t’as entendu cette histoire avec leur université… »

Hochement de tête positif, qui fut bien vite suivi d’un soupir du duo. Les deux étudiantes ne leur en avaient pas directement parlé, mais comme elles l’avaient fait chez certains, et que dans le groupe les nouvelles allaient vite…

« Je vais essayer de leur remonter le moral, et pourquoi pas d’arranger un truc avec Zenia ou Eva, pour les aider à réintégrer leur année, et à la valider. Enfin n’importe quoi qui pourrait leur faire réussir leurs études quoi.
— Je viens avec toi alors !
— Tu es sûr ?
— Evidemment, on parle de nos amis, et j’étais bien décidé à faire quelque chose pour elles. »

Sans doute que beaucoup de leurs connaissances leur diraient qu’ils faisaient preuve de beaucoup trop d’optimisme, mais en ce temps de guerre et de lutte, c’était la seule chose qui leur restait, alors le duo s’en ficherait des remarques qu’on pouvait leur faire –même si en vérité, ce serait surtout Vanilla et Vanitas qui se permettraient de leur dire ouvertement qu’ils étaient trop optimistes.

Seïra retrouva donc la boîte de praliné qu’elle avait caché pour elle ne savait plus quelle raison, et l’emballa joliment. Après ce petit préparatif, le duo se mit en route vers l’hôpital de Semina.

~0~0~0~0~

La première chose que Xion et Riko constatèrent, lorsqu’on leur rendit la possibilité de bouger et de voir, c’était la froideur de la pièce. La seconde chose qu’elles relevèrent, c’était l’atmosphère de l’endroit où elles étaient à présent ligotées –et à force d’inspecter autour d’elles, elles reconnurent finalement la morgue de l’un des souterrains. Seulement il n’y avait aucun moyen de savoir dans lequel, étant donné que tous étaient identiques.

Malgré les chaînes qui les maintenaient, elles cherchèrent à tâtons leur téléphone. Evidemment, il n’y avait rien.

« C’est ça que vous cherchez ? demanda innocemment une Ombre, qui venaient d’apparaître, les deux appareils électriques en main. »

Riko et Xion se crispèrent –de froid, mais aussi de peur. Il n’y avait aucune chance que leurs amis les retrouvent à temps. Soit elle mourraient de froid, soit elles seraient tuées par ces monstres.

« Allez, il est temps de passer aux choses sérieuses. J’aimerais que vous appeliez quelqu’un. Une certaine Zenia. D’après notre Maître elle aurait encore réussi à s’en sortir, donc là nous avons décidé de lui sortir le grand jeu.
— Et pourquoi l’appeler elle ? Ce n’est pas Kaël et Vanilla vos cibles depuis le début ? interrogea Riko, avec froideur.
— Tu es vraiment idiote, hein ? Cette fois nous vous avons vous deux comme otages, et en plus avec ce que préparent quelques Ombres diurnes –bien qu’avec la nuit éternelle c’est inutile en vrai… elle sera forcée de nous ramener les deux doubles-cœurs sur un plateau, pour qu’on puisse enfin les donner à notre Maître. »

Elles n’avaient pas réalisé tout de suite, mais c’était vrai. Elles n’étaient rien d’autres que des otages, et connaissant Vanilla et Kaël… ils préfèreraient donner leur cœur plutôt que de risquer la vie de leurs amis. Et elles ignoraient ce qu’entendait l’autre Ombre par ses acolytes diurnes, mais leur plan ne devait pas être quelque chose de pacifiste.

« Bien, toi là, avec les cheveux décolorés, Riko je crois, appelle-la. »

L’argentée observa Xion. L’une comme l’autre savaient qu’il n’y avait pas d’autres choix que d’obtempérer. Elles n’avaient pas le temps de réfléchir à un autre plan d’action.
L’ombre, qui avait fouillé dans le répertoire de Riko pour trouver le numéro de Zenia, s’approcha de la propriétaire du téléphone et, après avoir appuyé sur « appel », colla l’appareil à l’oreille de l’argentée, qui leva un regard noir contre le monstre encapuchonné.
La scientifique finit par décrocher au bout de quelques sonneries.

« Zenia, commença-t-elle. Nous sommes dans l’un des- »

Sa désobéissance, peu appréciée, coûta à Riko un coup de pied d’une très extrême violence dans les côtes, ce qui lui coupa le souffle quelques instants. Malgré les chaînes, Xion tenta de s’approcher d’elle, alors que l’argentée, recroquevillée, peinait à reprendre une respiration régulière sans avoir une expression de douleur sur le visage.

« Bien, ce que voulait dire ta chère Riko, c’est qu’elle est prise en otage, avec son amie Xion.
— Vous-
— Je ne t’ai pas autorisé à me parler, humaine, coupa l’autre. Apportez-nous Vanilla et Kaël au Mémorial, on vous laisse trois heures. Au-delà, je pense que Riko et Xion ne tiendront qu’une petite demi-heure dans le congélo qu’on a créé pour elles. De toute façon, avec la prochaine mauvaise nouvelle qui vous attend, vous n’aurez plus d’autres choix que d’obéir. »

Sans même laissé le temps à Zenia de répondre quoique ce soit, l’Ombre raccrocha, éteignit l’objet et le rangea ensuite dans son manteau. Elle observa, satisfaite, Riko qui se tenait les côtes, et Xion qui tentait vainement de la soutenir.
Seulement malgré la souffrance ou l’inquiétude, cela n’empêcha pas aux jeunes femmes de lancer un regard assassin, ce qui fit rire leur ennemi.

« Vous me faites bien rire, avec votre façon de vouloir intimider les gens. Enfin bref, à dans trois heures, dans le meilleur des cas. Sinon à jamais. »

Puis l’Ombre disparut, permettant ainsi à Xion de concentrer son attention sur Riko, qui se redressa tant bien que mal pour s’asseoir et s’adosser contre un mur.
Xion se permit de l’examiner rapidement –heureusement que ses chaines le lui permettaient un minimum- afin de savoir si ce qu’elle craignait était vraiment arrivé. Malheureusement, c’était le cas.

« Tu dois avoir les côtes trois à cinq gauche de fêlés, voire-même fracturés…
— J’aurais pu le deviner toute seule, souffla Riko. Il ne m’a pas loupé.
— Tu aurais dû te douter que cela ne marcherait pas.
— Valait mieux essayer, plutôt que de ne rien faire. Il faut sortir d’ici pour éviter à Kaël et Vanilla de-
— Dans ton état c’est hors de question, coupa Xion. Tu risques de tourner de l’œil à tout moment. Ils vont trouver quelque chose pour que nous nous en sortions tous vivants.
— Tu as oublié une chose.
— Quoi donc ?
— L’Ombre a parlé d’un autre plan, en parallèle à notre capt- »

Une violente nausée l’interrompit, en plus d’une douleur conséquente dans la poitrine, lorsqu’elle eut le réflexe de se tourner avant de vomir de la bile –n’ayant pas mangé depuis quelques heures, et à cause de sa blessure. Heureusement, cela sembla se calmer rapidement, mais Riko était devenue vraiment très pâle, et la température excessivement basse de la pièce n’allait sans doute pas arranger son état. Xion ne pouvait qu’être à ses côtés, et espérer que les autres les retrouvent avant la fin du compte à rebours. La noiraude priait également pour que le poumon gauche de Riko ne soit pas perforé, car dans ce cas-là, soutient ou non, elle ne pourrait absolument rien faire sans une prise en charge chirurgicale.

« Repose-toi, s’il te plaît. Qu’importe en quoi consiste leur second plan, tu dois économiser tes forces. »

Riko ne répondit rien, mais laissa tomber sa tête sur l’épaule de Xion, en fermant les yeux. Elle était en train de sombrer dans l’inconscience, ce qui était logique au vue de la douleur, mais put tout de même sentir la main de Xion serrer la sienne. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’elle se réveillerait plus tard, et de préférence ailleurs qu’ici.

~0~0~0~0~

Sora et Seïra avait décidé d’emprunter un raccourci, très peu utilisé en pleine nuit généralement, afin d’atteindre Semina sans encombres. Les accidents en ce moment étaient après tout assez fréquents, à cause des crises de panique, ou de l’inattention des conducteurs.

Mais malgré le désert qu’était censé être le passage, Sora dut freiner brusquement, lorsqu’il vit deux personnes. Un homme et une femme qui, étrangement, étaient familiers pour le brun. Après s’être assuré que Seïra allait bien –même si les « ça va pas dans ta tête ? » et autres « tu aurais pu nous tuer ! » le lui avaient rapidement confirmés- il rejoignit les deux personnes avec son opposé.
Le brun finit par les reconnaître comme étant Adrien et Océane, un couple de touristes qu’il avait guidé avant la tombée de la nuit permanente. Il leur sourit.

« De nouveau perdus ?
— Tu les connais ? demanda Seïra.
— Oui, nous nous sommes croisés en ville, déclara Océane, un sourire peu rassurant sur le visage.
— Mais non, nous ne sommes pas perdus. Bien au contraire. »

Le duo ne comprit pas vraiment ce que voulait dire le couple par là. Mais lorsque Sora vit disparaître Océane, puis un gémissement féminin –en plus d’une douleur étrange à sa poitrine- son regard se tourna immédiatement vers son opposée.
Le spectacle qu’il vit l’horrifia et l’empêcha de bouger, lorsque la « touriste » retira le couteau du corps de Seïra, qui s’effondra à genoux, en portant des doigts tremblants vers sa plaie au niveau du flanc gauche –qui saignait abondamment, et teintait rapidement ses mains de son propre sang.

« Ceci, avec la capture de vos deux amies, devrait vous forcer à donner à notre Maître ce qui lui est dû. Sinon… on trouvera bien autre chose. »

Sur ces mots, les deux « touristes » disparurent dans une fumée noire.
Sora réussit enfin à sortir de sa léthargie et à s’approcher de Seïra, dont le souffle s’était saccadé, alors qu’elle continuait à se vider de son sang. Le brun n’avait jamais eu affaire à ce genre de choses et voir tout ce rouge, sentir toute cette souffrance sur le visage et dans le cœur de son propre double… Il ne savait pas quoi faire. Son opposée était en train de mourir sous ses yeux et il était complètement perdu, affolé.

« L’alien… il a peut-être touché l’alien…, souffla difficilement Seïra en se crispant, des larmes de douleurs découlant de son visage. J’ai mal… »

Sora avait complètement oublié ça, sur l’instant. Seïra était enceinte. Il n’y avait pas que ce coup de poignard qui pouvait la tuer, le bébé qu’elle portait, s’il avait été touché… mourrait aussi, en lui apportant une dose de souffrance en plus –sans doute avait-elle des contractions en même temps que la douleur du coup qu’elle s’était pris. Mais il ignorait si l’emplacement de la blessure avait pu faire des dommages assez grands chez les deux. Si c’était le cas… Non. Non… il fallait qu’il trouve une solution, ne pas se laisser avoir dans ses états d’âme !
Un éclair de lucidité, malgré sa panique, lui rappela qu’il fallait d’abord gérer l’hémorragie. S’il arrivait à calmer au moins ça, il pourrait avoir une chance d’emmener Seïra à l’hôpital à temps.

Le brun retira son blouson, et l’enroula de façon à faire dépasser les manches pour s’en servir d’attache, tandis que le reste servirait à faire une compresse assez épaisse. Il coucha Seïra au sol, et entreprit de lui faire le bandage d’infortune. Même s’il ne pouvait pas se permettre de le serrer trop fort, au moins cela calmerait un minimum l’hémorragie.

Il laissa ensuite son double quelques secondes, afin d’abaisser le siège passager avant de sa voiture, pour que la brune soit le plus confortablement installée. Il retourna ensuite auprès de Seïra, la porta, et la déposa en douceur dans le véhicule. Il se mit ensuite immédiatement au volant, et ne perdit pas une seconde de plus.
Quand il n’avait pas besoin de tenir le levier de vitesse, il prenait la main de son double, qui avait fermé les yeux et combattait difficilement la douleur. Il ignorait si sa voix lui parviendrait encore, mais il s’en fichait.

« On est presque arrivés, ok ? Tiens le coup, je t’en supplie… »

Il avait déjà perdu son frère, six ans auparavant. Il n’avait rien pu faire pour le sauver. Là, il avait une chance de sauver son propre double –mais s’il échouait, jamais il ne pourrait se le pardonner. Il fallait qu’il réussisse.
Il serra la main qui tenait le volant. Il n’avait pas un seul instant imaginé que cet Adrien ou Océane pouvaient faire partie de l’autre camp. Il les avait après tout rencontrés en pleine journée, la première fois. Il ne comprenait plus rien. En fait, il ne voulait pas comprendre. Il s’en fichait. Tout ce qu’il voulait, c’était arriver à temps à l’hôpital.

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Ven 23 Oct - 23:01

Chapitre 35 : Risques

Après le coup de fil qu’elle venait de recevoir, repos ou non, Zenia n’en avait cure. Elle se leva, enfila les chaussons que l’on donnait à chaque patient, et sortit de sa chambre. Son téléphone toujours en main, elle téléphona à Eva, pour la prévenir de ce qu’il se passait avec Riko et Xion.

« J’ai plus urgent que ça à traiter pour l’instant, répondit sèchement sa collègue, avant de raccrocher. »

Si elle s’interrogeait sur ce que devait gérer Eva, qui passait avant les deux étudiantes, elle trouva bien vite d’elle-même la réponse en arrivant aux urgences. Seïra était sur un brancard, Sora et Kaël à ses côtés, alors qu’une équipe soignante l’emmenait très certainement en salle d’opération –en compagnie d’Aqua, étrangement.
Le brun et le rouquin ne purent d’ailleurs les suivre bien longtemps, et s’arrêtèrent devant la porte de la salle d’opération.
Ce fut à cet instant qu’elle décida de les rejoindre. Elle constata le sang sur les vêtements et les mains de Sora, qui tremblait, tandis que Kaël tentait de rester le plus calme possible –bien que l’inquiétude –non, plus que ça- se lisait facilement dans son regard.

En s’apercevant de la présence de la scientifique, le brun ne lui porta qu’un bref regard –avant de continuer à observer ses mains pleines de sang de son propre double.
Malgré tout, et avant même que les autres ne puissent demander quoique ce soit, Sora, d’une voix éteinte, leur expliqua la situation.

« Nous nous sommes fait attaquer par des monstres, Seïra a été prise pour cible, et… elle s’est pris un coup de poignard… j’ai fait tout ce que j’ai pu pour la ramener à temps ici… »

Il avait fermé les yeux. Personne ne pouvait véritablement comprendre la tâche éprouvante qui lui avait été confiée de force, mais il n’était pas difficile pour Zenia de comprendre l’autre « mauvaise nouvelle » qu’avait sous-entendu l’Ombre en capturant Xion et Riko –il ne restait plus que deux heures trente, d’ailleurs, elle n’avait pas d’autres choix que de leur dire au plus vite, mais…

« Tu as fait ce que tu as pu, Sora, déclara une voix féminine. Quoi qu’il se passe à présent, tu n’as pas à culpabiliser. »

En se tournant vers sa provenance, ils reconnurent facilement Ariane. Evidemment. Zenia se rappela de ce qu’avait dit la Maîtresse de l’Entre-Monde ; Vanitas était lié au cœur des personnes qu’il avait fréquenté de son vivant. Alors certes c’était moins fort qu’avec Vanilla, mais il avait dû ressentir qu’il était arrivé quelque chose à Sora et Xion, du coup il en avait évidemment parlé à Ariane, qui avait effectué ses recherches, pour finalement les retrouver ici.
Seulement à la remarque de la femme, le brun serra les poings. Comment ne pourrait-il pas culpabiliser si Seïra venait à mourir ? Comment pourrait-il regarder Vanilla en face, alors qu’il était le seul à pouvoir sauver sa sœur ?

« Vanilla est déjà au courant et Vanitas tente de la calmer un minimum avant de l’amener ici, déclara finalement Ariane. Kairi et Aloïs sont en train d’avertir tous les autres, et moi je suis en train de chercher un moyen de localiser Xion et Riko. »

Sora et Kaël semblèrent enfin sortir de leur torpeur en entendant le nom de leurs deux amies. Que voulait-elle dire par « localiser » ?

« Je voulais vous en parler, avant d’apprendre ce qu’il s’était passé avec Seïra, commença Zenia. Elles ont été capturées par les Ombres, et… ne pourront être libérées que si les deux doubles-cœurs se livrent au Mémorial dans un peu moins de deux heures trente. »

Même Ariane ignorait la seconde partie, et ne put cacher sa surprise en entendant le plan des Ombres. Capturer Riko et Xion, blesser Seïra… Arioch souhaitait faire craquer Vanilla et Kaël psychologiquement, pour qu’ils se rendent d’eux-mêmes.

« A cause de nous, trois de nos amis sont en danger ou mortellement blessée. On ne peut pas laisser Arioch continuer. Vanilla et moi… on doit en finir, souffla Kaël.
— On arrive pile au moment où l’autre raconte de la merde, génial, soupira la voix d’Axel, qui était accompagnée d’Alexia, plus qu’inquiète.
— Où et Vanilla ? Et Seïra ? Dans quel état elle est ? demanda directement cette dernière.
— Ne t’en fais pas pour Vanilla, elle arrivera bientôt, rassura Ariane. Pour Seïra… »

Sora était le seul au courant –avec Kaël- de la grossesse de Seïra sur tous ceux présents. Ils savaient tous les deux pourquoi Aqua s’était jointe à l’opération, et donc de la lourdeur de celle-ci… même Zenia ne pouvait rien savoir, et encore moins Ariane.
Le brun connaissait la volonté de Seïra de cacher son état aux autres mais là, la situation était trop grave.
Alors qu’il voyait arriver Riku et Noa, Sora savait qu’il fallait leur expliquer la véritable situation. Il se leva.

« Je dois vous dire quelque chose, à propos de Seïra.
— Sora, murmura Kaël. Tu ne…
— Le coup de poignard qu’elle s’est pris n’est pas empoisonné, mais autre chose est en train de mettre sa vie encore plus en jeu, continua l’autre en l’ignorant. Elle refusait de le dire à cause des monstres et de tous le reste et il n’y a que sa sœur, Kaël, Riku et moi qui… enfin bref. Elle est enceinte, et…
— Le coup qu’elle s’est pris peut également avoir eu des conséquences sur l’enfant qu’elle porte, termina au final Riku, comprenant bien vite qu’au vu de la situation, il fallait leur dire. »

Jamais personne n’aurait pu se douter d’une telle chose, et tous réalisaient l’ampleur de la situation difficilement. Seïra était enceinte. Sa vie mais également celle de son enfant étaient en danger, et ils ne pouvaient rien faire pour la soutenir.
Ce fut à ce moment là que Kairi, Aloïs, mais également Vanitas et Vanilla arrivèrent dans une lumière bleue. La noiraude avait le regard vide, et ne faisait que fixer le sol. Elle serait sans doute en train de broyer la main de son double, si celui-ci avait été encore humain –mais là, il ne semblait pas sentir la moindre douleur, étant donné sa nouvelle nature.
Elle était inquiète, dévastée et, comme tout le monde, dépassée par les évènements actuels. Alexia s’approcha d’elle, et lui tint son autre main, pour la soutenir –même si elle savait que cela n’aurait que peu d’utilité.

Ariane répéta au quatre arrivants ce qui avait été dit à propos du temps qui était compté pour Xion et Riko, et du véritable danger qu’était la blessure de Seïra, avant de reprendre pour tous.

« Je vais réussir à localiser Xion et Riko et-
— Vous savez très bien que cette histoire pourrait être réglée au moins de deux, si on se rendait, coupa Vanilla, d’une voix éteinte. Faut arrêter les frais maintenant, vous avez assez souffert par notre faute. »

Tout le monde frissonna à l’entente de cette voix qu’ils reconnaissaient à peine, et Alexia serra même un peu plus fort la main de sa meilleure amie. Le seul à ne pas réagir ainsi, ce fut Vanitas qui mit un léger coup sur la tête de son double en la traitant d’idiote. Il adressa ensuite un regard à Kairi, qui prit alors la parole.

« J’ai pensé… si Vanitas est connecté au cœur de ceux avec qui il a eu un lien de son vivant… il arriverait peut-être à se servir de ça, pour rejoindre Xion et Riko, non ? Je veux dire, il a bien senti la détresse de Xion, donc il pourrait passer par elle et réussir à la rejoindre, comme il le fait avec Vanilla. »

Tout le monde s’observa. Même la noiraude, qui n’avait pas été mise au courant, sembla réceptive. Il en était de même pour Sora et Kaël. Ce plan pouvait être parfait dans la théorie. Mais à en voir l’expression d’Ariane, cela devait être plus compliqué que cela.

« Cela pourrait coûter la vie à Vanilla si tu te lies, même provisoirement, au cœur de quelqu’un d’autre dont tu ne connais pas la position géographique, répondit finalement la Maîtresse de l’Entre-Monde, en s’adressant à Vanitas.
— Mais ça peut marcher, non ? rétorqua-t-il avec Vanilla. Alors le reste on s’en fiche.
— J’sais pas si t’as bien compris miss, tu risques de mourir si ça marche pas, hein, répondit Axel à l’attention de la noiraude. »

Vanilla lâcha alors la main de Vanitas et celle d’Alexia, avant de serrer les poings, et de baisser la tête.

« Ma sœur est en train de mourir, et je peux rien faire d’autres qu’attendre. Et si vous voulez pas qu’on se sacrifie à Arioch, Kaël et moi, c’est la seule option qu’on a pour sauver Riko et Xion.
— Même si elles sont en danger, on ne peut pas te faire courir un tel risque pour elles, rétorqua Riku qui, comme d’habitude, ne laissait rien paraître de son inquiétude pour son double et pour ses autres amis.
— Il a raison, rajouta Noa, qui lui avait plus de mal à ne pas cacher sa peur de perdre ses proches, en plus de son opposée. Risquer ta vie comme ça…
— Et tu ne peux pas prendre le poids de cette douleur toute seule, je suis tout aussi concerné ! renchérit Kaël, qui regardait Vanilla droit dans les yeux. »

La noiraude serra les poings, au moment où elle sentit quelqu’un la prendre par le bras. Elle observa du coin de l’œil Alexia qui, malgré la peur, paraissait déterminée.

« Vanilla peut mourir, ok. Mais si son cœur spirituel est assez fort, elle pourra survivre à ça, non ? J’vous rappelle qu’elle a survécu à la malédiction des doubles, et qu’elle est encore devant nous aujourd’hui ! J’pense pas que son cœur ait encore besoin de prouver sa force, si ? En tout cas moi j’ai confiance en elle et en Vanitas !
— Même si son cœur est assez fort pour ne pas lâcher, elle souffrira indéniablement, répondit Ariane. Il faudra une surveillance constante jusqu’au retour de Vanitas avec Xion et Riko.
— Ca tombe bien, on est dans un hosto, rétorqua le noiraud. »

Personne n’osait rien dire. Entre Seïra qui était entre la vie et la mort, Xion et Riko qu’il fallait retrouver, avant que les deux heures qu’il leur restait ne soient complètement écoulées, et maintenant Vanilla qui allait risquer sa vie pour que Vanitas puisse tenter de retrouver leurs deux amies…

« Je vais trouver une chambre où accueillir Vanilla le temps qu’il faudra, déclara Zenia. Je vais également être à ses côtés, avec le matériel et le nombre d’infirmiers nécessaires pour gérer chaque possibilité. Je vous tiens au courant. »

Joignant les faits aux gestes, la scientifique s’éloigna, pour préparer tout cela au plus vite, et surtout trouver le personnel qui serait apte à gérer chaque situation de crises possibles.
Ariane, après avoir regardé Zenia s’éloigner, observa chaque humain.

