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 [FanFic] Notre Destin est entre nos mains

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Fexatsyn Miroï
Disciple de l'Ombre et Rêveuse à temps plein


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MessageSujet: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 15 Juin - 21:53

Titre: Notre Destin est entre nos mains
Résumé: Deux mondes parallèles qui ne pouvaient vivre séparément. Tel était la légende d’Alma et de Mirari, l’opposé l’un de l’autre. Seulement ce n’était pas qu’une histoire légendaire racontée aux enfants ; ces deux univers, aussi similaires que différents, existaient bel et bien. Interdit au départ de tout contact, les deux mondes sont très loin de se douter de ce qui allait bientôt arriver. Mais arriveront-ils à être assez forts pour affronter les nombreux dangers et malheurs qui découleront de leur nouveau Destin ?
Disclaimer: Tous les personnages de Kingdom Hearts sont la propriété exclusive de Square Enix et Disney. Les autres m’appartiennent.
Genres :  angst ; amitié ; surnaturel.
Rating : T
Monde : UA

Statut : Terminée

Ca y est, le moment est venu ; le prologue d'une fic dont beaucoup de personnes ont déjà entendu parler.
Ce sera ma première fic longue, je pense pouvoir tenir le rythme les premières semaines, mais pour après, je ne garantie rien. xD



Je vous souhaite tout de même une bonne lecture.

 
 





Notre Destin est entre nos mains

 

Prologue : La légende.

 

Chronique des mondes, prologue du chapitre premier. Auteur inconnu.

 

Deux mondes parallèles qui ne pouvaient vivre séparément. Tel était la légende d’Alma et de Mirari, l’opposé l’un de l’autre. Seulement ce n’était pas qu’une histoire légendaire racontée aux enfants ; ces deux univers, aussi similaires que différents, existaient bel et bien. Alma dépendait des sports de combat pour se défendre, et Mirari des armes à feu ; et si vous naissiez fille en Alma ou en Mirari, votre double de l’autre monde serait un garçon. Et inversement ; si vous êtiez un garçon en Alma ou en Mirari, votre double de l’autre monde serait une fille.

En Alma, très peu de personnes dépendaient de cette légende, mais chaque habitant de Mirari y croyait dur comme fer, certains rêvant même de rencontrer leur opposé de l’autre monde.

Seulement toute forme de contact avec l’autre monde était impossible, malgré les vaines tentatives des scientifiques pour réussir cet exploit. Pour Mirari, Alma était un trésor inaccessible. Pour Alma, Mirari n’était que pure invention.

Ces états d’esprits des deux mondes étaient ainsi depuis la nuit des temps, et sans doute que rien ni personne ne pourra modifier cela.

 

Alexia arrêta immédiatement sa lecture après avoir lu la première page, et dégagea ses longs cheveux roux de son visage d’un geste rapide de la main. Elle finit par soupirer, et jeta le livre qu’elle tenait en main sur le siège à côté d’elle, et observa sa meilleure amie -celle-ci paraissait concentrée sur la lecture d’une bande-dessinée.

Sa curiosité maladive oblige, la rouquine se sentit obligée d’interrompre la lecture de la jeune femme en face d’elle.

 

« Hey Vanilla, tu crois qu’on a vraiment des doubles quelque part ? Et si on en a, tu crois qu’ils sont sexys ?

- … Parce que tu comptes flirter avec un mec qu’on peut considérer comme étant ton frère ? Demanda l’autre sans même lever son regard. Chez moi on appelle ça de l’inceste.

- Bah, au pire je verrai ce que donne ton double, ou celui de ta sœur. Là ce sera pas de l’inceste, déclara Alexia, narquoise. »

 

La dénommée Vanilla daigna finalement relever son regard doré vers la rousse en face d’elle en soupirant d’exaspération. Elle reposa ensuite sa bande-dessinée, et prit le livre qu’Alexia avait jeté peu auparavant sur le siège à côté d’elle. Elle l’ouvrit ensuite à la première page, et chercha une ligne en particulière. Une fois qu’elle eut trouvé ce qu’elle cherchait, elle redressa la tête vers sa meilleure amie.

 

« Qu’est-ce que tu comprends pas dans « Seulement toute forme de contact avec l’autre monde était impossible, malgré les vaines tentatives des scientifiques pour réussir cet exploit. » ?

- Bah, on a le droit de rêver.

- Ne le fais pas trop, n’oublie pas qu’on dépend de ces doubles, comme eux dépendent de nous. Si nos opposés mourraient de causes non-naturelles, on les suivrait dans un suicide qu’on ne pourrait pas s’empêcher de commettre, déclara une autre voix féminine. »

 

Les deux présentes tournèrent la tête vers la nouvelle arrivante, qui avait tout de même réussi à plomber l’ambiance à l’aide d’une seule et unique phrase.

Alexia ne répondit donc à la remarque de l’argentée en face d’elle, et passa à un tout autre sujet.

 

« Au fait, vous avez trouvé quoi acheter pour l’anniversaire de Noa ?

- C’est le garçon le plus difficile que j’ai jamais connu sur cette Terre, soupira Vanilla. Et même Seïra, qui est plutôt douée pour trouver des cadeaux, sèche complètement cette fois.

- Ca craint si ta propre sœur bloque…, déclara Alexia. Sans elle, on a aucune chance de trouver seules. Riko, t’as vraiment pas une idée ? Tu étais dans la même classe que lui à l’époque, tu devrais mieux le connaître que nous.

- Désolée, mais trouver des cadeaux n’est de toute manière pas ma spécialité, répondit l’argentée. Que je connaisse la personne ou non. »

 

Comme simple réponse, Alexia murmura un « on est foutues, on trouvera jamais à temps », en s’affalant dans son siège. C’était la première fois qu’elles bloquaient toutes autant sur un simple cadeau.

 

« Eh bien alors les filles, qu’est-ce qu’il vous arrive ? »

 

Il n’était pas difficile de reconnaître l’arrivant, étant donné que c’était le seul garçon du groupe. Mais comme par hasard, il suffisait que les autres parlent de lui, pour qu’il arrive, alors qu’il ne devait être aucunement au courant de la conversation qu’elles avaient.

 

« Rien du tout, déclara Vanilla. Et puis tu es pas censé être en cours ?

- Mon prof ne pouvait pas tenir son cours jusqu’au bout à cause d’une réunion, déclara l’autre. Pourquoi Alexia a l’air si désespérée ?

- Parce que la vie est désespérante, soupira la concernée.

- Elle a reçu une remarque d’un prof ou quoi ? Demanda Noa, qui ne comprenait pas cette soudaine dépression.

- Même pas, elle cherche juste l’amour dans un monde inaccessible, déclara simplement Riko en haussant les épaules.

- Elle voudrait faire de l’inceste avec son double d’Alma, renchérit Vanilla.

- … Charmant, déclara simplement le garçon, qui ne trouva rien d’autre à dire. 

- Allez-y, moquez-vous, Riko et Vani savent très bien pourquoi je déprime en plus.

- Combien de fois je vais te dire que c’est pas « Vani » ? J’ai un prénom, et c’est pas pour que tu lui donnes des abréviations ridicules.

- Quand c’est ta sœur qui te le dis, ça te dérange pas, hein. Et pis ça t’apprendra à te foutre de moi. »

 

Vanilla s’apprêta à répliquer quelque chose, mais fut interrompue par la sonnerie. Comme ils avaient tous finis les cours, ils décidèrent d’attendre que Seïra, la sœur de Vanilla, les rejoignent à la bibliothèque.

Ce qui fut assez rapide, car la brune fut bien vite sur les lieux. Les quatre autres se levèrent tandis qu’Alexia s’étira, avant de s’adresser à tout le monde.

 

« On va au cinéma ? Y’a un film qui paraît pas mal en ce moment.

- Pourquoi pas ? En plus, si on se dépêche, on pourra prendre la séance de dix-sept heures trente, répondit l’arrivante, comme toujours souriante.

- Bon, eh bien allons-y, ça changera Alexia avec ses idées d’inceste, déclara naturellement Vanilla.

- Idées d’inceste, comment ça ? Demanda sa jumelle.

- Rien, c’est ta sœur qui interprète comme elle veut ce qu’on dit, répliqua la rousse.

- Si ton double d’Alma était sexy, tu te le ferais, c’est ce que tu as clairement sous-entendu, rétorqua la sœur en question. Je n’interprète donc rien du tout.

- Mais tuez-laaaa… »

 

Les autres ne purent s’empêcher de rire face à ce que vivait actuellement Alexia ; et avec Vanilla, qui n’avait pas sa langue dans sa poche, il valait mieux éviter les propos aussi détournables. Mais si les autres le savaient, la rousse avait visiblement du mal à l’assimiler.

Une fois l’affrontement des deux meilleures amies terminé, ils finirent par tous sortir du lycée, pour se diriger vers l’arrêt de bus. Prochaine destination : le cinéma.




~0~0~0~0~



Chronique des mondes, prologue du chapitre premier. Auteur inconnu.

 

Deux mondes parallèles qui ne pouvaient vivre séparément. Tel était la légende d’Alma et de Mirari, l’opposé l’un de l’autre. Seulement ce n’était pas qu’une histoire légendaire racontée aux enfants ; ces deux univers, aussi similaires que différents, existaient bel et bien. Alma dépendait des sports de combat pour se défendre, et Mirari des armes à feu ; et si vous naissiez fille en Alma ou en Mirari, votre double de l’autre monde serait un garçon. Et inversement ; si vous étiez un garçon en Alma ou en Mirari, votre double de l’autre monde serait une fille.

En Alma, très peu de personnes dépendaient de cette légende, mais chaque habitant de Mirari y croyait dur comme fer, certains rêvant même de rencontrer leur opposé de l’autre monde.

Seulement toute forme de contact avec l’autre monde était impossible, malgré les vaines tentatives des scientifiques pour réussir cet exploit. Pour Mirari, Alma était un trésor inaccessible. Pour Alma, Mirari n’était que pure invention.

Ces états d’esprits des deux mondes étaient ainsi depuis la nuit des temps, et sans doute que-

 

Axel soupira et ne prit même pas la peine de finir sa phrase avant de refermer le bouquin bruyamment. Son meilleur ami –en pleine lecture d’une bande-dessinée- l’observa du coin des yeux, exaspéré. Pourquoi venait-il à la bibliothèque s’il n’arrivait pas à se tenir tranquille plus de dix minutes ?

 

« J’en ai marre de cette histoire, prononça le roux. Mirari par-ci, Mirari par là… On a aucune preuve que ce truc ait existé un jour.

- Alors pars d’ici au lieu de lire les bouquins là-dessus, rien ne t’obligeait à m’accompagner, de toute façon. »

 

Dans un soupir, Axel finit par se redresser, et par passer un bras autour de l’autre garçon, qui n’appréciait pas vraiment d’être dérangé de la sorte, et se dégagea donc rapidement. Cela ne dérangea en rien le roux, qui changea simplement de position, en mettant ses bras derrière la nuque.

 

« J’allais pas laisser mon cher petit Vani seul le temps qu’il attende son frère.

- Déjà, je ne suis pas ton « cher petit Vani », et si j’ai un prénom, ce n’est pas pour que tu lui fasses subir des abréviations stupides.

- Tu préfère « mon cher petit Vanitas » ? Et puis quand c’est ton frère qui t’appelle Vani, ça te dérange pas, donc bon. »

 

Pour simple réponse, le dénommé Vanitas –où Vani pour les intimes, même s’il détestait ça- soupira et retourna dans sa lecture, sous l’amusement de la jeune femme aux cheveux noirs en face d’eux, un magazine en main, et qui était assise aux côtés d’un garçon aux cheveux argenté, concentré sur la lecture d’un roman.

 

« On dirait une dispute de couple, déclara-t-elle. C’en serait presque mignon.

- Xion, on t’a pas sonné, déclarent les deux autres d’une même voix.

- Pourtant elle a raison, vous agissez comme un couple, rajouta le garçon à côté de la jeune femme, mais qui n’avait pas relevé le regard de son livre. Vous vous prenez la tête sur des choses totalement inutiles.

- Ah nan Riku, pas toi ! Râla le roux. Déjà que l’autre perverse yaoïste me fait chier, alors si toi tu mets toi aussi, ça va pas le faire. »

 

En répliquant cela, il avait légèrement levé la voix, et se fit immédiatement réprimandé par la documentaliste qui se trouvait à proximité. Il s’excusa rapidement, et promit de baisser d’un ton. Mais au moins, grâce à cette interruption imprévue de leur conversation précédente, les quatre amis purent passer à un autre sujet, au plus grand bonheur d’Axel. Vanitas lui, finalement, il s’en foutait. Xion pouvait continuer d’imaginer ses bizarreries, tant que c’était Axel qui se prenait le tout, ce n’était pas bien grave.

 

« Vous avez la chance de finir les cours plus tôt, vous, n’empêche…, soupira la seule jeune femme du groupe.

- Ah oui, c’est vrai que lorsque Sora aura fini, toi et Riku vous reprendrez… Comme c’est pas de chance, déclara simplement Vanitas, sans même lever le regard de sa lecture.

- Pendant que vous vous bosserez, nous on sera tranquillement en train de rien foutre, renchérit Axel, histoire de redevenir maître de la situation et d’oublier la discussion précédente qui l’avait rabaissé.

- Vous savez que jeudi prochain, la situation sera inversée au moins ? Demanda l’argenté. Le retour de flamme est pour bientôt, vous savez ?

- Ouais, mais- »

 

Le roux ne put prononcer un mot de plus ; la sonnerie l’interrompit, et les trois autres se levèrent et reposèrent immédiatement leur lecture à leur place. Si Riku et Xion se dirigèrent dans l’annexe du CDI –où aurait lieu leur prochain cours- Vanitas déclara à Axel qu’il ferait mieux de se dépêcher de le suivre vers la cour, lieu où Sora devrait les rejoindre.
Dans un soupir il suivit son ami jusqu’à l’endroit convoité. En passant rapidement un regard sur le grand espace extérieur, ils virent la personne recherchée installée sur un banc –ils la rejoignirent rapidement. Après s’être salués, le dénommé Sora prit la parole.


 

« On va en ville comme prévu ? On doit encore acheter un cadeau d’anniversaire à Xion, pour ce week-end.

- Vaut mieux s’y mettre tout de suite, sinon les deux autres auront fini les cours avant qu’on ait réussi à trouver, soupira Axel, qui détestait chercher des cadeaux, car aucunement doué pour ça. »

 

Ils se mirent en route le plus rapidement possible pour ne pas louper leur bus.

Leur prochaine destination était le centre ville.



Dernière édition par Fexatsyn Miroï le Sam 28 Fév - 22:32, édité 3 fois
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 22 Juin - 19:15

Chapitre 1 : Distorsion

 

Dans le laboratoire le plus réputé de Mirari, six scientifiques renommés finalisaient ce qu’ils disaient être « l’œuvre de plusieurs millénaires de recherches ». Même si malgré ça, le doute planait dans certains esprits ; c’était la première fois en plusieurs siècles qu’ils retentaient une telle chose, et si cela échouait, cela pourrait avoir de terribles conséquences.

 

« Xena, êtes-vous sûre qu’activer ce portail sera sans danger pour nous et l’autre monde ? Demanda une jeune femme, qui dissimulait son œil droit sous de longs cheveux gris bleuté.

- Ce n’est plus l’heure de douter, Zenia, répondit l’autre femme aux longs cheveux gris et aux yeux dorés, calmement. Cela fait plusieurs années que nous mettons corps et âmes dans ce projet, qui est enfin sur le point d’aboutir.

- Et puis si t’as peur, tu peux toujours prendre la fuite, déclara une autre scientifique aux cheveux noirs tirés vers l’arrière, et dont le sarcasme se lisait dans son regard brun. La sortie c’est par là.

- Je n’ai pas dit que j’avais peur, rétorqua Zenia. Seulement nous nous lançons dans quelque chose qui nous est inconnue, et que nous n’arriverons peut-être pas à gérer les conséquences que cette expérience engendrera.

- Nous comprenons ta crainte, s’éleva une autre voix féminine, qui travaillait sur les derniers réglages du portail. Mais nous sommes sur le point de créer un pont entre Alma et nous, il ne faut pas qu’on perde notre assurance si près du but. »

 

Après avoir finalisé les réglages, la femme qui venait de parler se dirigea vers la dirigeante des opérations, pour ainsi la prévenir que l’énorme machine pouvait être activée. Xena hocha simplement la tête, et se dirigea vers un tableau de commande. Elle adressa les derniers ordres à ses subordonnés en tapant d’innombrables formules sur le clavier.

 

« Larsen, Briana, tenez-vous prêts à abaisser les deux leviers d’activation lorsque je vous le dirai, déclara la femme. Lucia, veille à ce que le portail ne surchauffe pas. Eva, n’oublie pas de noter chaque réaction du portail sur ton ordinateur. Quant à toi Zenia, tu lanceras la caméra dès que nous enclencherons la procédure finale. »

 

Chacun et chacune obtempéra et s’installa au poste qui lui avait été attribué, en préparant le matériel si nécessaire.

Xena finit de taper ses différentes formules, et en levant son regard vers la machine devant elle, ne put s’empêcher de sourire ; les voilà enfin au moment tant attendu.

 

« Ouvrez le portail. »

 

Larsen et Briana s’observèrent, et dans un mouvement synchronisé abaissèrent les leviers d’activation. Très vite, et au centre de l’immense pièce où ils se trouvaient tous, un amas d’énergie  se créa, alimenté par l’électricité des autres appareils technologiques se trouvant à proximité. Le bruit engendré força toutes les personnes à se couvrir les oreilles, tandis qu’ils durent se baisser et fermer les yeux, pour éviter les étincelles et autres éclats électriques que provoquait le portail.

Xena fut la seule à laisser les yeux ouverts, et se rapprocha immédiatement quand elle vit une image se former dans le portail ; elle sourit. Six personnes –une femme, et cinq hommes dans des tenues de scientifiques et avec des positions similaires aux leurs. Exactement comme dans la légende. Alma et Mirari étaient l’opposée l’une de l’autre. La seule chose en plus qu’elle aurait du faire, c’était se douter qu’en Alma, leurs doubles tenteraient également de créer un portail.


Quand Xena se rapprocha un peu plus du passage, elle put voir son double masculin faire de-même. Tous les deux avaient le même sourire victorieux.


Seulement tout bascula au moment où le duo tenta de passer un bras dans le portail. Une explosion d’électricité repoussa les douze personnes qui se trouvaient à proximité du passage, que ce soit dans un monde ou dans l’autre.

 

En se tenant la tête, Xena releva le regard vers le portail, dont l’électricité prenait des teintes noire et violette par endroit. Non… Ce n’était pas possible. Une Distorsion entre les mondes n’était pas censée arriver, ou en tout cas pas avec une telle puissance.

Elle tenta d’hurler à Larsen et Briana de rabaisser les leviers –vit son double faire de même à travers le peu d’image qui restait nette - seulement les deux duos étaient inconscients suite au choc.

 

Finalement l’image à l’intérieur du portail disparut, tandis que celui-ci s’emballa encore un peu plus. Il n’y avait plus que cette étrange masse électrique sombre, qui frappa de plein fouet Xena, Larsen, et Lucia. Zenia parvint à mettre à l’abri Briana, encore inconsciente, tandis qu’Eva était déjà parvenue à fuir par le passage souterrain du laboratoire.

Des tremblements de terre de magnitude 7 au minimum commençaient à se faire sentir ; Zenia n’aurait pas le temps d’évacuer tout le monde, c’était certain –le laboratoire s’effondrerait bientôt sur elle si elle restait trop longtemps là.


Elle baissa son regard vers Briana, encore inconsciente. Seule elle pourrait être sauvée. Zenia la maintint alors contre elle, et en tentant d’éviter au mieux toute l’électricité –dont le bruit lui vrillait les oreilles- se dirigea vers le conduit où s’était réfugiée Eva.


Mais alors qu’elle arriva près du but, elle fut déstabilisée par un nouveau tremblement de terre plus fort que le précédent ; elle tomba lourdement dans la canalisation qu’elle voulait rejoindre.

Premièrement sonnée, elle se rendit  à peine compte que dans cet endroit, l’électricité noirâtre -juste au-dessus d’elle- ne pouvait plus l’atteindre. Toutefois, et quand elle eut finalement repris ses esprits après sa chute, elle décida de partir d’ici avant que cela ne dégénère encore plus ; elle prit Briana sur son dos, et commença la traversée de ce passage secret, qui se révélait enfin utile au bout d’un siècle d’existence.

 

Durant son parcours, elle ressassa les derniers évènements, pour en arriver à une seule conclusion ; comme elle le pensait, les conséquences d’une telle expérience étaient totalement ingérables –et dans ces circonstances, elle détestait avoir raison.

Seulement une nouvelle secousse eut lieu, et Zenia eut juste le bon réflexe de s’arrêter et de s’adosser contre la paroi du souterrain. Elle ne reprit son chemin que lorsqu’elle était certaine que le tremblement était terminé –jusqu’au suivant.

 

Elle mit du temps à atteindre une porte verrouillée par un code ; elle tapa rapidement le mot de passe, et ouvrit le passage à l’aide d’une main, malgré la lourdeur de la paroi blindée –Briana n’était vraiment pas décidée à se réveiller pour l’instant, donc il fallait qu’elle se débrouille à une seule main.

 

Une fois la porte finalement ouverte, elle releva son regard pour tomber sur Eva –l’attendait-elle depuis le début ? La femme sembla examiner sa cadette avec un léger sourire indescriptible.

 

« Je savais que tu arriverais à me rejoindre, déclara simplement la scientifique, qui observa ensuite Briana. Comment va-t-elle ?

- Inconsciente, mais elle respire encore. Par contre, pour les autres…

- Tant pis pour eux, coupa Eva. Ils savaient que cela pouvait être risqué, donc ils auraient du prendre plus de précaution, comme moi. Viens, on va se diriger vers une base militaire souterraine le temps que les tremblements cessent… s’ils cessent un jour. »

 

Zenia hocha simplement la tête et se mit à marcher, légèrement chancelante. En voyant la faiblesse physique de sa consœur, Eva soupira –tout de même avec compréhension- et décida de prendre Briana à la place de l’autre femme. Celle-ci devrait se reposer dès qu’elles seraient arrivées dans la base -en espérant que les souterrains résistent à des chocs aussi récurrents qu’intenses…

 

~0~0~0~0~

 

Vanitas, Axel et tous les autres venaient de sortir du bus quand ils sentirent une secousse assez violente. Ils arrivèrent tant bien que mal à se maintenir debout par la force de leurs jambes, seulement ils n’étaient pas au bout de leur surprise.

En observant le ciel devenue violâtre, ils pouvaient y voir des éclairs noirs le traverser horizontalement –et à travers certains d’entre eux, ils pouvaient voir des bâtiments à l’envers.

 

Ce ne fut que qu’au moment où un second séisme eut lieu qu’ils arrivèrent à quitter du regard l’étrange phénomène au-dessus d’eux,  et cette fois tous le groupe tomba au sol, en gardant pourtant un œil au ciel ; ils jureraient que les bâtiments, qu’ils voyaient à travers les larges éclairs noirs, s’étaient considérablement rapprochés.

 

Face à ce qu’il se passait au dessus d’eux, ils ne firent même pas attention au sol, qui se fissurait par endroit.

Ce ne fut que lorsque le sol en dessous de Xion se craquela que Sora se rendit compte qu’il y avait bien plus grave que le ciel. Seulement ce n’était pas lui qui était le plus proche d’elle, mais Axel.

 

« Axel ! Xion ! Sauve-la ! »

 

Le roux réagit et se dirigea vers Xion juste à temps. La fissure s’élargit brusquement sous le séisme, et le plus grand rattrapa au bon moment la main de la jeune femme, qui ne parvint même plus à parler, tant la surprise était grande.

Le brun, en voyant son amie se faire ramener sur la terre ferme par le roux ne put s’empêcher de soupirer de soulagement –mais il se stoppa bien vite lorsqu’il se rendit compte que la fissure s’était agrandie jusqu’à sa propre position.

 

Le sol se brisa sous son corps, et il ne put retenir un cri de terreur, quand il sentit une main le rattraper. En levant son regard il vit Vanitas, qui le tenait difficilement. Le noiraud fut aidé par Riku juste au moment où les forces de Sora s’étaient finalement envolées, et ce fut à deux qu’ils remontèrent le brun, tous les trois en état de choc.

 

Les cinq amis eurent à peine le temps de reprendre leur souffle et de se remettre un minimum de leurs émotions, que l’air leur devint soudainement irrespirable. Pire encore, c’était comme si on leur aspirait directement l’air des poumons.

Ils s’effondrèrent au sol, dans l’incapacité de faire le moindre mouvement.

 

Axel remarqua bien vite qu’il était le seul à être resté conscient le plus longtemps. Mais ce fut avec une horreur non dissimulée qu’il découvrit que le sol se pencha légèrement vers le côté où se trouvait la crevasse. Ce fut à cet instant qu’il vit, impuissant, les corps inconscients de Riku, Vanitas et Sora tomber à l’intérieur –il réussit à peine à retenir Xion, inerte.

 

« B-Bordel… C’est… pas possible… »

 

Alors qu’il tenait de toutes ses forces le corps de la jeune femme contre lui, il sentit l’air lui manquer pour de bon. Il avait beau faire ce qu’il pouvait, il ne parvint pas à rester plus longtemps conscient –mais pour rien au monde il ne lâcherait le corps de son amie.

Il ferma définitivement les yeux ; la dernière chose qu’il sentit, ce fut sa descente dans la crevasse, Xion contre lui.

 

~0~0~0~0~

 

Alexia, Vanilla, et tout le reste du groupe marchaient simplement vers le cinéma, quand ils découvrirent un ciel noirâtre, traversé d’éclairs violets –dans certains de ces derniers, ils pouvaient apercevoir des immeubles et toits à l’envers- au dessus d’eux.

 

Des violents tremblements de terre firent tomber tout le groupe au sol –mais pas que.  Pour les cinq amis, une horrible impression de déjà vécu les submergea, ce qui les figea un moment.

Seule Riko arriva à se ressaisir au moment où elle vit une fissure se former au sol –sans savoir pourquoi, seuls deux noms lui vinrent à l’esprit à ce moment-là.

 

« Seïra, Noa, écartez-vous de là un maximum, sinon vous allez tomber ! »

 

Les deux interpelés eurent juste le temps de se décaler à l’aide d’une roulade sur le côté, que le sol, précédemment en dessous d’eux, se fissura sur un mètre de largeur, voire plus –la longueur, elle… était grande.

L’argentée soupira intérieurement ; au moins une chose d’évitée. Seulement elle sentait qu’ils n’étaient clairement pas sortis d’affaire.

Dans le ciel, les immeubles et les toits -que certains éclairs noirs laissaient apparaître- s’étaient clairement rapprochés. Riko avait l’horrible impression que ces choses s’apprêtaient à s’écraser sur la ville. Elle tenta de se lever, en poussant les autres à faire de-même, seulement…


Elle manqua soudainement d’air. Elle tomba à genoux, en se tenant la gorge. Son souffle s’accéléra, alors qu’elle cherchait les autres du regard ; ils étaient tous dans le même état qu’elle.

 

Elle vit avec effroi Alexia, qui fut la première à s’évanouir, commencer à glisser vers la crevasse qui venait de s’ouvrir. Et alors que l’argentée tenta de tendre le bras pour réussir à rattraper le corps inconscient de Vanilla, ce fut un nouvel échec. Pour Seïra, pareil. Et cet air qui lui manquait de plus en plus… Bordel. Il ne restait plus qu’un de ses amis.

 

Noa.

Elle devait le rattraper, au moins lui.

Mais quand le corps du garçon passa juste à ses côtés, l’argentée eu ce réflexe idiot de lui attraper la main. Seulement ça. La suite était prévisible, même pour quelqu’un au bord de l’inconscience.

Les deux furent emportés jusqu’à la crevasse à une vitesse que Riko n’essaya même pas de calculer. Elle réussit juste à avoir une dernière pensée avant de disparaître à son tour dans la crevasse.




Mirari était en ruines.
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 29 Juin - 19:16

Chapitre 2 : Alliance

Riku serra les poings, alors qu’il reprenait doucement conscience. Sans même ouvrir les yeux, il sentit l’odeur particulière de la poussière des chantiers… sauf qu’en se rappelant progressivement de ce qu’il s’était passé, il savait très bien que lorsque ses paupières auraient la force de s’ouvrir, ce serait sur un champ de ruines, et pas sur autre chose.

Seulement il devait se relever, et retrouver ses amis. Si lui avait survécu à cette glissade dans la crevasse, les autres aussi. Il fallait qu’il y croie, sinon il ne pourrait pas avancer.
L’argenté, en cherchant encore à se convaincre, s’appuya tout d’abord sur ses bras, légèrement endoloris par la chute, puis finit par rouvrir les yeux sur ce qu’il savait déjà. Alma n’était plus que ruines.

Il tenta malgré tout de s’asseoir, et passa un regard autour de lui. Au premier abord, il ne vit personne, mais en faisant plus attention, il constata un léger mouvement un peu plus loin, sur sa gauche.
Ne pouvant pas encore se mettre debout, il marcha à quatre pattes jusqu’à la personne, qu’il identifia être une femme, malgré la poussière et les saletés disséminées sur son corps –il ne devait pas être dans un meilleur état de toute façon.
L’argenté prit doucement l’épaule de l’inconnue, et la tourna de façon à voir son visage –et là, le garçon resta simplement hébété.
Et quand la jeune femme finit par ouvrir les yeux pour ensuite se relever, sans pour autant lui adresser le moindre regard, Riku eut même un léger mouvement de recul.
Ce visage, ce regard… Il les connaissait, et pouvait même donner un prénom dessus, mais… c’était impossible que ce soit la personne à qui il pensait.

Après s’être étirée, la jeune femme daigna enfin regarder l’argenté dans les yeux, comme pour l’examiner. Et là il ne faisait aucun doute pour le garçon ; ce regard doré ne pouvait appartenir qu’à Vanitas, mais… Comment ? Et surtout pourquoi ?

« Toi…, commença finalement l’inconnue. Tu n’es pas Riko, pas vrai ? »

Riku fut surpris, sur l’instant ; alors il n’était pas le seul à penser qu’il y avait erreur sur la personne ? Cette histoire devenait de plus en plus bizarre.
Enfin, vu l’air impatient –et familier surtout- qu’affichait la jeune femme en face de lui, il valait mieux répondre au plus vite.

« Non, je m’appelle Riku. Et toi, quel est ton nom ?
- Vanilla, déclara simplement l’autre en continuant de l’examiner. Et je suis certaine que tu viens d’Alma. »

… C’était la première fois qu’on lui disait une telle phrase. Mais à en juger par l’apparence de la fille en face de lui, de ces prénoms trop semblables qui avaient été prononcés, ou simplement pensés… Se trouvait-il en face d’une habitante de Mirari ? Qui serait en plus de cela l’opposée de Vanitas ?
Riku ne pouvait pas y croire. C’était trop gros cette histoire –et puis il avait toujours été convaincu que le monde de Mirari n’était que pure invention. Cette ressemblance devait juste être une bête coïncidence.

« Pourquoi ? Tu vas me sortir que tu viens de Mirari, c’est ça ?
- Bah, si je te le dis, en bon petit habitant d’Alma que tu es, tu ne me croirais pas, et j’ai un peu autre chose à faire que de perdre mon temps avec toi. »

Après ces mots, Vanilla se leva et épousseta du mieux qu’elle put ses vêtements, avant de faire dos au garçon, qui restait sceptique quant à l’origine de la jeune femme. Seulement lui non plus n’avait pas le temps de continuer ce débat ; il ne savait toujours pas ce qu’étaient devenus ses amis –et de toute façon cette fille l’énervait. Il se releva à son tour.

« Ca tombe bien, moi non plus. »

Riku vit que l’autre l’observait du coin de l’œil, comme pour essayer de le cerner. L’argenté releva simplement un sourcil, surpris, quand la fille se tourna de nouveau vers lui.
Ce fut à ce moment là qu’un nouveau tremblement eut lieu –bien que plus faible que tous ceux qu’ils avaient déjà pu sentir auparavant. A cause de leur proximité et par automatisme, les deux s’accrochèrent l’un à l’autre, pour ne pas tomber. Ils restèrent ainsi jusqu’à ce que la secousse se termine. Vanilla fut la première à se rendre compte de leur position, et donc à s’écarter du garçon en lui tournant à nouveau le dos.
Riku, lui, en vint à une seule conclusion ; se séparer dans un endroit aussi instable serait dangereux.

« Je crois qu’on va devoir rester ensemble, si on veut survivre. »

Vanilla détestait donner raison aux personnes qu’elle ne supportait pas, mais là, elle ne pouvait qu’être d’accord avec lui ; se séparer dans un endroit pareil serait suicidaire.
Ils allaient devoir s’allier pour vivre, que cette idée leur plaise ou non.

« Il vaut mieux trouver un endroit sûr pour réfléchir et se reposer, déclara finalement Riku. Et aussi voir pour trouver de la nourriture et de l’eau quelque part. »

L’autre hocha simplement la tête en signe d’accord. Ils ne pourraient pas faire de recherches correctement s’ils n’avaient pas récupéré suffisamment d’énergie suite à leur chute –et sans boire et manger, ils ne risquaient pas de vivre très longtemps.
Les deux adolescents finirent par se mettre en marche dans le silence. Cette alliance ne plaisait pas plus à l’un qu’à l’autre, mais ils pouvaient au moins faire des efforts pour que celle-ci se passe bien.

~0~0~0~0~

De la neige. C’était la première chose que Noa avait senti sous son corps, une fois qu’il eut réussi à reprendre connaissance. Tout en se redressant, il parvint à passer un vague regard sur une forêt recouverte d’un manteau blanc. Etrange, pensa-t-il. Il était certain qu’avant de se retrouver là, il était en ville. Il tenta de rassembler ses souvenirs encore un peu flous, pour finalement se rappeler ; il était avec Riko, Vanilla, Seïra, et Alexia quand les tremblements avaient commencé. Mais il était seul, ici. Où étaient ses quatre amies ? Avaient-elles simplement survécues à cette chute dans la crevasse ?

« Ouh ma tête… »

Noa sursauta, et se tourna en direction de la voix. Il ne put cacher sa surprise en découvrant l’apparence de l’inconnu –seulement il remarqua qu’il n’était pas le seul à avoir cette expression hébétée.

« Xion ?
- Alexia ? »

Ils avaient tous les deux prononcé ces prénoms en même temps, mais l’un avait parfaitement compris son interlocuteur –et tous deux devinèrent à la tête de l’autre qu’ils ne s’adressaient pas à la bonne personne. Noa vit l’autre garçon croiser les bras en soupirant.

« J’me disais bien qu’une fille ne pouvait pas se métamorphoser en mec. Ce serait flippant. »

Qu’est-ce que devrait dire Noa alors ? Une fille qui se transformait en homme, ça aurait été moins « flippant », peut-être ? Enfin, heureusement que ce n’était pas ça. Noa passa donc à autre chose, et chercha plutôt une explication face à cette ressemblance flagrante entre l’homme devant lui, avec son amie. Seulement l’autre n’était pas décidé à le laisser réfléchir sur ce problème.

« Mais t’es qui alors ?
- Je m’appelle Noa. Et toi ?
- Axel, répondit rapidement l’autre. T’aurais pas vu une paire de jumeaux à la coupe improbable, un type aux cheveux argentés, et une fille avec des cheveux courts et noirs dans l’coin ? »

… Il était stupide ou quoi ? Noa s’était réveillé quasiment en même temps que lui, et il n’avait même pas encore eu la force de se mettre debout. Comment il pourrait avoir vu ces personnes, alors qu’il n’y avait qu’eux dans cette forêt enneigée ?

« Désolé, mais je viens de me réveiller ici, tout comme toi.
- Ah oui, c’est vrai. »

Le dénommé Axel se leva en chancelant, et tendit une main à Noa pour l’aider à faire de même. Une fois tous les deux debout, ils observèrent les alentours. Noa fut le premier à remarquer qu’ils n’étaient pas que dans une forêt, mais également sur une montagne, à en voir la pente dans laquelle ils étaient. Mais il n’y avait aucun signe de civilisation dans les kilomètres à la ronde. Enfin, Noa ne se préoccupait pas vraiment de ça.
Etrangement, il était toujours bloqué sur la ressemblance flagrante entre cet Axel et Alexia –même leurs prénoms avaient des sonorités similaires. Il avait l’impression d’avoir la réponse sur le bout de la langue, mais impossible de mettre le doigt dessus. C’était horriblement frustrant, et il ne put s’empêcher de soupirer, sous le regard intrigué d’Axel.

Ce dernier voulut sans doute lui demander ce qui lui arrivait, mais il n’eut pas le temps de le faire ; une secousse –beaucoup moins violente que les précédentes, par contre- se fit sentir. Les deux garçons eurent à peine le temps de chacun s’accrocher à l’arbre le plus proche, le temps que ça se calme.

Une fois le sol redevenu stable, chacun lâcha le tronc qu’il tenait, et se rapprocha à nouveau de l’autre.

« Est-ce que ça va ? Demanda Noa.
- Un peu secoué mais ouais ça va, et toi ?
- Ca va aussi. »

Heureusement que la secousse qu’ils venaient de vivre était beaucoup moins forte que les autres, sinon cela aurait très bien pu provoquer une avalanche. Mais suite à cet événement, les deux garçons ne purent tirer qu’une seule conclusion ; ils devaient s’allier pour survivre.

« Pour plus de sécurité, il vaudrait mieux que l’on reste ensemble pour retrouver les personnes que l’on cherche, déclara Noa.
- Ouais, je crois aussi… car je tiens pas vraiment à mourir.
- On devrait se mettre en route, et retourner en ville. On aura plus de chance de les retrouver là-bas.
- D’ailleurs, qu’est-ce qu’on fout dans une forêt ? »

Tiens, c’était une question assez pertinente, ça. Noa ne se l’était même pas posé. Il réfléchit un moment, et puisa dans ses souvenirs. Il était en ville avec ses amies, puis il y avait eu les tremblements, cette crevasse, ce manque d’air… Il avait très bien pu tomber, mais après, il ne comprenait quand même pas comment il avait pu atterrir dans un endroit pareil.
Enfin, vu l’apparence qu’avait le ciel avant qu’il ne s’évanouisse, sans doute que la crevasse n’était pas non plus très normale.

« Va savoir, répondit-il finalement, simplement. Allez, allons-y. »

Les deux garçons se mirent en route, avec Noa légèrement plus en retrait qu’Axel. Voir le garçon de dos lui procurait encore cette impression étrange. Il était certain qu’entre Axel et Alexia, il y avait un lien de parenté –seulement son amie était fille unique, et n’avait que des cousines.
Mais la ressemblance ne pouvait pas venir de nul part, ça c’était certain –il devait forcément passer à côté de quelque chose.

Et finalement, alors qu’Axel se retourna vers lui, il se rappela –et compris. La légende des mondes parallèles, et de ses opposés. Comment avait-il pu un instant oublier cette histoire qui, depuis toujours, nourrissait le rêve de Mirari de rencontrer les habitants d’Alma ? Tout s’expliquait alors ! La raison de cette ressemblance avec Alexia devenait alors évidente : Noa était en face de son opposé, tout simplement.

Seulement il n’en revenait pas ; si cet Axel venait bel et bien de l’autre monde… Comment avait-il pu le rencontrer ?
Cela faisait plusieurs années maintenant que les scientifiques de Mirari cherchaient un moyen de créer un pont entre les deux mondes, mais chaque tentative n’avait été qu’un échec…
Et s’il avait faux sur toute la ligne, et que cette ressemblance n’était due qu’à une mauvaise coïncidence ?
Mais au fond, il n’y avait qu’une seule façon de le savoir. Il releva la tête vers Axel, qui s’était retourné, intrigué par le brusque arrêt du garçon.

« Dis, Axel…
- Ouaip ?
- Tu… viens d’Alma ? »

Cette fois, la seule réponse que reçut Noa fut un fou rire. Et il venait du cœur celui-là. Face à cette réaction, l’autre garçon se vexa. Quand le roux arriva un tant soit peu à se calmer, il observa le garçon en face de lui.

« Désolé, mais t’as posé cette question avec un tel sérieux… J’ai pas pu m’en empêcher, déclara le roux.
- C’en était une, répliqua l’autre, bras croisés.
- J’ai tellement l’air d’être un martien ? »

Devant l’air toujours aussi sérieux et énervé de Noa, Axel soupira en reprenant sa route avec l’autre. Le roux ne comprenait toujours pas pourquoi ce garçon lui posait une telle question ; la réponse était pourtant évidente, à moins qu’il y ait une autre planète dans la galaxie à être habités par des Hommes –dans ce cas, ce serait plutôt Noa le martien, pas lui.

« Bien sûr que je suis d’ici, déclara-t-il en haussant les épaules. »

Axel constata un léger mouvement de recul de la part de Noa, après sa réponse –même si le garçon reprit sa marche, une fois la surprise passée. Plus le roux l’observait, moins il le comprenait. Qu’est-ce qui clochait chez ce type ? Les tremblements de terre lui avaient retournés le cerveau ou quoi ?

« Qu’est-ce que j’ai dit encore ?
- Tu ne connais pas la légende des mondes parallèles ? »

Axel réfléchit un instant à la question de l’autre ; il connaissait bien un truc du genre, mais… comme Noa l’avait dit, ce n’était qu’une légende, donc quelque chose qui n’était pas réel.

« Possible, mais c’est quoi le rapport ?
- Si tu es bien du monde d’Alma, alors que moi je viens de Mirari… Ca veut dire que d’une façon ou d’une autre, nos mondes respectifs ont réussi à entrer en contact. »

Un long silence s’en suivit après les derniers mots de Noa, et tous deux s’arrêtèrent à nouveau, pour s’observer. Axel, à en juger par son expression, avait du mal à croire ce qu’il venait d’entendre. Le Mira –c’était ainsi qu’on appelait les habitants masculins de Mirari- ne put s’empêcher de soupirer intérieurement.
Ce que racontaient tous les livres étaient donc bien réel ; les Almarys –habitants d’Alma- ne croyaient pas du tout à la Légende.
Seulement le roux reprit sa route sans un mot, comme plongé dans ses pensées. Ce ne fut qu’après quelques minutes de marches qu’il se mit à reparler à Noa, sans se stopper, cette fois.

« T’es sérieux quand tu dis que t’es un Mira ?
- Bien sûr, déclara simplement l’autre. Je ne vois pas pourquoi je mentirais sur une chose pareille.
- Et tu as une preuve ? Demanda Axel, tout de même sceptique.
- Si tu ne veux pas me croire, c’est ton problème, répondit calmement Noa.
- Bon, admettons que tu viennes bien de Mirari. Tu m’expliques ce que tu foutrais en Alma ?
- Je pourrai te retourner la question, car rien ne prouve que nous soyons dans ton monde, et non pas dans le mien. »

Axel aimait beaucoup les gens avec de la répartie, mais quand ça se retournait contre lui… Il fallait avouer qu’il n’appréciait pas tellement.

« Alors comment on a pu se connaître ? J’croyais que tout contact était impossible.
- J’avoue que ça… Ca reste un mystère à éclaircir. Mais je pense qu’en retournant en ville le plus vite possible, on aura la réponse. »

En effet, ce n’était pas dans une forêt vide de toute vie qu’ils trouveraient une solution à ce problème majeur. Sans un mot de plus, et en restant cette fois-ci côte à côté, ils continuèrent leur chemin, en quête de la vérité.
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Lun 8 Juil - 13:48

Chapitre 3 : A la recherche de la vérité

La chose qui réussit à ramener Alexia à la réalité, ce fut cet horrible mal de tête qui ne passait pas. Elle soupira, et avant de tenter d’ouvrir les yeux, prit le temps de reprendre un minimum ses esprits. Au bout d’un moment, elle parvint à se souvenir des tremblements de terre, de cette crevasse qui s’était formée, ainsi que de ce brusque manque d’air.
Rien que de repenser à cette dernière chose, elle frissonna ; c’était sans doute la sensation la plus désagréable qu’elle ait jamais sentie.

Mais en se rappelant de ça, Alexia se souvint également de ses amis qui étaient avec elle, au moment où tout était arrivé. Ils étaient devenus quoi ?
Finalement elle fit l’effort surhumain d’ouvrir les paupières, mais remarqua qu’elle n’avait pas encore la force de se lever. Elle soupira, et passa alors un simple regard autour d’elle, pour au moins savoir où elle était.

En examinant le paysage à sa droite, elle put facilement deviner qu’elle était dans une vieille décharge. Absolument génial. Encore une fois elle lâcha un soupir, avant de regarder à sa gauche ; elle vit deux personnes, encore inconscientes.
Bon, au moins elle n’était pas la seule à avoir atterri dans un tel dépotoir.

En essayant d’examiner les deux inconnus, elle remarqua qu’elle avait affaire à deux hommes –même si elle ne distinguait pas les visages, ce n’était pas dur à deviner. Et finalement, sa réjouissance de ne pas être seule s’envola –à part pour Noa, elle n’apportait que très peu sa confiance au sexe opposé.

Enfin, il fallait peut-être qu’elle vérifie s’ils étaient encore vivants, vu qu’ils n’étaient toujours pas réveillés. Elle prit appui sur ses coudes, et s’examina avant tout ; visiblement elle n’avait aucune blessure externe grave, seulement quelques égratignures et de la saleté sur ses vêtements.
Elle arriva finalement à se mettre debout, et à évaluer l’état de ses membres ; elle ne sentait aucune douleur, et pouvait donc facilement deviner qu’elle n’avait rien de cassé non plus.
C’était déjà ça, même si atterrir dans un endroit pareil ne l’enchantait pas.

Elle se rapprocha des deux corps inconscients, mais quand elle prit l’épaule de l’un d’eux pour tenter de le réveiller, elle s’arrêta net. Qu’est-ce que c’était encore que ce truc ? Combien de bizarrerie allait-elle encore voir ou vivre ?
Elle recula d’un pas quand elle vit finalement le garçon ouvrir les yeux par lui-même. Et Alexia hallucina encore un peu plus. Ce garçon avait les mêmes yeux que son amie, alors qu’il lui ressemblait déjà comme deux gouttes d’eau.

Quand leurs regards se croisèrent, Alexia put lire une surprise sans doute identique à la sienne.
Bon, au moins elle n'était pas la seule à avoir l'air demeuré. Ce garçon avait une tête à mourir de rire, sur le coup.

« Qui es-tu ? Demanda finalement la rousse.
- Je m’appelle Sora. »

Bon, eh bien comme Alexia le pensait, ce n’était pas Seïra –et encore heureux, car une fille qui se transforme en mec… Mais ça n’expliquait pas pourquoi ce type lui ressemblait comme deux gouttes d’eau.

« Et toi ? Demanda finalement le brun.
- Alexia, répondit-elle. »

Elle vit finalement le garçon se redresser, puis regarder autour de lui. Quand son regard tomba sur le deuxième garçon, la rousse put lire de la panique, avant de voir Sora se diriger vers l’autre, encore inconscient.
En observant le brun tentait de réveiller l’autre, Alexia tomba encore une fois des nues. Non mais c’était pas possible, là. D’abord ce Sora qui ressemblait à Seïra, et maintenant ce qui devait être le jumeau de l’autre garçon ressemblait à Vanilla.
Alexia devait avoir un très gros problème oculaire –et vu la chute qu’elle avait faite, ce ne serait même pas étonnant.

Quand elle vit finalement l’autre garçon ouvrir les yeux, et être aidé par Sora, la rousse fut achevée. Une couleur dorée comme ça, en guise d’iris, ça ne courrait pas des rues, et il ne connaissait qu’une seule personne à en avoir des comme ça.
C’était quoi encore que ce mauvais rêve ?

« C’est qui, elle ? Demanda finalement l’autre garçon, qui avait suffisamment repris connaissance maintenant.
- J’m’appelle Alexia, déclara simplement la jeune femme. Toi ?
- Vanitas. »

Alexia ne chercha pas à continuer la conversation, et garda ses distances quand elle vit le brun aider son jumeau à se relever.
Etrangement, elle avait plus de mal à voir le dénommé Vanitas, que Sora –ce dernier paraissait largement plus sympathique.
Mais la ressemblance flagrante entre ces ceux-là et ses deux amies l’intriguait toujours autant.

« On est où là, au fait ? Demanda finalement Vanitas.
- Dans une décharge, visiblement, répondit Alexia, qui observait les alentours. Mais je vois des immeubles par là. »

Les deux garçons observèrent la direction que pointait la jeune femme. Elle avait raison, il y avait bien des immeubles, ce qui signifiait que la ville n’était pas trop loin.
Sans doute qu’en partant de ce côté, Alexia aurait une chance de retrouver les vraies Vanilla et Seïra, ainsi que Noa et Riko.

« Bon, j’sais pas vous, mais moi, je retourne en ville, déclara-t-elle. »

Mais alors qu’elle voulut se mettre en marche, elle fut déstabilisée à cause d’un tremblement de terre –bien moins puissant que ceux qu’elle avait déjà put sentir. Elle sentit l’un des garçons lui tenir le bras pour l’aider à rester debout puis, quelques secondes plus tard, tout redevint calme.
Ce fut à ce moment là qu’Alexia se rendit compte que c’était Vanitas qui l’avait aidé. Elle ne dit rien, et se contenta de se dégager rapidement de l’emprise du noiraud –en détournant la tête, elle vit Sora se rapprocher d’eux.

« Nous aussi on va devoir retourner en ville pour retrouver des amis, expliqua le brun. Et vu tout ce qu’il se passe en ce moment, il vaudrait ne pas être seul dans un endroit pareil. »

Même si elle était assez réticente à l’idée d’être avec deux garçons totalement inconnus, ce serait idiot de refuser une telle proposition, alors qu’ils avaient tous le même objectif pour l’instant.
En regardant les deux frères dans le but de leur dire qu’elle acceptait finalement l’offre… Elle eut l’horrible impression d’être prise par un électrochoc, alors que sa dernière lecture lui revint en tête.

« […] et si vous naissiez fille en Alma ou en Mirari, votre double de l’autre monde serait un garçon. »

… Voilà pourquoi ces ressemblances. Alexia comprenait tout à présent. Elle parlait à des personnes qui venaient d’Alma depuis le début. Elle recula de quelques pas, sous les regards remplis d’incompréhension de Sora et Vanitas, qu’elle pointa du doigt.

« Vous êtes leurs opposés ! Voilà pourquoi vous leur ressemblez ! Comment j’ai pas pu faire le lien plus tôt ?
- Euh… Quoi ? Demanda le noiraud.
- De quoi tu parles ? Interrogea le brun à son tour. »

Alexia était bien en face de deux Almarys, ça ne faisait aucun doute. Quand il s’agissait de la légende, ils faisaient mine de rien comprendre, juste parce qu’ils n’y croyaient pas -mais Alexia allait leur ouvrir les yeux.

« Bah, je suis une Miraë.
- Une quoi ? Demandèrent les frères.
- Bah… Une Miraë, déclara l’autre, comme si elle parlait d’une évidence. Nom qu’on donne aux habitantes féminines de Mirari. »

Elle vit les deux garçons l’observer ; Sora paraissait intrigué, et assez surpris, tandis que Vanitas était plus que sceptique. Bon, elle n’avait pas fait l’unanimité, et sans doute qu’ils pouvaient difficilement la croire sur l’instant. Soit.
Elle devrait donc s’expliquer à ces gens qui ne comprenaient vraiment rien à rien –et qui, surtout, ne faisaient aucun effort pour le faire.

« L’histoire des mondes parallèles est totalement vraie, et vous ressemblez tous les deux à deux personnes que je connais.
- Tu m’en diras tant, répondit simplement Vanitas. Et on peut savoir où sont ces personnes ?
- Crois-moi ou pas, moi je sais ce que je vois, rétorqua l’autre. Et non, je sais pas où elles sont, et c’est pour ça que je dois aller en ville pour les retrouver. »

Sora, lui, restait pensif. Quand il avait vu Alexia au moment de se réveiller, il aurait juré voir Axel –et encore maintenant, il trouvait la ressemblance entre le garçon et elle frappante. Est-ce que ça avait un lien ?

« Je crois qu’elle dit la vérité, Vani, déclara finalement le brun. Regarde-la, elle ne te fait pas penser à quelqu’un ? »

Vanitas tourna la tête d’abord vers son frère, puis vers Alexia, et examina cette dernière. Bon, d’accord, peut-être qu’il y avait des similitudes entre elle et Axel -il l’avait vu immédiatement lors de son réveil-, mais c’était le fruit du hasard, donc hors de question qu’il admette ça. Mirari n’existait pas, donc cette ressemblance n’était rien d’autre qu’une coïncidence.

« Nan, elle me fait penser à personne. Bon, on se met en route vers la ville maintenant, ou on continue à parler ? »

Alexia ne put s’empêcher d’éclater de rire intérieurement. On la lui faisait pas à elle. Bon, bien sûr ça la surprenait de tomber pile sur des gens qui connaissaient son opposé, mais après… La ressemblance d’un double face à celui du monde inverse était carrément flagrante, personne ne pouvait nier une telle chose, quoi ! Même ce Sora l’avait compris, et l’acceptait –un peu.

Ce Vanitas était d’une telle mauvaise foi, mais soit. Sans doute fallait-il plus de temps à certains pour accepter la vérité d’avoir un reflet de lui-même qui traînait quelque part –et c’était compréhensible, au fond, surtout quand on avait grandi dans un monde qui niait cela depuis toujours.
Elle lui laisserait le temps d’accepter ; et puis une fois qu’ils auraient retrouvés Vanilla et Seïra, la mauvaise foi ne serait de toute manière plus possible.


~0~0~0~0~

Cela faisait un petit quart d’heure que Riku et Vanilla marchaient dans les rues, en faisant attention au moindre de leur pas ; les passages devenus ruines étaient difficilement praticables, et certains bâtiments menaçaient même de s’effondrer sur eux.
Seulement ce n’était pas vraiment ça qui les inquiétait. Depuis le début de leur parcours, ils n’avaient croisé aucune âme qui vive. Soit ils étaient enterrés sous les décombres, soit… ils ne voyaient pas vraiment d’autres options, en fait.
Prendre la fuite… personne n’avait eu le temps de le faire, ça c’était évident. Les catastrophes s’étaient enchaînées en à peine quelques minutes, voire secondes.

Vanilla accéléra légèrement le pas, agacée, mais surtout inquiète. Riku ne pouvait que la comprendre. Moins ils croisaient de corps, plus les chances de leurs amis de s’en être sortis étaient réduites. Le principe du « pas de corps, pas de morts » pouvait difficilement s’appliquer ici, vu l’odeur nauséabonde dans chaque rue.

Ils pénétrèrent dans une énième ruelle, seulement dans celle-ci, il y avait une forte odeur de sang, qui leur donna la nausée. Riku, légèrement en retrait par rapport à Vanilla, put voir celle-ci serrer les poings, avant de s’arrêter et de frapper violemment le mur -déjà fragilisé par les tremblements- à côté d’elle, qui se fissura légèrement sous le choc –seulement elle n’y fit pas attention.

Ce caractère légèrement impulsif quand rien n’allait comme il aurait fallu que ça aille, Riku le reconnaissait ; mais encore une fois, il misa sur une coïncidence –même si…
En l’observant, il vit la main légèrement en sang de Vanilla –un tel coup ne pouvait qu’être douloureux, mais la jeune femme ne le montrait pas.
Il s’approcha, d’abord lentement, avant d’entendre des craquements inquiétants.

En relevant la tête, il découvrit avec effroi la cause de ces bruits ; le mur, à cause du coup, et déjà fortement abîmé à la base, était en train de s’effondrer. Sur Vanilla. Mais le pire dans tout ça, c’était que celle-ci, complètement perdue dans ses pensées, ne s’en rendait même pas compte !
Sans vraiment réfléchir, il se mit à courir vers la jeune femme, la prit par la taille, et s’élança un peu plus loin avec elle -tous les deux atterrirent plutôt brusquement contre le sol. Une seconde après, un énorme fracas résonna dans la ruelle.
Riku put voir un morceau d’immeuble à l’endroit même où se trouvait Vanilla l’instant d’avant ; il soupira de soulagement –au moins une chose d’évitée.

D’abord un peu sonnée, Vanilla ne se rendit compte de la situation qu’en regardant derrière elle, où un énorme bloc de béton se trouvait à l’endroit précis où elle était auparavant. Elle observa ensuite Riku, qui s’était relevé. Celui-ci lui tendait une main pour l’aider à se remettre debout. Elle la prit plutôt à contrecœur, et détourna la tête. Elle détestait devoir des remerciements, mais là, vu ce qui aurait pu arriver s’il n’avait pas était là… elle n’avait pas vraiment le choix. De toute façon, elle s’était mise en danger toute seule, donc si elle devait s’en prendre à quelqu’un, c’était à elle-même ; elle se détestait rien que pour avoir été psychologiquement aussi faible pendant un instant.