« Vous êtes conscients que vous jouez avec le feu ?
— Et vous ? Vous êtes consciente que vous n’êtes pas la mieux placée pour nous faire la leçon ? rétorqua froidement Vanilla. Et ce n’est pas vous qui êtes sur le point de perdre votre sœur, deux de vos amies, ou un double. Vanitas, Alexia, venez. On va rejoindre Zenia. »

Personne ne pourrait faire changer d’avis la noiraude, malgré la dangerosité de ce qu’elle s’apprêtait à faire. Mais elle avait raison sur un point ; Ariane ne pouvait pas juger sa décision. C’était soit ça, soit son sacrifice et celui de Kaël, pour donner la possibilité à Arioch de s’attaquer au monde entier.

S’ils pouvaient éviter cela, bien sûr qu’ils le feraient, mais personne ici n’avait mieux à proposer. Alors ils ne pouvaient qu’accepter. Et surtout espérer. Espérer le réveil de Seïra, qui n’aurait pas perdu son enfant, et celui de Vanilla, qui n’aurait pas perdu contre la douleur qu’elle devrait à supporter. Espérer également que Riko et Xion seraient indemnes à leur retour.

~0~0~0~0~

Riko ne s’était pas réveillée depuis l’instant où elle avait perdu connaissance, mais Xion avait de plus en plus de mal à s’en soucier. Le froid, l’inquiétude… tout ça était en train lui faire perdre pied à la réalité, à tel point qu’elle avait du mal à ne pas somnoler –en sachant très bien que si elle s’endormait, tout serait terminé.

« Hey, Xion. Tu m’entends ? »

Quand elle entendit cette phrase, prononcée par cette voix en particulier, elle savait qu’elle avait atteint son taux de tolérance au froid. Elle rit nerveusement, mais ne put s’empêcher de répondre que oui, sans savoir pourquoi.
Au moment de sa réponse, un étrange phénomène se produisit devant elle. Une poussée d’adrénaline lui permit de se réveiller et de ne pas en croire ses yeux, lorsqu’elle vit Vanitas ouvrir les siens pour la fixer.

« Bien, ok. Donc ça a fonctionné.
— De quoi tu parles ?
— Pas le temps de t’expliquer. J’dois vous ramener auprès des autres, ok ? »

Il observa plus longuement Riko, et se rendit compte de sa pâleur. Xion le remarqua, et lui expliqua rapidement la situation. Le noiraud soupira, posa la main sur le corps de l’argentée, qui fut entourée d’une aura bleue durant une demi-seconde.

« Que… qu’est-ce que tu as fait ?
— Bah je l’ai soignée. »

Soudain, le corps de Vanitas devint pendant quelques secondes instable. Une fois le « malaise » passé, il serra les poings. Ca, c’était la réaction de Vanilla suite à l’utilisation de ses pouvoirs, alors qu’il était connecté à un autre cœur. Il ne pourrait pas faire ça trop de fois, sans risquer de tuer son opposée. Elle avait sans doute évité l’arrêt cardiaque de peu, mais la douleur, elle…

« Bref. On doit y aller, mais je peux pas nous téléporter, on va devoir y aller à pied.
— A pied, pourquoi ça ?
— T’as bien vu ce qu’il s’est passé quand j’ai soigné Riko, nan ? Bah on doit éviter que ça se reproduise. »

Vanitas, comme d’habitude, ne lui disait pas tout, Xion le savait. Mais lui tirer les vers du nez, c’était uniquement Sora qui y parvenait. Il n’avait vraiment pas changé, en six ans. Il était resté le même.
Elle l’observa prendre Riko dans ses bras, puis examiner les lieux.

« Ce serait pas la morgue d’un des souterrains ?
— Riko et moi avons supposé la même chose.
— Bon, du coup une fois qu’on sera dehors de cette pièce, trouver la sortie devrait pas être trop compliqué. Allons-y. »

~0~0~0~0~

Ariane était à présent seule avec tout le reste du groupe. Il ne restait plus qu’une heure quarante cinq, à présent. Cela faisait donc exactement une heure que Seïra était en salle d’opération et prise en charge par Eva. Tout le monde faisait confiance à cette dernière ; ce n’était pas la femme la plus sympathique au monde, mais elle savait toujours ce qu’elle faisait –en plus, cette fois, Aqua était là pour l’assister, étant donné les circonstances.
Mais la confiance ne suffisait pas à reprendre courage. En ce moment même, quatre d’entre eux avaient un avenir incertain.

Sora avait déjà perdu son frère et là… il risquait non seulement de perdre son double, mais également celle qu’il considérait comme sa sœur –par extension- et deux amies chères. Kaël avait déjà vu mourir trop de personnes sous ses yeux, et sachant qu’il était tout aussi concerné que Vanilla, savoir qu’il n’y avait qu’elle qui risquait sa vie lui donner cette horrible sentiment de culpabilité -qu’il ne connaissait que trop bien, à présent.
Axel paraissait pensif également, sans doute perturbé pour tout ce qu’il se passait, en plus de l’inquiétude que lui transmettait son double –et sans doute plus que ça. Noa et Riku tentait de cacher leur état d’âme, mais il était certain que la capture de leur opposée respective les touchait bien plus qu’ils ne le montraient, en plus de savoir Seïra entre la vie et la mort, et Vanilla qui prenait un énorme risque en voulant sauver les deux jeunes femmes.

« Nous ferions mieux de nous préparer pour le rendez-vous au Mémorial, déclara soudainement Ariane.
— Bah pourquoi faire ? Les Vani sont pas en train d’arranger le truc ? demanda Axel.
— Arioch ne doit pas se douter de ce que nous sommes en train de faire, de ce fait… on doit lui faire croire que Kaël et Vanilla vont effectivement se rendre, expliqua la Maîtresse de l’Entre-Monde.
— Et comment veux-tu faire ça ? interrogea Aloïs.
— Tu as conservé tes pouvoirs, malgré le fait que je t’ai donné une identité humaine, du coup tu as conservé ton don de polymorphie, et Kairi le possède également, donc… »

Tous comprirent où voulait en venir Ariane ; Aloïs et Kairi joueraient les rôles de Vanilla et Kaël, pour tromper Arioch, pendant que Vanitas sauverait Riko et Xion. Ils ne pourraient cependant pas le battre à ce moment, car cela demandait davantage de préparation, surtout que le Maître des ténèbres ne se montrerait pas si facilement, mais… ça leur suffirait pour détourner l’attention de toutes les Ombres, qui pensaient avoir un avantage.

« Ca peut marcher, répondit finalement Kairi.
— Mais ça ne fera qu’éveiller la colère d’Arioch, rétorqua Riku. Nous n’avons pas déjà assez de problèmes à gérer comme ça ? Vous pensez qu’on arrivera éternellement à contrecarrer ses plans ? »

Tous furent surpris de la réponse de Riku. Mais en y réfléchissant bien, il avait raison. Quelles étaient les chances pour que les quatre personnes disparues, blessée, ou en transe s’en sortent indemnes ?

« On ne sait pas dans quel état Vanitas va retrouver Riko et Xion, continua Riku. On ne sait même pas si Vanilla ne souffrira pas de séquelles, même si elle s’en sort. Et on ignore complètement si Seïra s’en sortira, et si dans ce cas-là, elle a pu conserver son enfant. Et vous voulez jouer avec Arioch, alors qu’il est de plus en plus dangereux ? »

Riku avait toujours été comme ça, pensa Sora, qui baissa la tête. Quand il n’allait vraiment pas bien, il pouvait briser tout ce qui se trouvait autour de lui. Encore une fois, il avait réussi à détruire le semblant d’espoir qu’avaient les autres. Quand il vit l’argenté se crisper, et finalement détourner la tête… il comprit qu’il regrettait ses mots –comme toujours.

« Je vais prendre l’air. »

Sora décida de l’accompagner. De toute façon c’était inutile de rester sur ce banc, devant cette salle d’opération. Il pouvait sentir que Seïra était encore vivante. Son cœur battait toujours à l’unisson avec le sien, et il serait le premier à savoir si cela tournerait mal.
Dans le hall des urgences, donc à l’abri des regards des autres, Sora attrapa Riku par le bras.

« Attends, Riku !
— Tu devrais être avec les autres.
— Tu devrais le savoir que je ne laisse tomber personne.
— Même après ce que j’ai dit ?
— Même après ce que tu as dit. »

Bien sûr, Sora savait qu’ils allaient profondément énerver Arioch en l’empêchant d’avoir ce qu’il voulait. C’était une évidence, mais cela ne voulait pas dire qu’ils se laisseraient avoir par ses pièges.
Le brun remarque que l’argenté fixait le sang sur ses mains, et sur ses vêtements –il n’avait pas pris le temps de passer aux toilettes, pour au moins enlever le surplus.

« Est-ce que ça va aller ? demanda finalement Riku.
— Seïra est forte. Je… je suis sûr de l’avoir amené à temps.
— Il paraît que tu as eu les bons réflexes.
— J’espère… en tout cas, je sais ce que tu as vécu lorsque Vanilla avait elle aussi été poignardée, tenta-t-il avec un sourire.
— Idiot…, soupira l’argenté, qui ne put cependant s’empêcher de sourire un peu.
— On va chercher des sodas pour les autres ?
— D’accord. »

Sora était plus qu’inquiet, c’était certain. Malgré tout, et comme d’habitude, il faisait passer le confort des autres avant le sien. Riku l’enviait beaucoup pour ça.
Arrivés devant la machine à boissons, Riku remarqua que le brun s’était brusquement arrêté dans son geste.

« Vanilla et Seïra… elles partagent un horrible point commun, maintenant. »

Il appuya une première fois sur le bouton –Zenia leur ayant prêté leur clé spéciale à insérer dans la machine, ils avaient assez de crédit sans avoir besoin de payer. Riku ne sut pas quoi répondre à cette vérité ; les deux sœurs avaient été poignardées et ce, presque au même endroit. Peut-être qu’un jour, lorsque tout ça serait passé, elles arriveraient à en rire… à condition, sans doute, que l’enfant de la brune s’en sorte également.

L’argenté remarqua finalement que Sora commençait à trembler –et au moment où il voulut réappuyer sur le bouton… son bras retomba, et il se précipita dans les bras de Riku, qui ne sut pas quoi faire, à cause de la surprise. Des larmes perlaient son visage.

« J’ai déjà perdu mon frère…, souffla Sora. Je refuse de les perdre elles. Que ce soit Vanilla, Seïra, ou même Riko et Xion… je ne veux plus perdre quelqu’un, c’est trop douloureux…
— Sora…
— J’ai confiance en elles, mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur… j’ai peur de les voir toutes disparaître, peur de voir Vanitas disparaître également et de ne pas avoir le temps de lui dire au revoir encore une fois… »

Et ses craintes étaient fondées. Riku était certes inquiet, mais il aurait dû deviner que Sora l’était également, et qu’il ne faisait que jouer un rôle, pour ne pas que les autres se préoccupent de lui.

« L’important c’est de rester unis, déclara finalement une voix. »

Noa.

« On a le droit de faiblir, de s’énerver, ou que sais-je, mais… je pense qu’il est important de rester tous ensemble, pour affronter tout ce qu’il pourrait nous arriver. »

Il avait raison. Lorsque Vanitas était mort, ils avaient aussi eu une crise similaire, où chacun s’isolait ou se disputait -mais ils avaient bien vite découvert que ce n’était pas la solution.

« Sora, prend ces boissons, et après revenez. Que ce soit Xion, Riko, Seïra ou Vanilla, elles refuseraient toutes qu’on se sépare à cause d’elles. »

Sora observa tour à tour Noa et Riku –qui approuvait silencieusement les dires du noiraud. Il se dépêcha alors de prendre les boissons, et tous les trois partirent rejoindre les cinq autres -Axel, Kaël, Kairi, Aloïs, et Ariane- qu’ils avaient laissés en plant.
Riku, Noa, et Sora… c’était les plus touchés par ce qu’il se passait actuellement, c’était donc logique qu’ils étaient les mieux placés pour se soutenir mutuellement. Du coup, qu’importe ce qui arriverait, ils seraient là pour les autres, ils se le promettaient.

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Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Mer 28 Oct - 0:38

Chapitre 36 : Confiance forcée

Pendant le court trajet entre le hall et l’entrée de la salle d’opération, Noa parla rapidement à Riku et Sora de quelque chose que leur avait dit Ariane, à propos de leur plan de « remplacement » pour le Mémorial.

« Elle va… quoi ? demanda le brun, qui n’avait pas tout compris.
— Elle va créer des faux doubles-cœurs, pour faire croire à Arioch qu’il a réussi, répéta alors le noiraud.
— Mais comment elle compte faire ça ? Et à quoi cela pourrait-il servir ? interrogea Riku, alors qu’ils arrivaient de nouveau aux côtés des autres. »

Ariane les observa quelques instants, avant de continuer les explications pour les arrivants et tous les autres.

« C’est moi qui l’ai piégé dans cette ville, dans le cas où, justement, il arriverait à créer une brèche dans le monde des ténèbres pour revenir. Je sais comment il doit s’y prendre pour réussir à se libérer.
— Et vous pouviez pas genre… le dire tout de suite, avant qu’on commence tous à péter une durite ? rétorqua Axel qui devait à la fois gérer ses sentiments, et ceux que lui transmettait Alexia.
— Vous ne m’en avez pas laissé le temps.
— Mais du coup… comment faut-il s’y prendre ? demanda Kairi.
— Pour « activer » le pouvoir des doubles-cœurs, il a besoin d’un évènement astronomique.
— Comment ça ? interrogea Kaël.
— Une éclipse complète ou partielle, une pluie de météorites, ou d’étoiles filantes, ou même une simple pleine lune suffirait. »

Les autres se regardèrent, sceptiques. Arioch avait commencé la fusion des ténèbres avec Almari. Il n’y avait donc ni étoiles, ni Lune, ni météorites de visibles. Comment comptait-il s’y prendre ? Etait-il simplement au courant de la façon de se libérer ?

« Il sait tout ce qu’il y a à savoir sur sa libération. Il sait qu’il devra libérer Almari de son emprisonnement dans les ténèbres, s’il souhaite pouvoir sortir d’Agena. Mais je pensais qu’en sachant qu’il devait tuer deux personnes, il se raviserait, qu’il préfèrerait vivre enfermé à Agena…
— Mais en fait là du coup, on est en sécurité tant qu’on est à Semina, nan ? questionna Axel.
— Malheureusement… non. Ses Ombres, je vous le rappelle, peuvent aller et venir où elles souhaitent. Je n’ai pas encore eu le temps de toutes les retrouver pour les forcer à réintégrer l’abysse des ténèbres ou de se repentir.
— Et j’étais déjà sorti d’Agena quand… on s’est fait attaquer, rajouta Sora, ce qui donna une preuve suffisante aux autres. »

Ils tentèrent cependant de se concentrer sur tout ce qu’avait dit Ariane. Arioch avait besoin d’un évènement astronomique. De ce fait, il serait obligé de lever cette nuit permanente qu’il avait lui-même provoqué. Et lorsqu’il découvrirait que les doubles-cœurs -qu’il aurait à ce moment-là en sa possession- étaient faux… il aurait déjà épuisé beaucoup de ses ressources, et ils pourraient tous le piéger à ce moment-là, sans qu’il n’oppose une immense résistance.

« La prochaine pleine lune a lieu dans quatre jours. C’est sans doute pour ça que ses attaques sont de plus en plus fréquentes, car s’il loupe cette Lune là, il devra attendre presque un mois avant de pouvoir retenter l’expérience, expliqua Ariane. En quatre jours, je peux encore trouver suffisamment d’Ombres pour l’affaiblir un peu plus. »

Cela faisait la deuxième fois qu’ils étaient dans une situation critique –bien que celle-ci était pire- et qu’Ariane n’avait rien pu faire pour les aider. Etait-ce vraiment une bonne idée de lui faire confiance maintenant, alors que tout se jouerait lors de cette fameuse Lune ?
Chacun se regarda, se posant la même question. Même Aloïs semblait ne plus être à cent pour cent du côté de la Maîtresse de l’Entre-Monde sur ce coup-là. Ironique, vu qu’il faisait parti, à l’époque, des personnes qui voulaient s’emparer d’un des doubles-cœurs.

« On ne peut pas continuer à risquer leur vie, Ariane, tenta finalement l’Ombre anciennement corrompue.
— Je le sais bien. Et je sais également que j’ai dû beaucoup vous décevoir, malgré mes pouvoirs… mais s’il vous plaît, faites-moi confiance. J’ai créé les barrières de son enfermement, alors… je sais que ça peut marcher. »

Tous gardèrent le silence. Ariane avait raison sur un point ; elle était la créatrice des chaînes d’Arioch, donc elle était la seule capable de prévoir toutes les alternatives possibles. Aloïs préférait ne pas se prononcer, mais cela se voyait que les autres ignoraient si c’était une bonne idée de lui confier une telle mission.

La seule chose qui leur permit de finalement détourner leur attention sur le sujet de réflexion actuel, ce fut l’arrivée d’Aqua, encore habillée de la tenue obligatoire lors d’une opération. Celle-ci était d’ailleurs tâchée de sang. Celui de Seïra. Sora se leva du banc, et se précipita vers la femme, qui ne fit que leur montrer un sourire rassurant.

« L’intervention s’est très bien passée, aucun organe vital n’a été touché, et elle n’aura besoin que de repos. Elle a perdu du sang, mais c’est parfaitement gérable en la transfusant.
— Et pour son enfant ? demanda Noa. »

Aqua observa tout d’abord le noiraud, puis Kaël avec surprise. Elle se souvenait très bien d’avoir convenu d’ouvrir un dossier sous X avec le garçon et Seïra.
En regardant tour à tour les personnes présentes, ainsi que Sora, elle comprit que ce dernier n’avait pas eu d’autres choix que de leur parler de la grossesse de la brune. Malgré la violation du secret médical, c’était compréhensible –et même Seïra comprendrait.

« La grossesse n’était pas encore assez avancée. Le coup de poignard a été donné dans la partie latérale gauche, de ce fait il n’a pas touché le placenta, ni l’enfant. Eva s’est occupée de suturer la plaie, qui ne s’est pas infectée. »

Tous soupirèrent de soulagement. Seïra était sauvée, et elle n’avait pas perdu son bébé. Quand elle se réveillerait, elle n’aurait que quelques douleurs et devrait se reposer, mais c’était tout. Cela aurait pu être tellement pire…

« Tu es arrivé à temps, Sora, déclara finalement Eva, qui venait de les rejoindre. »

Ils virent plusieurs infirmiers déplacer le brancard où Seïra, endormie, était installée. Sans doute allaient-ils l’emmener en salle de réveil. Mais ils concentrèrent bien vite leur attention vers la scientifique, alors qu’elle continua à leur parler, de son ton habituellement froid.

« A voir vos expressions, ainsi que l’absence de certains d’entre vous, il s’est visiblement passé un certain nombre de choses durant l’intervention. Donc ? »

Les rares personnes présentes s’observèrent, mais gardèrent le silence. Ce fut Ariane qui expliqua finalement la situation complète à Eva et Aqua.

Pendant ce temps, plusieurs étages au-dessus d’eux… Alexia, impuissante, ne pouvait qu’observer Zenia -et d’autres infirmiers- gérer une énième quinte de toux ensanglantée de Vanilla, alors que celle-ci avait, quelques minutes auparavant, frôlé la crise cardiaque.
Au moment d’une nouvelle crise de douleur, Alexia ignora les os que Vanilla était sans doute en train de lui broyer. Elle regrettait d’avoir été d’accord de faire subir une telle chose à sa meilleure amie.

Surtout au moment où, à la place des quintes de toux ensanglantées, Vanilla convulsait, alors que son rythme cardiaque ne cessait de s’affoler sur l’électrocardiogramme.

~0~0~0~0~

Ils ignoraient si c’était la base principale d’Arioch, mais en tout cas le nombre d’Ombre inférieures –c’est-à-dire les mêmes qu’ils affrontaient à l’époque, sans apparence humaine- ne donnait pas d’autres choix à Vanitas que d’utiliser ses pouvoirs, afin de défendre Xion et Riko, pour les faire sortir de là indemnes. Il avait confié l’argentée à son amie, afin d’être libre de ses mouvements… seulement ses moments d’instabilité étaient de plus en plus fréquents, et surtout de plus en plus longs, au fur et à mesure qu’il utilisait ses pouvoirs. Si ça continuait ainsi…
Il profita d’un court moment de répit pour jurer. A ça, Xion était définitivement déterminée à savoir ce qu’il se passait vraiment. Elle était bien trop inquiète, et avait bien trop peur de voir Vanitas disparaître de sa vie une nouvelle fois, sans avoir le temps de lui dire au revoir –car elle ne se leurrait pas, elle savait que tout cela serait provisoire. Elle voulait juste éviter que cela se finisse –encore une fois- aussi brutalement.
Quand ils se remirent en route, elle osa finalement lui poser la question. L’autre sembla hésiter un moment, mais ne la regarda pas lorsqu’il décida de répondre.

« Pour vous retrouver, j’ai dû me lier à ton cœur. Le truc c’est qu’en faisant ça, je risque la vie de Vanilla. Quand je deviens instable, ça veut dire qu’elle douille sévère. Et si je disparais complètement, ça voudra dire que son cœur aura lâché. »

Cette nouvelle fit trembler Xion. Vanilla… avait réellement accepté de risquer sa propre vie pour les sauver ? Mais pourquoi ? Pourquoi personne ne l’avait empêché de faire ça ?

« On avait trois heures pour vous récup’, avant de devoir livrer Vanilla et Kaël, c’était la seule option possible, expliqua le noiraud. »

Evidemment. Il était provisoirement lié à son cœur, de ce fait… ils partageaient un lien similaire à des doubles « normaux », c’était pour ça qu’il arrivait si facilement à lire en elle. Xion baissa la tête, et observa Riko, toujours inconsciente dans ses bras. Vanitas lui avait dit qu’elle se réveillerait bientôt, et qu’ils étaient assez proches de la sortie, mais… quel serait le véritable prix de leur liberté ?

« En plus de ça, Vanilla se sentait inutile, rajouta finalement Vanitas, se rappelant que Xion ne pouvait pas être au courant de ce qui était arrivé à la surface.
— Comment ça ?
— Seïra a été sévèrement blessée. Au moment où j’suis parti, elle était encore sur le billard.
— Oh non… »

Tant de choses s’étaient produites en quelques heures. Leur capture, l’agression de Seïra, ce que devait endurer Vanilla pour réussir à au moins sauver ses amies, à défaut de pouvoir faire quelque chose pour sa propre sœur… c’était horrible. Elle ne savait ni quoi penser, ni quoi dire.

« Je peux pas me permettre de disparaître avant la fin, déclara finalement Vanitas, qui avait serré les poings. Je dépends entièrement de la force de Vanilla, là. Mais j’ai plein de trucs à faire encore ici, avant de refaire le mort. »

Xion pensait la même chose. Elle avait des choses à lui dire. Et avec l’avenir incertain de Vanilla, à cause du risque qu’elle prenait pour eux… il était peut-être temps de parler, avant qu’il ne soit –à nouveau- trop tard.

« Je ne t’ai jamais remercié de m’avoir tant de fois sortie d’affaire au collège. Alors merci. Sans toi et Axel, j’ignore ce que je serais devenue.
— C’est pas l’heure des adieux encore, hein.
— Je sais. Mais…
— Je vois, coupa l’autre. »

Evidemment que Vanitas voyait. Xion n’était pas idiote. Elle savait que la situation pouvait mal tourner, et qu’elle pourrait clairement le regretter si elle ne se confiait pas tout de suite.
Et lorsque les deux amis virent à nouveau des Ombres inférieurs venir les attaquer, ils savaient qu’ils avaient eu raison.
Cependant, à leur grande surprise, et au moment où Vanitas s’apprêta à utiliser, à contrecœur, une nouvelle fois ses pouvoirs…
Des attaques, similaires à celles qu’utilisait le noiraud –mais dont la couleur était sombre, contrairement à lui- détruisirent leurs ennemis.

En observant droit devant eux, ils virent une Ombre supérieure. Vanitas ne relâcha pas sa vigilance, et préféra même préparer une attaque. Il sentit son corps se désagréger à cause de ça, mais il espérait que, comme toutes les autres fois, ça n’irait pas plus loin que cette sensation désagréable.

« D’après ce que j’ai compris de la situation, tu dois éviter d’utiliser tes pouvoirs, non ? »

Sous la surprise, le noiraud fit disparaître l’aura bleue autour de ses mains, tandis que Xion n’en crut pas non plus ses oreilles –à tel point qu’elle ne sentit pas Riko bouger légèrement dans ses bras.
L’Ombre en face d’eux retira sa capuche, alors qu’un sourire triste était dessiné sur ce visage qu’ils ne connaissaient que trop bien, à présent. La créature ne leur laissa cependant pas le temps de s’exprimer là-dessus.

« Je ne suis pas Kairi, vous devez vous en douter. Mais je possède son corps organique. Je m’appelle Selena, et je suis celle qui est venue vous voir aux sources, lorsque tout a commencé. »

Vanitas ne voyait pas de quoi l’autre parlait, mais pour Xion cela paraissait claire. Pour Riko également, visiblement, vu qu’elle s’était finalement réveillée, et qu’elle avait demandé de manière inaudible à la noiraude de la lâcher. Son amie préférait tout de même la soutenir, quand l’ancienne blessée s’adressa à la fameuse Selena.

« Comment nous as-tu trouvé ?
— L’aura instable de Vanitas. Et aussi un nombre anormal de monstres inférieurs ici. Mais je pense qu’il vaut mieux se presser, au lieu de parler inutilement.
— Vanitas, on peut vraiment lui faire confiance ? demanda Xion.
— On va pas avoir le choix. Je peux plus rien faire perso. »

Riko et la noiraude n’avait pas remarqué, mais maintenant qu’il avait dit ça… elles constatèrent que Vanitas paraissait transparent. Et même si l’argentée avait été inconsciente un certain temps, elle avait tout de même suivi la majorité de l’histoire qu’avait raconté l’habitant de l’Entre-Monde, vu qu’il l’avait complètement soignée.
Encore une utilisation de pouvoir et Vanilla mourrait, cette fois. Il fallait vraiment qu’ils retournent à Semina au plus vite, pour que le noiraud puisse se délier de Xion, et retourner auprès de son véritable double.

« Vanitas ne peut plus utiliser ses pouvoirs, mais moi… je peux vous transférer à l’endroit que vous souhaitez, déclara Selena. Faites-moi confiance, s’il vous plaît. »

S’ils avaient eu le choix, ils ne lui auraient jamais fait confiance. Mais là, ils ne l’avaient pas. A contrecœur, ils se laissèrent téléporter par l’Ombre qui ne paraissait pas corrompue.
Contre toute attente… ils atterrirent à l’endroit voulu. Tous les regards de leurs amis se posèrent sur eux. Noa ne put s’empêcher de prendre Xion dans ses bras, en s’assurant qu’elle allait bien. Riku, quant à lui, se contrôla un peu plus, mais s’assura également de l’état de santé de son opposée. Forte heureusement, les deux jeunes femmes semblaient bien se porter.
Une seule question se posait maintenant.

« Comment avez-vous fait pour revenir ? demanda Kaël.
— Et où est Vanitas ? renchérit Sora, plus qu’inquiet. »

Riko et Xion se regardèrent, puis observèrent autour d’elles. Que ce soit Selena ou Vanitas… il n’y avait plus aucune trace d’eux. Si pour la première elles ne s’en soucièrent que très peu, c’était beaucoup plus inquiétant pour le second, surtout dans l’état d’instabilité dans lequel il était, au moment où ils avaient été ramenés ici.

« Ne me dites pas que…, souffla le brun.
— Zeeeeeen, Sora, soupira Axel. Les Vani vont bien, sinon Alexia aurait continué à me faire souffrir comme pas possible, voir pire. »

C’était vrai. Tout le long le roux avait dû supporter l’inquiétude de son opposée, mais là il semblait enfin soulagé de ne plus avoir son cœur oppressé.
Eva examina alors rapidement Xion et Riko, mais ne jugea pas leur état comme alarmant. Elle décida de simplement rejoindre la salle de réveil où se trouvait Seïra, suivie par Aqua. Elles préféraient encore éviter les visites –pour des raisons de sécurité- de ce fait, personne ne les suivit.

Sora ne put alors s’empêcher de sauter dans les bras de Xion et Riko, rassuré et heureux. C’était incroyable, et pourtant… tout le monde s’en était sorti. Seïra et Vanilla avaient bien sûr besoin de repos, mais tout aurait pu être bien pire !

« Xion, Riko… Vanitas n’a pas pu vous téléporter tous les deux, interrompit finalement la voix d’Ariane. Il aurait tué Vanilla en faisant cela, il le savait très bien. »

Les deux étudiantes en médecine se libérèrent de l’étreinte de Sora, tandis que la joie éprouvée fut bien vite remplacée par de l’inquiétude, mais aussi de la curiosité. Si ce que disait la Maîtresse de l’Entre-Monde était vrai…

« En effet, ce n’est pas lui, commença Riko. Elle s’est présentée en se nommant Selena, mais avait…
— Ce n’était pas une Ombre corrompue, coupa finalement Xion.
— Je vois… est-ce qu’elle vous a montré le corps qu’elle avait volé ? demanda Ariane. »

Xion avait tenté d’éviter d’en parler, surtout en présence de la véritable Kairi, mais elles avaient oublié qu’Ariane se chargeait de retrouver toutes les Ombres, sans distinction. De ce fait, elle chercherait également celle qui les avait ramenés sains et saufs ici.

« Elle avait le corps organique de Kairi. »

Instinctivement, tous se tournèrent vers la susnommée, qui tenta de garder un air neutre, malgré la gêne.

« Je vois… Ce sera plus simple pour moi de la localiser du coup, déclara Ariane, souriante.
— Tu comptes lui offrir la même chose qu’à moi ? interrogea Aloïs.
— Evidemment. Mais avant ça, je me dois d’abord de tout préparer pour la prochaine pleine Lune. Et surtout j’aurais besoin de Kairi et toi dans moins d’une heure, au Mémorial.
— Je vais t’accompagner tout de suite, alors.
— D’abord j’aimerais que tu fasses quelque chose.
— Comment ça ?
— Tu te souviens de ce que tu as fait pour la douleur de Zenia ? J’aimerais que tu fasses pareil pour Seïra et Vanilla. Kairi tu viens ? Aloïs nous rejoindra après. »

Elle demanda ensuite au groupe d’adresser ses meilleures vœux de rétablissement aux sœurs, avec un petit clin d’œil complice, avant de disparaître dans une aura bleue avec Kairi.
Un silence se créa au sein du groupe. Silence qui fut très rapidement rompu par Axel, qui fit remarquer quelque chose d’essentiel.

« Euh… encore faudrait-il savoir où sont leurs chambres, je crois. »

En exposant leur problème principal du moment, plusieurs rires nerveux se firent entendre. C’était tellement improbable et ridicule comme situation. D’une inquiétude hors norme pour quatre de leurs amies entre la vie et la mort, voilà maintenant que la seule question qu’ils se posaient était la localisation de deux chambres d’hôpital. C’était tellement… ils n’avaient même pas les mots, en fait.
Après s’être assurés eux-mêmes que les jumelles se portaient vraiment bien, il fallait définitivement qu’ils se reposent, tous autant qu’ils étaient.

De toute façon, ils n’avaient rien à faire, tant qu’ils ne seraient pas la nuit de la pleine Lune. Enfin, juste Aloïs, mais à part lui, Ariane, et Kairi, personne d’autres n’était concerné par le plan d’imposture qui aurait lieu dans moins d’une heure –ils ne seraient que des poids, du fait de leur simple statut d’humains.
Mais au fond, et même s’ils auraient voulu participer –cela concernait leur monde, après tout- ils espéraient vraiment que tout se passerait bien. Que ce soit pour Kairi… comme pour Aloïs.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Sam 31 Oct - 0:05

Chapitre 37 : Plaies et Blessures

Comme prévu, et après avoir finalement réussi à savoir où se trouvaient les chambres de Seïra et Vanilla -pour les soulager de leurs douleurs- Aloïs rejoignit Kairi et Ariane au Mémorial. Il leur restait encore quarante cinq minutes avant l’arrivée d’Arioch, de ce fait… ils pourraient se préparer convenablement.
La Maîtresse de l’Entre-Monde s’adressa tout d’abord au garçon, qui se ferait passer pour Kaël –afin d’éviter une gêne d’être dans un corps de sexe opposé. Gêne qui pourrait parvenir à Arioch, qui découvrirait alors le pot aux roses.

« Comme tu le sais, je t’ai offert un corps organique. Mais pour la mission…
— Je vais devoir provisoirement m’en séparer.
— Exact. Tu sais sans doute pourquoi, n’est-ce pas ?
— Mon cœur organique pourrait être touché, et je pourrai réellement mourir. »

Aloïs était intelligent, et Ariane n’avait jamais douté de lui. Après tout, il avait compris par lui-même qu’il n’était pas Vanitas, à l’époque où Arioch le manipulait. Ca lui avait valu un bannissement dans les ténèbres, mais Ariane avait bien senti qu’entre ça, et « vivre » avec un meurtre sur la conscience et l’identité d’un autre… il préférait encore dépérir dans ce monde sombre et froid. Ce qui, justement, avait fait un contraste assez grand, pour que la Maîtresse de l’Entre-Monde puisse ressentir sa présence. Une conscience avec de l’humanité, et ce dans les ténèbres actuelles… ça l’avait très surprise. Maintenant, elle était contente d’avoir réussi à sentir son aura, même si là elle s’apprêtait à faire quelque chose qui ne l’enchantait guère.

« Inutile de faire subir ça à Aloïs. »

La voix de Kairi. Mais ce n’était pas elle, Ariane le savait –surtout suite au témoignage de Xion et Riko. La véritable rouquine, suivie par les deux autres, se tourna vers cette personne qui lui avait, contre son gré, volé son corps organique. Elle portait la tenue des Ombres, et était assez pâle, cadavérique même, avec une expression fatiguée. Ce qui pouvait simplement s’expliquer par le fait qu’elle n’était plus sous les ailes d’Arioch, qui devait concentrer ses pouvoirs sur les Ombres qu’il contrôlait encore, au lieu de s’épuiser pour d’autres -qu’il parvenait à peine à localiser, à présent.

« Le temps de ce corps est en train de le rattraper. Donc dans tous les cas je vais devoir le quitter, alors laissez-moi prendre la place d’Aloïs, qui lui a un corps viable. »

La véritable Kairi préférait soigneusement éviter d’observer ce qui avait été son propre corps organique, tandis qu’Ariane, elle, l’examinait. L’évitement de la rouquine pouvait facilement s’expliquer, bien entendu, car l’aspect physique de l’autre était assez affreuse, et sa présence ici morbide.

« Bien. Il nous reste encore plus d’une demi-heure, je pense avoir le temps de procéder à l’extraction de ta conscience, pour la récupérer dans les ténèbres, décida finalement Ariane. Mais pour des raisons évidentes, nous allons retourner au cimetière, toutes les deux. »

Selena ne fit qu’hocher la tête, et suivit en silence Ariane, qui souhaitait simplement ramener le corps de Kairi à l’endroit où il avait été déposé, six ans auparavant, avant d’en extraire la conscience de l’Ombre.
Pendant le processus, et alors qu’ils étaient tous les deux seuls, Aloïs s’inquiéta tout de même un peu pour la rouquine, qui avait été confrontée à un horrible spectacle.

« Ca va aller ? osa-t-il demander.
— Oui, enfin je crois… juste que je ne m’attendais pas… à ça. En tout cas, Selena a l’air d’être courageuse.
— C’est vrai… mais je ne comprends pas pourquoi elle fait ça pour moi.
— Vous êtes tous les deux pareils, c’est tout. Deux consciences non humaines, mais avec plus d’humanité que certains humains. Tu as même réussi à acquérir un corps réel, entièrement à toi, et sans doute qu’elle ne veut pas que tu risques cette chance d’être humain avec ce genre de choses.
— Tu dois avoir raison.
— Ne t’en fais pas, il ne nous arrivera rien. »

Et pour le rassurer davantage, elle lui prit même la main, avant de lui sourire.
Kairi connaissait bien évidemment le passé d’Aloïs, mais elle considérait que cette nouvelle apparence faisait de lui un homme nouveau. De ce fait, elle refusait de faire allusion à l’époque où il était manipulé, et préférait se concentrer sur ce qu’il était devenu –quelqu’un de vraiment bien. Les nombreuses fois où il avait sorti les autres d’affaires ainsi que sa bonne volonté ne faisaient que le prouver.

Ariane revint finalement auprès d’eux. Elle semblait seule, au premier regard, mais Kairi et Aloïs se rendirent bien vite compte que l’ombre de la Maîtresse de l’Entre-Monde paraissait étrange. Bien vite, celle-ci prit forme humaine –enfin, l’apparence de Vanilla plutôt. Kairi l’imita alors, et prit la physionomie de Kaël.

« Il nous reste peu de temps, à présent, alors je vais vous expliquer brièvement à tous les deux, commença Ariane. On sortira tous du Mémorial. Aloïs et moi on se dissimulera, et on vous suivra, lorsqu’Arioch vous invitera à le rejoindre. On interviendra à priori « trop tard », car il vous aura pris ceci. »

Elle fit apparaître deux faux doubles-cœurs, qui luisaient et émettaient les mêmes signaux que ceux des véritables Vanilla et Kaël. Une fois les imitations placées dans les corps, Ariane ordonna à tout le monde de sortir, sentant qu’Arioch ne tarderait pas.
Ils n’auraient pas de seconde chance. Soit ils réussissaient à le tromper pour le mettre hors d’état de nuire dans quatre jours, soit ils échoueraient et là… ils préféraient ne pas savoir ce que cela pourrait avoir comme conséquences.
Leur Destin se jouerait durant ces quelques minutes d’entrevue entre Arioch, « Kaël » et « Vanilla ». Ils n’avaient pas le droit à l’erreur.

~0~0~0~0~

Quand les autres avaient retrouvé Alexia… ils l’avaient à peine reconnue, sur l’instant. Même Axel, qui était le seul à s’être douté de la fatigue psychologique subie, ne pensait pas la retrouver aussi… vide. L’état de Vanilla s’était heureusement stabilisé, du coup ils avaient pu envoyer la rousse se reposer dans une chambre. Ils ne demanderaient jamais ce qui avait bien pu réellement se passer –surtout qu’ils avaient tous une vague idée des évènements.

Bien sûr, Alexia ne fut pas la seule à être envoyée en repos –Zenia également. Surtout que cette dernière avait subi quelque chose de bien plus éprouvant, et que même sans douleur physique, son corps souffrait encore des effets de sa mésaventure.

Du coup, chacun avait décidé de rentrer chez eux, pour se remettre des récents événements. Xion et Riko, par précaution, furent accueillies par leur double respectif, pour éviter de faire échouer le plan d’Ariane. D’ailleurs, l’heure du rendez-vous avec Arioch s’était approchée à grand pas. Il ne restait plus qu’un petit quart d’heure. Malheureusement, qu’importe ce qu’il pouvait arriver, ils ne seraient tenu au courant qu’une fois tous reposés. Ariane leur avait promis de leur laisser un temps pour cela, quelque soit l’issu de son plan. Elle les convoquerait sans doute au café où Zenia avait emprunté le double des clés, il y avait de ça quelques temps –il fallait éviter d’aller dans les lieux habituels pour ce genre de choses.
Enfin, là ils ne pouvaient qu’attendre, de toute façon.

En arrivant à l’appartement de son double, puis dans la chambre d’amis, Riko ressentit immédiatement un grand sentiment de culpabilité. Ce n’était pas elle, habituellement, qui était dans cette chambre –cela se devinait facilement grâce aux affaires de Vanilla, un peu éparpillés. Elle n’avait jamais été très ordonnée.
Riku, en ressentant une telle émotion venant de son opposée, comprit facilement le pourquoi du comment. La noiraude avait risqué très gros pour que Vanitas puisse les sortir de leur Enfer glacial à temps. Elle avait sans doute failli mourir plusieurs fois, et chacun aurait pu ne plus les revoir.
La vie humaine était si fragile…

« Elle n’aurait pas dû faire ça, déclara finalement Riko, qui referma la porte de la chambre, et décida de se reposer sur le canapé.
— Peut-être, mais je pense que comme moi, tu comprends sa décision.
— Je la comprends, mais je ne l’accepte pas. Ariane est censée être plus forte que les habitants, elle n’aurait pas dû laisser Vanilla et Vanitas faire ça.
— Elle ne le voulait pas. C’est Vanilla, et même Alexia, qui ont fait pression. Et c’était une idée de Kairi. Mais l’essentiel, au final, c’est que vous vous portiez tous bien, tu ne crois pas ? »

Alors que le duo s’installa sur le canapé, et que Riko observait un point invisible devant elle, elle devait tout de même admettre que Riku avait raison. Ressasser cela, et se rappeler des risques énormes, était inutile. Tout s’était bien passé, et ce n’était qu’une simple question de repos. Aloïs avait même pris soin d’atténuer la souffrance endurée chez les jumelles, et même de soigner totalement la blessure de la brune.

D’ailleurs, lorsqu’on lui avait demandé pourquoi ne pas l’avoir fait tout de suite, Aloïs leur avait simplement expliqué qu’il ne pouvait pas perturber la grossesse de Seïra. Que son pouvoir de guérison ne permettait que de faire une sorte de retour en arrière –un pouvoir similaire à Arioch, qui lui l’utilisait pour prendre possession des cadavres. Donc si Aloïs avait pu l’user sur la brune, il n’aurait rien pu faire pour l’enfant qu’elle portait, car « rembobiner » une grossesse était tout simplement impossible, inhumain, et dangereux. L’ancienne Ombre corrompue en était désolée, mais il fallait tout d’abord que la brune reçoive les premiers soins de manière normale -malgré les risques- pour que, et dans le cas d’un problème chez l’enfant, il soit résolu avant les soins pour Seïra même.

Lorsque Riko avait alors demandé pour ses côtes, que Vanitas avait soigné, Aloïs leur avait expliqué que son pouvoir partait du même principe, mais comme il n’y avait aucune grossesse, ou élément étranger –comme un cancer ou une autre maladie incurable, insoignable par un simple retour en arrière- ni d’organes vitaux touchés, il avait pu la soigner sans risque.

Axel, après ça, était parti dans un délire de jeunesse éternelle, à force de retourner en arrière, mais Aloïs s’était empressé de rajouter que les organes vitaux, eux, vieillissaient normalement, et qu’il ne pouvait d’ailleurs pas utiliser son pouvoir dessus –ni lui, ni personne, en fait, d’où le côté imparfait des cadavres d’Arioch qui ne pouvaient ni dormir, ni manger, ni rien du tout. Pour Vanilla, du coup, Aloïs n’avait qu’atténuer des douleurs, à l’aide d’un pouvoir similaire que celui qu’il avait utilisé pour Zenia.

Ariane avait également imagé par un exemple, en prenant le cas de Riko. Si celle-ci avait eu un poumon perforé, Vanitas aurait pu soigner les côtes fracturées, mais pas les dégâts à l’organe, et donc elle serait inévitablement morte. Surtout qu’en retournant quelques temps en arrière, le noiraud aurait enlevé la seule chose qui empêchait le sang de pénétrer dans le poumon abîmé.

Ce pouvoir de « soin » avait donc énormément de limites, car au final cela ne soignait pas, cela ramenait seulement en arrière. C’était pour ça aussi qu’Ariane n’avait rien pu faire pour Zenia, lorsque celle-ci avait perdu son bras. C’était une bien trop grosse blessure pour un si petit pouvoir. Et si Arioch l’avait poussé à son paroxysme, en ramenant des cadavres plus ou moins en état… il n’avait pu le faire qu’uniquement à cause du côté « mort ». Un corps vide de toute vie ne risquait pas de souffrir de séquelles d’une utilisation abusive.

Riko, en songeant à ça, ne s’aperçut pas tout de suite que la fatigue l’avait poussé à poser sa tête sur l’épaule de Riku. L’adrénaline de sa fuite était visiblement en train de définitivement tomber. Néanmoins, elle refusait de s’endormir tant qu’elle ne saurait pas si Vanilla et Seïra s’étaient réveillées, et si le plan d’Ariane avait fonctionné. Elle tenta de lutter contre ce sommeil, qui avait rendu ses paupières si lourdes. Riku soupira à ses côtés.

« Arrête un peu de penser à ça, et repose-toi. Si j’ai des nouvelles, je te réveillerai. »

Mais Riko se doutait qu’il ne le ferait pas, et qu’il la laisserait se reposer. Seulement sa fatigue était devenue bien trop grande en si peu de temps, et elle ne put lutter plus longtemps. Elle finit par s’endormir –la dernière chose qu’elle sentit, ce fut les bras de son double autour d’elle, pour la coucher avec délicatesse sur le canapé.

~0~0~0~0~

Alexia eut quelques difficultés à sortir complètement de son sommeil –et la noirceur de la pièce ne l’aidait pas à se motiver. Bon, au moins elle n’était pas éblouie par le soleil, ce qu’elle détestait purement et simplement.

Elle mit un certain temps à se rappeler de sa présence ici, mais lorsque sa mémoire lui revint, ça lui fit l’effet d’une bombe. Vanilla. Son plan et celui de Vanitas pour sauver Riko et Xion. Les crachats de sang. La crise cardiaque. Les convulsions. Et le noir complet. Elle ne se souvenait pas de la fin de l’histoire. Elle ne savait même plus si sa meilleure amie s’en était sortie.
Elle se releva brusquement, ignorant le manque évident de lumière, et se dirigea directement vers la sortie de sa chambre.

Elle tenta de découvrir à quel étage elle était, pour savoir où elle devait aller pour retrouver la chambre de Vanilla. Premier constat : elle était visiblement au même niveau qu’elle. Du coup si elle était encore vivante –et elle l’était, il fallait qu’Alexia s’en convainque- elle ne devait pas être loin.

Alexia dut beaucoup se maîtriser pour ne pas courir dans les couloirs, tout en suivant les panneaux. Elle arriva très rapidement devant la porte où se trouvait logiquement Vanilla –même l’affichette avec le nom du patient lui indiquait que c’était la bonne. Mais il suffisait que cette dernière ne soit pas à jour, et…
Non. Elle ne devait pas penser comme ça.