« Merci, finit-elle par prononcer.
- Y’a pas de quoi, déclara simplement l’autre, qui évita de parler de ce qui avait provoqué cet effondrement. Il vaut mieux trouver un endroit plus sûr où on pourra soigner ta main. »

En entendant ces mots, Vanilla observa sa main, légèrement rougie et douloureuse. Ca aussi, elle l’avait cherché, mais le saignement n’était pas assez important pour qu’ils s’arrêtent pour ça –et puis elle aurait pu finir écrasée sous du béton, donc elle s’en sortait au final plutôt bien.

« C’est bon, ça va. Plus on perdra du temps, moins on aura de chance de retrouver des gens en vie. »

La jeune femme prit les devants à nouveau, suivie de très près par Riku. Il valait mieux la surveiller, vu l’état psychologique dans lequel elle était ; et puis il était hors de question pour l’argenté de voir quelqu’un mourir sous ses yeux.

Plusieurs minutes passèrent, où les deux adolescents avançaient, doucement mais sûrement, dans les décombres de la ville. Ils se tenaient également prêts au cas où si une nouvelle secousse avait lieu.
Ils arrivèrent finalement sur une grande place, où en son centre se trouvait une fontaine brisée –ils avaient de la chance, l’eau en découlait encore, donc ils pourraient s’hydrater avant de reprendre leur route.

Ils s’y dirigèrent, mais Vanilla s’arrêta brusquement, en regardant l’entrée d’une ruelle, juste en face d’eux. Riku se mit à son niveau pour comprendre, quand il vit une silhouette, qui paraissait essoufflée. Si l’argenté, sur le coup, ne reconnaissait pas cette ombre, ce ne fut pas le cas de Vanilla, qui s’y dirigea immédiatement –l’inconnue courut vers elle également.

En les voyant s’enlacer, ce ne fut pas compliqué pour Riku de comprendre que cela devait être un des proches de la jeune fille.
Quand il décida de se rapprocher d’elles, Vanilla se rappela soudainement de la présence de l’argenté et se tourna vers lui.
L’arrivante, quant à elle, laissa enfin son visage à la vue de l’argenté qui fut hébété, à nouveau, et avec un seul nom en tête. Cette jeune femme, sans doute jumelle de Vanilla, ressemblait comme deux gouttes d’eau à Sora.

« Riko ? Demanda la brune.
- Non Seïra, ce n’est pas elle, c’est très certainement son opposé, répondit sa sœur. »

Ladite Seïra observa plus attentivement l’argenté, avant de se rendre compte qu’en effet, ce n’était pas elle, mais que la ressemblance ne pouvait s’expliquer que par ce que venait de lui dire sa jumelle. Mais comment ? Mirari et Alma n’étaient pas censées n’avoir aucun contact ? Elle fixa Vanilla, dans l’espoir d’avoir une réponse, seulement celle-ci ne quittait pas un seul instant l’autre garçon des yeux.

« Riku, tu connais des garçons qui nous ressemblent, pas vrai ? Alors tu crois encore que tu peux nier le fait que Seïra et moi, nous venons de Mirari ?
- C’est vrai qu’à présent, il m’est très difficile de le faire, répondit en toute sincérité l’argenté, en observant tour à tour les deux jeunes filles. Mais comment une telle chose pourrait être possible ? Dans les quelques livres que j’ai lu sur la légende… Nos mondes ne sont pas censés pouvoir cohabiter ensemble, non ?
- C’est pour ça qu’il nous faut retrouver nos proches respectifs avant qu’il ne soit trop tard, et découvrir la vérité sur ce déluge, déclara Vanilla.
- Tu lui fais confiance ? Demanda Seïra, en prenant la main de sa sœur dans la sienne. »

L’autre observa sa jumelle, avant de finalement regarder Riku. Elle ne faisait pas facilement confiance, ça c’était un fait, et la brune le savait. Mais depuis le geste que l’argenté avait fait pour lui sauver la vie dans cette ruelle, il y avait moins d’une heure… elle était capable de lui laisser le bénéfice du doute.

« Je ne lui fais pas spécialement confiance, mais… j’ai une dette envers lui, déclara finalement Vanilla, sans rien rajouter de plus. »

La brune ne comprit pas à quoi faisait allusion sa sœur, mais quand elle essaya d’interroger le garçon du regard, celui-ci ne dit rien. Il avait bien évidemment su à quoi faisait référence Vanilla avec cette phrase, mais ne trouva rien à répondre.
Finalement, cette fille n’était pas si insupportable, au fond ; elle était quelqu’un de juste et courageuse, malgré cette impulsivité qui aurait pu lui coûter la vie -et puis il y avait cette sensibilité et cette vulnérabilité qu’elle tentait de cacher, aussi. Malgré quelques similitudes, Vanitas et elle étaient différents –il était impossible de les comparer.

Après s’être tous les trois hydratés à la fontaine brisée, les deux sœurs se mirent finalement en marche, main dans la main, tandis que l’argenté les suivait, plus en retrait.
La recherche de la vérité sur toutes ces catastrophes serait sans doute longue, mais retrouver leurs amis le serait aussi. Il espérait vraiment que Sora, Vanitas, Axel et Xion allaient bien.
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Dim 14 Juil - 11:10

Chapitre 4 : Lien indéfectible

« Bordel, cette montagne a combien de mètres d’altitude, sérieux ? »

Noa roula des yeux et soupira face à l’énième remarque d’Axel, qui depuis le début ne faisait que se plaindre. Même Alexia était bien plus supportable.
Enfin, il avait tout de même raison, d’un côté ; cette pente n’en finissait pas, et en plus il faisait vraiment froid.
C’était d’ailleurs sans doute cette dernière chose qui gênait le plus les deux adolescents –seulement ce n’était pas une raison pour que le roux se plaigne toutes les trente secondes.

« Râler ne nous fera pas descendre plus vite, tu sais ? Dommage d’ailleurs, car sinon je suis sûr que grâce à toi on serait déjà en bas.
- Oh ta gueule. »

Après ça, étrangement, Axel arrêta de se plaindre, laissant un peu de tranquillité à Noa pour récapituler la situation actuelle dans sa tête.
Ils voulaient la même chose ; retrouver leurs amis respectifs, et vu qu’ils retournaient en ville tous les deux, ils avaient décidé de s’allier, à cause des risques qu’ils courraient s’ils étaient seuls. Mais qu’allaient-ils faire s’ils ne retrouvaient pas leurs amis vivants ? Et que se passerait-il à ce moment-là ? Il frissonna rien qu’à l’idée de trouver les corps sans vie de Seïra, Vanilla, Riko et Alexia –ou alors de leurs doubles, après tout…
Il tenta de chasser cette pensée de son esprit, mais s’il parvint totalement à le faire, ce fut uniquement grâce à Axel qui lui adressa à nouveau la parole –cette fois-ci, ce n’était pas pour se plaindre.

« Au fait, c’est vrai que vous êtes incollables sur les armes à feu ? »

Quelle question surprenante. Bon, bien sûr, Noa s’attendait à ce que l’autre s’intéresse à la différence de culture –lui aussi il l’aurait fait, si ses pensées n’étaient pas parasitées par ses amies disparues- mais il ne s’attendait pas à une telle question d’entrée de jeu. Enfin, vu le caractère étrange du roux, il ne fallait sans doute pas s’attendre à autre chose. Il décida finalement de répondre.

« C’est vrai, mais on ne fait pas que ça non plus. En Alma, vous êtes plutôt arts-martiaux, c’est ça ?
- Ouaip, mais j’ai jamais vraiment aimé ça. Ca défoule, mais… je préfère largement le basket, ou le hand.
- Et vous avez des traditions particulières, chez vous ?
- Euh… Ca faudrait demander à Xion ou à Riku, moi je m’y connais juste pas, et je m’y intéresse pas le moins du monde. »

A l’entente de ses deux prénoms, Noa sut qu’Axel parlait de deux de ses amis. Et il avait également compris que le roux paraissait plus touché par leur disparation qu’il ne le montrait, rien qu’à cause du soupir qu’il lâcha peu après –seulement il y avait une chose que le roux devait savoir.

« Tu sais… Tu ne devrais pas t’inquiéter que pour eux.
- Hein, comment ça ? »

Oh, Noa avait presque oublié ; il s’adressait à un Almarys… Celui-ci ne devait donc pas savoir que les doubles étaient bien plus unis, et que ça ne s’arrêtait pas à une histoire de ressemblance physique.

« Tu ne le sais peut-être pas, mais quand l’un des doubles meure… l’autre est condamné à le rejoindre.
- Que… Quoi ? Articula difficilement le roux, qui croyait avoir mal entendu. Tu veux dire que…
- Ils naissent ensemble, et meurent ensemble, qu’importe la cause de la mort, répondit l’autre. C’est notre malédiction. Nous dépendons d’un autre, et cet autre dépend de nous. »

Axel avait du mal à croire que cette légende pouvait avoir un côté aussi… aussi injuste. Mais alors les quelques morts inexpliquées qu’Alma avait connues... C’était pas des suicides ni des meurtres ? C’était à cause de cette légende ?
Il tenta de quand même s’accrocher à un espoir idiot.

« Mais vu qu’on a pu se connaître, alors qu’on vient des deux mondes, p’t’être qu’il y a une chance pour que cette partie de la légende soit annulée, non ?
- Impossible. Ce lien est indéfectible, qu’importe ce qu’il peut se passer. Alors même s’il n’arrive rien à tes amis, il pourrait très bien arriver quelque chose à leurs doubles… et à ce moment là personne ne pourra rien y faire.
- Bordel… Si j’avais cru une telle chose possible… »

Seulement Axel n’eut pas le loisir d’encaisser le choc qu’il venait de recevoir ; il entendit Noa crier, et en fut immédiatement alerté. Quand il observa dans la direction du Mira, le roux put voir que celui-ci était attaqué par une sorte d’ombre de taille humaine, mais aux griffes acérées.
Sans réfléchir plus longtemps, il se pencha pour prendre une branche qui trainait là, et frappa la créature, qui disparut à la suite du choc. En examinant Noa, il fut rassuré de le voir s’en sortir avec seulement quelques égratignures. Seulement ils étaient loin d’être sortis d’affaire.

En observant autour d’eux, ils virent plusieurs de ces monstres apparaître, les encerclant presque. Ce qu’ils remarquèrent par rapport au précédent qu’Axel avait battu, c’était que ceux-là étaient armés de lances, de poignards, voir même de dagues.

Les deux adolescents reculèrent d’abord de quelques pas, mais en voyant les ombres glisser vers eux, ils se retournèrent carrément, et commencèrent à courir le plus vite possible dans la descente –Noa était légèrement plus lent qu’Axel, mais il restait bien derrière le roux.
Seulement celui-ci trébucha sur une racine d’arbre dissimulée par la neige, et l’autre garçon n’eut pas le temps de se stopper. Tous deux commencèrent à dévaler la pente, en se collant l’un à l’autre, afin de protéger au moins leur tête des coups.

Ce qui arrêta brusquement leur chute, ce fut un arbre sur leur trajectoire, sur lequel ils atterrirent violemment. Les deux garçons, en rouvrant difficilement les yeux, purent voir qu’ils étaient arrivés tout en bas de la montagne, et qu’ils avaient réussi à semer les monstres. Au moins ça.
En tournant légèrement leur tête, ils distinguèrent deux silhouettes se diriger en courant vers eux, mais ce fut la dernière chose qu’ils eurent l’occasion de voir –ils finirent par s’évanouir à cause du choc.

Les deux silhouettes, quant à elles, s’approchèrent d’eux, et s’agenouillèrent. Le premier réflexe qu’elles eurent ce fut de prendre leur pouls –un soupir de soulagement s’échappa de leurs lèvres en constatant qu’il n’y avait aucun danger de ce côté-là.
L’une des deux personnes examina l’état général des deux garçons, et finit par observer la seconde silhouette.

« Xion, non seulement tu as retrouvé un ami, mais tu as également trouvé ton double, qui est, comme je m’en doutais, un ami à moi.
- Comment ça ? »

La plus grande des silhouettes invita la dénommée Xion à s’approcher, et à observer les deux personnes inconscientes. Elle reconnut sans aucune difficulté le roux, mais fut perturbée par l’autre garçon. Elle sentait également son cœur battre beaucoup plus fort, et elle ne put s’empêcher de prendre l’une des mains de son opposé dans la sienne.
A ce moment là, elle crut que son cœur et celui de son double battaient à l’unisson. Elle avait même l’impression de combler un vide dans sa poitrine –c’était à la fois apaisant, et déconcertant.
Quand elle lâcha finalement le membre du garçon, elle fut pendant un instant dans une sorte d’état second, mais fut bien vite ramenée à la réalité grâce à sa camarade.

« Xion ? Est-ce que ça va ?
- Je… Oui, ne t’en fais pas, Riko. C’est juste que lorsque je l’ai touché… Je me suis sentie bizarre.
- C’est sans doute à cause du lien qui vous unis, toi et Noa, déclara la dénommée Riko. Enfin, maintenant tu ne peux plus nier l’existence de Mirari.
- Je… C’est vrai, déclara l’Almarys. Je suis désolée de ne pas t’avoir cru, c’est juste que…
- Tu n’as pas à t’en faire pour ça, coupa l’autre. Allez viens, nous devons nous mettre en sécurité avant que les monstres ne reviennent. »

La jeune femme obtempéra d’un hochement de tête. Elle passa un bras en dessous des épaules d’Axel, et le souleva comme elle le put, tandis que Riko fit pareil avec Noa.
Xion ne pouvait s’empêcher de regarder Noa de temps à autres, puis Riko. Les deux jeunes femmes en avaient discuté lorsqu’elles s’étaient réveillées dans ce vieil entrepôt, mais aucune ne comprenait comment les deux mondes avaient fini pas entrer en contact. Surtout qu’à ce moment-là, l’Almarys avait eu des doutes sur ce que disait l’argentée, malgré sa ressemblance frappante avec Riku.
Maintenant, Xion ne pouvait plus ne pas croire Riko, surtout après ce qu’il s’était passé avec son opposé.

Quand les deux garçons se réveilleraient, les deux filles se promirent de se mettre non seulement à la recherche de leurs autres amis, mais également de découvrir comment Alma et Mirari avaient pu entrer en contact, et pourquoi il y avait ces monstres qui apparaissaient de plus en plus souvent.

~0~0~0~0~

Cela faisait maintenant plus d’une demi-heure maintenant que Riku, Seïra, et Vanilla erraient dans cette ville devenue déserte. Il y avait toujours cette odeur de sang qui les narguait, comme pour leur signaler que cela pourrait être leurs amis sous les décombres, et les rares cadavres qu’ils avaient pu voir étaient si amochés, qu’ils en étaient méconnaissables –donc impossible de savoir leur identité.
Seulement voir plus de corps morts que de personnes vivantes ne faisait qu’aggraver l’état mental de chacun. Même Riku commençait à désespérer. Il regarda pensivement au dessus de lui, et se rendit finalement compte qu’il n’y avait pas que les nuages gris qui obscurcissaient ce ciel sans soleil.

« Il commence à faire nuit, nous ferions mieux d’arrêter les recherches pour aujourd’hui, et de trouver un abri pour se reposer. »

En entendant les mots de l’argenté, les deux filles regardèrent à leur tour au-dessus d’elles, et furent contraintes d’en venir à la même conclusion que Riku. Si de jour ils ne trouvaient personne, de nuit ça ne serait encore pire.
Ils observèrent alors les alentours, pour voir quelle bâtisse serait assez solide pour les abriter, mais ne trouvèrent rien.

« Continuons un peu, on finira bien par trouver quelque chose, déclara finalement Vanilla. »

Les autres hochèrent la tête en signe d’accord et tous se remirent rapidement en marche.
Soudainement, l’air se fit plus lourd, et les trois adolescents sentirent même une étrange présence autour d’eux.
Ils continuèrent cependant à marcher pendant un moment, quand Seïra arriva à distinguer une étrange forme qui se dirigeait tout droit vers Riku.

« Riku, attention ! »

L’interpellé eut à peine le temps de s’écarter pour éviter de justesse les griffes acérées de la première créature, qu’une seconde vint à la charge, cette fois-ci armée d’une dague.
Il attrapa rapidement une barre de fer qui trainait pour pouvoir parer le coup que lui porta l’ombre ; il contre-attaqua ensuite immédiatement, et réussit à abattre le monstre.

En passant un rapide regard aux deux filles, il vit que celles-ci avaient également trouvé des matériaux assez solides pour se défendre, et qu’elles avaient déjà affaire à leurs propres créatures.
Quand il remarqua la difficulté de Seïra à combattre ces choses, il se dirigea immédiatement vers elle pour l’aider. Une fois l’avoir débarrassé de presque la totalité des monstres, il passa un regard vers Vanilla, qui frappait une énième créature.
Mais au moment où la jeune fille achevait ce qu’elle croyait être la dernière ombre, Riku en remarqua une autre, armée d’un poignard, arriver derrière elle à toute vitesse.

« Vanilla, derrière toi ! Vite !
- Hein ? »

La jeune fille eut à peine le temps de se retourner, qu’elle sentit une vive douleur dans son ventre. Le temps fut comme figé un instant ; elle s’écarta du monstre, chancelante, alors que son regard glissa vers sa blessure. Elle se mit à trembler alors que ses doigts effleurèrent le poignard, dont le manche était déjà couvert de sang. De son sang.
Ses jambes n’arrivèrent rapidement plus à la porter, et elle tomba à genoux, crispée par la douleur lancinante -qui ne faisait qu’augmenter au fur et à mesure des secondes qui passaient.

Le reste de la scène passa au ralenti dans sa tête ; elle vit tout d’abord Riku détruire l’ombre qui l’avait mise dans un tel état, puis elle l’observa s’approcher avec la brune, et comprit qu’ils examinaient l’étendue de la blessure qu’elle venait de recevoir. A en voir la grimace que lui et Seïra faisaient, cela ne devait pas être très beau à voir. A ce moment-là, elle se sentit chanceler à nouveau, mais fut rattrapée par Riku, qui la coucha totalement contre le sol.

« Il faut faire quelque chose ! Paniqua Seïra.
- On ne peut rien faire, si on retire la lame, elle se videra de son sang. Et de toute manière… regarde autour du poignard, sa peau a déjà pris une teinte violacée. Ce qui veut dire que l’arme était en plus empoisonnée. »

En entendant ça, Vanilla rit. D’un rire nerveux et crispé par la douleur. Elle allait vraiment mourir comme ça ? A cause d’un foutu couteau empoisonné ?
Les deux autres ne comprirent pas ce brusque mais faible éclat de rire, et observèrent Vanilla, qui avait porté son bras à son front, en sueur.

« Je suis foutue, j’ai compris…, souffla-t-elle. Allez vous-en et-
- Hors de question, coupa Riku. On ne t’abandonnera pas.
- On va trouver un moyen de te sortir de là, renchérit sa sœur. »

Vanilla sentit qu’on la soulevait. Ils n’étaient quand même pas sérieux ? Elle ne ferait que les ralentir, vu son état qui s’aggravait de minute en minute. Si elle ne s’en sortait pas, il fallait au moins que ce soit le cas pour Riku et Seïra.

« Je vais mourir dans, allez, une heure avec un peu de chance… Vous pouvez encore vous en sortir, vous…
- Tu ne peux pas te permettre de mourir, rétorqua Riku, qui prenait garde à chaque pas qu’il faisait pour ne pas faire souffrir davantage la jeune fille. Tu dois toujours rembourser ta dette. »

Ne constatant aucune réaction de la part de la jeune femme, Riku baissa son regard vers elle, et remarqua que Vanilla luttait difficilement pour rester vraiment éveillée –son regard était déjà terne et vide. Le poison devait être horriblement fort à la base, et laisser l’arme imbibé du produit toxique dans la plaie ne devait pas vraiment arranger l’affaire.
L’argenté passa finalement un regard à Seïra, qui restait légèrement à l’écart. Sans doute ne voulait-elle pas voir Vanilla mourir à petit feu -mais l’inquiétude et la peur de perdre sa sœur était bel et bien là.

« Hey, Riku…, souffla finalement Vanilla.
- Je t’écoute uniquement si c’est pas une connerie du genre « je vais mourir donc laisse-moi dire mes dernières volontés ». »

A cette remarque, Vanilla sourit faiblement. Il avait de l’espoir, ce Riku, elle aimait bien ça. Mais il fallait quand même qu’il se rende à l’évidence d’une chose ; sans soins immédiats, il n’y avait aucune chance pour qu’elle s’en sorte. C’était une fatalité que Riku ne pourrait pas ignorer très longtemps.
Elle voulut lui dire que ce n’était pas la peine de se bercer de faux espoirs comme ça, mais le monde se mit brutalement à tourner à chaque pas que faisait l’argenté, tandis que la blessure à son ventre se mit à la brûler. Ca faisait mal, terriblement mal.

« Bordel… Arrête-toi… par pitié… »

Voyant à quel point la jeune fille devait souffrir, Riku ne put qu’obéir –il la posa le plus délicatement possible au sol. Le visage de Vanilla n’exprimait plus que de la douleur, et ses tremblements s’étaient considérablement intensifiés. Elle était également pâle comme la mort, et l’apparence que prenait sa blessure était de plus en plus affreuse.
Seïra frissonna à la vue de sa sœur dans un tel état. Si ça continuait ainsi… ce n’était plus qu’une question de minutes avant qu’elle ne parte.

Riku, face à ça, devait se rendre à l’évidence qu’il ne serait pas possible de la sauver –elle ne supportait même plus d’être déplacée. Il observa Seïra, qui restait distante, et pétrifiée.
Il serra les poings, alors que l’état de Vanilla se dégradait encore un peu plus. Si elle perdait connaissance maintenant, rien ne prouverait qu’elle se réveillerait un jour.

« Bande d’idiots. »

A l’entente de cette voix qui leur était inconnue, Seïra comme Riku détournèrent la tête du corps mourant de Vanilla. L’argenté se releva, et se plaça devant les deux sœurs, comme pour les protéger d’un éventuel danger.

« Si vous aviez retiré la lame, le saignement aurait été plus facilement gérable que l’empoisonnement, vous savez ? »

Qu’est-ce que… Comment la femme en face de lui pouvait savoir ça ? Et puis surtout, d’où elle sortait ? Et pourquoi se permettait-elle de faire ce genre de remarque à une heure aussi grave ?

« Vu son état actuel, il doit lui rester vingt minutes à vivre, tout au plus. »

A l’entente de ces quelques mots, Seïra ne put empêcher plus longtemps ses larmes de couler.
Riku, quant à lui, dut faire un énorme effort pour rester calme. Il devait réfléchir, et vite… Si cette personne arrivait à dire ce genre de chose, c’était qu’elle devait s’y connaître, non ?
Ca ne lui faisait pas grandement plaisir, mais vu la situation actuelle, ce n’était pas le temps de faire les difficiles –la vie de Vanilla en dépendait.

« Sauvez-la.
- Et pourquoi je ferais ça ? Je n’y gagnerai rien. »

Si cette femme n’était pas la seule personne qui pouvait faire quelque chose face à ce qu’ils vivaient… Il n’aurait pas hésité une seule seconde à la frapper. Pourtant il tenta de garder son calme, mais ce fut difficile, surtout au moment où il entendit Vanilla suffoquer derrière lui.

« Vous n’avez pas le droit de jouer avec la vie des autres comme ça ! S’écria Seïra, en larmes. Soignez-la, par pitié… On fera n’importe quoi en échange ! »

A ces mots, l’autre femme sourit, et finit par s’approcher du corps de Vanilla, dont l’état ne s’arrangeait pas. Elle s’agenouilla près d’elle, et sortit une boite de sa sacoche, ainsi que des sortes de serviettes.
La première chose qu’elle fit fut de retirer sans douceur le poignard du ventre de la jeune fille, qui cria malgré ses suffocations, qui s’aggravèrent juste après.

« Mais ça va pas ?! Vous avez vu dans quel état elle est déjà, et vous lui faites ça ?! S’énerva Riku.
- Je lui retire ce qui la tue, rétorqua l’autre. Maintenant taisez-vous et laissez-moi faire mon travail. »

La femme couvrit rapidement la blessure des serviettes qu’elle avait sorties à l’avance, puis appuya dessus pour limiter le saignement. De l’autre main elle releva l’une des manches de Vanilla, puis ouvrit la boite à côté d’elle, pour y attraper une seringue. Elle vérifia l’absence de bulle d’air dans le liquide transparent, et fit pénétrer l’aiguille dans le bras de la blessée, et y injecta le contenu.

Progressivement, les suffocations cessèrent, et les yeux de Vanilla finirent par se fermer alors que son visage, toujours aussi pâle, n’était plus marqué par la douleur.
Riku et Seïra s’observèrent, espérant de tout cœur que tout était terminé.

« Ne vous réjouissez pas trop vite, déclara la femme. J’ai provoqué son coma en la soignant un minimum. »

Que… Que venait-elle de dire, là ? Qu’elle venait de mettre Vanilla dans le coma ? Riku dut vraiment lutter contre l’envie de frapper aussi fort que possible l’inconnue. Ce fut même Seïra qui dut le retenir.

« Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même, déclara calmement la femme. Si vous aviez retiré la dague empoisonnée, le poison ne se serait pas aussi vite propagé.
- Et elle serait morte d’une hémorragie, rétorqua l’argenté.
- En appuyant sur la blessure comme je suis en train de le faire, elle serait en bien meilleur état. »

Alors si Vanilla restait entre la vie et la mort… C’était de leur faute ? Car ils n’avaient pas retiré la dague qui avait, à chaque seconde qui était passée, un peu plus infecté la jeune fille de son poison ? Riku ne trouva même plus la force d’en vouloir à l’autre femme. Il observa Vanilla qui pouvait mourir à chaque instant, par sa faute.

« Si vous voulez avoir une dernière chance de la revoir vivante, quelqu’un devra la porter, et me remplacer pour tenir les serviettes, afin que je vous guide dans les souterrains où l’on pourra la soigner. Comme je l’ai dit, elle est dans le coma, mais encore vivante. N’éprouvez pas de regrets trop tôt. »

Ce fut à ce moment là que Riku et Seïra réalisèrent ; Vanilla était quand même encore là. Dans un sale état, mais s’ils parvenaient à l’emmener dans les souterrains dont faisait allusion l’autre femme… Elle pourrait être convenablement soignée, et aurait une chance de sortir du coma.

« Décidez-vous vite, prononça sèchement la femme. Car j’ignore combien de temps elle tiendra avec cette petite dose d’antidote, vu la quantité de poison présente dans son organisme. »

Riku et Seïra devaient voir la vérité en face ; sans aide… la jeune fille n’avait aucune chance de survivre. Et cette femme -malgré son caractère dont la limite du supportable était déjà franchie- avait l’air de savoir ce qu’elle faisait.
Ils n’avaient donc pas d’autres choix que de la suivre, s’ils voulaient sauver Vanilla.
Ce fut d’une même voix qu’ils donnèrent leur réponse à l’inconnue.

« Guidez-nous jusqu’aux souterrains. »

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Dim 21 Juil - 12:48

Chapitre 5 : Fusion et malédiction

Le groupe formé d’Alexia, de Sora et de Vanitas n’avait toujours pas réussi à sortir de la décharge ; de nombreuses ombres s’étaient mises à les attaquer, et ils eurent énormément de mal à s’en défaire –heureusement que dans un tel lieu, les pièces détachées pouvant servir d’armes ne manquaient pas.

Quand le danger fut finalement totalement écarté, les trois personnes -qui, à cause des combats, avaient été contraints de se séparer- se retrouvèrent au point où ils s’étaient quittés, la même question en tête. Qu’est-ce que ça avait que ça ?
D’abord les deux mondes étaient rentrés en contact, et voilà que maintenant ils se faisaient attaqués par des créatures hideuses. Il se passait quoi en ce moment ici, sérieusement ?

« Je comprends de moins en moins, soupira Alexia.
- Tu n’es pas la seule, répondit Sora, dans un même soupir.
- Nous ferions mieux de rejoindre la ville le plus vite possible, au lieu de s’éterniser là, à se poser des questions, déclara Vanitas. »

Les deux autres hochèrent la tête, en signe d’accord, et prirent les devants. Vanitas resta un moment sur place, et porta une main à son front, en sueur. Depuis quelques minutes il se sentait horriblement bizarre. Il respira plusieurs fois profondément en fermant les yeux, pour reprendre un peu ses esprits, puis rejoignit les deux autres –qui ne s’étaient rendus de rien.

Au bout de dix minutes de marche, Alexia ne put s’empêcher d’extérioriser complètement sa joie ; ils avaient enfin atteint la sortie de ce lieu nauséabond.
Seulement Sora –qui avait, comme les deux autres, gardé son arme- fut contraint de raccourcir le bonheur de la jeune fille ; les même créatures qu’avant commencèrent à réapparaitre autour d’eux.

« Les monstres de tout à l’heure ont également l’air d’avoir retrouvé nos traces…
- Débarrassons-nous d’eux au plus vite, souffla Vanitas, qui était étrangement essoufflé.
- Il n’y a quelque chose qui ne va pas ? Demanda Sora, inquiet.
- C’est rien, juste un p’tit malaise… je crois, déclara l’autre. Mais t’occupe, la priorité c’est de détruire ces trucs. »

Malgré son inquiétude, Sora dut se résigner à obéir ; la moindre inattention dont ils feraient preuve face à ces créatures pourrait être fatale. Il s’éloigna alors de son frère, pour aider Alexia qui avait déjà affaire avec quelques monstres.

Si au début Vanitas s’en sortait assez bien, tout se compliqua au moment où sa vue se troubla. Il porta sa main libre à son front, et put deviner sans problème qu’il avait de la fièvre. Bordel. C’était pas le moment de faire un malaise.
Il tomba à genoux, et n’eut pas la force de se redresser –son corps ne répondait plus à ses ordres. Il tenta au moins de redresser la tête, mais le monde autour de lui n’était plus qu’un amas de formes plus ou moins sombre.

« Vanitas ! »

La voix de Sora lui parvint complètement déformée, au point où il n’était même pas sûr que ce soit bien lui qui venait de crier. Il vit deux ombres s’approcher de lui –mais était-ce les monstres, ou Sora et Alexia ? Il était incapable de le dire, jusqu’au moment où il vit une forme disparaitre à sa gauche, pour sentir presque immédiatement un bras l’entourer –on devait le maintenir assis, visiblement.

« Euh, est-ce que ça va ? »

C’était une voix tout aussi déformée que celle de son frère qui lui parvint, mais elle était bien féminine –c’était donc Alexia. Il tenta de lui parler, rien que pour lui dire que sa question était juste complètement débile, mais ce fut à ce moment-là qu’une vive douleur le frappa au ventre –comme s’il venait de se faire poignarder.

« Hey, tu nous fais quoi, là ? »

Encore la voix d’Alexia, mais qui résonnait cette fois-ci comme un écho lointain.
Complètement vidé de ses forces, il ferma les yeux sans vraiment s’en rendre compte.
En voyant ça, Sora tenta de le réveiller, en l’appelant et en le secouant légèrement –mais les paupières de son frère s’obstinaient à rester fermer.
Le brun releva la tête vers Alexia, comme si elle pouvait comprendre ce qu’il venait d’arriver, seulement celle-ci se contenta d’hausser les épaules.

« Il vient juste de nous faire un sacré malaise, il devrait se réveiller plus tard. »

Alexia aida Sora à mettre Vanitas sur son dos. Ils se remirent ensuite en marche vers la sortie de la décharge, mais devant celle-ci se trouvait six monstres qui bloquaient le passage. Alexia recula d’un pas, passa vite fait un regard vers Sora qui portait son frère, toujours inconscient, avant de replanter son regard émeraude vers ses ennemis, qui commencèrent à marcher vers les trois adolescents.
Elle n’avait aucune chance d’en venir à bout seule. Et visiblement, le brun l’avait également compris.

« Bon, bah je crois que c’est le moment de se dire adieu. »

Elle avait voulu dire ça sur un ton désintéressé, mais son inquiétude transperça facilement le sentiment de lassitude qu’elle avait voulu faire passer dans ces quelques mots.
Quand les monstres commencèrent à glisser vers eux, ils fermèrent les yeux presque par automatisme.

Pourtant, une minute passa, et rien n’arriva ; la seule chose qu’ils entendirent fut six coups de feu.
En rouvrant les yeux, ils virent une jeune femme aux cheveux gris-bleu de dos devant eux. Celle-ci se tourna légèrement vers eux.

« Suivez-moi. »

Alexia et Sora se regardèrent. Devaient-ils lui faire confiance ? Bon, certes cette inconnue venait de leur sauver la vie, mais c’était peut-être un piège.

« Et pourquoi on ferait ça ? Demanda la rousse.
- Votre ami n’a pas l’air très en forme, déclara l’autre. Et vous avez l’air également fatigués. »

C’était vrai que Vanitas s’obstinait à rester inconscient, et que ces nombreux combats les avaient épuisés –et ils n’avaient ni trouvé d’eau, ni de nourriture depuis leur arrivée dans cette décharge. Peut-être qu’il valait mieux être raisonnable, avant de finir dans le même état que le noiraud.

« Et vous comptez nous emmener où ? Demanda Sora.
- En sécurité, dans l’une des bases souterraines de la ville.
- Y’a intérêt à que ce soit pas un piège, déclara Alexia. »

L’autre ne fit aucune remarque suite à ça, et les trois personnes se mirent en marche. Durant celle-ci, l’inconnue observa l’inconscient. Elle fronça les sourcils ; un simple malaise ne rendrait pas une personne aussi pâle, et il aurait déjà du se réveiller. Par mesure de précaution, lorsqu’ils arriveraient, elle décida qu’elle ferait des examens complémentaires à ce garçon.

« Au fait, vous êtes qui ? Interrogea finalement Alexia.
- Je m’appelle Zenia. Je suis une scientifique de Mirari. »

Sora observa Alexia, puis la dénommée Zenia. Encore une Miraë ? La rousse, quant à elle, esquissa un sourire satisfait en observant Vanitas, toujours inconscient.

« Ah, ça c’est cool, vous arriverez peut-être à convaincre ce truc de l’existence de notre monde, du coup, déclara-t-elle en pointant le noiraud.
- Tu viens également de Mirari ?
- Yep, je m’appelle Alexia, ce truc c’est Vanitas, et là c’est son frère, Sora. Ils viennent d’Alma. »

Grâce à ces brèves présentations, la scientifique comprit plus facilement pourquoi les deux jumeaux avaient été, ou restaient sceptiques face à la légende. Enfin, cela n’apportait que peu pour l’instant ; elle avait d’autres priorités que de convaincre des Almarys.
Elle continua donc de guider en silence les deux adolescents.

« Mais au fait… Qu’est-ce que vous faisiez là ? Demanda Sora.
- J’essaie de rattraper mes erreurs.
- Vous voulez dire quoi par là ? Interrogea Alexia.
- Je vous expliquerai quand nous serons arrivés. »

Alexia et Sora s’interrogèrent du regard, mais n’insistèrent pas ; le trajet continua donc sans aucun bruit.
Ce ne fut qu’au moment où Zenia les emmena dans une impasse qu’ils se posèrent de sérieuses questions.

« Vous essayez de nous piéger ? Demanda Alexia.
- Absolument pas, répondit l’autre. Seulement ce lieu n’est pas accessible par tous, et il faut éviter que les monstres nous suivent.
- Mouais. »

La rousse resta sceptique, mais remarqua que Sora, lui, n’avait rien écouté. En y réfléchissant, la jeune fille se rendit compte que la raison était on ne pouvait plus simple ; Vanitas n’avait pas daigné cligner des paupières depuis bientôt une demi-heure, maintenant. Même Alexia trouvait ça moyennement normal, pour un simple malaise. Enfin, peut-être qu’il s’était réveillé à un moment, mais que personne n’avait remarqué, du coup il dormait simplement -peut-être.

Elle releva finalement la tête vers Zenia, qui avait posé sa main sur le mur à un endroit précis. A ce moment là, un panneau de commande sortit de la pierre sur laquelle avait appuyé la scientifique, qui tapa rapidement un code que la rousse n’eut le temps de voir.

Quelques secondes après, un bruit métallique se fit entendre, et le mur en face d’eux s’ouvrit sur un escalier.
Zenia les invita à entrer, ce qu’ils firent donc immédiatement.
Une fois à l’intérieur, le passage se referma derrière eux, et la lumière s’alluma à cet instant là.

Ils parcoururent le couloir souterrain pendant un bon quart d’heure, jusqu’à ce qu’ils arrivent à une porte blindée. Encore une fois Zenia tapa un code pour que celle-ci s’ouvre. Une fois à l’intérieur, plusieurs visages de rescapés se tournèrent vers eux.

« Vous voilà dans la salle commune, prenez tout droit, et tournez à la dixième porte, à gauche. C’est une chambre. Vous pourrez ainsi y déposer votre ami.
- Et vous ? Demanda Alexia.
- Je vais prévenir mes collègues de votre arrivée, je n’en aurai que pour très peu de temps. »

Alexia, qui était pour l’instant la seule tête pensante active, observa Zenia s’éloigner, avant de forcer Sora à la suivre. L’inquiétude de ce dernier était compréhensible, et elle aussi trouvait anormal le fait que Vanitas ne se soit pas encore réveillé, mais peut-être que l’autre femme, vu qu’elle était scientifique, pourrait l’examiner une fois qu’elle se serait occupée des formalités avec ses collègues, comme elle disait.

Quand ils arrivèrent devant la fameuse porte, Alexia l’ouvrit et laissa Sora entrer. Elle l’aida ensuite à installer Vanitas sur le lit, puis les deux s’assirent sur des chaises, à attendre Zenia.
Celle-ci ne tarda pas à arriver, avec une mallette assez lourde et encombrante dans sa main gauche. Elle expliqua rapidement que, plus tard, il faudrait qu’elle prenne leurs empreintes digitales, mais que pour l’instant elle ne ferait que quelques examens primaires à Vanitas.
… Sora comme Alexia s’observèrent avec stupeur, certains que ni l’un ni l’autre n’en n’avait encore parlé à la scientifique. L’aurait-elle remarqué elle-même ?

« Vous pensez que c’est quelque chose de grave ? Demanda finalement le brun.
- C’est déjà plus grave qu’une crise d’hypoglycémie, mais je ne peux pas encore vous en dire plus. »

Sans plus tarder, la femme ouvrit sa mallette, et y chercha un ordinateur et une machine que ni Sora, ni Alexia ne reconnaissaient. Elle entreprit ensuite de faire une prise de sang à Vanitas, pour y mettre l’échantillon dans ce que la rousse et le brun ne connaissaient pas.
Pendant les divers autres examens –prise de la température et de la tension, notamment- Alexia se rappela de ce qu’avait dit Zenia, lorsqu’ils étaient sur le trajet de cette base souterraine.

« Au fait, vous vouliez dire quoi par rattraper vos erreurs ? »

Zenia releva la tête, mais ne répondit pas tout de suite. Comment expliquer à ces personnes que le contact et surtout l’effondrement de Mirari et d’Alma -ainsi que l’apparition de ces monstres- étaient en partie sa faute ? Elle soupira, avant de commencer à parler d’une voix claire. Elle n’avait pas l’habitude de le faire mais cette fois, elle devrait jouer sur l’improvisation.

« Avec d’autres scientifiques, nous avons tenté de… créer un passage praticable entre Alma et Mirari. Seulement ça a très mal tourné. Une distorsion a provoqué la fusion des deux mondes, et l’appariation de ces monstres. »

Alexia et Sora restèrent sans voix face à l’explication de Zenia, qui entreprenait cette fois de prendre le pouls de Vanitas. Si habitants d’Alma et de Mirari pouvaient si facilement se croiser… C’était parce que leur deux mondes avait fusionné ? C’était à la fois extraordinaire, mais surtout inquiétant ; car à cause de ces créatures nées par cette fusion, ils ne pourraient jamais reconstruire la ville, ou même simplement sortir sans crainte de ces souterrains.

« Chaque personne ayant aidé à la conception de cette opération et qui a survécu à celle-ci est responsable de toutes ces catastrophes. Nous savons que la fusion est irréversible, mais nous cherchons un moyen d’anéantir définitivement ces créatures, et d’aider les personnes en difficulté que nous croisons. »

Les adolescents, eux, ne trouvèrent rien à répondre. Ils sentaient parfaitement la culpabilité dans la voix de la scientifique, même si celle-ci tentait de ne rien laisser paraître.

« Nous nous sommes séparés, nos doubles et nous-mêmes, dans trois bases militaires souterraines isolées des autres. Nous restons surtout en contact téléphonique. »

Elle s’arrêta un instant, après avoir examiné et comparé chacun des examens qu’elle avait effectués sur Vanitas, et finit par prendre une expression perplexe. Les deux autres le remarquèrent, et ne purent s’empêcher d’imaginer le pire.

« Qu’est-ce qu’il a alors, finalement ?
- Il n’a rien. Tous les résultats que j’ai obtenus sont normaux. Mais j’ai l’impression que… Je dois vérifier quelque chose. »

Elle se leva, et se dirigea vers les jambes de Vanitas. Elle retira la couverture et le déchaussa.
Voyant l’air interrogateur mais surtout inquiet des deux autres, elle s’expliqua.

« En exerçant une pression particulière au niveau des orteils, il y a forcément une réaction du patient. »

Après avoir expliqué cela, Zenia s’exécuta, et observa ensuite le corps entier de Vanitas. Il n’avait pas bougé, ni même tremblé face à cette pression, qui aurait du le faire réagir.
Le brun se figea en remarquant le manque de réaction de son frère. Qu’est-ce que cela signifiait ? Il tenta de poser la question, mais les mots restaient coincés dans sa gorge. Le remarquant, ce fut Alexia qui prit la parole, alors que la scientifique arborait à présent un air dur.

« Quand y’a aucune réaction… Ca veut dire quoi ?
- Cela veut dire que le patient est dans le coma. »

Dans… Quoi ? La rousse n’en crut pas ses oreilles. Comment était-ce possible ? Vanitas n’avait pas été blessé, il avait juste fait un malaise, et il ne s’était pas cogné la tête à ce moment-là, car Sora le maintenait assis ! Alexia tenta malgré tout de garder son calme. Elle passa un regard vers le brun, qui avait les yeux braqués vers le vide, et redressa la tête vers la scientifique.

« C’est impossible. Rien n’aurait pu le mettre dans le coma, même quand il a fait son malaise, on était tout le temps à ses côtés.
- C’est possible, depuis la fusion des mondes, rétorqua Zenia avec froideur. Nous avons déjà eu des cas similaires. »

Elle fit une pause dans ses paroles, observa quelques secondes Sora qui avait finalement relevé la tête vers les deux autres, puis regarda Alexia dans les yeux. Si celle-ci venait vraiment de Mirari, elle pourrait suivre plus facilement son raisonnement que le brun. Elle tâcha de prendre un ton plus neutre avant de se ré-adresser à elle.

« Tu es au courant de la malédiction de la légende, n’est-ce pas ?
- Celle qui dit que lorsque quelqu’un meurt, son double meure également ? Evidemment que je la connais. »

Après avoir dit cette phrase, Alexia observa Sora. Il ne connaissait pas cette partie de la légende, et elle voulait vérifier que le garçon avait réussi à digérer la chose ; mais depuis qu’on lui avait dit que Vanitas était dans le coma… Plus rien ne paraissait le toucher.
Elle soupira, avant de fixer Zenia à nouveau.

« Mais je ne vois pas le rapport, déclara finalement Alexia, face au silence de la scientifique.
- As-tu la moindre idée de l’endroit où peut se trouver son double ? Demanda finalement la femme, en passant un regard vers Vanitas. »

La question qui fâchait. Bien sûr que non, elle ne savait pas ! C’était d’ailleurs pour ça qu’elle s’était alliée à Sora et Vanitas, pour qu’ils puissent l’aider, et faire de-même pour eux en retour.

« Depuis que les mondes ont fusionné… Le lien entre les doubles s’est considérablement renforcé, déclara finalement la scientifique, face au silence de l’autre.
- Et ça veut dire quoi, ça ?... »

Zenia, en entendant la voix tremblante d’Alexia, savait que la fatalité serait très difficile à entendre pour elle, comme pour Sora. Seulement elle ne pouvait plus reculer maintenant, elle devait leur dire.

« Si un double est mortellement blessé et que son avenir est incertain… Son opposé tombera dans le coma. »

Les deux adolescents firent l’horrible rapprochement assez rapidement. Alexia et Sora regardèrent tour à tour Vanitas, puis la scientifique, avant de s’observer tous les deux, yeux dans les yeux. Terreur et peur, c’était tout ce qu’ils ressentaient à cet instant.
Mais aucun d’eux n’osa prononcer les mots qui n’arrêtaient pas de tourner en boucle dans leur tête, espérant que tout cela n’était qu’un cauchemar. Ils ne pouvaient pas croire que la malédiction avait franchi une telle barrière à cause de la fusion.

Alexia se sentait mal –très mal.
Elle voulut crier toute sa peine, toute sa détresse, toute sa colère aussi -mais aucun mot n’arrivait à traverser ses lèvres. Et plus elle y pensait, plus elle réalisait.
Quelque part dans cette ville, Vanilla était en train de mourir, emportant Vanitas avec elle.
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 27 Juil - 11:13

Chapitre 6 : Confiance

Quand Axel eut finalement la force d’ouvrir les yeux, ce fut tout d’abord sur un monde flou. Il soupira, et cligna plusieurs fois des paupières pour essayer de retrouver une vue à peu près correcte.
Bon, ce n’était pas encore tout à fait ça même après plusieurs clignements, mais c’était tout de même mieux que rien.

« Ah, toi aussi tu te réveilles ? »

Cette voix résonna familièrement dans l’esprit encore embrumé du roux. Il se tourna vers sa provenance et découvrit Noa, assis en tailleur sur une sorte de sac de couchage. Axel tenta de se redresser, mais contrairement à ce qu’il croyait, il y arriva plutôt facilement.
Une fois assis, il frotta ses yeux, et regarda ensuite l’autre adolescent.

« On est où ?
- Je ne sais pas, je dirais un entrepôt, mais après… j’avoue que je n’y ai pas vraiment réfléchi.
- Bon, au moins on est vivants… »

En repensant à leur chute, les deux garçons soupirèrent. Ils auraient pu mourir, en fait. Heureusement qu’ils avaient ce réflexe de s’accrocher à l’autre, pour protéger leur tête en la calant contre le corps de l’autre.
Bon, l’arbre qu’ils s’étaient pris sur la fin ne leur avait pas vraiment fait du bien, mais ça aurait pu être pire. Vraiment.

« Ah, vous êtes enfin réveillés, il serait temps. »

Cette voix sonna familière pour Noa, qui se retourna immédiatement vers sa provenance.
Il reconnut donc rapidement Riko, accompagnée d’une autre jeune fille. Etrangement, et même si la joie de revoir son amie saine et sauve était là, le garçon ne pouvait détacher son regard de l’autre personne aux côtés de l’argentée.

De l’autre côté de la pièce, c’était pareil pour Xion. Pourtant, cela faisait tout de même deux jours maintenant que les deux garçons étaient inconscients, suite à ce qu’ils avaient vécu –bien que leur vie n’avait pas été en danger, ça l’avait beaucoup inquiétée. Et même si elle était heureuse de voir Axel reprendre connaissance, Noa arrivait tout de même à capter toute son attention sans le vouloir.

« Bonjour Noa, finit-elle par déclarer, en remarquant que le garçon l’observait aussi. »

Riko et Axel se concertèrent silencieusement du regard, puis le roux se leva, et suivit l’argentée qui l’emmena en dehors de cet entrepôt, qui servait sans doute de dortoirs, vu les quelques sacs de couchage présents, et que le roux avait dû éviter en sortant.

« Je pense qu’il vaut mieux les laisser seul à seule, déclara finalement l’argentée, une fois dehors. »

Axel ne répondit pas, bien trop intrigué par l’apparence de la jeune fille devant lui. Enfin, vu qu’il croyait un peu plus à cette histoire de double, il réussit à trouver l’explication rapidement.

« T’es le double de Riku ?
- Je pense, vu que Xion m’a aussi fait la remarque. Mais je m’appelle Riko. Tu es Axel, c’est ça ?
- Comment tu le sais ?
- Tu es resté inconscient deux jours, donc Xion m’a un peu parlé de toi, quand j’ai remarqué ta ressemblance avec Alexia. »

Le contraire aurait été étonnant. Xion ne savait vraiment pas se taire. Enfin, Axel décida de changer de sujet, et regarda son nouvel environnement, beaucoup moins enneigé que le précédent.

« On est où là en fait ?
- Dans une zone d’échange de marchandise, avec plusieurs entrepôts. Suite à tout ce qu’il s’est passé, beaucoup de personnes se sont réfugiées ici à cause des vivres, mais Xion et moi on s’est directement réveillées ici.
- Mais vous vous faites pas attaquer par des monstres, ici ?
- Si, mais les personnes de Mirari, grâce aux nombreuses machines disponibles, les démontent et fabriquent des armes.
- Vous savez faire ça ? Demanda Axel, incrédule.
- C’est si étonnant que ça ?
- Bah quand même… A côté ceux d’Alma doivent pas servir à grand-chose en plus.
- Oh, même pas, vous apprenez plutôt vite. On peut déjà compter sur certains d’entre vous pour nous fabriquer des bonnes armes. »

Suite à ça, Axel se sentit fier d’être un Almarys. Et puis il fallait dire qu’un compliment faisait toujours du bien à l’ego.
Malgré ça, il passa un regard vers l’entrepôt où se trouvaient Xion et Noa ; il se demandait quand même ce que ça pouvait faire de rencontrer son double.

« Tu crois qu’ils discutent de quoi ? Demanda finalement le roux.
- Aucune idée, sans doute qu’ils apprennent à se connaître. »

En observant les allées et venues de nombreuses personnes, et en remarquant le vouvoiement utilisé lorsqu’elles s’adressaient à Riko, le roux se tourna, étonné, vers la jeune femme.

« Pourquoi des gens plus âgés que toi te vouvoient ?
- Il n’y a pas que moi qu’ils vouvoient ainsi, Xion aussi, corrigea Riko. Il y a deux jours, quand les réfugiés ne savaient plus quoi faire, nous leur avons redonné confiance, et encouragé à survivre envers et contre-tout. Le vouvoiement vient peut-être de là.
- Eh bah, ça devait pas être facilement gérable au début.
- C’est vrai, et cela me gène aussi d’être vouvoyée ainsi, mais dans ce genre de situation, il y en a qui ont besoin de se sentir en sécurité. Donc si ça leur donne ce sentiment en nous vouvoyant… Nous les laissons faire. »

Riko et Xion étaient donc l’espoir d’une centaine de personnes ? C’était quand même impressionnant.
L’argentée, embarrassée, décida de changer de sujet.

« Je peux te faire visiter les lieux, si tu veux.
- Ouais, pourquoi pas. »

Sans plus de bavardages, les deux adolescents se mirent en route.

~0~0~0~0~

Dans la chambre où Vanitas n’était pas décidé à rouvrir les yeux, Alexia effectuait les cent pas, tandis que Sora restait silencieux.
Cela faisait deux jours qu’ils étaient enfermés ici. Deux jours également qu’ils avaient appris pour la malédiction.

Quand elle finit par se rasseoir, car le brun s’était plaint qu’elle lui donnait le tournis, Alexia se rongea nerveusement les ongles. Comment pouvait-elle rester assise là, alors que sa meilleure amie était en train de mourir quelque part ? Et puis Sora, il était bien gentil, mais c’était pas Vanitas qui devait plus souffrir dans l’histoire, hein. C’était pas lui qui était blessé mortellement. Lui il souffrait juste d’un coma, à cause de l’état dans lequel Vanilla était.

Vanilla… dans quel état était-elle réellement, au juste ? Que lui était-il arrivé ? Etait-elle avec quelqu’un à ce moment là ? Avait-elle une chance d’être soignée ?
Alexia se releva brusquement ; ne rien savoir, et ne rien pouvoir faire la mettait hors d’elle. Elle devait se calmer avant d’exploser. Elle s’approcha de la porte, et passa tout de même un dernier regard vers Sora.

« J’vais prendre l’air.
- On ne te laissera pas sortir des souterrains.
- M’en fiche, je fais ce que je veux.
- Tu tiens tant que ça à mourir, toi aussi ? »

Alexia se retourna vivement vers lui, et lui lança son regard le plus noir et venimeux.

« Qu’est-ce que tu entends par « toi aussi » ?
- Réfléchis un peu, ça fait deux jours, et Vanitas ne s’est toujours pas réveillé. Cela veut dire que son double n’a reçu aucun soin et qu’elle est toujours en train de mourir. A cause d’elle, ils sont tous les deux condamnés. »

« A cause d’elle » ? Alexia avait vraiment bien entendu ? Sora mettait toute la faute sur Vanilla ? Simplement ? Comme ça ? Et dans son dos en plus ?
Elle dut se retenir pour ne pas frapper Sora. De toute façon, elle savait que si elle le faisait, ça n’arrangerait absolument rien.

« Ce n’est pas de la faute de Vanilla ! C’est à cause de ces monstres, et de cette fusion, et de ces scientifiques de merde, déclara la rousse. Et pis elle va pas se dire « tiens et si je mourrai pour le fun en fonçant sur les monstres sans réfléchir ? » ! Et pis ton frère, hein, il souffre pas, et il mourra pas dans la douleur, lui ! »

Les deux s’observèrent dans un silence pesant, comprenant finalement que cette dispute ne ferait pas avancer les choses. La situation leur échappait de trop, et la fatigue mêlée à l’inquiétude leur faisait dire n’importe quoi.

« Désolé, je n’aurais pas du dire ça, déclara finalement le brun, qui avait détourné la tête. »

Alexia ne répondit rien à cela, et se tourna à nouveau vers la porte, et l’ouvrit.

« Bon, j’y vais. A plus tard.
- Fais attention.
- T’inquiète. »

Une fois en dehors de la pièce, la rousse referma la porte derrière elle en soupirant, et s’adossa sur la paroi quelques minutes.
Cette dispute avec Sora avait été complètement débile, et surtout incroyablement immature. Elle soupira encore une fois, mais se mit finalement à marcher dans les couloirs.
En arrivant devant une porte, elle entendit Zenia discuter avec une autre personne. Curiosité oblige, elle s’arrêta pour entendre ce qu’ils se disaient.

« La section nord nous a téléphoné, déclara la scientifique. En deux jours, trois cas d’empoisonnement ont été déclarés, et elle aurait besoin d’un réapprovisionnement en antidote de toute urgence.
- Ils sont conscients qu’il faudrait envoyer des personnes à la surface pour rejoindre leur zone ? Siffla la voix d’un homme.
- C’est la section la moins équipée pour ce genre de blessés, mais nous ne pouvons pas laisser ces trois personnes mourir à cause d’un simple refus de retourner là haut.
- Les réfugiés refuseront de sortir d’ici, et toi comme moi ne pouvons nous permettre de partir aussi longtemps. »

Alexia, en entendant cette conversation, n’y croyait même pas ! L’autre homme serait capable d’avoir trois –non, six- morts sur la conscience, simplement parce qu’il ne voulait pas retourner à la surface, même pendant quelques heures ? C’était n’importe quoi.
Sans même prendre la peine de frapper, la rousse entra, sous le regard inquisiteur de l’homme, et l’air surpris de la femme.

« Qu’est-ce que tu fais ici, Alexia ?
- Je passais devant votre porte quand j’ai entendu les conneries que vous disiez, déclara-t-elle en s’adressant plus à l’homme qu’à la scientifique. Vous ne pouvez pas laisser mourir ces gens, juste parce que vous avez la flemme de vous déplacer.
- Et qui es-tu, jeune fille ?
- Elle faisait partie du groupe de personnes que j’ai retrouvé il y a deux jours, expliqua Zenia. Mais Alexia, ce n’est pas une manière de s’adresser à Even.
- M’en fous des bonnes manières. Des vies sont en jeu, et si vous, vous voulez pas y aller, alors j’irai. »

Les deux autres la regardèrent avec étonnement. Et si Zenia avait pris une expression plutôt neutre, la rousse vit le fameux Even sourire, d’une manière qui ne plaisait pas vraiment à la jeune fille.

« Tu as du cran, pour quelqu’un de ton âge.
- Je suis déjà en train de perdre ma meilleure amie à cause de vos conneries de fusion, et je peux absolument rien faire pour l’aider car je sais même pas où elle est, rétorqua l’autre. Alors quand je vois que vous, vous avez la possibilité de sauver des vies, et que vous le faites pas, ça me met hors de moi. Vous voulez rattraper vos erreurs oui ou merde ? »

Elle avait dit ça d’une traite, et devait maintenant reprendre légèrement son souffle. Mais elle remarqua que l’expression de l’homme avait changé. Il avait perdu son sourire et ses sourcils s’étaient froncés.

« C’est une mission bien trop dangereuse pour une fille de ton âge. Si tu mourrais, non seulement on perdrait une dose considérable d’antidotes pour rien, mais en plus les trois empoisonnés seraient condamnés.
- On peut parfaitement m’accompagner, je compte pas me balader toute seule là haut non plus.
- Comme je l’ai dit, Zenia et moi ne pouvons partir d’ici, et les réfugiés n’accepteront jamais de sortir.
- Il reste Sora. Lui aussi est en train de perdre quelqu’un de cher sans pouvoir rien faire, alors s’il apprend que vous allez abandonner six vies humaines, alors que vous pouvez mais ne voulez pas les sauver, il aimera moyen.
- Hm. Si ce garçon accepte, je vous envoie à la section nord, mais je ne serai pas tenu responsable s’il vous arrivait quelque chose.
- Au moins, nous, on aura essayé, alors que vous, vous vous cachez derrière des excuses débiles. »

Et sans même attendre une réponse de la part d’Even, Alexia quitta la pièce, suivie par Zenia, qui ferma la porte du bureau derrière elle, avant d’attraper le bras de la rousse, qui s’arrêta sans se retourner.

« Que feras-tu si Sora refuse de venir avec toi ?
- J’irai seule, tout simplement, répliqua l’autre. Mais si y’a une chose que je supporte pas, c’est de rester là sans rien faire, alors que des gens meurent à côté.
- Tu ne pourras pas y aller seule. Si Sora ne vient pas avec toi, j’irai à sa place.
- Mais Even a dit que tu pouvais pas t’absenter.
- Si je ne le pouvais vraiment pas, je ne vous aurais pas trouvés, tous les trois. Even n’a aucun contrôle sur moi, et il n’en n’aura jamais. »

Alexia ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire. Ca c’était le genre de personnalité qu’elle adorait.
Seulement elle n’avait pas le temps de rester là ; des personnes empoisonnées avaient besoin de ces antidotes le plus vite possible, donc il fallait qu’elle ait une réponse de Sora rapidement.

Zenia décida d’accompagner Alexia jusqu’à la chambre où se trouvait le garçon. Une fois à l’intérieur, Sora releva une tête surprise vers les deux arrivants. Il ne comprenait pas l’étrange expression de leur visage. Il s’était passé quelque chose ? En tout cas il avait l’impression qu’Alexia avait totalement oublié leur dispute –au moins ça.

« Dans une autre base souterraine, y’a des gens empoisonnés, commença la rousse. Mais cette base commence à manquer d’antidote, et on doit lui en apporter, sinon ils pourront pas continuer les traitements, et les gens mourront. Je ne peux pas y aller seule, donc j’ai pensé que tu pourrais m’accompagner. –elle fit une pause, et baissa la tête- Enfin… après ce que je t’ai dit, je comprendrai si tu voulais pas. »

Elle avait tellement peur de la réponse qu’elle détourna la tête immédiatement, prête à se prendre un « non » de la part du brun. Et puis bon, en y réfléchissant, ce serait compréhensible ; sans doute que Sora voudrait veiller sur Vanitas.
Mais contre toute attente, la rousse entendit l’autre se lever de sa chaise. Elle le regarda avec surprise, alors qu’il s’approchait d’elle et de Zenia.

« Que je reste ici sans rien faire, ou que je parte… Ca ne changera rien pour Vanitas. Alors si je peux me rendre utile et aider d’autres personnes à survivre…
- Mais je te force pas, hein !
- L’avenir de Vanitas ne dépend que de ton amie. Et… j’ai envie de faire confiance à Vanilla. Donc quand je reviendrai ici, et même si Vanitas n’est pas réveillé, il sera toujours en vie grâce à elle, car elle continuera de se battre. »

Alexia ne sut pas quoi dire, sur l’instant. Elle était énormément touchée par les paroles de Sora, mais aussi très surprise. Le brun ne connaissait pas encore Vanilla, et pourtant, il lui faisait confiance, en croyant en elle. Après ce qu’avait dit le garçon, et qui avait lancé leur dispute, la rousse ne s’attendait pas à entendre de telles paroles, aussi sincère que ce visage désolé et triste qu’arborait Sora.

« Je suis désolée de vous interrompre, déclara finalement Zenia. Mais vous devez partir au plus vite, on ne sait pas à quel niveau est la réserve d’antidotes de la section nord, ni l’état de ses patients. »

Alexia et Sora avaient failli oublier l’essentiel. Ils se retournèrent vers Zenia, qui leur demanda de les suivre dans une salle, un peu plus loin dans le couloir.
Une fois arrivés dans celle-ci, elle mit deux grands cageots –plus hauts que larges- de fioles dans deux sacs à dos, et demanda à chacun d’en prendre un.

« Faites attention. Ce n’est pas très lourd, mais extrêmement fragile. Voici également une carte qui vous indique la position de l’entrée de la base souterraine au nord. »

Elle donna les plans à Sora, et tendit une enveloppe à Alexia, qui l’observa avec incompréhension.

« Ceci est le mot de passe pour passer la première porte. Pour la seconde, la section nord vous ouvrira une fois que vous vous serez présentés. De toute manière, nous avertirons Eva et Braig de votre arrivée imminente dans leur base. »

Les deux adolescents remercièrent la scientifique, et s’apprêtèrent à partir, quand la femme les interpella une dernière fois.

« Beaucoup de gens comptent sur vous, à présent. Alors ne mourrez pas. »

Les deux autres se regardèrent, avant d’observer Zenia, en lui souriant de manière rassurante, et qui se voulait même décontracté pour Alexia.

« T’en fais pas pour nous, on s’en sortira, assura-t-elle.
- Promets-nous de veiller sur Vanitas en notre absence, demanda simplement Sora.
- Je le ferai, vous avez ma parole. Bonne chance. »

Ce fut à pas rapide que les deux adolescents sortirent de la base nord-est.
Et pour la première fois depuis que toutes ces catastrophes étaient arrivées, ils furent éblouis par la lumière chaude et rassurante du soleil.
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Dim 4 Aoû - 11:46

Chapitre 7 : Nouvelle rencontre et retrouvailles

« Il paraît qu’à la surface, y’a du soleil. »

Riku ne prit même pas la peine de relever la tête, moyennement intéressé par l’information que l’homme, dont les cheveux noirs étaient tirés vers l’arrière, en face de lui venait de lui communiquer. L’adulte soupira face à l’air fermé qu’arborait l’argenté depuis qu’il était arrivé ici.

« Tu connais le mot « détente », en fait ?
- Alors qu’une amie est entre la vie et la mort, et que nous sommes presque à court d’antidote ?
- Tu sais, c’est pas en tirant une tête pareille que ta princesse se réveillera, déclara l’autre, avec un sourire sournois. D’ailleurs, tu veux que je te dise comment elle pourrait se réveiller ? Le baiser d’un preux chev-
- Braig, arrête avec ces histoires, ça n’amuse personne, coupa la voix de Seïra, qui venait d’arriver. »

Le dénommé Braig observa dans la direction de la brune –dont le visage était terni par des cernes, et autres crises de larmes- avant de soupirer. Encore une casseuse d’ambiance. C’était grave, quand même. Ils se rendaient pas compte que déprimer comme ça, ça servait strictement à rien ?

« Je viens de parler à Eva, elle m’a dit que la section nord-est avait envoyé deux personnes pour les antidotes, expliqua finalement la brune à Riku.
- Dans combien de temps devraient-ils arriver ?
- D’ici une demi-heure, il paraît. »

Riku se leva finalement de la chaise où il était installé, et se dirigea vers le côté des dortoirs. Il s’adressa toutefois une dernière fois à la jeune fille, qui tombait de fatigue, même si elle tentait de le cacher.

« Seïra, je vais prendre ta place pour veiller sur Vanilla, toi, tu dois te reposer.
- Mais je vais bien.
- A d’autres, répliqua Braig. Ton visage parle pour toi, alors tu ferais mieux de l’écouter avant de tomber dans les pommes. »

Et sans même demander l’avis de Seïra, l’adulte la prit par les épaules, pour la pousser vers le dortoir où se trouvait la chambre de la jeune fille.
Riku soupira, mais malgré les histoires idiotes que pouvait raconter Braig, le remercia pour l’aide dont il faisait part, de temps en temps.

L’argenté se mit également en route vers le couloir opposé, celui où il n’y avait que des chambres réservées aux blessés. Il entra dans la deuxième pièce, vers la gauche.
En refermant la porte derrière lui, il observa la personne installée et endormie dans le seul lit de la pièce.

« Bonjour, Vanilla. »

Il ne s’attendait évidemment pas à une réponse, mais avait tout de même l’espoir que la jeune fille l’entendait, même dans son coma.
L’argenté s’approcha du lit, et observa le visage pâle de la blessée. Doucement, il dégagea quelques mèches de cheveux du visage de Vanilla, puis posa une main sur son front. Il constata que sa fièvre, en deux jours, n’avait toujours pas baissé.
Il recula de quelques pas et fouilla dans l’armoire réfrigérée, près du lit. Il n’y avait plus la moindre trace d’antidote. Il serra les poings, et regarda du coin de l’œil la jeune fille.
Il ne pouvait plus lui donner de traitement tant que les deux personnes de la section nord-est n’était pas arrivées.

Bon, il y avait du soleil, dehors, d’après Braig, donc du coup… aucun monstre ne se montrerait, et les messagers pourraient arriver ici rapidement, mais surtout indemnes, avec les médicaments.
Mais savoir que l’avenir de Vanilla, et des deux autres cas empoisonnés, dépendait de deux inconnus était bien plus que frustrant pour Riku, qui espérait vraiment que le manque de traitement ne serait fatal pour personne.

« J’me doutais que tu serais là, s’éleva soudainement la voix de Braig. Des gosses viennent d’apporter notre nouvelle réserve d’antidote. »

L’argenté sortit brusquement de ses pensées, à la fois rassuré, mais surpris. Les deux messagers avaient fait vite, tout de même. Avaient-ils été prévenus que c’était un cas d’urgence ?
Enfin, peu importe, il fallait qu’il prenne le nombre de vaccins réservés pour Vanilla.

« Où sont-ils ?
- Dans la salle commune, déclara l’adulte. Ils sont déjà accueillis par Eva qui s’occupera de partager les cageots d’antidotes apportés. »

Vu le caractère plus qu’agaçant d’Eva, Riku décida qu’il valait mieux la rejoindre dans la salle commune.
Il ne se souvenait que trop bien de sa rencontre avec elle il y avait de ça deux jours, et il ne voulait pas vraiment que d’autres personnes soient traumatisées par le genre de fille qu’elle était.

« Veille sur Vanilla, le temps que j’aille rattraper l’image de notre section qu’Eva doit être en train de donner aux deux messagers. »

Un rire sortit de la bouche de l’adulte, alors qu’il laissa passer l’argenté, qui se rendit immédiatement vers la salle commune. Il aimait beaucoup ce gosse, vraiment –surtout que ça leur faisait un sacré point commun, quand même. Ni lui, ni l’adolescent ne supportaient Eva.
Il observa Vanilla, qui restait toujours aussi immobile et inconsciente. Il s’installa sur une chaise près du lit, pour pouvoir veiller sur elle d’une façon confortable.

~0~0~0~0~

Quand Alexia et Sora étaient finalement arrivés à la Section nord, ils soupirèrent, et déposèrent avec douceur à leurs pieds les sacs d’antidotes qu’ils avaient portés. On leur avait demandé d’attendre l’arrivée d’une certaine Eva, qui se chargerait de la réception des « colis ».

Quand une femme à l’air plus qu’hautain s’approcha d’eux, la rousse reconnut immédiatement le regard de la personne, qui devait être certainement le double d’Even.

« Bonjour, membres de la section nord-est. Je suis Eva. Avez-vous ce que nous avions demandé ?
- Ouais, c’est juste là. »

Alexia, qui avait plus que hâte de partir d’ici, montra rapidement les sacs à leurs pieds. La femme émit un sifflement qui ne disait rien qui vaille.

« Etes-vous sûrs que dans de telles choses, les antidotes ne se sont pas brisés ?
- Nous avons fait très attention durant l’intégralité du voyage, déclara calmement Sora. Et nous n’avons croisé aucun monstre, vu qu’il y avait du soleil. »

Heureusement que le brun était là, sérieux. Alexia admirait le calme olympien qu’il arrivait à garder devant cette femme, qui les pensait incompétents.

« Il suffit d’un simple choc pour détruire ce genre de choses, vous savez ?
- Eva, si vous ne leur faites pas confiance, vérifiez tout de suite le contenu des sacs, déclara une voix posée. »

Si Alexia ne releva pas vraiment, Sora reconnut immédiatement la personne qui venait de parler, et qui s’était suffisamment rapprochée, pour à son tour voir les deux membres de la section nord-est.

« Riku ?
- Sora ? »

Alexia, quant à elle, les regarda, sans vraiment comprendre –surtout que le garçon aux cheveux argentés ressemblait à Riko.
Serait-ce un des amis que Vanitas et Sora recherchaient ?

« Vous vous connaissez ?
- Oui, c’est Riku, l’un de mes amis. Riku, je te présente Alexia. »

Après ces brèves présentation, l’argenté remarqua la ressemblance de la rousse avec Axel. Il n’était pas difficile de faire le rapprochement, depuis qu’il avait appris de Braig la fusion des mondes. Ce qui le dérangeait, en fait, c’était l’expression de Sora. Il paraissait perturbé, comme si, constamment, quelque chose le travaillait. Mais la chose qui était la plus inquiétante, c’était l’absence de Vanitas. Celui-ci et le brun restaient toujours ensemble pourtant. Auraient-ils été séparés lors des catastrophes ? Cela pourrait expliquer l’expression de son ami… Enfin, dans le doute, il préféra demander.

« Où est Vanitas, Sora ? Vous avez été séparés ? »

Face à l’échange de regard, et à l’air fermé qu'arboraient les deux adolescents en face de lui, Riku sut qu’il avait posé une mauvaise question. Il était clair qu’ils avaient été ensemble à un moment.
Voyant que Sora s’était enfermé dans le silence, ce fut Alexia qui releva la tête pour expliquer la situation à l’argenté.

« Il est dans le coma. »

Cette nouvelle choqua Riku, qui ne sut pas vraiment quoi dire. La rousse continua simplement, en serrant les poings.

« Depuis la fusion des mondes, le liens entre les doubles est plus grand, et comme Vanitas n’a subi aucune blessure grave… On suppose que c’est… que c’est une amie à moi qui est le double de votre propre ami ou frère qui a été blessée mortellement, provoquant ainsi le coma de Vanitas. Mais elle est introuvable, ou plutôt on ne sait pas où chercher, du coup on a aucune idée de l’état dans lequel elle est. »

… Qu’est-ce que ? Quoi ? On lui avait bien parlé d’un lien entre les doubles, mais Riku ignorait totalement que celui-ci était devenu encore plus fort.
Enfin, autre chose surprit l’argenté dans les informations qu’il venait de recevoir.
Si c’était vraiment l’opposée de Vanitas qui avait été blessée mortellement, le plongeant ainsi dans le coma… alors la personne dont ils parlaient était…
La réponse sonna comme une évidence dans l’esprit de l’argenté ; Vanilla. C’était elle, qu’ils cherchaient.

« Sora, Alexia, je dois vous montrer quelque chose… ou plutôt quelqu’un, déclara soudainement Riku, sous l’incompréhension totale des deux autres. Suivez-moi. »

L’argenté guida les deux autres adolescents dans un couloir, et s’arrêta devant l’une des nombreuses portes présentes. Il observa la rousse et le brun, qui ne comprenaient toujours pas pourquoi Riku les avait emmenés ici –après tout ils devraient repartir au plus vite, avant que la nuit tombe.

« Je sais que vous devez bientôt repartir, mais je pense qu’il faut que vous la voyez. »

Il ne laissa pas le temps aux deux autres d’essayer de comprendre la signification de sa phrase ; il ouvrit la porte et les invita immédiatement à entrer. Leur regard passa tout d’abord sur l’adulte, installé sur une chaise.

« On dirait que la princesse a beaucoup de visites aujourd’hui.
- Peux-tu nous laisser seuls, Braig ? demanda directement Riku en ignorant la remarque de l’autre. Je dois parler à ces personnes.
- Pas d’problème, j’vais aider Eva à répartir les antidotes. »

Une fois que l’homme eut déserté la chambre, Riku s’avança près du lit. Instinctivement, Sora et Alexia le suivirent du regard, alors que celui-ci tomba finalement sur la personne installée sur le matelas.
La rousse la reconnut tout de suite, malgré cette pâleur alarmante, tandis que le brun, lui, resta silencieux face à la ressemblance de Vanitas avec cette jeune fille mal au point.

« C’est Vanilla… C’est vraiment elle… souffla Alexia, qui peinait à croire que c’était véritablement son amie là, aussi pâle et… sans vie. »

C’était donc elle, son double, pensa le brun.
Alors que Sora gardait ses distances, Alexia s’approcha du lit, et prit doucement l’une des mains de sa meilleure amie. Elle observa un moment le visage de Vanilla sans dire le moindre mot les premières secondes. Quand elle osa finalement rouvrir la bouche pour s’adresser à Riku, elle ne prit même pas la peine de détourner la tête de ce visage à l’air beaucoup trop serein de son amie.

« Comment… c’est arrivé ? demanda-t-elle, d’une voix presque éteinte.
- Nous nous sommes fait attaquer par des monstres, mais elle a été prise par surprise par l’un d’eux, expliqua Riku. Seïra et moi n’avons pas eu le temps de faire quelque chose pour l’aider … Je suis désolé, Alexia. »

La rousse garda le silence un moment, avant de relever quelque chose dans les paroles que le garçon venait de dire. Elle leva finalement la tête vers lui.

« Seïra est ici aussi ?
- Oui, mais elle se repose dans sa chambre. Elle n’a fait que veiller sur Vanilla, et n’a donc dormi que très peu.
- Sa chambre est où ? »

Comprenant que la jeune fille tenait à voir sa deuxième amie, Riku fit abstraction du temps qui leur était compté avant la tombée de la nuit, et décida de lui donner les informations qu’Alexia souhaitait. De toute façon, et dans le pire des cas, ils resteraient ici pour dormir, pour éviter de faire face aux monstres –car un… non deux proches au bord de la mort à cause de ça, cela suffisait.

« En partant de la salle commune, c’est le couloir juste en face de celui où on est, troisième porte à droite.
- Merci. »

Immédiatement après, la rousse s’éclipsa en prenant soin de fermer la porte derrière elle. Sora et Riku étaient maintenant seuls. Le brun osa enfin s’approcher du corps de la jeune fille qui ressemblait tant à son frère, et l’observa, simplement.

« Pourquoi n’es-tu pas resté auprès de Vanitas ? demanda finalement Riku.
- Son état ne dépend pas de lui, comme tu le sais… Alors je me suis dit que je serai bien plus utile ici. Même si… Je ne pensais pas rencontrer son double, enfin… si on peut appeler ça une rencontre. »

Il prit la main de Vanilla, sans quitter son visage des yeux. C’était étrange ; ce n’était pas son double, et pourtant… il se sentait proche d’elle tout de même –peut-être parce que c’était l’opposée de son frère jumeau ?
En tout cas, il avait mal pour elle, mais aussi pour Alexia, et pour cette Seïra.

« Est-ce que Vanilla souffre en ce moment ?
- Difficile de le dire. En tout cas, d’après Braig, elle peut peut-être nous entendre. »

Riku était quand même impressionné. Vanitas était dans le coma suite à un accident qu’avait eu Vanilla… et pourtant le brun s’inquiétait quand même pour la jeune fille.
Il reconnaissait bien son ami ; toujours là, à s’inquiéter pour tout le monde. Seulement il était tout aussi vulnérable, vu que la personne la plus proche de lui était entre les mains de la mort.
Il s’apprêta à dire quelque chose à ce sujet, mais fut interrompu par la porte de la chambre qui s’ouvrit.

« Et voilà les antidotes pour la princesse, déclara Braig, qui rangea immédiatement les seringues dans l’armoire réfrigérée, près du lit. Et Eva rappelle à ceux de la section nord-est qu’ils doivent bientôt partir, s’ils veulent être rentrés avant l’apparition des monstres.
- Alexia veut juste discuter avec Seïra, déclara Sora.
- Ah, c’pour ça que je l’ai croisée avant… »

Les autres hochèrent simplement la tête, puis laissèrent l’adulte partir à nouveau.

~0~0~0~0~

Quand elle arriva devant la porte que Riku lui avait indiquée, Alexia s’arrêta un instant, un peu hésitante. Elle ignorait totalement ce qu’elle pourrait dire à la jeune fille, mais elle savait qu’elle devait être là pour elle.
Elle ouvrit doucement la porte, dans le cas où son amie dormirait –même si elle sentait que ce n’était pas le cas- puis la referma avec la même douceur, une fois dans la pièce.

Elle observa Seïra, couchée sur son lit en position fœtale, de dos. La rousse put rapidement constater les légers tremblements de son amie, et comprit bien vite qu’elle pleurait.
Elle s’approcha doucement, et s’assit sur le rebord du matelas. Seïra ne semblait pas encore l’avoir remarqué, mais quand Alexia posa une main sur l’épaule de la jeune fille, celle-ci sursauta et se retourna brusquement, les yeux baignés de larmes.

« A-Alexia ? souffla-t-elle. C’est toi… ?
- Tu connais d’autres personnes qui s’appellent comme moi ? demanda-t-elle. Allez, viens par là. »

La rousse n’eut pas besoin de répéter cela une seconde fois, et Seïra se retrouva bien vite dans ses bras. Alexia commença à effectuer des va-et-vient dans les cheveux de son amie, pour la rassurer, mais surtout pour lui montrer qu’elle était là pour elle.

« Vanilla… Elle… Elle va pas bien, elle risque de… de… sanglota la brune.
- Je sais, Seïra, je sais…
- Je n’ai rien pu faire, je n’ai même rien tenté ! Je… Je dois être une mauvaise jumelle…
- Arrête de raconter des conneries pareilles. Tu n’y es pour rien, c’est ces monstres qui l’ont mise dans un tel état, pas toi.
- Si Vanilla meure… Je…serai toute seule… Je n’aurai plus rien…
- C’est pour ça qu’elle ne mourra pas. Jamais elle ne t’abandonnera, pas comme ça, c’est pas son style. Elle se battra.
- Mais si… Si la mort était plus forte ? murmura Seïra, qui ne parvenait pas à calmer ses sanglots.
- Alors je serai là, et on retrouvera Riko et Noa, et ils seront là aussi. Mais la mort ne gagnera pas. »

Alexia serra un peu plus fort Seïra contre elle. Est-ce que cela faisait deux jours qu’elle pleurait, seule dans cette chambre ? Non, ça l’étonnerait. Riku, du peu qu’elle en avait vu, était pas quelqu’un qui laissait souffrir les personnes juste à côté de lui. Mais elle devait être certaine que la brune n’avait pas été livrée à elle-même durant ces deux dernières journées.

« Riku a pris soin de toi, quand même ?
- Oui, il était là…, souffla la brune, dont les larmes commençaient à se calmer. Pour moi, comme pour Vanilla. C’est lui qui s’occupe de donner le traitement à Vani et de changer son pansement, car Braig et Eva sont déjà surchargés… »

Ah oui, carrément ? Alexia espérait que Riku prenait soin de Seïra lors de cette épreuve, mais elle ne pensait pas qu’il serait celui qui donnait le traitement à Vanilla ; il la connaissait à peine ! Serait-ce à cause de la ressemblance entre la jeune fille et Vanitas ? D’un côté, c’était la possibilité la plus logique, mais ce serait horrible de penser à quelqu’un d’autres pour sauver une autre personne. Pourtant, la rousse voulait croire que ce n’était pas pour ça que l’argenté prenait soin de Vanilla comme ça.

«  Toi et Vanilla, vous avez eu de la chance de tomber sur lui, alors. C’est un gars vraiment sympa, malgré sa tête de voyou.
- Il… se sent coupable, surtout… enfin je pense, murmura l’autre, en se redressant pour voir son amie. Si Vanilla est dans un tel état, c’est à cause du poison, mais Riku refusait de retirer le couteau empoisonné, de peur de ne pas pouvoir gérer l’hémorragie, mais ça n’a fait qu’aggraver la situation…
- Oh…
- Eva nous l’a dit, quand on l’a rencontrée… Je pense qu’il songe constamment à ça depuis. »

Alors c’était pour ça que Riku aidait Vanilla ainsi… C’était un sentiment de culpabilité qui le rongeait. Alexia trouvait ça horrible que l’argenté se sente coupable d’une telle chose.
La rousse tira bien vite une conclusion ; sa meilleure amie ne pouvait juste plus se permettre de mourir, elle avait impliqué beaucoup trop de monde maintenant.

« Navrée de gâcher ces charmantes retrouvailles, seulement il est temps pour la section nord-est de partir, donc tu ferais mieux de prévenir le garçon qui t’accompagne, jeune fille. »

C’était évidemment la voix d’Eva qui venait de résonner dans la pièce. Elle était vraiment insensible, cette fille, ou quoi ? Alexia se tourna vers elle. Elle aurait bien voulu répliquer quelque chose, seulement rien ne lui venait -et puis c’était tout de même grâce à elle que Vanilla avait pu survivre jusqu’à maintenant.
Eva déserta bien vite les lieux, ignorant le regard méprisant que lui lançait la rousse, qui se tourna vers Seïra après le départ de la scientifique. La brune avait réussi à finalement sécher ses larmes, et posait sur elle un regard interrogateur.

« De qui elle parlait ?
- Ton double. Il m’a accompagné.
- Mon double est ici ? Comment ça se fait que tu l’ais rencontré ?
- Quand je me suis réveillée, après la fusion des mondes, j’ai atterri près de lui et de l’opposé de Vanilla. »

La brune ne put cacher sa surprise. Si elle et sa sœur avaient rencontré l’opposé de Riko, Alexia, elle, avait connu son double et celui de sa jumelle… Seulement la brune ne comprenait pas quelque chose ; si elle ne se séparait jamais de Vanilla, leurs doubles ne devraient-ils pas se comporter pareil ? Pourquoi alors il n’y avait que son opposé à elle ici ?

« Où est l’opposé de Vanilla ? Il lui est arrivé quelque chose ?
- Eh bien, je… Plus ou moins, oui. »

Cette question venait de prendre Alexia au dépourvu. Pouvait-elle vraiment expliquer à Seïra la situation ? En observant la brune qui avait croisé les bras, elle vit que celle-ci n’arriverait pas à se contenter de cette réponse trop vague. Malgré l’état de sa sœur, elle arrivait tout de même à garder cette envie d’éclaircir les choses qu’on tentait de lui cacher, ce qui signifiait qu’elle ne lâcherait pas l’affaire.
Ce fut avec une certaine hésitation qu’elle se lança finalement dans la véritable explication.

« La malédiction a franchi une nouvelle barrière suite à la fusion des mondes. Maintenant, il suffit que l’un des deux doubles soit mortellement blessé pour provoquer le coma de l’autre. Et tant que l’avenir de l’opposé blessé est incertain, l’autre restera coincé dans un coma dont il ne pourra peut-être jamais sortir. »

La rousse avait dit ça d’une traite, et n’osait même pas affronter le regard de Seïra après ça. La brune, quant à elle, gardait le silence. Il ne lui était pas difficile de faire le rapprochement entre les mots prononcés, et la situation actuelle.

Malheureusement Alexia ne pouvait pas s’éterniser ici. Elle devait retourner dans sa zone, avec Sora, avant que la nuit ne tombe. Elle se leva à contrecœur, et se dirigea vers la porte, avec toutefois un dernier regard pour son amie.

« S’il devait arriver quelque chose à Vanilla… Je serai là pour toi, je te le jure.
- Merci, Alexia. »

Un échange de sourire, puis la rousse s’éclipsa. En se dirigeant vers la chambre où Vanilla avait été transportée, la jeune fille ne put s’empêcher d’être inquiète. Est-ce que Riku prendrait soin de son amie, si jamais…
Non.
Elle n’avait pas le droit de penser ce genre de choses. Si elle commençait elle-même à être défaitiste, elle ne pourrait pas soutenir Sora ; l’argenté était bien là pour Seïra, donc elle devait l’être pour le brun.

Elle arriva devant la chambre, et frappa. Une fois qu’elle eut le droit d’entrer, elle ouvrit la porte et observa les occupants. Elle vit Sora maintenir Vanilla légèrement assise, le temps que Riku s’occupait de retaper les coussins de la comateuse.
Seulement le regard de la rousse restait sur son amie ; elle avait l’air si vulnérable et fragile, comme si au moindre coup elle allait se briser… c’était terriblement douloureux de la voir ainsi.
Alexia se secoua mentalement la tête ; il fallait qu’elle se ressaisisse -et vite.

« Comment va Seïra ? demanda finalement Riku.
- Pour le moment ça peut aller, disons, mais… merci d’être là pour elle et Vanilla. »

C’était la moindre de choses que de remercier l’argenté, qui soutenait la brune en même temps que de soigner sa jumelle. Il n’était pas obligé de le faire, surtout qu’il ne les connaissait que depuis quelques jours, alors…
Enfin, l’heure ne cessait d’avancer, et s’ils ne voulaient pas prendre le risque de faire de mauvaises rencontres, il fallait partir maintenant.

« Sora, on doit vraiment y aller par contre.
- Je sais, j’arrive. »

Alexia vit Sora avoir un dernier regard pour l’endormie, avant qu’il ne la rejoigne à la porte.
La rousse mit un temps à comprendre pourquoi le brun paraissait si inquiet pour Vanilla, mais en se rappelant des liens entre les doubles, elle en avait presque oublié un autre, tout aussi fort ; celui des jumeaux -et comme Sora était le jumeau de Vanitas, qui avait comme double Vanilla… c’était comme si la jeune fille était la sœur du brun, en quelque sorte. Alors même s’il ne la connaissait pas encore, il se sentait proche d’elle.

Pour la rousse, ce lien fraternel était magnifique. Elle avait toujours voulu avoir un frère ou bien une sœur, étant enfant unique. Quand elle avait pour la première fois parlé aux jumelles, c’était uniquement à cause de ça, à la base –maintenant, elle ne pensait évidement plus la même chose, et s’était plus rapprochée de Vanilla que de Seïra.
Elle admirait vraiment cette union, bien différente de celle des doubles ; car le lien fraternel, au moins, ne possédait aucune malédiction en contrepartie du bonheur que cela pouvait apporter, d’avoir toujours quelqu’un à ses côtés.

Enfin, Alexia ne pouvait pas s’éterniser à penser à ce genre de chose -il y avait déjà suffisamment de blessés à cause des monstres.
Elle ouvrit finalement la porte, avant d’adresser quelques derniers mots à Riku.

« T’as intérêt à continuer à prendre soin de Vanilla et Seïra.
- Et toi de Sora et Vanitas. »

Un échange de regard puis, finalement, les deux adolescents de la section nord-est sortirent de la pièce, en prenant soin de fermer la porte derrière eux.
En parcourant les couloirs ils tombèrent sur Braig, le prévinrent de leur départ, puis se dirigèrent vers la sortie du souterrain.
La première chose qu’ils firent une fois à l’extérieur, ce fut d’observer le ciel aux allures crépusculaire. L’obscurité n’était pas encore vraiment là, mais le risque zéro n’existait plus.
Alexia prépara son arme à feu, tandis que Sora sortit sa dague de sa sacoche.
Ils se mirent ensuite tous les deux en route rapidement, prêts à agir et à se défendre en cas d’attaque de monstres –car il était hors de question de mourir maintenant.


Dernière édition par Fexatsyn Miroï le Jeu 11 Juin - 22:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 10 Aoû - 11:04

Chapitre 8 : Retour

Deux jours étaient passés depuis l’arrivée d’Axel de Noa dans le réseau d’échange de marchandises de la ville. Bien évidemment, ils avaient tous les deux eu droit à un temps d’adaptation avant d’être affiliés à un poste en particulier, mais Riko les avait prévenus qu’ils prendraient très vite du service.

Ce fut ainsi qu’à l’aube du troisième jour, Noa rejoignit l’entrepôt où se trouvait la fabrique d’armes, tandis qu’Axel suivait un entraînement intensif au maniement de celles-ci –les monstres étaient de plus en plus nombreux, donc il fallait sans cesse augmenter la force défensive.
C’était une certaine Roxiane qui s’occupait d’entraîner le roux –et malgré cet air angélique, celle-ci était particulièrement sévère.
Quand Axel loupa encore une fois la cible à quelques mètres de lui, son mentor ne fit que soupirer une énième fois.

« Combien de fois je t’ai dit de ne pas tirer dans la précipitation et de viser avant ?
- Je sais, mais les monstres ils me laisseront pas le temps de le faire, hein.
- C’est pour ça qu’on t'entraîne.Tant que tu n’arriveras pas à viser sur quelque chose d’immobile, face aux créatures, tu n’as aucune chance. Allez, réessaie, et concentre-toi cette fois. »

Axel maugréa vite fait quelque chose dans sa barbe, mais se tourna à nouveau vers la cible en face de lui. Il se mit en position, et prit plus de temps pour tirer. Il pouvait sentir le regard de la blonde à ses côtés, examinant chacun de ses faits et gestes, mais vu qu’elle ne disait rien, ou ne soupirait pas, le roux décida de prendre ça plutôt comme un encouragement. Il se concentra encore un peu, puis appuya sur la gâchette.
Un bruit qu’il n’avait jusqu’à maintenant pas entendu résonna.

« Tu vois quand tu veux ? déclara finalement Roxiane. Tu aurais touché le bras de ta victime seulement, mais c’est déjà pas mal. On avance, mine de rien. »

Axel devait l’admettre ; même s’il pouvait encore mieux faire, c’était particulièrement amusant d’apprendre à manier une arme à feu. Elles étaient tellement rares en Alma, et maintenant, dans l’entrepôt d’à côté, il y avait carrément toute une manufacture pour les construire.
Bon, c’était dangereux, mais c’était cool quand même.

« On continue ou tu souhaites faire une pause ? demanda finalement la blonde.
- Nan, on continue. J’suis trop bien parti, là !
- C’est vrai, ce serait dommage de casser le si bel effort fourni au bout de vingt essais.
- Tes sarcasmes m’atteignent pas. »

Axel se concentra sur sa cible, et prit le temps de viser à nouveau. Il s’apprêta à tirer, quand Roxiane l’interrompit en plein geste. Il l’interrogea du regard, mais celle-ci n’y prêta pas attention, regardant autour d’elle, inquiète.

« C’est trop calme.
- Maintenant que tu le dis… »

De l’endroit où ils se trouvaient, ils étaient censés pouvoir entendre les autres fabriquer les armes, dans l’entrepôt juste à côté, mais… il n’y avait pas le moindre bruit –ou presque. Bien vite, ils perçurent d’autres sons, beaucoup plus inquiétants ; cris, coups de feu…
Tous deux furent pris d’un très mauvais pressentiment.

Ils accoururent à l’extérieur du bâtiment, et ce qu’ils virent confirma leur crainte ; des monstres avaient commencé à attaquer leur « base ». Roxiane ne réfléchit pas plus loin, et sortit ses deux pistolets, avant de rapidement donner les directives à Axel, qui n’était pas encore assez qualifié pour combattre en situation réelle.

« Trouve autant de personnes que tu peux, et mets-les en sécurité, moi, je m’occupe d’eux ! »

Axel ne se laissa pas prier, et se dirigea dans la direction opposée. Sur son chemin, il croisa Xion, qu’il s’empressa de rejoindre pour s’assurer qu’elle allait bien.

« Axel, je suis si contente de te voir ! Riko est partie combattre les monstres, et elle m’a chargée de te retrouver, toi et… Où est Roxiane ? Il lui est arrivé quelque chose ?
- Nan, elle est allée combattre les monstres, et m’a demandé de mettre les gens désarmés que je croisais en sécurité.
- Alors on ferait mieux de se dépêcher. »

Tous les deux se mirent en route vers les rebords est de la zone, là où les monstres n’étaient pas encore passés –du moins ils l’espéraient.
Seulement ils furent arrêtés en pleine course, bloqués par une dizaine de créatures. Xion prit immédiatement son pistolet entre les mains, et donna le couteau qu’elle possédait à Axel, vu qu’il ne maîtrisait pas encore suffisamment les armes à feu –contrairement à elle qui s'entraînait depuis quatre jours.

Ils réussirent bien vite à s’en débarrasser, seulement une seconde vague remplaça la première –mais l’aspect des monstres était différent, cette fois. Si avant c'étaient des humanoïdes aux griffes acérées, cette fois c’était des sortes de chauves-souris toutes noires –et elles étaient beaucoup plus rapides que les autres.
Tellement qu’Axel ne vit pas l’une d’elle se diriger vers lui –ce ne fut que lorsqu’il sentit une morsure au bras qu’il s’en rendit compte. Il dégagea bien vite la créature de son membre, avant de la tuer d’un coup de couteau.

Mais en voulant se redresser, il remarqua bien vite que ses mouvements étaient fortement altérés. Une morsure empoisonnée, évidemment.
Il réussit toutefois à se débarrasser de quelques chauve-souris, avant d’être finalement totalement paralysé ; il tomba au sol, bien conscient, mais dans l’impossibilité de bouger.

Xion, après avoir éliminé les monstres qui l’entouraient, se précipita vers Axel, inquiète. Elle le mit sur le dos immédiatement, et fut tout de même rassurée de le voir conscient –le poison n’était donc pas mortel.
Elle vit qu’il tentait de se relever, mais sans résultat –il abandonna donc bien vite dans un soupir.

« Bordel, y’a qu’à moi que ça arrive ce genre de trucs…
- Et encore, tu devrais t’estimer heureux, car il paraît que les monstres armés de poignards ont leurs armes imbibés d’un poison mortel. Toi, tu es tombé sur le poison paralysant seulement.
- Oh, quelle chance… Bon, tu m’aides ? Je vais pas rester là toute la journée. »

Xion ne put s’empêcher de sourire face à la remarque d’Axel, mais finit par accéder à sa demande –heureusement que les monstres avaient finalement désertés cet endroit, car elle se voyait mal combattre en même temps d’aider le roux.
Il fallait qu’ils retrouvent Riko et les autres aux plus vite –en espérant qu’ils allaient tous bien.

~0~0~0~0~

Deux jours étaient passés depuis qu’Alexia et Sora avaient fait la livraison des antidotes dans la section nord.
Depuis, l’un des trois cas d’empoisonnement s’était finalement réveillé -pourtant, cela n’avait pas réussi à rassurer Riku et Seïra.
Vanilla était la plus grièvement empoisonnée, rendant ses chances de survie bien plus faible que les autres, malgré le traitement à hautes doses qui lui était administré toutes les cinq heures.

L’argenté était d’ailleurs en train d’injecter l’antidote, par la perfusion qui était reliée à la jeune fille depuis son arrivée ici. Après avoir effectué cette première étape, il entreprit de changer le pansement au niveau du ventre de la comateuse, quant à Seïra, elle s’occupait du bandage au niveau de la main de sa sœur –Riku lui avait bien évidemment raconté comment Vanilla s’était blessée à cet endroit-là, mais ni lui ni elle n’avait trouvé important de s’éterniser là-dessus.

Comme d’habitude, un silence pesant régnait dans la pièce pendant que Riku examinait la blessure suturée. C’était toujours comme ça lorsqu’ils venaient de ré-administrer de l’antidote à Vanilla ; ils avaient peur qu’elle réagisse mal à l’antidote, parce que son cœur ne supporterait pas un traitement aussi lourd… Eva les avait avertis à ce sujet ; le risque qu’elle fasse une crise cardiaque n’était pas à écarter, tant qu’ils ne pourraient pas diminuer la dose.

C’était pour cela aussi que Seïra gardait toujours le poignet blessé de Vanilla entre ses mains, afin de vérifier le pouls de sa sœur. S’il avait le malheur de s’arrêter… il faudrait agir vite, sinon ils la perdraient, mais pas seulement elle ; Vanitas la suivrait bien vite dans la mort.
Seulement Riku se refusait de penser à une telle alternative. Il devait soutenir Seïra et soigner correctement Vanilla ; et pour cela, il n’avait pas le droit d’être défaitiste –car la moindre erreur ou inattention de sa part pourrait être fatale.

Seïra, quant à elle, continuait de surveiller le rythme cardiaque de sa sœur, en la regardant pensivement. Elle constata que le visage de Vanilla avait légèrement repris des couleurs, mais cela ne voulait encore rien dire.

Elle vit finalement Riku finaliser le nouveau pansement, et pouvait alors deviner qu’il s’était écoulé environs une dizaine de minutes –soit le temps durant lequel l’antidote pouvait être dangereux après injection. Elle pouvait donc lâcher la main de sa sœur, sans risquer de la perdre juste après, seulement… elle se stoppa brusquement dans son geste. Vanilla… la retenait ? Elle ne put s’empêcher de la fixer, ne sachant pas quoi penser, ou dire. La légère pression qu’elle avait ressenti, par contre, disparut bien vite.

« Il y a un problème ? Demanda Riku, inquiet.
- Je… Elle a bougé, souffla Seïra. Elle m’a serré la main quand j’ai voulu l’enlever… »

Riku sembla surpris par de telles paroles, et avait de la peine à le croire sur l’instant. La brune, à cause de l’inquiétude, avait peut-être imaginé ce qu’elle avait senti…

« Tu es sûre ?
- Absolument certaine. »

Pourtant, lorsqu’elle chercha une seconde fois à éloigner sa main, Vanilla n’eut aucune réaction. Avait-elle finalement rêvé ?
Riku, lui, observa d’abord Seïra, puis l’inconsciente. Il savait que la brune n’inventerait pas quelque chose comme ça -et il ne comprenait pas comment il avait pu penser que celle-ci pouvait imaginer une chose pareille.
Donc cela devrait signifier que Vanilla serait en train de se réveiller. Il la fixa, avant de prendre sa main valide. Il devait en avoir le cœur net.

« Vanilla ? Tu nous entends ? »

Ils attendirent quelques secondes, mais… ne constatèrent aucune réaction de la part de l’interpelée.
Riku et Seïra se regardèrent, n’ayant qu’une seule pensée en tête ; ils venaient de se faire avoir par un faux espoir. Vanilla n’était toujours pas revenue.

L’argenté s’apprêta à lâcher à la main de la comateuse, quand, à son tour, il sentit cette légère et faible pression à son poignet. Il le fit comprendre à Seïra qui reprit, avec douceur, le poignet blessé de sa sœur. Elle l’appela ensuite en serrant légèrement sa main.

« Vanilla… Tu es là, pas vrai ? »

Pas la moindre pression, ni chez Riku, ni chez Seïra. Celle-ci continua tout de même de lui parler, comme si cela pouvait changer quelque chose.
L’argenté, quant à lui, ne fit qu’écouter les appels désespérés de la brune. Il savait que si Vanilla n’y répondait pas, la chute serait encore plus dure pour sa jumelle et à ce moment là… Il devrait être là pour Seïra, malgré sa propre déception qu’il prendrait sur lui –car si Vanilla ne se réveillait pas, Vanitas ne le ferait pas non plus.

Riku tourna finalement la tête vers le visage de l’endormie et… recula d’un pas, sous l’effet de la surprise.
Ces yeux dorés et ternes, qui montraient toute la fatigue que pouvait éprouver la personne à qui ils appartenaient… Il ne les rêvait pas, il en était certain.
Il releva la tête vers Seïra, et constata qu’elle avait elle aussi remarqué ce qu’il voyait. La brune avait les larmes aux yeux en observant le visage de sa sœur, qui paraissait encore désorientée, et cela se voyait qu’elle se retenait difficilement de la serrer dans ses bras.
Et même s’ils savaient tous les deux qu’ils auraient du appeler soit Eva, soit Braig… là, ce n’était pas du tout dans leurs priorités.

Vanilla n’avait pas vraiment conscience de l’endroit où elle se trouvait, et n’arrivait même pas à avoir une vision nette –elle ne voyait que des ombres et formes trop floues. Seulement elle avait très bien reconnu les deux voix qui l’avaient appelée ce qui, malgré son état, l’amena qu’à une seule conclusion ; elle n’était pas morte.
Mais comment ? Comment avait-elle pu survivre à un tel poison ? Elle aurait dû logiquement mourir, donc c’était impossible qu’elle soit là.
Il fallait qu’elle comprenne, qu’elle ait des explications.
Elle tenta de se lever malgré la fatigue, malgré cette douleur lancinante à son ventre, et malgré son corps qui la brûlait de toute part… mais elle fut retenue par les épaules. En essayant de se concentrer, elle réussit à reconnaître Riku.

« C’est bon, tout va bien, tu es en sécurité. Calme-toi. »

Elle ne réussit de toute manière pas à lutter, et se laissa faire quand l’argenté la réinstalla correctement sur le matelas. Elle arrivait à peine à bouger, en plus, donc il valait mieux obéir.
En observant la deuxième ombre présente, Vanilla réussit finalement à reconnaître sa sœur. Si elle en avait eu la force, elle aurait soupiré de soulagement en voyant qu’elle allait bien.
Elle tenta de parler, vu qu’elle ne pouvait pas bouger, mais même ça, ça lui était impossible pour l’instant.
En plus de ça, elle se sentait terriblement fatiguée, et elle avait toujours cette horrible impression d’être continuellement brûlée à vif.

Il n’était pas difficile pour Riku de comprendre ce à quoi pouvait bien penser Vanilla, surtout en constatant à quel point la jeune fille paraissait perdue –mais aussi très fatiguée. Sans doute qu’elle ne resterait pas très longtemps éveillée, donc il valait mieux tout lui expliquer avant, pour qu’elle soit rassurée.
Il adressa un regard à Seïra, et comprit que la brune voulait lui expliquer elle-même. Il la laissa faire.

« Des personnes nous ont trouvés et c’est grâce à eux que tu as pu t’en sortir…, commença Seïra en tenant la main de sa sœur. Tu es sous traitement, tu as encore beaucoup de poison en toi, mais… tu t’es enfin réveillée… Je n’y croyais plus… Je suis tellement heureuse… »

Elle ne réussit pas plus longtemps à retenir les larmes qu’elle retenait tant bien que mal depuis avant. La seule chose que Vanilla réussit à faire pour essayer de calmer sa sœur, ce fut de lui serrer la main qu’elle tenait toujours.
Mais il fallait qu’elle prenne sur elle toutes ces horribles douleurs insoutenables ainsi que sa fatigue, et qu’elle réussisse à rassurer la brune mieux que ça, c’était bien plus important que tout le reste.

« Ca va… ça va aller maintenant…, articula difficilement Vanilla dans un murmure. Tout va… bien… »

Malheureusement, ce fut à cet instant que la fatigue la regagna totalement, la faisant ainsi perdre connaissance.
Seïra s’en inquiéta immédiatement, et l’appela, de peur de quand même la perdre pour toujours, alors qu’elle s’était enfin réveillée -quand elle sentit finalement une main se poser sur son épaule. Elle se tourna, et constata que Riku l’avait rejointe de son côté du lit.

« Elle revient de loin, tu sais ? commença-t-il. Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’elle reste éveillée très longtemps. »

C’était vrai. Seïra n’avait pas réalisé sur l’instant, mais il était évident que même si elle était sortie de coma, Vanilla mettrait encore du temps avant de se remettre complètement de ses blessures.

« Je vais prévenir Eva et Braig, déclara finalement Riku. Je te laisse veiller sur elle. »

La brune hocha simplement la tête en signe d’accord, et laissa l’argenté sortir de la pièce en silence. En se dirigeant vers le bureau où devait très certainement se trouver Eva, il pensa sans cesse au court réveil de Vanilla. Si elle était sortie du coma, est-ce qu’il en était de même pour Vanitas ? Et dans quel état était-il, lui ?
S’il le pouvait, il prendrait bien des nouvelles du côté de la section nord-est ; mais avec Eva, qui refusait catégoriquement d’utiliser le dernier réseau téléphonique indemne pour autre chose qu’une urgence, il savait parfaitement bien qu’il n’en n’aurait pas avant un bon moment. Il espérait vraiment que Vanitas et Vanilla soient définitivement sortis d’affaire –et que le noiraud allait bien, aussi.

~0~0~0~0~

Au moment où Vanitas eut la force d’ouvrir les yeux, il eut l’impression de sortir d’un long et profond sommeil. En plus de ça, il se sentait… étrange -même s’il ne pouvait pas vraiment donner un nom sur cette sensation.
Il abandonna bien vite, et tenta de se concentrer sur autre chose ; par exemple sur sa vue, qui n’était pas vraiment nette. La chose qu’il remarqua en premier, quand il arriva finalement à avoir une vision moins trouble, ce fut la présence de Sora, qui s’était endormi sur une chaise à côté du lit.
Il se souvint alors du malaise qu’il avait fait avant de se réveiller ici. Visiblement, et à en voir le visage plus pâle que d’habitude de Sora, il avait du rester inconscient plus longtemps qu’il ne le croyait. Etrange.

Il soupira, et décida de se redresser, au moment même où la porte s’ouvrit sur une tête rousse, qui le regarda d’abord avec stupeur, au point d’en lâcher le plateau repas qu’elle tenait.
Pourquoi Alexia avait une telle réaction ?

« T’es réveillé ! s’exclama-t-elle. Mais alors ça veut dire que Vanilla… oh bordel ! Sora, lève-toi et regarde ! Ils sont là ! Ils sont réveillés ! »

Le brun sursauta, avant d’ouvrir doucement les paupières, ne comprenant pas trop ce qu’il se passait encore. Il frotta ses yeux, dans le but de retirer les sables accumulés, puis posa son regard vers la direction que pointait Alexia.
En voyant son frère, assis sur son lit et bien réveillé, il ne put s’empêcher de lui sauter dans les bras, à cause de la soudaine joie qui venait de l’envahir.
Vanitas, quant à lui, ne comprenait absolument rien et tenta vainement de s’échapper un minimum de l’étreinte du brun, pour pouvoir respirer et avoir des explications.

« C’est moi ou bien j’ai raté un épisode ? »

Oh, c’était vrai. Vanitas ne pouvait pas comprendre pourquoi ils avaient tous les deux une telle réaction. Sora se sépara finalement de son frère, et adressa un regard à Alexia –dont l’euphorie s’était finalement calmée. Comment expliquer une chose pareille à une personne qui ne croyait pas en la légende ?
La rousse fit un signe au brun, pour lui dire de la laisser faire, mais Sora refusa ; c’était à lui de convaincre son propre frère.

« Tu te souviens de ton malaise ?
- Hm, ouais, vaguement quand même, répondit son jumeau, qui ne cherchait pas vraiment à se rappeler de la douleur qu’il avait ressenti à ce moment là. Pourquoi ?
- Eh bien en fait… Tu es tombé dans le coma, à ce moment-là. A cause de ton double. »

Pardon ? Non seulement il serait tombé dans le coma à cause d’un simple malaise, mais en plus on voulait lui faire croire que c’était à cause de son soi-disant double ? C’était n’importe quoi.

« Vous pensez vraiment que je vais vous croire ? »

Réaction prévisible. Enfin, le brun n’abandonnerait pas. Même si lui aussi avait encore eu des doutes… depuis qu’il avait vu Vanilla, la fois où ils étaient allés apporter les antidotes dans la section nord, il ne pouvait plus douter sur la véracité de cette légende.

« Moi aussi j’ai mis du temps à le croire totalement, mais… tout est vrai. J’ai même vu ton double, il y a quelques jours. –il soupira- Et tu crois vraiment que je te mentirais ? »

Effectivement, ce n’était pas dans leurs habitudes de se mentir –jusqu’à ce jour, ils ne l’avaient jamais fait, donc pourquoi Sora commencerait-il maintenant ?
Et puis bon, depuis le début il trouvait que cette Alexia ressemblait à Axel –même s’il l’avait nié lorsqu’on lui avait demandé.
Mais même s’il essayait à se faire à l’idée que la légende était réelle, il y avait tout de même quelque chose qui lui échappait, dans cette histoire.

« Si j’ai vraiment un double, comment j’aurai pu tomber dans le coma à cause d’elle ?
- Eh bien… »

Sora se tourna vers Alexia. Sur ce point-là, il sentait que la rousse arriverait mieux à expliquer que lui. La jeune fille comprit d’ailleurs le message, et s’avança alors vers les deux garçons, puis regarda Vanitas.

« Déjà faut savoir qu’à la base, quand un des deux opposés meurt, l’autre le rejoint dans un suicide inévitable. On considère ça comme la malédiction de cette légende, commença Alexia. Mais ce lien a changé suite à la fusion des mondes. Maintenant il suffit que l’un des deux soit entre la vie et la mort, avec un Destin incertain, pour provoquer le coma de l’autre. Et il parait que c’est plus par suicide que le survivant meurt, mais par crise cardiaque. »

Après avoir raconté ça, Alexia se tut, laissant Vanitas assimiler les paroles qu’elle venait de prononcer. Pour quelqu’un qui peinait à croire à la légende, c’était compréhensible que ce passage soit lui aussi difficile à digérer. Le garçon assimila du mieux qu’il put les paroles qu’il venait d’entendre, mais restait sceptique.

« Donc si je comprends bien… Si j’ai pu me réveiller, là, c’est parce que l’autre n’est plus en danger ? »

Les deux autres hochèrent simplement la tête pour confirmer les dires de Vanitas, qui ne rajouta rien. D’un côté, tout ce qu’on venait de lui dire expliquait son brusque et douloureux malaise –et si lui avait déjà autant souffert, il préférait ne pas imaginer l’état dans lequel avait du être son double- mais d’un autre… ça lui paraissait tellement gros qu’il peinait quand même à se faire à tout cela.
Et puis il avait mal à la tête à force de réfléchir à ça –en plus d’être fatigué. Sora, qui s’en était rendu compte, adressa un regard à Alexia, qui comprit le message. Le brun prit alors la parole.

« On va te laisser te reposer.
- Et après si tu doutes encore, on t’embarque et on t’emmène à la section nord, rajouta Alexia. »

Ils sortirent ensuite tous les deux de la chambre, rassurés, et surtout débarrassés d’un poids qui s’était installé depuis plusieurs jours.
Pendant qu’ils prenaient le chemin de la salle commune, Sora adressa un regard discret à Alexia. Il se doutait que ce qu’avait dit la rousse dans la chambre avait surtout été une couverture pour pouvoir retourner voir Vanilla, maintenant qu’elle était enfin réveillée –et il comprenait parfaitement cela.
Seulement lui comme elle se doutaient qu’Even ne les laisserait pas retourner à la section nord sans une raison plus que valable. Et celle de vouloir voir une amie ne faisait sans doute pas partie de la –très- courte liste que devait posséder le scientifique à ce sujet-là.

Mais vu qu’il avait déjà fallu effectuer un ravitaillement d’antidotes dans la section nord… Un second aurait lieu, un jour, le brun en était certain.
Et quand ce moment arriverait, ce serait l’occasion pour lui et Vanitas de revoir Riku, tandis qu’Alexia pourrait retrouver Vanilla et Seïra.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 17 Aoû - 17:46

Chapitre 9 : Entraînement

Alexia et Sora étaient actuellement dans le bureau d’Even, pour tout de même essayer de le convaincre de les laisser retourner à la section nord. Depuis que Vanitas s’était réveillé la veille, Alexia ne tenait plus en place ; elle voulait vraiment revoir Vanilla au plus vite, mais… après avoir raconté la situation au scientifique, puis subi son regard sévère et un silence qui n’annonçait rien de bon, la réponse était malheureusement évidente.

« C’est non. Ce serait beaucoup trop dangereux de vous laisser vous promener sans raisons valables. Je n’aurais déjà pas du vous confier une telle mission, il y a quelques jours.
- Pourtant, nous l’avons réussi, et nous n’avons même pas eu la moindre égratignure, déclara Sora, pour défendre la cause de la rousse.
- Peut-être, mais vous êtes revenus au crépuscule, alors que je vous avais demandé d’être de retour bien avant. D’ailleurs, dorénavant, vous serez sous la surveillance de Zenia, et ce pendant toutes vos prochaines missions, mais aussi pour que vous ne filiez pas en douce. »

Pour toute réponse, Alexia et Sora lâchèrent un soupir. Ils ne pouvaient pas gagner contre cet homme, ça ils le savaient, mais de là à les mettre sous surveillance car ils étaient rentrés avec une petite heure de retard, c’était exagéré !
Ils étaient maintenant bloqués dans cette foutue base sombre.
Le scientifique, assis derrière le bureau devant eux, reprit toutefois la parole.