Elle se secoua mentalement la tête, tandis que physiquement, elle prit une profonde inspiration. Elle mit la main sur la poignée, tremblante. Ce moment lui rappelait terriblement celui où, à la fin des quarante-huit heures, elle avait dû vérifier que Vanilla ne s’était pas donnée la mort.
Alexia n’osa pas ouvrir, sur l’instant, en se souvenant de ce terrible épisode où elle avait vu sa Vanilla complètement méconnaissable. Enfin. Se replonger dans le passé à un moment pareil ne servait qu’à retarder l’inévitable.

Elle prit alors sur elle toute ses peurs et abaissa finalement la poignée, pour ouvrir la porte à la volée.
Lorsqu’elle entra, la première chose qu’elle entendit fut des « bip-bip » réguliers, venant d’un électrocardiogramme. Et quand elle s’avança, elle reconnut Vanilla dans le lit, assise, en train de distraitement suivre les propres battements de son cœur sur l’appareil.

Alors non seulement elle était belle et bien vivante, mais en plus… Alexia ne put s’empêcher de lui sauter au cou, même si elle savait très bien que l’autre ne s’était pas encore aperçue de sa présence.
Mais voyant que même après quelques secondes, Vanilla ne réagissait pas à son étreinte, Alexia se redressa, inquiète. Lui aurait-elle fait mal ?

« Qui es-tu ? »

Cette question pétrifia Alexia sur le coup, qui ne sut même pas quoi répondre. Alors c’était ça, les séquelles du risque qu’elle avait pris… ? Non, c’était impossible. Ariane n’avait jamais mentionné une telle chose ! Elle avait juste parlé du problème cardiaque pendant que Vanitas serait loin d’elle, et pas d’une perte de mémoire après qu’il soit revenu.
Quand soudain, elle entendit le rire de sa meilleure amie. Un rire qui voulait absolument tout dire. L’inquiétude laissa bien vite place à la vexation.

« Putain Vanilla, tu m’as fait flipper !
— T’aurais dû voir ta tête, c’était magnifique. »

Au bout de quelques minutes de silence, les deux femmes reprirent leur sérieux. Vanilla paraissait en forme, malgré ce qui lui était arrivé. Sans doute qu’Aloïs avait dû passer par là, histoire qu’elle ne souffre pas –comme il l’avait fait pour Zenia. Alexia était vraiment rassurée, et ne put s’empêcher de l’enlacer encore une fois. Cette fois-ci, la noiraude répondit à son geste et passa également ses bras autour de la taille de la rousse.

Il s’en était fallu de peu, elle le savait. Elle sentait encore la souffrance qui l’avait prise, pendant ce qui lui avait paru des heures –alors qu’au final, ça n’avait dû en faire qu’une, au grand maximum. Elle savait bien sûr que cela avait été une réussite, bien qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion de voir Riko et Xion –mais juste avant l’arrivée d’Alexia, Eva lui avait parlé de l’état de Seïra et de son enfant qui s’était définitivement stabilisé, à présent.
La noiraude savait également que sa sœur ne souffrirait plus, et pourrait rapidement sortir de l’hôpital, car Aloïs l’avait soignée.
Elle n’avait cependant pas encore de nouvelles de Vanitas, malgré son lien avec lui. Mais elle se doutait qu’après l’expérience vécue il n’allait pas réapparaître de si tôt, pour éviter de trop endommager son cœur.

« Tu m’as vraiment fait peur…, déclara finalement Alexia, rompant ainsi le silence. J’ai vraiment cru que… que tu allais partir… »

Vanilla culpabilisait énormément en entendant sa meilleure amie déclarer ça, en peinant à trouver chacun de ses mots alors que son étreinte s’était renforcée. Elle avait failli mourir de façon complètement volontaire –encore une fois. Elle avait pris le pari le plus risqué de sa vie. Elle le regrettait plus qu’elle ne le devrait –après tout, ça avait sauvé la vie de Riko et Xion- car elle avait encore une fois fait souffrir Alexia.

« Me refais plus jamais ça. »

Elles s’étaient regardées dans les yeux à ce moment-là. Un regard bien plus intense que tous les autres. Leurs doigts s’entremêlèrent, ignorant les branchements de l’électrocardiogramme relié à Vanilla. Celui-ci montrait même un affolement de son cœur. Affolement qu’elles décidèrent consciemment d’ignorer.

« J’en ai marre de te voir dans un lit d’hosto.
— Je sais. Je suis désolée. »

Aucune des deux n’oublieraient leurs nombreux passages dans ce lieu froid et blanc, pour des raisons plus ou moins horribles. Alexia se rappellerait toute sa vie de cette overdose de somnifère, de ce sang et de ces veines ouvertes, ou encore du moment où Vanilla s’était échappée en pleine nuit de l’hôpital, pour tenter d’en finir –et elle savait que Riku l’avait sauvée d’une autre chose, qu’elle ne tenait pas à savoir, en vérité.

Quelques années s’étaient écoulées depuis. Vanilla avait changé, et le retour provisoire de Vanitas l’avait définitivement aidé à faire une croix sur tout ça. Mais les souvenirs, eux, seraient éternels.

« Je suis désolée, répéta Vanilla. »

Elle continua, encore et encore, à s’excuser pour tout le mal qu’elle s’était faite, qu’elle avait fait aux autres. Qu’elle avait fait à Alexia. Des larmes coulèrent bientôt sur ses joues, et son cœur continuait de s’emballer sur la machine. Mais elle comme sa meilleure amie s’en fichaient toujours autant. Des années de culpabilité et de souffrance étaient en train de se libérer chez Vanilla, qui ne cherchait pas à se cacher, pas devant Alexia. Pas devant la seule personne qui était toujours restée à ses côtés, malgré tout ce qui avait pu arriver ces six dernières années.

Alors dans un geste incontrôlable, et parce qu’Alexia refusait de voir la noiraude continuer à souffrir et à s’excuser à cause du passé, elle la fit taire en l’embrassant.
La première réaction de Vanilla fut d’ouvrir les yeux, stupéfaite. Celle d’Alexia, de serrer fortement la main de sa meilleure amie mais de garder ses paupières clauses, pour ne pas affronter son regard.

C’était une pulsion stupide, et sans doute le regretteraient-elles toutes les deux par la suite. Mais une fois l’effet de surprise passé pour la noiraude, et les regrets d’avoir répondu à une telle impulsivité mis de côté pour la rousse… elles ne firent que progressivement approfondir leur baiser, mélangeant mutuellement leurs larmes –qui les libèreraient définitivement de leur passé.

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Sam 7 Nov - 0:40

Chapitre 38 : Trouver la Paix

Plusieurs heures avaient dû passer, entre le moment où Xion s’était assoupie sur le canapé de l’appartement de son double, et celui où elle s’y était réveillée. Elle se souvenait que Noa était resté à ses côtés jusqu’à ce qu’elle soit complètement endormie, mais lorsqu’elle avait ouvert les yeux, il n’était plus là. Sans doute avait-il été forcé de travailler. Après tout il s’occupait, avec d’autres, de la gestion d’une banque, et même si tout Almari était en train de tomber en ruines, tous se raccrochaient désespérément aux dernières choses qui restaient plus ou moins stables.

Xion décida alors de regarder son téléphone. Elle vit que cinq heures étaient passées, et qu’elle avait reçu plusieurs messages ; un de Noa, un autre de Riko, et un dernier de Sora. Son double lui demandait simplement de le prévenir quand elle serait réveillée, et de lui dire comment elle se sentait. Elle y répondit tout de suite, puis passa à la lecture du SMS de l’argentée, qui lui demandait si elle s’était remise des évènements. Après y avoir répondu, elle remarqua que le message du brun se rapprochait de celui de son autre amie, et déclara plus ou moins la même chose.

Elle rangea ensuite son téléphone, puis se redressa. La pièce était sombre. Aucune lumière n’était allumée –et comme depuis plusieurs jours, cette nuit permanente empêchait les rayons du soleil de leur parvenir. Il n’y avait que la faible lueur de l’Entre-Monde qui éclairait légèrement l’appartement.
Xion se rapprocha de la fenêtre, et l’ouvrit, avant de s’accouder au rebord. Son regard tomba sur le bac de fleurs accroché. Des amaryllis fanées. Ce qui était logique, au fond, car l’eau ne faisait pas tout ; privées de soleil, chaque fleur et plante étaient vouées à mourir, arrosées ou non.

Tout était en train de dépérir, ici. Bientôt ce serait au tour des humains, Xion le savait très bien. Après tout les Hommes ne pouvaient pas vivre dans le noir total non plus, et ce n’était pas l’Entre-Monde qui leur permettrait éternellement de palier à ce manque de luminosité. Ce n’était qu’une question de temps avant que l’influence de cette Lune bleue ne disparaisse dans le cœur des habitants d’Almari.
Avec un peu de chance, ils n’avaient plus qu’à tenir quatre jours. Sinon… elle n’osait pas imaginer la lutte interminable qu’ils devraient continuer de livrer contre Arioch.

Et dire que c’était lui qui leur apprenait, à elle et à Riko, leur futur métier, et qu’elles n’avaient absolument rien vu venir… elles ne s’étaient pas un seul instant doutées que l’identité du monstre originel était celui de leur tuteur.
En même temps, lorsqu’Aloïs leur avait avoué qu’il avait l’Ombre Corrompue qui avait tenté de tuer Vanilla plusieurs fois, alors qu’il venait de les sauver de situations critiques… ils avaient tous eu de la peine à le croire également, bien qu’ils savaient tous que l’autre n’aurait jamais menti sur ça.

Seulement, et en sentant son téléphone vibrer, Xion interrompit toutes ses réflexions, et prit immédiatement connaissance du message qu’on venait de lui envoyer. C’était cette fois-ci Kaël, qui avait transmis un message groupé, les informant qu’il fallait que tous se réunissent dans la chambre de Zenia d’ici une heure.
Visiblement Ariane était de retour, et leur ferait un compte rendu des évènements… il fallait juste espérer que les nouvelles seraient bonnes, pour une fois.

~0~0~0~0~

Pour que Kaël puisse également se reposer, Sora avait décidé de le remplacer –de force- au chevet de Seïra. Le brun connaissait la nature de leur relation, malgré tout il fallait que le rouquin reste raisonnable –ce qu’il était la plupart du temps. Sauf lorsqu’il s’agissait de Seïra, à présent.

Cela faisait donc trois heures que Sora remplaçait Kaël. Depuis l’instant où il avait pris la relève et maintenant, la brune n’avait toujours pas ouvert les yeux, malgré les soins « normaux » et ceux d’Aloïs, mais il n’avait aucune raison de s’inquiéter, il le savait. Ils n’avaient cependant pas encore de nouvelles d’Ariane, mais tous étaient au courant que Vanilla s’était réveillée, et qu’elle se portait bien.

Sora prit finalement la main de Seïra entre les siennes. Le cœur de la brune sembla réagir à ce contact, à en voir le léger changement dans son rythme cardiaque. Son opposé sentit également une étreinte à sa main gauche. Un léger sourire se dessina sur le visage de Seïra, alors qu’elle avait toujours les yeux fermés.

« Tu n’es pas Kaël.
— Déçue ? demanda Sora, souriant également, ce que la brune vit en entrouvrant les paupières.
— Un peu, taquina-t-elle. »

Le brun l’aida à se redresser, lorsqu’il vit qu’elle voulait s’asseoir. Le premier réflexe de son opposée, une fois dans cette position, ce fut de poser une main sur son ventre. Son sourire disparut à ce moment-là. Elle ne ressentait aucune douleur, ce qui pouvait signifier que…

« Je l’ai perdu, hein ?
— Eh bien pour te dire la vérité… »

Sora décida de lui raconter tout ce qu’elle avait loupé, de l’opération dont elle avait été la patiente, des soins médicaux alliés à ceux d’Aloïs, mais également de ce qui était arrivé à Xion et Riko, pour qu’elle sache pourquoi elle avait également été prise pour cible. Il parla également du plan risqué pour les ramener saines et sauves, de celui d’Ariane pour peut-être réussir à en finir dans quatre jours… puis il termina enfin sur la bonne nouvelle.

« Mais du coup Vani, Xion, et Riko s’en sont sorties, mais toi et ton enfant aussi. Aqua a accompagné Eva tout au long de l’opération, donc vous ne risquiez rien, rassura le brun en souriant. »

Seïra avait conscience que tout, pour l’instant, finissait relativement bien –même s’ils ignoraient tous le dénouement de la mission d’Ariane. Malgré tout… elle avait ce goût amer dans la bouche. Pendant qu’elle, elle était opérée lourdement, Vanilla, elle, avait risqué sa vie. Qu’aurait-elle fait si elle s’était réveillée, mais pas la noiraude… ?
A vrai dire, elle tenta de ne pas y songer. Elle préféra donc changer radicalement de sujet.

« J’ai faim. On va à la cafétéria ?
— Dans ton état ?
— J’ai été soignée de tous les côtés, donc ça devrait aller ! Allez viens, j’ai besoin de me dégourdir les jambes. »

Et Sora savait qu’il ne pourrait pas la retenir. Ils se dirigèrent alors tous les deux à l’endroit voulu. Sur le chemin, le brun sentit un pincement à son cœur qui ne lui appartenait pas.

« Ca ne va pas ? demanda-t-il, inquiet.
— Tu es pas le seul à pouvoir lire dans le cœur de ton double, tu sais. »

Le brun devina facilement à quoi faisait référence Seïra. Il avait tellement paniqué, au moment où elle s’était faite poignardée -et même après, avant de savoir qu’elle s’en sortirait- que c’était évident qu’elle l’avait senti, même dans son profond sommeil.
De ce côté-là il savait qu’ils se ressemblaient tous les deux ; malgré l’inquiétude et tout le reste, ils continuaient de faire bonne figure devant les autres. Mais ce n’était pas nécessaire entre eux.

« Je suis désolée de t’avoir fait vivre une telle chose.
— Bah… tu t’en es sortie, alors tu n’as pas besoin de t’excuser.
— Peut-être, mais même dans mon inconscience j’arrivais à ressentir tes sentiments, alors je sais à quel point vous avez dû tous être inquiets pour moi.
— Ne t’en fais pas pour ça, d’accord ? C’est du passé. Vanilla sait que tu t’en es sortie, Kaël le sait aussi, et tout le monde est au courant que tu ne pouvais que te réveiller. »

Sora lui souriait sincèrement maintenant, et elle ne put que suivre le mouvement. S’il leur arrivait de se laisser avoir dans la déprime, leur éternel positivisme finissait toujours par refaire surface, que ce soit entre eux, ou avec les autres.

« Bon, on va manger ? demanda Sora en toute insouciance.
— Avec plaisir. Après tout, se faire poignarder, ça creuse quand même un peu ! »

Ils se regardèrent, et se permirent de rire au commentaire de Seïra. Si quelqu’un les entendait, sous doute les prendrait-il pour des fous. Mais au fond ils s’en fichaient.
Ce fut juste quelques instants après s’être servis, puis installés à une table, que le téléphone de Sora vibra. C’était Kaël, qui leur demandait de les rejoindre dans la chambre de Zenia d’ici une heure. Sans doute qu’ils sauraient enfin ce qui était arrivé du côté d’Ariane. Mais avant de savoir si son plan avait échoué ou non, le duo décida –enfin, surtout Seïra- de téléphoner à Kaël, afin de le rassurer sur son état, car le connaissant -et même si dans un message cela ne se voyait pas- il devait se faire un sang d’encre pour elle.

~0~0~0~0~

Axel soupira une énième fois, lorsqu’il sentit qu’Alexia lui envoyait –encore- des sentiments idiots, dont il ne comprenait même pas l’origine. Bon, visiblement Vanilla avait dû se réveiller, ça c’était plus que certain, mais quand même.
En fait c’était même pas ça, le plus frustrant. Le plus frustrant c’était de même pas pouvoir mettre un nom sur la nature de ces sentiments. En tout cas ils étaient forts.

Il s’installa finalement sur son canapé, en attendant que le temps passe. Il s’était reposé, comme tout le monde, mais maintenant il s’ennuyait. Bien sûr il avait conscience qu’ils n’avaient encore aucune nouvelle d’Ariane, mais le roux savait déjà que les autres devaient déjà bien stresser à cause de ça, et il ne voulait pas gâcher le bien être d’Alexia, alors il tentait de tout simplement ne pas y réfléchir.

Au lieu de ça, il songea à d’autres choses. Enfin surtout une en particulière. Le retour de Vanitas. C’était surprenant, et il avait peiné à y croire au début, cependant –enfin, pour l’instant- le noiraud était bien réel. Pourtant, il ne lui avait jamais parlé seul à seul. Il ne savait pas pourquoi, mais lorsqu’il le regardait, il avait ce sentiment qui lui donnait l’impression de tomber dans le vide. Du coup il l’évitait –et sans doute que Vanitas l’avait remarqué, depuis le temps qu’il était à leurs côtés.
Axel ne savait même pas pourquoi il avait choisi la stratégie d’évitement –surtout que si le noiraud voulait, il pourrait bien apparaître à un moment où il s’y attendrait le moins.
Encore une fois, il soupira et dans un geste las prit son téléphone qui venait de sonner. Un message de Kaël qui demandait qu’il se rende dans la chambre de Zenia dans à peu près une heure. Bon, au moins ils auraient tous bientôt des réponses…

Axel verrouilla son téléphone, et le posa à côté de lui sur le canapé, sur lequel il s’affala complètement. Maintenant qu’il avait pensé à Vanitas, ce dernier ne voulait plus du tout quitter ses pensées. C’était vraiment chiant, en fait, de ne pas se comprendre soi-même. Enfin bon. Peut-être que son cerveau le poussait à lui parler seul à seul, avant qu’il ne disparaisse à nouveau. Surtout que s’il ne saisissait pas cette chance maintenant… peut-être qu’il n’en n’aurait plus jamais l’occasion.

Non. Mauvaise idée. De toute façon il ne saurait même pas quoi lui dire. Il ne savait pas pourquoi tout son être le poussait à lui parler, à simplement penser à lui, alors ce ne n’était pas la peine de se risquer dans une conversation qui n’irait nulle part.

Sérieux, la prochaine fois qu’il aurait la bonne idée de se plonger dans des réflexions aussi bizarres, il se promettait de se frapper bien comme il faudrait la prochaine fois.
Du coup il tenta de se changer les idées, et de jouer à la console. Il lui restait encore un peu de temps avant de devoir rejoindre Semina, donc autant en profiter pour purifier son esprit de ses précédentes pensées, tout en essayant d’ignorer ce que lui transmettait Alexia depuis quelques heures maintenant. Le pire avec ça, en fait, c’était qu’il l’avait même senti dans son sommeil.
Ce lien des doubles était vraiment chiant, parfois.

~0~0~0~0~

Heureusement que la chambre -dans laquelle avait été admise Zenia lors de son arrivée- était plutôt grande par rapport à d’autres, vu le nombre de personnes qui devaient se réunir ici. Kaël fut évidemment le premier arrivé, aux côtés de Seïra et Sora, mais tous les autres arrivèrent peu de temps après. Il ne manquait plus qu’Ariane, soit la principale intéressée, ainsi qu’Aloïs et Kairi –Vanitas ne pouvait visiblement pas encore revenir parmi eux, mais il était certain qu’il suivrait la conversation grâce à Vanilla.

Zenia, en constatant que la Maîtresse de l’Entre-Monde mettrait encore un peu de temps à arriver, prit le temps d’observer Riko et Xion, ainsi que les deux jumelles. Pour les premières, aucune séquelle de leur récente capture. Elles paraissaient simplement perturbées et inquiètes, comme la plupart d’entre eux.
Chez Seïra il n’y avait plus aucun signe de son agression. Les soins qui lui avaient été prodigués avaient définitivement porté leurs fruits. Pour Vanilla, malgré l’état dans lequel elle s’était retrouvée, elle allait mieux également. Elle paraissait même… différente. En observant Alexia, qui tenait fermement la main de la noiraude, Zenia ne pouvait certes pas comprendre la situation dans son intégralité, mais elle sentait que cette proximité avait changé quelque chose chez les deux meilleures amies. Quoi, la scientifique l’ignorait, mais de toute façon ce n’était pas la priorité –et surtout cela ne regardaient qu’elles.

D’ailleurs, en songeant à des choses qui ne concernaient que certaines personnes… elle se rappela de ce que leur avait dit Sora, à propos de Seïra. Cette dernière était enceinte, mais refusait de leur dire au départ. Sans doute parce qu’elle savait que le contexte ne lui permettait pas.
Seulement un secret médical avait été dévoilé, et en tant que médecin, Zenia se sentait obligée de s’excuser. Le serment d’Hippocrate avait été violé et ça, elle n’arriverait pas à se le pardonner de si tôt. Aqua s’était sans doute déjà excusée auprès de Seïra, lorsqu’elle s’était chargée de vérifier son état après son premier réveil et sa sortie non-autorisée -bien que pour cette dernière chose, elle ne lui en avait pas tenu rigueur, surtout qu’elle n’avait pas été seule.
Du coup c’était au tour de Zenia de lui en parler.

« Seïra, Sora a dû te mettre au courant, mais… afin de te soigner, il a été obligé de-
— De parler de ma grossesse, coupa Seïra. Je sais, il me l’a dit, Aqua aussi. Mais je m’en fiche, je devais bien vous le dire un jour, de toute façon, continua-t-elle avec un léger sourire. Et ne me sors pas de nouveau ce truc de serment, hein ! Je n’en veux ni à Aqua, ni à Sora, ni à personne, car si personne n’avait rien dit, je serai peut-être pas là pour en parler. Ou si mais pas l’alien qui est au centre l’attention. Donc maintenant parlons plutôt de l’avenir du monde, plutôt que de mon cas, d’accord ? »

Seïra avait toujours été très directe dans ses paroles, et peu de personnes osaient continuer à parlementer avec elle, lorsqu’elle prenait ce ton de celle qui aurait le dernier mot –elle l’avait quasiment toujours, du coup. Sauf quand sa sœur s’y mettait, là il fallait obligatoirement une intervention extérieure pour éviter qu’elles ne se battent pour être celle qui aurait raison. C’était souvent le rôle d’Alexia, d’ailleurs. Ou de Riko dans les cas vraiment extrêmes.

Enfin, même s’ils auraient voulu, de toute façon, ils ne purent pas vraiment s’attarder là-dessus. Une imposante lumière bleue éclaira la pièce, laissant ainsi apparaître Ariane, Aloïs, Kairi et… une autre personne, une femme, dont la courte chevelure brune et les yeux rouges –signe distinctif des habitants des Ténèbres, qu’Aloïs et Ariane possédaient également- ne disaient rien à personne.

« Qui-est-ce ? demanda Kaël, une fois les salutations faites.
— Je vous présente Selena. Enfin, vous l’aviez déjà rencontré aux sources, mais elle n’avait pas sa propre identité. »

Riko et Xion se regardèrent, puis observèrent la fameuse Selena. La dernière fois qu’elles l’avaient vu, elle avait l’apparence de Kairi. Elles ne l’avaient pas rêvé. Les autres aussi étaient au courant de la fausse identité de Selena, pour l’avoir rencontré il y avait de ça quelques semaines –Kaël l’ayant reconnue- aux sources. Alors comment…

« Je lui ai offert la même chance qu’à Aloïs, continua Ariane, comme si elle avait lu dans les pensées de chaque humain présent. Elle le méritait.
— Comment ça ? interrogèrent les deux internes en médecine.
— Car c’est tout simplement grâce à elle que le plan fut un succès. »

En voyant l’incompréhension sur le visage de la plupart des humains, Ariane s’expliqua. Enfin, elle voulut le faire, mais Selena la devança, et fit un pas vers les humains.

« Si Aloïs avait tenu le rôle prévu, son corps organique aurait pu disparaître dans la procédure. Moi, j’avais encore le corps que m’avait forcé Arioch à posséder, et son pouvoir sur moi faiblissait, vu que je l’avais trahi, du coup…
— Elle a remplacé Aloïs dans son rôle, et Vanilla et Kaël sont officiellement morts aux yeux d’Arioch, se réjouit Ariane. Il ne se doute pas un seul instant que c’était un piège.
— Tu dis ça avec tant d’entrain, c’en est presque effrayant…, ne put s’empêcher d’ajouter Aloïs.
— Point pour l’ancien presque meurtrier, renchérit Axel.
— Je suis censé prendre ça comment ? demanda le concerné. »

Le roux ne répondit pas, et se contenta d’afficher un sourire énigmatique, qui frustra Aloïs. Les autres, finalement habitués à la présence de l’ancienne Ombre corrompue à leurs côtés, ne purent s’empêcher de sourire.
Bien sûr ses actes étaient toujours dans un coin de leur esprit, mais Aloïs avait fait ses preuves plusieurs fois, maintenant, alors ressasser le passé était complètement inutile.
Seulement à cause de cette interruption, seule Zenia paraissait se souvenir du sujet principal, qu’elle remit donc au centre de la conversation.

« Ce qui veut donc dire que dans quatre jours, nous pourrons enfin mettre fin à tout cela ?
— Exact, répondit Ariane. Bientôt tout rentrera dans l’ordre. Arioch sera obligé d’inverser l’emprise de son pouvoir, afin de profiter de l’évènement lunaire, ce qui provoquera une perte massive de son énergie, mais surtout le retour du soleil dans votre monde. Et lorsqu’il voudra activer les doubles-cœurs, ces derniers pourront le mettre hors d’état de nuire provisoirement, le temps qu’on rétablisse définitivement l’équilibre des mondes.
— Ce qui veut dire que l’Entre-Monde aussi retrouvera sa place… n’est-ce pas ? demanda Sora. »

Un hochement de tête positif d’Ariane, ce qui fit baisser celle de Sora. Il le savait depuis le début que tout cela serait provisoire, que son frère disparaîtrait à nouveau, et cette fois pour toujours… mais maintenant que l’échéance était proche, il avait bien plus de mal à encaisser la nouvelle qu’il ne le croyait.
Les autres comprenaient parfaitement ce silence, ainsi que l’expression sur le visage du brun, malheureusement… le principal concerné, celui qui aurait pu tenter de lui remonter le moral, ne pouvait pas encore se permettre de réapparaître, et en plus de ça Ariane devait encore expliquer certaines choses pour que Zenia puisse s’organiser en conséquence. Elle n’eut pas d’autres choix que de continuer en ignorant Sora.

« J’ai décidé d’enfermer définitivement Arioch, non pas dans les ténèbres, mais dans l’Entre-Monde, où il pourrait être surveillé.
— Ce serait pas plus simple de le tuer ? demanda Alexia, perplexe.
— Je vous rappelle que nous formons l’équilibre entre deux mondes, donc nous devons le conserver. De ce fait…
— On ne peut pas se permettre de le tuer, sous peine de déséquilibrer à jamais les mondes, et risquer de plonger Almari dans les ténèbres, supposa Zenia.
— Exact. Dans l’Entre-Monde, vu que les pouvoirs utilisés sont à l’opposé des siens, il sera bien plus faible que si je l’enfermais dans les Ténèbres, et ne pourra donc rien tenter. »

Tous les humains comprenaient la décision d’Ariane –et sans doute qu’elle avait déjà dû en parler à Kairi –et même à Vanitas-, vu qu’elle n’eut aucune réaction à une telle nouvelle. Ils espéraient simplement que la théorie s’appliquerait dans la pratique.
Il fallait maintenant que Zenia prépare un plan d’attaque, en prenant en compte chaque chose dite dans cette chambre, tout en se rappelant que Vanilla et Kaël étaient censés être morts. Elle ne pouvait évidemment pas les mettre à l’écart de ce qui pourrait être leur victoire, de ce fait… elle devait réfléchir à un moyen de conserver leur décès aux yeux d’Arioch, tout en pouvant les faire participer. Elle avait déjà une petite idée en tête, mais préférait la travailler encore un peu, avant d’en faire part aux autres.
Chacun fut alors autorisé à rentrer chez lui, ou à retourner dans sa chambre d’hôpital, afin de signer les papiers de sortie qu’il leur serait bientôt transmis.

Sora se dirigea à nouveau seul vers son appartement, toujours pensif. Bientôt, Vanitas disparaîtrait. C’était une fatalité qu’il croyait avoir accepté, en se disant depuis le début que tout n’était que provisoire, mais au final… elle restait difficile à accepter.
Sur le parking de l’hôpital, alors qu’il était sur le point d’entrer dans sa voiture, il sentit quelqu’un lui tapoter l’épaule. En se retournant, il reconnut sans aucune difficulté son frère. Il voulut dire quelque chose, mais rien n’arrivait à passer la barrière que formait ses lèvres –alors il baissa simplement la tête.

« Toi et moi, on savait que ce serait de courte durée, déclara finalement le noiraud.
— Ne dis pas ça, ça fait mal…
— Sora. »

Vanitas força son jumeau à le regarder, en lui levant le menton.

« Je suis vraiment heureux d’avoir pu te revoir. D’avoir pu revoir tout le monde, d’avoir pu mieux connaître Vanilla, et d’avoir pu lui parler de certains trucs. –il fit une légère pause avant de reprendre- C’est la première fois depuis longtemps que je me sens vraiment bien, et que j’ai aucun regret. Mais genre, vraiment aucun. »

Sora réalisait doucement où voulait en venir Vanitas, et même si c’était dur à accepter… le noiraud avait enfin trouvé la paix, au bout de six ans. Ce serait alors inhumain de le laisser errer ici plus longtemps. Le brun culpabilisa.

« Je suis égoïste, hein ? De vouloir te garder pour moi, et t’empêcher de partir…
— Idiot. T’es pas égoïste. »

Sora, dans une pulsion incontrôlée, lui sauta finalement au cou et l’enlaça le plus fort qu’il put. Des larmes coulaient sur ses joues. Il était triste, car encore une fois il perdrait son frère. Mais en même temps, il était heureux, car Vanitas avait enfin trouvé la paix. Il était prêt à partir.
Bien sûr il serait coincé dans l’Entre-Monde jusqu’à ce que Vanilla le rejoigne, mais il pourrait l’attendre et suivre sa vie à travers ses yeux sans regret, puis il l’accueillerait comme il se devrait, dans plusieurs dizaines d’années.
Mais jusqu’à ce que cela arrive, Vanitas serait toujours là, dans chaque cœur qui l’avait connu.

Sora ne put se retenir et chuchota un « Je t’aime » à peine audible, car conscient que son frère ne lui répondrait certainement pas. Après tout, même de son vivant, il était très rare pour le noiraud de dire ce genre de choses, du coup…
Pourtant, alors qu’il ne s’y attendait absolument pas, Sora sentit l’étreinte de Vanitas devenir plus forte autour de lui. Ce fut à ce moment-là que le noiraud murmura les mots que son jumeau n’aurait jamais espéré pouvoir réentendre un jour.

« Je t’aime aussi, idiot de petit frère. L’oublie jamais, ok ? »

Sora ne put s’empêcher de sourire, malgré les larmes qui continuaient de couler le long de son visage.

« Je l’oublierai jamais. C’est promis. »

Une promesse –cette chose que chacun fuyait depuis ce jour fatidique, six ans auparavant- qui ne pourrait jamais être brisée, qu’importe ce qu’il pourrait arriver dans quatre jours, six mois, ou même soixante ans.

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« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Mer 11 Nov - 9:51

Chapitre 39 : Souillés

Quand Kairi se réveilla, elle se sentait… étrange. Pas mal, non, mais c’était différent de tous ses autres réveils. En plus de ça, elle avait de la peine à se rappeler du moment où elle avait pu s’endormir. Elle se souvenait cependant très bien qu’elle était avec Kaël, Aqua et Zexion avant de se réveiller dans cet endroit… qui lui paraissait plutôt flou. Elle tenta de se frotter les yeux, mais sa vision ne changea pas –elle soupira, puis observa autour d’elle.

Après une brève inspection des alentours, elle vit quelqu’un allongé à proximité. Il était réveillé, et son regard doré croisa rapidement le sien. Le jeune homme sembla l’examiner longuement -pour une raison totalement inconnue- avant de détourner la tête, pour observer le ciel au-dessus d’eux.

« T’aurais pas un double qui s’appelle Kaël par hasard ? »

La question dérouta Kairi. Comment pouvait-il connaître le prénom de son opposé ? Après tout il ne faisait pas parti de ses connaissances –sinon le rouquin lui en aurait forcément parlé.
Elle finit tout de même par répondre par une interrogation.

« Pourquoi cette question ?
— Tu te souviens pas ?
— Me souvenir de quoi ? »

Quand soudain, un flash. Comme si un souvenir lointain venait de refaire surface. Elle était effectivement avec Kaël et les autres avant de se réveiller ici, mais il y avait également eu cette douleur tout d’abord à son cœur, ensuite les cris et appels désespérés de Kaël – puis Zexion qui parlait de possession et qui…
Elle porta une main à sa poitrine, mais ne sentit rien –ni battement, ni respiration. Elle observa, incrédule, l’autre garçon qui se contentait d’observer distraitement le ciel.

« Tu veux dire qu’on est…
— Ouais, aucun doute là-dessus. »

C’était sans doute encore trop tôt pour demander comment le jeune homme était mort –celui-ci émit visiblement la même hypothèse, car il ne lui demanda pas non plus. De toute façon, la priorité c’était de savoir comment ils pouvaient être dans un endroit pareil, alors qu’ils n’étaient plus en vie…

« Au fait, commença finalement la rouquine.
— Hm ?
— Je m’appelle Kairi.
— Vanitas. »

Il y avait une certaine amertume dans sa voix, mais Kairi sentait qu’elle ne lui était pas adressée. Il semblait être en colère, aussi –et mal. Surtout mal, en fait, pas tellement en colère. Mais quoi de plus normal, lorsqu’on était mort si jeune ? Ledit Vanitas semblait bien plus le réaliser qu’elle, étrangement –alors qu’elle n’avait sans doute que peu d’années de plus que lui. Et plus le regard que lui portait furtivement le noiraud était très intrigant. Elle tenta cependant de l’ignorer, et d’oublier sa propre situation pour observer les alentours.

« On ferait mieux de savoir où nous sommes, et ce que nous faisons là. »

Le silence lui répondit, mais Kairi vit tout de même Vanitas se lever et mettre les mains dans ses poches.

« C’est toi qui guide alors. »


Kairi sentit quelqu’un poser sa main sur son épaule et l’appeler. Elle reconnut facilement la voix de Kaël qui l’observait, inquiet. Elle se rappela alors qu’ils étaient tous les deux chez lui, pendant que Seïra était retournée chez Vanilla –enfin, chez Riku, mais pour voir sa sœur durant l’absence de l’argenté- en compagnie de Sora. Ils souhaitaient tous profiter de ces quelques jours de répits, avant « l’acte final ».

La rouquine se ressaisit, afin d’éviter à Kaël de ressentir une inquiétude inutile. Les habitants de l’Entre-Monde ne dormaient pas, mais il leur arrivait parfois d’être suffisamment submergés par un souvenir pour faire abstraction de tout le reste. En d’autres termes, aucun d’eux n’avait perdu cette habitude de « rêvasser », ce qu’ils faisaient tous de leur vivant. Seulement elle ignorait pourquoi, soudainement, elle s’était rappelée de son premier réveil dans l’Entre-Monde, ainsi que de sa rencontre avec Vanitas…

« Tout va bien ? demanda Kaël.
— Ne t’en fais pas. Je repensais juste à certaines choses.
— Tu souhaites en parler ?
— Ce n’est pas très important.
— Assez pour que tu prennes cet air mélancolique en y pensant… »

Kairi eut un léger sourire, qui se dissipa bien vite, lorsqu’elle concentra son regard vers le sol. Raconter à quelqu’un ses « débuts » dans l’Entre-Monde, elle ne l’avait jamais fait, mais Kaël était la personne à qui elle pouvait se confier, alors…

« Je repensais simplement au moment où je me suis réveillée dans l’Entre-Monde, la toute première fois. »

Kaël resta silencieux, l’invitant simplement à continuer.

« J’étais aux côtés de Vanitas, car nous étions morts dans la même ville. On ne savait encore rien l’un de l’autre, mais je sentais que Vanitas m’observait étrangement.
— Je suis désolé…
— Hein ? Mais pourquoi ? demanda Kairi, sincèrement étonnée.
— Vanitas a dû te détester, parce que je n’ai pas été capable de… »

Kaël n’osa pas continuer sa phrase lorsqu’il vit l’expression agacée de Kairi, et baissa simplement la tête. Il fallait croire que malgré tout ce qu’il s’était passé depuis le retour de son double et du noiraud, il ne parvenait pas encore tout à fait à effacer sa culpabilité. Son opposée sembla rapidement le comprendre et reprit une expression plus neutre, compréhensive.

« Ce n’était pas à moi qu’était adressé sa haine, déclara-t-elle simplement, avant de reprendre son récit là où elle l’avait arrêté. On a parcouru ce monde difforme qu’était le nouvel Entre-Monde, car on ne savait pas encore que ce serait à nous de le faire prendre forme. On a rencontré les autres habitants, puis Ariane qui nous a demandé si on voulait rompre la malédiction en sacrifiant notre repos, ce qu’on a majoritairement accepté. Notre « non-vie » comme le dit souvent Van’ a alors pu commencer. C’est là que tout s’est terriblement compliqué, et que les ténèbres ont failli tous nous faire disparaître. »

Kairi fit une pause, et sembla trier ses souvenirs quelques instants, encore hésitante à les raconter à Kaël. Celui-ci l’encouragea du regard en lui prenant la main. La rouquine esquissa un léger sourire, qu’elle perdit bien vite en sachant ce qu’elle s’apprêtait à raconter.

« Au début ça allait. Les trois premiers mois, on supportait, on s’amusait même à modeler ce monde à l’image de tous. Puis au fur et à mesure, le ciel de l’Entre-Monde n’a cessé de s’obscurcir. Et chacun avait une plus ou moins mauvaise influence sur son double encore sur Almari. Certains se sont même transformés en Ombres qu’on a dû éradiquer, tuant ainsi l’opposé encore vivant… mais le nombre d’âmes corrompues ne cessait d’augmenter de jour en jour, rares étaient ceux qui parvenaient encore à relativiser ou à simplement garder son calme. »

Kaël écoutait les mots de Kairi avec difficulté. Il n’avait pas réalisé à quel point vivre dans un monde qui se construisait par rapport aux sentiments de ses habitants pouvait être un véritable Enfer -surtout vu les circonstances de la mort de chacun.
Il ne dit cependant rien, et laissa la rouquine continuer.

« Je n’ai pas eu d’autre choix que d’être l’une des rares âmes qui devaient réussir à préserver ce monde d’une déchéance totale. Puis Ariane est venue. D’abord une fois ou deux par mois. Puis de plus en plus souvent. Elle faisait disparaître chaque âme défaillante et sur le point de devenir une Ombre, provoquant la mort du double encore vivant sur Almari.
— Attends, ne me dis pas que…
— Il y a trois ans, coupa Kairi en continuant. Vanitas était presque entièrement corrompu par les ténèbres. Ariane avait déclaré qu’il n’y avait plus rien à faire pour lui et qu’elle ne pouvait que libérer Vanilla définitivement de cette souffrance… mais je m’y suis opposée. Alors j’ai décidé de faire une chose que j’ai énormément regretté, mais qui était la seule solution pour les sauver tous les deux.
— Tu as… demandé à ce qu’Ariane coupe les liens de Vanilla et Vanitas, c’est ça ?
— Pire que ça… j’ai utilisé mes pouvoirs sur Vanitas pour qu’Ariane doive en arriver là.
— Tes pouvoirs ? »

Puis il se rappela. Les souvenirs des évènements qui avaient eu lieu au Mémorial… Vanitas les lui avait scellés. Ce qui signifiait que Kairi…

« J’ai dissimulé tous les souvenirs de Sora, Axel et Vanilla de son esprit. J’ai réussi à le convaincre qu’il était fils unique, que son meilleur ami était Riku, qu’il n’avait jamais rencontré son double… grâce à ça, les ténèbres en lui se sont dissipées, mais je regrettais d’avoir fait ça. Je lui avais tant pris… qu’il n’était plus du tout lui-même. »

Une seule question vint dans l’esprit de Kaël à cet instant ; comment se faisait-il que Vanitas soit complètement lui-même, depuis qu’il avait possibilité d’interagir avec le monde des vivants, si on lui avait effacé tant de choses… ?
Kairi comprit évidemment à quoi pensait son double.

« Aloïs avait son corps organique, tu te souviens ?
— Oui bien sûr, mais… quel rapport ?
— Ca m’est aussi arrivé avec Selena. Je veux dire, de voir à travers ses yeux au lieu des tiens, quand elle avait mon corps. Vanitas a donc vu l’agression d’Axel, surtout qu’il ne voyait qu’à travers les yeux de l’Ombre Corrompue, comme qu’il n’était plus lié à Vanilla. Mais à ce moment-là… il s’est tourné vers moi, m’a pris les poignets, et a réussi à reprendre de force ses souvenirs. Ariane ne pensait pas ça possible, mais c’est tout de même arrivé car Axel était la source de sentiments bien trop forts chez Vanitas. Le revoir a donc réussi à briser les scellés que j’avais déposés. »

Kaël eut de la peine à croire ce qu’il entendait. Pour avoir été « victime » du même scellé que Vanitas, il savait qu’il n’aurait jamais pu se rappeler de tout ce qu’il s’était passé au Mémorial seul. Mais Kairi, elle, ne s’était pas contentée de simplement effacer un souvenir ; elle en avait brisé la chaîne.

« Est-ce que… il t’en a voulu, de lui avoir fait ça ?
— Je ne peux pas te répondre par les mots, alors laisse-moi te montrer. Donne-moi tes mains. »

Kaël obéit.

Kairi sentait chaque scellé apposé se briser, alors qu’elle avait fermé les yeux. Elle sentait Vanitas lui serrer plus fort les poignets, à force de voir affluer les souvenirs dont il avait été séparé. D’abord ceux avec Sora, qui amenèrent ceux d’Axel, jusqu’à l’emmener aux évènements d’il y avait six ans, qui lui avaient permis de rencontrer –bien que brièvement- Vanilla.

Il ne fallut qu’une minute, tout au plus, pour que Kairi soit libérée de l’entrave des mains de Vanitas sur ses poignets. Elle avait fermé les yeux tout le long du processus, mais elle n’osait pas tout de suite les rouvrir. Elle ne se souvenait que trop bien de l’expression détruite de Vanitas, avant qu’elle n’appose les scellés sur ses souvenirs. Et elle avait peur de revoir ce garçon dévasté, sur le point de sombrer dans les ténèbres. Ce serait même pire, car là il venait de se rappeler de tout en l’espace de quelques secondes.

« Je suis désolée, s’excusa-t-elle avant même d’ouvrir ses paupières ou de laisser le garçon parler. Seulement je refusais que tu disparaisses, que Vanilla meure ainsi, et que tous ceux que vous aviez tous les deux connus souffrent à nouveau. Mais ce que je t’ai fait est impardonnable, je n’avais pas le droit de jouer avec tes souvenirs, l’essence de ce que tu es. Je suis vraiment désolée. Pardon. »

Et elle s’en voulait vraiment.
Pourtant, et de toute les réactions qu’auraient pu avoir Vanitas, Kairi ne s’attendait pas à sentir le noiraud la prendre dans ses bras. Il n’était pas tactile, elle le savait, mais comme dans l’Entre-Monde il n’y avait aucune possibilité de cacher quoique ce soit sur ses sentiments…

« Merci, Kairi. »

Elle ne comprenait pas. Elle s’était préparée à toutes les réponses au monde, mais celle-ci était tellement improbable qu’elle n’y avait même pas songé un seul instant. Comment Vanitas pouvait-il la remercier, alors qu’elle venait de lui rendre la souffrance qui avait presque réussi à le corrompre totalement ? Qu’elle lui avait volé presque toute sa vie en le libérant de ladite douleur, pour finalement le faire souffrir bien plus ?

« Pourquoi ? osa-t-elle demander. »

Vanitas ne répondit pas à cette question –n’y répondrait jamais- et se contenta de rester contre Kairi, le temps d’accuser le choc de tous ces souvenirs qui lui avaient été retirés pour son propre bien, mais rendus de manière brutale –elle savait qu’il pleurait, mais le plus silencieusement et discrètement possible.
Malgré tout, la rouquine sentait qu’il ne lui en voulait vraiment pas ; car dans ce monde, ils ne pouvaient pas mentir –ni aux autres, ni à eux-mêmes.


« J’ai eu vraiment peur de le voir sombrer dans les ténèbres à nouveau, déclara finalement Kairi, alors qu’elle avait lâché les mains de Kaël. Mais en sachant le danger que vous encouriez sur Almari… ça l’a aidé à vraiment se concentrer sur autre chose que sur ses propres sentiments, ou plutôt… à y songer d’une autre manière.
— Et par la suite, les habitants de l’Entre-Monde ont commencé à pouvoir interagir avec nous. Il a pu reparler à tout le monde…
— Exact. Et lorsque l’équilibre sera rétabli, je pense que la déchéance chez les habitants de l’Entre-Monde cessera enfin pour de bon. Pas que chez Vanitas, mais chez tout le monde.
— Le retour d’Arioch n’aura au final alors pas que rapporté de mauvaise choses…, constata Kaël.
— Je te l’ai dit. Dans chaque moment noir, il y a toujours une touche de joie et d’espoir. »

Le duo se sourit sincèrement. Cette nouvelle guerre avait bien apporté son lot de malheur et de souffrance, mais en contrepartie… tous les habitants de l’Entre-Monde, et même certains d’Almari, étaient définitivement en paix. Alors oui, c’était cher payé mais… dans quatre jours, tout serait définitivement terminé –du moins ils l’espéraient.

~0~0~0~0~

Axel commençait vraiment à doucement craquer. Depuis qu’Alexia était revenue en ville, et ce malgré la barrière que chaque double avait réussir à se construire pour éviter de trop perturber l’autre… il ne cessait de ressentir en écho tout ce qu’elle, elle pouvait ressentir depuis leurs dernières mésaventures. Seulement lui, il ignorait d’où ça venait –et ils n’en n’avaient évidemment pas discuté ensemble.

En plus, avec tout ce qui se produisait, et l’affrontement final qui approchait, le roux savait que la rousse garderait le silence. Mais Vanilla était forcément concernée, c’était la seule chose dont il était absolument sûr, car tout avait commencé au moment où la noiraude s’était remise des évènements pour sauver Riko et Xion.
Il fallait vraiment qu’il mette les choses au clair avec Alexia, car Arioch ou pas Arioch, là ça devenait urgent. Il décida de lui téléphoner.

« Yo. »

Axel se stoppa dans son geste, et tourna la tête vers la voix qu’il ne reconnaissait que trop bien. Vanitas était assis juste à côté de lui et l’observait. Son regard était indéchiffrable –comme d’habitude. Etrangement, le roux en perdit ses moyens et ne sut pas quoi lui dire sur l’instant. Il avait l’impression de ressentir les émotions d’Alexia, mais… sans cet écho frustrant. Comme si cela provenait de son propre cœur.