« Zenia va d’ailleurs devoir recueillir des informations qu’ont réussi à obtenir les scientifiques de la section sud, donc vous serez dans l’obligation de l’accompagner.
- Et vous pouvez pas utiliser le téléphone pour ça ? Après tout ce serait daaangereux d’envoyer quelqu’un à la surface. »

Oh, la rousse savait qu’il valait mieux ne pas être sarcastique avec cet homme, mais il avait quand même fait quelque chose à ne pas faire ; l’empêcher de voir Vanilla pour des raisons stupides –car elle était désolée, mais ils avaient fait leur preuve avec la mission de la dernière fois, hein.

« Je te prierai de ne pas me parler sur ce ton, jeune fille. Et pour ce genre d’information, il est préférable de ne pas user les lignes téléphoniques, car on ignore combien de temps elles résisteront encore. »

C’était vrai qu’ils étaient limités, en durée d’appel, donc s’il y avait bien des informations cruciales qui les attendaient à la section sud, il faudrait que celle-ci prenne le temps de correctement expliquer les choses –temps qui était indisponible, par téléphone.

« La section sud est bien plus éloignée que la nord, donc il faut s’entraîner et pouvoir se défendre en toute situation. Alexia, aujourd’hui tu passeras ta journée à entrainer Sora et Vanitas au maniement des armes à feu. »

Entre Eva qu’ils avaient rencontré à la section nord la dernière fois, et Even, il n’y en avait vraiment aucun pour rattraper l’autre –pourquoi ils avaient eu la malchance de tomber sur un duo pareil ?
Enfin, c’était encore une décision qu’ils ne pourraient pas changer, alors c’était inutile de discuter plus longtemps sur ça. De toute façon, Even ne leur laissa pas le temps de le faire.

« Vous partirez d’ici demain à quatorze heures, sans faute. D’ici là, il faut que les deux Almarys arrive à maîtriser au moins une sorte d’arme. »

Ils n’eurent d’autres choix que d’hocher la tête en signe d’accord. Ils sortirent du bureau quand le scientifique leur ordonna, puis refermèrent la porte. Ils se mirent ensuite en route vers la chambre de Vanitas, mais Sora ne put s’empêcher d’observer du coin de l’œil Alexia.

« Je suis désolé qu’on n’ait pas réussi à le convaincre pour retourner voir Vanilla.
- C’est bon, t’en fais pas. Y’aura certainement un autre réapprovisionnement à faire en antidote, donc je pourrai la voir à ce moment-là. Allons chercher Vanitas pour commencer au plus vite votre entrainement. »

Sur ces mots, la rousse se mit en route vers la chambre de Vanitas, très vite suivie par Sora. Celui-ci était à la fois pressé mais aussi inquiet de commencer un tel apprentissage, mais il savait qu’avec Alexia, tout devrait bien se passer. Il espérait juste que la rousse allait bien, car elle paraissait énormément touchée par le premier refus d’Even…

~0~0~0~0~

Lorsqu’elle eut la force de s’éveiller une seconde fois, Vanilla était seule dans la chambre. Combien de temps s’était-il écoulé entre son premier réveil et celui-là ? Elle ne savait pas trop –et le manque de fenêtre dans cet endroit ne l’aidait pas vraiment à se guider par rapport à la luminosité. Elle soupira –ce qui lui arracha une douleur au niveau de son ventre.
Elle arriva à porter une main à l’endroit meurtri, et pouvait deviner que sous cette tenue -très laide qu’on enfilait à chaque patient- se trouvait un pansement d’une assez grosse épaisseur.

« Bonjour, Princesse. »

Surprise, elle tourna la tête vers la provenance de la voix qu’elle ne connaissait pas, et vit un homme plutôt âgé, avec les cheveux noirs tirés vers l’arrière en queue de cheval. Elle tiqua cependant sur le surnom que ce type lui donnait ; mais elle savait qu’elle n’était pas en mesure de parler –quand elle l’avait fait tout à l’heure ça l’avait épuisé, donc elle voulait éviter de retomber dans les pommes à nouveau à cause de ça.

« Je suis Braig, et j’viens vérifier que y’a pas eu d’autres soucis suite à ton empoisonnement. »

Ah, c’était sans doute pour cela qu’il portait cette mallette dans sa main droite. Enfin, le problème c’était qu’elle ne se sentait pas capable de répondre à ses questions –son cerveau était encore énormément embrouillé, et elle se sentait fiévreuse.
Elle vit toutefois l’homme poser son équipement sur une table à proximité, pour y sortir une petite lampe de poche, une seringue, un garrot, un stéthoscope, et un brassard pour prendre la tension.
Le scientifique s’approcha ensuite d’elle, et l’aida à s’asseoir. Elle grimaça, mais une fois installée, la douleur s’atténua rapidement –elle devait être très certainement sous morphine, ce qui n’avait pas été le cas à son premier réveil.
Braig vérifia rapidement si la dilatation des pupilles était normale, puis reposa sa lampe, pour prendre la tension de la jeune fille, qui l’observa faire sans rien dire ; elle n’avait presque pas la force de bouger, à cause de ce poison qui lui brûlait encore les veines, malgré l’antidouleur et l’antidote.

« Bon, ta tension est encore un peu basse, mais ça d’vrait aller si t’en fais pas trop. »

Il rangea le brassard ainsi que le stéthoscope, puis reprit la seringue entre ses mains. Il fit rapidement un garrot au bras droit de Vanilla, pour ensuite effectuer la prise de sang. Une fois cela de fait, il mit un petit pansement à l’endroit où il avait piqué, et aida la jeune fille à se recoucher. Il plaça ensuite la seringue dans une machine que la blessée ne sut identifier. Tout cela accompli, le scientifique s’installa en cheval sur la chaise en face du lit, et fixa Vanilla.

« On aura les résultat d’ici dix minutes, déclara-t-il, avant de soupirer. T’es pas très causante, dis-moi. »

Je me suis faite empoisonnée, ducon. C’était ce qu’elle aurait vraiment adoré lui dire, mais… justement, à cause du poison qui l’affaiblissait, elle ne pouvait pas encore parler sans risquer de faire un malaise. Quel idiot, ce type.
D’ailleurs, ce dernier, en constatant le regard noir que lui lançait la blessée, ne put s’empêcher de sourire. Il allait l’adorer cette fille, il le sentait.

« Tu vas peut-être bientôt faire la rencontre d’Eva, et crois-moi, cette femme est encore plus insupportable que moi. J’espère que t’as les nerfs solides, Princesse. »

Pourquoi il s’obstinait à l’appeler comme ça ? Il pouvait pas genre, l’appeler par son vrai prénom ? Et puis d’ailleurs, d’où il venait ce surnom ? Et pourquoi c’était lui qui était dans la chambre ? Et où était Seïra ? Et Riku ? Pourquoi n’étaient-ils jamais là quand il-

Elle fut brusquement interrompue dans ses pensées par un vertige et un mal de tête horrible. Visiblement, il ne lui était pas encore permis de trop réfléchir sans avoir la migraine et ressentir une grande fatigue. Elle haïssait son état de faiblesse actuel. Elle porta sa main droite jusqu’à son front –génial, en plus de ça elle avait de la fièvre.
Il fallait qu’elle calme son esprit trop vivace pour être supporté par son état encore précaire. Elle fit le tri dans ses songes, et tâcha de penser à autre chose –elle tourna la tête vers Braig, qui vérifiait les résultats de la prise de sang.

« Bon, t’as encore pas mal de poison dans les veines, mais il n’est plus mortel, tu seras juste une grosse larve fiévreuse ces prochains jours. »

… Quelle sympathie. Non mais vraiment. Enfin, d’un côté elle ne pouvait pas vraiment le contredire, vu qu’elle était effectivement une loque en ce moment même. Mais ça ne durerait pas –mais visiblement l’autre n’avait pas vraiment conscience du fait qu’elle pourrait bientôt se défendre. Il paraissait ignorer le pouvoir magique des rangers qu’elle portait habituellement ; un coup de pied bien placé, et ça le calmerait. Radicalement.

« J’vais aller prévenir Riku et Seïra que t’es réveillée, déclara finalement Braig en rangeant son matériel. T’as la force de le rester, Princesse ? »

Le simple regard noir que lui lança Vanilla lui fit comprendre qu’elle devrait pouvoir rester éveillée pendant encore un petit moment. Il sourit, la salua, puis sortit de la chambre.
La jeune fille se retrouva finalement seule dans la pièce –le coup de fatigue était passé, mais son mal de tête, quant à lui, était tout de même plus persistant.
Et même si la morphine était très efficace pour la blessure au niveau de son ventre, cette impression de brûlure dans ses veines ne se calmait pas vraiment pour l’instant. Elle soupira et observa distraitement les aiguilles de l’horloge se trouvant à sa droite.

~0~0~0~0~

La salle d’entrainement était déjà déserte quand Seïra décida d’arrêter, pour aujourd’hui, l’apprentissage de Riku dans le maniement des armes à feu. Le garçon apprenait vite, c’était rassurant, même si sa position lors des tirs plus éloignés n’étaient pas encore parfaite, et sa visée encore très aléatoire –au moins, il y mettait vraiment du sien pour réussir, contrairement à d’autres.

Depuis que Vanilla était sortie du coma, la brune se sentait vraiment mieux, bien qu’elle savait parfaitement que sa sœur mettrait encore du temps à s’en remettre. Mais au moins ça lui avait permis de commencer à apprendre à Riku à utiliser des armes, chose que lui avait demandé Braig peu de temps après le réveil de sa jumelle.
Ca avait été surprenant une telle demande, mais le scientifique lui avait bien vite expliqué qu’il valait mieux pour l’argenté de savoir se servir de ce genre de chose, s’il devait accomplir des missions à l’extérieur.

Ce fut ainsi qu’ils s’étaient retrouvés tous les deux dans cette salle tôt ce matin, après avoir transfusé l’antidote et de la morphine à Vanilla, encore –ou plutôt seulement- endormie à ce moment-là.
Seïra donna une bouteille d’eau à Riku, qui observa ses différentes cibles en soupirant.

« Ce n’est visiblement pas encore ça, déclara-t-il après avoir bu une gorgée.
- Tu es quand même doué, car tu as toujours réussi à toucher ta cible, même si ça n’atteignait pas un point vital à chaque fois. »

Effectivement, il aurait pu faire bien pire, pour une première fois. Il fallait dire que Seïra savait comment faire pour enseigner les choses, contrairement à Sora, qui s’y prenait vraiment toujours très mal.
C’était intéressant, d’ailleurs, de voir les différences entre Vanilla et Vanitas, et celles entre Seïra et Sora… Ils n’étaient finalement pas si comparables que ça, si on mettait de côté leur physique très semblable.
Il vit soudainement une main s’agiter devant son visage, puis constata que la brune l’observait, agacée.

« Excuse-moi, je pensais à autre chose.
- J’ai vu ça, soupira l’autre, dont l’agacement avait déjà disparu. Je disais simplement qu’on pourrait voir Vanilla avant de manger, non ? »

Riku hocha simplement la tête en signe d’accord. A ça, la brune sourit, et invita l’argenté à ranger les armes et les munitions dans le vestiaire prévu à cet effet. En y arrivant, ils y croisèrent Braig, qui venait d’entrer. Celui-ci leur sourit –de son sourire dont seul lui avait le secret- et leur adressa finalement la parole.

« C’est justement vous que je cherchais. Vanilla est réveillée pour l’instant, donc si vous vous dépêchez, vous pourrez peut-être lui parler avant qu’elle se rendorme. »

Riku et Seïra se regardèrent, puis la brune fixa le scientifique en posant les armes sur le banc qui se trouvait contre le mur.

« Tu peux ranger ça pour nous ? Merci, c’est super ! »

Seïra n’avait en fait même pas attendu la réponse de l’autre, qu’elle avait déjà pris le poignet de Riku pour l’attirer dehors avec elle. Bien vite ils se retrouvèrent devant la chambre de Vanilla.
Même si celle-ci ne pouvait pas répondre, Riku décida de quand même frapper, afin de la prévenir de leur venue.

Quand la brune ouvrit ensuite la porte, et qu’elle vit le visage de sa sœur assise sur le lit en train de la regarder, elle ne put se contrôler et se dirigea immédiatement vers elle pour l’enlacer et l’embrasser sur la joue, heureuse.

« Vas-y doucement, tu vas encore l’étouffer, la pauvre, déclara finalement Riku, qui ne pouvait s’empêcher de sourire face à la scène. »

A l’entente de ces quelques mots, Seïra relâcha immédiatement son étreinte, avant de s’excuser dix-mille fois auprès de sa sœur. Celle-ci se contenta de sourire amusé, hochant sa tête de manière à faire comprendre à sa jumelle que ce n’était rien.

Riku finit par s’approcher à son tour, et constata que depuis son premier réveil, Vanilla avait repris presque toutes ses couleurs, ce qui était plutôt rassurant. En jetant un œil sur la table juste à côté du lit, il remarqua la présence d’une feuille de résultats médicaux. Il la prit immédiatement en main et reconnut l’écriture de Braig.
Après avoir pris connaissance de tout ce qu’avait inscrit le scientifique sur la fiche, Riku reposa la feuille sur la table, et observa Vanilla, tout de même inquiet.

« Comment te sens-tu ?
- Ca… ça va, je crois. »

C’était sorti tout seul, comme un réflexe, et pourtant… Aucune perte de conscience, ni même impression de vertige. Cette fois-ci, avoir parlé ne lui avait rien fait. Vanilla n’arrivait pas encore à correctement articuler, mais c’était bien tout.
En constatant ça, Seïra ne put s’empêcher d’avoir un plus large sourire qu’avant, tandis que Riku fut certain que cette fois, la jeune fille était définitivement sortie d’affaire.

« A ce que je vois, cette jeune fille se remet plutôt bien de la mauvaise expérience que vous lui avez fait vivre. J’espère tout de même que cela vous aura servi de leçon. »

Ce ton hautain et cette manière de parler, Riku et Seïra avait appris les connaître par cœur, et cela ne pouvait provenir que d’une seule personne ; Eva. Et si ce genre de remarque leur faisait quelque chose quand Vanilla était dans le coma… maintenant, ça n’avait plus aucun effet sur eux.

La brune et l’argenté décidèrent de s’écarter, pour laisser la scientifique examiner Vanilla, ce qu’elle fit d’un simple regard avant d’observer la feuille des résultats. Durant sa lecture, elle s’adressa de nouveau à eux.

« Vous avez vraiment eu beaucoup de chance que je vous ai trouvés, sinon elle serait morte depuis bien longtemps. Mais pas seulement elle. »

Eva lança un regard insistant sur Riku, qui serra les poings. Il avait parfaitement compris le message qu’avait voulu lui faire passer la scientifique ; et puis les mots d’Alexia résonnaient encore dans sa tête, lui rappelant à quel point son incompétence aurait pu avoir de plus graves conséquences qu’il ne le croyait. Si Vanilla ne s’en était pas sortie… Vanitas serait mort avec elle. C’était la malédiction des doubles.

Seïra, en passant un regard vers l’argenté, comprit à quel point l’autre éprouvait encore de la culpabilité à ce sujet… elle n’arrivait même pas à imaginer le choc que le garçon avait du avoir quand il avait appris au sujet du lien entre les opposés.

« Bon, vous avez fini ? Je ne suis pas morte, que je sache, déclara finalement Vanilla en s’adressant à Eva. Donc le reste on s’en fout. »

La jeune fille avait pleinement conscience que durant son sommeil forcé, bon nombres de choses s’étaient passées et avaient été dites –il n’y avait qu’à voir la culpabilité sur le visage de l’argenté pour le comprendre.
Seulement maintenant, il lui suffisait juste de se rétablir, et tout ceci pourrait être rayé dans les souvenirs de chacun. Elle ne voyait pas pourquoi l’autre cherchait à retourner le couteau dans la plaie comme ça.
D’ailleurs, la blessée remarqua bien vite que la scientifique la regardait avec cet air hautain qui ne lui plaisait aucunement.

« Votre insouciance pourrait causer votre perte, jeune fille. Si j’étais vous je ne prendrai pas tout cela aussi à la légère. »

Sur ces mots, Eva s’éclipsa avec la fiche de soin complétée par Braig quelques temps plus tôt. Une fois la scientifique de sortie, et la porte de fermée, Seïra soupira mais ne put s’empêcher de sourire face à la mine agacée de Vanilla.

« Bon, eh bien voilà, je te présente Eva. Comme tu peux le voir c’est une femme tout à fait charmante. »

Sa sœur ne répondit cependant rien, et fixa l’air plutôt fermé qu’arborait Riku depuis les remarques de la fameuse Eva. La jeune fille avait très certainement manqué bien plus de chose qu’elle ne le pensait, et il fallait qu’elle comprenne pourquoi l’argenté se comportait ainsi. Elle avait besoin d’éclaircissement et décida donc d’en demander immédiatement à sa sœur –qui paraissait plus enclin à la discussion.

« Il s’est passé quoi durant mon coma, pour que Riku soit dans cet état ?
- Eh bien… »

Par où commencer ? Seïra ne savait pas trop. Peut-être devrait-elle parler de la visite d’Alexia, pour lui assurer que la rousse allait parfaitement bien, avant d’en venir à cette malédiction renforcée… Elle se doutait que c’était pour le deuxième sujet que sa sœur posait cette question, mais elle n’osait pas vraiment dire une telle chose en premier lieu. La brune décida alors de raconter à Vanilla tout ce qu’il s’était passé depuis son coma, dans l’ordre chronologique des évènements.

« Il y quatre jours à peu près, nous avons été retrouvés par Eva juste à temps. Elle nous a ensuite emmenés ici, dans l’une des trois sections militaires souterraines utilisées qu’en cas d’urgence, et elle a réussi à te soigner. »

Seïra passa un regard à Riku, qui paraissait vaguement écouter, puis observa sa sœur pour vérifier que celle-ci n’était pas trop fatiguée pour supporter une conversation dont elle devrait retenir différentes informations –elle fut rassurée de voir Vanilla attentive, et visiblement en forme pour l’instant.

« Il y a deux jours, nous avons eu un problème, continua-t-elle finalement. On a du demander à une autre section de nous apporter de l’antidote. –elle eut un sourire- Tu devineras jamais qui sont les personnes qui nous l’ont apportés.
- Euh, en effet, je sèche. C’était qui ?
- Il y avait Alexia et-
- Alexia ? Et elle va bien ? Coupa tout de suite Vanilla, qui s’était redressée directement à la prononciation du nom de sa meilleure amie. »

A la réaction de sa sœur, Seïra ne put s’empêcher de sourire. L’inquiétude que pouvait éprouver la rousse et la blessée l’une envers l’autre était vraiment touchante –elle pouvait presque la comparer avec le lien des jumeaux, bien qu’elle savait que c’était totalement différent.

« Oui, elle va bien, mais elle s’est beaucoup inquiétée pour toi. Même si là, je pense qu’elle va bien mieux depuis votre réveil. »

Vanilla releva immédiatement l’avant dernier mot de sa sœur. Que voulait-elle dire par leur réveil ? Elle sentait une migraine pointer le bout de son nez, mais elle refusait de se reposer maintenant, sans avoir les informations qu’elle souhaitait.

« Notre réveil ? Comment ça ?
- Tu sais, ils étaient deux pour les antidotes. Il y avait donc Alexia et… mon double, que je n’ai pas eu l’occasion de voir, en fait. »

Voyant que l’autre attendait sans doute des choses plus précises, Seïra se mordit la lèvre inférieure en regardant Riku, qui n’avait jusqu’à maintenant rien dit. Elle en était arrivée à la partie la plus délicate à raconter, mais elle ne savait pas comment l’aborder.

« Je pense que tu connais la malédiction des opposés, non ? »

Ce n’était pas Seïra qui avait prononcé ces mots, mais l’argenté. Vanilla tourna la tête vers lui, mais haussa un sourcil. La brune savait qu’elle ne pouvait pas être au courant de la « nouvelle » malédiction, et se doutait très bien de sa réaction.

« Oui, et ? Je ne vois pas le rapport, vu que je suis encore vivante, déclara finalement la blessée.
- Nos mondes ont fusionné, et suite à ça, la malédiction a subi quelques changements. Maintenant, quand une personne est mortellement blessée, son double tombe dans le coma, et meurt d’une crise cardiaque si l’autre succombe de ses blessures. C’est Alexia qui nous a appris ça, lors de sa courte visite ici. »

Même si Vanilla avait eu de la peine à suivre le débit légèrement trop rapide de l’argenté –qui avait serré les poings- elle avait compris l’essentiel et fit le rapprochement rapidement entre les mots de Riku, et sur la –sa- situation actuelle.
Sa meilleure amie était avec le double de sa sœur, et le sien… et ce dernier était tombé dans le coma par sa faute, le jour où elle avait été poignardée.
Elle porta inconsciemment une main à sa blessure. La malédiction avait largement dépassé le seuil de la cruauté, à ce stade.
Mais alors la pseudo-inquiétude que Riku portait à son égard… n’était que pour ce double ? Pas pour elle ? Elle serra un poing, et n’adressa pas un seul regard au garçon sur l’instant.

« C’est pour ça que tu as cherché à me sauver à tout prix ? Pour sauver ton ami et rien d’autre ? »

Riku se doutait que cette question tomberait. C’était l’évidence même ; c’était pour ça qu’il ne voulait pas que Seïra raconte les faits à sa place, sinon la brune se serait sentie responsable -si sa sœur avait posé une question similaire- en croyant qu’elle avait mal expliqué quelque chose.

« A la base, et que ce soit l’ancienne, ou la nouvelle version… j’ignorais l’existence de cette malédiction.
- Et quand t’as finalement appris la vérité ? Demanda-t-elle en plantant son regard doré dans celui turquoise du garçon. Qui passait en premier dans ton esprit ? Qui voyais-tu quand j’étais dans le coma ? Lui ou moi ? »

Seïra sentait que cette histoire allait mal tourner, mais avait surtout remarqué que Vanilla avait pâli, et qu’elle titubait légèrement. Elle en avait beaucoup trop fait pour un second réveil, et le surplus d’émotion qui venait de la prendre n’arrangeait très certainement pas son état précaire.
En s’approchant du lit, la brune saisit sa sœur par les épaules, pour essayer de la recoucher, tout en l’empêchant de voir Riku. Mais la blessée l’écarta, et continua de fixer l’autre.

« Je veux une réponse. Maintenant. »

Riku réfléchissait évidement à ce qu’il lui répondrait, mais savait au moins une chose ; il avait intérêt à faire attention à ce qu’il dirait dans les prochaines secondes. En d’autres termes, il ne devait absolument pas faire de phrases qui pourraient être mal interprétés.
Bien sûr, Vanitas était son ami d’enfance, et il le connaissait donc depuis bien plus longtemps que Vanilla, mais c’était pour celle-ci qu’il s’était inquiété en premier lieu, car il refusait de voir quelqu’un mourir devant lui sans rien faire. Et quand il avait appris pour la malédiction… ça avait simplement renforcé sa culpabilité.

« Je vous voyais tous les deux. Vanitas parce que c’est un de mes amis d’enfance à qui je tiens, et toi, parce que je t’ai vue te faire blesser, et que je n’ai rien tenté pour t’éviter ça. »

En prononçant ces quelques mots, Riku n’avait pas une seule fois quitté des yeux Vanilla, pour qu’elle puisse voir et comprendre la sincérité de ses propos.
Celle-ci baissa finalement la tête, mais ne dit rien.

Ce ne fut que lorsqu’elle chancela que les deux autres comprirent que la blessée avait finalement perdu connaissance.
Seïra la rattrapa immédiatement, et l’installa sur le lit en prenant soin de remettre correctement la couverture sur son corps.

Un silence s’installa, alors que les deux occupants observaient l’endormie. Cette dernière conversation… Au fond, Seïra aurait du s’en douter. Par contre, la réponse de Riku elle ne s’y attendait pas.
Elle prit la main de sa jumelle dans la sienne, et osa finalement rompre le calme pesant de la pièce.

« Ce que tu lui as dit, tu le pensais ou… ?
- Je ne vois pas l’intérêt que j’aurais eu à lui mentir. »

Il s’approcha de Vanilla, et l’observa. Elle paraissait tellement vulnérable… Il posa une main sur son front, et remarqua qu’elle n’avait qu’une légère fièvre. Seïra, quant à elle, serra inconsciemment un peu plus fort la main de sa sœur dans la sienne, inquiète pour les jours à venir.

« Tu lui en veux parce qu’elle a douté de ta sincérité ?
- Non, car je m’y attendais. »

En prononçant ces mots, Riku s’était dirigé vers le meuble réfrigéré, l’ouvrit, et y chercha une dose d’antidote, qu’il relia à la perfusion de Vanilla pour le lui transmettre.
Cette discussion avec elle ne changeait rien, il continuerait autant à s’occuper d’elle, et pourrait lui répéter autant de fois qu’il le faudrait qu’il le faisait pour se rattraper de n’avoir rien fait pour la protéger, le jour où elle avait été blessée.
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 24 Aoû - 13:08

Chapitre 10 : Missions

Comme l’avait ordonné Even, Alexia avait, toute la journée précédente, entraîné Vanitas et Sora au maniement des armes à feu. Les frères se débrouillaient plutôt bien, et ils avaient tous les deux choisi instinctivement le même genre d’armes ; un duo de pistolet légers, avec douze balles par chargeur. Alexia, à ce moment-là, n’avait pas réussi à retenir un sourire en constatant ce choix, qui était pareil à celui de Vanilla et de Seïra à chaque entrainement.

Seulement maintenant, c’était différent, car ce n’était pas simplement des fausses cibles mouvantes qu’il faudrait abattre, mais de véritables ennemis, qui pouvaient les tuer d’un simple coup de griffes.
En plus de cela… c’était leur seconde mission à l’extérieur, et ils ne pouvaient juste pas se permettre d’échouer.

Ils étaient donc actuellement tous les trois dans les vestiaires de la salle d’entrainement, afin de s’équiper correctement. La section sud se trouvait particulièrement loin et d’après Even, aujourd’hui, il n’y avait pas une seule trace de soleil, ce qui signifiait que les monstres pourraient les attaquer à tout moment ; il fallait donc être préparés à surmonter chacune des possibles attaques surprises que les créatures pouvaient leur lancer.

« Êtes-vous prêts ? »

C’était la voix de Zenia qui venait d’interrompre le silence plutôt lourd entre les trois adolescents. Ces derniers s’étaient retournés tout en mettant leurs sac-à-dos sur les épaules. La scientifique, quant à elle, examina rapidement l’état de Vanitas, qu’elle avait tout de même hésité à laisser venir pour cette mission. Visiblement il n’y avait eu aucun effet secondaire, rien que de la fatigue durant les premières heures qui suivaient son réveil. C’était plutôt rassurant.

Après avoir eu la confirmation que tout le monde était bien préparé à la mission qui les attendaient, Zenia les guida vers la sortie du souterrain, elle-même armée. Avant d’ouvrir la porte qui menait à l’extérieur, elle s’adressa encore une fois au trois adolescents.

« Avant de partir, je dois vous prévenir que les monstres ont encore augmenté en nombre, déclara-t-elle. Ce que vous avez vécu lorsque la fusion a eu lieu, ce n’était rien, comparé à ce qu’il peut nous attendre maintenant.
- On arrivera à se débrouiller, répondit simplement Alexia.
- Et puis on est quatre, donc il risque pas de nous arriver grand chose, rajouta Vanitas. »

En plus de ça, par rapport à la dernière fois, ils étaient convenablement équipés pour pouvoir survivre à une attaque.
Zenia resta cependant silencieuse ; elle ne doutait pas de leurs capacités pour combattre, seulement cette mission restait dangereuse, surtout pour des adolescents comme eux –elle les savait courageux, mais elle avait peur que cela ne les amène qu’à leur perte.
Malheureusement, parmi tous les réfugiés, il n’y avait qu’eux qui n’hésitaient pas à retourner à l’extérieur de jour comme de nuit, afin de changer les choses ; donc Even n’avait pas trop le choix lorsqu’il sélectionnait des personnes pour une tâche qui demandait un retour à la surface.

La scientifique ouvrit la porte menant vers le monde de désolation qu’avait créé la fusion récente des mondes. L’odeur de sang et de putréfaction provenant des cadavres était désagréable au possible, et ça leur donnait vraiment envie de vomir, mais… Ils devaient y faire abstraction, pour pouvoir avancer et réussir à obtenir les informations que la section sud avait trouvées.

Le ciel était gris –comme les avait prévenu Even- donc le risque de rencontrer des monstres était très élevé. Chacun tenait leurs armes fermement, et observait les alentours, en quête du moindre mouvement suspect.
Leur marche continua dans un silence plutôt pesant. Alexia ne le supportait pas vraiment, et au bout de vingt minutes, elle décida de le rompre en tentant un sujet de conversation parmi tant d’autres.

« Au fait, la section sud vous a dit dans les grandes lignes ce qu’elle voulait nous dire ?
- Elles ont découvert certaines choses sur les monstres, et sur… la nouvelle malédiction. »

Si au départ Vanitas n’écoutait pas vraiment, cette phrase attira particulièrement son attention –peut-être parce qu’il en avait été victime ? Seulement il ne voyait pas ce qu’ils auraient pu découvrir de plus sur la situation actuelle des doubles.

« On sait tout ce qu’il y a savoir là-dessus, donc pourquoi nous demander de venir pour ça ? Interrogea finalement le noiraud.
- D’après la section sud, il serait possible de la briser… ou au moins d’en limiter les effets, en tout cas.
- Comment ça ? Demanda Sora.
- Zexion ne nous en a pas dit beaucoup plus là-dessus lors de son appel, mais vous pouvez lui faire confiance.
- Il est aussi chiant qu’Even ou Eva ? »

Zenia ne put retenir un léger sourire face à la question d’Alexia. Visiblement ils n’avaient pas de très bons souvenirs de l’autre femme, suite à leur visite à la section nord –mais cela ne l’étonnait pas. Personne ne pouvait porter Eva et Even dans leur cœur, mais malgré tout cela, ils restaient tout de même des scientifiques qualifiés –et c’était sans doute la seule raison qui forçait Zenia à coopérer avec eux.

« Non. Il s’agit de mon propre double. »

La rousse soupira de soulagement suite à la réponse de la scientifique. Certes celle-ci pouvait paraître froide par moment, ou même sévère, mais si son opposé était comme elle… il serait bien plus supportable que les deux autres.

« Bon bah alors dépêchons-nous d’y aller, à cette section, répondit l’adolescente. »

Le petit groupe accéléra légèrement leurs pas, pour parvenir au plus vite à l’endroit prévu. En plus si Vanilla, Riku et Seïra se trouvaient en sécurité dans la section nord, peut-être qu’au sud, ils y trouveraient le reste de leurs amis ?
Ce serait la meilleure des possibilités, en tout cas, et la plus rassurante, mais… rien n’était moins sûr.
En tout cas, ils savaient que pour l’instant, les doubles de Riku et Alexia allaient bien, ou du moins qu’ils n’étaient pas en danger de mort… Mais ils n’avaient aucune nouvelle de deux personnes. Xion et Noa. L’un étant le double de l’autre, et vice-versa. Avaient-ils eu la chance de s’en sortir, eux aussi ? Il fallait l’espérer.

« Arrêtez-vous, j’ai entendu quelque chose. »

Les mots de Zenia firent sortir les trois autres de leurs sombres pensées. Ils n’avaient pas été assez vigilants, et maintenant la scientifique et eux allaient devoir faire face à des monstres, qu’ils auraient sans doute pu repérer bien plus tôt.
Pourtant, et même après avoir passé les alentours au peigne fin, aucun mouvement suspect, seulement une sorte de… gémissement ?

« Les monstres pleurent, maintenant ? Demanda Alexia.
- Je ne crois pas que ce soit une des créatures qui nous pourchassent, mais plutôt un enfant. »

L’idée qu’il y ait encore des survivants dans ces ruines leur redonna légèrement espoir.
Seulement il fallait retrouver d’où provenait les sanglots de la jeune personne…
Ils se séparèrent sur un périmètre d’une vingtaine de mètres, ce qui devrait être suffisant.

Sora, comme les trois autres, se dirigea donc dans une direction, là où un vieux chantier se trouvait –il se souvenait qu’un immeuble était en construction, à cet endroit. Ca l’étonnerait de voir un survivant ici, mais comme il ne fallait écarter aucune piste… Il se faufila entre les ruines du bâtiment et de la grue, en prenant garde à ce qu’il touchait –le moindre mouvement de l’un de ces matériaux instables pourrait provoquer un éboulement, et il ne voulait pas vraiment mourir en dessous.

Mais plus le brun avançait, plus il arrivait à entendre les sanglots de ce qui devait être une petite fille.
En y réfléchissant, il n’était pas impossible qu’une enfant ait put se réfugier là sans provoquer le moindre effondrement, car le passage n’était étroit que pour un adulte. Sans doute que cette jeune personne avait été poursuivie par des monstres et qu’elle n’avait trouvé que cet endroit pour se protéger d’une mort certaine.

Il continua à avancer, toujours avec une attention très particulière sur chaque débris qui traînait sur son chemin et… finit par trouver non pas une, mais deux jeunes personnes –une fille et un garçon, tous les deux blonds- en face de lui. Ils étaient recroquevillés tous les deux dans les bras de l’autre, et ne semblaient pas encore avoir remarqué la présence de l’adolescent. Celui-ci s’approcha encore un peu, et s’agenouilla ; dans son geste, il brisa un morceau de verre sous son pied.

Suite au léger bruit, l’une des deux têtes blondes releva la tête vers le brun, et tenta de reculer en serrant un peu plus fort la petite fille contre lui. Seulement son mouvement provoqua des bruits étrange tout autour d’eux, qui inquiéta Sora. Il s’adressa d’une voix douce au garçon en face de lui.

« Calme-toi, je ne vous veux aucun mal. Je suis là pour vous sortir de là et vous mettre en sécurité.
- Non, tu vas nous tuer ! Mais je laisserai personne tuer Naminé ! »

L’enfant bougea à nouveau, provoquant une nouvelle fois les bruits métallique qui n’inspirait aucune confiance au brun, vu l’endroit dans lequel ils se trouvaient tous les trois actuellement. Il fallait calmer ce garçon avant qu’il ne fasse s’effondrer les alentours.

« Si tu continues à bouger ainsi, ta sœur pourrait mourir par ta faute. Si tu me suis, on pourra t’emmener dans un endroit sûr, où les monstres ne pourront plus vous attaquer, ni même vous approcher. »

Le petit garçon semblait toujours méfiant, mais se calma suite à la première partie de la phrase de l’adolescent –il avait même l’air fâché, en fait. Enfin. Maintenant, Sora devait examiner l’endroit pour véritablement pouvoir les sortir indemnes de cette impasse.
Vu qu’ils avaient tous les trois réussi à y pénétrer, en sortir ne devrait pas poser problème, mais il restait tout de même quelques risques.
Sora observa inconsciemment les deux jeunes personnes, jusqu’à voir la fille relever la tête, tandis que ses yeux en larmes l’observaient. Ce fut à cet instant qu’il comprit pourquoi le garçon avait l’air un peu mécontent, même s’il n’osait rien dire.

« Oh, pardon, ce n’est pas ta sœur, mais ton double, c’est ça ? »

Un simple hochement de tête positif lui répondit. Cela se voyait que le garçon voulait pleurer, tout comme son opposée, mais il essayait d’être fort malgré tout, pour pouvoir soutenir la petite Naminé. Le brun leur sourit, et leur tendit une main.

« Je vais vous sortir de là, faites-moi confiance.
- Tu nous le promets ? Demanda la petite fille, dont la voix tremblait encore suite à ses pleures.
- Oui, je vous le jure, même. »

Il leur sourit, et les aida tous les deux à se relever. Maintenant qu’il voyait un peu mieux le petit duo, il pouvait estimer leur âge ; ils ne devaient pas dépasser les sept ans. C’était étonnant que d’aussi jeunes enfants aient pu réussir à survivre tout ce temps… mais ça lui redonnait espoir, d’un côté. Si eux était parvenus à éviter la mort, cela voudrait donc dire qu’Axel et Xion avaient de fortes chances d’être en vie également.

« Sora, t’es passé où ?
- C’est vraiment pas le moment de jouer à cache-cache, hein… »

Les deux enfants s’effrayèrent, et eurent un mouvement de recul à l’entente de ces voix totalement inconnues –qui étaient respectivement celle d’Alexia pour la première, et celle de Vanitas pour la seconde. Il leur cria vite fait qu’il avait trouvé les enfants, puis se tourna vers ces derniers.

« Vous n’avez pas à avoir peur, ce sont des personnes que je connais, ils sont aussi là pour vous chercher.
- C’est pas des méchants ? Demanda le garçon.
- Non, vous pouvez leur faire confiance à eux aussi. »

Alors que les deux enfants s’apprêtaient à revenir vers Sora, un bruit inquiétant retentit au dessus de leur tête. Le brun eut juste le temps de se jeter sur le jeune duo pour les pousser, qu’un bruit lourd et de ferraille résonna dans leur abri insécurisé. L’adolescent s’assura immédiatement que les jeunes avaient survécu, et put constater qu’il y avait eu plus de peur que de mal. Il était vraiment urgent de sortir de là, avant que l’entrée ne soit bouchée.

« Il faut vite partir avant d’être coincés ici. Vous venez ? »

Il prit la main du garçon –qui tenait toujours celle de son imposée- et tous les trois se frayèrent un chemin vers la sortie. Sora redoublait de vigilance, pour être certain d’arriver à les ramener tous les deux indemnes à l’extérieur de cet Enfer où Vanitas, Zenia et Alexia se trouvaient.
Au bout de quelques minutes, ils parvinrent enfin à atteindre l’endroit où les trois les attendaient, sains et saufs.

Vanitas et Alexia aidèrent Sora à sortir de là avec les deux enfants, tandis que Zenia fouillait dans son sac à dos.
Les deux jeunes personnes, pourtant, restaient méfiantes devant autant de monde. La petite blonde s’était même réfugiée derrière son opposé.
Sora s’agenouilla devant eux, et leur sourit.

« Ils ne vous feront rien, déclara-t-il. Je suis Sora, lui c’est mon frère, Vanitas, et là c’est deux amies, Alexia et Zenia. Et vous ?
- Je m’appelle Naïm, et elle c’est Naminé. »

Après cette petite présentation, les deux enfants examinèrent les quatre personnes en face d’elles, jusqu’à voir l’une des filles se diriger vers eux, un sachet dans sa main droite.
Ils eurent de nouveau un léger mouvement de recul quand ils virent la plus âgée du groupe s’agenouiller devant eux, en leur tendant le sachet.

« Vous n’avez sans doute pas beaucoup bu ou mangé, donc tenez, ça vous fera du bien. »

Avant de prendre le sachet, le duo se concerta du regard, puis en passa un vers Sora, qui leur fit signe de faire confiance à la femme. Le petit garçon prit finalement le cabas entre ses mains, et l’ouvrit. Il y découvrit deux petits sandwichs et une bouteille d’eau.
Leur ventre vainquit facilement leur attitude de méfiance, et tous deux s’installèrent à même le sol pour pouvoir profiter de ce premier repas depuis la veille –avant d’être attaqués et de fuir, ils avaient eu la chance d’avoir été près d’un magasin où ils s’étaient réfugiés depuis la fusion.

Zenia eut un léger sourire en voyant le visage de Naïm et Naminé en train de profiter de leur repas. Heureusement qu’elle était prévoyante et qu’elle emmenait toujours trop de provisions avec elle, afin de pouvoir faire face à ce genre de cas.
Elle se tourna finalement vers les trois autres.

« Profitons-en pour faire une pause nous aussi. »

Les autres se regardèrent, et finirent par s’asseoir à leur tour. Il valait mieux reprendre des forces, car le trajet vers la zone sud était encore long, et ils devaient ramener ces deux enfants sains et saufs là-bas.




~0~0~0~0~

Cela faisait maintenant presque trois jours que les créatures avaient envahi les entrepôts, avant d’être détruits. Riko et Xion en étaient encore à compter les pertes qu’avait provoquées une telle attaque. Contrairement à la dernière fois, les monstres paraissaient plus nombreux, et bien mieux organisés… L’argentée avait déjà fait un total approximatif du nombre de personnes décédées ou blessées durant cette bataille, tandis que Xion s’occupait de voir quel était l’étendu des dégâts matériels d’un tel affrontement.

En apportant la liste qu’elle avait établie à Riko, elle croisa Axel et Noa, qui s’occupaient des blessés –ce qui leur valait de nombreux allers et retours parmi les entrepôts encore intacts.
Tous les deux furent inquiets de l’air grave et alarmant de la jeune fille. Visiblement, il y avait encore une autre mauvaise nouvelle qui les attendait…

« On en est où côté matos ? Demanda finalement le roux.
- Il nous reste à peine assez d’armes et de munitions pour survivre à une attaque, et encore… quant aux provisions alimentaires, nous n’en avons plus beaucoup non plus. On pourra tenir une semaine, peut-être, mais pas plus. »

En d’autres termes, s’ils n’arrivaient pas à reconstruire tout un nouveau monde en une semaine ou avant la prochaine attaque… Ils mourraient tous.
Il fallait réussir à retourner en ville, peut-être qu’ils trouveraient des provisions dans les différents magasins alimentaires.
Pour ce qui était des armes et des munitions, il faudrait se remettre au plus vite à leur fabrication.

« Et… les pertes humaines ? Elles s’élèvent à combien, pour l’instant… ? Demanda Xion.
- A la base, nous étions dans les environs de cinq cent personnes… Sur ce nombre, Riko nous a dit que cent quarante six étaient morts durant l’affrontement. »

Trop de morts, plus assez d’armes, presque plus de nourriture… Cela voulait donc dire que tout était fini ? Qu’ils s’étaient battus toute une semaine pour… rien ?
Xion n’arrivait pas à y croire. Sora, Vanitas, Riku… Ils n’avaient même pas réussi à les retrouver –ils ne savaient même pas s’ils étaient encore en vie. Elle observa son double, puis Axel, mais eux aussi gardaient le silence. Eux aussi ils avaient pris conscience de la situation dans laquelle ils se trouvaient.

« Tout espoir n’est pas perdu, déclara finalement la voix de Riko.
- Ah ouais ? Et tu m’expliques comment on peut se sortir d’un tel merdier ? Demanda Axel. On sait même pas si nos amis vont bien, ou si on recherche des cadavres !
- Malheureusement, ce ne sont pas eux, la priorité. Nous avons plusieurs centaines de personnes qui comptent sur nous pour survivre.
- Et on devrait abandonner nos amis pour des inconnus ? Demanda Noa, très sceptique.
- Je n’ai pas dit ça non plus. C’est juste que pour l’instant… On ne peut pas se permettre d’être défaitistes. Si nous on abandonne, toutes ces personnes n’auront plus rien à quoi se raccrocher, vous comprenez ? »

L’argentée soupira, et serra les poings. Ca ne lui plaisait pas non plus de laisser passer des inconnus avant Alexia, Vanilla et Seïra, seulement… ils n’avaient pas le choix, s’ils voulaient tous réussir à s’en sortir.
Elle prit finalement un ton moins froid, et reprit dans un soupir.

« Depuis le début nous croisons des gens venant d’Alma et de Mirari. Cela veut dire que nos mondes se sont unis. J’ignore comment, mais si c’est vraiment le cas, cela veut dire que les bases militaires souterraines de Mirari peuvent se trouver juste en dessous de nous à cet instant.
- Et comme ces bases ont été creusées en cas de catastrophes…, déclara Noa, qui suivait le raisonnement de son amie. Si on trouve l’entrée de l’une d’entre elle…
- On aura les provisions et l’armement nécessaires à notre survie, et les monstres ne pourront plus nous attaquer aussi facilement, souffla Xion, qui arrivait facilement à deviner la suite de ce qui disait son opposé. C’est ça ? »

Riko hocha simplement la tête pour confirmer l’hypothèse de l’autre jeune fille. Ils n’étaient pas encore dans une impasse, ils pouvaient encore changer ce tragique destin qui les attendait.
Axel, qui avait gardé le silence depuis qu’il s’était énervé contre l’argentée, redressa finalement la tête vers les deux habitants de Mirari.

« Vu que ces bases sont là pour les cas d’urgence… Ca veut dire qu’en ce moment y’a des gens là-bas, non ?
- Sans aucun doute. Pourquoi ? Interrogea Riko. »

Le roux ne répondit pas à la jeune fille, et se tourna vers Xion, avec un sourire plutôt victorieux sur le visage. Son amie, ainsi que les deux autres, ne comprenaient pas vraiment comment l’autre pouvait afficher une telle expression dans un instant aussi grave, mais Axel ne tarda pas à s’expliquer.

« Nos amis sont peut-être là-bas ! En plus, on est déjà certains que Riku est vivant, vu que Riko est devant nous.
- Et comme toi tu es là également, Alexia est indemne aussi, déclara Noa, avec un léger sourire, et qui reprenait courage, tout comme Xion.
- Peut-être, mais il reste tout de même quatre personnes dont on n’a absolument aucune nouvelle, rétorqua l’argentée. »

Il n’était pas difficile de comprendre à qui faisait allusion la jeune fille. Sora, Vanitas, Seïra et Vanilla… Il n’y avait aucun indice ou signe qui pourrait leur indiquer qu’ils étaient encore en vie. Même si pour l’instant ils étaient sûrs que Riku et Alexia étaient vivants, tant qu’il y aurait ce doute au niveau des jumeaux ou des jumelles… Ils ne pourraient pas avoir l’esprit tranquille.

Axel serra le poing. L’idée d’avoir perdu son meilleur ami sans rien faire pour éviter ça lui était inconcevable. Le noiraud était débrouillard, et il ne se séparait jamais du brun.
Puis le roux se rappela des paroles précédentes de Riko ; il eut un mince sourire –pas très convainquant, mais bon.

« C’est pas toi qui disais qu’il fallait éviter d’être défaitiste ? »

Ce fut au tour de Riko d’esquisser un léger sourire. C’était vrai, c’était la première à dire qu’il ne fallait pas penser au pire. En plus, ils pouvaient s’estimer heureux d’avoir une solution à leurs problèmes, et d’avoir peut-être trouvé les lieux où pouvaient s’êtres réfugiés leurs amis. Vanilla et Seïra devaient y être, et leurs doubles aussi –il fallait qu’elle s’en convainque.

« Tu as raison. –puis elle s’adressa à tout le monde- Il faudra qu’on se sépare en groupe de deux pour cette mission, et qu’on explore la ville au plus vite. Axel tu viendras donc avec moi vers le nord, Xion et Noa, vous irez vers le sud. »

Les trois adolescents hochèrent la tête en signe d’accord. Il n’y avait rien à contester de toute façon, vu qu’il était évident que le duo complet souhaiterait rester ensemble. Riko continua ses explications.

« On pourra compter sur Roxiane et Roxas pour s’occuper et rassurer les réfugiés durant notre absence, déclara-t-elle. On partira durant l’après-midi, alors soyez prêts. »

Un nouvel hochement de tête de la part des autres, avant qu’ils ne partent vers le dernier entrepôt où se trouvaient des armes encore utilisables.
Ils ne reprendraient confiance en l’avenir qu’au moment où ils trouveraient ces bases souterraines, mais avaient au moins réussi à avoir un peu d’espoir –c’était d’ailleurs la seule chose qui leur restait, pour l’instant.
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 31 Aoû - 23:38

Chapitre 11 : Révélations

Riku, le lendemain de sa discussion avec Vanilla, s’était décidé à s’entraîner seul au maniement d’un classique 9mm. Maintenant qu’il maîtrisait les bases, il estimait ne plus avoir besoin de Seïra, même s’il n’arrivait toujours pas à viser correctement. De toute façon, ce n’était pas ça qui l’importait en ce moment, et il voulait en priorité se changer les idées.

La conversation avec la blessée l’avait bien plus perturbé qu’il ne le pensait à la base, surtout qu’il ne savait pas comment se comporter auprès d’elle la prochaine fois qu’il la croiserait.
Les doutes qu’avait eus Vanilla sur lui étaient fondés. Quelqu’un de purement égoïste aurait réellement pu ne penser qu’à son proche en observant le double de ce dernier.
Mais Riku, lui, n’était pas comme ça. Il ignorait si la jeune fille le croyait, mais si ce n’était pas le cas, il ferait tout pour la convaincre.

Après avoir vidé son chargeur sur une dizaine de cibles, il observa ces dernières, avant de soupirer. Encore une fois, il n’avait touché aucune partie du faux-corps qu’il aurait voulue. Il commençait même à croire qu’il n’y arriverait jamais.

« Tu te tiens mal, c’est pour ça que tu ne peux pas viser correctement. »

Surpris, Riku se tourna vers la provenance de la voix qu’il venait d’entendre.
Lorsqu’il fit face à la personne qui lui avait adressé la parole, ce n’était autre que Vanilla. Celle-ci se trouvait dans un fauteuil roulant, mais le salua le plus naturellement du monde avec un léger sourire.

Riku constata que la jeune fille avait retiré la chemise qu’on enfilait aux patients, pour récupérer sa robe noire –recousue et lavée- et elle avait également remis ses rangers. Il put aussi voir qu’elle avait les cheveux encore humides. Sans doute que Seïra avait du l’aider à se laver et à s’habiller, mais ça restait rassurant de la voir assez en forme pour faire tout ça.

Remarquant qu’il fixait Vanilla depuis sans doute trop longtemps, il dévia son regard vers ses cibles, et soupira en repensant à la remarque que lui avait faite la jeune fille à son arrivée.
Malheureusement pour lui, l’adolescente avait bien plus d’expérience de ce côté-là, donc il ne pouvait pas vraiment répondre grand-chose.

« Pour ma défense, ça fait que depuis hier que j’apprends, répondit-il, agacé.
- Je sais, Seïra m’a dit, mais si tu te tiens pas correctement dès le début, c’est foutu. »

A peine quelques secondes se passèrent entre les mots de la jeune fille, et l’instant où Riku sentit qu’on lui prenait le poignet qui tenait encore l’arme, tandis que sa deuxième main était ramenée sur le manche du pistolet. Il se rendit également compte qu’on lui tendait les bras en avant, de façon perpendiculaire par rapport au reste de son corps. Après ça, on le força à maintenir son dos droit en lui redressant correctement les épaules.
En tournant sa tête à sa gauche, il constata que Vanilla était debout, et qu’elle s’était déjà écartée de quelques pas.

« Tu n’es pas raisonnable, déclara-t-il simplement.
- M’en fiche, tire-lui dans le cœur. »

Riku roula des yeux en soupirant face au comportement de l’autre, mais concentra bien vite toute son attention sur la cible, l’arme, et sa position.
Il n’était pas vraiment sûr de lui, mais finit par tirer, et observa immédiatement le résultat. La balle avait bien atterri dans la poitrine, mais à un ou deux centimètres du cœur –indiqué par une marque rouge sur la cible. Ce n’était donc pas encore tout à fait ça, mais il y avait une légère amélioration, au moins.

Il se tourna vers Vanilla, qui avait repris place dans son fauteuil roulant. D’un côté, il voulait la remercier pour l’aide qu’elle venait de lui fournir, mais d’un autre… il se rappelait de la discussion de la veille. Que pouvait-il dire, alors ? L’autre n’avait certainement pas oublié ce qu’il s’était passé, donc…
L’argenté remarqua finalement que la jeune fille avait détourné la tête.

« Je suis désolée, pour hier. Je n’aurai pas du te dire ce genre de choses. »

Des excuses ? Riku fut surpris, sur l’instant. Il ne s’attendait pas à ce que l’autre lui demande pardon… après tout, ses doutes étaient tout de même fondés, ils ne sortaient pas de nulle part. Ce n’était pas non plus comme si cela avait véritablement provoqué une dispute.
Enfin… au moins il venait de comprendre pourquoi Vanilla était venue ici, malgré ses blessures et son état qui ne lui permettaient pourtant pas d’en faire trop.

« Tu n’as pas à t’excuser pour ça, répondit-il après un court silence. Dans ce nouveau monde, beaucoup de personnes penseront et agiront égoïstement, c’est plus que certain, mais… sache que moi, je ne suis pas comme ça.
- Alors ce que tu m’as dit hier en réponse à ma question, tu le pensais vraiment ? Interrogea Vanilla en relevant la tête vers l’argenté.
- Mentir n’aurait fait qu’aggraver les choses, tu ne crois pas, Van’ ? »

Ce n’était pas parce qu’elle était le double de Vanitas qu’il devait prendre soin d’elle uniquement pour cette raison. Depuis qu’ils s’étaient rencontrés, Riku avait bien remarqué que Vanilla et Seïra étaient bien différentes des jumeaux qu’il connaissait.
Il venait même de trouver une nouvelle différence entre la blessée et le noiraud, d’ailleurs –et ça le fit sourire, un peu.
Vanitas, même s’il était facile de savoir qu’il le pensait car il savait reconnaître ses torts, n’aurait jamais pu s’excuser de vive voix. Il était beaucoup trop fier pour ça.

Quand finalement… il réalisa la bourde qu’il venait de commettre. Plongé dans ses réflexions en même temps, il n’avait pas vraiment fait attention aux mots qu’il avait employés en s’adressant à Vanilla. Celle-ci avait déjà levé un regard interrogateur vers lui.

« Comment tu viens de m’appeler ?
- Euh… »

Comment expliquer ça en fait ? En plus, qu’importe ce qu’il dirait, vu la conversation précédente, il était bien possible que la jeune fille prenne mal la seule explication possible.
Alors qu’il tentait de réfléchir à la formulation la moins dangereuse, il entendit l’autre se moquer de lui ouvertement.

« Laisse tomber, je crois que j’ai compris, déclara l’autre, un sourire narquois aux lèvres. Donc je vais t’éviter de cramer ton dernier neurone encore fonctionnel.
- Ah ah, très drôle, vraiment, rétorqua l’argenté, agacé. »

Puis il intégra finalement l’information ; Vanilla disait avoir compris, mais ne lui faisait aucune remarque là-dessus ? ça le surprenait, mais le rassurait aussi –même s’il ne montrerait pour l’instant que de l’agacement afin de garder sa crédibilité.
De toute façon, il était temps pour elle de retourner dans sa chambre, pour ne pas inquiéter Seïra, mais surtout pour se reposer. Il prit donc les poignées du fauteuil roulant, et décida d’aider la jeune fille à se diriger vers la pièce convoitée.

~0~0~0~0~

« Il est temps de se remettre en route, déclara finalement Zenia. »

Les trois autres hochèrent la tête, rangèrent leur bouteille d’eau dans leur sac, et se relevèrent. Sora passa un regard à Naïm et Naminé, qui n’avaient toujours pas esquissé le moindre mouvement. Il leur tendit à chacun une main, souriant.

« Vous venez ? On va vous emmener en sécurité.
- Mes jambes veulent pas se lever…, répondit le petit garçon, gêné.
- Les miennes aussi…, rajouta son opposée. »

A cette déclaration, les quatre autres s’observèrent. C’était vrai que ces derniers jours n’avaient pas du être de tout repos pour eux, ils devaient être épuisés. En se concertant juste du regard, Sora et Vanitas prirent chacun l’un des enfants qu’ils mirent ensuite sur leur dos.
Ainsi, ils purent tous se remettre en route.

Zenia et Alexia étaient deux fois plus sur leur garde, vu que les jumeaux ne pourraient pas vraiment se défendre pour l’instant –d’ailleurs, les deux enfants s’étaient immédiatement endormis, à peine avaient-ils été installés sur le dos des deux frères.
Heureusement, les monstres avaient décidé de les laisser tranquille, et ils purent arriver sans encombre à la section sud.

Ils furent accueillis par une femme aux cheveux longs et noirs, tirés vers l’arrière et attachés en queue de cheval. Lorsque Sora et Alexia l’examinèrent d’un peu plus près, le sourire particulier -ainsi que le physique- de cette personne leur rappelait quelqu’un, mais ils n’arrivaient pas à placer un nom sur ce visage…

« Vous êtes les réfugiés courageux mais stupides de la section nord-est ? Demanda finalement la personne en s’adressant aux trois adolescents.
- Briana, occupe-toi de guider Vanitas et Sora chez Kaël, pour qu’il puisse prendre soin de ces enfants que nous avons trouvé sous les décombres, soupira simplement Zenia. Et préviens Zexion que nous sommes là, aussi.
- Ce ne sera pas nécessaire, pour la dernière chose, déclara soudainement une voix d’homme. »

Tous se tournèrent vers la personne qui venait de prononcer ces derniers mots ; il n’était pas difficile de deviner que l’homme en face d’eux devait être Zexion, rien qu’à la ressemblance physique entre lui et Zenia.
Le scientifique fit signe à ladite Briana d’emmener Vanitas et Sora chez le dénommé Kaël, puis ordonna aux autres de le suivre.