« T’as vraiment pas changé, toujours aussi long à la détente. »

Axel n’arrivait pas à voir où voulait en venir Vanitas. Qu’entendait-il par là ? Et puis d’ailleurs, que faisait-il là ? Ne devrait-il pas profiter de ses derniers moments parmi eux pour être avec Sora ?

« Qu’est-ce que tu fous là ?
— Dis-le tout de suite si je te fais chier, répondit simplement l’autre en haussant les épaules.
— Nan mais c’pas ça… »

Un silence. Axel détourna la tête. Il avait songé une fraction de seconde, une fois, à parler seul à seul avec Vanitas. C’était exactement à cause de ce silence gênant qu’il avait décidé de ne rien faire. Seulement voilà… le noiraud partirait bientôt –et pour de bon. Axel voulait feindre un manque d’intérêt mais au fond Vanitas lui manquerait terriblement. Et visiblement, c’était réciproque -sinon le noiraud ne serait jamais venu ici.

« C’est con de s’être évité jusqu’à maintenant, tu crois pas ? demanda finalement Vanitas. »

Point pour lui. Ca avait été idiot. Peut-être qu’ils avaient gaspillé la chance de passer de véritablement derniers moments entre meilleurs amis. Axel se détestait pour cette fierté mal placée dont ils faisaient tous les deux preuve. Ni l’un ni l’autre n’osait se regarder dans les yeux, alors qu’un silence se réinstalla à nouveau entre eux.

Axel commençait même à culpabiliser. Après tout il avait déjà songé à parler avec Vanitas, avant. Mais il avait réfuté cette idée, et avait continué à fuir. Seulement maintenant il ne le pouvait plus ; le noiraud disparaîtrait bientôt pour toujours et lui, comme un idiot, n’avait pas profité de sa brève réapparition.

« C’était con de te fuir, hein ? demanda-t-il finalement.
— Sachant que je peux me téléporter à l’endroit que je veux, du moment que j’y suis déjà allé, ouais, un peu.
— Donc t’es rentré par effraction chez tout le monde pour pouvoir faire ça.
—  Comment dire… »

Un sourire se dessina sur leur visage. Un sourire sournois et moqueur qu’ils avaient pris l’habitude de se faire lors des mauvais coups. Seulement il était forcé et gêné, cette fois. Ce n’était pas pareil -ça ne le serait plus jamais. Mais ce énième silence était insupportable.

« Ecoute, Van, je…
— La ferme. »

Ce n’était pas véritablement un ordre. Du moins le ton n’y était pas. Axel avait connu son meilleur ami bien plus brutal lorsqu’il voulait vraiment que quelqu’un se taise. Malgré tout le roux obéit tout de même.

« Quitte à faire de la merde, autant la faire jusqu’au bout, tu crois pas ? demanda finalement le noiraud, qui ne faisait que regarder droit devant lui. Mais ce qu’il va arriver, on en parlera jamais, t’es prévenu.
— Comment ça ? »

Vanitas ne lui répondit pas par des mots. Axel eut à peine le temps de réaliser le mouvement de son meilleur ami, que leurs lèvres finirent scellées ensemble. Le roux tenta de se reculer, mais l’autre l’en empêcha. Leur baiser s’approfondit au moment où Axel savait qu’il ne gagnerait pas et que, surtout, il appréciait terriblement ce contact.

Mais leur baiser fut bien vite rompu par Axel, qui avait dû reprendre son souffle –contrairement à Vanitas qui n’avait plus besoin de ça. Néanmoins, et pour tous les deux, ce moment fut l’un des plus intenses de leur vie. Ils retrouvèrent chacun leur place initiale sur le canapé sur lequel ils étaient assis depuis le début. Chacun détournait le regard de l’autre.

« Oublie tout ça, maintenant. »

Après ces quelques mots, Vanitas se leva du canapé. Des résidus bleus commençaient déjà à l’entourer, cependant Axel ne chercherait pas à le retenir. Non seulement parce qu’il ignorait comment faire, mais en plus il n’arrivait pas encore à réaliser ce qu’il venait de se produire entre eux.
Il vit Vanitas lui adresser un regard, avec un sourire que le roux ne lui avait jamais vu et qui lui serra le cœur.

« Laisse un peu de temps à Alexia pour reprendre le contrôle, et passe à autre chose après. »

Ce ne fut qu’après ces mots et la disparition du noiraud qu’Axel comprit enfin la source des étranges sentiments que lui transmettait son double depuis quelques temps, en plus de se rendre véritablement compte des siens. Ou plutôt de ceux qu’il avait cherché à refouler depuis la mort de Vanitas.

~0~0~0~0~

Seule dans sa chambre, Zenia récapitulait mentalement le plan qu’Ariane et elle avaient préparé. Si tout se passait bien, il suffirait à Vanitas et Kairi de dissimuler Vanilla et Kaël, afin qu’ils puissent être présents lors de l’affrontement. Lorsque la situation serait à leur avantage, les deux duos pourraient se permettre d’apparaître devant Arioch. Zenia, quant à elle… n’avait pas de rôle à proprement parler. Mais si la situation l’exigeait, elle se tiendrait prête à intervenir, si jamais les choses se compliquaient.

« Ohé Zenia, t’es réveillée ?
— Oui, tu peux entrer, Braig. »

L’homme ne se fit pas prier et ouvrit la porte sans douceur. L’ancien scientifique, maintenant défenseur de l’ordre, avait accepté de lui accorder un entraînement spécial pour maîtriser le port d’une arme avec son handicap. Comment recharger ses munitions efficacement, ou tirer alors que normalement un corps non mutilé servait à un certain équilibre lors des tirs… elle avait quatre jours pour maîtriser tout cela.

« T’es prête ?
— Bien sûr, allons-y. »

Comme elle serait une alternative si cela devait tourner mal dans quatre jours, elle se devait d’être opérationnelle.
Du coup, vu qu’Eva lui avait déjà donné les papiers l’autorisant à sortir, elle pouvait directement partir sans avoir à s’embêter avec les démarches administratives. En plus elle s’était déjà habillée de son habituel blouson de médecin, en glissant la manche de son bras gauche dans la poche du vêtement.
Seulement, et au moment où ils décidèrent de partir, une lumière bleue illumina quelques secondes la pièce pour laisser apparaître Ariane –interrompant ainsi leur départ.

Après de rapides salutations, Braig comprit que les deux femmes parleraient de choses qu’il ne comprendrait qu’à moitié –ne s’intéressant pas le moins du monde à toutes ces histoires liées à du surnaturel. Il quitta donc la pièce.
Une fois seules, Zenia se tourna vers la Maîtresse de l’Entre-Monde, qui ne lui laissa pas le temps de parler.

« Excuse-moi, j’ignorais que tu étais autorisée à sortir aujourd’hui.
— Ce n’est rien. Que se passe-t-il ?
— Je… rien. Je crois que j’aurai mieux fait de ne pas venir, en fait, déclara-t-elle avec un léger sourire gênée. »

Quelque chose la travaillait, il n’y avait pas besoin d’être un expert pour s’en rendre compte. Zenia invita alors Ariane à s’asseoir sur la chaise en face du lit, puis fit de même sur ce dernier.

« Je t’écoute.
— Même toi tu auras peut-être du mal à entendre ce que j’ai à dire, tu sais…
— On ne le saura que si tu le fais. »

A force, Ariane connaissait plutôt bien Zenia et elle se doutait que la scientifique aurait une réaction de ce genre-là. Seulement entre ce qui était dit et les sentiments… Mais Ariane savait très bien que l’autre ne la laisserait pas s’en aller comme ça. Son sourire s’évapora alors qu’elle commença à parler.

« Vanilla et Vanitas n’auraient pas dû survivre, déclara-t-elle de but en blanc.
— Développe, répondit alors simplement Zenia -bien qu’une telle nouvelle devait la toucher plus qu’elle ne le montrait.
— Le corps de Vanilla était trop loin, le lien entre Vanitas et Xion bien trop instable et –elle s’interrompit- je suis désolée. Je ne devrais pas te dire ce genre de choses.
— Si tu dois le raconter, c’est que tu as dû trouver la raison qui explique cet illogisme. Continue, s’il te plaît. »

Maintenant qu’elle avait commencé, Ariane avait conscience qu’elle ne pouvait plus reculer. Elle se leva alors de la chaise et se rapprocha un peu de Zenia.

« Vanitas ne s’est pas totalement lié à Xion.
— Comment ça ?
— Il ne s’en est pas rendu compte lui-même, mais… enfin… -elle changea visiblement de sujet- j’ai retiré à Arioch ce qui devait être son plan B.
— Que souhaitait-il faire ? »

Ariane ne lui répondit pas tout de suite. Ce fut à ce moment-là que Zenia comprit que la Maîtresse de l’Entre-Monde n’avait pas changé de sujet, et que les deux choses qu’elle racontait devaient être liées.
D’un regard, elle fit comprendre à Ariane de lui dire tout ce qu’elle savait, sans détour –et si elle avait pu, sans doute aurait-elle croisé les bras pour montrer son agacement et son impatience. L’autre savait qu’elle n’avait pas le choix et qu’elle devrait tout lui dire, surtout qu’elle avait besoin de son aide et de celle d’Eva –dans le cas contraire, elle n’aurait jamais parlé de ça à l’humaine.

« Arioch avait sans doute comme projet de réutiliser à nouveau le corps organique de Vanitas, car c’est le seul moyen qu’il ait pour localiser à coup sûr Vanilla, et donc Kaël par extension. »

Zenia, malgré la nouvelle, tenta de garder son air habituellement neutre. Mais au fond d’elle, elle ne parvenait pas à croire ce qu’elle venait d’entendre. Malgré son échec avec Aloïs, Arioch avait vraiment voulu réessayer pareille chose ?
En tout cas, il n’était pas difficile de comprendre comment la mission avait pu aussi bien se passer, sans tourner au drame ; Vanitas s’était certes lié avec Xion, mais l’avait aussi inconsciemment fait avec son corps organique. Dans un sens, Arioch avait participé malgré lui à la réussite du sauvetage de Xion et Riko, en les enfermant dans la morgue où son « plan B » se trouvait…

« J’aurais voulu éviter de t’en parler, mais… dans quatre jours je serai confrontée à Arioch, je devrai me battre sans doute. Je dois déjà maintenir la protection de la tombe de Kairi, afin qu’il ne s’empare plus de son corps et c’est facilement gérable, mais je ne peux pas me permettre de monopoliser mes pouvoirs deux fois pour ça. Et l’Entre-Monde ne peut pas accueillir de corps organiques. »

Zenia se ressaisit plus ou moins et, comme d’habitude, devina ce que lui demandait à demi-mot Ariane.

« Tu souhaites qu’on conserve son corps à la morgue de Semina pour empêcher Arioch de le reprendre avant la pleine lune. Et peut-être faire la même chose pour celui de Kairi, si possible.
— Je suis désolée de te demander une chose pareille, mais…
— Eva remplace à mi-temps le gérant de la morgue de cet hôpital et ce depuis la destruction du nôtre, coupa Zenia. Nous pouvons alors y faire un détour avant que je ne sorte d’ici.
— Merci, vraiment… merci infiniment. »

Malgré ce que Zenia avait subi, et ce que pouvait engendrer la vue des corps organiques de Vanitas et Kairi psychologiquement parlant… la scientifique était prête à l’aider. Ariane ne pourrait jamais la remercier comme il se devait, elle en avait conscience, mais en tout cas elle était heureuse de pouvoir enfin compter sur quelqu’un –cela faisait si longtemps qu’elle était seule et livrée à elle-même…

Arioch avait suffisamment souillé les corps de toutes ces personnes décédées. Ariane refusait que le corps de Vanitas et celui de Kairi ne le soient à nouveau.
Ce fut la première à se diriger vers la porte, invitant Zenia à la rejoindre pour la guider vers la morgue. Mais avant de sortir de la chambre, la scientifique fit promettre à la Maîtresse de l’Entre-Monde de n’en parler à personne d’autres. Ils n’avaient pas besoin de savoir ce qu’il s’était réellement passé, lors du sauvetage de Riko et Xion –ou plutôt du drame qui aurait dû s’y produire.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Mar 17 Nov - 20:45

Chapitre 40 : Un nom millénaire

Le quatrième jour venait de s’écouler. Chacun avait tenté de vivre normalement, mais surtout de profiter des derniers instants où les habitants de l’Entre-Monde étaient à leurs côtés. Seulement ils savaient tous que l’affrontement d’aujourd’hui signifierait également dire définitivement adieu à ces personnes qui étaient revenues provisoirement.

Ariane observait pensivement l’Entre-Monde, lorsqu’elle entendit des bruits de pas –qu’elle reconnut comme étant ceux d’Aloïs et Selena. Lorsqu’ils s’arrêtèrent, la jeune femme se tourna vers eux, un sourire triste sur le visage. Le moment tant redouté par elle et tous les autres était venu ; elle allait affronter son double.
Peut-être devrait-elle faire des choses qu’elle se refusait, ou peut-être pas… en tout cas c’était son rôle de faire cesser tout ceci pour de bon, elle le savait.

« C’est l’heure, déclara finalement Selena.
— Allons les rejoindre. »

Ariane savait que les autres avaient déjà réalisé les préparatifs nécessaires ; Vanitas et Kairi seraient présents et dissimuleraient jusqu’à l’instant propice Vanilla et Kaël, tandis que Zenia, Selena et Aloïs seraient prêts à intervenir à la moindre complication. Quant à elle et les autres… ils seraient en première ligne pour affronter Arioch. Elle serra les poings, tandis qu’Aloïs les téléporta à une centaine de mètres du Mémorial, là où les attendait déjà tout le reste du groupe.

« Je vous promets qu’après ce combat, vous pourrez enfin vivre sans crainte de revoir votre monde s’écrouler, prononça-t-elle à l’attention de tout le monde, même ceux à priori « absents ».
— Nous ne serons pas trop loin, dans le cas où il y aurait un problème, rajouta Zenia. Aloïs, Selena, allons à l’endroit prévu. »

Simple hochement de tête de la part des deux anciennes Ombres. Aloïs posa sa main sur l’épaule de la scientifique, et les trois disparurent dans une lumière bleue.

« Et nous… nous allons entrer, déclara Sora, à la fois hésitant, mais déterminé. Et en finir une bonne fois pour toute. »

Ariane admirait la détermination de Sora et tous les autres, malgré ce que cela signifierait à la fin. Vanitas et Kairi disparaîtraient à nouveau de leur vie, après un bref retour –pourtant, aucun d’eux ne se laissait abattre. Tout le monde préférait en finir pour que leurs amis, frère, ou double puissent enfin reposer en paix, après six années à être confrontés sans cesse aux fantômes de leur passé. Elle les admirait beaucoup pour leur courage.

« Entrons, déclara finalement Ariane. »

En dessous de ce ciel ténébreux se cachait une lune quasiment pleine. Bientôt, l’astre et tout ce qui pouvait se trouver dans l’univers pourraient à nouveau être visibles sur Almari –dans une certaine mesure, évidemment.
La Maîtresse de l’Entre-Monde observa derrière elle. Seule elle pouvait voir Vanitas, Vanilla, Kairi et Kaël, près de Seïra et Sora. Les deux duos se tenaient fermement la main, pour ne pas rompre la barrière invisible qui les plaçait à la frontière des deux mondes, à la fois morts et vivants. Il suffirait d’un pas pour que Kaël et Vanilla ne meurent –un doute, une hésitation, et leur conscience serait perdue. Il en aurait été de même si Arioch avait pris leurs cœurs spirituels –l’essence de ce qu’ils étaient pouvait très facilement disparaître. Mais Ariane s’était tue, bien qu’elle se doutait que Vanitas et Kairi savaient également qu’ils jouaient avec le feu –pourtant, aucun d’eux n’avait rien dit. Dire une telle chose aurait créé les craintes qu’ils redoutaient et aurait dirigé à coup sûr les deux doubles-cœurs vers la mort.
Mais si les choses venaient à mal tourner malgré tout… Ariane serra les poings. Non, cela n’arriverait pas. Elle refusait que Vanilla et Kaël ne franchissent la ligne. Ils devaient vivre.

Elle détourna son regard des êtres invisibles aux yeux de tous et franchit la première l’entrée en ruine du Mémorial. Comme prévu Arioch était déjà là, près de l’autel, et leur faisait dos –il semblait observer l’Entre-Monde. Les deux faux cœurs spirituels se trouvaient également à ses côtés, tenus par des Ombres Supérieures encapuchonnées.

« Vous voilà enfin. »

Un frisson parcourut tout le groupe au moment où Arioch se tourna vers eux. Ariane tenta de garder son calme, mais ne put s’empêcher d’ordonner à Vanitas et Kairi de s’éloigner légèrement. Elle ne voulait vraiment courir aucun risque. Trop de vies humaines s’étaient déjà sacrifiées pour tenter d’arrêter son double, ces dernières années.
Les autres, eux, préparaient déjà leurs armes pour protéger Ariane, qui était la seule à pouvoir en finir définitivement. Zenia, Aloïs et Selena ne pouvaient suivre qu’auditivement –grâce à un micro placé sur Sora- mais étaient tout aussi prêts à intervenir, près de l’entrée.

« C’est donc toi, celle qui dirige l’Entre-Monde. »

Ariane ne répondit pas. L’heure n’était pas encore venue pour elle de se présenter en tant qu’opposée. Un sourire se dessina sur le visage de leur ennemi, alors qu’il prit les deux doubles-cœurs qu’il pensait avoir acquis.

« Je dois admettre que tu es relativement douée. J’admire les efforts que tu as faits pour protéger les clés de ma libération. Mais, sérieusement… qui pensais-tu pouvoir berner ? »

Ariane, et même tout le reste du groupe, se figea à l’entente des derniers mots de celui qu’ils voulaient tous définitivement arrêter.
Devant eux, et sans effort, il brisa les deux lumières blanches à l’aide de ses poings, sous le regard effaré des autres qui ne pouvaient qu’observer, impuissants, la poussière immaculée qui résultait de la destruction des faux réceptacles. Arioch avait compris.

« Bien, à présent… Vanitas et Kairi, vous seriez de gentils fantômes si vous retourniez là d’où vous venez. »

Ariane n’eut le temps de ne rien faire ni d’ordonner quoique ce soit. La poussière blanche prit la forme de deux lances, qui se dirigèrent à une vitesse ne permettant à personne de faire quelque chose, pas même aux concernés.
Les deux duos qui étaient à la frontière des deux mondes réapparurent, tandis que Kairi et Vanitas furent transpercés par les deux armes –ce qui provoqua bien vite leur disparition. A ça, Vanilla et Kaël s’effondrèrent à genoux, le souffle coupé et une main sur leur cœur. Leur double respectif avait été renvoyé de force dans l’Entre-Monde et c’en était terriblement douloureux.
Mais quand les autres cherchèrent à s’approcher d’eux pour les soutenir, tous se rendirent compte de la dernière fatalité qui les attendait ; que ce soit Ariane et tous les autres humains… ils ne parvenaient plus à bouger, ou à peine. Ce serait forcément insuffisant pour stopper les agissements de l’autre.
Sora serra alors les poings et lança un regard noir à Arioch.

« Vanitas, Kairi…, souffla-t-il pour lui-même, avant de crier. Que leur avez-vous fait ?!
— Ne t’en fais pas, je n’ai fait que les renvoyer dans le monde des morts, là où se trouve leur véritable place. Ils n’ont pas à se mêler des affaires des vivants, vous ne croyez pas ? »

Arioch ordonna ensuite à ses deux Ombres de s’approcher d’eux –ou plutôt de Vanilla et Kaël, qui reprenaient difficilement leur souffle. Ariane tenta d’utiliser ses pouvoirs, mais il fallait se rendre à l’évidence que la poussière blanche présente dans l’atmosphère l’empêcherait de faire quoique ce soit. Zenia et les deux autres étaient piégés à l’extérieur à cause de ce même sortilège. Il n’y avait rien à faire.

Malgré la violente douleur qui les avait pris, Kaël et Vanilla redressèrent leur regard vers les deux Ombres qui les déposséderaient de leur cœur d’ici quelques secondes. C’était fini. Leur lutte se terminait ici, avec les cris de leurs amis qui résonnèrent une dernière fois dans leurs oreilles, avant de ne voir que les ténèbres autour d’eux.

Des larmes, de tristesse et de colère, naquirent dans presque tous les regards, alors que d’autres fermaient les yeux, ne voulant pas affronter la vérité qui se déroulait devant eux. Les corps inertes de Vanilla et Kaël furent projetés violement vers eux par les Ombres qui venaient de prendre leur cœur spirituel. Mais malgré leur effort, aucun d’entre eux n’arriva à bouger pour les atteindre, tenter de les réveiller –bien qu’ils savaient tous que cela ne servirait à rien.

« J’ai réussi…, souffla Arioch, alors que les deux Ombres s’approchaient déjà de lui avec les deux réceptacles lumineux. Enfin je vais retrouver la liberté… »

Fébrilement, il prit en mains les deux doubles-cœurs qu’il avait si ardemment cherchés. Sa liberté aurait coûté d’innombrables vies, mais il était certain que ça en vaudrait la peine. Il tendit ses bras vers le ciel. Bien vite après, une énorme colonne blanche entoura les deux doubles cœurs et lui-même, tandis que le ciel sembla se dégager pour laisser la lune et une multitude d’étoiles réapparaître dans cet étendu d’un noir malsain depuis trop longtemps.

Chaque humain savait ce que cela signifierait s’ils laissaient continuer tout cela. Les doubles-cœurs de Vanilla et Kaël disparaîtraient pour de bon, et il n’y aurait plus aucune chance de les revoir. Sora adressa un regard aux corps de ses deux amis, qui pourraient ne plus jamais se réveiller, avant de serrer les poings et de relever la tête vers Ariane. Il ne voulait pas les perdre. Il ne voulait pas ne pas pouvoir dire au revoir à Vanitas correctement une seconde fois.

« Faites quelque chose ! Je vous en supplie ! Sauvez-les !
— Je… le processus a déjà commencé. Je ne peux rien faire, je n’ai pas sa puissance !
— Te fous pas de nous ! rétorqua Axel. T’es son double ! »

Le roux disait peut-être la vérité, mais cela ne changeait rien. Arioch avait actuellement la puissance de deux double-cœurs, en plus de consciences extrêmement robustes. Il tirait ses forces de ça, mais elle… elle ne possédait plus rien. Elle avait cru pouvoir l’affaiblir en lui volant toutes ses Ombres, mais rien qu’avec les deux réceptacles nécessaires à sa liberté… il avait récupéré le quadruple de sa puissance initiale.

« C’est fini… je sens leur conscience s’éteindre…, souffla Ariane. Je… je n’ai pas réussi… j’ai échoué… j’ai échoué… ! »

La lutte pour se libérer de l’emprise d’Arioch continuait malgré tout chez tous les autres humains. Seulement il était inutile de s’épuiser ainsi ; tout était perdu, songea Ariane, qui ferma les yeux.

« Vanitas, Kairi ! Il y a un moyen de préserver vos consciences et celles de vos doubles ! »

La voix d’Aloïs et Selena, malgré la barrière créée par le Maître des Ténèbres, résonnèrent dans ce Mémorial en ruines.
Les mots atteignirent tous les humains, mais surtout Ariane. Elle avait complètement oublié le lien qu’entretenaient les deux anciennes Ombres avec les habitants de l’Entre-Monde cités. Ils pouvaient encore communiquer avec eux. Mais… de quel moyen parlaient-ils ?