Ils arrivèrent devant une porte, que le scientifique ouvrit en invitant les deux personnes à s’installer immédiatement sur les chaises se trouvant en face d’un bureau. Zexion rejoignit le fauteuil derrière celui-ci et observa ses deux interlocutrices.
L’homme préférait attendre le retour des deux jeunes garçons pour se lancer dans l’explication des découvertes qu’il avait faite avec sa collègue. Cette dernière arriva plutôt rapidement, accompagnée des deux autres adolescents.

Tandis que Briana partait, Vanitas et Sora s’installèrent sur les deux chaises restantes, plutôt troublés. L’homme d’une vingtaine d’année à qui ils venaient de confier Naïm et Naminé leur avait paru… étrange. Il avait un physique pourtant des plus banal ; cheveux auburn, yeux céruléens, mais derrière les sourires qu’il adressait à la dizaine d’enfants dont il s’occupait -avec une certaine Aqua-, ils avaient pu lire dans son regard comme un vide et une peine tellement grande… qu’ils ne trouvaient pas de mot pour décrire ça.
Ils se demandaient ce qui avait bien pu lui arriver, mais ils savaient que lui poser directement la question aurait été plutôt délicat ; du coup ils avaient préféré gardé le silence, en ne prenant la parole que pour se présenter.
Ils refirent d’ailleurs de même devant Zexion, qui enchaîna directement sur les découvertes qu’il avait faites avec l’aide de Briana.

« Nous avons beaucoup étudié les monstres qui apparaissent régulièrement à la surface, depuis la fusion des mondes. Nous avons donc réussi à effectuer un profil pour chaque type de créatures rencontrées à ce jour. »

Les quatre autres gardèrent le silence. Jusque là, Zexion ne leur apprenait rien, mais s’il avait effectivement pu établir une fiche d’identité pour chaque type de monstres, cela pourrait se révéler être pratique lors de leur futur affrontement. Ils pourraient ainsi éviter d’être pris au dépourvu.

« Et il y en a beaucoup ? Demanda Sora.
- Assez, oui. Nous avons trois classes différentes de monstres, avec une grande variante dans le taux d’apparition. Les plus nombreux, qu’on a nommé les assaillants, sont dotés de crocs dont la morsure provoque une paralysie provisoire de la motricité corporelle. Cette même race peut avoir des armes empoisonnées, qui selon la dose présente dans le corps, peut être mortelle. »

Alexia et Sora connaissaient bien les monstres armés, maintenant -c’était à cause d’eux que Vanilla et Vanitas avaient failli mourir. Cependant ils ignoraient pour le poison paralysant de leur morsure -mais d’un côté, tant mieux, car ça ne devait pas être agréable du tout.

« Nous avons également eu des cas très rares de monstres désarmés et dénués de poison, qui pouvaient prendre forme humaine. Cette catégorie de créatures plus évoluées possède donc une sorte de conscience, tout comme les manipulateurs, la dernière et la plus puissante des classes de monstres que nous avons pu répertorier à ce jour. Seulement nous ignorons encore comment ces deux catégories ont pu développer une conscience en si peu de temps. »

En effet, c’était plutôt étrange… Après tout, cela ne faisait qu’une semaine à peu près que la fusion avait eu lieu. Pourtant, les monstres avaient rapidement augmenté en nombre, comme en puissance, visiblement.

« C’est quoi les pouvoirs des derniers monstres que vous avez dit ? Interrogea Alexia.
- Les manipulateurs ? Ils contrôlent les humains, mais sont encore plus rares que ceux qui en prennent la forme. Nous n’avons eu qu’un seul cas comme ça, mais c’était suffisant pour comprendre leur fonctionnement.
- Et y’a un moyen de les libérer, au moins ? Demanda Vanitas.
- Aucun. Même le cas du double de la jeune fille qui a été possédée n’a pas réussi à lui faire reprendre ses esprits. Et comme le lien d’un double est plus fort que n’importe quel autre lien, il ne fut pas difficile de comprendre que c’était fini.
- Alors vous l’avez…, commença Sora dans un murmure. Vous l’avez tuée ?
- Nous n’avions pas eu le choix, son humanité n’existait plus, déclara Zexion. Si on avait pu éviter une chose pareille, nous l’aurions fait, soyez-en certain. »

Cela se voyait qu’il était extrêmement difficile pour le scientifique de dire de pareilles choses. Et puis la scène était déjà difficile à imaginer, alors s’en souvenir pour la raconter… cela devait être pire que tout.
Un silence pesant s’était installé après ça. Il n’y avait rien à rajouter là-dessus, ils savaient les monstres sans pitié de base, mais leur cruauté s’était juste horriblement amplifiée.

« Lorsque tu as appelé, tu as également parlé de la malédiction des doubles, déclara finalement Zenia, en tentant de changer le sujet. »

La mine déjà sombre de Zexion le fut encore un peu plus après les mots de son double. Etrangement, et sans doute à cause du lien des opposés, Zenia pouvait ressentir ce mal-être, et sentait que le prochain sujet était lié au précédent.

« Nous pouvons contourner la malédiction, mais celle-ci en devient encore plus cruelle.
- Vous voulez parler du fait que les deux doubles se retrouvent dans le coma si l’un deux est blessé mortellement ? Interrogea Vanitas, vu qu’il avait été lui-même dans cette situation. Vous nous apprenez rien, on le savait déjà, continua-t-il en croisant les bras. »

Zexion hocha négativement la tête.

« Ca, cela arrive uniquement lorsque les opposés ne se sont pas encore rencontrés. Mais tout est différent une fois qu’ils se connaissent.
- Comment ça ? Demanda Alexia.
- Une fois qu’ils se rencontrent, une personne n’est plus condamnée à mourir avec son double, si celui-ci meurt. Mais le vide qu’il laisse dans le cœur de son opposé… et immesurable. Même si celui qui reste pourrait continuer à vivre… Dans les trois cas que nous avons connus, deux ont mis fin à leurs jours suite à la mort de leur double.
- Et le troisième cas ? Questionna Zenia.
- Il a réussi à se battre les premières quarante-huit heures qui suivaient la mort de son double, soit les plus dangereuses pour lui-même. Mais le vide dans son cœur sera par toujours présent. On ne pourra jamais totalement combler l’absence de son double, ça c’est certain. »

De nouveau un silence. Que pouvaient-ils bien répondre face à de telles révélations ? Et est-ce qu’il valait mieux ne jamais rencontrer son double au risque de mourir en même temps que lui, ou de le connaître, et de devoir vivre avec un tel fardeau si l’autre meurt ?

« Peut-être, mais vous faites beaucoup pour moi, et ça m’aide déjà beaucoup. »

Une voix calme et posée –ainsi que familière pour Sora et Vanitas qui l’avaient entendu il n’y avait pas si longtemps que ça. Le scientifique leva son regard vers la personne se trouvant à l’encadrement de la porte en face de lui, tandis que les autres tournèrent la tête.
L’arrivant salua les deux personnes qu’il n’avait pas encore vues, et se présenta à eux.

« Je suis le « cas » dont Zexion vous parlait, je m’appelle Kaël. »

C’était donc pour ça que le regard de ce jeune homme paraissait si vide et triste, songea Sora, qui faisait le rapprochement dans sa tête en même temps que son frère -heureusement qu’ils ne lui avaient pas directement demandé pourquoi ses yeux reflétaient autant de peine.
Le jeune homme aux cheveux auburn s’avança dans la pièce, et d’une voix presque éteinte, rajouta encore autre chose.

« Et la fille qu’ils ont été obligés de tuer à cause du monstre qui avait pris son contrôle… c’est Kairi, mon opposée. »

Les pressentiments précédents de Zenia se révélèrent finalement justes. Le cas de la personne survivante sans son double et de celle possédée par un monstre étaient liés, mais… de la plus horrible des façons.
Ils ne pouvaient pas savoir ce que cela faisait de perdre ainsi son double, donc ils ne pouvaient pas comprendre le quart de la douleur du jeune homme en face d’eux, mais ils admiraient son courage pour vivre avec ça, et surtout pour avoir osé leur dire de telles choses.
Kaël finit par esquisser un mince sourire.

« Kairi aurait refusé catégoriquement que je baisse les bras à cause de tout cela, donc vous n’avez pas à vous en faire pour moi, déclara-t-il. Et puis… Si quelqu’un se retrouve dans la même situation que moi, je pourrai l’aider à s’en sortir. »

Mais Kaël ne voulait pas voir d’autres personnes dans son cas. Seulement ce serait inévitable, il le savait –ils le savaient tous. Tant que ces monstres apparaitraient, encore et encore, le sang continuerait de couler ; et ce n’était pas en restant assis les bras croisés qu’ils sauveraient tous ceux qui se battaient pour survivre.
Zexion rompit finalement le silence pesant, et observa son opposée.

« Zenia, avant que tu ne retournes chez Even, je t’envoie avec ces trois jeunes personnes à la section nord, afin que tu puisses mettre Braig et Eva au courant de ce que je t’ai dit aujourd’hui. »

Son double hocha simplement la tête en signe d’accord, tandis qu’Alexia et Sora s’observèrent discrètement. La section nord, hein ? C’était là que se trouvaient Riku, Vanilla et Seïra. D’un côté ça les réjouissait de pouvoir retourner là-bas ; mais d’un autre, c’était pour annoncer de terribles nouvelles -et en plus…

« On veut bien, mais quand Sora et moi on a été envoyés là-bas, et qu’on est revenus avec une heure de retard, Even l’a pas super bien pris, alors…, déclara la rousse.
- Je peux prendre contact pour régler cela rapidement avec lui, cela ne détériorera pas de trop la dernière ligne téléphonique. »

Si Zexion réalisait vraiment ce qu’il venait dire, il n’y avait plus aucun problème à ce qu’ils aillent à la section nord aujourd’hui encore –au pire ils y resteraient pour la nuit, vu que c’était à ce moment là que les monstres étaient vraiment dangereux. Zenia et son opposé s’apprêtèrent à définir ensemble le chemin le plus sûr à emprunter, quand Kaël reprit finalement la parole.

« Zexion, est-ce que je pourrai les accompagner ? »

L’interpellé prit un air soucieux, et observa le jeune homme en face de lui.

« Et pour quelles raisons ?
- Je serai bien plus utile avec eux, déclara l’autre. Aqua s’occupe déjà des enfants ici, et puis… je suis le mieux placé pour expliquer la nouvelle malédiction dans sa totalité, vous ne croyez pas ? »

Zexion réfléchit quelques instants aux paroles de Kaël. Il n’existait pas de contradiction dans ce qu’il venait de dire, donc le scientifique n’avait aucune raison valable pour le forcer à rester dans la section sud.
Mais avant de rendre sa décision, il observa les quatre autres.

« Des objections à ce qu’il vienne avec vous ?
- Tu sais te défendre contre les monstres ? Demanda Zenia en s’adressant à Kaël.
- Oui, répondit le concerné. Kairi a pu m’enseigner les bases pour l’utilisation des armes à feu.
- Alors je ne vois pas pourquoi on ne t’accepterait pas, déclara Sora en souriant.
- Et puis avoir une autre personne qui sait se battre contre ces trucs, ça peut pas nous faire de mal, ajouta Vanitas en haussant simplement les épaules.
- Donc tu seras le bienvenu parmi nous, conclut brillamment Alexia. »

Kaël eut un mince sourire en voyant que les quatre personnes l’acceptaient aussi facilement dans leur groupe. Il aurait pu d’ailleurs déjà les remercier, s’il n’avait pas légèrement peur de la décision finale que prendrait Zexion. Il observa le scientifique, dont l’expression neutre ne laissait rien paraître, même quand il commença à parler.

« Vu qu’ils ne voient aucun inconvénient à ce que tu les accompagnes, je n’ai aucune raison de te forcer à rester ici, commenta l’homme en face de lui. Tu es libre d’aller avec eux si tu le souhaites.
- Merci beaucoup, Zexion.
- Mais fais attention à toi, compris ?
- Compris.
- Alors va te préparer, et vous partirez dès que tu seras prêt. »

Après ces mots, Zexion les laissa quitter son bureau. Kaël se rendit rapidement dans la salle où étaient entreposées armes, munitions, et provisions -il voulait absolument éviter de trop faire attendre ces personnes qui l’avaient immédiatement accepté, alors qu’ils ne le connaissaient pas.

Quand ils sortirent finalement du souterrain, tout le groupe remarqua que le soleil avait finalement décidé de les accompagner. L’apparition de monstres était impossible, donc ils pourraient voyager en toute sécurité.

Pendant qu’ils avançaient, Kaël observa pensivement le ciel encore légèrement nuageux. Depuis la mort de Kairi, c’était la première fois qu’il remettait les pieds dehors. D’ailleurs, en y repensant… c’était normalement à lui, à elle et à Aqua de rejoindre la section nord-est pour les mettre au courant de ce qu’ils avaient découvert, il y avait de ça trois jours, mais… l’apparition des monstres manipulateurs avait tout changé. Il serra les poings, alors qu’une légère douleur à la poitrine naissait en lui à nouveau.

Il ne pouvait pas oublier tout ce qu’il s’était passé suite à ça ; hystérie, tentative de suicide, folie… il avait eu de la chance d’avoir eu la meilleure amie de Kairi, Aqua, à ses côtés pour le maintenir en vie malgré tout.
Et quand il était enfin parvenu à sortir de sa folie suicidaire grâce à la jeune femme… Il lui avait demandé comment elle avait pu s’occuper de lui comme ça, et à être aussi forte alors qu’elle venait de perdre un être cher. La réponse d’Aqua fut tellement surprenante, qu’il s’en souvenait encore maintenant.

« Je n’ai absolument rien pu faire pour Kairi, et je vivrai sans doute avec ce regret toute ma vie… Mais au moins, je t’ai sauvé toi, et je sais que c’est ça, ce qu’elle aurait voulu, car elle n’aurait pas supporté qu’il t’arrive quelque chose par sa faute. »

Ces mots resteraient sans doute gravés dans sa mémoire pour toujours ; car c’était eux qui avaient réussi à le sortir totalement du gouffre dans lequel il était.
Maintenant, il était suffisamment redevenu lui-même pour pouvoir définitivement débarrasser ce nouveau monde de ces monstres.
Le vide laissé par Kairi ne pourrait jamais être totalement comblé… mais c’était justement ça qui lui donnait sa nouvelle force ; il se battrait et survivrait jusqu’au bout, il se le jurait.

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Dim 8 Sep - 12:58

Chapitre 12 : Seconde malédiction

Depuis les révélations qu’ils avaient entendues à la section sud… l’atmosphère au sein du groupe –dont Kaël faisait partie à présent- était plutôt pesante. Même Alexia ne trouvait rien à dire pour remettre une quelconque ambiance -car dans une telle situation, c’était tout bonnement impossible. Chacun passait un regard discret à Kaël, dont le regard, malgré cette nouvelle détermination, montrait encore le vide dans son cœur.
Alexia, Sora et Vanitas n’avaient pas encore rencontré leur double ; du coup, ils mourraient en même temps qu’eux s’il leur arrivait quelque chose. Mais est-ce que ça valait le coup de les rencontrer, en fin de compte ?

En tout cas, la rencontre entre Sora, Vanitas, Vanilla et Seïra était inévitable, à présent.
Et une fois qu’ils se seraient vus, ils briseraient la première malédiction, mais devraient vivre avec la seconde. Si l’un d’eux venait à mourir… l’autre vivrait avec le même vide que Kaël. Un vide qui pourrait bien les pousser au suicide si dans les premières quarante-huit heures ils n’avaient pas réussi à sortir de leur folie.
Cette pensée les firent frémir –seulement… penser au pire ne les aiderait pas à avancer.

Personne d’autres ne mourrait parmi eux. Ils ne se le permettraient pas. Beaucoup trop de personnes avaient déjà laissé la vie dans cette lutte acharnée, alors il fallait à tout prix découvrir comment réussir à exterminer pour de bon ces créatures, pour enfin tenter de reprendre une vie normale.

Suite à un bruit suspect, tous empoignèrent leurs armes, en scrutant les alentours. L’air était soudainement devenu lourd et presque irrespirable –c’était à chaque fois comme ça lorsque des monstres apparaissaient dans les environs.

Sans crier gare, un monstre attaqua par derrière Kaël, mais Vanitas sut réagir juste à temps que la créature n’embroche l’autre avec sa lance. Le plus âgé remercia d’un mouvement de tête son cadet, mais ils ne purent s’attarder là-dessus. D’autres monstres apparurent tout autour d’eux, ne leur laissant aucune issue pour s’échapper. S’ils voulaient continuer à avancer, ils devraient tous les anéantir.

Les coups de feu se multiplièrent, au point qu’ils tombèrent tous très rapidement à court de munition. Ils n’eurent d’autres choix que de commencer des combats aux corps-à-corps, seulement cela ralentissait considérablement la vitesse d’élimination des monstres. Bien vite, une plus grande horde de créatures attaquèrent le groupe.
Ils arrivèrent à détruire les plus proches, mais ceux qui devaient être à dix mètres à peine d’eux se rapprochaient rapidement. Ils étaient totalement encerclés.

Un monstre s’approcha bien plus vite que les autres, et envoya sa lance vers Sora, qui n’eut le temps de la voir arriver, et se la prit dans l’épaule droite. Il lâcha le couteau qu’il tenait, et retint un cri de douleur difficilement.
L’arme était de petite taille, mais la souffrance, elle, était horrible. Il avait juste eu de la chance que ce ne soit pas l’une de ces armes empoisonnées, et que ça n’avait touché aucune partie vitale.
Même s’il n’était pas gaucher, il reprit son couteau de cette main, afin de pouvoir continuer à combattre ; retirer la lance ne servirait à rien, mis à part provoquer une hémorragie, donc il laisserait ça comme ça le temps que le combat se termine.

Malgré la douleur bien vivace, il arriva à se débarrasser des monstres qui tentaient de l’attaquer, grâce à l’aide de Kaël qui, en voyant l’autre blessé, s’était immédiatement dirigé vers lui pour lui apporter de l’aide.

Du côté de Vanitas et d’Alexia, ils étaient tous les deux dos contre dos, mais ils n’en menaient pas large –la masse de monstre ne cessait d’augmenter, et ils fatiguaient de plus en plus. A croire que les monstres voulaient les avoir par l’usure.
Ce qui marcha plutôt bien, malheureusement.

Zenia avait finalement réussi à se frayer un chemin dans la masse de monstres qui avaient pris pour cible la rousse et le noiraud, mais elle n’eut le temps de s’approcher d’eux au moment où une des créatures, qui avaient échappé à la vigilance des deux adolescents, se dirigea avec rapidité vers Alexia en sautant sur elle. Celle-ci ne remarqua que trop tard le poignard tenu par le monstre ; elle eut juste le temps de se protéger la tête avec son bras, avant de sentir une vive douleur à son membre, puis d’être écartée par Vanitas qui se débarrassa du monstre, tandis que Zenia avait réussi, avec l’aide de Kaël et Sora, à détruire les dernières créatures.

Alexia regarda son bras, alors qu’un filet de sang découlait de l’endroit où le monstre l’avait profondément coupé. La plaie commençait déjà à prendre une teinte violacée. Du poison. Le même que celui qui avait failli tuer Vanilla et Vanitas.
Elle tremblait légèrement, tandis que Zenia attrapa son bras blessé, pour l’inspecter. Kaël et Vanitas s’occupèrent de Sora, en lui retirant la lance de son épaule, puis en compressant la plaie avec ce qui leur tombait sous la main –donc le veston de Vanitas, et tous les mouchoirs qu’ils avaient. La plaie ne saignait pas tant que ça, mais le bras du brun serait inutilisable pendant un petit moment quand même, et il faudrait lui donner des soins plus adéquates une fois arrivés à la section nord. Ils se dirigèrent vers Zenia et Alexia -Vanitas resta prêt de Sora, en prévention du moindre malaise.

Mais ils surent tout de suite la blessure de la jeune fille était bien plus inquiétante que celle du brun, rien qu’à cause de cette teinte violacée, et de cet air perplexe et inquiet qu’affichait Zenia, qui avait d’ailleurs invité Alexia à s’asseoir, afin d’éviter toute perte de connaissance suite au choc. Cependant, elle ne souffrait pour l’instant d’aucun effet du au poison, ce qui était plutôt rassurant.

« Ca ira, la blessure est profonde, mais comme l’arme ne s’y est pas éternisée, le poison n’est pas en très forte dose.
- Mais est-ce qu’elle risque de…, souffla Sora, n’osant terminer sa phrase.
- Dans son cas, non. On aura le temps d’atteindre la section nord bien avant.
- Bah alors dépêchons-nous, déclara Alexia en titubant légèrement, mais en se relevant. Je tiens pas vraiment à mourir. »

Elle se sentait déjà fiévreuse, et l’idée de souffrir davantage ne lui plaisait pas tellement.
Entre ça, et la blessure de Sora… Ils ne pouvaient pas vraiment dire qu’ils avaient gagné la bataille. Ils se remirent en route, Vanitas à côté de Sora, et Zenia surveillant constamment l’état d’Alexia –qui, visiblement, pouvait encore marcher seule si le rythme n’était pas trop rapide. Kaël, quant à lui, restait un peu plus en retrait, mais s’arrêta brusquement quand il entendit des bruits suspects. Il invita tout le monde à faire de même.

« Ce ne sont pas des monstres, déclara-t-il immédiatement, pour éviter une inquiétude inutile. C’est des voix. Des voix humaines. »

En tendant l’oreille, les quatre autres purent eux aussi distinguer deux voix –une fille et un garçon. Pour Vanitas et Sora, c’était la voix féminine qui était plutôt familière, tandis que pour Alexia, c’était la masculine.
Ils observèrent tous dans la direction d’où les bruits provenaient, et bientôt, à travers une ruelle, ils virent tous apparaître deux personnes, qui les regardèrent d’abord avec étonnement, puis avec soulagement.
Les deux groupes se rapprochèrent.

« Vanitas, Sora ! Comme je suis contente de vous voir sains et- »

Seulement Xion s’interrompit brusquement en voyant l’épaule du brun, et la pâleur de la jeune fille qui devait être le double d’Axel. Elle comprit tout de suite que les nombreux coups de feu qui les avaient inquiétés, elle et Noa, venaient très certainement d’eux.

« Oh mon dieu…, souffla la jeune fille, en réalisant la teinte violacée de la blessure d’Alexia, qui ne faisait que suinter.
- Hey, j’suis pas une bête de foire non plus, hein, rétorqua la rousse. Arrêtez de me regardez comme ça, j’vais pas mourir. Et puis d’abord t’es qui ? »

Bien sûr, elle avait remarqué la ressemblance entre Noa et l’autre, mais c’était surtout pour changer de sujet. Elle commençait à avoir vraiment mal au niveau de sa blessure –ça la brûlait- et ses jambes avaient de plus en plus de mal à la porter. Mais après ce qu’elle avait dit, elle ne pouvait pas faiblir –comme quoi la fierté mal placée… Et puis elle n’allait pas mourir, Zenia l’avait affirmé.

« Je m’appelle Xion –elle se tourna ensuite vers Sora et Vanitas- Et lui c’est Noa, mon double. »

Ce fut au tour de Kaël et Zenia de se présenter aux deux arrivants, puis la scientifique expliqua qu’il valait mieux se dépêcher pour se remettre en route vers la section nord. Xion et Noa expliquèrent également leur présence ici, ainsi que la situation dramatique dans laquelle ils se trouvaient.
L’aînée de tous décida d’en discuter avec Eva et Braig une fois arrivés à destination –qui, heureusement, ne se trouvait plus très loin.

Durant le reste du trajet, Xion resta près de Sora et Vanitas, inquiète. Elle ne pouvait d’ailleurs pas s’empêcher de passer un regard à Alexia, qui était aux côtés de Noa.
Elle était pâle, et ne paraissait vraiment pas en forme, mais ça la rassurait de la voir consciente, tout de même. Cela voulait dire qu’Axel allait bien.
Elle espérait seulement que Riko et le roux avaient réussi à trouver l’une des sections eux aussi –maintenant qu’elle était sûre qu’elles existaient bel et bien.

~0~0~0~0~

Quand Riku et Vanilla arrivèrent dans la salle commune, celle-ci était assez agitée. Les réfugiés paraissaient inquiets, d’autres paniquaient, tandis que Braig et Seïra tentaient de calmer les choses. Les deux adolescents se dirigèrent d’ailleurs vers la brune, afin de savoir ce qu’il se passe ici.

« Il y a deux personnes, il paraît, qui ont attiré des monstres près de l’entrée. Elles sont en difficulté, mais Eva refuse d’ouvrir de peur que les monstres pénètrent à l’intérieur de la base.
- … Et elle va vraiment rien faire ? Demanda Vanilla.
- Ce n’est pas dans ses plans, déclara Braig. Elle compte laisser crever ces deux jeunes pour que les monstres s’éloignent au plus vite. »

Seïra ne paraissait pas au courant de ça, et elle regarda Riku et Vanilla avec la même surprise dans le regard. Ils rêvaient là ? D’accord Eva n’avait pas de cœur, mais de là à laisser mourir deux personnes sans rien tenter…
La brune ne pouvait pas le supporter. Elle serra les poings, puis à pas rapide se dirigea vers Riku, l’attrapa par le bras, et l’emmena vers l’entrée du souterrain.
Vanilla et Braig les regarda s’éloigner, ils savaient ce qu’ils allaient tous les deux faire, et la jeune fille n’allait pas rester les bras croisés pendant que sa sœur et l’argenté risqueraient leur vie.
Elle se leva de son fauteuil roulant, mais elle sentit l’homme la forcer à se rasseoir presque immédiatement.

« Princesse, c’est encore trop dangereux de faire ce genre de trucs dans ton état.
- Laisse-moi y aller.
- Rêve.
- Seïra est en danger, hors de-
- Ta sœur n’est pas blessée et n’a pas eu de poison dans ses veines, elle s’en sortira mieux que toi, coupa l’autre. »

C’était malheureusement vrai. Son organisme était encore bien trop faible pour supporter la moindre bataille ; et elle serait incapable de se battre correctement, et deviendrait donc qu’un poids qu’il faudrait protéger.
Elle observa le couloir par lequel venaient de passer Riku et Seïra. Ils avaient intérêt à s’en sortir. Tous les deux.

---

Riku avait été largement surpris par l’impulsivité dont venait de faire preuve Seïra. Et même si elle paraissait déterminée, il craignait tout de même de ne pas pouvoir la protéger s’il lui arrivait quelque chose. Il avait déjà failli à cette mission quand Vanilla avait été empoisonnée, alors s’il échouait une seconde fois…

« Seïra, tu es vraiment sûre de ce que tu fais ?
- Non. Mais je ne veux pas que des personnes meurent juste au-dessus de nous, alors qu’on aurait eu les moyens de les sauver. »

L’argenté hésitait entre utiliser le terme folle ou bien courageuse pour définir la brune. Sans doute un peu des deux. Mais elle avait raison. Si Eva ne voulait pas faire quelque chose, c’était à eux d’agir.
Ils arrivèrent devant la porte qui marquait la fin du souterrain, la seule entrée et sortie possible. Avec un peu de chance, ils arriveraient très vite à mettre ces deux personnes en sécurité, et à refermer le passage avant qu’un monstre n’y pénètre.
Ils prirent tous les deux une arme dans une main, et se regardèrent.

« Tu es prête ?
- Oui, allons-y. »

~0~0~0~0~

Ils avaient vraiment eu aucune chance, sérieux, pensa Axel.
Au moment où Riko et lui étaient entrés dans la ville, une horde de monstres s’étaient jetés sur eux. Ils en avaient éliminé quelques uns, afin de se frayer un chemin entre les créatures ; mais avaient été très vite rattrapés –et il semblait même que le nombre de monstres augmentait au fur et à mesure de leur course.

Seulement la plus mauvaise surprise ce fut ce tournant dans une ruelle, qui les avait menés dans une impasse complète. Les murs étaient bien trop lisses et hauts pour être escaladés, et ils commençaient sérieusement à manquer de munitions.
Les choses tentèrent des attaques au corps à corps, mais vu sa mauvaise expérience avec le poison paralysant, Axel arriva plutôt bien à éviter les coups de griffes ou morsures de ses assaillants, pour les achever ensuite d’une balle ; Riko parvenait également elle aussi à plutôt bien se défendre, mais le roux pouvait voir que ses mouvements étaient légèrement altérés.
Elle avait du être éraflée par l’un des monstres –visiblement les griffures étaient moins contraignantes que les morsures.

Il tenta de l’aider, mais plus leur lutte continuait, plus ils s’étaient approchés du mur imposant, ne leur laissant aucun échappatoire de disponible –ils étaient coincés.
De plus, comme une mauvaise nouvelle n’arrivait jamais seule, ils découvrirent qu’ils avaient usé de toutes leurs munitions, et qu’il restait encore au moins une dizaine de monstres.
C’était la fin, ils le savaient.

« Hm… Riko ? Une dernière volonté ? Ou bien t’as un miracle dans ta poche ?
- Axel c’est pas le moment de plai- »

Cependant, la jeune fille fut brusquement interrompue à cause du mur derrière elle qui sembla bouger ; elle eut ensuite l’impression d’être tirée vers l’arrière, mais à cause du poison paralysant, elle préféra observer Axel, pour savoir si tout cela était réel –et elle vit effectivement l’autre se faire attraper par un bras, et subir le même traitement qu’elle.

Le reste se passa trop vite pour son cerveau encore touché par le poison, mais quand elle reprit finalement ses esprits, elle découvrit qu’elle se trouvait dans une sorte de souterrain.
Le mur –enfin, plutôt la porte- commença à se refermer, quand un monstre arriva à glisser suffisamment vite pour passer avant que l’accès soit à nouveau bloqué.
Malheureusement pour la créature, elle fut très vite assassinée par un coup de feu ; en disparaissant, elle laissa une sorte de flamme derrière elle, qui traversa le plafond rapidement –mais Riko ne s’attarda pas sur ça plus longtemps, voulant surtout comprendre ce qui venait de se passer.
Visiblement, en passant un regard vers Axel, celui-ci, également sonné, ne comprenait pas trop non plus. Mais bon, au moins le miracle qu’attendait le roux venait de se produire…
Elle vit finalement une main se tendre vers elle.

« Est-ce que ça va ? Lui demanda une voix masculine.
- Oui, enfin… je crois. »

Ses mouvements étaient toujours difficiles à cause du poison, mais Riko parvint tout de même à prendre le membre qui lui était tendu. Au moment où les deux paumes rentrèrent en contact, l’argentée crut que son cœur venait de louper un battement, alors qu’une impression de vide –qu’elle n’avait jamais ressenti jusque là- semblait se combler.
Qu’est-ce que ça voulait dire ?

Elle leva finalement un regard rempli d’incompréhension vers la personne en face d’elle, et crut voir son propre reflet, à quelques détails près –par contre, l’expression de l’autre était identique à la sienne. Sans doute avait-il ressenti la même chose qu’elle, ce qui était logique.
Aucun des deux n’osait rien faire, comme figer sur place. C’était tellement étrange, comme sensation.

Axel s’était déjà relevé, aidée par Seïra. Les deux constatèrent la ressemblance flagrante de celui –ou celle- qui leur faisait face, mais ils ne dirent rien. Depuis le temps, ce n’était plus la peine de dire quoique ce soit à ce sujet.
Ils se tournèrent donc vers les deux autres, qui semblaient être en état presque de transe.
Axel trouva intelligent d’agiter une main devant eux, afin de les ramener sur terre –étrangement, ça marcha, et Riku aida finalement son double à se relever.

Riko reprit à son tour totalement ses esprits, et observa autour d’elle ; il n’y avait que des parois en métal. Mais bon, des remerciements étaient nécessaires, vu que sans l’argenté en face d’elle, et Seïra…
Seulement elle ne put pousser plus loin ses réflexions, qu’une tornade brune se précipita sur elle.

« Riko ! Je suis tellement contente de te revoir !
- Oui, moi aussi Seïra, mais tu m’étouffes un peu là…
- Oh, pardon. »

La brune s’écarta de son amie, et attarda finalement son regard sur le double d’Alexia. Elle l’inspecta brièvement, tandis que le roux haussa un sourcil. La brune finit par croiser les bras en le fixant.

« Tu lui ressembles, mais tu es plus grande qu’elle. C’est étrange.
- Pas tellement. Vanilla et toi êtes légèrement plus petites que Vanitas et Sora, déclara Riku. Et visiblement…
- C’est notre cas à nous aussi, finit Riko en observant son double, qui faisait de même. Xion et Noa ont également une assez grande différence de taille. »

A ces mots, Seïra et Riku se regardèrent, avant de réaliser. C’était les dernières personnes dont ils n’avaient juste aucune nouvelle. Cela voulait donc dire que les deux groupes de cinq étaient certes séparés, mais entiers. Aucune perte.
Puis, finalement, Riku se rendit compte que leur présence ici était étrange. Pourquoi s’être mis dans un tel danger en ville, alors qu’il n’y avait plus rien ?

« Vous étiez où tout ce temps ?
- Bah… Dans des entrepôts, mais on a eu genre… un petit problème, déclara Axel.
- Nous avons été attaqués par des monstres, et notre réserve d’armes, de munitions, et de provision ne pourra bientôt plus suffire pour toutes les personnes là-bas. Notre seul espoir était de trouver les bases militaires.
- Et j’crois qu’on a touché en plein dans le mille.
- En effet. Venez, on va vous guider, et vous raconterez votre histoire aux scientifiques, déclara Riku. »

Durant le trajet, chacun gardait le silence. Malgré le fait de s’être retrouvés… Il restait encore des personnes introuvables. Même s’il était certain qu’elles allaient toutes bien vu qu’Axel, Seïra, et Vanilla se portaient bien… la peur de ne jamais les retrouver était bien là.
Alexia, Sora et Vanitas pouvaient d’ailleurs être blessés, peut-être pas mortellement –sinon ils l’auraient su- mais suffisamment pour ne pas pouvoir fuir ou se défendre face aux monstres…

Ils arrivèrent finalement dans la salle commune, où le calme régnait à nouveau. Mais un calme très peu rassurant, surtout en constatant la présence d’Eva, dont l’air hautain et contrarié parlait déjà pour elle. Elle n’adressa aucun regard aux deux nouveaux venus, seulement à ceux qu’elle connaissait déjà.

« Seïra, Riku, commença-t-elle. Qui vous a permis de faire un acte aussi dangereux ? Demanda-t-elle froidement.
- Personne.
- Alors pourquoi l’avez-vous fait ?
- Pour sauver des vies, répondit l’argenté.
- Et si on n’avait pas fait ça, Riku et Alexia seraient morts aussi, continua Seïra.
- Votre acte est d’une irresponsabilité sans nom. Imaginez si les monstres avaient pu s’intr-
- Ouais bah c’est pas le cas, et Riko et moi on aurait des trucs urgents à vous dire, coupa Axel. Donc si vous pouviez la faire courte, ce serait cool. »

Eva observa le roux d’un air dédaigneux et supérieur. Il avait déjà eu affaire avec son double, mais visiblement lui était pire. Mais il y avait intérêt à que ce soit véritablement important.
Ah, d’ailleurs…

« Des personnes de la section nord-est vont bientôt arriver, afin de nous communiquer des informations sur certaines choses. Et même si je vais m’entretenir avec ces jeunes gens, je souhaiterai être prévenue de leur arrivée immédiatement. »

Puis elle invita –très peu poliment d’ailleurs- Riko et Axel à la suivre vers son bureau, alors que Riku et Seïra assimilaient la nouvelle ; la section nord-est allait venir pour la deuxième fois, ce qui signifiait qu’ils reverraient Alexia, Sora et avec un peu de chance Vanitas –Riku espérait vraiment que ce dernier allait bien, vu ce qui était arrivé à Vanilla.

D’ailleurs, celle-ci et Braig venait de revenir. La jeune fille paraissait surprise, comme si elle venait de voir un fantôme. Elle s’adressa à la brune.

« C’est Riko que je viens de voir là ou bien l’antidote me fait halluciner ?
- Non non, c’était bien elle ! Déclara sa sœur, tout sourire. Et tu sais quoi ? On vient d’apprendre que la section nord-est venait !
- Et ? Demanda la blessée, ne comprenant pas vraiment.
- Et ça veut dire qu’on va revoir Alexia, mais aussi rencontrer nos doubles ! Répondit Seïra, heureuse et pressée de rencontrer son opposé, qu’elle n’avait pas eu l’occasion de voir la première fois. Et puis on a eu des nouvelles de Noa et de son double, ils vont bien aussi.
- Sérieux ? »

Seïra hocha simplement la tête, tandis qu’une pensée commune les traversa ; tous leurs amis allaient bien, et ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’ils soient à nouveau tous réunis.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 14 Sep - 11:15

Note importante : A partir de ce chapitre, les publications auront lieu toutes les deux semaines uniquement. Le chapitre 14 sera donc publié le 28 septembre.

Chapitre 13 : Réunis

Le groupe continuait de se diriger vers la section nord, pendant que les monstres ne semblaient plus vouloir les attaquer. Heureusement, d’un côté, vu que Sora et Alexia n’étaient plus vraiment capables de se battre pour l’instant. D’ailleurs, Zenia prenait un soin particulier à observer la jeune fille. Elle chancelait légèrement, mais semblait se raccrocher à Noa lorsque ça n’allait vraiment pas. Elle pouvait cependant toujours marcher, ce qui était tout de même l’essentiel.
La scientifique fixa donc Sora, dont le bras avait été immobilisé. Vanitas et Xion veillaient sur lui, donc il n’y aurait pas de problèmes –et il suffirait d’un soin approprié pour que cette blessure à l’épaule ne soit plus qu’un souvenir.

Noa tenait la main d’Alexia, afin de pouvoir la rattraper rapidement si elle devait faire un malaise. Il passait souvent un regard vers la jeune fille, et remarquait qu’à cause de la fièvre, elle avait le visage plus rouge qu’à la normale.
Mais quand il sentit son amie lui lâcher la main, il la suivit du regard immédiatement du regard, inquiet, alors qu’elle se dirigeait vers Xion et les deux autres –son expression était soudainement devenue différente, mais Noa ne comprenait pas pourquoi.

« Est-ce que ça va ?
- Oui oui… »

Le garçon releva un sourcil, mais ne chercha pas à la retenir, et la laissa aller vers les trois autres. Zenia et Kaël l’observèrent également, inquiets, mais surtout intrigués ; le comportement de la jeune fille leur paraissait plutôt étrange, voire même plutôt anormale…
Surtout quand tous remarquèrent qu’Alexia avait brusquement prit la main de Vanitas, qui la fixa avec incompréhension.

« Tu te sens bien ? Demanda-t-il au moment où la rousse se blottit contre lui.
- Vanilla… tu sais que je t’aime ?
- … Euh, y’a erreur sur la personne, là.
- Arrête de faire ta timide, je sais que tu sais que je savais, donc…
- Non, mais je suis pas Vanilla, je sais pas si t’as bien compris. »

Cette déclaration n’empêcha pas Alexia de serrer encore un peu plus fort le bras de Vanitas, alors que lui cherchait à se dégager. Le noiraud entendit les autres pouffer, et leva un regard noir sur tous ceux autour, en essayant vainement de se libérer de l’emprise de la rousse, qui avait visiblement complètement perdu l’esprit.

« Aidez moi à me débarrasser de cette sangsue au lieu de vous marrer !
- Elle délire à cause du poison, déclara simplement Zenia, qui ne pouvait s’empêcher d’esquisser un léger sourire face à la situation. Ca lui passera quand elle sera traitée.
- Mais pourquoi tu me rejettes comme ça ? Après toutes ces années passées ensemble…, murmura Alexia.
- … Donc tu veux dire que là, je vais me la taper dans cet état jusqu’à ce qu’on arrive ?
- Eh bien… oui, répondit la scientifique le plus naturellement au monde. »

Alors que Vanitas avait juste envie de se pendre, les autres ne purent s’empêcher de rire face à la détresse que montrait le visage du noiraud. En plus, en passant un regard sur son frère, il remarqua que Sora se moquait de lui, même si celui-ci chercha à se rattraper quand il arriva à se calmer –un peu.

« Mais sinon je trouve ça mignon… enfin, ça le serait quand même plus si elle ne se trompait pas de personne, tenta de rassurer le brun, qui se retenait difficilement de rire face à la situation -ce qui lui faisait perdre toute crédibilité.
- J’vous hais, tous autant que vous êtes, finit par répondre son jumeau, alors que la jeune fille continuait sa déclaration en ne voulant pas le lâcher. »

Zenia, quant à elle, était tout de même rassurée de voir que le poison ne provoquait qu’une crise passagère de ce genre. Il valait mieux ça, même si Vanitas ne serait sans doute pas d’accord là-dessus actuellement. Mais au fond, ce n’était pas lui le plus à plaindre… Alexia, si elle réalisait ce qu’elle avait dit et fait… En réfléchissant à ça, la scientifique se rendit compte que cela faisait depuis le début de toutes ces catastrophes qu’elle ne s’était pas autant amusée.
Ce n’était qu’éphémère, mais ça faisait du bien, tout de même.

Ils arrivèrent finalement à l’entrée de la section nord, dont Zenia ouvrit l’entrée rapidement.
Ils furent accueillis par Braig qui, en tout premier lieu, observa chaque personne, avant de sourire –d’un sourire dont seul lui avait le secret. D’après elle, qui avait eu l’occasion de vaguement le connaître, il riait intérieurement sur quelque chose que seul lui comprenait pour l’instant.
Seulement elle n’avait pas le temps de comprendre le scientifique. Zenia le mit donc au courant la situation, même si l’autre adulte voyait bien qu’Alexia avait un sérieux problème par rapport à la première fois où il l’avait vue –ça faisait presque peur cette manière de s’accrocher au garçon.

Il les invita à le suivre jusqu’à la salle commune, où trois regards, selon les personnes, étaient familiers, qui les fixèrent d’abord d’une manière désintéressée, avant de réaliser.

« Vous…, souffla Seïra, qui fixait son double sans vraiment s’en rendre compte, mais qui s’était aperçu de la présence de toutes les personnes qui manquaient encore à l’appel.
- Incroyable, déclara Sora, qui faisait de même.
- Oooh… Une deuxième Vanilla…, tituba légèrement et très intelligemment Alexia en fixant Vanilla –la vraie- dans son fauteuil roulant. C’est quand même marrant, ça… »

Elle se détacha enfin de Vanitas, et s’approcha de sa meilleure amie, chancelante. Même si le noiraud était plutôt soulagé d’être enfin libéré de cette sangsue, il sentait qu’Alexia n’arriverait pas à se rapprocher de la vraie Vanilla –qu’il n’avait pas pu voir encore à cause de l’autre folle.

« J’ferai pas ça à ta place.
- T’inquiète pas… J’vais juste… oh… ça tourne… »

Puis sur ces derniers mots, elle s’évanouit, rattrapée par Seïra, qui avait pu remettre les pieds sur terre avant qu’Alexia ne se fracasse par terre. Elle observa ensuite le groupe d’arrivants avec un regard rempli d’incompréhension, tandis que Vanilla s’approcha de sa sœur, inquiète pour la rousse.

« Quelqu’un voudrait bien nous expliquer ce qu’il vient de se passer avec Alexia ?
- Poison, déclara simplement Vanitas, en haussant les épaules. »

Il passa ensuite un regard à la jeune fille à qui il venait de répondre, et tomba sur un regard doré identique au sien. Les deux furent pris de cet état second dans lequel se retrouvait chaque double, tandis que ce vide qu’ils n’avaient jamais ressenti auparavant sembla se combler.
Seïra et Riku furent donc les seules à réagir véritablement à l’annonce qu’avait fait le noiraud.

« Il faut vite la soigner, sinon elle va…, souffla la brune.
- Ne vous en faites pas, ce n’est pas mortel, coupa Noa. Elle a juste... hm…
- Perdu un peu la tête, déclara Kaël. Rien de bien grave, et c’est surtout Vanitas qui en a subi les conséquences.
- Mais il faudrait tout de même la soigner, avec Sora, continua Zenia. Braig, est-ce que tu pourrais t’en occuper ? Kaël et moi allons voir Eva pour lui transmettre les informations que nous a données la section sud.
- Pas de problème. »

Zenia remercia silencieusement du regard l’autre, et invita l’autre jeune homme à le suivre dans l’un des quatre couloirs possibles.
Braig, quant à lui, ordonna à Seïra de s’occuper de la blessure de Sora dans l’infirmerie prévue aux blessures les moins graves, Alexia fut donc confiée à Riku. Le scientifique remarqua en tournant la tête que Vanitas et Vanilla avaient repris leurs esprits, et qu’ils se regardaient tous les deux, plutôt perplexes.

« Bon, quand vous aurez fini de vous admirer, l’un ou l’une de vous pourra aider Riku à s’occuper d’Alexia ?
- J’y vais, répondit le duo en même temps, avant de se regarder, sourcils froncés.
- Bon, allez-y tous les deux, comme ça la question sera réglée. Et on vous trouvera à tous des chambres, pour que vous puissiez vous reposer, car là hors de question qu’on vous laisse sortir, il commence à faire nuit. »

Ceux qui restaient hochèrent la tête, puis Riku –qui tenait Alexia-, Vanilla et Vanitas se dirigèrent dans le couloir des blessés plus graves, tandis que Noa et Xion furent eux tout de suite guidés vers leur chambre respective.

Au bout d’une heure et demie, tous se retrouvèrent dans la salle commune –exceptée Alexia-, en compagnie d’Eva qui avait été mise au courant de la situation d’Axel, Noa, Xion et de Riko, ainsi que les informations de la section sud. Elle affichait d’ailleurs une expression encore plus inquiétante que d’habitude.
Les nouvelles étaient plutôt alarmantes, et il fallait envoyer au plus vite une équipe pour chercher les personnes dans les entrepôts.
Ceux qui n’étaient pas au courant de toutes les informations devaient être rapidement mis au courant, afin d’être capable de servir à quelque chose –Eva décida donc de leur faire un bref résumé, en rajoutant ce qu’elle avait elle-même compris.

« La source d’apparition des monstres doit très certainement être le laboratoire, plus précisément le portail qui n’a pas été désactivé par la fusion, bien au contraire. Si nous le détruisons, cela devrait résoudre tous nos problèmes. Mais nous devrons également envoyer une équipe pour récupérer les personnes dans les entrepôts, et une autre pour prévenir la section nord-est de l’arrivée de futurs réfugiés, ainsi que des informations reçues par la section sud. »

Trois équipes, hein ? Il était évident que Zenia devrait retourner à sa section d’origine, mais pour le reste… Cela demanderait une certaine organisation. Surtout qu’il ne fallait pas encore trop compter sur Sora, Vanilla et Alexia, vu qu’ils étaient blessés et affaiblis.

Enfin, ils auraient le temps de s’organiser, de toute manière Riko avait prévenu que les réfugiés des entrepôts pouvaient encore se débrouiller pendant au moins une semaine, donc qu’il valait mieux se reposer pour ce soir, et réfléchir à tête reposée le lendemain. De plus, Braig avait averti la section nord-est pour prévenir de l’absence de Zenia et des trois autres pour cette nuit.

De toute façon, ce soir, personne ne se sentait capable de discuter stratégie. Tous avaient finalement intégré l’information dans leur esprit ; ils étaient tous de nouveau réunis. Certes il y avait des blessés, et même qu’Alexia ne pouvait pas encore se joindre parmi eux, mais aucune perte.
Ils pourraient enfin avancer sans avoir cette peur qui leur tiraillait le ventre depuis le début de la fusion.
Ils vaincraient ces monstres, rendraient ce nouveau monde vivable, et pourraient reprendre une vie un tant soit peu normale malgré tout. Ils se le promettaient, se le juraient, même.

~0~0~0~0~

Quand Alexia arriva enfin à rouvrir les yeux, ce fut tout d’abord sur un monde flou. Elle pouvait cependant reconnaître la structure des souterrains, malgré ce mal de tête qui l’empêchait de réfléchir convenablement. En essayant de savoir comment elle avait atterri dans ce lit, elle se rappela vaguement de ce combat contre les monstres, de la blessure de Sora, de la sienne -qui était empoisonnée d’ailleurs.
Zenia l’avait examinée à ce moment-là, et après… trou noir. Pourtant elle avait la conviction d’avoir oublié quelque chose. Elle soupira d’agacement, et tenta de se redresser.

En s’asseyant sur le lit, elle remarqua la présence d’une personne, qu’elle reconnut presque immédiatement, qui s’était endormie -sa tête sur ses bras reposait sur le matelas. Seulement Alexia croyait halluciner, vu que -oh mais non, c’était vrai. Ils devaient rejoindre la section nord. Ce qui voulait dire que même si elle ne s’en souvenait pas… Ils avaient réussi à arriver à bon port malgré tout.

« Vanilla et Vanitas ont veillé sur toi toute la nuit, déclara une voix féminine légèrement familière. Mais ils ne sont pas très doués pour ça, visiblement. »

En levant un regard vers l’arrivante, Alexia reconnut finalement Xion, la fille qui était arrivée avec Noa quand elle avait déjà été blessée –la rousse avait donc peu de souvenir d’elle. Par contre, la jeune fille en face d’elle venait de dire que Vanitas avait aussi veillé sur elle ? La rousse passa finalement un regard à sa gauche, et vit le noiraud, un peu à l’écart, sur une chaise, lui aussi endormi profondément.
Alexia se demanda sur l’instant ce que ça pouvait faire de rencontrer son double… mais elle ne put vraiment pousser cette réflexion plus loin.

« Comment te sens-tu ? Demanda finalement Xion en s’approchant.
- Ca va, j’ai juste mal à la tête.
- Tant mieux, alors, ça veut dire que l’antidote a fait son effet, déclara l’autre en souriant. »

L’Almarys s’occupa de couvrir les épaules de Vanilla et de Vanitas en leur passant à tous les deux une couverture, pour qu’ils n’attrapent pas froid –surtout qu’il ne faisait pas très chaud dans les souterrains, et que le noiraud avait utilisé son blouson pour panser vite fait la plaie de Sora.
Elle adressa un regard plus moqueur à Alexia une fois avoir regardé le visage des deux endormis. Etrangement, la rousse n’avait pas confiance.

« Au fait…, commença Xion, d’un ton qui se voulait neutre, mais qui ne cachait malheureusement pas son amusement –ni son sourire, d’ailleurs. Tu n’as pas l’air de te souvenir, pas vrai ?
- Euh… me souvenir de quoi, au juste ?
- De rien,  de rien… Si tu veux savoir demande à Vanitas, répondit simplement l’autre. Ce sera le mieux placé pour te répondre. »

Alexia observa le garçon, avant d’adresser son regard sur Xion à nouveau en fronçant les sourcils. Pourquoi elle sentait qu’on lui cachait quelque chose d’important ?

« J’ai pas envie d’attendre qu’il se réveille, donc dis.
- Tu es sûre de vouloir savoir ?
- Bah maintenant que tu m’en as parlé, ouais un peu quand même. »

Xion ne put empêcher un petit rire sortir de ses lèvres, ce qui ne fit qu’agacer la jeune fille un peu plus. De ce côté-là, elle ressemblait à Axel, mais Xion savait qu’il y avait de nombreuses différences dans un duo ; elle l’avait bien remarqué avec Riko et elle-même.
Enfin, là pour l’instant ce n’était pas le plus important. Elle vérifia toutefois que Vanilla et Vanitas dormaient bel et bien, parce que sinon… cette situation virerait très vite au cauchemar.
Mais en faisant ça, elle changea finalement d’avis, et se contenta de regarder Alexia avec un grand sourire.

« Non, je pense que ce serait bien plus amusant si tu demandais à Vanitas.
- … Je te hais.
- Il faut bien se trouver une distraction, non ? Déclara simplement l’autre. Tu ferais mieux de te reposer un peu, maintenant. »

Puis sur ces derniers mots, et sans se départir de son sourire, Xion quitta la pièce en prenant soin de fermer la porte derrière elle, laissant une Alexia agacée et seule –enfin, pas tout à fait, mais bon…
La rousse observa tour à tour sa meilleure amie et l’opposé de celle-ci. Qu’est-ce qu’on lui cachait, bon sang ?
Ce fut en tentant de trouver la réponse qu’elle se rendormit sans véritablement s’en rendre compte.

~0~0~0~0~

Quand elle referma la porte, Xion entendit un léger rire qu’elle pouvait reconnaître entre mille –de toute façon,  elle savait qu’il l’avait accompagné, et c’était même elle qui lui avait dit de rester dehors, pour éviter de faire trop de bruit. Elle observa donc Noa, qui avait croisé les bras, amusé.

« J’ai bien cru que tu lui dirais, à un moment.
- Ca m’a tenté, mais… ce serait tout de même moins drôle.
- Très certainement, répondit simplement l’autre en souriant. Tu viens ? Les autres nous attendent pour discuter de nos prochaines missions. »

Xion hocha simplement la tête, et suivit son double jusqu’à la salle commune, où, effectivement, tous les autres étaient déjà là –mis à part Vanilla, Alexia et Vanitas, évidemment- en compagnie de Zenia, et de Braig.

« Comment va Alexia ? Demanda Riko.
- Ca va, l’antidote a fait son effet. Encore un peu de repos, et ça devrait aller.
- Et pour Vanitas et Vanilla ? Interrogea Sora.
- Endormis, sans surprise. De toute façon, ils ont du plus discuter que surveiller Alexia je pense, répondit Noa. »

Chaque duo complet présent comprenait ça ; étrangement, après s’être vus, ils s’étaient tous isolés, rien qu’avec leur double. C’était assez étrange comme phénomène, d’ailleurs, car ils ne pouvaient s’empêcher de poser plein de questions, et à chaque réponse ils en savaient au final plus que ce qu’ils avaient demandé –chaque personne pouvait raconter la vie de son double en détail, comme s’ils s’étaient toujours connus.
C’était ainsi pour tout le monde, donc même si Vanitas et Vanilla n’étaient pas du genre à vraiment s’intéresser à ce point aux autres… ça avait été automatique, et ils ne pouvaient pas échapper à une telle chose, malgré toute la volonté du monde.
Mais même s’ils se rendaient compte qu’il n’avaient pas vraiment veillé sur la rousse, ils n’auraient pas à s’en vouloir, vu que tout le monde savait dès le début qu’elle s’en sortirait sans trop de problème.
D’ailleurs, Kaël ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire.

« Au fait, elle se souvient de ce qu’elle a dit et fait ?
- Non, mais Xion l’a un peu provoquée sur le sujet, répondit Noa. Un peu plus et elle lui disait d’ailleurs.
- Le choc qu’elle aura lorsqu’elle apprendra, ne put s’empêcher d’ajouter Sora. »

Si ces quatre personnes comprenaient parfaitement de quoi ils se parlaient, ce ne fut pas le cas de Braig, Riku, Riko, Axel et Seïra –qui furent bien évidemment intrigués par les paroles des autres.

« Euh, une traduc’, ce s’rait possible ? Demande finalement le scientifique.
- Eh bien…, réfléchit le brun. En fait voilà… »

Ce fut ainsi que le brun leur expliqua que le poison n’avait pas été en assez grosse quantité pour tuer Alexia, et que le seul effet « néfaste » qu’elle avait vraiment subi c’était une perte de l’esprit, avec réalité altérée et délires. En y repensant il commença à rire, donc Kaël prit la relève, en expliquant en détail ce qu’Alexia avait fait durant cette crise de folie passagère.
Il eut d’abord des regards surpris, avant deux crises de rire venant évidemment de la part de Braig et d’Axel.

« J’aurai trop voulu voir ça ! Conclut finalement brillamment le roux.
- J’avoue, ça d’vait être épique comme moment. »

Et ils avaient raison, les autres devaient bien l’avouer –même si Vanitas ne serait jamais de cet avis. Zenia préféra toutefois prévenir qu’il vaudrait mieux pour leur survie de ne pas en parler aux trois absents.

Seulement à peine réussirent-ils à se calmer, que Braig et Axel reprirent leur fou rire de plus belle en voyant arriver Vanitas, qui aidait Vanilla à se déplacer dans son fauteuil roulant.
Evidement, le duo ne comprirent absolument rien –enfin… le noiraud avait quand même sa petite idée sur la chose.
La blessée, quant à elle, chercha à comprendre.

« Vous nous expliquer ?
- Non, tu ne veux pas savoir, décréta Vanitas, qui paraissait visiblement au courant de l’affaire.
- Roh, mais Vani, on va pas laisser ton double dans l’ignorance, quand même ! Rétorqua Axel. En plus elle est concernée ! »

Vanilla haussa un sourcil, regarda son opposé, puis celui d’Alexia. Etrangement le roux ne lui inspirait pas confiance, surtout avec ce sourire très significatif sur la connerie qui sortirait de ses lèvres si elle le laissait parler.
Elle préférait donc encore ne rien savoir, afin de ne pas abîmer sa santé mentale.

« J’ai plus confiance en Vanitas alors que je le connais que depuis quelques heures qu’en toi, Axel, répondit finalement Vanilla, dont ses mots la surprirent elle-même, d’ailleurs… vu qu’elle ne faisait pas très facilement confiance à la base –sans doute que c’était à cause de ce lien et de cette discussion pour le moins étrange avec lui.
- C’est sûr que vous formez la paire tous les deux, car vous êtes juste absolument pas drôles, soupira le roux.
- Tant pis, répondit simplement le duo. »

Celui-ci ne rajouta rien, et Vanitas se contenta d’installer le fauteuil roulant de Vanilla à côté du canapé où était assise Seïra, puis rejoignit Sora en s’asseyant à ses côtés.

L’ambiance se refroidit nettement lorsqu’Eva décida finalement de les rejoindre.
Ils savaient parfaitement que la prochaine conversation serait beaucoup moins enthousiasmante que la précédente.
Il fallait maintenant organiser les trois groupes pour les missions du jour, qui ne seraient pas de tout repos.
Sans doute que la scientifique avait déjà tout préparé derrière leur dos, et qu’ils n’auraient pas vraiment leur mot à dire, mais bon… ils savaient tous à quoi s’attendre avec cette femme, maintenant.
Eva, quant à elle, les observait déjà tous avec son air hautain et froid habituel.
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 28 Sep - 11:24

Chapitre 14 : Pressentiment

Aucune personne présente n’aimait l’expression qu’affichait Eva, depuis son arrivée dans la salle commune. La scientifique, quant à elle, ignora chaque regard qui lui était adressé, et commença à parler une fois certaine que tout le monde l’écoutait.

« J’ai longuement réfléchi aux différentes tâches qui nous attendent aujourd’hui, déclara-t-elle de son ton froid habituel. Seulement nous sommes confrontés à un manque d’effectifs flagrants, étant donné que trois d’entre vous sont dans l’incapacité de se défendre. »

Il n’était pas difficile de savoir qu’Eva faisait référence à Sora, Vanilla et Alexia, encore trop affaiblis par leurs différentes blessures pour retourner à la surface.
D’un côté, ils étaient rassurés de savoir que la scientifique n’avait pas dans l’idée d’envoyer les blessés combattre dans leur état, mais d’un autre, ils devaient admettre que trois combattants en moins s’avérerait être très handicapant.

« De ce fait, continua Eva. J’ai décidé qu’il n’y aura au final que deux groupes, et que pour l’instant, Zenia, tu resteras dans cette section. Récupérer les survivants des entrepôts, et désactiver le portail du laboratoire sont deux missions bien plus importantes pour l’instant. »

Personne n’émit d’objection, pas même l’autre scientifique. C’était évident qu’il fallait en priorité s’occuper des personnes encore vivantes dans la zone d’échange de marchandises, tout en détruisant le portail, afin d’éradiquer tous les monstres.

« J’ai évidemment constitué les groupes. Ceux qui m’accompagneront au laboratoire seront Xion, Riku, Axel, et Noa. Les quatre autres iront avec Zenia aux entrepôts. Nous partons dans une heure, soyez prêts. »

Puis, sans un mot de plus, Eva leur tourna le dos et se dirigea vers son bureau. Le groupe resta silencieux, et personne n’osa faire le moindre mouvement. C’était les premières missions où ils allaient enfin faire quelque chose pour ce nouveau monde, et le stress était grand chez chacun d’entre eux. Pourraient-ils vraiment y arriver sans l’aide de plus d’effectifs ? Que se passerait-il s’ils échouaient aujourd’hui ? Auraient-ils droit à une seconde chance, ou bien leur échec les guiderait jusqu’à leur perte ?

« On doit venir avec vous, déclara soudainement Vanilla.
- Euh, oui, bien sûr, répondit Vanitas. C’est pas comme si tu pouvais pas marcher, et que Sora pouvait pas utiliser son bras droit, hein.
- Sans oublier Alexia qui ne sera pas rétablie tout de suite de son empoisonnement, rajouta Noa.
- Mais vous ne serez pas assez nombreux pour faire ça, rétorqua Sora, se joignant à la cause de la jeune fille. C’est trop dangereux.
- Peut-être, mais vous, en étant blessés, vous êtes bien plus vulnérables que nous, signala Zenia. Une fois n’est pas coutume, mais je suis d’accord avec la décision d’Eva. Vous feriez mieux de rester en sécurité pour cette fois. »

Vanilla soupira, agacée, tandis que Sora se contenta de baisser la tête, sans rajouter quoique ce soit. Que ce soit la jeune fille ou le brun, ils avaient un mauvais pressentiment, mais ils ignoraient totalement d’où venait ce dernier. Seulement ils savaient que ça ne servirait à rien de continuer à insister -ils n’auraient jamais gain de cause, de toute façon.
La blessée prit finalement le chemin jusqu’à la chambre d’Alexia, en déclarant juste un « on se retrouve quand vous rentrez » avant de disparaître du champ de vision des autres.
Sora observa chaque personne présente, hésita quelques instants, avant de voir l’air sombre du groupe. Tout le monde craignait l’issu de ces missions, c’était évident.

« Je vais aller lui parler, déclara-t-il en faisant dos à tous les autres. Par contre… Vous devez nous jurer que vous reviendrez tous vivants de cette expédition à l’extérieur.
-T’inquiète pas, So’, on s’en sortira, lui répondit simplement son frère. Je te le promets. »

Sora se contenta de serrer son poing valide puis disparut à son tour du champ de vision de son frère et de ses amis. Mais en les quittant, il eut à nouveau ce sentiment de malaise qui s’imprégna en lui, comme si quelque chose allait se produire, quelque chose qui changerait complètement la situation, mais dans le mauvais sens du terme. Pourquoi avait-il un tel pressentiment comme ça juste avant une mission qui ne le concernait même pas, au final ? Ce n’était absolument pas le moment.

Quand le brun arriva en face de la porte de la chambre d’Alexia -où se trouvait certainement Vanilla, vu la direction qu’elle avait prise- il inspira et expira une fois, puis força un sourire à éclairer son visage. Il toqua ensuite à la porte, pour éviter de réveiller la rousse dans le cas où elle dormirait encore –seulement, et contre toute attente, ce fut Alexia qui l’autorisa à entrer.

Sora fut accueilli par les deux filles par un simple signe de main, puis il s’installa sur la seule chaise disponible, aux côtés des deux autres blessées. Il observa Vanilla, qui avait les yeux perdus dans le vide, et soupira intérieurement ; connaissant Vanitas, le brun supposait que son opposée ne devait pas non plus apprécier l’idée d’être inutile de la sorte –et d’un côté, lui non plus n’aimait pas ce sentiment. Malheureusement, dans leur état, combattre aux côtés des autres serait du pur suicide.

En voyant les mines défaites de sa meilleure amie et du brun, Alexia se posait de sérieuses questions. Elle sentait qu’elle avait loupé quelque chose, mais elle ne resterait pas plus longtemps dans l’ignorance.

« Il s’est passé quoi ?
- Les autres vont retourner à la surface, pour deux missions importantes, mais comme on est blessés on nous a formellement interdit d’aller avec eux, expliqua Vanilla.
- Les missions sont tellement risquées ? »

Ce fut au tour de Sora de prendre la parole, pour expliquer en détail la situation dans laquelle ils étaient. Alexia se contenta d’hocher la tête quelques fois, mais comprenait toute l’histoire un peu mieux ; et même si elle ne voulait pas l’admettre à voix haute, il était vrai que, comme les deux autres, elle ne se sentait pas encore prête à rejoindre le terrain. Ils avaient tous les trois consciences du risque qu’ils courraient s’ils retournaient à la surface, mais ne supportaient tout de même pas d’être là à ne rien faire, alors que les autres risquaient leur vie. Malgré cet étrange pressentiment, ils espéraient que tout se passerait bien.

~0~0~0~0~

Le groupe composé de Zenia, Kaël, Vanitas, Seïra et Riko fut le premier à partir en direction des entrepôts –exceptionnellement, ils eurent droit de prendre un émetteur-radio, pour pouvoir signaler le moindre problème à Eva. Guidés par l’argentée, les autres se contentaient de suivre, en restant sur leur garde ; il pleuvait et faisait plutôt sombre, donc le taux d’apparition de monstres était fortement élevé.
Leurs craintes se révélèrent exactes quand l’air devint soudainement plus lourd, quelques minutes de marche plus tard. Tous se préparèrent au combat, seulement à cause de la noirceur du ciel et de la pluie, il leur était très difficile de distinguer les choses nettement.

Redoublant de vigilance, Riko ne réussit cependant pas à esquiver la morsure du monstre qui l’avait prise par derrière -elle arriva toutefois à le détruire avant que le poison paralysant ne l’immobilise totalement. Quand elle commença à tomber, elle fut rattrapée par Seïra, qui l’aida à s’asseoir, pour ensuite la maintenir dans cette position à l’aide d’un bras –elle utilisait l’autre pour tirer sur chaque monstre qu’elle arrivait à trouver dans l’obscurité, tandis que Vanitas, Kaël et Zenia s’occupaient des endroits qui ne se trouvaient pas dans le champ de vision de la brune.

De là où il était, le rouquin gardait un œil sur les deux jeunes filles accroupies, afin d’être sûr de les protéger efficacement. Pourtant, étrangement, les monstres s’attaquaient bien plus à la scientifique et au noiraud qu’à lui, et ne cherchaient même pas à s’approcher des Miraë.

Il s’occupa des rares monstres qui l’attaquaient, mais remarqua rapidement qu’une salve d’énergie noire, sortie de nulle part, mit à terre Vanitas et Zenia très facilement –les deux tombèrent lourdement au sol, sonnés et pour l’instant sans défense.
C’était inédit, cette offensive ; jamais les monstres n’avaient utilisé une attaque aussi puissante ! Il espérait seulement que la blessure à la tête des deux blessés n’était pas trop grave… Bon, au moins ils étaient conscients.

« Les humains sont tellement, tellement pitoyables… »

Kaël se paralysa à l’entente de ces quelques mots –ou plutôt à l’entente de la voix qui les avait prononcés.
Il se retourna en direction de la personne qui venait sans doute d’arriver, et en lâcha l’arme qu’il tenait dans sa main droite.
C’était impossible qu’elle soit là.

« Kairi…, souffla le garçon. »

A l’entente de ce prénom, la rouquine eut un sourire qui ne lui appartenait pas –seulement Kaël ne s’en rendait même pas compte. Kairi. Kairi était son double, et était morte sous ses yeux… comment pouvait-elle être ici, bien vivante, alors que son cadavre se trouvait dans la section sud ?

Seules Riko et Seïra, en se rappelant des différents types de monstres, comprirent totalement la situation.
Une créature métamorphe, cela ne pouvait être que ça. Il fallait qu’elles réfléchissent et fassent quelque chose, car si elles ne tentaient rien, Kaël risquait de mourir –et Vanitas et Zenia étaient encore bien trop sonnés à cause de l’attaque qu’ils s’étaient pris pour pouvoir agir.

« Tu ne peux pas être Kairi… Elle est morte devant moi…
- Ah ? Tu penses que je suis un imposteur ? Ce n’est pas très gentil, ça. Ca veut dire que moi aussi, j’ai le droit d’être méchante, non ? »

La jeune femme commença à s’approcher, non pas de Kaël, mais de Vanitas et Zenia, qui étaient dans l’incapacité de se défendre. Seïra tenta de tirer sur le monstre, mais se rendit compte à ce moment précis qu’elle n’avait plus aucune munition.

Zenia arriva à peine à se relever légèrement en se maintenant la tête, qu’elle sentit qu’on la prenait par le col. Sa vision, floue et imprécise, ne lui permit de distinguer que deux grands yeux céruléens, qui n’avaient en aucun cas un côté humain. Seulement elle ne pouvait rien faire ; à cause de la salve d’énergie, elle avait lâché ses armes, et n’avait pas récupéré assez de force pour tenter quoi que ce soit.

Seïra tenta de courir vers « Kairi », afin de l’arrêter à la force de ses poings, seulement elle sentit une vive douleur à sa jambe. Elle baissa son regard, et découvrit un petit monstre qui venait de la mordre, avant de disparaître.
Bien vite, elle souffrit des mêmes effets paralysant que Riko, et s’effondra par terre. Elle put à peine légèrement se redresser pour voir, impuissante, la scène devant elle.

« Kaël ! Fais quelque chose bon sang ! Ce monstre va tuer Zenia ! Cria l’argentée, alors qu’elle tentait vainement de se libérer de l’emprise du poison. »

Seulement le jeune homme n’arrivait pas à faire le moindre mouvement. Il ne pouvait pas attaquer ce monstre, pas tant qu’il aurait cette apparence. Il avait mal au cœur -à ce cœur brisé et détruit depuis que Kairi n’était plus.

« Bien, vu que de toute façon personne ne peut m’empêcher d’agir, je vais arracher le cœur de cette charmante personne, afin de me l’approprier. Vous n’y voyez pas d’inconvénients, j’espère ? »

Zenia tenta de se défendre, mais c’était inutile ; l’emprise qu’avait le monstre sur elle l’empêchait de faire quoi que ce soit dans son état actuel. Mais le stress -qu’elle essayait de masquer extérieurement- ne faisait qu’augmenter son mal de tête, du au choc de tout à l’heure.
Ce serait la mort la plus pathétique de l’Histoire, et pourtant elle ne pouvait rien faire pour l’éviter.
Elle ferma les yeux, sachant très bien que ce n’était qu’une question de secondes avant que la mort ne l’accueille à bras ouverts.

Pourtant… La chose qu’elle sentit n’était pas la fin, bien au contraire. Elle tomba lourdement sur le sol, le monstre l’ayant finalement relâchée pour une raison inconnue. Quand elle rouvrit les yeux pour comprendre, sa vision, qui était redevenue légèrement plus nette, ne lui montrait que l’image de Vanitas, qui avait sans doute bousculé la créature en puisant dans le peu de force qu’il possédait encore. Il se tenait en face du monstre qui s’était rapidement relevé, et qui le regardait, surpris.

« Hm, tu tiens encore debout, toi ? »

L’autre ne répondit pas, sachant très bien que s’épuiser à parler ne servirait à rien. De toute façon il ne pourrait pas combattre, pas dans son état.
Il vit « Kairi » s’approcher de lui, mais n’esquissa pas le moindre mouvement quand la créature dirigea son poing vers lui, dans un seul but –lui arracher le cœur. Vanitas savait très bien que ça se finirait ainsi. Il n’avait fait ça que pour gagner du temps, et pour protéger Zenia qui, de sa qualité de scientifique, était l’une des pièces maîtresses pour la reconstruction d’un nouveau monde. Tous avaient besoin d’elle.

Du coin de l’œil, et durant les quelques secondes qui lui restaient à vivre, Vanitas observa Kaël qui ne bougeait toujours pas, Riko qui ne parvenait pas encore à se défaire de l’emprise du poison, Seïra qui regardait la scène horrifiée sans pouvoir rien faire, et Zenia qui avait réussi à empoigner son arme -mais trop tard. Il eut un sourire triste, alors que sa dernière pensée se dirigea vers Sora ; il ne pourrait finalement pas respecter la promesse qu’il lui avait faite.
Il ferma finalement les yeux, prêt à accepter le funeste destin qui l’attendait.

Pour toutes les personnes présentes, la scène se déroula au ralenti, comme s’ils assistaient à quelque chose d’irréelle.
Le monstre transperça par la simple force de son poing la poitrine de Vanitas, avant de retirer sa main, ensanglantée, du corps du garçon qui s’effondra, sans vie.
« Kairi » observa son nouveau trésor, un sourire malsain aux lèvres. Elle se tourna ensuite vers Kaël.

« Je me demande si tu vas pouvoir continuer à vivre avec un tel sentiment de culpabilité, après tout tu étais le seul à pouvoir le sauver…, déclara le monstre. Un humain peut-il vivre avec une mort sur la conscience ? J’ai hâte de le savoir. »

La lourdeur de l’air disparut en même temps que « Kairi », qui s’évapora dans une sorte de portail noir avec quelques touches de violet.
Les dernières paroles du monstre finirent par atteindre Kaël, qui s’effondra à genoux, en fixant le corps sans vie de Vanitas. La créature avait raison ; il n’y avait que lui qui, physiquement parlant, aurait pu faire quelque chose –pourtant il n’avait absolument rien tenté.
Il l’avait laissé mourir ; indirectement, c’était lui qui venait d’arracher le cœur du noiraud.

Dans le silence le plus total Zenia se releva, s’approcha de Vanitas, et le coucha sur le dos. La plaie béante dont s’écoulait une masse de sang lui donnait envie de vomir –et la forte odeur de ce liquide n’arrangeait absolument rien.
Elle arriva cependant à refermer le blouson, déjà imbibé de cette couleur rougeâtre, afin de dissimuler la poitrine détruite du noiraud. Ce n’était pas un spectacle que de jeunes adultes comme Kaël, Riko ou Seïra pourraient supporter –même elle avait du mal à ne pas rendre le peu d’aliments ingérés ces dernières heures.

Elle observa Kaël, dont le regard vide fixait le corps sans vie de Vanitas. Les dernières paroles du monstre lui revinrent alors en tête, et elle ne put s’empêcher de serrer les poings. Il n’y avait pas que le rouquin qui devait éprouver de la culpabilité. Zenia s’en voulait terriblement d’avoir mis autant de temps à se rétablir du coup qu’elle avait reçu. Et surtout… c’était elle la cible de base du monstre, pas Vanitas. C’était elle qui aurait du mourir, pas lui.

« Je… je suis désolé…, souffla Kaël. »

Riko et Seïra finirent par se relever, et observèrent le garçon. C’était sincère, seulement… des excuses ne servaient strictement à rien. Vanitas était parti, et il ne reviendrait plus jamais.
Zenia se releva, n’adressa aucun regard aux filles, ni même à Kaël. Elle prit simplement l’émetteur radio qu’Eva lui avait confié, l’activa, et d’une voix éteinte s’adressa à l’autre scientifique.

« Eva, nous devons annuler les deux missions. On se retrouve à la section nord. »

~0~0~0~0~

Cela faisait maintenant une demi-heure que tous les autres étaient partis pour les entrepôts et le laboratoire. Les trois blessés étaient restés ensemble dans la chambre d’Alexia, et discutaient. Bien sûr ils craignaient tous l’issu des missions en cours, mais Sora tentait de rassurer leur trio en leur parlant de la promesse de Vanitas, peu de temps avant le départ.

Il savait que son frère faisait toujours tout pour respecter ses promesses, il n’y avait donc aucune raison que cela change maintenant.
Malgré tout… il n’arrivait pas à se défaire de ce pressentiment. C’était bien facile de rassurer les autres derrières des sourires, mais lui, au fond… il avait peur. Etait-ce à cause du lien des jumeaux ? Des doubles ? Vanitas et Seïra étaient partis tout les deux, alors… est-ce que Vanilla ressentait la même chose que lui ?
Il observa la jeune fille, mais elle ne laissait évidemment rien paraître.

« Bon, y’a pas quelque chose d’intéressant à faire ici ? J’m’ennuie, soupira Alexia.
- Je te signale que pour aujourd’hui, tu as reçu l’ordre de rester au lit, répondit simplement Vanilla.
- J’suis sûre que toi t’es pas non plus censée être dans ma chambre, donc…, rétorqua la rousse. »

L’autre ne répondit rien, mais son expression en disait long. Elle n’était effectivement pas autorisée à être ici –elle profitait sans doute de l’absence d’Eva. Les deux autres se moquèrent gentiment d’elle face à sa mine boudeuse.

Seulement l’expression de Vanilla changea du tout au tout en une fraction de seconde. Elle avait l’air de souffrir, et commença à serrer le tissu de sa robe au niveau de son cœur. Elle avait également fermé les yeux et sa respiration s’était accélérée et saccadée.
Alexia et Sora se regardèrent, inquiets. Même si le poison circulait encore légèrement dans ses veines, elle ne devrait plus souffrir ainsi !

« Je vais aller chercher Braig, déclara le brun, qui était le seul à pouvoir se déplacer correctement. »

Alexia hocha simplement la tête tandis que Sora s’éclipsa rapidement. La rousse, après le départ du garçon, se leva et prit la main de Vanilla entre les siennes. La jeune fille rouvrit les yeux –vides et ternes-, et observa du coin de l’œil sa meilleure amie. De la sueur froide coulait de son front, et la douleur à son cœur était tellement insupportable qu’elle ne réussit à articuler qu’un mot. Un prénom.

« Vanitas…
- Hein ? »

Seulement Vanilla ne réussit pas à dire autre chose ; elle tomba de son fauteuil roulant, inconsciente. A cet instant, Alexia n’en n’avait absolument plus rien à faire des interdits ; elle sortit de son lit, et s’agenouilla auprès de Vanilla, extrêmement pâle.
Ce fut à ce moment là que Sora revint dans la pièce, accompagné de Braig, qui mit immédiatement l’inconsciente sur le côté, avant de prendre son pouls. Il était incroyablement rapide, mais cela ne pouvait en aucunement être à cause du poison. La rousse réfléchit un petit instant, avant de finalement dire ce qu’elle avait vu, ou plutôt entendu.

« Avant de s’évanouir, elle a dit… elle a dit « Vanitas ». C’était qu’un murmure, mais j’suis sûre d’avoir compris ça. »

Braig et Sora se regardèrent avec incompréhension. Pourquoi Vanilla aurait-elle dit ça avant de tomber inconsciente ?

« Braig, y’a eu un pépin dans l’une des missions ! »

L’interpelé tourna la tête vers le nouvel arrivant, agacé.

« Du genre ?
- Les missions sont annulées, les deux groupes viennent de revenir, là, mais…
- Mais quoi, Dem’ ? Dépêche j’ai pas que ça à faire.
- En accueillant le groupe de Zenia… ‘Fin…
- Demyx, accouche merde ! »

Seulement le jeune homme baissa la tête, ne sachant pas comment annoncer une nouvelle pareille. Mais son silence parlait pour lui ; le malaise de Vanilla, la découverte d’un problème dans l’une des missions, le mal qu’avait le blond à dire ce qu’il s’était passé… Le timing était beaucoup trop parfait.

« L’un d’eux a été tué par un monstre, on lui aurait arraché le cœur, avoua-t-il finalement.
- T’es sérieux ? »

Ce ne fut pas le jeune homme qui répondit.

« Ce serait une blague de très mauvais goût, tu ne crois pas, Braig ? Déclara Eva qui venait d’arriver avant de regarder l’inconsciente. Demyx, va avec lui, transportez Vanilla dans sa chambre, et mettez tous les objets que vous jugerez dangereux hors de sa portée. Sora, Alexia, venez avec moi, les autres nous attendent.
- A-Attendez… qui est mort ? Demanda le brun, tremblant. »

Question stupide. Seulement Sora avait l’espoir idiot que ce n’était pas la personne à qui il pensait.
Au moment où il sentit Alexia lui prendre la main en un geste de soutien, la scientifique le regarda dans les yeux.

« Vous voulez vraiment entendre son prénom de ma bouche alors que vous savez ? Demanda-t-elle simplement. »

Puis, sans un mot de plus, Eva quitta la chambre.
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Mer 14 Jan - 12:58

Bon eh bien pour fêter dignement le retour du forum, voici le chapitre 15 de cette fic. J'ai conscience que cela fait des mois et des mois, alors n'hésitez pas à relire les chapitres précédents ou, si vous le souhaitez et par MP, vous pouvez me demander que je vous en fasse un résumé (qui sera placé dans ce post). N'hésitez pas, je ne mords pas. :p

Sans plus attendre, le chapitre !

_____________


Chapitre 15 : Deuil

Jamais la salle commune n’avait été aussi silencieuse. Sans doute parce que personne ne réalisait vraiment que, dans la morgue de la section nord, se trouvait à présent un précieux ami, ou frère.
Le groupe d’Eva et ceux restés dans le souterrain n’avaient pas encore été mis au courant des détails, ils ne savaient que l’essentiel ; Vanitas était mort, le cœur arraché.
Zenia n’avait pas eu le courage de raconter la cause –c’était la première fois depuis le début qu’elle perdait à ce point ses moyens.

Sora, quand il avait eu confirmation de l’identité de la personne décédée en mission… s’était effondré en larmes. Axel, qui prenait sur lui, avait réussi à plus ou moins le calmer. Xion fut prise en charge par Noa, et Riku, lui, restait silencieux –pas que ça ne le touchait pas, mais… il n’y croyait simplement pas. Tout lui paraissait irréel, il n’aurait jamais pensé que Vanitas serait tué. Personne n’aurait pu deviner une telle chose.
L’argenté passa un regard à Kaël ; les vêtements du garçon étaient tâchés du sang du noiraud,  et le rouquin ne cessait de regarder ses mains ensanglantées. C’était certainement lui qui l’avait porté, cela ne faisait aucun doute. Mais l’Almarys sentait qu’il y avait autre chose. Kaël avait très certainement un lien assez important avec ce qu’il s’était passé.

Alexia, quant à elle, avait laissé la place à son double pour soutenir Sora, et s’était donc installée aux côtés de Seïra. Cette dernière, comme Riko et Zenia, avait vu ce qu’il s’était produit, et la scène devait sans doute tourner en boucle dans la tête de chacun.
Seulement il y avait autre chose qui les perturbait tous –chose qu’Eva ne tarda pas à leur rappeler.

« Ce qu’il vient de se passer est un accident de parcours très malheureux, mais vous n’avez pas le temps de faire votre deuil. Dois-je vous rappeler le fonctionnement de la seconde malédiction ? Enfin, Kaël sera plus apte à vous le rappeler mais également à vous aider. »

Le concerné ne put s’empêcher de baisser le regard et de trembler en entendant son nom. Oui, c’était le mieux placé pour savoir dans quel état serait Vanilla une fois réveillée. Mais non, il ne pourrait pas l’aider. C’était de sa faute si Vanitas n’était plus. Uniquement de la sienne.
Même si la jeune fille survivait à ces prochaines quarante-huit heures… le rouquin ne pourrait plus jamais la regarder en face, pas après le crime indirect qu’il avait commis.

« Eh bien, Kaël ? Tu les aideras, n’est-ce pas ? Après tout c’est la raison pour laquelle tu as quitté la section sud, non ? »

L’autre serra simplement les poings en fermant les yeux. S’il n’avait pas quitté son souterrain d’origine… rien de tout cela ne serait arrivé.
Il regrettait tellement sa décision de les rejoindre… s’il ne l’avait pas fait, Vanitas serait encore vivant à l’heure qu’il était.

« Arrête, Eva. Il ne sera pas en mesure de nous aider, déclara finalement Zenia d’une voix éteinte. »

Les derniers mots de la scientifique confirmèrent la supposition de Riku, tandis qu’ils arrivèrent à faire sortir les autres de leur léthargie. Sora, qui fixait continuellement le sol depuis le départ, arriva enfin à prononcer la question que tout le monde se posait –lui le premier.

« Que s’est-il passé ? Je veux dire… précisément… ? »

Un silence. Puis finalement une voix féminine. Ce n’était ni Riko, ni Zenia, mais Seïra qui prit son courage à deux mains.

« Au début on faisait face à des monstres basiques… seulement on est tombés sur une créature polymorphe, qui avait pris l’apparence de Kairi, le double de Kaël. Vanitas, Zenia, Riko et moi n’étions qu’à la base que blessés, le seul qui pouvait encore totalement se défendre, c’était Kaël, mais… psychologiquement il ne pouvait rien faire. Quand le monstre a cherché à arracher le cœur de Zenia, et en voyant que Kaël n’arriverait pas à agir, Vanitas s’est interposé. »

Après avoir raconté ça, Seïra ferma les yeux. Il ne fallait pas qu’elle pleure, elle n’en n’avait pas le droit, car ce n’était pas à elle de le faire. Surtout que la souffrance -celle qui était la plus insupportable et la plus douloureuse- ne lui appartenait pas. C’était les sentiments de Sora, elle le savait, le sentait au plus profond d’elle-même.

« Alors c’est de ta faute… »

Cette voix, il n’était pas difficile à toutes les personnes présentes de la reconnaître, malgré ce ton inhabituel, éteint, détruit, brisé.
Vanilla. Elle s’était réveillée. Ce qui voulait dire que les prochaines heures détermineraient si elle vivrait ou non.
Seulement elle avait visiblement entendu le récit de sa sœur et ça… ce n’était absolument pas prévu. Elle n’aurait pas du savoir ça maintenant.

« Tu l’as tué… Tu l’as laissé mourir… »

Vanilla ne sentait même plus la douleur de sa blessure au ventre. Elle n’était que guidée par cette folie, et cette soudaine envie de vengeance. Elle vola le couteau au niveau de la ceinture de Braig –qui n’eut le temps de l’en empêcher-, et se précipita vers Kaël.
Elle fut tellement rapide que personne n’eut le temps de la stopper dans son impulsivité.

Seulement en arrivant avec la pointe du couteau au niveau du cœur du garçon… Elle s’arrêta brusquement, tremblante, tandis que Kaël avait fermé les yeux, prêt à encaisser chaque coup que pourrait lui porter l’opposée de Vanitas. Il le méritait.

En voyant que la jeune fille s’était stoppée seule dans son geste, Riku ne réfléchit pas plus longtemps, et saisit l’occasion de l’arrêter complètement. Il s’approcha, doucement -car il savait qu’émotionnellement Vanilla ne devait pas être brusquée.
La jeune fille l’observa du coin de l’œil, et approcha encore un peu plus la lame du corps de Kaël –qui pouvait dès à présent sentir le picotement du couteau au niveau de sa peau.

Cependant ça n’empêcha pas l’argenté d’avancer, jusqu’à prendre le poignet de la jeune fille, qui tenta de se débattre les premières secondes –mais l’emprise de Riku l’empêchait de faire quoi que ce soit avec le couteau qu’elle tenait.

« Si tu fais ça, Vanilla, tu le regretteras.
- Non… Je ne le regretterai pas, car j’aurai vengé Vanitas.
- Vanitas était sans doute conscient de ce qui allait arriver. Il avait très certainement accepté la mort au moment même où l’idée de sauver Zenia l’avait traversée.
- Non… Non ne dis pas ça… c’est faux…
- Si tu écoutais ton cœur, toi qui es son double, tu saurais que je dis la vérité. »

Vanilla finit par baisser son arme, ainsi que la tête. Mais elle tenait encore bien trop fermement le manche de l’arme volée.

« Vanilla, pose ce couteau. Maintenant. »

La jeune fille ne répondit rien, et ne bougea pas durant les premières secondes. Ses tremblements s’intensifièrent, et de là où il était, Riku pouvait voir qu’elle se retenait de pleurer. Il tenta alors de la rapprocher de lui dans un geste réconfortant quand, soudain, il ressentit une vive douleur à son flanc gauche. Sous la douleur et l’étonnement, il recula en observant Vanilla, dont le couteau qu’elle tenait était à présent ensanglanté.

Prise d’un petit moment de lucidité, elle se rendit finalement compte de tout ce qu’il venait de se passer par sa faute, et recula de quelques pas, paniquée, perdue.
L’argenté, quant à lui, resta malgré tout et tant bien que mal debout, en se tenant au niveau de sa blessure.
Vanilla tomba finalement à genoux, les yeux perdus dans le vide. Elle lâcha le couteau.

« Qu’est-ce… qu’est-ce que j’ai fait… ? Qu’est-ce qu’il m’a pris… ? »

Riku, qui ignorait la douleur à son flanc, s’approcha de Vanilla et s’agenouilla près d’elle. Il s’apprêta à dira quelque chose pour lui assurer que tout irait bien, seulement la jeune fille tomba inconsciente. En relevant la tête, l’argenté constata la présence d’Eva, une seringue anesthésiante vide à la main.

« Au prochain faux pas de sa part, cela ne sera pas qu’un somnifère que je lui injecterai. Suis-je claire ? Déclara-t-elle, plus froide que jamais. Maintenant, que quelqu’un s’occupe de tes blessures et qu’on la ramène dans sa chambre, moi j’ai autre chose à faire que de gérer des êtres aussi immatures que vous. »

Puis, sans un mot de plus, Eva s’éclipsa, tandis que Riko se dirigea vers son opposé, l’aida à se relever, puis se dirigea vers la salle de soin avec lui, sans un mot.
Les autres ne savaient pas vraiment quoi dire ou faire. La situation était juste... indescriptible.
Sora ne savait plus quoi penser. Ni sur Kaël, ni sur Vanilla. Le premier avait été l’une des causes de la mort de Vanitas, et la seconde avait agressé Riku, et aurait bien pu le tuer.
Comment faire confiance à ces deux personnes, maintenant ?

« Je vais ramener Vanilla dans sa chambre, déclara Zenia.
- Mais elle est dangereuse ! Elle a failli tuer Kaël et Riku ! Rétorqua immédiatement le brun. Il…. Il vaut mieux ne plus l’approcher. »

Cette déclaration en surpris plus d’un. Même Xion et Axel furent choqués par les paroles de Sora. Alexia serra les poings, mais tenta d’ignorer la remarque de l’adolescent, et aida Zenia à mettre Vanilla sur son dos. Lorsque les deux filles passèrent à côté de Sora, la rousse ne put s’empêcher de poser une question à l’Almarys.

« Si la situation avait été inversée… T’aurais aussi dit que Vanitas est dangereux et qu’il vaut mieux ne plus l’approcher ? »

Elle n’attendit cependant aucune réponse, et rejoignit Zenia immédiatement après ça. Seïra, Noa et Kaël, quant à eux, n’adressèrent aucun regard à ceux qui restaient, et partirent, simplement –le rouquin dans une direction opposée aux deux autres, sans doute pour éviter les regards des personnes qui lui en voulaient très certainement.

Axel, Xion et Sora étaient maintenant seuls –Braig, lui, avait récupéré son arme et était parti la nettoyer.
Il fallait avouer que les deux premiers étaient encore sous le choc des mots que le brun avait dit au sujet de Kaël et de Vanilla. Ils espéraient juste que Sora avait dit ça à cause de la peine, et qu’il ne le pensait pas…

Le brun finit par se lever, sans adresser un seul regard pour ses deux amis. Ces derniers le laissèrent partir, sachant qu’il avait aussi besoin d’être seul -surtout après ce que lui avait répondu Alexia.
Ils observèrent l’autre garçon partir. Aucun mot ne fut échangé.

~0~0~0~0~

Sora n’était pas vraiment allé loin, il s’était juste engouffré dans un des couloirs, pour être hors du champ de vision de ceux qui étaient encore dans la salle commune à ce moment là.
Il s’adossa au mur le plus proche et fixa le plafond, le regard vide. Son esprit lui rappelant sans cesse les dernières paroles de Vanitas.

« T’inquiète pas, So’, on s’en sortira. Je te le promets. »

Des larmes s’échappèrent à nouveaux de ses yeux, mais il ne chercha pas à les retenir.
C’était la première promesse que son frère n’avait pas su tenir. La seule. Mais pourquoi elle ? Après tout, le noiraud lui avait promis tellement de choses, et avait su respecter à chaque fois ses engagements…  Alors pourquoi n’avait-il pas tenu cette promesse là ?

Serrant son poing valide, Sora se redressa et se mit à marcher dans une direction hasardeuse, conscient qu’il n’aurait de toute manière jamais de réponses à ses questions. Vanitas était parti, Kaël l’avait laissé mourir, et Vanilla était maintenant une menace. Alexia pouvait dire ce qu’elle voulait pour essayer de le faire culpabiliser, ça ne marcherait pas et ne changerait pas ces trois fatalités.

En essayant de se convaincre totalement  de ça, Sora n’avait pas vraiment fait attention où ses pas l’avait mené, et frémit en se rendant compte de l’endroit où il était maintenant.
Il errait au fond d’un couloir très peu emprunté, et pour cause ; c’était ici que se trouvait la morgue.

Cette pièce qui empestait la mort.
Cette pièce où les quelques cadavres qu’ils avaient réussi à retrouver avaient été déposés et conservés, le temps de leur offrir une sépulture correcte.  
Cette pièce où le corps éteint et sans vie de Vanitas reposait.

Perdu dans ses pensées, il ne se rendit pas tout de suite compte de la présence d’Eva, qui venait de sortir de la fameuse salle -dont il fixait la porte depuis maintenant quelques minutes.

« Tu ne devrais pas être ici, Sora. »

Le garçon ne répondit rien. Il ne pouvait pas avouer à Eva qu’il n’avait pas fait exprès de se retrouver là –de toute façon elle ne le croirait pas.
Quand il sentit le regard de la scientifique sur lui, il détourna la tête. Non seulement il ne savait pas quoi dire, mais en plus de ça il fallait avouer qu’elle lui faisait peur –et il n’était sans doute pas le seul à penser que cette femme n’était pas humaine, vu le peu de compassion ou de sentiments qu’elle pouvait éprouver.
La scientifique passa à côté du brun sans un regard pour lui, mais lui adressa tout de même quelques mots.

« Ne reste pas trop longtemps. Il fait extrêmement froid à l’intérieur. »

Puis Eva s’éloigna, sans un mot de plus. Sora l’observa jusqu’à ce qu’elle disparaisse de son champ de vision, surpris. Quelque chose dans le ton de la scientifique était différent, mais il ne saurait pas mettre le doigt sur ce qui avait changé.
Enfin… ses yeux se tournèrent à nouveau vers la porte, qu’il décida d’ouvrir.

Il arriva dans une annexe, dans laquelle se trouvait le matériel nécessaire à différentes pratiques chirurgicales, ainsi qu’un évier pour se laver les mains. Une armoire, encore légèrement entrouverte, laissait voir la présence de plusieurs exemplaires de la tenue obligatoire à porter lorsqu’on effectuait une autopsie.

Sora observa ensuite sur sa droite, et vit la présence d’une seconde porte –et il n’était pas difficile de deviner où celle-ci pouvait bien mener. Il s’en approcha, mais ne l’ouvrit pas tout de suite.
Il savait très bien ce qu’il trouverait derrière, et se doutait qu’un cadavre à la poitrine déchiquetée et au corps souillé de sang ne devait pas être très beau à voir, mais… il voulait être fort, rien qu’une fois, pour réussir à lui dire au revoir correctement.

Quand il eut le courage d’ouvrir la porte, l’ambiance de cette pièce changea complètement de la précédente –là, il n’y avait que la mort qui gouvernait l’endroit. Dans les tiroirs des larges armoires murales devait se trouver de nombreux cadavres, dont le processus de décomposition avait réussi à être complètement stoppé, grâce à la technique de thanatopraxie –ce qui expliquait également la froideur excessive de la pièce.

Seulement Sora ne porta d’intérêt qu’à la table d’autopsie où, sous un drap blanc immaculé, se trouvait encore le corps de la dernière personne décédée.
D’un pas lent il s’approcha puis, fébrilement, prit le tissu entre ses doigts –sans pour autant arriver à le retirer. Le brun se surprit à trembler, mais ce n’était pas à cause du froid ; était-ce véritablement une bonne idée de faire ça ? Il ne savait pas.

Tout en pensant à ça, Sora rit nerveusement ; de là où il était maintenant, Vanitas devait le trouver tellement pathétique…
En plus, c’était sans doute la dernière fois qu’il pourrait le voir –ou qu’il trouverait le courage de le faire- pour lui dire au revoir, donc il ne pouvait pas se défiler.

Il inspira et expira une fois, puis souleva en douceur le tissu blanc immaculé de façon à ne voir que la tête et le début des épaules de son jumeau. Il glissa ensuite sa main valide sous le drap, et prit la main –gelée- de Vanitas.
Si Sora ne prenait pas en compte le teint cadavérique, il pourrait presque croire que son frère dormait –simplement.

Mais l’air trop serein de Vanitas fit à nouveau monter les larmes aux yeux du brun -seulement il ne pouvait pas passer sa vie à pleurer. Il fallait qu’il continue à avancer envers et contre tout, afin d’aider tous les autres à se débarrasser des monstres qui polluaient ce nouveau monde.
De plus, ils ne pouvaient pas se permettre d’abandonner maintenant, pas après le sacrifice de Vanitas, Kairi et de toutes les autres personnes décédées à travers le monde.

« Ta mort ne sera pas vaine, je te le promets.  »

Il lâcha finalement la main de son frère, mais ne cessa pas de l’observer avec tristesse, mais également avec détermination. Sora ne laisserait pas la mort de Vanitas sans conséquences ; il le vengerait, lui et tous les autres, il se le jurait.

« Et j’espère que de là où tu es maintenant… tu pourras admirer le nouveau monde que je construirai pour toi. »

Même s’ils avaient perdu une bataille, ils ne perdraient pas la guerre. Ils étaient peut-être loin de la victoire, mais tant qu’il resterait des personnes pour se battre, cela signifiait qu’ils n’étaient pas encore vaincus, et qu’ils pouvaient toujours bousculer le cours des choses.

Ils feraient disparaître ces monstres définitivement ; et quand leur destin serait à nouveau entre leurs mains… ils créeraient un nouveau monde, là où il ne serait plus question d’Alma et de Mirari, mais l’ensemble d’un même tout.
Vu l’ampleur des dégâts cela prendrait sans doute des années -surtout que pour l’instant les monstres continuaient de dévaster villes et villages partout sur cette nouvelle terre- mais… ce n’était pas impossible à réaliser, Sora en était convaincu.

Pourtant, malgré sa nouvelle détermination, et sa peine qu’il devrait mettre de côté pour réussir à faire ce qu’il venait de promettre à son frère, Sora ne pouvait pas oublier les cas de Kaël et Vanilla. Tueur pour l’un, dangereuse pour l’autre. Pour la deuxième chose, c’était ce qu’il avait dit à Alexia.
D’ailleurs, il voulait depuis le début se convaincre que les mots de la rousse ne le ferait pas culpabiliser, et qu’il ne regrettait rien de ses paroles… seulement c’était faux.

Il ne savait même pas comment il avait pu dire une chose pareille en s’adressant à la rousse, qui était  la meilleure amie de Vanilla -alors que cette dernière risquait à son tour de mourir. Devenue un danger pour elle-même, il ne devait rester plus que quarante six ou quarante sept heures avant de définitivement savoir ce qui lui arriverait.
Et Kaël… ce n’était pas non plus sa faute si les monstres avaient réussi à manipuler son cœur.

Sora avait été un tel idiot de penser ce genre de choses sur deux personnes avec qui il s’était rapidement lié d’amitié. Mais regretter n’effacerait pas les mots. Il devrait parler à Alexia, bien qu’il savait déjà que l’autre ne lui pardonnerait sans doute pas, vu que Vanilla était sa meilleure amie.

Là encore, alors qu’il remettait délicatement le drap blanc dans sa position initiale, il pensa à Vanitas, qui lui dirait sans doute quelque chose du genre « t’avais qu’à réfléchir à deux fois avant de l’ouvrir. » avant de soupirer et de rattraper le coup. Seulement cette fois, il ne serait pas là pour l’aider –il ne le serait plus jamais.
En fait, maintenant qu’il y réfléchissait, Sora se rendait compte qu’il dépendait de son frère pour plus de choses qu’il ne l’aurait cru à la base… Mais à présent, c’était définitivement terminé.
Vanitas ne serait plus là pour le protéger, et le brun devrait se débrouiller seul pour se sortir des impasses dans lesquelles il se mettait, et se mettrait sans doute encore.
A partir d’aujourd’hui, tout serait différent.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 17 Jan - 11:05

Allez, j'ai décidé que ce serait Noël après l'heure, du coup je vous poste un second chapitre cette semaine ! (et oui, je suis comme ça)

Cela me permet également de pouvoir vous dire comment la publication des prochains se passera.
Publication qui sera toute simple : une fois par semaine, tous les samedis, vous trouverez un petit quelque chose à vous mettre sous la dent ici !
La seule chose qui pourra varier, c'est l'heure de la publication, mais en tout cas, ce sera forcément le samedi.

Voilà voilà pour le "comment ça se passera" durant les prochaines semaines.
Maintenant, sans plus attendre, voici le chapitre 16 ! Je vous souhaite une agréable lecture.

~0~0~0~0~


Chapitre 16 : L’opposée brisée

Cela faisait maintenant quelques heures que Kaël s’était séparé de tous les autres, et qu’il s’était adossé au mur du couloir dans lequel il s’était engouffré. Il fixait continuellement ses mains, encore souillées par ce sang qui n’était pas le sien. Le liquide avait fini par sécher, laissant derrière lui cette apparence plus foncée, ainsi que cette sensation désagréable aux niveaux des deux membres du jeune homme.
Pourtant Kaël n’avait que faire de ça. Il ne pensait qu’à deux choses. Deux choses qui, au fur et à mesure qu’il y songeait, le rongeait, lui faisait mal.

Son incompétence avait provoqué la perte d’un allié précieux. Et maintenant… L’opposée brisée pouvait mourir à tout moment durant les quarante cinq heures qu’il restait –et si elle survivait jusqu’à la fin de ce délai, il n’y aurait que deux alternatives possibles.
Soit Vanilla vivrait, soit elle mettrait fin à sa vie. Mais si par malheur c’était la seconde option que choisirait le cœur de la jeune fille… Ils ne pourraient rien faire pour l’empêcher de passer à l’acte.

Seulement avant ça, il faudrait gérer les nombreuses crises de folie et d’hystérie qui attendait Vanilla. Kaël se souvenait parfaitement de ce qu’il avait commis durant ses propres premières quarante huit heures sans son double, et sans ce second cœur qui battait en écho avec le sien depuis toujours.
Et il savait que la tentative de meurtre du double de Vanitas n’était que le début de longues et douloureuses heures –autant pour la jeune fille que pour toutes les personnes proches d’elle.

« Au lieu de rester là, tu ferais mieux de te laver et te changer. »

Kaël sursauta, et arrêta finalement d’observer ses mains ensanglantées, pour pouvoir observer l’endroit d’où provenait la voix masculine qu’il venait d’entendre. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il reconnut finalement Noa en face de lui.

« Pourquoi tu n’es pas avec Xion ?
- Suite à ce qui est arrivé, elle m’a demandé de la laisser seule. »

Kaël ne rajouta rien de plus, mais il voyait bien que le garçon en face de lui n’allait pas bien. Comment est-ce que ça pourrait être le cas ?
Entre le cœur de Xion qui, vu qu’il battait en écho avec le sien, lui transmettait toute sa peine et sa tristesse… et Vanilla, son amie, qui traversait la pire des épreuves depuis la naissance de cette horrible et cruelle malédiction qui liait les doubles entre eux… c’était évident qu’il ne pouvait pas aller bien.
Sans doute, d’ailleurs, que Noa faisait partie des personnes qui le haïssaient depuis qu’il avait laissé Vanitas mourir. Il baissa la tête.

« Je suis désolé, je sais que j’aurai d-
- Je ne suis pas là pour te juger sur ce que tu aurais du faire ou pas, coupa l’autre. Parce que dans ta situation, peut-être que personne n’aurait pu agir. »

Aucune réponse de la part de Kaël. En voyant cela, Noa posa une simple question.

« Tu penses que tout le monde va te mépriser, c’est ça ? Qu’on va te rejeter parce que tu n’auras rien fait ? »

Le rouquin détourna d’abord la tête, et serra ses poings. Oui, c’était exactement à ça qu’il pensait ; mais l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre était encore plus douloureux que de simplement le penser.
Il ferma les yeux, alors que la scène fatidique repassait encore une fois dans sa tête.

« Comment est-ce que je pourrai penser autre chose ? En ne faisant rien, je l’ai indirectement tué… et c’est… et c’est comme si ça avait été moi qui lui avait arraché le cœur.
- Et tu m’expliques en quoi ça t’avance de te dire ça ?
- Hein ?
- T’en vouloir, et t’accuser de méfaits que tu n’as pas commis ne ramèneront ni Kairi, ni Vanitas. Tu en as conscience ou pas du tout ?
- Je… oui bien sûr, mais…, tenta l’autre, avant d’être coupé.
- Tes remords et tes  regrets sont légitimes, seulement ça ne sert à rien de te lamenter, car c’est exactement ce que les monstres veulent. »

Ne sachant pas où voulait en venir Noa avec sa dernière phrase, le rouquin garda le silence. De toute façon, il n’avait plus la force de parler. Les mots du garçon envers lui étaient durs, c’était certain, mais ce qu’il disait était entièrement juste.

« Ce meurtre n’avait qu’un seul but : nous diviser, en nous montant les uns contre les autres, et en affaiblissant nos cœurs. Il n’y a qu’à voir le froid dans lequel sont actuellement Alexia et Sora, ou bien ton isolement à toi, parce que tu te crois coupable.
- Diviser pour mieux régner…
- Exactement. La question maintenant est : souhaites-tu vraiment que les monstres gagnent comme ça ? Ne préférerais-tu pas perdre en te disant qu’au moins, tu te seras battu jusqu’au bout ? »

Kaël ne trouva rien à répondre. Noa avait raison sur toute la ligne. Ils ne pouvaient pas abandonner. Pas comme ça, pas après la mort de Kairi, de Vanitas, et de toutes ces personnes qui se sont sacrifiés pour préserver la vie de leurs proches.
Le rouquin, en rouvrant les yeux et en redressant la tête, vit l’autre commencer à s’éloigner.

Et puis, finalement, il réalisa. Noa venait de l’aider, alors que lui-même traversait un moment difficile ; Vanilla avait toujours un avenir incertain, et il y avait toujours Xion, en deuil. Le noiraud avait su prendre sur lui tout cela, pour parvenir à l’aider.
Pourquoi ? Kaël n’en savait rien, mais ce qui était sûr c’était qu’il devait lui rendre la pareille –même s’il ignorait encore comment.

Malgré le sang séché sur ses mains, il attrapa la manche de l’autre garçon.
Celui-ci s’arrêta et se retourna vers Kaël, surpris, tandis que l’autre le lâcha une fois qu’il avait toute son attention.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda finalement Noa.
- J’ignore pourquoi tu m’as aidé, alors que toi aussi tu es dans une situation difficile, mais… sans toi je crois que je n’aurais jamais pu réaliser tout ce que tu as dit aussi rapidement. Alors merci.
- Je ne laisse jamais mes propres problèmes interféraient lorsqu’un ami va mal. Tu n’as pas besoin de me remercier. »

Noa s’apprêta à continuer sa route, mais Kaël l’interpela une dernière fois. Il venait de finalement trouver comment il pouvait rendre la pareille au noiraud.

« Je vais aider Vanilla.
- Comment ça ?
- Même si ce sera difficile et que le temps m’est compté, je te promets de tout faire pour réussir à la ramener. Je ne la laisserai pas partir à cause de cette malédiction. »

Cette fois, ce fut Noa qui ne sut pas quoi dire. Il ne s’attendait pas à ce que Kaël lui annonce une telle chose. Et même si, comme l’avait dit le rouquin, ce ne serait pas une tâche aisée d’aider Vanilla, savoir que l’Almarys tenterait tout de même de le faire… ça touchait le noiraud, qui ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire.

« Dans ce cas, c’est plutôt à moi de te remercier, déclara-t-il finalement.
- Non, pas maintenant, parce que si j’échoue…
- Avec des si et des peut-être, on pourrait mettre une ville en bouteille, coupa Noa. De toute façon, même si ça se passe mal, je te remercierai quand même.
- Hein ? Mais pourquoi ?
- Pour les efforts que tu auras faits pour elle. »

Puis, sans un mot de plus, Noa s’éloigna pour de bon, laissant Kaël un moment seul au milieu de ce couloir devenu silencieux. En se mettant en route vers sa propre chambre, le rouquin se remémora toute la conversation avec le noiraud. Il lui avait ouvert les yeux sur quelque chose qu’il avait déjà réussi à comprendre, mais qu’il avait totalement oubliés à cause de la dernière mission à l’extérieur.
Se morfondre sur le passé, en se rendant coupable de tous les maux, ne servait à rien. Ca ne ramènerait pas les morts, et n’améliorerait en rien la situation actuelle.

En marchant, Kaël observa ses mains, toujours ensanglantées. Il avait le destin de Vanilla entre ses mains, et comme il l’avait promis à Noa, il ferait tout pour la ramener.

~0~0~0~0~

Depuis que Vanilla avait été ramenée dans sa chambre, Alexia ne l’avait pas une seule fois quittée des yeux, malgré la fatigue due à son empoisonnement très récent.
La scène où sa meilleure amie menaçait Kaël -pour ensuite blesser Riku- tournait en boucle dans la tête de la rousse, qui avait terriblement peur des conséquences que cela pourrait avoir sur Vanilla, psychologiquement parlant.
Quand celle-ci réaliserait ce qu’elle avait fait… la rousse préférait ne même pas imaginer ce qu’il pourrait se produire.

Seulement, et même si dans sa tête se bousculaient des millions de pensées, Alexia interrompit toutes ses réflexions lorsqu’elle vit finalement Vanilla rouvrir les yeux. Elle lui serra un peu plus fort la main, et ne quitta pas une seule seconde les yeux dorés qui la fixaient.

Mais la rousse déchanta bien vite lorsque, d’un seul coup, Vanilla se redressa –le regard vide, mais rempli de la même folie qu’au moment où elle avait attaqué Kaël.
Sans qu’elle n’ait le temps de retirer sa main, Alexia sentit qu’à force de serrer son membre, Vanilla était presque en train de lui broyer les os. Elle tenta malgré tout de se libérer, mais ce fut totalement inefficace –et même si elle se doutait que l’efficacité serait aussi nulle que sa tentative de libérer sa main, elle essaya au moins de lui parler.

« Vanilla, c’est moi ! C’est Alexia ! Tu me reconnais, hein ? »

Un cri hystérique sortit de la bouche de Vanilla à l’entente de cette phrase, de ce prénom. Comme si elle refusait de se souvenir.
En plus de serrer encore plus fort la main de l’autre, la jeune fille se releva, puis poussa avec violence la rousse contre le mur.

Alexia, complètement sonnée,  ne se rendit compte que trop tard du contact à sa gorge. Vanilla était en train de l’étrangler, seulement elle n’arrivait plus à rien faire pour empêcher sa meilleure amie d’agir –et sa tête avait percuté bien trop violement le mur pour qu’elle puisse réfléchir correctement.
L’une des deux seules choses que son cerveau arrivait encore à lui transmettre, c’était la mort qui lui tendait déjà les bras.
La deuxième information, quant à elle, était encore plus douloureuse que la souffrance physique ; sa meilleure amie ne la reconnaissait plus.
Ce qui signifiait que tous les souvenirs qu’elles s’étaient forgées ensemble… avaient disparu.
Leur amitié, aux yeux de cette nouvelle Vanilla, n’existait pas. C’était terminé, il n’y avait plus rien.

Alexia se laissa faire totalement. De toute façon, si l’adolescente l’avait oubliée, cela ne servait à rien de lutter. Elle sombra dans l’inconscience.

~0~0~0~0~

Axel avait rejoint sa chambre depuis un moment, maintenant. Il n’avait pas voulu chercher Sora qui avait disparu depuis quelques heures déjà. De toute façon, cela n’aurait servi qu’à se disputer avec lui.

Il se sentait mal, et en même temps, il ne réalisait pas encore totalement que Vanitas… que Vanitas ne reviendrait plus. Il s’attendait presque à le voir entrer dans la chambre, à recevoir une remarque sur sa tête de dépressif,  et à se rendre compte que tout cela n’était qu’un simple et foutu cauchemar.

Seulement voilà, tout était bien réel, qu’il le veuille ou non. Zenia, Seïra, Kaël, et Riko avaient été témoins de la scène. Le roux avait même vu le corps sans vie de son meilleur ami, porté par le rouquin, avant qu’il ne soit emmené à la morgue.

Axel se redressa brusquement sur son lit. Il avait le cœur serré, douloureux. Il ne pensait pas perdre Vanitas. Pas si tôt. Pas comme ça. S’il en avait eu la force, il aurait déjà craché sur le cadavre de son meilleur ami, rien que pour lui dire que c’était qu’un débile.

«. T’as toujours été un idiot impulsif et borné, de toute façon. Et si tu crois que ta mort elle est héroïque, eh ben tu t’fous le doigt là où j’pense. »

Il finit par rire nerveusement. Voilà qu’il parlait tout seul. Génial. Vraiment. Il se recoucha, et ferma les yeux. Il tenta vainement de faire le vide dans sa tête, seulement le cri qu’il entendit quelques secondes plus tard l’en empêcha. Ca provenait de la chambre de Vanilla ; une nouvelle crise de folie, visiblement.