« Emmenez les consciences de Vanilla et Kaël dans l’Entre-Monde ! s’écria Aloïs. C’est le seul moyen de les sauver !
— Mais s’ils font ça ils risqueraient de disparaître ! rétorqua Alexia, en se rappelant que si les duos étaient réunis dans l’Entre-Monde…
— Soit ils mourront tués par Arioch, soit ils le feront pour l’affaiblir afin qu’on puisse le vaincre, rétorqua Selena. Et il reste une infime chance pour que leur corps organique encore fonctionnel les rappelle à eux. Rappelez-vous que Vanitas a déjà emmené Vanilla dans l’Entre-Monde. »

Alors qu’Arioch continuait à faire disparaître les ténèbres qu’il avait éparpillées à travers le monde pour pouvoir définitivement se libérer, il adressa un regard à ceux qui avaient été autrefois ses serviteurs. Il ricana.

« Ce serait l’occasion rêvée de finalement être libérés de la prison qu’est l’Entre-Monde pour eux et que cette femme a créé, en effet ! Qu’ils le fassent donc ! Après tout votre race est si égoïste. »

Tous les humains serrèrent leurs poings, alors qu’Ariane baissa la tête. Oui, elle les avait piégés d’une certaine manière, seulement en aucun cas elle n’avait pensé à mal en faisant ça… mais peut-être qu’elle n’aurait rien dû faire, et laisser la malédiction continuer… ? Etait-ce elle qui était dans l’erreur depuis le début ?

« Vanitas et Kairi ne sont pas égoïstes ! rétorqua finalement Sora. »

Les autres l’observèrent, alors que le brun avait réussi à légèrement se redresser pour faire face à Arioch, malgré la poussière blanche pétrifiante autour d’eux.

« Et si Vanilla et Kaël doivent disparaître, on préfère que ce soit à leurs côtés plutôt qu’aux vôtres, surtout si ça permet de vous stopper ! rajouta finalement Seïra, qui tenait la main du brun. »

Un long silence, à peine perturbé par le bruit infect que faisait la colonne de lumière, qui vidait les doubles cœurs de leurs forces au fur et à mesure que le temps passait. Pousser Vanitas et Kairi à emmener Vanilla et Kaël dans l’Entre-Monde… c’était le seul moyen d’empêcher Arioch de récupérer leur puissance et de pouvoir être libre, mais cela pourrait très bien coûter la vie de la noiraude et du rouquin si l’égoïsme de Vanitas et Kairi était plus fort. Devaient-ils alors les forcer à faire cela, en sachant que ça pourrait révéler une nature qu’ils n’admettraient très certainement pas, venant de leurs amis ou frère ? Pouvaient-ils leur faire confiance, après tout ce qu’ils avaient dû subir depuis leur enfermement forcé dans l’Entre-Monde ?

En observant la colonne de Lumière s’accentuer, et le sourire d’Arioch s’élargir… tout le monde savait qu’il ne leur restait que peu de temps. Chacun serra ses poings, mais finit par ordonner aux deux habitants de l’Entre-Monde de faire ce qu’avaient proposé les deux anciennes Ombres.

Seulement quelques secondes plus tard, et malgré leur supplication… la colonne créée par Arioch ne faiblissait pas. Vanitas et Kairi les entendaient, c’était plus que certain, mais eux aussi avaient peur de se découvrir plus égoïstes qu’ils ne le croyaient, et de tuer Vanilla et Kaël dans la procédure. Leur cœur spirituel était bien trop instable.

« Vous voyez ? Même eux savent que s’ils le font, ils tueront leur propre double, sourit Arioch. Ils viennent de vous révéler leur véritable nature, celle que la femme à côté de vous a créée de ses propres mains. »

Ariane souffrait terriblement. Entendre de tel mot venant de son propre double était affreux. Mais sans doute avait-il raison. C’était de sa faute si les habitants étaient devenus égoïstes, au point de ne pas oser sauver leur propre double…
Il fallait se rendre à l’évidence ; depuis le début elle avait été dans l’erreur. Elle n’aurait jamais dû prendre l’initiative de vouloir supprimer la malédiction. Après tout il aurait suffit d’attendre quelques dizaines d’années, le temps que chaque duo existant rende son dernier souffle…
Au final, peut-être que c’était elle qui aurait mérité l’enfermement forcé d’Arioch, et non pas l’inverse. Le rire froid et glacial de ce dernier fit prendre conscience à chaque personne présente qu’il avait gagné.

« Bien. Vous réalisez enfin que tout effort est inutile. Il est donc temps pour moi de me libérer des chaînes qui m’enferment ici. »

Mais à ce moment-là… Arioch sentit une légère variation dans le flux de la colonne de Lumière. Variation qui finit rapidement par devenir bien plus importante et inquiétante aux yeux de son créateur. Seulement au moment où il voulut calibrer à nouveau sa nouvelle force qui commençait à lui échapper…
Deux petits feux follets bleus furent expulsés des cœurs, qui suivirent un moment la ligne verticale de la colonne de Lumière, pour finalement s’en séparer et rejoindre la Lune bleue –l’Entre-Monde. Cela n’échappa ni à Arioch et Ariane, ni à aucun humain.
Il ne fallut que quelques secondes pour voir la lumière faiblir, et rapidement complètement disparaître, alors qu’Arioch s’effondra à genoux, affaibli. Les étranges résidus qui empêchaient chaque personne présente de bouger disparurent à leur tour.

« Ils l’ont faits, souffla Ariane qui, comme tous les autres, observait les feux follets disparaître dans la Lune Bleue. Ils ont emmené les consciences de Kaël et Vanilla dans l’Entre-Monde. »

Mais à quel prix… ?
Tous les regards se tournèrent finalement vers Arioch qui paraissait désemparés, abattu et tremblant. L’hypothèse qu’avait Ariane sur le fonctionnement du monde des Ténèbres et de l’Entre-Monde se confirma définitivement. Elle se releva sans difficulté, afin de se diriger vers lui. Une fois assez proche, elle le vit fixer un point invisible devant lui, pâle.

« Pourquoi… ? souffla-t-il. Pourquoi suis-je si faible soudainement… ?
— Parce que nos mondes ont toujours fonctionné comme ça, Arioch. Quand l’un prend de la puissance… l’autre en perd. Si tu as pu te libérer des ténèbres, c’est parce que l’Entre-Monde était instable à cause de ses habitants, car ils sombraient dans les ténèbres. »

Ariane prit en main les deux doubles-cœurs. Il n’y avait aucune conscience, seulement des battements. Mais c’était normal, pour l’instant. Tant qu’il y avait un risque, jamais Vanitas et Kairi ne reviendraient avec leur double. S’ils étaient encore dans l’Entre-Monde, bien sûr… mais Ariane tenta de ne pas songer à la pire des hypothèses et se tourna vers les humains, pour leur tendre les deux doubles-cœurs.

« Sora, Seïra, est-ce que je peux vous confier cela quelques instants ? »

Sans attendre de réponse, Ariane fit léviter les deux réceptacles jusqu’au duo qu’elle avait mentionné. Les deux bruns les attrapèrent avec une grande délicatesse, tandis que les autres humains se rapprochèrent –Axel portait le corps de Vanilla, tandis que Noa s’occupait de celui de Kaël. Pour l’instant inconscients, et sans le pouvoir de leur rendre ce qui leur avait été volé, tout le groupe ne pouvait qu’attendre et surtout espérer que les consciences de leurs amis attendaient dans l’Entre-Monde.
Zenia, Aloïs et Selena s’approchèrent à leur tour –puisqu’il n’y avait plus aucune barrière- mais l’heure de rendre les cœurs aux deux jeunes adultes n’étaient pas encore venue, donc les deux anciennes Ombres ne firent rien, mis à part suivre les autres dans l’observation de la scène qui se déroulait entre Ariane et Arioch.

La Maîtresse de l’Entre-Monde, une fois sûre que les doubles-cœurs étaient entre de bonnes mains, se tourna à nouveau vers son opposé et s’agenouilla près de lui. Arioch était faible, et elle tellement forte à présent… il était temps de trouver un équilibre, pour arrêter de se détruire et de faire subir les conséquences de leur lien instable à Almari et à leurs habitants.

« Tu as changé de nom en revenant ici, commença-t-elle. Tu es également devenu médecin, tu as sauvé des vies, et tu as aimé le faire… n’est-ce pas ?
— Comment… ?
— Je suis celle qui a posé les scellés qui t’enferment dans cette ville, mais qui pensais que jamais tu ne serais capable d’attenter une nouvelle fois à la vie de quelqu’un, même si tu savais que c’était le seul moyen de te libérer. J’avais l’espoir que tu retrouves ton humanité ainsi. »

Après ces quelques mots, Ariane plongea son regard dans celui d’Arioch qui tenta de dire quelque chose, mais dont les lèvres restèrent closes.

« Tu as peut-être tué Kaël et Vanilla.
— Je… non, c’est leur double qui-
— Ils n’avaient pas le choix. »

Arioch serra les poings, mais baissa la tête.

« S’ils ne se réveillent pas lorsqu’on leur rendra leurs cœurs…, continua Ariane.
— Cesse de parler comme si tu savais tout de moi, coupa t-il. Tu ne sais rien ! Tu ne sais rien de ce que j’ai pu endurer, de ce qui m’a poussé à perdre mon humanité et à sacrifier des innocents pour ne plus souffrir ! »

Arioch tenta une onde de choc qu’Ariane bloqua facilement. Des larmes de colère perlaient sur son visage -qu’il tenta de retenir en fermant rageusement ses yeux. Il sentit la main de l’autre se poser sur son épaule, seulement il n’eut même pas la force de chercher à la retirer.

« Si, je le sais. Je le sais car, de loin, je t’ai observée.
— Tais-toi… tu n’es qu’une ignorante parmi d’autres…
— Il y a six ans, et encore aujourd’hui je t’observais, mais ne savais pas quoi faire pour calmer ta folie.
— JE T’AI DIT D’ARRETER ! »

Cette fois-ci l’onde de choc toucha sa cible, qui fut projetée un peu plus loin. Mais Ariane se releva. Son bras avait sans doute était cassé, mais elle n’en n’avait rien à faire et utilisa simplement son pouvoir pour se soigner. Elle revint vers lui.

« J’ai souffert autant que toi. J’ai commis de nombreuses erreurs et comme tu l’as dit toi-même… je suis la seule fautive de l’état d’esprit dans lequel s’est retrouvé l’Entre-Monde, au point de te laisser une porte ouverte pour t’en prendre à Almari. Quand l’un de nous faiblit, l’autre se renforce et a de plus en plus d’influence sur Almari, c’est la nouvelle loi qui règne sur la trinité depuis six ans. »

Arioch ne retenta même pas de l’attaquer, malgré toutes ces paroles insensées. Qui était-elle pour lui dire ce genre de choses ? Et pourquoi le faisait-elle ?

« Tu dépends de moi, mais je dépends tout autant de toi… Arioch Mahoney. »

Ce nom de famille résonna en lui comme un souvenir lointain. Il ne l’avait plus entendu, prononcé, utilisé, ni même pensé depuis plusieurs siècles. Personne ne pouvait donc le connaître, à part lui. Il n’avait plus de véritable existence depuis des millénaires.
Il releva son regard vers cette femme aux cheveux noirs mais aux yeux aussi rouges que les siens.

« Comment… ?
— Tu ne comprends toujours pas ? »

Elle continua de le fixer, jusqu’au moment où Arioch joignit enfin les bouts. Il recula, blême, tandis qu’il se rappela de la seule information qu’il avait pu avoir sur son double, à l’époque de l’ancien Entre-Monde.
Non. Non… Ce n’était tout de même pas…

« A-Ariane… ?
— Je sais qu’au début tu souhaitais véritablement me retrouver, et je le souhaitais aussi, déclara-t-elle -ce qui confirma à Arioch l’identité de cette femme. Mais quand j’ai vu la folie dans laquelle ta solitude t’a plongé il y a six ans, j’ai pris peur et je ne savais pas quoi faire d’autre mis à part t’empêcher de nuire. Malgré tout, je suis tout aussi fautive que toi de l’état des Mondes. Pardon. Tu as raison. J’ai rendu égoïstes les habitants de l’Entre-Monde. Ce sera en grande partie ma faute si Vanilla et Kaël ne se réveillent pas. Je suis désolée, Arioch. Je t’ai fait porter mon fardeau en plus du tiens, je t’ai accusé de détruire les mondes et des vies, mais j’ai moi aussi ma part de responsabilité dans tout ce qu’il s’est passé. »

Elle ferma les yeux, pour tenter de contenir ses larmes. Ce fut évidemment un échec, alors elle ne fit que prendre les mains de son double entre les siennes. Elle s’apprêtait à dire des choses à Arioch, que même les humains n’étaient pas forcément prêts à entendre.

« Comme toi je n’avais plus mon apparence, il y a six ans. Je possédais ou n’avais que l’apparence d’un feu follet bleu. Mais j’étais là à chaque fois. A chaque meurtre que tu as commis de tes propres mains, seulement j’étais trop lâche pour intervenir. »

Sora et tous les autres écoutèrent sans un mot les confidences d’Ariane ; celle qui avait été de leurs côtés tout ce temps mais qui, six années plus tôt, n’avait rien fait pour limiter les dégâts d’Arioch –et qui n’avait fait que regarder les meurtres commis. Mais au fond, qu’aurait-elle pu véritablement faire ?

Arioch écoutait les paroles de son double sans savoir quoi dire, ou faire. Elle avait été si proche de lui tout ce temps, mais il n’en n’avait jamais rien su. Elle aurait pu l’arrêter bien plus tôt, mais elle n’en n’avait jamais eu le courage. Elle avait souffert autant que lui, mais contrairement à lui… elle ne s’était pas laissée submergée par une folie destructrice.
Alors qu’il cherchait quelque chose à répondre, il sentit Ariane l’enlaçait.

« Ce que tu es devenu… ça ne serait jamais si j’avais eu le courage de t’arrêter, de te raisonner. Désolée, pardon, pardonne-moi… »

Son double n’arriva pas à répondre. Il ne fit qu’enlacer à son tour la femme qu’il avait tant cherché à retrouver –et même tuer à un moment donné- au point d’en perdre progressivement tout ce qui faisait de lui un être humain.

Dans le Mémorial détruit ne résonnaient plus que les sanglots d’Arioch et d’Ariane, qui s’étaient finalement retrouvés… au prix d’innombrables vies.

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Mer 25 Nov - 7:44

Chapitre 41 : Renaissance

Aucun des humains présents n’osait interrompre la scène qui se déroulait devant eux, comprenant que de telles retrouvailles étaient un instant fort.
Malgré tout, leur haine envers Arioch ne disparaîtrait jamais. Il leur avait volé trop de choses ces dernières années ; ils ne pourraient jamais lui pardonner. En plus, ils ignoraient si Kaël et Vanilla se réveilleraient, même si Aloïs et Selena auraient l’autorisation de remettre à leur place les cœurs spirituels que Sora et Seïra tenaient fermement.
Pourtant… pourtant ils commençaient à réaliser tout ce par quoi Arioch et Ariane étaient passés. Leur vie n’avait été que ténèbres à tous les deux, et ce depuis l’instant où ils avaient réussi à ouvrir la première brèche entre Mirari et Alma.

Ils virent finalement le duo se relever. Si Sora, Seïra, Axel et Noa ne pouvaient pas se défendre, tous les autres étaient prêts à intervenir, dans le cas où Arioch tenterait tout de même quelque chose.

« Je dois encore régler certaines choses sur Almari…, déclara finalement Ariane à son opposé. Je te rejoindrai bientôt dans l’Entre-Monde, où l’on pourra définitivement mettre fin à tout ça. »

Arioch observa juste quelques instants les humains, qui lui lancèrent en majorité des regards méprisants et –ou- méfiants. Il comprit bien vite qu’il n’aurait pas sa place ici et hocha la tête à son double, comprenant parfaitement où elle voulait en venir. Il se laissa faire lorsqu’Ariane le fit disparaître dans l’Entre-Monde.

Une fois les résidus bleus complètement disparus, Ariane contempla quelques secondes cette Lune Bleue, qui venait d’accueillir Arioch. Elle avait fait en sorte qu’il ne soit pas transféré dans un endroit fréquenté par les autres habitants, qui pourraient facilement le reconnaître et lui vouloir du mal. Elle espérait que cela serait suffisant, le temps qu’elle le rejoigne.
Elle tenta de se reprendre avant de se tourner vers les humains, un sourire triste sur le visage.

« Arioch ne sera plus jamais un danger pour vous, à présent. »

Etrangement, chez chaque humain, cette victoire avait un goût très amer. Parce qu’ils savaient que lorsqu’Ariane rejoindrait l’Entre-Monde, elle disparaîtrait avec Arioch pour toujours –car ils n’avaient plus de corps organique depuis longtemps, donc plus rien ne les rattacherait à ce monde. Alors même si Ariane avait avoué avoir été là depuis le début, six ans auparavant, mais de n’avoir rien fait… c’était grâce à elle qu’ils en étaient arrivés là, malgré tout.
Elle leur manquerait.

« Avant que je ne parte… Sora, Seïra, venez par ici. Axel, Noa, déposez doucement Vanilla et Kaël au sol, s’il vous plaît. »

Le noiraud et le roux obéirent, tandis que le duo s’approcha de la femme, les deux doubles-cœurs toujours fermement maintenu contre leur poitrine –en sécurité. Une fois assez proches, Ariane tendit un bras vers chacun ; à ce moment-là, une lumière bleue entoura pendant une seconde Sora et Seïra, qui observèrent alors la Maîtresse de l’Entre-Monde avec incompréhension.

« Pour quelques minutes, vous êtes dotés des pouvoirs similaires à ceux d’Aloïs et Selena. »

Le duo se regarda, avant d’adresser un regard aux deux anciennes Ombres citées. En voyant ces dernières hocher la tête, il ne fut pas difficile de savoir où voulait en venir Ariane. Sora et Seïra revinrent alors sur leurs pas, puis s’agenouillèrent près des corps de Vanilla et Kaël, tout de même maintenus par Alexia et Axel.
La peur de ne pas les voir se réveiller était présente chez chaque humain présent. Malgré tout, ils y croyaient. Ils croyaient en Vanitas et Kairi qui, de leur vivant, n’avaient jamais été égoïstes –ils en étaient sûrs pour le noiraud, et s’en doutaient pour la rouquine.

« Tu es prête ? demanda finalement Sora à Seïra.
— Allons-y, réveillons ces deux Belles au Bois Dormant, tenta l’autre en esquissant un léger sourire. »

Dans un geste identique, le duo dirigea les deux doubles-cœurs spirituels vers leur seul et unique foyer. Bien vite les deux lumières disparurent, entourant les corps de leur propriétaire d’une aura blanche, qui disparut aussi vite qu’elle était venue –comme la fois où le cœur de Vanitas et celui de Kairi s’étaient réfugiés vers celui de leur double respectif, six ans auparavant.

A cet instant, la respiration -anormalement basse- de Vanilla et Kaël sembla reprendre un rythme normal –et tous constatèrent un léger mouvement au niveau de leurs paupières, qui finirent par doucement se rouvrir. Personne ne leur laissa le temps de reprendre complètement leur esprit ; ils les enlacèrent tous les deux, rassurés et heureux de les voir à nouveau parmi eux. Vanilla et Kaël, quant à eux, ne comprenaient pas tout, mais savaient que cette fois, il s’en était vraiment fallu de peu.
La douleur, certes légère –néanmoins persistante- à leur cœur ne leur prouvait que trop bien. Mais malgré les maigres forces qui leur restait après ce qu’ils avaient vécu, ils réussirent à se libérer de l’étreinte des plus envahissants –Sora, Seïra, et Alexia.
Ces derniers décidèrent alors de les aider à se relever, tout en les maintenant debout.

Quand chaque humain présent releva le regard vers Ariane, tous virent qu’aux côtés de la femme se trouvaient Vanitas et Kairi. Ils voulurent tout d’abord sourire, mais la fatalité leur en empêcha ; c’était l’heure pour eux et Ariane de retourner dans l’Entre-Monde –et pour la dernière… de disparaître complètement et pour toujours.

« Je ne trouverai jamais les bons mots pour vous remercier, déclara finalement Ariane à l’ensemble des personnes présentes. Mais ne prenez pas ma disparition comme un adieu, s’il vous plaît.
— C’est quand même ça qui va se produire, hein…, répondit simplement Axel.
— Nous nous reverrons. Pas tout de suite, c’est certain, mais je vous jure que ce sera le cas. Je vais charger Vanitas et Kairi de deux missions très importantes pour cela. »

Les deux concernés observèrent quelques instants Ariane avec incompréhension, tandis qu’elle leur fit son fameux sourire pour dire qu’elle expliquerait tout une fois dans l’Entre-Monde. Ils ne cherchèrent alors pas à insister, et lorsque la femme s’éloigna un peu, ils comprirent que c’était à leur tour de dire au revoir. Ils s’approchèrent de chaque humain, qu’ils observèrent un à un. Face au silence, ce fut Vanitas qui tenta de le rompre.

« C’était cool, déclara-t-il finalement.
— T’as rien de plus pourri à dire ? demanda Axel, alors que les autres ne purent s’empêcher de sourire.
— Fais mieux et on en reparle, le porc épique.
— Hé, je te permets pas !
— Bah moi je me permets. »

Malgré ce qu’il s’était passé entre eux, dans l’appartement d’Axel, ils n’y feraient jamais allusion. Le roux devait passer à autre chose, et le regard que lui lançait Vanitas le lui rappela assez facilement.

Du côté du groupe, ce fut un rire sincère qui sortit des lèvres de chacun, sauf chez Vanilla qui –suffisamment remise à présent- savait certaines choses sur les relations entre le noiraud et Axel que tout le monde, sans doute, ignorait –mis à part Alexia. Vanitas s’en rendit évidement compte, et haussa simplement les épaules à son attention.

« Te préoccupe plus de ça. Contente toi de pas faire de la merde comme moi, entendit-elle dans son cœur. »

Il avait sans doute raison. Ce n’était pas ses affaires, après tout –et ce serait idiot de gâcher leurs au revoir avec ce genre de chose.
Elle sentit Sora la lâcher, après s’être tout de même assuré qu’elle pouvait tenir debout seule. Elle lui fit comprendre que ça irait, sachant très bien qu’elle ne pouvait pas le monopoliser à un moment pareil. Elle vit également Kaël lutter contre la fatigue pour s’approcher de Kairi.

« Tu me manqueras, murmura le rouquin à son double, une fois assez proche.
— Je ne serai jamais très loin. Si tu te sens mal ou seul, tu n’auras qu’à porter ta main contre ta poitrine, et je serai là. Je serai toujours là. »

Le duo s’enlaça. Ce serait sans doute la dernière fois avant plusieurs décennies. Sora observa le spectacle en souriant, avant de se tourner vers son frère, qui s’était rapproché. Le noiraud avait passé un bras autour du cou de son jumeau –dont le sourire s’était dissipé- pour l’attirer un peu plus contre lui.

« Fais gaffe à toi, ok ? lui ordonna le noiraud.
— Je te le promets.
— Et garde en tête ce que je t’ai dit, la dernière fois.
— Toi pareil. »

Sora avait évidemment compris que Vanitas faisait allusion à leur conversation sur le parking de l’hôpital –là où ils avaient pu une dernière fois se comporter comme de véritables jumeaux, rien que tous les deux.
Mais le noiraud était trop digne pour oser dire devant tant de personnes qu’il aimait quelqu’un de manière aussi directe. Mais le brun ne lui en avait jamais tenu rigueur. Ce n’était donc pas maintenant qu’il le ferait.