Il se rappela à cet instant qu’elle était le double de Vanitas… et même si on lui avait dit que lui et elle ne se ressemblaient que très peu dans leur comportement et caractère, il y avait des détails physiques qui ne trompaient pas… Est-ce qu’il pourrait la regarder en face, alors qu’elle possédait les mêmes yeux que Vanitas ? Non, certainement pas. Ce serait trop dur de voir en elle son meilleur ami. Et…

Il se rendit finalement compte de son comportement d’égoïste, et de ses propres pensées. Les crises de folies de Vanilla pourraient bien la conduire à sa perte, et lui… et lui il pensait à ce genre de choses inutiles, alors qu’il devrait essayer de sauver la jeune fille et de soutenir son propre double ?
Sur l’instant, il se haïssait d’avoir eu de telles réflexions -et pour faire le vide dans sa tête, c’était foutu, maintenant.

Et alors qu’il se tourna rageusement sur le côté, il sentit une vive douleur à son cœur. Il grimaça, alors que le prénom d’une seule personne lui vint à l’esprit. Alexia. Son opposée. Mais pourquoi pensait-il à elle d’un seul coup, comme ça, sans raison ?

Quand soudain, il se rappela. C’était elle qui était chargée de surveiller Vanilla. Vanilla qu’il venait tout juste d’entendre crier.
Il ne réfléchit pas plus loin, se redressa, et se dirigea le plus rapidement possible vers la chambre de l’opposée brisée, en ignorant totalement la douleur à son cœur.
Bordel. Pourquoi est-ce qu’il réalisait toujours tout trop tard ?

Une fois devant la porte, il l’ouvrit sans ménagement, tourna ensuite sa tête vers la gauche, et crut rêver en voyant  la scène qui était en train de se dérouler. Seulement l’heure n’était pas à la réflexion ; son opposée était déjà inconsciente, et Vanilla ne semblait pas vouloir la lâcher.

Il fallait qu’il trouve une seringue avec un tranquillisant dedans, et vite, sinon… Son cœur lui fit encore plus mal. Il tomba à genoux.
Alors c’était donc ça qu’on ressentait quand son double mourrait lentement mais sûrement ?
Il allait donc lui aussi bientôt totalement disjoncter, lorsqu’Alexia…

Non, il était hors de question que ça arrive. En plus, Vanilla ne le supporterait pas si elle réalisait ce qu’elle avait fait et… oh, tiens, il avait enfin des pensées normales qui ne sonnaient pas égoïstes. Il se maudit pour avoir été aussi long à la détente, mais ne resta pas plus longtemps dans ses pensées –il ne pouvait pas se le permettre.

Avec l’aide d’un bras, il se releva, et se dirigea vers une petit armoire, où se trouvaient les anesthésiants et les simples tranquillisants. Il ne fit pas attention à ce qu’il avait pris. Il se contenta de préparer la seringue, de se diriger le plus rapidement possible vers Vanilla, et de lui planter l’aiguille dans le bras, pour ensuite lui injecter le produit.

L’effet fut presque totalement immédiat. L’adolescente tomba à genoux, entraîna Alexia dans sa chute, puis desserra finalement sa poigne au niveau de la gorge de sa meilleure amie, qui s’effondra totalement au sol, inconsciente, mais bien vivante. Axel, qui s’était adossé à un mur pour ne pas tomber, soupira de soulagement. La douleur à son cœur, quant à elle, s’atténuait doucement. Il s’en était vraiment fallu de peu.

Le roux tourna ensuite la tête vers Vanilla. Celle-ci était encore réveillée, donc il n’était tombé que sur un tranquillisant. D’un côté, tant mieux, parce qu’utiliser trop d’anesthésiant pouvait être nocif pour la santé, pas besoin d’être en médecine pour le savoir.
Il observa les yeux dorés ternes et vides qui fixaient un point invisible devant eux ; et dire que c’était à cause de ça et de son égoïsme qu’il avait failli laisser mourir son propre double. Quel idiot.
En plus, pour l’instant, il ne pouvait pas vraiment dire que le regard de Vanilla s’apparentait à quelque chose d’humain, vu la folie qui s’y lisait.

Quand il reprit son souffle, il entendit des bruits de pas rapides dans le couloir –puis, peu de temps après, il vit apparaître Zenia dans la pièce. Il sourit, plus par nervosité que par autre chose.

« Eh ben, les secours arrivent un peu tard… »

Il sentit finalement son corps flancher, alors que tout devenait noir autour de lui.

~0~0~0~0~

Quand Sora avait fini par quitter la morgue, pour rejoindre la salle commune, il savait qu’il était arrivé quelque chose. Son cœur s’était soudainement serré durant le trajet, sans aucune raison, et maintenant qu’il était arrivé à destination et en regardant simplement Seïra, il avait compris. C’était ses sentiments qu’il avait du ressentir.
En constatant la présence de Riku, assis sur l’un des canapés, il décida de s’adresser à lui pour savoir ce qui avait pu arriver.

« Vanilla a failli tuer Alexia, déclara l’argenté.
- … Mais elles sont meilleures amies, non ? Enfin, Vanitas et Axel l’étaient, et… »

Il fut interrompu par Seïra, dont il pouvait presque ressentir toute la fureur –il savait même quels mots allaient être dit, et que chacun d’eux ne serait pas forcément agréable. Mais il l’avait cherché, vu la comparaison qu’il venait de faire.

« Y’en a que pour ton frère ! Mais c’est pas lui qui souffre, lui il est mort ! T’imagines quand Vanilla va réaliser ce qu’elle a failli faire ? Tu imagines seulement ?! Elle a failli tuer sa meilleure amie ! SA MEILLEURE AMIE ! Et maintenant… maintenant il ne reste plus que trente deux heures, avant… avant… »

Elle cacha son visage, pour ne pas montrer ses larmes qui en découlaient, tandis que Sora ne chercha ni à les retenir, ni à les cacher. Il ferma simplement les yeux. Entre sa propre peine et celle de son double, plus la culpabilité d’avoir fait cette comparaison idiote, il se sentait terriblement mal. Il pensait avoir réussi à trouver une détermination pour continuer le combat, mais elle venait juste de complètement s’envoler.

Riku, quant à lui, craignait le pire. Le duo en face de lui était celui qui souffrait le plus face à la situation, et il était juste impossible de prédire comment leur altercation allait finir. Il valait mieux qu’il intervienne avant que cela ne tourne plus mal.

« Sora, Seïra, vos situations ne sont pas comparables, déclara-t-il calmement. Vous dites des choses que vous ne pensez pas, alors que vous devriez vous soutenir mutuellement. Allez vous reposer, tous les deux. Alexia est hors de danger, Axel l’a sauvée juste à temps, et trente deux heures c’est encore suffisant pour sauver Vanilla. Rien n’est encore perdu. Donc allez dans vos chambres, et vous n’en bougerez plus tant que vous n’aurez pas dormi un minimum. »

Seïra comme Sora tentèrent de trouver quelque chose à rétorquer à Riku, mais rien ne leur venait. Le duo se regarda, réalisant que se disputer sur ce genre de choses inutiles n’arrangerait rien, bien au contraire.
Ils souffraient tous les deux d’une manière différente, et le fait de ressentir les sentiments de l’autre en même temps ne leur faisait que plus de mal. C’était évident que Sora penserait plus à son frère qu’à Vanilla, et c’était évident que pour Seïra, c’était totalement l’inverse.

« Pardon, déclarèrent-ils en même temps. »

Sora s’apprêta à partir en premier, quand finalement Seïra se précipita vers lui.

« S’il te plaît… Ne la haïs pas, elle n’y peut rien, ne dis plus qu’elle est dangereuse… »

Ca, ça faisait depuis sa visite à la morgue qu’il ne le pensait plus. Seulement leurs sentiments s’opposaient tellement, que même si c’était habituellement automatique, là, ils n’arrivaient juste plus à lire dans l’autre.
Sora observa son opposée.

« Tout à l’heure, j’étais à la morgue. Et ça m’a permis de réaliser plusieurs choses… dont le fait que tout ce que j’ai pu dire auparavant, je ne le pensais pas. Je suis désolé d’avoir dit ça sur ta sœur. »

Et il le pensait vraiment. Seulement, il ne reçut aucune réponse. Seïra se contenta de s’éloigner simplement dans le couloir où se trouvait sa chambre, et Sora fit donc rapidement de-même.

Riku resta sur le canapé, et se massa là où Vanilla l’avait blessé. Il avait eu de la chance, aucun point vital n’avait été touché, mais il s’en était fallu de peu.
Depuis les derniers évènements en mission à l’extérieur, il était l’un des seuls à rester plus ou moins rationnel. Parce qu’il ne pouvait pas se permettre de laisser ses sentiments parler pour lui. Vu les conflits et les tensions actuels… il en fallait au moins un pour les gérer.

Il vit finalement Kaël arriver dans la salle commune –il s’était changé, et n’avait plus la moindre trace de sang sur lui. La dernière fois qu’il l’avait vu, il aurait été capable de se laisser tuer par Vanilla… mais son état d’esprit actuel paraissait différent.

« Est-ce que Vanilla est réveillée ? Demanda finalement l’arrivant.
- Pourquoi cette question ?
- Répond seulement.
- Oui, sous calmant, déclara finalement l’autre. Mais il est déconseillé de l’approcher, à cause de ses crises d’hystérie qui peuvent tourner mal.
- Je sais ce qui peut l’attendre, pour l’avoir vécu. Mais j’ai fait une promesse, donc je dois la voir. Elle est dans quelle chambre ?
- Kaël, elle pourrait te tuer pour de bon si elle te voyait.
- Elle ne le fera pas.
- Comment peux-tu en être aussi certain ?
- Dis-moi l’emplacement de sa chambre. »

Riku soupira et, même s’il ignorait si c’était vraiment une bonne idée, indiqua la chambre où se trouvait Vanilla à Kaël, qui s’y dirigea immédiatement.
L’argenté restait pensif, et assez inquiet. Il espérait simplement que la surveillance autour de la chambre de la jeune fille avait déjà été mise en place, depuis le dernier incident.

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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 24 Jan - 12:42

Et voilà le chapitre 17 ! Bonne lecture !

~0~0~0~0~

Chapitre 17 : Compte-à-rebours

Alexia était réveillée depuis maintenant une petite demi-heure, et fixait le plafond, simplement. Elle avait mal à sa main, sa gorge et à sa tête, mais ces douleurs n’étaient rien face à la souffrance de son cœur.
Elle avait beau ressasser la dernière scène qu’elle avait vécue, elle ne voulait pas y croire.

Elle se redressa, plus par automatisme qu’autre chose, et porta une main à sa poitrine. Vanilla l’avait vraiment oubliée ? Tous les souvenirs qu’elles avaient créés ensemble, cette amitié qu’elles s’étaient forgées… sa meilleure amie avait vraiment effacé tout cela de sa mémoire ?

Quand elle sentit finalement les larmes lui monter aux yeux… elle ne chercha pas à les retenir, cette fois. Elle se redressa juste assez pour au moins cacher son visage –dans le cas où quelqu’un déciderait de venir juste maintenant.

Elle avait perdu sa meilleure amie, et il ne restait sans doute que peu de temps avant l’échéance. A quoi bon espérer son retour, si Vanilla n’avait plus aucun souvenir ? Elle ne la reverrait plus. Elle était partie en même temps que Vanitas.

« Cette malédiction est une pute, mais je pense pas que Vanilla soit condamnée. »

Alexia sursauta à l’entente de cette voix, et malgré ses larmes, elle souleva la tête vers son double qui était adossé à un mur, bras croisés et yeux fermés. Elle ne l’avait même pas entendu arriver.

« Qu’est-ce que tu fais là ? Demanda la rousse en ignorant les mots de son opposé.
- Alors que j’étais dans les couloirs, j’ai failli m’effondrer en larmes sans raisons apparentes, donc je me suis dit qu’il valait mieux que j’aille te voir. »

Aucune réponse. Axel ne fit que soupirer, avant de s’approcher du lit, pour finalement s’y asseoir. Il observa son double quelques instants, mais ce ne fut pas lui qui reprit la parole.

« Pourquoi tu t’occupes de moi ?
- T’es un peu mon double, ma chère.
- C’est pas une raison. Tu as perdu quelqu’un qui t’étais cher, tu devrais al-
- Tu ris. Entre ta situation et la mienne, je t’avouerai que je préfère encore la mienne. Si j’avais du voir Vanitas virer fou comme ça, crois-moi que j’aurai moins supporté. »

Ca n’avait absolument rien de réconfortant, pourtant ça fit rire Alexia, mais plus nerveusement qu’autre chose. Elle réalisait qu’ils avaient au moins un grand point commun, elle et son double.

« Nous deux, on est vraiment des merdes pour réconforter les gens en fait, déclara-t-elle simplement.
- Euh, bah… ouais. »

Mais bon, la bonne volonté était toujours là. Alexia ne prit donc pas mal les paroles de son double, car elle savait que, malgré ces paroles malheureuses, il voulait simplement l’aider, la soutenir. Ca partait d’un bon sentiment.
Toujours assise, elle porta finalement ses jambes jusqu’à sa poitrine, et passa ses bras autour de ses membres inférieurs. Elle posa ensuite son menton entre ses deux genoux.

Aucun mot n’était vraiment échangé. Surtout que dans leur situation, ce n’était pas vraiment nécessaire. Mais Alexia sentait bien qu’Axel, en plus de cette peine facilement explicable, était perturbé par autre chose également.

« Il s’est passé encore autre chose ces dernières heures ?
- Juste Seïra et Sora qui se sont pris la tête genre violent. »

Ca n’étonnait même pas la rousse. C’était après tout les deux plus touchés par cette histoire, et ressentir à la fois leurs émotions, et celles de leur double… ça devait être encore plus insupportable que son propre cas avec Axel.
Un nouveau silence, pesant, qu’Alexia finit par rompre.

« Dis, Axel…
- Quoi ?
- Si Vanitas t’avait oublié, t’aurais réagi comment, toi ? »

C’était peut-être pas le bon moment de poser ce genre de questions, surtout avec la mort vraiment très récente du garçon, mais… la rousse n’avait pas pu s’en empêcher. Axel était la seule personne qui pouvait la comprendre actuellement. C’était également uniquement son double qui ferait abstraction des paroles malheureuses qu’ils pouvaient s’échanger, car ils se connaissaient, ils savaient.

« Je crois que je l’aurais frappé, déclara-t-il, avant de laisser échapper un rire. Mais je pense pas que ça aurait servi à grand-chose. »

Ils se turent à nouveau. Axel repensa à ses pensées égoïstes de tout à l’heure, avant qu’il n’aille sauver son double. Devait-il lui en parler ? S’en doutait-elle ? A cause de ça, elle avait failli mourir, quand même…

« J’aurai pu agir plus tôt si j’avais pas joué au con.
- De quoi tu parles ? »

Ce fut en entendant la question de son double qu’il réalisa qu’il avait pensé à voix haute. Merde. Heureusement que les opposés ne lisaient pas les pensées, et qu’ils pouvaient que juste ressentir certaines choses, parce que sinon, là, il était certain de faire du mal à Alexia –et elle avait vraiment pas besoin de ça en ce moment.

« Laisse, je t’expliquerai p’t’être plus tard. »

Alexia n’insista pas –au fond d’elle elle se doutait qu’il valait mieux qu’elle ne sache pas. Pas maintenant, en tout cas.

« Quand même… J’ai l’impression que toi et Vanilla, vous êtes encore plus proches que Vanitas et moi, déclara soudainement Axel, rompant ainsi un énième silence.
- Tu sais très bien que c’est faux. Je ressens ta peine, donc tu peux la cacher aux yeux des autres, mais pas à moi.
- Ah ah… »

C’était vrai. Il voulait se montrer fort, mais au fond… La perte de Vanitas le touchait bien plus qu’il ne le montrait. Le seul instant où il avait pu « oublier » sa propre tristesse, c’était au moment où il avait senti Alexia en train de mourir. Mais à part ça…

« Ca marche dans les deux sens, le soutien, continua la rousse.
- Bah y’a pas grand-chose à dire. J’ai perdu mon meilleur ami, mais j’ai pas le droit de me laisser aller, je dois aider Sora, car c’est ce que Van’ aurait très certainement voulu. »

C’était vraiment étrange, comme sensation. Parce qu’Alexia avait finalement réfléchi aux deux alternatives, et avait pensé exactement la même chose dans le cas où Vanilla finirait par…
Elle baissa la tête, alors que la scène précédente lui revint finalement en mémoire. Sa meilleure amie avait sans doute peu de chance de s’en sortir, et même si c’était le cas… elle vivrait avec les regrets de ses actes, et ce vide dans son cœur.

« Si tu veux, je t’aiderai à lui remettre du plomb dans sa tête, à la gousse de vanille, déclara Axel, qui avait senti la douleur soudaine de son double. »

Alexia ne put retenir un rire à l’entente de ce surnom –et si Vanilla avait été là, la rousse savait qu’Axel n’aurait pas survécu.
Mais elle reprit bien vite cette expression assez sombre, alors qu’elle fixait un point invisible devant elle.

« Je peux pas te demander ça. Je sais très bien que t’auras du mal à être avec Vanilla. Tu crois que je ne le ressens pas ? »

Touché. Bien qu’elle ignorait sans doute les pensées qu’il avait eu, Alexia avait ressenti en Axel cette appréhension à être proche de Vanilla, à lui faire face. Et même s’il n’avait plus de pensées égoïstes, c’était plus fort que lui, il ne pouvait pas s’empêcher de craindre, un peu, la prochaine rencontre avec l’adolescente.
Mais en pensant à ça, il se rappela du regard de Vanilla, après lui avoir injecté le tranquillisant.

« Tu sais, le regard qu’elle avait juste après t’avoir attaquée… Il avait rien d’humain. Alors je préfère largement prendre sur moi pour l’aider, que de devoir revoir un tel regard. »

Alexia ne répondit rien, elle se demandait juste si elle aurait eu cette force et ce courage, si la situation avait été inversée -si ça avait été Vanitas à la place de Vanilla. C’était idiot et assez inutile, mais son double, sur l’instant, paraissait bien plus courageux qu’elle, malgré cette douleur à son cœur. Elle pourrait presque en être jalouse.
Elle sentit finalement Axel lui ébouriffer les cheveux, avec un léger sourire.

« Tu as aucune raison d’être jalouse, déclara-t-il. Toi aussi t’es forte à ta manière, même si tu penses le contraire. »

Au moment où elle ouvrit la bouche pour répondre quelque chose, elle fut interrompue ; quelqu’un venait de frapper à la porte. Elle observa Axel, comme pour savoir si le garçon avait une idée de l’identité de la personne, mais vu l’haussement d’épaules du roux, elle comprit qu’il n’était au courant de rien.
La rousse autorisa finalement la personne à entrer, et ne put cacher sa surprise lorsqu’elle vit Sora. Axel, quant à lui, observa son double et son ami, avant de se relever et de se diriger vers la porte.

« Je suis sûr que vous avez plein de choses à vous dire, donc je vous laisse, déclara-t-il simplement, avant de sourire à son double. Ah et… si tu pouvais éviter de pleurer n’importe quand… ce serait hyper cool de ta part. »

Sans laisser le temps à Alexia de répondre quelque chose, son opposé partit de la chambre, en prenant soin de fermer la porte derrière lui –ce qu’Alexia ignorait, c’était qu’il resterait derrière, pour s’assurer que ça se passerait bien entre eux.
La rousse, quant à elle, détourna la tête, en évitant le plus possible le regard du garçon en face d’elle. Elle ne voulait pas lui parler, pas après ce qu’avait dit Sora à propos de Vanilla. Et puis il avait très certainement fait du mal à Seïra, alors pourquoi était-il ici, hein ?

« Je suis désolé. »

Des excuses ? Il fallait avouer qu’elle ne s’attendait pas à ça. Seulement les pensait-il vraiment ?
La rousse vit l’autre s’approcher, prendre une chaise, et l’installer juste à côté du lit, avant de s’y asseoir. Inconsciemment, chacun plongea son regard dans celui de l’autre.

« Je n’ai pensé qu’à moi, sans prendre en compte ce que vous, vous étiez aussi en train de vivre…, commença le garçon. Je ne l’ai compris que lorsque nos sentiments, à Seïra et moi, se sont mélangés. Je sais bien que des excuses n’effaceront pas les mots, mais… je tenais à te les faire quand même. »

Alexia, sur l’instant, ne sut pas vraiment quoi répondre. En tout cas, ce qui était sûr, c’était que Sora pensait sincèrement ce qu’il venait de dire.
Le brun observa finalement les traces à la gorge de la rousse. Lorsque celle-ci s’en aperçut, elle détourna la tête et posa une main pour cacher les marques, encore beaucoup trop visibles, de son étranglement. Elle essaya de prendre sur elle sa peine et ferma les yeux.

« J’étais mal couchée, c’est tout, mentit-elle avant que l’autre ne dise quoique ce soit. »

Mais au fond, Alexia savait que Sora était au courant de la vérité. Pourtant… le brun retirait quand même ses paroles, en sachant très bien ce que la dernière crise d’hystérie de l’adolescente avait donné ?
Dans ses réflexions, elle ne s’aperçut pas tout de suite qu’on lui mettait quelque chose autour de son cou, mais quand elle s’en rendit compte, elle leva un regard rempli d’incompréhension vers Sora, qui se réinstallait déjà sur sa chaise.

« Un keffieh ?
- Oui. Et c’est celui de Vanitas, alors tu as intérêt à en prendre soin.
- De… mais pourquoi ?
- Vanilla éprouvera très certainement d’énormes remords si à son tour elle voit ces marques, expliqua le brun. Alors pour lui éviter ça, il vaut mieux les cacher tant qu’elles sont visibles. »

Alexia ne sut pas quoi répondre, et prit simplement le tissu entre ses doigts, pour pouvoir le regarder. Elle reconnut évidement le keffieh de Vanitas, mais elle ne pouvait pas croire que Sora le lui prêtait –et avec une raison pareille en plus…
Elle observa finalement le garçon qui restait silencieux.

« Pourquoi tu fais ça ?
- Tu as vraiment besoin d’une raison ? »

Finalement, Sora se releva, et se dirigea vers la porte. Il avait déjà la main sur la poignée lorsqu’il observa du coin de l’œil la rousse.

« On ne peut pas ramener les morts, et pleurer éternellement ne sert à rien. Le plus important maintenant est de préserver la vie des personnes encore là. Alors même si ce que je fais ce n’est pas grand-chose… si ça peut aider d’une manière ou d’une autre, c’est l’essentiel pour moi. »

Il ne laissa pas le temps à Alexia de répondre, et sortit de la chambre sans un mot de plus.

~0~0~0~0~

Kaël, lorsqu’il avait eu les informations qu’il voulait, s’était directement dirigé vers l’endroit convoité. Il était tombé sur Zenia et sur Braig, qui lui avaient formellement interdit d’approcher Vanilla, mais il les avait tout simplement ignorés.

Maintenant qu’il était devant la porte, il ne pouvait tout simplement plus reculer –il ne restait après tout que trente-et-une heures, ce qui était très peu.
Il toqua, juste pour avertir sa présence, mais savait très bien que la jeune fille ne lui répondrait pas –c’était impossible dans son état actuel.

Lorsqu’il entra, et que son regard tomba sur Vanilla, il ne la vit pas dans son lit ; elle était dans un coin de la pièce, assise et recroquevillée sur elle-même. Son regard vide et terne fixait un point invisible, et elle ne s’était sans doute pas encore aperçue de la présence du jeune homme.
Il s’approcha, doucement, et évita tout geste brusque. Vanilla finit par trembler quand Kaël fut à un petit mètre d’elle, et qu’il s’était agenouillé.

« Vanilla ? »

Aucune réponse, pas la moindre réaction. Seulement ses tremblements qui s’intensifièrent.

« Tout va bien, d’accord ? Je veux juste te parler, je ne m’approcherai pas plus. »

Il s’installa en tailleur en face de la jeune fille, et mit les mains derrière son dos. Le regard doré observait le moindre de ses gestes.

« Tu vois ? Je reste juste là. »

Bon, au moins elle était calme, et paraissait plus ou moins attentive.
Dans sa tête, il tenta de trouver les mots qu’Aqua avait prononcés pour lui, dans cette même situation, et de trouver un moyen de les adapter pour Vanilla.

« Tu ne veux pas parler ? »

Evidement, toujours aucune réponse.
Vu qu’il avait suivi la conversation entre Seïra et Sora, il savait que les souvenirs de Vanilla était plus ou moins enfouis en elle, mais peut-être qu’elle se souvenait tout de même de certaines choses ?

« De quoi te souviens-tu en dernier ? »

Quand soudain, et pendant une micro seconde, l’expression de Vanilla changea, et son regard… Oh non… Une mauvaise question. Vite, il fallait qu’il rattrape la chose avant que sa folie ne reprenne le dessus.

« C’est rien, oublie ce que je viens de dire ! »

Seulement, dans la précipitation, il avait tendu un bras vers elle et avait haussé légèrement la voix. Vanilla se mit à crier, se releva, et chercha à reculer –seulement il y avait le mur derrière elle.
Kaël se releva à son tour, et tenta de s’approcher, seulement dans un cri reflétant tout son désespoir et sa folie, Vanilla le bouscula, et s’enfuit à travers la porte que le rouquin avait accidentellement laissé ouverte.

Le jeune homme la suivit immédiatement, et chercha à la rattraper, alors qu’elle avait déjà échappé à Zenia et Braig. Merde.
Kaël, tout en courant, n’arrivait pas à croire qu’il avait échoué à ce point ! Pourtant, lorsqu’Aqua avait fait la même chose pour lui… il n’avait pas réagi comme ça !

Finalement, dans sa course folle, Vanilla finit par percuter quelqu’un, et tomba avec la personne au sol. Elle s’apprêta à se relever immédiatement, seulement son regard croisa celui azur de la personne qu’elle avait bousculé. Elle se figea complètement, mit sa tête dans ses mains et commença à hurler.
Son cri résonna dans tous le couloir du souterrain, mais ni Kaël, ni Zenia ni Braig n’osèrent bouger. Pas en voyant Sora aussi proche de Vanilla –ils avaient trop peur qu’au moindre mouvement, elle finisse par l’attaquer.

Sora se redressa, et voyant que les trois autres n’agissaient pas, décida de le faire ; il enlaça Vanilla, et lui parla, alors que la jeune fille commençait à se débattre de toute ses forces –il sentit d’ailleurs un fort coup dans ses côtes, mais ignora la douleur.
Il continua pendant plusieurs secondes, voire minutes, de lui murmurer des mots, des phrases qui n’avaient ni queue ni tête pour la plupart -mais il s’en fichait.
Il cherchait juste à la calmer, avec une voix douce, sereine.

Au bout de plusieurs minutes, la jeune fille cessa de se débattre, de crier. Elle retourna dans son état léthargique, et resta simplement agenouillée lorsque Sora se sépara d’elle.
Lorsqu’il tenta de la relever, elle ne protesta pas, et se laissa même faire.

Sous le regard à la fois inquiet mais surtout surpris des trois autres –personne n’avait encore réussi à calmer Vanilla sans utiliser de calmant- le brun guida avec douceur l’adolescente vers sa chambre. Ni Kaël, ni les scientifiques, ne cherchèrent à s’approcher, sachant très bien que l’opposée brisée pouvait très mal réagir à ça.

Une fois que Sora et Vanilla avaient disparu au tournant du couloir, Braig fit une tape amicale dans le dos de Kaël.

« C’était une belle tentative, gamin, mais je crois que la princesse n’a pas été hyper réceptive.
- Mais… je pensais qu’en agissant comme Aqua l’avait fait pour moi…
- C’est du cas par cas, visiblement, déclara finalement Zenia après avoir réfléchi sur ce qu’il venait de se passer. Pourtant, Vanilla n’a pas cherché à attaquer, cette fois-ci…
- Et Sora a réussi à la calmer en lui parlant juste, rajouta l’autre scientifique.
- Mais si on compare avec ce qui s’est passé avec Kaël…, continua la femme, toujours dans ses réflexions. »

En rapprochant la situation du rouquin lorsqu’il avait perdu son opposée, et celle actuelle de l’adolescente brisée… Tout finit par faire sens dans l’esprit de Zenia. Aqua était la meilleure amie de Kairi et avait réussi à parler à Kaël, et Sora était le frère jumeau de Vanitas et avait réussi à calmer Vanilla.
Mais Kaël, lui, n’avait pas été proche du noiraud. C’était pour ça qu’il avait échoué, même en se basant sur ce qu’avait pu faire Aqua pour lui.

Alors qu’elle émettait son hypothèse à voix haute, Braig comme le rouquin tentèrent de trouver une faille dans le raisonnement… mais il n’y en avait pas. Tout tenait debout.

« Ce qui veut dire que si on veut que Vanilla s’en sorte…, souffla Kaël.
- Il faut qu’on fasse confiance à Sora, seul lui pourra faire quelque chose pour elle, déclara Zenia.
- Mais s’il refuse de prendre cette responsabilité ? Demanda le rouquin, qui craignait cette alternative. »

C’était malheureusement l’une des possibilités, en effet. En plus il ne restait bientôt plus que trente heures avant l’échéance, et convaincre Sora s’il refusait serait impossible.
Etait-il vraiment la seule personne à pouvoir aider Vanilla ?

« Il ne refusera pas, déclara soudainement une voix féminine. »

Tous se tournèrent vers sa provenance, et découvrirent Seïra et Alexia, qui avaient été très certainement alertées par les cris de Vanilla –et visiblement, elles avaient également du voir ce que Sora avait réussi à faire.
C’était la brune qui avait parlé.

« Comment tu peux en être sûre ? Demanda Braig, sceptique. »

Ce ne fut pas Seïra qui répondit, mais la rousse –elle tenait le keffieh qu’elle portait autour de son cou, et avait fermé les yeux.

« Il est venu me voir tout à l’heure. Et avec ce qu’il m’a dit, je suis sûre que s’il apprend qu’il est le seul espoir de Vanilla… il acceptera de l’aider. »

En plus, Seïra pouvait sentir l’état d’esprit actuel de Sora, et était certaine du choix que ferait le brun, tandis qu’Alexia se basait sur ce que lui avait dit –et prêté- l’adolescent pour être convaincue de la réponse de ce dernier.

« On va lui en parler, et vous verrez qu’on aura eu raison, déclara la rousse. Viens Seïra, on va le rejoindre. »

La brune hocha la tête, et toutes deux partirent vers la chambre de Vanilla.
Elles ne comptaient pas y entrer, mais attendraient que Sora en sorte pour lui parler de leur requête.

Quand elles arrivèrent juste devant la porte, celle-ci s’ouvrit, laissant apparaître Sora –qui fut tout d’abord surpris de voir son double ainsi qu’Alexia juste devant lui.
Mais au fond, ce n’était pas vraiment étonnant, surtout après les cris de Vanilla.

« Ne vous en faites pas, elle s’est endormie, et n’a pas essayé d’attaquer quelqu’un. »

C’était une bonne nouvelle, d’un côté, parce que chacun savait que plus Vanilla commettrait d’actes comme ceux qu’elle avait déjà fait, plus elle serait accablée de remords.
Seulement à la base elles n’étaient pas là pour ça. Les deux filles expliquèrent rapidement le raisonnement de Zenia, avant de s’arrêter à la fin de celui-ci.
C’était maintenant que ça allait devenir délicat, mais si Sora avait suivi, peut-être qu’il comprendrait facilement où elles voulaient en venir…
Après un silence, Sora finit par les regarder toutes les deux. Son regard montrait qu’il avait compris.

« Je suis donc la seule personne capable de l’approcher et de l’aider dans son état, pas vrai ? »

Hochement de tête positif, avant qu’Alexia ne reprenne la parole.

« On sait qu’on te demande quelque chose de purement égoïste, mais… mais il reste plus que trente heures, et…
- Tu as déjà oublié notre conversation, Alexia ? Coupa Sora. Si je peux sauver Vanilla, alors je le ferai. Mais surtout… je ne veux pas qu’on me ménage parce que j’ai perdu mon frère, ni me décourager à cause de ça. »

Les deux filles se regardèrent, surprises de la réponse du garçon, mais heureuses à la fois. Bien sûr personne n’était certain que Vanilla s’en sortirait –car ils avaient trouvé la solution malheureusement assez tard- mais savoir que le brun tenterait le tout pour le tout durant ces trente prochaines heures suffisait à leur faire retrouver un minimum d’espoir.
Maintenant tout dépendait de Sora, mais également de la réceptivité de Vanilla.

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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Dim 1 Fév - 0:51

Aaah, pardon, j'ai complètement oublié de publier le chapitre 18 !
Excusez-moi pour le retard, mais je vous souhaite tout de même bonne lecture.

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Chapitre 18 : Le choix du cœur

Il s’était déjà écoulé une vingtaine d’heures, depuis que Sora avait accepté de veiller sur Vanilla, et de lui parler régulièrement. Elle ne répondait jamais, et son regard n’avait toujours rien d’humain, mais depuis que le brun était chargé de veiller sur elle, elle n’avait pas fait une seule crise d’hystérie. L’adolescent avait même réussi à la forcer –en douceur- à manger quelque chose.

Avaient-ils donc vraiment trouvé la bonne solution ? Y avait-il une chance que dans dix heures… Vanilla ne choisisse pas l’option du suicide ? Ou bien s’y étaient-ils quand même pris trop tard ? Ils ne le sauraient malheureusement pas encore –pas avant que le compte à rebours ne soit totalement écoulé.

Pour l’instant, ils étaient tous réunis dans la salle commune, parce qu’Eva les avait convoqués. Au départ, ils avaient cru qu’elle voulait appliquer à Vanilla le traitement qu’elle lui avait réservé dans le cas d’un prochain faux pas, mais… il n’en fut rien. La scientifique ne fit même pas une seule fois référence à l’être brisée, se contentant de rappeler, à toutes les personnes qu’elle avait réunies ici, qu’il fallait se presser d’aller aux entrepôts, avant de n’y retrouver que des cadavres.

« Il ne reste que peu de temps aux entrepôts, avant d’être à court de vivres et de munitions, nous n’avons pas le choix, il faut retenter la mission, déclara froidement la scientifique. »

Seulement voilà, c’était lors d’une mission extérieure qu’ils avaient tous connu la pire des défaites, et personne n’était vraiment prêt pour y retourner si tôt, surtout en ignorant totalement l’avenir de Vanilla.

« J’ai reformé les groupes, en rajoutant les effectifs blessés qui sont à présent capable de combattre.
- Bah voyons, et nous demander notre avis un jour, ça vous direz pas ? Demanda Axel.
- Inutile de jouer à ça avec moi, déclara Eva. Je savais très bien ce que je faisais la dernière fois, mais il a fallu que vous fassiez échouer mes plans. Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même. »

Le roux n’eut qu’une seule envie sur l’instant, c’était de donner un bon coup de poing dans le visage de cette scientifique. Seulement il sentit la main de Sora se poser sur la sienne, et il comprit finalement le message. On ne la changerait pas, alors c’était inutile de s’énerver contre elle.

« Seïra, Riko, Xion, Riku, et Noa, vous irez avec Zenia aux entrepôts. Alexia, Axel, Kaël, Vanilla et Sora iront avec moi au laboratoire. Comme vous vous en doutez, aucune objection ne sera tolérée et aucune absence ne sera acceptée. Vous partez demain, soit dans vingt quatre heures. »

Toutes les personnes crurent mal entendre quand ils entendirent les prénoms de ceux qui accompagneraient Eva au laboratoire, pour y désactiver et détruire le portail.
Elle avait du se tromper, c’était impossible autrement…
La scientifique, quant à elle, ne fit que leur tourner le dos, avant de déclarer une dernière chose.

« En équitation, au moment d’une chute, il faut directement remonter à cheval. Si vous ne le faites pas immédiatement, vous n’en trouverez plus jamais le courage. »

Sans rien rajouter de plus, elle s’isola comme à son habitude dans son bureau, laissant tous les autres se regarder avec incompréhension. Deux choses les tourmentait ; la première était évidement la présence de Vanilla dans les prochaines missions à l’extérieur, mais les derniers mots d’Eva avaient également réussi à capter leur attention. C’était la première fois que la scientifique leur parlait avec ce ton un tant soit peu compatissant.

«  …Elle vient d’essayer de nous encourager, là, non ? Demanda finalement Seïra.
- Je crois bien, répondit Zenia, aussi surprise que les autres –elle n’avait jamais assisté à ça, malgré ses nombreuses années de travail avec l’autre femme.
- Elle reste humaine, quoi qu’on dise d’elle, déclara Noa.
- Et il ne faut pas oublier que c’est elle qui se charge à chaque fois des corps des personnes décédées, rajouta Riku. »

C’était vrai ; Eva était chargée de la plus difficile des tâches dans ce souterrain –avec son caractère insupportable, ils l’avaient complètement oublié. Chaque fois qu’un nouveau cadavre était découvert et  rapporté ici, elle s’en occupait, afin de le remettre plus ou moins en état en posant des points de sutures si besoin était, et en lavant le corps du possible sang qui le souillait.

C’était elle, d’ailleurs, qui avait eu l’idée d’appliquer la méthode de la thanatopraxie, qui consistait à injecter divers produits dans le corps,  pour empêcher les bactéries de se développer, et ainsi stopper totalement le processus de décomposition des corps –mais étant donné le peu de matériel disponible, la scientifique avait également abaissé la température de la morgue à son maximum, pour une efficacité plus grande et durable dans le temps.

Bien sûr, tout cela était réalisé dans un seul but ; celui de pouvoir offrir à toutes ces personnes une sépulture correcte, une fois les monstres anéantis et le monde reconstruit. C’était d’ailleurs ça qui avait convaincu les scientifiques -des deux autres souterrains- à faire de même avec les corps qu’ils retrouvaient. Et sans doute que, partout dans le monde, la même stratégie avait été effectuée.

En réalisant ça, toutes les personnes présentes dans la salle commune gardaient le silence. Certes la scientifique était vraiment insupportable, mais… grâce à elle les morts ne seraient pas oubliés, et quand tout ça serait fini, ils auraient même droit à un dernier hommage.

Seulement ils étaient bien loin de la victoire. Il leur restait encore deux missions, et ils avaient déjà échoué une fois… Rien ne pouvait leur prouver que la prochaine tentative serait un succès.

Et puis il y avait Vanilla, dont l’avenir restait toujours incertain. Eva avait peut-être tenté de les encourager à sa manière, si la situation finissait par jouer en leur défaveur, cela ne changerait absolument rien.
Quand cette pensée traversa Sora, il serra les poings, et se leva. Il ne restait plus que neuf heures maintenant.

« Je vais retourner chez Vanilla. »

Les autres le laissèrent partir, sans rien dire. Ils savaient que l’attitude de l’adolescente brisée n’avait pour l’instant pas énormément changé.
Elle ne faisait peut-être plus de crises hystériques, mais elle restait malgré tout muette, et ne se souvenait toujours pas des personnes qui l’entouraient. Même Sora, elle n’avait pas l’air de le reconnaître.
Pourtant… elle acceptait sa présence, comme si son cœur, lui, n’avait pas oublié qui il était vraiment -et c’était uniquement dans ses bras que Vanilla arrivait à trouver le sommeil naturellement, sans sédatifs ou autres tranquillisants.

En y pensant, Alexia en serait presque jalouse. Elle aussi aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour Vanilla. Mais elle savait qu’au moment où sa meilleure amie se souviendrait de tout, ce serait à elle d’agir.

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Une heure était passée depuis la réunion dans la salle commune. Sora, après sa visite chez Vanilla, les avait avertis que la jeune fille s’était endormie ; ce qui signifiait qu’à son prochain réveil, ils sauraient enfin quel destin l’attendait. Le brun ne pouvait plus rien faire maintenant, tout dépendait du choix que le cœur de Vanilla ferait.
Vivrait-elle ou suivrait-elle Vanitas dans la mort ? Cette question resterait encore sans réponse pendant huit heures –et ce serait sans doute les plus longues.

Riku, dont la blessure n’était en fin de compte pas très grave, marchait dans les couloirs, sans but –il faisait souvent ça lorsqu’il avait besoin de s’aérer l’esprit et de réfléchir. Il pouvait sentir la crainte de Riko quant à l’avenir de Vanilla, mais également sa propre peine face à ce qui était arrivé.
C’était d’ailleurs pour éviter une altercation, comme celle qui avait eu entre Seïra et Sora, que l’argenté avait préféré rester éloigné de son double, après avoir été soigné par cette dernière.
Sans doute que son opposée avait pensé la même chose, car elle non plus n’avait pas cherché à lui parler -et ils ne le feraient pas avant de connaître la réponse à la question que toutes les personnes présentes se posaient.

Dans sa marche hasardeuse, il s’arrêta finalement devant une porte –celle qui menait à la chambre de Xion. En y réfléchissant, il se rendit compte que son amie était la seule qu’il n’avait pas beaucoup vue ces dernières heures. En plus il ignorait totalement si quelqu’un –mis à part Noa- avait été là pour la soutenir…

L’argenté décida alors d’ouvrir la porte, et put voir Xion, qui paraissait pensive, assise, les jambes repliées contre elle, sur son lit. Elle leva à peine un regard vers le garçon, avant de retourner dans la contemplation des draps blancs.
Ce comportement n’empêcha pas Riku de s’approcher, et de s’installer à côté de la jeune fille.

« Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je m’inquiétais pour toi. »

Xion se crispa légèrement à l’entente de ces quelques mots, et rapprocha un peu plus ses genoux contre elle. Dans cette histoire, elle était l’une de celle à moins à plaindre, et elle pensait avoir réussi à se faire suffisamment discrète, afin de ne pas inquiéter les autres, pourtant…

« Tu n’as pas besoin de le faire. »

Pour toute réponse, Riku soupira, et finit par prendre le menton de son amie dans sa main, puis lui releva la tête, afin de forcer Xion à le regarder. Celle-ci parvint tout de même à détourner le regard –mais ses yeux ne pouvaient mentir sur son état réel.

« Je sais très bien que tu considérais Vanitas comme un frère, et n’essaie même pas de me dire le contraire. »

Sur l’instant, Xion ne sut quoi répondre, parce que c’était vrai. Depuis la maternelle, Sora, Vanitas et elle avait toujours été dans la même classe –ce n’était que depuis le lycée qu’ils avaient été séparés. Et lorsque, au collège, elle se faisait « victimiser » par les classes supérieures, c’était toujours Vanitas qui la défendait. Elle se souvenait même que le garçon avait fini avec un plâtre au niveau du bras, à cause d’une mauvaise chute dans les escaliers.
En plus de ça, ce n’était qu’en fin de matinée, lorsque la douleur était devenue vraiment invivable –soit une heure après et un malaise-, que Vanitas s’était résigné à aller à l’hôpital ; il voulait vraiment éviter d’inquiéter Xion, sachant très bien qu’elle se serait rendue coupable –ce qui fut le cas le lendemain, quand Sora expliqua l’absence de son frère.

Xion sentit finalement Riku la prendre dans ses bras. Elle ferma les yeux, pour empêcher les larmes de couler ; mais sentir la chaleur de l’argenté près d’elle lui faisait du bien –un peu.
Seulement ressasser le passé lui fit serrer le tissu du T-Shirt que portait Riku, tandis qu’un sentiment de culpabilité la prit.

« Tu devrais être avec Sora, Axel, ou même avec Riko d’ailleurs, mais pas avec moi.
- Tu es aussi importante qu’eux, Xion. »

La jeune fille ne répondit rien, et se contenta de se blottir un peu plus dans les bras de l’argenté. Elle reprit finalement la parole.

« Je suis idiote… Je devrais être là pour Noa, pour le soutenir… Axel et Sora y arrivent bien, eux…
- Ce n’est qu’une façade, déclara simplement Riku. A un moment donné ils ne pourront plus se cacher derrière une fausse bonne humeur, ou derrière un courage à priori sans limite. Se rendre utile leur permet d’oublier un temps, c’est tout. »

Un silence, durant lequel Xion s’aperçut de son comportement égoïste. A force de parler de ce qu’elle ressentait face à la mort de Vanitas, elle avait totalement oublié que Riku devait lui aussi souffrir. Elle se sépara de lui, et planta ses yeux bleus azur dans le regard turquoise.

« Et toi ?
- Comment ça, moi ?
- Comment est-ce que… est-ce que tu vis cette situation ? »

Riku ne sut pas vraiment quoi répondre, sur l’instant, car sa situation était légèrement différente, par rapport aux autres. Cela ne faisait que depuis le collège qu’il connaissait Vanitas, contrairement aux autres qui, soit l’avaient toujours connu –dans le cas de Sora- ou alors rencontré en maternelle et primaire –les cas de Xion et Axel.
C’était pour ça que s’il y avait quelqu’un qui devait être là pour les autres, c’était lui –même si, bien sûr, la perte d’un ami était douloureuse, il n’avait pas le droit de faiblir, par respect pour les trois autres.

« Ne t’en fais pas pour moi, répondit-il simplement après un temps de réflexion. »

Xion savait qu’elle n’obtiendrait jamais rien de plus de la part de l’argenté, alors elle n’insista pas –sachant que s’il avait vraiment besoin de parler, il le ferait de toute manière.

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« Elle fait pitié, cette fille. »

D’abord une voix familière.

« Elle a failli tuer nos amis ! » « Et elle veut qu’on lui fasse confiance ? »

Puis des voix sur lesquelles elle ne parvenait pas à poser de noms, mais qui lui faisait mal.

« Si vous voulez mon avis, c’est plus qu’un monstre, on devrait la laisser mourir. »

Elle ne savait pas où elle était, ni même qui elle était. Elle ignorait ce que lui voulaient ces voix, à qui elles appartenaient.
Que lui reprochait-on ? Qu’avait-elle fait pour entendre autant de haine ?

« Elle mérite même pas qu’on l’appelle humaine. »  « Pourquoi on devrait s’obstiner à garder une créature comme ça en vie ? »

Elle porta ses mains au niveau de ses oreilles, pour faire taire ces voix, quand elle se rendit compte qu’elles ne venaient pas de là, mais de son cœur.

« Taisez-vous, je vous en supplie… »

Sa voix résonna au loin, comme un écho.
Pourquoi n’arrivait-elle pas à poser des prénoms sur ces personnes qui lui parlaient ?

« Je croyais pouvoir te faire confiance après toutes ces années, Vanilla. »

Le dernier mot prononcé… c’était son prénom, elle en avait la conviction.
Elle était couchée, elle le savait –alors elle se recroquevilla un peu plus sur elle-même. Elle pleurait silencieusement.

« Pour moi, tu n’es plus rien, va-t-en. »

Vanilla, dans un cri, finit par se relever, le souffle saccadé. Désorientée, elle observa autour d’elle. Ses souvenirs lui permirent de finalement reconnaître les lieux. Plus par automatisme qu’autre chose, elle prit appui sur ses bras pour s’aider à se lever, et finalement arriver à poser ses pieds nus sur le sol froid et carrelé.

Elle aperçut une glace, un peu plus loin, et décida de s’y diriger, sans vraiment savoir pourquoi.
Elle ne contrôlait pas ses mouvements, comme si… comme si elle était là, mais sans vraiment l’être -complètement décalée.
Chancelante, elle s’approcha du petit miroir et elle leva ensuite son regard vers son propre reflet.

Elle porta une main tremblante vers sa joue.
Cette fille dans la glace, au regard brisé et à la peau aussi blanche que de la neige... ce n’était pas elle. Cela ne pouvait pas être le cas.
Puis elle se rappela. Ces rêves. Ces voix. La mort de Vanitas.

Une vive douleur s’empara de son cœur détruit, au moment où des images lui vinrent en tête –les mêmes qu’elle avait vu dans son sommeil.
Dans ses cauchemars, elle avait agressé Kaël, blessé Riku et… et elle s’était également vue étrangler Alexia.
Elle sentit  tout d’un coup son corps flancher -elle dut poser une main sur la glace, afin d’avoir quelque chose à quoi se raccrocher si elle vacillait. Elle laissa tomber sa tête contre la paroi miroitante, et ferma les yeux.

Son cœur -devenu incomplet- et sa tête –sa raison- se livraient une bataille sans merci. Le premier voulait lui garantir que tout ce qu’elle avait vu et entendu dans ses rêves n’était que le fruit de son imagination. Mais la seconde lui criait, lui hurlait même, que la plupart des choses avaient été réelles –sauf les voix.

Chaque battement de ce cœur détruit lui était horriblement douloureux –et ce n’était que maintenant qu’elle réalisait qu’il avait toujours battu aux côtés d’un autre. Qu’elle avait été dépendante de lui et inversement –comme les deux côtés d’une même médaille.
Mais cet Autre n’était plus, il avait été tué. On lui avait volé une partie d’elle-même.

Ses jambes n’eurent plus la force de la porter plus longtemps. Vanilla s’effondra à genoux, et porta une main à son cœur qui continuait difficilement de battre.
Pourquoi est-ce que cela faisait si mal ? Comment faire taire cette douleur ?
Elle ne savait pas, ne savait plus.
Elle se demandait toujours si la fille qu’elle avait vue dans le miroir… était véritablement son propre reflet –elle ne s’était jamais vue dans un tel état.

Et puis il y avait ces images, qui sonnaient comme des souvenirs lointains, et la faisait souffrir. Si tout cela avait été réel… avait-elle… tué Alexia ?
Cette idée la faisait trembler, et elle ne put s’empêcher de serrer le tissu de sa robe au niveau de la poitrine. La douleur à son cœur ne s’arrangeait pas –ne s’arrangerait sans doute plus.

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Dix minutes. C’était le temps qu’il restait avant de savoir. C’était également le temps qu’il avait fallu à Alexia pour rejoindre la chambre de Vanilla, sans pour autant trouver la force et le courage d’ouvrir la porte en face d’elle.
Y verrait-elle sa meilleure amie qui se serait donnée la mort ? Ou bien une fille brisée, au point d’avoir oublié tous ses souvenirs définitivement ?

Alexia mit une main sur la poignée, alors que l’autre serrait le keffieh que Sora lui avait donné.
La rousse ne savait pas –et elle avait peur  de savoir. Elle ne voulait pas voir le corps de Vanilla sans vie, mais en même temps, elle ne supporterait pas de constater que l’autre adolescente l’avait totalement oubliée.

Seulement rester là ne servait à rien ; cela ne changerait pas le choix, ni les évènements à venir selon ce dernier.
Elle respira un grand coup, et abaissa la poignée. La porte ne grinça pas, ne fit pas le moindre bruit.
Et ce fut lorsque cette dernière fut totalement ouverte qu’elle la vit -agenouillée et les yeux fermés, une main contre sa poitrine. Son visage montrait une souffrance certaine.

Alexia s’approcha doucement, et s’assit juste à quelques centimètres de Vanilla, qui ne s’était pas encore aperçue de la présence de la rousse. Celle-ci posa une main sur l’épaule de sa meilleure amie –provoquant immédiatement un sursaut de sa part.

« Qui… ? Demanda Vanilla, dans un murmure. »

C’était la première fois, depuis qu’elle avait agressé Kaël, que sa meilleure amie prononçait un mot compréhensible, sans crier.
Mais même si elle pouvait de nouveau parler… ses souvenirs, eux, étaient-ils revenus ?

« C’est moi, c’est Alexia, déclara la rousse. Tu… te souviens de moi ? »

Elle avait terriblement peur de la réponse, ainsi que de la réaction de Vanilla. La dernière fois qu’elle avait dit comment elle s’appelait, sa meilleure amie l’avait… l’avait presque tuée –et l’aurait fait si Axel n’était pas arrivé à temps.
Pourtant, cette fois, la réaction de Vanilla fut totalement différente ; elle se mit à pleurer comme jamais auparavant.
Alexia, en voyant ça, la prit immédiatement dans ses bras, et passa une main dans ses cheveux.

Vanilla se laissa faire mais les larmes, elles, ne se calmèrent pas. Elle avait réalisé, au moment même où la rousse avait posé sa question ; les scènes qu’elle avait cru rêver… tout avait été réel. Et s’en rendre compte lui fit l’effet d’une bombe.
Elle avait vraiment menacé Kaël.  
Elle avait vraiment blessé Riku.
Elle avait vraiment failli tuer Alexia.
Un cri de désespoir franchit ses lèvres.

La rousse ferma les yeux et serra sa meilleure amie plus fortement contre elle à ce moment-là. Vanilla se souvenait de ces dernières quarante-huit heures, c’était certain.

« Tu n’as rien fait de mal, Vanilla, tenta-t-elle pour au moins la rassurer, sachant très bien que rien, pour l’instant, ne pourrait la calmer. Tout va bien, c’est terminé… »

Alexia ignora combien de temps elles restèrent là, l’une contre l’autre, avec comme seul bruit les sanglots de la jeune fille brisée.
La seule chose qui était sûre dans un moment pareil, c’était le choix du cœur, détruit et rempli de remords, de sa meilleure amie.
Vanilla vivrait, envers et contre tout.

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Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 7 Fév - 17:52

Et voilà l'avant dernier chapitre de cette fic !
Bonne lecture !

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Chapitre 19 : Le début de la fin

Alexia, au moment où elle sentit les tremblements de sa meilleure amie se calmer, se permit un rapide regard vers l’horloge digitale, accrochée au mur.
Une heure. Ce fut le temps qu’il avait fallu à Vanilla pour finalement réussir à faire taire ces larmes, contenues depuis bien trop longtemps.

Elle sentit finalement sa meilleure amie se redresser, quitter ses bras. Elle avait la tête baissée, et essuyait sans doute les dernières gouttes d’eau qui perlaient son visage. En douceur, Alexia lui souleva la tête, afin de la regarder.
Les traces de ses pleurs mettraient un peu de temps avant de disparaître, mais les larmes avaient vraiment totalement disparues.
Une question idiote franchit finalement les lèvres de la rousse.

« Est-ce que… tu te sens mieux, un peu ? »

Vanilla ne répondit pas tout de suite.
Avoir pleuré lui avait peut-être fait du bien, mais cela ne changerait rien au vide dans son cœur -et cela ne ferait pas oublier les horribles actes qu’elle avait commis.
Elle ne pouvait pas continuer à fixer les yeux émeraude en face d’elle, alors elle baissa son regard doré –vide mais dont la folie, qui pouvait s’y lire ces dernières heures, n’existait plus.

« Je suis désolée. »

Maintenant qu’elle arrivait de nouveau à avoir des pensées plus lucides, elle savait aussi que les excuses ne changeraient pas grand-chose non plus, mais… c’était tout ce qu’elle trouva à dire à sa meilleure amie. Celle-ci se releva finalement.

« Je suis contente que tu sois revenue, et que tu te souviennes… alors le reste je m’en contrefiche. T’as pas besoin de t’excuser. »

Un nouveau silence, rompu très rapidement par Alexia, qui tendait une main vers sa meilleure amie.

« Tu sais, je suis pas la seule à m’être inquiétée pour toi, et là ça fait une heure qu’ils attendent. Alors viens. »

A ces mots, Vanilla réalisa finalement la dernière chose qui lui échappait encore jusqu’à maintenant ; de retour à la réalité, elle devrait faire face à Sora, Axel, Xion et Riku. Les quatre amis de Vanitas.

« Je ne peux pas.
- Pourquoi, t’as peur qu’ils se foutent de toi parce que t’as pleuré ? Tenta la rousse avec un léger sourire.
- Idiote. Tu sais très bien pourquoi. »

C’était vrai, Alexia connaissait la crainte de Vanilla –elle avait juste essayé de détendre un peu sa meilleure amie, mais ça avait lamentablement échoué.
Seulement il était évident qu’elle avait peur des Almarys –après tout, Vanitas et elle avaient le même regard. Alors… elle craignait qu’en la regardant, les quatre autres ne puissent jamais réussir à oublier leur peine, ou au moins à la mettre de côté.

« T’as l’air de te souvenir de certaines choses, mais d’avoir oublié l’essentiel, Vanilla, déclara finalement Alexia. Mais je te garantie que tu n’as aucune raison d’avoir peur d’eux. »

La rousse força sa meilleure amie à prendre sa main, puis l’aida à se relever. Elle avait conscience que ce serait très difficile pour Vanilla, mais si elle ne se relevait pas le plus vite possible… Alexia avait peur de quand même la perdre –ce qu’elle ne supporterait pas. Pas après les efforts de tout le monde pour avoir réussi à trouver un moyen de la garder en vie.

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Cela faisait maintenant une heure que le destin de Vanilla était scellé par son cœur. Une heure également que toutes les personnes, réunies dans la salle commune, attendaient des nouvelles d’elle et d’Alexia, qui était partie la voir.
Seïra ne tenait plus du tout en place ; elle s’était même levée, pour se diriger vers Axel -le seul qui pouvait avoir une vague idée de la situation en lisant le cœur de la rousse, avec qui il était lié.
Mais même lui ne savait pas trop ce que la jeune fille pouvait ressentir. Comme si, provisoirement, elle avait réussi à créer une sorte de barrière entre son cœur et celui du roux.
Peut-être pour le protéger, et lui éviter de souffrir si Vanilla mourrait à son tour…
Ca le stressait autant que les autres de ne pas savoir ce que son double ressentait à un moment aussi grave.

« Si elle était morte, Alexia serait revenue depuis bien longtemps, déclara finalement Riko, rompant ainsi le silence pesant. Je pense que là, elle doit essayer de gérer Vanilla, qui a du réaliser ce qu’elle avait fait, ces dernières quarante huit heures. »

Les autres ne répondirent pas, mais ils comprirent ce que le « gérer Vanilla » pouvait sous-entendre. Entre les agressions, et les presque meurtres qu’elle avait commis… la jeune fille devait sans doute être complètement rongée par le remord, en plus de ce vide causé par la mort de Vanitas.
Seïra finit par reprendre sa place, et s’assit aux côté de Noa.

« Vous croyez qu’elle arrivera à rester elle-même… ? Demanda finalement la brune après un silence.
- Elle sera différente, répondit Kaël. Mais ce qui fait d’elle la Vanilla que vous avez connu ne disparaîtra pas non plus. Il lui faudra juste du temps pour s’adapter. »

Et le rouquin savait parfaitement de quoi il parlait. Au début, il avait eu l’impression de n’avoir été que l’ombre de lui-même, mais avec le soutien qu’il avait eu, il avait réussi à se relever. Alors c’était évident que pour Vanilla, la même chose arriverait –si elle avait véritablement survécu.

« Les gens, regardez qui voilà ! »

Tous sursautèrent à l’entente de la voix enjouée qu’ils venaient d’entendre. Impossible de ne pas la reconnaître –c’était celle d’Alexia.
Ils se tournèrent vers sa provenance, pour voir la rousse, qui tenait la main de Vanilla –celle-ci fixait le sol avec insistance, refusant de croiser le moindre regard de n’importe quel Almarys.

En voyant les deux personnes en face d’eux tous, Seïra porta ses mains à sa bouche. La joie qu’elle éprouvait fut si grande qu’elle ne réussit même pas à bouger sur l’instant.
A cause de ça, Sora esquissa également un sourire. Sentir le bonheur de la brune lui faisait du bien, et voir que, finalement, il n’y aurait pas un autre mort à déclarer… c’était la meilleure bonne nouvelle qu’ils pouvaient avoir, en ce temps de lutte acharnée.
Pourtant, le comportement de Vanilla n’était pas vraiment rassurant. Alexia lui donna un petit coup dans les côtés, pour la réveiller un peu.

« Allez, dis quelque chose toi aussi, sinon ils vont croire que tu es devenue un zombie.
- Et tu voudrais que je dise quoi ? Demanda la concernée en levant finalement ses yeux vers Alexia. »

Vanilla était vraiment là, devant eux. Ce fut la seule conclusion qu’ils arrivaient pour l’instant à tirer. Elle parlait de nouveau, se souvenait visiblement de tout –sinon il était certain qu’elle n’esquiverait pas ainsi le regard de tous les Almarys.
Seulement ils n’eurent pas le temps de faire quelque chose pour remédier à ça ; une voix, que tout le monde reconnut, rompit le silence.

« Vanilla, dans mon bureau, tout de suite. »

C’était bien évidemment Eva qui venait d’arriver. Seulement était-ce vraiment une bonne idée de voir la jeune fille tout de suite après son retour ? Seïra tenta de dire quelque chose à la scientifique, mais elle fut interrompue par Noa, qui lui murmura quelques mots.

« C’est inutile de vouloir parlementer avec cette femme, tu le sais bien.
- Mais Vanilla n’est pas encore prête, répondit la brune, qui parla plus fort pour qu’Eva l’entende. Regarde-la, elle…
- C’est bon, Seïra, je vais y aller. »

Vanilla leva finalement son regard vers Eva, évita du mieux qu’elle pouvait ceux de tous les autres, et lâcha la main d’Alexia. Elle pouvait ressentir l’inquiétude de la rousse ainsi que de toutes les personnes présentes, mais elle n’avait pas oublié le caractère de la scientifique. Elle savait qu’elle n’avait pas le choix.

Elle s’approcha d’Eva, et dut donc passer très près du sofa où était installés les quatre Almarys. Elle voulut fermer les yeux le temps des quelques pas à faire, mais elle se figea totalement quand elle sentit une main prendre la sienne. Elle observa du coin de l’œil la personne qui venait de prendre son poignet. Riku.

« Que tu sois le double de Vanitas, cela ne change rien. On ne te mettra pas à te détester ou à t’éviter pour une raison aussi stupide. Et sache que Sora, Xion, Axel et moi, on est tous rassurés de te voir en vie. »

Ces mots touchèrent Vanilla, au point qu’elle ne trouva rien à répondre. Elle se dégagea simplement de l’emprise de Riku, sans un regard pour lui ou un autre Almarys, et rejoignit Eva. Les deux femmes disparurent bien vite du champ de vision des personnes présentes.

Le silence régnait dans la salle mais Seïra, malgré ça, souriait. Grâce à un regard à Riko, celle-ci lui avait confirmé par un hochement de tête que son double pensait réellement ce qu’il venait de dire –et vu les expressions des autres personnes d’Alma… il était évident que chacun était en accord avec les mots de l’argenté.
La brune s’approcha du petit groupe.

« Merci pour ce que tu lui as dit, Riku. Et merci à vous tous de penser ça.
- C’est inutile de nous remercier pour quelque chose comme ça, tu sais ? répondit simplement l’argenté.
- Et puis d’un côté… souffla Sora. C’est uniquement elle qui arrivera à le faire vivre encore un peu. Ils sont à la fois tellement similaires et différents. C’est peut-être égoïste ce que je dis, ou alors je ne l’exprime peut-être pas correctement, mais… »

Seulement il n’avait pas besoin de s’exprimer plus clairement que ça, car la brune avait réussi à comprendre, grâce à ce lien qui les unissait.
C’était vrai, Vanilla, d’une certaine façon, était la seule à pouvoir offrir la vie qu’on avait volée à Vanitas. Lui et elle avaient sans doute plein de points communs, à la fois douloureux et agréables, mais qui permettrait au noiraud de continuer à vivre, d’une manière ou d’une autre.
Et que ce soit Seïra, Alexia, ou les deux autres Mira… constater que les Almarys tournaient les choses ainsi, ça les touchait, énormément. La brune fini par répondre, un large sourire aux lèvres.

« J’ai compris où tu veux en venir, et en aucun cas c’est égoïste ce que tu penses, déclara-t-elle. Et sache que nous, en contrepartie, on saura vous rendre le sourire.
- Oh ça, ce sera pas bien compliqué, vu ce que vous nous transmettez actuellement, répondit simplement Axel en haussant les épaules. »

En effet, même si le bonheur que les Almarys ressentaient n’était pas le leur, c’était suffisant pour leur redonner courage. Vanilla avait en plus survécu, donc il resterait pour longtemps encore une trace de Vanitas dans ce monde –et cette pensée ne sonnerait jamais égoïste. Pour personne, parce que c’était vrai.

« Vous croyez que ça se passe bien, pour Vanilla ? Demanda finalement Xion.
- C’est une mesure de précaution que prend Eva, déclara Zenia qui avait jusque là préféré garder le silence. Vanilla est prévue pour participer aux prochaines missions, donc il faut s’assurer que psychologiquement, elle en soit capable. »

A l’entente de ces quelques mots, Alexia éprouva de l’inquiétude. Elle se souvenait de l’état dans lequel elle avait retrouvé Vanilla –et jamais elle n’aurait cru la voir pleurer comme ça un jour- mais elle connaissait également son caractère par cœur ; elle refuserait d’être écartée d’une mission qui avait déjà provoqué la mort de quelqu’un. Personne ne pourrait l’empêcher de venir, même pas la scientifique.
La rousse espérait vraiment que l’avis d’Eva serait favorable directement, parce que dans le cas contraire, cela voudrait dire que sa meilleure amie restait instable, et qu’elle risquerait à son tour de mourir en mission.

Heureusement, le temps d’attente fut plutôt court. Vanilla et Eva réapparurent au bout de vingt minutes, seulement la plus jeune –qui n’adressa pas le moindre regard à personne- s’éclipsa rapidement dans le couloir où sa chambre se trouvait. Immédiatement inquiète, Alexia s’approcha d’Eva.

« Qu’est-ce que vous lui avez fait ?
- Rien du tout. Elle va simplement se préparer pour sa mission. Vous devriez faire de même, d’ailleurs. N’oubliez pas que nous partons dans douze heures à peu près.
- Est-ce bien raisonnable de l’envoyer sur le terrain avec nous, Eva ? Demanda Zenia.
- Ce n’est qu’à l’extérieur que nous en serons sûrs, répondit l’autre scientifique. Mais je pense que les mots que Riku a prononcé, juste avant que je ne m’entretienne avec elle, lui ont été plutôt bénéfiques. Sur ce, nous nous retrouvons dans quelques heures, soyez prêts. »

~0~0~0~0~

Vanilla, après son entretien avec Eva, avait préféré s’isoler. Pas que la scientifique l’avait blessée ou autre, loin de là, juste… qu’elle avait peur. Peur d’échouer la mission, peur de ne pas être capable de protéger ce qui lui était cher… Peur également du regard des Almarys ; car malgré les mots de Riku, elle doutait, encore et toujours.

De nouveau devant le miroir de sa chambre, elle parvenait à plus se reconnaître, par rapport à la dernière fois. Elle effleura du bout des doigts la glace, au niveau de son visage. Il n’y avait que ce regard vide qui la rendait différente de la Vanilla qu’elle était avant. Seulement rien ne pouvait changer ça –elle devait continuer d’avancer, envers et contre tout.

Quand soudain, elle fut interrompue dans ses réflexions ; quelqu’un venait de frapper à la porte. Etait-ce Alexia ? Ou bien un Almarys ? Elle frissonna à la pensée de la seconde option. Si c’était le cas… serait-elle prête à parler ? Elle ne savait pas.
Ce qui était sûr, c’était qu’elle ferait mieux de répondre avant que la personne ne finisse par entrer d’elle-même.

« Qui… est là ? Finit-elle par demander, hésitante.
- C’est Kaël. Tu veux bien me laisser entrer ? »

… Le rouquin ? Que faisait-il là ? Pourquoi voulait-il la voir ? Prise au dépourvu, elle l’autorisa à entrer sans vraiment savoir pourquoi.
A travers le miroir, Vanilla observa d’abord la porte s’ouvrir, puis l’arrivant s’avancer. Ce dernier s’installa ensuite sur le lit, et observa la jeune fille, qui ne trouvait rien à dire.

« Je suis désolé. J’aurai du le sauver, pardon. »

Si sur l’instant Vanilla n’avait pas compris, ses souvenirs le lui rappelèrent très vite. La voix de Seïra, qui avait raconté cette funeste histoire, résonna dans sa tête.
C’était d’ailleurs en partie à cause de ça que Vanilla avait attaqué le garçon, lorsqu’elle l’avait appris –même si, en fait, c’était principalement sa folie qui l’avait faite agir ainsi.
Elle baissa la tête, et serra les poings. La douleur insupportable à son cœur recommençait.

« S’il te plaît… Ne me parle plus de ça. Ca fait mal.
- Je le sais, j’ai vécu la même chose que toi, Vanilla, mais je ne pouvais pas ne pas m’excuser, pas après ça. »

Elle ne pouvait pas le blâmer d’avoir voulu s’excuser, c’était certain. Elle desserra les poings, releva la tête, et observa de nouveau Kaël à travers le miroir. Comme il le disait si bien, il avait vécu exactement la même chose qu’elle, alors… devait-elle lui parler de cette douleur à son cœur, et qui revenait constamment ? Peut-être qu’il pourrait lui dire si elle finissait par partir…

« Dis, Kaël…
- Oui ?
- On souffrira toujours comme ça ? »

Il s’y attendait, à ce genre de questions –c’était pour ça qu’il était là, aussi. Malheureusement, même lui –et au bout de presque une semaine- n’avait pas complètement réussi à se séparer de cette douleur à son cœur. Pourtant…
Il porta une main à sa poitrine, et ferma les yeux.

« La douleur ne partira jamais complètement, déclara-t-il en toute sincérité. Mais tu peux te servir d’elle comme une force.  
- Une force ?
- Oui. C’est difficile à expliquer, mais personnellement, j’ai réussi à faire le changement lorsque je me suis trouvé un but. Celui de venir avec vous, et de sauver ce nouveau monde. »

A ces quelques mots, Vanilla resta pensive. Faire de cette souffrance, qui pouvait vraiment être insupportable, une force en se trouvant un but ? Ca paraissait facile, dans la théorie seulement.

« Et si je ne trouve rien à quoi me raccrocher ?
- On trouve toujours. Et généralement, c’est quand on s’y attend le moins. Mais même si tu mets du temps à trouver, il te reste malgré tout tes amis, qui te soutiendront.
- Mais ils ne pourront jamais combler le vide…
- Peut-être pas complètement, mais partiellement. Et si tu vas mal, si tu as envie de pleurer, tu pourras toujours compter sur eux. »

Kaël avait raison. L’adolescente était parfaitement entourée, elle ne serait jamais seule. En plus de ça, il y avait les mots de Riku, qui lui prouvait que, malgré tout, elle ne serait pas rejetée à cause de sa condition de double. Elle sourit nerveusement –elle se trouvait tellement pitoyable…

« Je crois que je suis la fille la plus pathétique du monde…, souffla-t-elle, le regard lointain.
- Tu sais, rare sont les personnes qui survivent, dans une situation pareille. Tu es loin d’être pathétique.
- Tu ris, rétorqua-t-elle. Tu vois ce reflet ? Je me suis même pas reconnue, à mon réveil. Et j’ai l’impression que plus j’essaie d’avancer plus je… »

Encore une fois, les larmes menaçaient de couler, alors que cette douleur à son cœur se fit plus forte. Elle ferma les yeux, dans l’espoir que ses paupières soient une barrière assez forte pour retenir ses pleurs.
Elle sentit une main se poser sur son épaule.

« C’est vrai, une telle épreuve a du nous changer. Mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose, Vanilla. Là, tu penses que oui, parce que tu ressors à peine des quarante-huit heures, du coup tu es encore vulnérable et fragile. Mais quand tu parviendras à prendre du recul, et que tu pourras réfléchir à tout ça plus posément, tu te rendras peut-être compte que c’est ce changement, qui pourra te créer ta nouvelle force. »

Vanilla ne connaissait pas très bien le garçon. La seule chose qu’elle savait depuis le début, c’était qu’il avait perdu son double très tôt après la fusion. Il avait donc le recul nécessaire dont il parlait, et avait sans doute du réfléchir à ce genre de paroles depuis ce moment-là -dans le but d’aider d’autres personnes qui se retrouveraient dans son cas.
Et… il fallait avouer que malgré ses doutes, Kaël venait vraiment de l’aider. Elle n’aurait pas encore la force de prendre du recul, ni même de se trouver un but, mais… une fois qu’elle y parviendrait, peut-être qu’elle arriverait à se sortir de cette souffrance. Elle voulait croire les paroles du jeune homme.

Elle rouvrit finalement les yeux, y laissa échapper malgré tout deux ou trois larmes, qu’elle essuya rapidement d’un revers de main. Elle devait vaincre cette douleur, alors pour commencer, il fallait au moins qu’elle arrive à reprendre le contrôle sur ses émotions. Elle se tourna finalement vers Kaël, qui avait retiré sa main de l’épaule de l’adolescente.
Celle-ci croisa les bras, et tenta de prendre cette assurance qui la caractérisait si bien, avant.

« Si ce que tu m’as dit se révèle inutile, tu auras affaire à moi. Compris ? »

La première réaction du rouquin fut d’être étonné, avant de laisser échapper un rire. Vanilla venait de prouver, rien qu’avec cette phrase et cette attitude, que les paroles du garçon avaient déjà eu une répercussion positive sur elle, même si elle ne s’en rendait pas compte.

« Alors je crois que je n’ai absolument rien à craindre, déclara-t-il, un petit sourire aux lèvres. »

Kaël n’entendit qu’un « pff ! » faussement agacé de la part de Vanilla, avant de s’éclipser de la chambre.
Il avait finalement tenu la promesse faite à Noa, quelques heures auparavant ; il avait réussi à  aider Vanilla. Peut-être pas de la façon dont il aurait voulu à la base, mais il l’avait fait –et c’était l’essentiel, pour lui.

Dans un peu moins de dix heures, ils partiraient pour leurs dernières missions. Si, avant la conversation avec Kaël, Vanilla n’aurait pas été prête pour ça… ce n’était plus du tout le cas maintenant. Elle avait réussi à trouver un minimum de force pour avancer. Et même si cette dernière était encore insuffisante pour lui donner le courage d’affronter les Almarys, ou pour faire taire la douleur à son cœur, elle suffirait au moins à reconstruire un nouveau monde.

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« L'univers tout entier te voit comme un héros. Mais tu sais ce que je vois, moi ? Un lâche.
Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »


Dernière édition par Fexatsyn Miroï le Mar 24 Fév - 17:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Mar 24 Fév - 17:41

Aaaah, mille pardon ! J'ai complètement oublié de poster pendant deux semaines. ><
Enfin bref...
Voici donc le chapitre final de cette fic. Il y  également un épilogue, que je posterai samedi (jour normal de publication).

Allez, sans plus attendre... le chapitre !

~0~0~0~0~


Chapitre 20 : Le bout du tunnel

Il ne restait plus qu’une heure, avant le départ. Ils s’étaient tous réunis une dernière fois, avant de partir par groupe vers la mission qui leur avait été assignée. Il ne manquait qu’Eva à l’appel –sans doute qu’elle s’occupait des derniers préparatifs avant leur prochaine sortie.

Toutes les personnes déjà présentes gardaient le silence. Il n’y avait rien à dire, seulement à constater ; bientôt, ils retenteraient des missions qui avaient coûté la vie à l’un d’entre eux. Mais il était hors de question qu’un drame similaire se reproduise.
Il paraissait que la foudre ne frappait jamais au même endroit, seulement… dans un terrain aussi apocalyptique, il fallait s’attendre à tout.

« Bien, à ce que je vois, tout le monde est prêt, que mon groupe me suive, déclara la voix toujours aussi glacial d’Eva. Zenia, tu partiras dans dix minutes. Et cette fois, je ne tolèrerai aucun échec, compris ? »

Après cette mise en garde, et en passant devant sa collègue, la scientifique lui redonna un émetteur radio, puis disparut dans le couloir qui menait à la sortie.
Sans un mot ou un regard pour les autres, les cinq personnes qui accompagnaient Eva la rejoignirent rapidement à l’extérieur.

Evidemment, il ne fallait pas compter sur la météo pour leur faciliter la tâche ; le soleil était caché par de sombres nuages. Les monstres seraient donc forcément de la partie. Seulement cette fois, Eva était prête à parer toutes éventualités. Selon ses calculs, il fallait du temps aux monstres pour pouvoir créer une créature suffisamment puissante pour les décimer. Et même si c’était cette ville qui avait provoqué la fusion, elle n’était pas non plus la seule cible.
S’ils se dépêchaient d’atteindre le laboratoire, sans doute pourraient-ils éviter une attaque. Il fallait seulement que, cette fois, Zenia fasse plus attention à son groupe.
Pendant que la scientifique continuait d’analyser chaque nouveau élément qu’elle trouvait, les cinq autres, plus en retrait, restaient silencieux.

Axel observa du coin de l’œil ses quatre amis, et ne put s’empêcher de soupirer. Entre Sora qui devait être le plus inquiet, Kaël qui restait muet, et Vanilla qui refusait toute forme de contact avec lui ou un autre Almarys… l’ambiance promettait.

Bien sûr, les, ou plutôt la raison de tout cela était légitime, mais… Le roux savait que Vanitas n’aurait jamais voulu ça –et il était certain qu’il aurait encore moins supporté l’attitude actuelle de Sora et de Vanilla. D’accord ils étaient tristes, détruits, ou encore plein d’autres adjectifs, mais… Axel n’aimait pas leur comportement.
Vanitas n’était pas faible, et jusqu’à la dernière seconde, il avait su montrer son courage –et son idiotie, aussi. La moindre des choses alors serait de faire honneur à ce sacrifice, pas de ressasser sans cesse un passé qu’ils ne pourraient de toute manière plus changer.

Tout en marchant, le roux observa le double et le frère de Vanitas. Il devait trouver quelque chose pour les réveiller, sans pour autant les brusquer ou leur faire plus de peine. Il finit par se rappeler de la conversation très récente avec Alexia, et réfléchit en partant de là. Peut-être qu’il n’avait encore rien pour rendre un semblant de sourire à Sora, mais pour remettre du plomb dans la tête à Vanilla, par contre… Un sourire narquois se dessina sur son visage, alors qu’il fixait la jeune fille à la tête baissée, qui tenait continuellement la main de la rousse.

« Hé, la gousse de vanille, tu comptes nous faire la gueule encore longtemps ? »

Au lieu d’en déprimer, il valait mieux profiter des ressemblances entre les doubles… non ? Et il était certain que si Vanitas ne supportait pas les surnoms stupides, cela devait être également le cas pour son opposée.
Celle-ci, d’ailleurs, réagit presque immédiatement à l’entente du surnom ; elle leva la tête vers Axel, avec une expression qui montrait parfaitement son agacement.

« Premièrement, je ne fais pas la gueule, et deuxièmement ne m’appelle plus comme ça. »

Puis, finalement, Vanilla réalisa, au moment même où elle vit le regard émeraude et le sourire de l’autre s’agrandir. Elle reprit sa contemplation du sol en se maudissant mille fois, et serra un peu plus fort la main d’Alexia. Celle-ci avait bien évidement compris le manège de son double, donc elle ne fit que sourire.
Elle n’interviendrait pas ; même pas en voyant le roux se rapprocher, et passer un bras autour des épaules de Vanilla.

« T’as perdu ma cocotte, déclara-t-il simplement.
- …C’est pas vrai, fut la seule réponse qu’elle arriva à donner, ce qui fit rire le roux.
- Okay, alors j’ai juste complètement gagné, rectifia-t-il. Mais en même temps, peu de filles peuvent véritablement résister face à ma beauté naturelle, donc je comprends. »

Vanilla lâcha finalement la main d’Alexia, pour tenter de se libérer de l’emprise d’Axel, qui n’était pas vraiment décidé à la laisser tranquille.
La rousse ne fit que rire face au spectacle –et ce ne fut pas la seule. En passant un regard à Kaël et à Sora, le duo  de roux constata qu’un sourire s’était dessiné sur les deux visages. Axel, qui libéra finalement Vanilla, n’était pas peu fier.

« Mission accomplie ! Décréta-t-il. Je suis si extraordinaire.
- Et modeste, rajouta Kaël.
- Evidemment, l’un ne va pas sans l’autre, répondit le roux. »

Mais au fond, chaque personne présente avait facilement pu comprendre le plan d’Axel –et le résultat ne pouvait pas être plus satisfaisant. Alexia observa tout d’abord Vanilla et Sora, et put facilement remarquer que les deux se regardaient du coin de l’œil. La rousse donna un coup de coude à sa meilleure amie, afin d’attirer son attention.

« Il te mangera pas, tu sais ? Alors va chez lui.
- C’était son frère. Il ne voudra pas m’écouter ou discuter avec moi. »

Pour toute réponse, Alexia soupira et regarda son double, qui haussa simplement les épaules. Ils ne pouvaient pas non plus la forcer –ils avaient déjà réussi à la faire regarder les deux Almarys présents, donc c’était déjà une victoire en soi. Il valait mieux éviter de brusquer les choses.

Alors qu’ils continuaient tous à suivre Eva vers le laboratoire, Sora –qui avait suivi la conversation entre les trois autres- restait pensif. Il avait entendu pourquoi Vanilla n’osait pas l’approcher –et lui non plus, pour une raison plus ou moins similaire, hésitait à le faire. Seulement ils ne pourraient pas s’esquiver toute leur vie. Et puis… Axel arrivait bien à prendre sur lui toute cette histoire ; il n’y avait qu’à voir ce qu’il venait de faire à l’instant, pour détendre l’atmosphère.
Le roux acceptait vraiment la condition de Vanilla, et avait réussi à profiter de sa ressemblance avec Vanitas, au lieu d’en éprouver des regrets. Le brun serait-il capable de faire la même chose ? Il l’ignorait. Mais en même temps, il avait peur de faire de la peine à Vanilla, s’il ne faisait pas le premier pas…
Il observa inconsciemment Kaël, qui marchait depuis le début à ses côtés. Le rouquin s’en aperçut.

« Un problème ?
- Aucun.
- Tu es sûr ?
- Certain. »

Il ne pouvait pas parler de ça au plus âgé. Après tout, lui aussi avait perdu son double, alors le brun ne pouvait pas lui mettre plus de poids sur les épaules. Il fallait qu’il trouve un moyen de se sortir de là seul. Il sourit tristement. Si Vanitas avait été là, il l’aurait sans doute aidé, comme il le faisait toujours.
Seulement le brun ne pouvait pas vivre constamment dans le passé ; Axel parvenait bien à avancer, alors pourquoi pas lui ?

Sora serra finalement les poings, pris d’une nouvelle détermination ; il se doutait que s’il ne faisait pas le premier pas, Vanilla n’oserait jamais le faire. Il ignorait encore comment, mais c’était à lui de venir vers elle, pour lui prouver que sa présence, ainsi que sa condition, ne dérangeait pas. Cela ne serait pas facile, parce qu’il voyait encore Vanitas dans les yeux de la jeune fille -mais si Axel y arrivait, il n’y avait aucune raison pour que lui n’y parvienne pas.

« Nous sommes arrivés, déclara finalement Eva, en se stoppant. »

Tous les regards se levèrent vers une énorme bâtisse, légèrement difforme.

« Eh ben, vous vous refusez rien en tant que scientifiques, déclara Axel.
- La fusion du bâtiment de Mirari et de celui d’Alma est simplement incomplète. Sans doute pour nous empêcher d’atteindre rapidement la salle qui nous permettra de désactiver le portail. Une fois à l’intérieur, il est impossible de savoir ce qu’il nous arrivera, alors restez sur vos gardes. »

Les autres hochèrent la tête, puis tous s’avancèrent vers la porte, qu’Eva ouvrit. Ils rentrèrent les uns après les autres, et purent constater directement une chose ; l’air de ce bâtiment dégageait une aura mystérieuse et remplie de mélancolie, de tristesse.
Seulement leur réflexion là-dessus fut directement interrompue, lorsqu’ils entendirent la porte se refermer d’elle-même, et disparaître dans une aura sombre, les piégeant à l’intérieur. Evidemment.

Autre chose finit par attirer leur attention ; suite à la disparation de la porte, ils pouvaient tous  entendre des cris étouffés, venant d’hommes, de femmes –d’enfants, aussi. Et en regardant autour d’eux, ils pouvaient voir des sortes de feux follets bleus flotter partout dans la pièce où ils étaient actuellement.

« Hm… les feux follets, c’est censé représenter l’âme des morts, non ? Demanda finalement Axel.
- Exact, répondit simplement Eva.
- Alors pourquoi y’en a des milliers rien que dans cette pièce ?
- La réponse est évidente, tu ne crois pas ? Chaque flamme que tu vois ici représente une personne tuée, dont le cœur a sans doute été volé par les monstres.
- Alors les cris qu’on entend…, souffla Sora. Cela viendrait de…
- Du moment précis où ils ont été tués, oui. »

Les roux et tous les autres ne surent quoi dire. Jusqu’à présent, ils croyaient que les monstres ne volaient que des cœurs pour survivre, mais en réalité… ils se nourrissaient également des âmes en les forçant à revivre, encore et encore, l’instant de leur mort ?
Ce qui signifiait que… Kairi et Vanitas, eux aussi…

« Il faut qu’on en finisse au plus vite, déclara Axel qui avait serré les poings. On peut pas rester là sans rien faire.
- Suivez-moi, alors, répondit Eva. Même si les monstres ont souhaité nous compliquer la tâche, je pense réussir à nous guider. »

D’un côté, heureusement qu’ils avaient la scientifique avec eux… sans elle ils ne pourraient pas sauver les âmes, et les libérer du sort que les monstres leur avaient donné.
Ils suivaient en silence la femme, quand ils remarquèrent finalement un reflet bleuté, au dessus d’eux. Ils s’arrêtèrent quelques instants pour regarder les images qui défilaient sur le plafond.

Ils voyaient à travers les yeux de quelqu’un, entendait des paroles douloureuses, des appels au secours… et ce fut quand ils virent un monstre se diriger vers « eux » puis le bleu total, qu’ils comprirent ; ils venaient d’assister à la mort de l’une des nombreuses personnes décédées. En étant à sa place.
Ils frissonnèrent, et détournèrent immédiatement le regard du plafond quand ils virent les images d’un autre décédé qui commençaient à apparaître. Ils ne purent cependant rien faire face aux cris.

« Il faut continuer d’avancer, ne vous laissez pas perturber, déclara Eva. C’est exactement ce que les monstres souhaitent, pour vous avoir. »

Même s’ils savaient tous que la scientifique avait raison, c’était bien plus facile à dire qu’à faire. Entendre tous ces cris, sentir toute cette souffrance… C’était si… si horrible. Ca avait beau appartenir à des personnes qu’ils ne connaissaient pas, ça restait terriblement douloureux.
Ils continuèrent malgré tout d’avancer, en sachant très bien qu’au dessus d’eux, des milliers de souvenirs de morts défilaient.
Mais ils n’avaient pas pensé que cela concernerait tous les morts.
Un nouveau souvenir défila.
Un souvenir que personne ne put ignorer.

« Kaël ! Fais quelque chose bon sang ! Ce monstre va tuer Zenia ! »

Le premier qui se figea à ces mots fut le rouquin, qui comprit bien vite à quelle personne décédée appartenaient ces souvenirs.
Sora, Axel, Alexia et Vanilla, eux, reconnurent la voix de Riko, et malgré un horrible pressentiment, ne purent s’empêcher de lever leur tête, comme tous les autres.
A travers les souvenirs de l’âme actuelle, ils virent qu’une fille avait pris Zenia par le col.

« Bien, vu que de toute façon personne ne peut m’empêcher d’agir, je vais arracher le cœur de cette charmante personne, afin de me l’approprier. Vous n’y voyez pas d’inconvénients, j’espère ? »

La voix de Kairi.
Non.
La voix du monstre qui avait pris l’apparence de Kairi.
Plus aucun doute possible quant à l’identité de l’âme à qui appartenait cette… cette mort.
Le rouquin aurait voulu empêcher Sora et Vanilla de voir et d’écouter ça, mais aucun mot n’arrivait à sortir de sa bouche.
Le souvenir continua de défiler ; à travers les yeux de l’âme, ils voyaient celle-ci bousculer le monstre.

« Hm, tu tiens encore debout, toi ? »

Et puis, finalement, les dernières images ; où l’on voyait la personne qui adressait un dernier regard à ceux qui l’entouraient -puis un vaste étendu bleu clair, à nouveau.
Kaël observa Vanilla qui avait les yeux rivés sur le plafond –elle semblait ailleurs. Tout comme Sora et Axel.
Ils avaient tous compris à qui appartenait cette mort.
Le rouquin serra les poings. Toutes ces personnes n’auraient pas du voir ça, pas après tous leurs efforts pour réussir à aller de l’avant.

« Nous devons continuer à avancer, jeunes gens. »

La froideur dans la voix d’Eva sembla ramener –à peu près- tout le monde à la réalité. Alors que le plafond faisait défiler un autre souvenir -d’un parfait inconnu cette fois- les trois adolescents baissèrent de nouveau le regard. Kaël pouvait voir qu’Axel fut le premier à se ressaisir.

« Vous vous rendez compte que Vanitas revit ça en boucle ? On doit le libérer. Lui et toutes les autres âmes.
- Et on fait comment ? On claque des doigts ? Rétorqua Vanilla, dont la douleur à son cœur s’était à nouveau réveillée.
- En plus on ignore totalement si désactiver le portail parviendra à supprimer la menace des monstres, rajouta Sora, la voix éteinte.
- La meilleure façon de le savoir c’est d’essayer, déclara Eva. Vous ne pouvez pas abandonner maintenant, et surtout pas à cause d’un souvenir qui ne vous appartient même pas. »

Les mots de la scientifique, comme à son habitude, étaient durs. Mais ils étaient vrais. Ils ne pouvaient pas tout laisser tomber maintenant. Pas après tous leurs efforts. La femme avait raison, en plus ; ce qu’ils venaient de voir n’était pas à eux –ne le serait jamais. Ça n’appartiendrait qu’à Vanitas, lui et lui seul. Ils n’auraient d’ailleurs jamais du avoir accès à ce souvenir.

Le premier qui réussit à reprendre le dessus sur ses sentiments fut Sora. Ce dernier trouva finalement le courage de s’approcher de Vanilla et de lui tendre la main, comme pour l’inviter à le suivre.

« Vanitas compte sur nous pour le libérer de cette prison et de ce souvenir. »

Sur l’instant, Vanilla ne sut pas quoi répondre. Elle devait non seulement gérer la douleur à son cœur, mais également la surprise que venait de provoquer les mots du brun en elle. C’était la première fois qu’il s’adressait à elle depuis son réveil. La première fois depuis qu’ils s’étaient rencontrés qu’il lui tendait ainsi la main.
Elle finit par la saisir, et serra son autre poing.

« On fera regretter à ces monstres de lui avoir fait subir ça, déclara Vanilla, qui n’avait jamais été aussi sûre d’elle depuis ces dernières heures. »

Axel et Alexia, malgré la situation, ne purent qu’esquisser un sourire face à ce qu’ils venaient d’assister. Vanilla avait finalement battu cette peur de regarder ou de s’adresser à Sora.
Et que ce soit le brun, ou bien l’opposée du noiraud, ils étaient maintenant tous les deux prêts à en finir avec les monstres.

« Finalement, l’accès à ce souvenir aura été bénéfique, dans un sens, déclara Eva, qui avançait déjà vers l’une des nombreuses portes. Suivez-moi, le portail se trouve derrière. »

Encore une fois, ils ne pouvaient pas contredire les mots de la scientifique. Vanilla et Sora –qui se tenaient à présent la main- n’auraient peut-être pas trouvé la force nécessaire pour se ré-adresser la parole sans avoir peur du regard de l’autre.
Le brun laissa un triste sourire éclairer son visage. Encore une fois, Vanitas l’avait aidé, d’une certaine façon. Il fallait croire qu’il ne pouvait vraiment pas s’en sortir, sans lui…

Le petit groupe se dirigea vers la porte, qu’Eva ouvrit immédiatement lorsqu’elle fut sûre que tout le monde l’avait suivi.
Une fois tous à l’intérieur, leur regard glissa sur une masse d’électricité noire et violette, qui faisait un bruit extrêmement désagréable.

« C’est ça, le portail ? Demanda Alexia. Comment vous voulez qu’on désactive une chose pareille ? »

Ce ne fut pas la scientifique qui répondit.

« Eh bien, c’est bien simple, mes chers humains. Il suffirait que vous coupiez l’alimentation, mais si vous pensiez vraiment que j’allais vous laissez faire… »

La même voix féminine que dans le souvenir de Vanitas. Kaël serra les poings en se rendant compte que le schéma de la dernière fois était en train de se reproduire. Seulement cette fois… il ne se laisserait pas avoir. Il se le jurait.

Le monstre finit de nouveau par apparaître, juste devant le portail. Il avait toujours ce sourire malsain, qui n’appartenait pas à la fille dont il avait volé l’apparence.
Alors que les autres eurent un mouvement de recul malgré tout, Eva fut la seule à rester de marbre.

« Vous êtes donc le monstre originel. Celui qui garde les cœurs volés.
- Oh ? Une humaine plutôt intelligente à ce que je vois. Je suis impressionné. Mais oui, c’est bien cela. Et à qui ai-je l’honneur ?
- Je fais partie des douze personnes qui t’ont créé, suite à la fusion des mondes que nous avons accidentellement provoquée.
- Oh… Je devrais t’appeler « maman », du coup, non ? »

Le monstre rit.

« Mais même avec ce statut, tu n’échapperas pas à ton destin. Vois-tu, je tire ma puissance de la partie négative de chaque cœur que je vole, je suis donc si puissant que personne ne peut plus m’arrêter.
- Mais alors… pourquoi conserves-tu les âmes ? Demanda Sora.
- Juste pour les garder sous surveillance, et les empêcher de « reposer en paix » comme on dit si bien chez vous. »

Il fit mine de regarder une montre inexistante à son poignet.

« Allez, assez perdu du temps, passons aux choses sérieuses. »

Une slave noire d’une puissance hors du commun envoya valser chaque personne contre le mur le plus proche. Les six personnes en eurent le souffle coupé, et ne pouvaient plus bouger, à cause de l’impact.
Ils virent, impuissants, le monstre se diriger vers Alexia, qui ne pouvait rien faire.

« Je n’ai aucun remord à abîmer le corps de ma victime, habituellement, mais tu es quand même une très jolie personne. Tu vas donc avoir de la chance, je vais te voler ton cœur d’une façon plus propre, dirons-nous. »

La main du monstre sembla se dématérialiser, avant de s’approcher de la poitrine de la rousse, dont la respiration s’était accélérée à cause de la peur.
Lorsque les doigts du monstre originel pénétrèrent dans la peau de la jeune fille, il n’eut aucune trace de sang. Mais la douleur, elle… Alexia dut se mordre le bras jusqu’au sang pour éviter de donner encore plus de satisfaction à ce monstre en criant –seulement elle ne pouvait absolument rien faire contre les larmes.

Vanilla n’arrivait pas à se relever. Elle voyait pourtant la souffrance sur le visage de sa meilleure amie, mais le coup l’avait bien trop sonnée pour qu’elle puisse faire quoi que ce soit. Elle ne pouvait que voir la main du monstre s’enfoncer toujours plus dans la poitrine d’Alexia, pour récupérer le précieux organe qui lui donnait sa force –et la rousse, qui continuait à se tordre de douleur et à enfoncer ses dents dans sa propre chair pour ne pas hurler…
Elle avait non seulement perdu son double, mais là, maintenant, elle était sur le point de perdre sa meilleure amie. Elle ferma les yeux.

Quand, soudain, un coup de feu retentit.
Lorsque les personnes, qui en étaient capables, se tournèrent vers sa provenance, ils virent Kaël, difficilement debout, qui avait tiré dans le bras du monstre. Celui-ci se dématérialisa totalement pendant quelques secondes, et recula de quelques pas, se séparant ainsi de sa victime –mais sans son cœur.

Alexia avait fermé les yeux, mais ses pleurs silencieux se mélangeaient au sang qui découlait de la plaie qu’elle s’était faite. La rousse ne savait pas par quel miracle la douleur commençait finalement à s’atténuer, mais elle en avait rien à faire –l’essentiel c’était qu’elle soit vivante. Elle finit par s’évanouir, alors que son bras ensanglanté et blessé retomba contre son corps, qui s’écroula.

En assistant à ça, Vanilla trouva finalement la force de rejoindre sa meilleure amie à quelques mètres de là. La première chose que l’opposée brisée vérifia, ce fut le pouls d’Alexia ; elle était vivante.
La jeune fille serra alors un peu plus fort le corps de la rousse contre elle, comme pour la protéger d’un éventuel danger. Elle passa ensuite un regard à Axel, qui avait du s’évanouir presque en même temps que son double. Mais si Alexia allait bien, cela devait être son cas à lui aussi.

Les autres personnes, qui étaient bien conscientes, remarquèrent un autre phénomène suite à la blessure que Kaël avait faite au monstre originel ; des milliers de lueurs blanches venaient de s’échapper de son corps –et le regard de la créature pouvait montrait à la fois une fatigue soudaine, mais également de la haine.

« Tu vas regretter d’avoir libéré ces cœurs. »

C’était donc ça, ces lumières. Seulement le rouquin n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps, car il dut rapidement esquiver une autre salve noire –et il avait uniquement réussi parce que celle-ci avait été moins rapide, et plus petite que la précédente.

En constatant ça, Kaël observa Sora et Eva –les seuls en état de se battre. La même idée germa dans l’esprit de chacun. Les trois empoignèrent leurs armes, et commencèrent à tirer, encore et encore, sous les cris de douleurs du monstre.
Des millions de cœurs s’élevaient et disparaissaient à travers le plafond, alors que les feux follets les suivaient.

Tout fut extrêmement rapide et douloureux pour la créature, à tel point qu’elle ne put rien faire quand Kaël la plaqua au sol, son pistolet pointait sur lui. Le rouquin n’était absolument plus dérangé par l’apparence que le monstre avait volée.

« Ca, c’est de la part de Kairi et tous ceux que tu as tués. »

Un dernier coup de feu, qui fit disparaître le corps du monstre originel dans une explosion de lumière blanche. Les derniers cœurs venaient d’être libérés, et les dernières âmes les rejoignirent bien vite.
Sora se releva avec une certaine difficulté, mais réussit tout de même à atteindre le portail. Il inspira et expira un coup, avant de couper l’alimentation, mettant définitivement fin au bruit sinistre et aux éclairs violets et noirs –ainsi qu’à tous les monstres.

Il se tourna ensuite vers les autres. Alexia, dans les bras de Vanilla, avait réussir à entrouvrir les yeux, tandis qu’il en avait été de-même d’Axel.
Pourtant, un doute traversa le brun à cet instant, qui regarda Eva.

« C’est vraiment terminé ? On a vraiment… gagné aussi facilement ? »

Eva hocha positivement la tête –et pour la première fois depuis qu’ils la connaissaient, ils purent tous voir un très discret et léger sourire sur son visage.

« Sa force a également été sa plus grande faiblesse. »

Seulement ils n’étaient pas tout à fait au bout de leur surprise. Devant eux se trouvaient  maintenant deux lumières. Et même s’ils connaissaient la nature exacte de ces deux petites choses, ils ne comprirent pas tout de suite ce que ces cœurs faisaient là –ni à qui ils avaient bien pu appartenir.

« Pourquoi sont-ils là ? Demanda finalement Sora.
- Ils sont revenus pour Vanilla et Kaël, déclara simplement Eva. Pour leur rendre ce qui leur a été volé. »

Les deux concernés se regardèrent, sans comprendre. Pour eux, mais pourquoi ? Ils observèrent la femme dans le but d’avoir une explication. La scientifique soupira, avant de leur expliquer avec des mots durs qui la caractérisaient.

« Voici le résumé des histoires de deux personnes que vous connaissez bien. Elles sont mortes, l’une possédée par un monstre, l’autre le cœur littéralement arraché. Cela coûta cher à leur double respectif qui, malgré une grande perte à l’intérieur de leur propre cœur, avait tout de même choisi de survivre sans eux. –elle fit une pause, avant de reprendre- Cela ne vous rappelle rien ? »

Bien sûr que si ça leur rappelait quelque chose. C’était l’histoire de Kairi et de Vanitas que venait de narrer Eva. Ce qui voulait dire que…
Vanilla et Kaël observèrent finalement ces deux cœurs, qui attendaient patiemment quelques mètres plus loin.
Lorsque Sora comprit à son tour, il s’approcha de l’opposée brisée, qui veillait toujours sur Alexia.

« Je vais prendre le relai pour veiller sur elle, déclara le brun. Toi, va rejoindre Vanitas. Il t’attend. »

Vanilla remercia Sora de façon inaudible, tandis que Kaël aida la jeune fille à se relever. Ce fut main dans la main qu’ils s’approchèrent des deux lumières.
Une fois qu’ils furent assez proches, les cœurs, à leur tour, se mirent en mouvement pour se diriger vers la poitrine de leur double respectif.

Une aura blanche entoura pendant quelques secondes les jeunes adultes, alors que le cœur de Kairi n’en forma plus qu’un avec celui de Kaël, et que le même phénomène se produisit entre le cœur de Vanitas et celui de Vanilla.

Instantanément, le vide qui s’était formé dans les deux opposés brisés se combla, alors que les souvenirs du noiraud et de la rousse leur furent transmis.
Ils fermèrent les yeux et tombèrent à genoux, tandis que la lumière qui les entourait disparut progressivement.
Ils n’avaient plus mal, leur cœur ne souffrait plus.
La malédiction venait d’être brisée.

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Quelqu'un qui n'a même plus le courage de retrouver les siens. »
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Fexatsyn Miroï
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MessageSujet: Re: [FanFic] Notre Destin est entre nos mains   Sam 28 Fév - 19:27

Bon eh bien le voilà. L'épilogue, le point final... ou pas. /o/

En effet, ce post marque la fin de cette fic. Mais un tome 2, qui est en phase d'amélioration des derniers chapitres, attend bien au chaud. :3
Si des curieux ont lu ma fiche auteur, ils savent déjà que cette fic s'appellera "Notre avenir nous appartient". Je peux également vous donner quelques détails sur cette suite en vous offrant déjà son résumé que vous trouverez à la fin de ce post.
Pour sa diffusion, j'ignore encore quand je la commencerai, peut-être directement la semaine prochaine, ou bien dans deux semaines... nous verrons bien !

En tout cas je vous souhaite une agréable lecture, et on se retrouve à la fin, pour le fameux petit résumé !


~0~0~0~0~


Epilogue : Nouveau monde

Un vent plutôt frisquet soufflait, et Sora dut remonter la fermeture de son blouson pour éviter d’avoir froid ; pourtant, il resta quand même accroupi devant cette pierre tombale, où le nom de son frère était inscrit –avec deux dates juste en dessous.

Cela faisait maintenant quatre ans. Quatre ans que les mondes étaient unifiés, quatre ans que la menace des monstres avait été éliminée… quatre ans également que Vanitas était parti. C’était encore douloureux, malgré les années.
Le brun aurait vraiment voulu que son frère soit là pour admirer ce nouveau monde.

Même si cela avait quand même pris beaucoup de temps pour le rendre vivable ; entre la reconstruction des différents bâtiments, la réorganisation de la population, et la remise en marche des réseaux de marchandises et de la reprise en main de l’économie mondiale… rien n’était encore parfait, en plus, et il faudrait sans doute encore attendre quelques années, avant de pouvoir dire qu’ils seraient sortis de la crise provoquée par la fusion.

Sora retira la neige qui s’était accumulée sur la pierre, alors qu’un soupir franchit ses lèvres.
Beaucoup de choses avaient changé, en quatre ans.
Déjà, il n’avait plus aucune nouvelle de certaines personnes ; Vanilla et Alexia étaient parties dans une autre ville, l’année dernière, et ne donnaient des nouvelles qu’à Seïra, de temps en temps. Axel était parti, aussi, mais lui… personne n’avait vraiment su sa destination. Des rumeurs courraient que, quelques fois, l’opposée de son frère revenait pour passer au mémorial, des fois avec, des fois sans le duo de roux…  mais jusqu’à présent, le brun ne les avait jamais croisés –pourtant il y passait souvent.

Et même s’il avait des contacts encore très réguliers avec Seïra, Kaël, et les quelques personnes toujours présentes en ville… savoir que certaines d’entre elles ne reviendraient peut-être plus, ça l’attristait. Il aimerait bien les revoir ; il ne comprenait pas pourquoi Axel était parti. Enfin, il avait bien une petite idée, seulement… il aurait bien voulu qu’il lui dise, alors, si ça le faisait souffrir d’être dans la ville où Vanitas avait vécu.

Le brun finit par se relever –il faisait vraiment froid maintenant, vu que la nuit commençait à tomber. Il réajusta sa veste, et se dirigea vers le mémorial ; lieu où se trouvait une énorme paroi de marbre, avec les prénoms de chaque personne décédée durant la guerre contre les monstres.
Sora se souvint d’ailleurs que, deux ans auparavant, Zenia lui avait demandé de graver lui-même le nom de son frère sur la roche polie et vernie. C’était d’ailleurs à cet instant là qu’il avait versé ses dernières larmes pour Vanitas, en lui promettant de devenir plus fort.

Pourtant, et même s’il ne pleurait plus, Sora savait qu’il n’arriverait pas à être moins faible. Vanitas lui avait très souvent reproché d’être trop sentimental, et ce n’était que maintenant que le brun s’en rendait vraiment compte.
Le noiraud se moquerait sans doute de lui s’il savait qu’à chaque visite au mémorial, son frère allumait une bougie pour lui.

Après tout il n’était pas vraiment mort ; Vanilla veillait constamment sur son cœur.
Et même si le brun ne la voyait plus depuis presque un an, il savait qu’il pouvait lui faire confiance.
En plus, c’était en partie grâce à elle que la malédiction avait pu être rompue car, et après plusieurs recherches, Even et Eva avaient conclu que c’était la force des cœurs de tous les doubles brisés, éparpillés dans le monde, qui avait permis une chose pareille. C’était eux qui, inconsciemment, avaient brisé la malédiction.
Ce n’était pas grâce à leur victoire contre le monstre originel, ni à la désactivation du portail.

En franchissant les portes du mémorial, Sora ne put s’empêcher de sourire. Ce lieu renfermait sans doute énormément de mélancolie, mais il se sentait bien, ici. C’était calme, et puis il pouvait au moins réfléchir sans être dérangé.
Il s’approcha de la pierre, et effleura du bout des doigts les creux formés par les lettres qu’il avait lui-même gravé dessus.
Il se souvint du moment où il avait fallu apprendre la nouvelle à la famille, après la réorganisation de la population ; lui, il n’en n’avait pas eu le courage, et c’était Axel qui avait pris sur lui pour annoncer la triste nouvelle.

Bien sûr, depuis le temps, le deuil de chacun était fait ; ou plutôt, contrairement à une époque… Son frère n’était plus un sujet qui était le plus évité, presque tabou. Mais… il se souvenait encore de la réaction de ses parents, lorsqu’ils avaient vu Vanilla. Elle avait vraiment été rejetée –et jusqu’à son départ, l’opposée du noiraud n’avait jamais été vraiment acceptée par les deux adultes.

Sora avait essayé d’arranger les choses mais Vanilla, qui prenait difficilement sur elle à ce moment-là, lui avait simplement répondu que ce n’était pas grave, et qu’elle comprenait. Il était évident que c’était l’une des raisons du départ de la jeune fille.
En repensant à ça, Sora se sentit coupable, convaincu qu’il n’aurait pas du écouter Vanilla ce jour-là. Lui en voulait-elle de ne pas avoir insisté, d’ailleurs ?

Il serra les poings, et tenta de retirer de son esprit cette réflexion, qui ne servirait qu’à lui faire éprouver plus de remords –heureusement pour lui, son téléphone se mit à vibrer, lui indiquant qu’il venait de recevoir un message.
Il sortit le petit objet de sa poche, et la première chose qu’il remarqua, c’était que le numéro qui lui avait écrit n’était pas dans son répertoire. Etrange. Il lut tout de même le message.

T’es encore au mémorial ?

… Cette personne s’adressait-elle vraiment à lui ? Comment aurait-elle eu son numéro ? Dans le doute, il répondit par une autre question.

Qui êtes-vous ?

La réponse ne se fit pas attendre très longtemps. Deux minutes plus tard le téléphone vibra de nouveau.

J’y crois pas, non seulement t’as pas mon numéro, mais en plus tu me vouvoies et tu réponds pas à mes questions ? Tu me vexes.

Tiens, cette manière d’écrire lui rappela finalement quelqu’un.

Axel ?

Une nouvelle réponse, mais cette fois-ci elle fut orale.

« T’es vraiment long à la détente, toi. »

Sora se retourna, surpris d’entendre cette voix-là –mais surtout heureux. Cela faisait maintenant presqu’un an qu’ils ne s’étaient pas revus !
Puis, finalement, il s’aperçut de la présence de Kaël –ce qui expliquait comment le roux avait fait pour obtenir son numéro.

« Mais qu’est-ce que vous faites là ?
- La même chose que toi, déclara simplement Kaël.
- Tu sais, c’est pas parce que toi t’y vas genre six fois par semaine que ce mémorial t’appartient, rajouta Axel. »

C’était pas vraiment faux… Seulement Sora ne croisait presque personne dans ce lieu –ou plutôt, il n’en croisait jamais qu’il connaissait.
C’était la première fois que ça arrivait, mais il n’allait pas s’en plaindre.

« Alors, comment ça va chez toi ? Ta famille a réussi à faire son deuil, elle aussi ? Demanda Axel, qui s’assit sur l’un des bancs, en invitant les deux autres à le rejoindre.
- Plus ou moins, déclara simplement le brun, qui ne voulait pas trop parler de la situation dans laquelle Vanilla se retrouvait par sa faute –après tout le roux était parti un peu avant elle, donc il ne pouvait pas savoir. Et toi ? Tu comptes revenir ici ?
- Je sais pas trop, répondit le roux en haussant les épaules. Pour l’instant Kaël m’héberge, mais j’ai pas encore pris ma décision. »

Un silence, mais il n’était pas pesant. Kaël décida de s’absenter pour laisser les deux amis seuls –et pouvoir ainsi aller à l’endroit où reposait Kairi.
Sora et Axel, eux, étaient bien trop perdus dans leurs pensées pour y faire véritablement attention. Le brun pouvait voir du coin de l’œil que le roux observait la grande paroi de marbre. Ils avaient certes réussi à faire leur deuil, mais l’absence de Vanitas restait quand même douloureuse, quelques fois.  

« Au fait, t’as des nouvelles d’Alexia et Vanilla, toi ? Demanda finalement Axel, en sentant que l’ambiance devenait  morose.
- Aucune, c’est juste Seïra qui y a droit de temps de temps.
- Et tu sais pas pourquoi elles sont parties ? »

Sora n’osa pas tout de suite répondre. Il avait bien sa petite idée, mais si ça se révélait être vraiment ça…

« Mes parents ont rejeté Vanilla, déclara-t-il finalement. Ils n’ont pas supporté sa condition de double.
- Alors d’un côté, on a eu de la chance, quand même, fut la seule chose qu’Axel trouva à dire –de poli, en tout cas. Ils auraient pu rejeter notre petite gousse de vanille préférée quand elle était encore instable. »

Sora sourit à ce surnom qui n’avait plus quitté les lèvres d’Axel depuis ces dernières années - mais il avait surtout raison. A une époque, la réaction de Vanilla aurait pu être bien pire qu’un simple déménagement.
Un nouveau silence de quelques secondes, bien vite rompu par Sora, qui observait distraitement le sol.

« Tu crois qu’on les reverra, un jour ?
- Evidemment, cette ville leur manquera, de toute façon. C’est quand même là qu’elles sont nées.
- C’est pour ça que toi tu es revenu ?
- Bah ouais, donc Alexia reviendra elle aussi, et Vanilla le fera, car Seïra est toujours ici. »

C’était vrai, il y avait des choses, comme ça, qui pouvait se deviner bien à l’avance. Pour l’instant, les filles avaient choisi de s’éloigner, de prendre du recul.
Mais elles reviendraient, c’était certain.

Et à partir de l’instant où ils seraient à nouveau tous réunis… en plus de tourner la dernière page de cette histoire, ils pourraient en commencer une nouvelle où, jusqu’à la fin, ils resteraient ensemble.
~0~0~0~0~

... Ca me fait tout bizarre, en fait. Cette fic a commencé à être écrite en avril 2013, s'est terminé fin octobre 2013... elle a bientôt deux ans. Mon style a dû beaucoup changer, j'en ai conscience, j'ai aussi fait des choses pas forcément très travaillé dans cette fic... mais j'ai choisi de la laisser tel que je l'avais écrite en 2013.

Son tome 2 a été écrit d'avril 2014 jusqu'à février 2015, ce qui est plus "récent" dans le sens où, je pense, vous remarquerez le changement de style. xD Il y a beaucoup plus de chapitres, et comme j'ai posé les bases de l'univers, ça a été plus simple de développer diverses choses, tout en étoffant beaucoup de trucs.

Allez, sans plus attendre, voici comme promis le résumé du tome 2, histoire de vous faire patienter !

« Cela faisait maintenant six ans que la menace des monstres avait été éliminée. Dans le nouveau monde, nommé Almari, beaucoup de choses se sont passés. Reconstruction, réorganisation... c'était une véritable renaissance à laquelle assistaient -et participaient- ceux qui avaient sauvé le monde, six ans auparavant.
Et même si leur amitié restait inchangée, chacun suivait maintenant sa propre route.

Néanmoins... ils étaient bien loin de se douter que lorsqu'ils se retrouveraient tous, ce serait pour combattre à nouveau une terrible menace, bien plus dangereuse et dévastatrice que la précédente.
Condamnés à ré-affronter les fantômes de leur passé, ils devront tous y faire face pour parvenir à rétablir l'équilibre rompu. Mais à quel prix ?
»

Et voilà !
Pour finir...
Un énorme merci pour ceux qui m'auront suivi jusqu'au bout, malgré la longue pause entre les chapitres 14 et 15.
J'espère vraiment que cette histoire vous aura plu, et que le résumé du tome 2 vous intriguera suffisamment pour que vous veniez y jeter un œil.

Sur ce je vous dis à la prochaine ! Et encore merci !

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[FanFic] Notre Destin est entre nos mains

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