Après avoir fait leurs adieux à tous les autres, Kairi et Vanitas observèrent tout le groupe en silence. Le noiraud s’attarda bien évidemment sur Vanilla. D’un caractère similaire, ils ne feraient pas tomber le mur de leur fierté, même dans un moment pareil –ou du moins, pas devant les autres.

« Je suis content d’avoir pu mieux te connaître, déclara-t-il directement dans le cœur de la noiraude.
Moi aussi, ça m’a vraiment fait du bien. Mais ne compte pas sur moi pour te rejoindre dans l’Entre-Monde juste parce que je t’aime bien.
— Je comptais pas là-dessus, t’inquiète. Oublie pas ta promesse.
— Je ne l’oublierai pas.
— Prend soin de toi, triple-idiote-imbécile.
— Je te retourne le compliment.
»

Le duo se sourit une dernière fois.

Après quelques derniers échanges avec tout le monde, Vanitas et Kairi rejoignirent Ariane, qui se tourna à nouveau vers tout le groupe d’humain. Elle tenait la main des deux habitants, tandis que des résidus bleus commençaient déjà à les entourer.

« Vanilla, Kaël, je suis désolée de vous avoir à ce point impliqués dans une histoire qui ne concernait que moi. Aloïs, Selena, n’oubliez pas d’aller chez Eva pour que vous aussi puissiez vous recueillir une dernière fois. Zenia, je sais que tu resteras un excellent médecin malgré ton handicap. Et pour tous les autres… je suis sûre que vous réussirez à accomplir vos rêves. Je vous souhaite à tous de vivre pleinement cette vie qui vous a été offerte. –elle fit une pause, avant de reprendre- Merci pour tout. »

La lumière bleue emporta finalement les trois habitants de l’Entre-Monde, qui les saluèrent une dernière fois jusqu’à n’être que poussières.
Quelques secondes plus tard, alors que l’astre argenté et toutes les étoiles avaient repris leur droit… l’Entre-Monde, lui, semblait disparaître –ou plutôt… il redevenait invisible aux yeux des simples humains qu’ils étaient. Preuve que c’était définitivement terminé.
Leur victoire était amère, mais ils pourraient au moins vivre en paix pour de bon, cette fois.

Selena et Aloïs avaient disparu. Sans doute un rapport avec les derniers mots d’Ariane. D’ailleurs, le fait qu’elle ait refusé de leur dire adieu les intriguait –mais chacun pressentait qu’ils comprendraient ses mots le moment venu.

« Et maintenant ? demanda finalement Riku qui, comme tous les autres, observait l’Entre-Monde disparaître doucement.
— Nous allons reconstruire le Mémorial, ainsi que l’hôpital, expliqua Zenia.
— Et après ? interrogea Riko.
— On va vivre comme le voudraient Vanitas, Kairi et Ariane, déclara Sora. En profitant de chaque instant, quel qu’il soit. »

Cela mettrait bien sûr du temps de réparer les dégâts commis par les Ombres et Arioch, mais c’était bien loin d’être insurmontable. Et une fois que tout serait rentré dans l’ordre matériellement, ils pourraient enfin profiter pleinement du bonheur qu’était cette vie dans le monde fusionné. Plus jamais ils ne seraient hantés par les fantômes de leur passé. Ils pourraient tous, sans exception, enfin avancer et être véritablement heureux.

~0~0~0~0~

Selena et Aloïs s’étaient retrouvés au cimetière bien plus tard, une fois certains que plus aucun humain ne serait dans les parages. Ils avaient récupéré les corps organiques de Vanitas et Kairi chez Eva, pour les déposer à l’endroit qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

Comme leur tombe était l’une à côté de l’autre, Aloïs ne put s’empêcher de tenir la main de Selena. Ils observaient les deux roches, sculptées et gravées. Silencieusement, ils adressaient leur souhait d’un véritable repos pour les deux habitants de l’Entre-Monde. Aloïs s’excusait également d’avoir commis tant de crimes avec le corps d’un autre, et se promettait de ne pas gâcher la chance qu’Ariane lui avait offerte.

Après plusieurs minutes de silence, à se repentir une dernière fois sur les corps qu’ils avaient souillé d’une manière ou d’une autre, les deux anciennes Ombres se regardèrent.

« Que comptes-tu faire maintenant, Selena ?
— Je l’ignore. Mais je pense quitter cette ville, déjà.
— Je vois.
— Et toi ?
— Je vais rester ici. J’aimerais aider Zenia dans son travail.
— Tu te sens encore coupable de son accident ?
— Je sais que j’aurais dû venir bien plus vite, mais le temps que j’arrive à visualiser correctement la pièce à partir de simples photos…
— Je comprends. Mais ne te laisse pas guider uniquement par ça, sinon Ariane t’auras offert cette seconde chance pour rien.
— Ne t’en fais pas. »

Selena lâcha la main d’Aloïs, et commença à s’éloigner de lui. Il l’observa sans la retenir. La femme se retourna cependant une dernière fois vers lui.

« J’espère que tu parviendras à trouver ta voie et que tu vivras heureux, Aloïs.
— J’espère la même chose pour toi, Selena. »

Ils se sourirent une dernière fois. Enfin non, ils se reverraient. Mais pour l’instant… ils devaient tous les deux se construire une vie chacun de leurs côtés, afin de ne pas gaspiller la chance qu’Ariane leur avait laissée.

~0~0~0~0~

De retour dans ce monde dans lequel aucune émotion ne pouvait être cachée, des larmes naquirent chez Kairi et Vanitas. Si le second cherchait à se cacher, cela ne fit que rire Kairi et Ariane de bon cœur. Après leur avoir très gentiment demandé de la fermer, le noiraud décida de ne plus leur adresser le moindre mot avant plusieurs années.
Puis, pendant quelques instants, un silence s’installa entre eux -rompu finalement par Ariane.

« Ca va être l’heure pour moi de rejoindre Arioch. Mais comme je l’ai dit, j’aimerais vous confier deux missions très importantes avant.
— Qui sont ? demanda Vanitas. »

Ariane ne répondit pas tout de suite, et se contenta de prendre les mains de Kairi et du noiraud dans les siennes. Une forte lumière bleue se dégagea de la Maîtresse de l’Entre-Monde, pour se « transférer » vers les deux habitants. Il fallut encore quelques secondes avant qu’Ariane ne relâche son emprise sur eux.

« Par ce geste, je vous nomme nouveaux Maîtres de l’Entre-Monde et des Ténèbres, avec tout ce que cela peut impliquer. »

Kairi et Vanitas s’observèrent, incrédules, avant de fixer Ariane avec incompréhension.

« Pourquoi ? demanda finalement la rouquine.
— Parce que je vais disparaître avec Arioch, et qu’il faut bien quelqu’un pour guider les duos complétés vers la mort, ou bien habituer ceux encore incomplets qui peuvent encore affluer. Par exemple Marlène, la fille tuée à la banque, est une vraie adolescente donc il faudra faire attention à elle. Il y a aussi les Ombres à gérer dans les Ténèbres. Et lorsque ce sera à votre tour de partir, je compte sur vous pour choisir deux nouveaux Maîtres, jusqu’au moment où ce monde sera déserté, une fois tous les duos disparus. »

Les deux nouveaux Maîtres ne trouvèrent rien à dire face à tant de responsabilités auxquelles ils ne s’attendaient absolument pas. Ils avaient les clés de chaque monde, et pourraient circuler sur Almari comme bon leur semblerait. Mais ils ne le feraient pas. Ariane savait qu’ils laisseraient tout le monde reprendre leur vie et passer définitivement à autre chose. Elle savait qu’ils n’abuseraient jamais des pouvoirs de Maîtres.

« Maintenant, pour la seconde mission que j’aimerais vous confier… avant de vous en parler, j’aimerais vous faire part de ma dernière volonté avant. C’est-à-dire que, comme pour tous les duos complétés, j’aimerais que notre disparition, à Arioch et moi, se passe au Mémorial de l’Entre-Monde. Vous n’êtes bien sûr pas obligé de réunir tout le monde comme je l’ai toujours fait, mais je veux que cette tradition soit respectée pour moi, comme pour les prochains. »

Vanitas et Kairi respecteraient bien évidemment la dernière volonté d’Ariane.
Ils se téléportèrent alors vers le Mémorial –en très bon état, dans ce monde surnaturel et régit par des règles définies par ses habitants. Ils laisseraient du temps à Ariane et Arioch pour discuter une dernière fois, seul à seule.

Une fois les deux nouveaux Maîtres disparus, Arioch s’approcha d’Ariane. Il avait été là depuis le début et ce jusqu’à la passation des Pouvoirs, mais pour des raisons évidentes il avait préféré resté dans l’ombre.

« Ariane…
— Pour cette vie-là, on a échoué sur toute la ligne, lui sourit simplement son double. Mais la prochaine sera la bonne.
— Comment peux-tu en être aussi sûre ?
— Je le sais, c’est tout. »

Arioch se permit d’esquisser un léger sourire. Il ne pourrait jamais se pardonner d’avoir commis tant d’actes meurtriers, mais il faisait confiance à Ariane. Celle-ci lui tendit la main.

« Viens, il est temps de renaître et de réaliser notre plus vieux rêve. »

Ariane les téléporta tous les deux devant le Mémorial de l’Entre-Monde, qui était une réplique exacte de celui présent sur Almari –avant que celui-ci ne soit détruit.
Ils en franchirent tous les deux la porte et, contre toute attente, plusieurs centaines de personnes étaient debout, que ce soit entre les bancs, ou dans les gradins, à les observer –à les accueillir une dernière fois.

Au niveau de l’autel se trouvaient Vanitas et Kairi. Le duo réuni s’approcha d’eux, en se tenant fermement la main. Ariane ne savait pas quoi dire face à la présence des habitants qui n’avaient pas encore franchi les portes de ce monde, pour vivre une nouvelle vie. Après tout, ils s’apprêtaient à laisser partir leur meurtrier –pour la plupart- alors pourquoi prenaient-ils la peine de se déplacer les voir ?

« Vous n’étiez pas obligés de les réunir, déclara finalement Ariane.
— Grâce à vous, la malédiction n’existe plus, expliqua Kairi. Et malgré la crise qu’a connue l’Entre-Monde puis Almari, vous avez toujours été là pour nous aider. Vous remercier et vous dire au revoir… c’était la moindre des choses. »

Ariane adressa un dernier regard à chaque habitant qu’elle avait recueilli, qu’elle avait soutenu. Tous lui souriaient, malgré la présence d’Arioch à ses côtés. D’ailleurs… il n’y avait aucune mauvaise humeur. Tout le monde faisait abstraction de ce qu’avait fait l’ancien Maître des Ténèbres –et elle savait que c’était sincère, vu le fonctionnement de l’Entre-Monde.
Elle s’adressa à tout le monde.

« Merci, vraiment. Je pense que c’est le plus beau cadeau que vous pouviez tous m’offrir avant que je ne parte avec Arioch. »

Elle se tourna finalement vers Vanitas et Kairi. L’heure de partir, mais surtout de leur confier leur dernière mission, était venue.

« Trente ans.
— Quoi, trente ans ? demanda Vanitas.
— Dans trente ans, je vous autorise à descendre sur Almari pour nous voir, Arioch et moi.
— Mais… pourquoi ? interrogea Kairi.
— Pour que nous puissions continuer notre vie là où elle s’est arrêtée, il y a plusieurs millénaires, expliqua Ariane.
— Comment veux-tu qu’ils fassent ça ? osa demander Arioch. »

Ariane observa son double avant de sourire, puis d’expliquer la situation aux Maîtres de l’Entre-Monde et des Ténèbres –qui se posaient très certainement la même question.

« Dans quelques mois… nous renaîtrons. Du coup, dans trente ans, nous aurons l’âge à laquelle notre vie actuelle s’est arrêtée et donc on pourra la continuer. Vanitas, Kairi. Je veux que vous scelliez nos souvenirs dès que nous franchirons la Porte, pour qu’ensuite vous puissiez nous les rendre. »

Les deux concernés s’observèrent, pesant le pour et le contre d’une telle chose. Après tout s’ils récupéraient tous leurs souvenirs, Arioch pourrait très bien redevenir celui qu’ils avaient dû affronter. Mais en plus, ce n’était pas quelque chose de « naturel », étant donné qu’ils auraient vécu une autre vie pendant les trente premières années.

« On saura faire la part des choses le moment venu, expliqua Ariane, qui comprenait leur crainte. Faites-le, s’il vous plaît. »

Kairi et Vanitas hésitèrent encore quelques instants. Mais ce fut sans leur répondre qu’ils ouvrirent la Porte –un amas de particules bleues qui menait les duos complets au repos. Ariane et Arioch se serrèrent la main. Ils n’auraient jamais la réponse –en tout cas, pas dans cette vie-là. Sans doute que les Maîtres n’en n’avait pas encore non plus, mais que durant les trente prochaines années, ils conserveraient tout de même les souvenirs du duo, le temps d’y réfléchir ? Ariane, comme Arioch, l’espéraient.
Ils s’approchèrent alors de la Porte, cependant…

« Attends, Ariane. »

Ce fut Arioch qui l’empêcha de franchir tout de suite la Porte. Arioch également qui observa d’abord Kairi et Vanitas, puis l’ensemble de tous les habitants qui avaient bien voulu venir leur dire au revoir.

« Des excuses ne serviraient à rien, je le conçois, commença finalement Arioch. Seulement je souhaite tout de même vous les faire. »

Chaque habitant resta silencieux.

« Je suis désolé d’avoir volé vos vies ainsi. D’avoir perdu de vue mes rêves et mon humanité pour finir par tuer. –il fit une petite pause, avant de reprendre- Je ne demanderai jamais votre pardon, bien entendu, parce que tout ce que j’ai fait ne le mérite pas. Mais je tenais malgré tout à vous dire cela, mais aussi… à vous remercier pour votre présence aujourd’hui. »

Arioch observa ensuite les deux nouveaux Maîtres de l’Entre-Monde et des Ténèbres.

« Je suis certain que tant que vous dirigerez ces mondes, Almari sera en sécurité. »

Vanitas et Kairi ne pouvaient que sentir de la sincérité dans les propos de celui qui les avait tués, mais ne surent pas quoi répondre sur l’instant –alors ils préférèrent garder le silence.

Arioch et Ariane, quant à eux, étaient définitivement prêts à partir. Ils s’approchèrent encore un peu plus de cette Porte. Celle qui leur offrirait une nouvelle chance de vivre la vie qu’ils avaient toujours voulu avoir.

« Foutez pas trop la merde, dans votre nouvelle vie, prononça finalement Vanitas, à l’attention de son meurtrier. »

Arioch put à peine se tourner vers celui qui avait prononcé cette phrase, et qu’il avait dépossédé de son cœur, six ans auparavant. Il ne put rien faire d’autres que lui sourire légèrement – sans avoir le temps de le remercier pour lui avoir adressé ces derniers mots.
Une vive lumière éblouit le duo, les libérant ainsi de plusieurs milliers d’années d’errance et –ou- d’erreurs.

Sur l’énorme stèle de marbre du Mémorial de l’Entre-monde, les lettres dorées des noms d’Ariane et d’Arioch Mahoney s’évaporèrent définitivement.

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Avenir nous appartient    Ven 27 Nov - 23:14

Epilogue : Existence

Deux mois s’étaient écoulés depuis les derniers évènements avec Arioch. Deux mois également que le jour se levait à nouveau et que la nuit tombait normalement. Chacun reprenait sa vie en main. Les travaux de l’hôpital, ainsi que ceux au Mémorial, continuaient sans relâche, même si tout ne serait finalisé que dans quelques mois. Le personnel du bâtiment hospitalier continuait donc à aider dans les différents hôpitaux, aux alentours de la ville d’Agena.
Pour ce qui était de tout le groupe…

Sora continuait à être designer et scénariste de jeux vidéo, et s’inspirait grandement des différentes choses qu’il avait pu voir durant la dernière lutte contre Arioch, afin d’offrir des personnages originaux aux jeux pour lesquels il travaillait.

La grossesse de Seïra progressait normalement –elle en était à présent au cinquième mois- et elle s’amusait à leur cachait le sexe de ses enfants -en effet, ils avaient découvert qu’elle était enceinte de faux-jumeaux, une fille et un garçon. Mais seuls Aqua –et son équipe- ainsi que Kaël étaient au courant.
Elle continuait d’illustrer des contes pour enfants –bien qu’elle travaillait surtout pour celui qu’elle offrirait aux siens- et avait définitivement déménagé chez Kaël qui prenait soin d’elle, tout en continuant son rôle d’instituteur en journée.
Ils envisageaient tous les deux de se marier.

Vanilla et Alexia étaient définitivement revenues à Agena, délaissant complètement l’appartement qu’elles avaient occupé durant trois ans dans une autre ville. Leur relation, qui était à présent bien plus que de l’amitié, n’était plus un secret pour personne –mais elles préféraient tout de même rester discrètes sur ce sujet-là.

Riko et Xion, quant à elles, avaient eu la chance de pouvoir refaire leur année de médecine à l’université de Semina. Elles réaliseraient très certainement leurs périodes de stage dans l’hôpital de cette ville.

Noa continuait de travailler pour la banque, et avait même pris un apprenti à sa charge ; il s’agissait de Marluxia, le double de Marlène, qui avait été tuée devant lui. Ce n’était pas grand-chose, mais il y tenait.

Riku continuait ses études en psychologie, et passerait bientôt en master de première année. Ses résultats avaient nettement baissé, durant la période avec Arioch, mais il avait su se rattraper, afin de réussir à atteindre son but.
Il n’hébergeait plus Vanilla, et ce depuis que la noiraude avait à nouveau emménagé en ville, un mois auparavant.

Axel continuait à être mécanicien, bien qu’il ait tenté plusieurs formations dans divers domaines. Malheureusement, il n’avait pas trouvé quelque chose qui aurait pu lui plaire suffisamment pour abandonner le garage dans lequel il travaillait depuis plusieurs années. Il s’était cependant inscrit à un club d’athlétisme –sport que pratiquait Vanitas de son vivant. Il n’arrivait pas encore à mettre de côté ses sentiments, mais Alexia ne lui transmettait plus rien qui pouvait le frustrer ou le faire souffrir –il arriverait sans doute à passer à autre chose bientôt, ce que le noiraud lui avait de toute façon ordonné.

Selena avait quitté la ville pour vivre sa vie ailleurs, mais il lui arrivait tout de même de revenir revoir tout le monde, de temps en temps. Elle avait surtout gardé le contact avec Aloïs.

Zenia n’avait pas relâché ses efforts, afin de toujours être reconnue dans son métier, malgré son handicap. Elle était aidée par Aloïs, qui avait souhaité être son apprenti et étudiait dur pour cela. Eva lui donnait des cours particulier sur certains corps de la morgue, afin de l’entraîner à être un bon chirurgien. Xion et Riko, elles, n’hésitaient pas à lui prêter leurs cours, pour la théorie.

Bien sûr, en dehors de leurs heures de travail ou d’études, il leur arrivait très souvent de tous se retrouver au café Granny.
Pourtant, lorsqu’ils se réunirent là-bas aujourd’hui, et après un certain temps d’attente, plusieurs d’entre eux n’avaient toujours pas daigné se déplacer. Il manquait Vanilla, Seïra, Sora, ainsi que Kaël. Bien sûr ça n’avait rien d’inquiétant, mais ils auraient tout de même pu prévenir…

« Quelqu’un sait où ils sont ou même pas ? demanda finalement Axel.
— Sora est allé chez ses parents avec Vanilla et Seïra, expliqua Alexia.
— Genre. Vanilla est jamais allée là-bas. Pourquoi elle irait maintenant ?
— Bah demande-lui. En tout cas c’était de son initiative.
— C’est plutôt une bonne chose, je trouve, rajouta Xion. »

Même si au fond cela restait étrange pour chaque membre du groupe présent, qui savait que Vanilla avait –pendant plus de six ans- esquivé les parents de Sora et Vanitas, pour des raisons stupides –bien que compréhensives, au vu des circonstances.
Ca les intriguait donc tout de même un peu, le déroulement de cette rencontre entre Vanilla et les parents des jumeaux, mais c’était également –et surtout- très rassurant de savoir la noiraude là-bas après tant d’années.

« Bon, au moins elle récupère un cerveau, c’est déjà ça, déclara Axel. Et pour Kaël ?
— Il aide les parents de Kairi à déménager avec Aqua, répondit Aloïs.
— Genre toi t’es au courant de ça et même pas nous !
— J’étais à côté de lui quand les parents de Kairi lui ont téléphoné, c’est tout, se défendit l’autre. »

Un soupir d’Axel, où personne ne fit attention, vu que ce fut au tour de Zenia de prendre la parole, après avoir bu une gorgée de son café. Riku venait de lui demander l’avancement des travaux, mais comme Axel était bien trop frustré de n’être au courant de rien, il n’y avait pas fait attention.

« Concernant le Mémorial, les travaux devraient se terminer dans un mois. L’hôpital, c’est bien plus délicat, et d’après Braig et Eva il faudra encore deux à trois mois, afin qu’il soit utilisable dans son intégralité. »

Ils ne pourraient donc pas encore mettre toutes ces histoires de côté, mais cela restait rassurant de voir que, doucement, les dernières blessures provoquées par Arioch seraient enfin cicatrisées.
Bien sûr, chacun savait que Zenia, elle, ne pourrait plus jamais faire comme si rien ne s’était passé, mais ils refusaient tous de remettre sur le tapis ce sujet-là en particulier.

« Bon du coup, vu que Noël approche, on fait quoi ? demanda finalement Axel. »

Personne n’y avait réfléchi. Pourtant, c’était censé être le principal thème de leur réunion, cette fois-ci. Mais chez chacun d’eux, il y avait ce sentiment étrange dans leur cœur. Avoir des sujets de réflexions normaux, se comporter aussi normalement… tout cela leur avait manqué. En six ans, et à cause du départ d’un bon nombre d’entre eux, ils n’avaient jamais réussi à être aussi insouciants et naturels.

Maintenant, tout le monde était revenu. Chacun traçait sa route, bien sûr, mais ils ne se perdraient plus jamais de vue. Ils pouvaient tous vivre comme ils le souhaitaient, sans avoir peur du lendemain.

Durant une conversation qui s’anima bien vite grâce à Axel, certains ne firent qu’observer distraitement par la fenêtre. Quelque part dans ce ciel se trouvait l’Entre-Monde, invisible à leurs yeux. Ariane n’y était très certainement plus depuis deux mois ; mais tout ce qu’il se passait actuellement, et qui pouvait encore se créer… c’était grâce à elle.

Sans ses actions et le soutien de Vanitas, Kairi et des autres habitants de l’Entre-Monde, ils n’auraient jamais pu tourner définitivement la page. Tous espéraient d’ailleurs que le noiraud et la rouquine allaient bien, là-haut, même si plus personne n’en parlait. Il n’y avait après tout aucune raison de le faire ; ils savaient que leurs deux amis, frère ou double les attendraient dans l’Entre-Monde pour les accueillir comme il se devrait, au moment venu.
Mais pour l’heure, ils se concentreraient tous sur leur vie –et non pas sur leur mort.

Après tout ce qui avait pu se produire, ainsi que tous les sacrifices qu’ils avaient dû faire pour en arriver là… leur Destin était finalement et définitivement entre leurs mains, et leur Avenir leur appartiendrait pour de bon.

Ils pourraient tous enfin profiter de l’existence pour laquelle ils s’étaient si longuement battus.

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« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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